Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées : projets autorisés en janvier 2026 (02/02/2026)
Stratégies d’élevage en territoires chlordéconés
- Tests réglementaires
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Chèvres : 50
Moutons : 50
Objectifs
L’objectif global du projet est de développer et mettre en oeuvre avec les agriculteurs et conseillers agricoles une démarche de conception de systèmes innovants agroécologique visant à l'arrêt d'herbicides, par l'utilisation d'animaux de service, gérant l'enherbement des cultures. Le projet vise à quantifier le niveau de contamination des animaux élevés en zone chroldéconée pour proposer des stratégies visant à maintenir l'élevage dans ces zones et produire des denrées alimentaires d'origine animale saines et indemnes de pesticides.
Bénéfices attendus
Les données receuillies permettront de mieux préciser la variabilité de la durée de demi-vie de la molécule dans l'organisme des animaux et ainsi améliorer la précision de la durée de la phase décontamination.
Procédures
prélèvement sanguin lors des pesées: 4 prélèvements (début, avant phase de décontamination, mi-parcours, en fin de décontamination) un prélèvement dure environ moins d'une minute
Impact sur les animaux
La prise de sang peut engendrer une légère douleur au niveau du site de prélèvement. La prise de sang peut également engendrer un hématome. Les différentes manipulations peuvent également générer du stress, notamment la contention liée à la prise de sang pour les porcs.
Devenir
Sur les 50 animaux en croissance par espèce, 40 seront euthanasiés à l'abattoir pour caractériser la qualité de carcasse et entreront dans le circuit de la consommation humaine et 10 animaux seront conservés pour la reproduction. Les 5 truies seront placés chez les agriculteurs.
Remplacement
L'objectif est de caractériser la variabilité de la durée de décontamination des animaux, après paturage en zone chlordéconée. L'utilisation de l'animal est donc nécessaire pour documenter la variabilité individuelle à l'ingestion de matrices contaminées et à la décontamination.
Réduction
L'effectif des différentes espèces (50 animaux par espèce issus de 5 fermes) permettra de caractériser la variabilité intra et inter-ferme de manière robuste et ainsi aider à mieux estimer la durée de la décontamination. Un calcul du nombre d'animaux nécessaires a été réalisé afin d'estimer au plus juste le nombre d'individus à inclure dans le projet. Des collectes de fèces, non invasives et non stressantes seront réalisés, afin de vérifier la corrélation entre les dosages de chlordécone dans les fèces qui pourraient remplacer à terme les dosages sanguins. Avec total de 5 élevages par espèce permet d'avoir intra-élevage, l'effectif minimum pour détecter des corrélations élevées est de 49. Ainsi un total de 50 porcs, 50 moutons et 50 caprins (soit 10 par ferme) constituent l'effectif minimal. Par ailleurs, à l'échelle d'une exploitation, le nombre de 10 animaux permet d'estimer une moyenne et un écart-type plus robuste que le nombre minimal de 3 animaux.
Raffinement
Les conditions d'hébergement sont raffinées par des installations prenant en compte l'enrichissement du milieu des animaux. Le personnel assistant les agriculteurs est formé à l'expérimentation animale, aux notions de santé des animaux et aux notions de points limites pour favoriser leur bien-être. L'état de santé et les indicateurs de mal-être seront surveillés chaque jour lors de la distribution des aliments. Les indicateurs de mal-être concerneront l'apparence, les urines et les fèces, l'alimentation et le comportement. Les prises de sang seront réalisées par des personnes compétentes et formées pour réaliser les prélèvements en moins d'une minute entre la contention, le prélèvement, la désinfection et la libération de l'animal. Les animaux prélevés seront observés afin de prévenir d'éventuelles complications. La prise de sang chez les animaux sera réalisée lors de la pesée dans la balance de pesée. Après chaque prélèvement, un renforcement alimentaire sera réalisé en récompensant les animaux avec un morceau de sucre. L'entrainement à la prise de sang n'est pas possible pour les animaux, par conséquent, pour les porcs le lasso nasal sera utilisé. En effet, l'entraînement chez des agriculteurs (5 fermes) et sur 50 animaux par espèce n'est techniquement pas possible avec la taille de l'effectif du personnel habilité à expérimenter.
Choix des espèces
Il s'agit d'évaluer le niveau de chlordécone dans l’organisme des animaux d’élevage à des fins d'obtention d'éléments de réponses pour évaluer en ferme les stratégies de maintien des activités d’élevage en zone chlordéconée. De ce fait, les espèces évaluées font partie des espèces cibles car elles font partie des espèces les plus élevées et pour lesquelles nous disposons des connaissanceses en matière de toxicocinétique de la chlordécone. L'euthanasie des animaux se justifie pour l'évaluation de la qualité de la carcasse et de la viande. -porc : environ de 5 à 8 semaines d’âge en début d’expérimentation et entre 23 et 35 semaines d’âge en fin d’expérimentation. -caprin : environ de 2.5 et 4 mois d’âge en début d’expérimentation et entre 11 et 15 mois en fin d’expérimentation. -ovin : environ de 2.5 et 4 mois en début d’expérimentation et entre 5 et 10 mois en fin d’expérimentation. L'âge des animaux retenu pour ce projet est compatible avec les pratiques courantes d'élevage dans le territoire.
Optimisation de la valorisation des immunoglobulines colostrales chez le veau : influence d’un prébiotique et d’une micro-encapsulation de seconde génération sur le transfert immunitaire passif et l’immunité intestinale locale
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Objectifs
Le projet vise à vérifier l’absorption des immunoglobulines (IgG : protéines produites par l’organisme pour défendre le corps contre les infections) issues de colostrum déshydraté en remplacement du colostrum naturel et d’augmenter cette absorption dans le but d’améliorer le transfert d’immunité passive (TIP). D’un point de vue scientifique, il s’agit de déterminer dans quelle proportion les IgG issues de colostrum apportées par voie orale dans la première heure de vie sont transférées dans la circulation sanguine et si l’ajout d’un prébiotique permet d’augmenter leur taux d’absorption. Le deuxième objectif est de confirmer qu’un apport continu et en faible quantité d’IgG colostrales par voie orale durant les 20 jours suivant la naissance permet de préserver le pool d’IgG circulantes, probablement du fait d’une remobilisation plus limitée de celles-ci en direction de la lumière intestinale. Les IgG apportées après le premier jour de vie étant partiellement dégradées en raison de la protéolyse gastrique, les IgG colostrales utilisées pour l’étude seront préalablement microencapsidées. Pour démontrer cet effet de renforcement immunitaire, la teneur en IgG sanguine sera mesurée à la naissance, à72h, 15 jours et à 21 jours d’âge.
Bénéfices attendus
L’échec de transfert d’immunité passive est fréquent chez les veaux laitiers. Les bénéfices attendus du projet sont d'augmenter l'absorption des immunoglobulines et de favoriser ainsi la mise en place du système immunitaire chez le veau pendant les 21 premiers jours de vie. L'objectif étant d'améliorer sa santé et par conséquent son bien-être en début de carrière.
Procédures
Une administration orale de colostrum sera réalisée à la naissance, une procédure d’environ 3 minutes (contention comprise). Chaque veau fera ensuite l’objet de quatre prélèvements sanguins, d’une durée d’environ 1 minute chacun : à la naissance (t=1h), à 72 h, 15 jours et à 21 jours.
Impact sur les animaux
La contention et l'administration orale de colostrum réprésentent un stress pour les animaux. Les prises de sang entraînent une légère douleur au point d'introduction de l'aiguille et sont susceptibles de provoquer un hématome. L'isolement des animaux durant leurs premiers jours de vie peut provoquer un stress.
Devenir
Pas de mise à mort, les animaux sont remis dans l'élevage et participeront au renouveau du troupeau laitier.
Remplacement
Il n’existe pas de modèle in vitro robuste pour l’étude du transfert d’immunité passive chez le veau. Contrairement aux autres espèces, les bovins sont totalement dépourvus d’anticorps à la naissance en raison de l’absence de transfert d’anticorps transplacentaire. Les immunoglobulines G (IgG) présentes dans le colostrum permettent de transmettre l’expérience immunologique de la mère au nouveau-né (immunité passive) en attendant que celui-ci développe sa propre immunité (immunité active). Il est donc nécessaire de réaliser l’expérimentation sur les veaux
Réduction
Le pourcentage d'absorption des immunoglobulines colostrales est généralement compris entre 20 et 35 % chez le veau nouveau-né. Sur la base de données physiologiques et des variations individuelles, nous avons déterminé qu'un effectif minimum de 32 animaux au total était nécessaire pour tester statistiquement les deux hypothèses suivantes : Hypothèse 1 : L'administration d'un prébiotique améliore la perméabilité intestinale durant la période d'ouverture de la barrière (fenêtre d'absorption), optimisant ainsi le transfert passif des IgG colostrales ingérées par voie orale. Hypothèse 2 : Le prébiotique contribue à préserver l'intégrité structurelle et fonctionnelle des IgG durant leur transit gastro-intestinal, limitant leur dégradation enzymatique avant absorption.
Raffinement
Les animaux seront hébergés individuellement dans des cases classiquement utilisées en élevage de bovins laitiers, offrant un environnement chauffé et adapté à la condition du nouveau-né. Un contact olfactif, auditif et visuel restera toutefois possible entre les veaux. Des visites régulières seront réalisées tout au long de la journée par les animaliers pour vérifier l’état de santé des animaux. Lors de ces interventions, les veaux seront manipulés en douceur et récompensés par des caresses, afin de favoriser leur habituation à l’homme et de limiter le stress lié à la contention. Les expérimentations précédentes ont montré que le bien-être des veaux était amélioré lorsque leur besoin de succion était encouragé ; le personnel continuera donc à leur proposer régulièrement des moments de tétée sur les doigts, pendant quelques minutes et plusieurs fois par jour.
Choix des espèces
Les espèces bovine et caprine sont les plus susceptibles de recevoir des immunoglobulines de lactosérum en complément des immunoglobines colostrales. L’espèce bovine a été choisie car la taille des animaux nouveau-nés autorise des prélèvements sanguins dès la naissance sans nuire à l’animal. Veaux de la naissance à 21 jours. Ce stade est choisi car c'est la phase pendant laquelle le système immunitaire du veau est en plein développement avec notamment le transfert d’immunité passive (TIP)
Adaptation aux variations environnementales et effets des polluants à différents niveaux biologiques (physiologie, comportement, démographie) sur une population naturelle de cincles plongeurs
- Conservation des espèces
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
En populations naturelles, les individus sont soumis à des variations des conditions environnementales qui peuvent être d'origine naturelle ou anthropique. Parmi ces dernières, la présence de polluants de natures diverses, liée aux activités industrielles, agricoles et/ou à l'urbanisation, peut fortement impacter le fonctionnement des organismes et des populations. Les actions de restauration des milieux au travers de mesures de dépollution restent pourtant souvent d'une efficacité limitée en raison du manque d'informations sur les concentrations de multiples polluants à une échelle spatiale fine ainsi que de leur impact biologique réel sur l'écosystème concerné. Le projet a pour objectif de fournir une cartographie détaillée des concentrations de différents types de polluants (métaux lourds, polluants organiques persistants, microplastiques) et de caractériser leur impact de façon conjointe (« effets cocktail » potentiels) sur une population d'un petit passereau considéré comme un bioindicateur du milieu des rivières courantes de basse et moyenne montagne, le cincle plongeur. Les rivières sont des milieux particulièrement sensibles à la pollution du fait de la concentration des polluants dans l'environnement alentour via le ruissellement. Sur la zone d'étude, des échantillons biologiques (plumes, sang, sécrétions) sont prélevés sur les oiseaux de façon faiblement invasive et compatible avec le suivi à long terme de la population. Ils permettent de mesurer (1) d'une part les concentrations de différents types de polluants très présents dans cette zone fortement exploitée par l'homme et anthropisée depuis des siècles, et (2) d'autre part des paramètres physiologiques, mais aussi comportementaux et d'histoire de vie (reproduction, survie) des individus. L'étude des liens entre ces concentrations mesurées de polluants auxquels les individus sont effectivement exposés (et donc présents dans leur organisme) et du fonctionnement physiologique (marqueurs des processus immunitaires, hormonaux, métaboliques...) permettra de mieux comprendre l'impact biologique réel des polluants au niveau individuel, et les implications au niveau de la population. Cette cartographie et ces résultats seront donc mis à disposition des acteurs locaux de la société civile, permettant de cibler les zones les plus impactées afin d’optimiser les actions de gestion et de restauration de la biodiversité des écosystèmes rivulaires dans la zone d'étude.
Bénéfices attendus
Nos analyses permettront de comprendre de façon fondamentale l'action des polluants sur les organismes en conditions naturelles et qui sont donc soumis à différentes sources de stress en même temps ; elles permettront également de façon plus appliquée. d’établir une cartographie détaillée à l'échelle locale des niveaux d'exposition aux polluants et de leurs effets sur le fonctionnement des organismes, qui sera mise à disposition des acteurs locaux associatifs et institutionnels comme outil de sensibilisation du public et pour cibler les zones les plus impactées afin d’optimiser les actions de gestion, restauration et préservation de la qualité de l'eau des rivières et de leur biodiversité sur ce territoire. Le manque d'informations sur les variations dans l’espace et le temps des concentrations de différents polluants à une échelle spatiale fine et surtout sur leurs effets biologiques conjoints sur les individus et les populations limite en effet souvent fortement la possibilité de mettre en oeuvre des actions efficaces de ce type face à diverses sources de pollution. Dans un contexte de "santé globale", l'enjeu est à la fois environnemental mais aussi sanitaire, car les activités humaines liées à l'eau sont nombreuses dans la zone d'étude (pêche, sports d'eau , baignade...). Pour atteindre ce but, le suivi exhaustif de la population étudiée permet d'accéder à l'ensemble des paramètres biologiques d'intérêt, chez une espèce qui intègre les mesures de polluants et de leurs effets le long de la chaîne trophique. Le transfert des résultats et connaissances concernant la pollution par différentes substances, sa dynamique au cours du temps et ses conséquences sur l'écosystème des rivières vers différents partenaires de la société civile est aussi un objectif du présent projet.
Procédures
Les oiseaux sont capturés grâce à des filets spéciaux et soumis à une série de manipulations, mesures et de prélèvements une fois par an (lors de leur première capture uniquement, dans le cas où ils seraient recapturés plus tard la même année). Une fois sortis du filet, ils sont placés en attente dans des pochons dédiés, au calme, le temps de la capture de l'ensemble des individus présents sur la zone (maximum 2h). Au moment des manipulations, réalisées sur site, ils sont d'abord identifiés individuellement par baguage, puis mesurés : masse, longueur du tarse, du crâne et du bec, de l'aile, de la queue. Une série de mesures comportementales et physiologiques est ensuite réalisée : mesure du rythme respiratoire et du rythme cardiaque, comportement de lutte. Différents prélèvements sont alors réalisés : (1) prise de sang ; (2) prélèvement de plumes (plumes de couverture du corps à différents endroits et une plume de la queue) ; (3) sécrétions de la glande uropygienne. Enfin, diverses informations sont notées : le sexe et l'âge des oiseaux, l'état des plumes et la présence de mue, la présence d'une plaque incubatrice (pour les femelles reproductrices), la présence de blessures éventuelles, liées à la capture ou antérieures. L'ensemble de ces opérations de mesures et prélèvements dure environ 20 à 30 minutes. Une fois l'ensemble des manipulations effectuées, l'oiseau est relâché directement sur le site de capture (entre 30 min et 2h30 après la capture selon le temps d'attente au départ).
Impact sur les animaux
Le coeur du projet est de pouvoir explorer les liens entre concentrations de différents polluants et leurs effets biologiques sur les individus à différents niveaux, y compris physiologique. Ceci implique de disposer des mesures des polluants et des mesures physiologiques simultanément, sur les mêmes individus, et donc de récolter l'ensemble des échantillons nécessaires sur chaque oiseau. Au cours d'une capture, chaque oiseau sera donc soumis à l'ensemble des gestes d'échantillonnages : (1) prise de sang, (2) prélèvement de plumes, (3) prélèvement de sécrétions de la glande uropygiale, en plus (4) des opérations d'identification (baguage) et des mesures morphologiques. Les effets individuels de chacun de ces prélèvements ou manipulations restent limités, mais le cumul de ces effets pourrait avoir une résultante impactant l'oiseau, parce qu'ils impliquent un temps de manipulation plus long, et/ou parce qu'ils occasionnent des stress et douleurs prolongés / multiples. Le principal effet indésirable attendu est donc un niveau de stress potentielement élevé de l'oiseau durant la capure et les manipulations. Par ailleurs, afin d'étudier la dynamique éventuelle des effets des polluants au cours de la vie des individus (et en particulier les processus de vieillissement), les oiseaux seront échantillonnés et mesurés chaque année. Ainsi un oiseau sera manipulé à chaque première capture de l'année au cours de sa vie, avec un effet potentiellement cumulatif du stress engendré sur l'ensemble de la vie. Une fraction importante des oiseaux subira donc les prélèvements et manipulations plusieurs fois (entre 2 et 8 fois jusqu'ici, la durée de vie moyenne de cette espèce étant d'environ 2 à 3 ans).
Devenir
L'objectif du projet étant de comprendre les effets à long terme des polluants sur des oiseaux en conditions naturelles, les mesures et échantillonnages réalisés visent à impacter le moins possible le devenir des oiseaux (survie, comportement, reproduction futurs) et donc à être compatibles avec le suivi à long terme de la population. Une fois les manipulations effectuées sur les oiseaux, ils sont donc tous relâchés dans leur milieu naturel, au site de capture.
Remplacement
L'objectif étant de comprendre les effets des polluants sur des animaux en conditions naturelles à long terme, l'utilisation d'expériences in vitro ou in silico n'est pas envisageable et seuls les prélèvements et mesures sur oiseaux vivants en population naturelle est possible.
Réduction
Le nombre d'oiseaux impliqués dans le projet correspond à la taille de la population reproductrice suivie (environ 460 adultes maximum par an), soit 2300 oiseaux adultes manipulés au maximum durant tout le projet) ; ceci permettra d'utiliser les modèles statistiques complexes appropriés pour quantifier l'effet des polluants sur les différents paramètres biologiques tout en tenant compte de nombreux facteurs individuels (sexe, âge, histoire des oiseaux) et environnementaux (date, rivière, altitude...) susceptibles d'affecter l'action des polluants. L'exhaustivité de l'échantillonnage de la population est nécessaire pour étudier les liens avec les différents paramètres et en particulier les paramètres démographiques tels que la survie et le succès reproducteur à l'échelle de la vie, qui ne peuvent être estimés fiablement qu'avec un effort de suivi suffisamment important, mais aussi pour estimer le déterminisme génétique des traits (héritabilité) au travers du pedigree établi via les captures et le suivi de la reproduction.
Raffinement
Le suivi de la population est réalisé depuis une dizaine d'années, et les procédures utilisées lors de la capture et manipulation des oiseaux ont été ajustées au cours de cette période afin de réduire au maximum leur impact sur le devenir des oiseaux et le fonctionnement de la population. L'expérience acquise par les manipulateurs leur permet de réduire au strict minimum le temps nécessaire au démaillage et à la manipulation des oiseaux. Afin de réduire le stress des oiseaux, ceux-ci sont placés dans des pochons spécialement conçus et opaques pendant les temps d'attente, et leur tête est gardée dans le pochon tant que les manipulations le permettent ; cette procédure est reconnue comme limitant le stress des oiseaux. Les manipulations se font en évitant les gestes et buits brusques ou mouvements non nécessaires, qui occasionnent du stress chez les oiseaux. Durant toute la manipulation de l'oiseau, le manipulateur reste vigilant et observe l'oiseau sans interruption afin de détecter les signes de stress intense et peut décider de relâcher l'oiseau immédiatement avant la fin des prélèvements ou mesures si ces signes deviennent trop forts. Ces précautions permettent de réduire quasiment à zéro le risque de mortalité pendant la capture. Les effets à plus long terme du stress de la capture, plus difficiles à évaluer directement, sont régulièrement estimés au travers des données de survie, mouvement et comportement des oiseaux collectées au cours du suivi général, et font l'objet d'une évaluation régulière. Jusqu'ici, aucun effet négatif majeur évident n'a pu être mis en évidence sur la base de ces données.
Choix des espèces
Le cincle plongeur a été choisi comme espèce d'étude en raison de : (1) sa situation élevée dans la chaîne trophique des rivières (c'est un prédateur d'invertébrés aquatiques), entraînant des niveaux de bioconcentration de polluants importants, et donc la possibilité de les quantifier et de détecter leurs effets biologiques mêmes faibles; (2) une variation importante des niveaux et type de pollution entre rivières étudiées, permettant de quantifier les effets de ces polluants ; et (3) la possibilité de suivre individuellement un grand nombre d'oiseaux et leur reproduction au cours de leur vie, grâce à une forte densité locale, assurant des tailles d'échantillons importantes et donc une puissance statistique satisfaisante, en particulier par rapport aux processus populationnels (survie, dispersion). Le cincle plongeur est une espèce protégée, dont le statut de conservation actuel est "préoccupation mineure" sur la liste rouge de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature, qui fait référence pour l'établissement du statut de conservation des espèces), reflétant une absence de vulnérabilité spécifique (effectifs stables en France). Il est considéré comme un bioindicateur des écosystèmes rivulaires. Les prélèvements seront réalisés sur les oiseaux adultes, qui sont installés sur leurs territoires au moment de la capture et ont donc pu bioconcentrer les polluants présents dans l'environnement pendant une durée suffisante pour permettre leur détection et l'exploration de leurs effets biologiques.
Etude des paramètres biologiques à partir de fèces en fonction des stratégies nutritionnelles chez le porcelet en post-sevrage et le porc en engraissement
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Objectifs
La mission de notre centre de recherche est de mettre au point des aliments destinés à l’alimentation des porcs. Au cours de nos essais, nos principales mesures sont d’ordre zootechnique : consommation d’aliments, évolution de la croissance, suivi sanitaire. Afin d’approfondir certaines thématiques d’essais, nous sommes parfois amenés à réaliser des prélèvements de fèces. Ces prélèvements permettent d’acquérir des informations sur la digestion, la santé intestinale et le métabolisme des porcs. Nous pouvons ainsi évaluer divers paramètres biologiques comme la digestibilité des nutriments, la composition du microbiote intestinal ou encore la présence de marqueurs d’inflammation ou de stress digestif. En effet bien que les aliments testés dans notre centre de recherche répondent aux besoins nutritionnels des animaux, leur formulation peut influencer la santé digestive et le bien-être animal ou encore la qualité des produits. Avant de généraliser une nouvelle solution nutritionnelle à plus grande échelle, il est nécessaire d’en évaluer les effets biologiques sur un petit groupe d’animaux. Les enjeux sont non seulement économiques (coût de formulation, performances des porcs), mais aussi écologiques (émission de gaz à effet de serre) et sociétaux puisque l’alimentation participe au bien-être des animaux. Dans un contexte actuel de décarbonisation des pratiques d’élevages, les formulations d’aliments sont particulièrement retravaillées pour incorporer de nouvelles matières premières (nouvelles sources, processus de trituration, variétés) répondant à cet enjeu. L’objectif de ce projet est donc de réaliser des prélèvements de fèces afin d’évaluer précisément les effets de ces nouvelles stratégies nutritionnelles sur la digestion et la santé intestinale, aux différents stades physiologiques du porc.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont multiples. Les mesures réalisées pourraient permettre d’améliorer la connaissance des rejets associés à certaines compositions d’aliments ou de la digestibilité des nutriments. Cela permettra d’améliorer les formulations d’aliments en les adaptant aux besoins des porcs. L’amélioration de l’absorption des nutriments pourrait également permettre une amélioration des performances de croissance des porcs, en maximisant l’efficacité alimentaire, ce qui engendrerait une réduction de la quantité d’aliment utilisé et donc une baisse du coût alimentaire. Cela serait donc bénéfique pour les éleveurs. Enfin cela entraînerait une diminution des rejets et serait donc bénéfique pour l’environnement.
Procédures
Les animaux seront soumis à des prélèvements de fèces par stimulation anale. Ces prélèvements sont réalisés sous contention d’animaux vigiles. La procédure se déroule en 3 phases successives : - Mise en place de la contention - Prélèvement avec ou sans stimulation anale - Retrait de la contention La méthode de contention est adaptée au stade de l’animal : immobilisation contre une paroi avec un panneau de contention ou utilisation d’un « lasso ». Au global, la phase de contention et de prélèvement peut durer entre 3 et 5 min par animal. Un animal âgé de 21 à 180 jours d’âge pourra être prélevé au maximum 5 fois sur cette période en respectant un intervalle minimum d’une semaine entre deux prélèvements.
Impact sur les animaux
La réalisation de la contention est un acte qui peut engendrer de la peur et du stress car l’animal est contraint et ne peut temporairement pas fuir. Si la contention est réalisée avec un lasso, alors cela peut entraîner une douleur légère pendant la durée du prélèvement à cause de la pression exercée sur le groin de l’animal. Pour réaliser le prélèvement, une stimulation anale peut être réalisée et entraîner une douleur légère et induire du stress et de la peur.
Devenir
En fonction de l’état général des animaux (observation des mêmes signes que ceux listés dans les points limites), les animaux poursuivent leur vie dans notre élevage. Les animaux en post-sevrage peuvent également être vendus à d’autres éleveurs. Les animaux en engraissement seront ensuite abattus lorsqu’ils auront atteint le poids d’abattage défini dans le protocole d’essai. Certains animaux prélevés en post-sevrage peuvent être réutilisés dans un essai engraissement. Dans un objectif de prise en compte du bien-être de nos animaux, s’il est souhaité de prélever des animaux à la fois en post-sevrage et engraissement alors le nombre maximum de prélèvements sur les 19 semaines sera de 5 prélèvements avec un intervalle d’une semaine minimum entre 2 prélèvements.
Remplacement
Les méthodes in vitro actuelles, bien qu’utiles en première intention, présentent des limites, notamment leur incapacité à reproduire la complexité de la digestion et les interactions biologiques. C’est pourquoi, pour étudier différents paramètres biologiques en lien avec les stratégies nutritionnelles chez le porcelet et le porc à l’engraissement, l’utilisation d’animaux est parfois nécessaire.
Réduction
Parmi la population d’animaux présents, nous sélectionnons uniquement quelques animaux pour cette procédure. La sélection de ce groupe d’animaux est réalisée grâce à des outils de statistiques permettant de définir le nombre minimum d’animaux nécessaire pour permettre de montrer une différence significative entre les groupes. En fonction des thématiques, nous nous appuyons également sur notre expérience (traitements des données des précédents résultats d’essais depuis 20 ans) ainsi que sur l’état de l’art pour définir ce nombre. Par ailleurs, certains animaux concernés par cette procédure entrent également dans le cadre de projets ayant déjà intégré une phase de recherche in vitro permettant de réduire le nombre de modalités à tester et donc le nombre d’animaux. Il est à noter que pour certaines thématiques nous n’avons pas besoin d’utiliser cette autorisation de projet car les évolutions in vitro permettent de n’avoir besoin que d’une faible quantité de fèces et, dans ce cas, une collecte au sol est souvent possible.
Raffinement
Plusieurs mesures sont intégrées dans la mise en place de la procédure afin de réduire les nuisances sur le bien-être. D’abord les animaux sont élevés en case collective de 3 à 8 porcs, et ont accès à l’eau à volonté. Les cases sont enrichies d’une chaine ainsi que d’un morceau de bois. De plus, s’il est constaté que des animaux à prélever présentent un état général affaibli ou pour lesquels la contention est difficile, alors ils sont retirés de la procédure et ne sont pas prélevés. Nos animaux sont habitués à sortir de leur case et à découvrir leur environnement d’élevage lors des pesées hebdomadaires. Ainsi ils connaissent leur environnement ce qui réduit le stress lors de leur sortie de la case pour les prélèvements. Des points limites sont définis de manière à évaluer le bien-être des animaux et à prendre en charge la douleur si elle a lieu. Dans le cadre de l’application de ces points limites, une surveillance particulière des animaux est réalisée durant les 3 jours qui suivent les prélèvements et des soins sont définis en cas d’apparition de signes cliniques notables ou sévères. Le nombre de tentatives de prélèvement est limité à 2 afin de réduire la contention et le stress. Enfin pour certains paramètres tel que la digestibilité, nous utilisons une méthode avec incorporation d’un marqueur dans l’aliment. Cela nous permet d'avoir besoin d'une faible quantité de fèces et donc de limiter le nombre de prélèvements et leur durée.
Choix des espèces
Il s’agit de l’espèce cible de notre activité de recherche. Les résultats de nos essais sont valorisés pour améliorer l’alimentation des porcs dans les élevages conventionnels. Les animaux placés en essais et concernés par cette procédure sont élevés comme en élevage porcin conventionnel. - Porcelets sevrés de 21 à 42 j et pesant entre 6 et 15 kg (c’est la phase appelée «1er âge», stade physiologie post-sevrage). - Porcelets sevrés âgés de 43 à 69 j et pesant entre 15 et 40 kg (c’est la phase appelée «2ème âge», stade physiologique post-sevrage). - Porcs âgés de 70 à 180 j pesant entre 25 et 130 kg (c’est la phase appelée «croissance», stade physiologique engraissement). C’est sur ces stades physiologiques que nous souhaitons faire avancer nos connaissances.
Phénotypage de la résistance au parasitisme gastro-intestinal chez des mâles candidats de lignées ovines divergentes
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Maladies animales
Objectifs
Le projet présenté ici a pour objectif général le maintien des lignées génétiques d’ovins allaitants à partir desquelles on étudie les réponses à la sélection sur la résistance au parasitisme gastro-intestinal. Elles représentent un modèle expérimental pour évaluer de façon accélérée les réponses qui pourraient être obtenues à long-terme dans les élevages si la résistance au parasitisme était intégrée dans l’objectif de sélection. Ces lignées ont déjà fait l’objet de nombreuses études, notamment pour déterminer les liens entre la résistance de l’hôte et les autres caractères d’intérêt zootechniques chez les ovins. D’autres études sont prévues notamment pour tester la résistance aux parasites dans des milieux moins contrôlés et pour développer des stratégies de gestion intégrée de la santé qui minimisent le recours aux traitements antiparasitaires. Or, pour développer ou maintenir les lignées, une nouvelle génération doit-être produite en s’appuyant sur des index actualisés à partir de nouvelles mesures phénotypiques. Dans le cas de la résistance au parasitisme, les phénotypes sont obtenus à l’issue d’un protocole standard d’infestation artificielle. Dans ce projet, nous souhaitons appliquer ce protocole pour évaluer la résistance au parasitisme de mâles candidats issus de la dernière génération des lignées afin d’actualiser les index de nos animaux et de sélectionner les futurs reproducteurs qui serviront à produire la prochaine génération.
Bénéfices attendus
Le projet va permettre d’évaluer la valeur génétique des béliers candidats en termes de résistance au principal parasite gastro-intestinal (H. contortus), afin de sélectionner les béliers les plus extrêmes en tant que reproducteurs pour produire une nouvelle génération de nos lignées expérimentales. A plus long-terme, la confirmation de l’intérêt de la sélection pour la résistance contribuera à l’essor de la voie génétique. Un des principaux bénéfices attendu du projet est de contribuer à la réduction de l’utilisation de traitements antiparasitaires en élevage. Du fait de leur faible excretion d’œufs dans les fèces, les animaux résistants limitent la contamination des pâtures et l’infestation des autres animaux. Cette réduction du risque parasitaire permet de réduire le nombre de traitements ou de traiter de façon ciblée les animaux les plus vulnérables. Par rapport à un phénotypage d’animaux au pâturage exposés à des infestations naturelles, la stratégie de sélection actuelle basée sur un phénotypage à partir d’infestation artificielles dans des conditions contrôlées permet d’évaluer la résistance de façon plus précise, moins risquée sur le plan de la santé et du bien-être, et à partir d’effectifs limités. Enfin, en s’intégrant dans une gestion durable du parasitisme, la sélection contribue à la performance des élevages herbagers. Il s’agit d’un enjeu du point de vue de la transition agroécologique (via la réduction de la consommation de concentrés). L’élevage à l’herbe apporte aussi un bénéfice du point de vue du bien être des animaux dans la mesure où le pâturage favorise généralement l’expression des comportements naturels des ovins par rapport à l’élevage en bergerie.
Procédures
Sur l’ensemble de la période expérimentale de 12 semaines, chaque animal aura 6 prélèvements de fécès (moins d’une minute) et 4 prélèvements de sang (quelques secondes). En cas, d’animal vide, une nouvelle tentative de prélèvement de feces sera réalisée 3 à 4 heures plus tard. Au maximum, trois tentatives seront réalisées.
Impact sur les animaux
L’infestation des béliers par le parasite produit nécessairement des effets négatifs sur leur santé : léthargie, manque d’appétit, augmentation de la prise de boisson, tachycardie, augmentation de la fréquence respiratoire et anémie. Cependant, la plupart de ces signes cliniques ne sont généralement pas observés lors d’infestations en conditions contrôlées. Dans ce contexte, la faiblesse des effets négatifs sur la santé s’explique par le nombre limité d’infestations à dose unique, la faible durée de ces infestations (par rapport à des périodes de pâturage) et les conditions d’élevage en bergerie. Les prélèvements de sang peuvent engendrer un hématome ainsi qu’une légère douleur au niveau du site de prélèvement. Enfin il y aura un léger stress des animaux liés à la contention.
Devenir
A l’issue de la procédure, tous les béliers poursuivront leur phase d’élevage soit pour la reproduction des lignées, soit pour être destinés à la vente.
Remplacement
On ne peut pas remplacer l’hôte (ovin) pour la réalisation du cycle parasitaire et l’étude de l'impact de la sélection à la résistance aux parasites sur les autres fonctions biologiques de l’hôte.
Réduction
Le nombre d’animaux prévus dans le projet est déterminé selon trois critères pour la sélection : le maintien de la divergence génétique entre lignées en termes de résistance au parasitisme, la représentation d’une diversité génétique pour limiter l’augmentation de la consanguinité, et la précision des index.
Raffinement
Les béliers sont hébergés sur une litière paillée et en lots de manière à pouvoir exprimer leurs comportements sociaux. Ils sont habitués à être manipulés. Les prises de sang seront réalisées à la veine jugulaire alternativement gauche et droite. La prise de sang peut potentiellement engendrer un hématome. En cas d’apparition, un baume sera appliqué. Pour la prise de fèces, suite à un pré-massage elle est effectuée par du personnel habilité munie d’un gant lubrifié pour éviter un inconfort à l’animal. Un renforcement positif avec une poignée de granulés sera donné à l’animal après les prélèvements. Différents enrichisssements seront proposés en alternance au cours de l’expérimentation : bascule (planche fixée à un cylindre), cône de signalisation, et brosse. Une surveillance visuelle est effectuée au quotidien par les agents formés et plus particulièrement pendant les phases de mesure individuelle. En cas de signes de maladie ou d’impact sur l’état général des animaux, l’animal est immédiatement traité avec un antiparasitaire et sorti de l’expérimentation.
Choix des espèces
Les parasites gastro-intestinaux sont spécifiques de leur hôte et H. contortus est le parasite provoquant le plus de dégâts en France. Comme nous souhaitons sélectionner les ovins sur la résistance au parasitisme, l’utilisation de l’espèce ovine dans cette expérience est la plus pertinente. D’autre part, des lignées divergentes sur la résistance à H. contortus n’existent que chez les ovins. Les animaux sont âgés de 1 an environ. C’est à partir de cet âge que les béliers pourront être utilisés en tant que reproducteurs dans le troupeau.
RugoPAB : Evaluation de l’effet de la rugosité de fond dans une passe à bassins à simple fente verticale sur sa franchissabilité par les petits poissons benthiques
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Objectifs
Pour la grande majorité des espèces aquatiques, les lieux de reproduction, d'alimentation et de croissance ne sont pas les mêmes. Elles doivent donc pouvoir se déplacer librement entre ces différents habitats pour accomplir leur cycle biologique. De plus, cette capacité de déplacement est garante d’une meilleure résilience des espèces face à une perturbation de leur environnement. En France, les cours d'eau sont en grande majorité artificialisés et fragmentés par la présence d'ouvrages transversaux (seuil, barrage). Si leur équipement en passes à poissons permet de réduire leurs impacts sur les migrations, un certain nombre d’entre elles sont relativement anciennes, dimensionnées pour des espèces d’intérêts économique et halieutique (saumon, truite), et s’avèrent moins fonctionnelles pour les espèces aux capacités de nage plus modestes. Afin d’améliorer la franchissabilité des passes à bassins pour ces espèces, de la rugosité constituée de pierres saillantes ou de plots en béton est couramment disposée sur le fond, dans l’objectif de créer des zones d’écoulements ralentis et moins turbulentes. Des études hydrauliques expérimentales ont permis de caractériser l’influence de la rugosité de fond sur les écoulements dans les passes à bassins. Des tests biologiques conduits sur un modèle réduit d’ouvrage (échelle ¼) n’ont toutefois pas permis d’évaluer l’influence de la rugosité de fond dans les bassins sur la franchissabilité par les poissons, en raison de l’échelle inappropriée entre la taille des individus testés (trop grands) et la dimension des rugosités du modèle (trop petites). Afin de confirmer l’intérêt de la rugosité de fond dans les bassins pour le franchissement des poissons et de préciser des critères de dimensionnement, il est donc nécessaire de conduire de nouvelles expérimentations. Le présent projet vise à étudier, dans un canal expérimental (14*1m, aménagé en passe à bassin avec ou sans la rugosité de fond), simultanément les caractéristiques hydrauliques de l’écoulement (turbulence, vitesse d’écoulement) et le comportement des poissons (trajectoire de déplacement, succès de franchissement), en se rapprochant des échelles réelles entre la taille du dispositif et la taille des poissons. L’étude portera sur les poissons de petites tailles et les espèces de fond.
Bénéfices attendus
Caractériser et évaluer l’intérêt de la rugosité de fond sur la franchissabilité des passes à bassins permettra de définir des critères techniques et des recommandations précises de dimensionnement à destination des gestionnaires, propriétaires d’ouvrages et bureaux d’études concepteurs. Systématiser les rugosités au fond des passes à bassins (si leur efficacité est confirmée) participera plus largement à améliorer l’efficacité biologique des passes à bassins, existantes ou en projet, à améliorer la libre circulation pour un large spectre d’espèces et à réduire ainsi la fragmentation des milieux.
Procédures
Quatre espèces ont été retenues pour l’expérimentation : barbeau, goujon, chabot et anguille. Plusieurs semaines d’expérimentation sont prévues. Les poissons seront prélevés en milieu naturel. Les poissons (une centaine par semaine) seront transportés au laboratoire en début de la semaine expérimentale, anesthésiés, mesurés et marqués avec une puce électronique (15-20 secondes pour la réalisation de mesures morphométriques et marquage). Après un repos de 24h minimum, les poissons participeront à un test de franchissement, en groupe de 10-20 individus, d’un canal expérimental aménagé en passe à bassins, équipé ou non de rugosités de fond. Chaque test de franchissement durera 120 minutes au total : 30 minutes d’acclimatation dans la zone d’accueil et 90 minutes de nage libre dans le canal . La durée d’expérimentation est identique à celle appliquée dans les études sur des passes semblables. Les conditions d’écoulement dans les bassins sont dimensionnées de manière à ne pas risquer l’épuisement des individus. Chaque individu ne sera utilisé qu’une seule fois. Au bout de 5 jours de captivité, les poissons seront relâchés dans leur milieu naturel au minimum 2h après le test de franchissement.
Impact sur les animaux
Les effets attendus sur les animaux sont principalement le stress et la douleur/gêne liés à la capture, transport, captivité, marquage et les manipulations lors des tests. Tout est mis en place pour réduire leur apparition ou intensité : 1/ La pêche à l’électricité est la technique de capture la plus efficace tout en réduisant au maximum les dommages sur les individus. L’appareil utilisé produit un courant continu, identifié comme le moins impactant pour les poissons. L’immobilisation est de très courte durée (1-2 secondes). Des effets indésirables (blessures internes ou externes) peuvent subvenir mais dépendent de l’intensité du champ électrique, de la durée d’exposition, des conditions environnementales et de l’opérateur. Tout le personnel participant à l’opération de pêche est formé et expérimenté, et tout sera mis en œuvre pour minimiser les risques de dommages sur les poissons (réglage de l’appareil, retrait rapide du champ électrique des individus). 2/ Les poissons seront transportés par notre équipe dans un vivier rempli d’eau de la rivière d’origine (200-250L) et constamment oxygénée pendant le trajet. A l’arrivée au laboratoire, les poissons seront acclimatés à la température de l’eau avant le transfert dans les bacs. 3/ La biométrie et le marquage par puce électronique se fera sous anesthésie pour réduire le stress, la douleur et le risque de blessure des poissons. L’anesthésie pouvant être considérée comme une source d’effets indésirables, les doses d’anesthésiant les plus faibles seront appliquées et progressivement augmentées si le degré d’anesthésie est insuffisant. 4/ Les manipulations nécessaires aux tests (capture et tri à l’épuisette, transport en seau) peuvent générer du stress et être source de blessures si échappement. Elles seront réalisées avec rapidité mais précaution pour éviter tout dommage. Les conditions de maintien seront surveillées au moins deux fois par jour. On ne s’attend pas à d’autres nuisances lors de l’expérimentation dans le canal, les conditions d’écoulement dans les bassins sont dimensionnées de manière à ne pas risquer l’épuisement des individus.
Devenir
Tous les animaux en bonne santé seront libérés dans leur milieu naturel. Les anguillettes seront relâchées dans le cours d’eau d’origine (en amont du lieu de capture) pour pouvoir poursuivre leur migration de montaison. Les autres poissons seront libérés sur leur site d’origine.
Remplacement
Étudier le comportement et la progression par nage des poissons au sein d’une passe à bassins équipée ou non de rugosités de fond, les succès ou les échecs de franchissement, est un prérequis pour notre étude. Nous ne pouvons donc pas nous dispenser de l’usage des animaux. Les individus testés seront prélevés temporairement dans la nature (5 jours de captivité au maximum) et libérés dans leur milieu naturel à la fin des tests. Nous ne pouvons pas utiliser des poissons de pisciculture qui présentent généralement des caractéristiques physiologiques (p.ex. nageoires atrophiées, capacités musculaires réduites, …) et des comportements différents des individus sauvages, contribuant à modifier voire altérer leurs capacités à franchir les dispositifs. Leur utilisation risque de ne pas refléter les capacités de franchissement réelles des individus sauvages.
Réduction
1/ Réduction du nombre d’espèces testées : seules quatre espèces ont été ciblées pour cette expérimentation. Il s’agit soit 1/ d’espèces à forts enjeux de conservation pour lesquelles la confirmation de la pertinence de cette mesure est indispensable (anguille et chabot), ou 2/ d’espèces plus communes et bien réparties sur le réseau hydrographique français (barbeau, goujon) qui serviront de modèles permettant une extrapolation des résultats aux autres espèces présentant des comportements et des capacités de nage proches. 2/ Réduction du nombre d’individus : Le guide méthodologique en vigueur et les calculs réalisés avec différents outils disponibles en ligne nous ont conduit à choisir une taille d’échantillon de 100 individus par configuration et par espèce. Au total, 800 individus seraient nécessaires pour le test de franchissement, correspondant à 100 individus de 4 espèces pour 2 configurations. Nous souhaiterions pouvoir porter ce nombre à 880 individus autorisés au total (soit 20 individus supplémentaire par espèce testée) pour pouvoir pallier les possibles pertes durant l’expérimentation. Les 80 individus demandés en plus ne seront pas utilisés si notre objectif de 100 individus testés par espèce et configuration est atteint. 3/ Déroulement pas à pas : Si les premiers tests de franchissement réalisés sur les barbeaux et goujons ne permettent pas de distinguer différents taux de franchissement entre les configurations, l’étude sera suspendue, les causes possibles seront analysées (conditions hydrauliques dans le canal, taille d’échantillon trop faible, etc.), et si besoin l’étude sera ajustée puis soumise de nouveau à l’autorisation de projet. 4/ Réduction du temps de captivité : L’expérimentation sera conduite par sessions de 5 jours, pour limiter le temps de captivité des poissons sauvages (le temps prolongé de captivité augmente le risque des complications – développement de maladies). Après les tests, les poissons seront libérés dans leur milieu naturel.
Raffinement
Les procédés de raffinement suivants sont utilisés : - biométrie et marquage sous anesthésie générale, - Courte durée de captivité (5 jours) ; - Très bonnes conditions de stabulation : densité des poissons < 1 ind./L , mise en place d’abris constitués de tuyaux PVC et de brosses, surveillance des animaux (points limites) et des conditions physico-chimiques biquotidienne a minima ; - Dérangement réduit : répartition des poissons dans plusieurs viviers pour manipuler uniquement le groupe à tester, canal et bassins couverts pour réduire la luminosité, tranquilliser les poissons et éviter l’échappement.
Choix des espèces
Quatre espèces ont été retenues pour l’expérimentation : 1/ deux espèces à forts enjeux de conservation pour lesquelles la confirmation de la pertinence de cette mesure est nécessaire : anguille et chabot, et 2/ deux espèces plus communes et bien réparties sur le réseau hydrographique français (barbeau, goujon) qui serviront de modèles permettant une extrapolation des résultats aux espèces présentant des comportements et des capacités de nage proches. Afin de garder une cohérence entre la dimension des rugosités testées, les zones d’abris hydraulique et la taille des poissons qui peuvent s’y réfugier, les chabots, goujons et barbeaux de taille entre 8-12 cm seront testés. Ces tailles correspondent au stade adulte/sub-adulte pour les chabots et goujons, et au stade juvénile pour les barbeaux. Concernant les anguillettes, c’est le stade ciblé par ces aménagements qui sera testé : jeunes individus entre 15-25 cm.
XENOGREEN 3 : Impact d’une exposition chronique d’espèces exotiques envahissantes (le xénope Xenopus laevis et la perche soleil Perca fluviatilis) sur le comportement et la valeur sélective des têtards de grenouille verte Pelophylax lessonae.
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Xénopes : 18
Autres poissons : 36
Objectifs
Cette étude vise à mieux comprendre comment la présence de deux espèces exotiques, un amphibien appelé xénope et un poisson nommé perche soleil, affecte le développement et le comportement des jeunes grenouilles locales. Pour cela, les têtards, c’est-à-dire les grenouilles avant leur transformation, seront placés dans des bassins où ils seront exposés chaque jour, pendant six heures, à ces deux prédateurs. Trois situations différentes seront testées selon le nombre de têtards dans chaque bassin : peu nombreux, moyennement nombreux ou plus nombreux, afin de voir si la densité a un effet sur leur croissance et leur survie. En plus, d’autres groupes seront observés sans prédateur, avec un poisson rouge inoffensif ou en présence d’un objet vide, pour comparer les réactions. L’étude analysera comment ces conditions influencent la durée de développement des têtards, leur taille à la transformation, leur survie, et leurs comportements face aux prédateurs. Cette recherche durera environ cinq mois, depuis la collecte des têtards jusqu’à leur libération sur leur lieu d’origine, après observation. Les prédateurs utilisés, xénopes et perches soleil, étant des espèces exotiques envahissantes, ne seront pas relâchés dans la nature à la fin de l’étude, afin d’éviter tout risque pour les écosystèmes locaux. À long terme, ce projet permettra de mieux comprendre l’impact des espèces envahissantes sur les amphibiens locaux, ce qui aidera à développer des stratégies pour protéger ces populations fragiles. Les résultats contribueront à la conservation des grenouilles et à la gestion des milieux naturels, en limitant les effets négatifs de ces prédateurs étrangers sur la biodiversité.
Bénéfices attendus
À court terme, ce projet permettra de mieux comprendre comment les jeunes grenouilles vertes réagissent à la présence de deux espèces étrangères qui ont été introduites dans la nature : le xénope lisse et la perche soleil. Ces espèces peuvent menacer les grenouilles locales en les mangeant ou en dégradant leurs conditions de vie. Nous allons étudier comment ces jeunes grenouilles grandissent, survivent et se comportent quand elles sont en contact avec ces prédateurs. À long terme, les résultats aideront à trouver de meilleures façons de protéger les grenouilles et leurs habitats naturels, comme les mares et les étangs. Ces informations seront utiles aux personnes responsables de la protection de la nature pour décider comment limiter la progression de ces espèces étrangères et préserver la faune locale. Ainsi, ce projet apportera des connaissances importantes pour protéger la biodiversité tout en respectant le bien-être des animaux étudiés. Les désagréments causés aux grenouilles seront temporaires et sans conséquences durables pour leur santé.
Procédures
Dans ce projet, les animaux seront principalement soumis à des manipulations non invasives, consistant à les transférer entre leur habitat naturel, leur transport, les bassins d’élevage, et des dispositifs d’observation pour étudier leur comportement. Ces manipulations concernent environ 1980 têtards de grenouille verte ainsi que 54 prédateurs (18 xénopes lisses et 18 perches soleil, 18 poissons rouge). • Têtards de grenouille verte : Capturés à leur stade jeune (2 jours après éclosion) dans des mares situées à moins de 30 km du laboratoire, ils seront transportés pendant environ 30 minutes jusqu’aux bassins d’élevage. Ils seront manipulés à l’aide d’épuisettes fines ou de pipettes larges, sans anesthésie, pour minimiser le stress et éviter les blessures. Chaque têtard sera manipulé plusieurs fois lors des transferts et des tests, avec des manipulations de moins de 5 minutes par individu. • Prédateurs (xénopes, perches soleil et poissons rouge) : 18 individus de chaque espèce seront maintenus en élevage et temporairement placés dans des boîtes perforées pour l’exposition aux têtards, 6 heures par jour. Leur manipulation se fera manuellement, sans anesthésie. Aucune procédure chirurgicale, prélèvement invasif ou anesthésie ne sera réalisée. Toutes les interventions seront réalisées en respectant le bien-être animal et en limitant au maximum le stress.
Impact sur les animaux
Les animaux impliqués dans cette étude seront exposés à des manipulations douces et non invasives. Les têtards de grenouille verte seront capturés, transportés et transférés dans des bassins où ils seront observés. Ils seront également placés temporairement près de prédateurs dans des boîtes perforées, mais sans contact direct. Ces interventions peuvent provoquer un stress léger et temporaire, lié principalement au transport et à la manipulation, mais aucun acte douloureux ou invasif (comme des injections ou des interventions chirurgicales) ne sera réalisé. Les prédateurs seront eux aussi manipulés de manière non invasive, placés dans des contenants perforés pour permettre une interaction visuelle avec les têtards, sans contact direct. Aucun prélèvement biologique ou procédure douloureuse ne sera effectué sur les animaux. Tous les soins et manipulations seront réalisés pour limiter au maximum le stress et l’inconfort.
Devenir
À l’issue de la première procédure, les têtards de grenouille verte, après exposition aux différents prédateurs et contrôles, seront pesés puis relâchés sur leur site naturel de capture afin de respecter leur cycle de vie et limiter l’impact sur les populations locales. Les prédateurs impliqués dans l’étude comprennent le xénope lisse et la perche soleil, deux espèces exotiques envahissantes interdites de remise en liberté pour éviter leur propagation nuisible à la biodiversité locale. Ces animaux seront donc euthanasiés de manière éthique conformément aux normes réglementaires. Le poisson rouge, espèce non invasive utilisée comme contrôle, sera quant à lui maintenu en captivité dans de bonnes conditions ou remis à des structures appropriées si possible. Concernant la seconde procédure, qui consiste en des tests comportementaux réalisés sur les mêmes têtards prélevés puis replacés dans leurs bassins, aucun animal ne sera euthanasié à l’issue des tests. Tous les têtards continueront leur développement naturel dans leur milieu d’élevage avant d’être relâchés. Cette approche limite au maximum la souffrance animale et respecte les exigences éthiques.
Remplacement
Dans ce projet, les animaux utilisés sont essentiels pour répondre aux questions scientifiques posées, car il s'agit d'étudier des comportements et des réponses biologiques qui ne peuvent être reproduits de manière satisfaisante par des méthodes alternatives, comme des simulations informatiques ou des tests en laboratoire sans animaux. Cependant, nous avons veillé à utiliser des méthodes qui minimisent le nombre d’animaux nécessaires.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans cette étude a été soigneusement calculé pour être le plus faible possible tout en permettant d’obtenir des résultats fiables. Au total, environ 1 980 têtards seront observés, répartis en groupes correspondant aux différentes situations testées (présence ou non de prédateurs, et densités différentes). Chaque condition sera répétée trois fois pour garantir la fiabilité des comparaisons. Avant de lancer cette étude, des essais sur de petits groupes ont été réalisés afin d’ajuster au mieux la durée de l’expérience et la taille des groupes nécessaires. Les mêmes individus seront suivis tout au long du projet, ce qui évite de devoir en prélever de nouveaux. Les têtards devenus grenouilles seront relâchés sur leur site d’origine. La durée totale du projet (environ 4 à 5 mois) est adaptée à leur cycle de vie naturel.
Raffinement
Tout est mis en place pour que les animaux ne subissent ni douleur ni stress inutile. Aucune opération ni manipulation invasive n’est prévue. Les têtards seront observés dans des bassins extérieurs reproduisant les conditions naturelles, tandis que les prédateurs (xénopes, perches soleil et poissons rouges) seront placés dans des boîtes percées, empêchant tout contact direct. Les manipulations nécessaires, comme la pesée ou le transfert pour les observations de comportement, dureront peu de temps et seront réalisées dans le calme et à température stable. Les tests de comportement ne dépasseront pas 30 minutes, et chaque animal sera immédiatement replacé dans son bassin d’origine. La qualité de l’eau sera surveillée chaque semaine (température, oxygène, pH, nitrates…) pour garantir un environnement sain. En cas de problème, l’eau sera changée et les tests suspendus jusqu’à un retour à la normale. Lors des déplacements, les animaux seront transportés dans des bacs couverts et sombres afin de limiter leur stress. Avant chaque test, un temps d’adaptation de 15 minutes leur permettra de retrouver un comportement normal. L’état de santé des animaux sera contrôlé tous les jours. Si un individu montre des signes de stress, de blessure ou de fatigue, il sera isolé, observé plus attentivement, et retiré si nécessaire. En cas de souffrance trop importante, l’animal sera euthanasié sans douleur à l’aide d’un anesthésiant.
Choix des espèces
L’étude porte sur la grenouille verte, une espèce locale très commune dans les mares et zones humides de la région. Elle est classée comme espèce menacée et joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes aquatiques. Son choix est pertinent car elle représente un bon modèle pour comprendre comment les amphibiens réagissent face à des changements dans leur environnement, notamment à la présence de nouveaux prédateurs. Les tests portent sur les têtards, c’est-à-dire la phase larvaire des grenouilles, car c’est à ce stade qu’ils sont les plus vulnérables à la prédation. Les résultats obtenus permettront de mieux comprendre comment ces jeunes amphibiens s’adaptent ou réagissent à des signaux de danger. Les prédateurs utilisés sont le xénope et la perche soleil, deux espèces introduites en France depuis plusieurs années et considérées comme envahissantes. Leur présence modifie l’équilibre naturel des mares en entrant en compétition avec les espèces locales. Une troisième espèce, le poisson rouge, est utilisé comme témoin : il n’est pas un prédateur des têtards mais permet de vérifier que les réactions observées sont bien dues à la présence de véritables prédateurs. Ces espèces ont été choisies car elles sont faciles à maintenir dans de bonnes conditions en captivité, ne nécessitent pas de manipulations invasives et permettent de simuler des situations écologiques réalistes. À la fin du projet, les grenouilles seront relâchées sur leur site d’origine, tandis que les espèces exotiques (xénope et perche soleil) seront euthanasiées conformément à la réglementation, car leur remise en milieu naturel est interdite.
Impact de l’inactivation des récepteurs des acides gras sur le comportement alimentaire chez la truite arc-en-ciel
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Pour rendre la production de poissons carnivores d’élevage comme les truites plus durable, il est essentiel de réduire l’utilisation de farine et d’huile de poisson dans leur aliment. Pour autant, si on remplace totalement ces ingrédients par des végétaux, cela engendre un ralentissement important de leur croissance qui est due notamment à une baisse de leur appétit. Nos recherches ont montré que les acides gras oméga-3 (certains absents de ces aliments végétaux) joue un rôle dans la préférence alimentaire des truites. Nous avons identifié que cette préférence alimentaire (augmentation de la prise alimentaire) pourrait s’expliquer par la présence de récepteur du gout chez la truite qui sont activés par ces oméga-3 (étude en laboratoire). Pour autant, aucune n’étude n’a étudié le rôle de l’activité de ces récepteurs du gout sur la prise alimentaire et la croissance de la truite en élevage. L’objectif de ce projet est donc de tester, in vivo, le rôle fonctionnel de ces récepteurs dans la régulation de la prise alimentaire et de la croissance à différents stade de vie et différentes doses. Ainsi notre projet va étudier durant 10 semaines (à partir de leur premier repas) et à un stade filet de 2kg durant 8 semaines l’effet d’une molécule dans les aliments des truites qui bloque leurs récepteurs du gout aux oméga-3 afin de restaurer leur prise alimentaire sur aliment végétal. Pour cela un aliment de type commercial sera utilisé comme contrôle et 4 aliments végétaux contenant différentes concentrations de la molécule (0, 1, 10 et 20mg/kg) seront testés.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de mieux comprendre la régulation de la prise alimentaire des poissons d’élevage par les oméga-3 (acides gras) par leur récepteur du gout. Les bénéfices attendus sont importants car ces découvertes pourraient ouvrir de nouvelles perspectives pour l’industrie aquacole, en prenant notamment en compte la teneur en oméga-3 dans les aliments des poissons d’élevage. Enfin, une meilleure prise alimentaire des poissons d’élevage par une alimentation optimisée devrait permettre à terme d’améliorer le bien-être et les performances de poissons.
Procédures
- Mesure du poids en lot des 25 bassins tous les 20 jours, soit 5 pesées en tout sur animaux vigiles (conformes aux pratiques d’élevage) au stade alevins et 3 au stade adultes (9 bassins). la durée estimée de chaque prélèvement est d'environ 2 minute maximum.
Impact sur les animaux
- Alimentation durant 10 semaines stade alevins et 8 semaines stade adulte avec ou sans farine de poisson et avec l'ajout d'une molécule chimique pouvant induire des effets sur leur comportement alimentaire (augmentation ou diminution de leur prise alimentaire).
Devenir
A l'issue de l’expérience, 400 alevins et 120 adultes seront anesthésiés, euthanasiés et prélevés pour analyse. Sur les 2115 poissons restant au total, soit alevins (2100) et adulte (15) seront nourris ensuite durant 2 mois sur aliment commercial. Les 840 animaux provenant des alevins et 10 adultes nourris avec l’aliment contrôle et végétal sans l’antagoniste seront remis dans le circuit au sein de la pisciculture (réutilisation). Les 1260 poissons restants des alevins et 5 des adultes ayant reçu de leur côté la molécule ne seront pas remis dans le circuit d’élevage (de recherche ou de la chaine alimentaire) mais seront replacés dans des bassins hors expérimentation (replacés dans les bassins extérieurs de la pisciculture) pour leur fin de vie avec un suivi quotidien.
Remplacement
A la suite d'une étude en laboratoire sur modèle cellulaire pour validation de l'effet de la molécule et 1 premier essai nutritionnel, l’objectif principal du projet est désormais de mesurer l’efficacité de la molécule et à différents stades de vie de la truite sur le comportement alimentaire et la croissance des truites, ainsi, le recours à des animaux est nécessaire.
Réduction
Le nombre de poissons prélevé est calculé au minimum, compte-tenu des variabilités des réponses aux aliments observées dans les études précédentes notamment au stade alevin. Le nombre de poisson permet aussi d’avoir une densité par bassin idéale pour des conditions en élevage optimales car les truites sont des animaux grégaires (vivent en groupe).
Raffinement
Les conditions d’élevage utilisées sont : photopériode naturelle, température stable, qualité d'eau optimale et niveau d’oxygène adéquate avec un débit d'eau adapté permettant un renouvellement de 5 à 7 fois par heure, taille et type de bassins adaptée à la taille des poissons de 50L au stade alevins à 1m3 au stade adulte pour notre étude (bassins extérieurs munis d’un couvercle et demi-couvercle occultant assurant la sécurité des poissons vis-à-vis des nuisibles (oiseaux) et limitant les perturbations liées à l’activité des agents de la pisciculture), densité et quantité optimale des truites, nettoyage régulier des bassins. Les animaux seront nourris manuellement à satiété visuelle sans restriction. Un enrichissement du milieu sera réalisé en introduisant des objets flottant type balles de ping-pong permettant leur stimulation de jeux ainsi que des éléments pour se cacher (pierre, tuyaux…). Un suivi quotidien du bien-être animal sera évalué à l’aide d’une fiche de suivi quotidienne d'évaluation des expériences.
Choix des espèces
La truite arc-en-ciel est la première espèce piscicole produite en France et a donc un poids agronomique et commercial important. Animaux au stade alevins. Il s’agit du stade que nous avons identifié dans nos études antérieures, démontrant une forte altération des données zootechniques sur aliments dépourvus de farine et huile de poisson. De plus, ce stade est critique pour la survie des truites en élevage, et l’altération de la croissance précoce à ce stade ne peut pas être rattrapée ultérieurement lors de la phase de grossissement. La stade adulte 2kg est lui choisit car très important pour la filière aquacole pour les truites filets. C’est un stade ou l’alimentation coute chère et les pertes liées à la non ingestion (sur aliment végétal) peuvent donc être conséquentes.
Phenotypage fin de brebis laitières pour une sélection sur la réduction de l’impact environnemental des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’élevage ovin laitier – MODIFICATION
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Objectifs
Le projet de phénotypage fin a pour objectif général de quantifier le méthane et le dioxyde de carbone émis par les fermentations dans le rumen des brebis laitières et d’estimer la faisabilité d’une sélection, soit à partir d’une mesure directe des quantités de gaz produits, soit sur des mesures indirectes de ces émissions à partir des spectres du lait ou de bactéries présentes dans le rumen.
Bénéfices attendus
L’impact environnemental des ruminants est largement documenté : nous savons que les rations fourragères impliquent une augmentation des émissions des gaz à effet de serre, du fait de fermentations ruminales accrues. Les études génétiques sur des bovins et des ovins allaitants montrent que les émissions de gaz à effet de serre sont héritables : 15 à 30 % de la variabilité est d’origine génétique. En revanche, aucune publication ne fait référence à l’héritabilité du méthane émis par les ovins laitiers, et ni à la possible prédiction de ce méthane à partir des spectres du lait ou du microbiote ruminal. Notre projet apportera des premières estimations de paramètres génétiques des émissions de gaz à effet de serre pour les ovins laitiers, nourris de deux régimes alimentaires différents. Une recherche de gènes à effet majeur sur la production de méthane pourra aussi être conduite. De plus, les potentiels prédicteurs (spectres laitiers ou microbiote du rumen) seront disponibles pour quantifier leur capacité prédictive, car il est peu probable de pouvoir réaliser à terme des mesures de méthane émis chez tous les sélectionneurs Lacaune. Enfin, des premières estimations de différences d’efficience alimentaire d’animaux divergents pour leurs émissions de méthane permettront d’identifier des liens entre ces 2 groupes de caractères. Par ailleurs, la pertinence de l’application en ovin laitier des équations de prédiction bovine des gaz émis à partir des spectres du lait sera objectivée.
Procédures
MODIFICATION Sur l'ensemble du projet, 360 brebis seront concernées par des prélèvements de fluide ruminal et de fèces : chaque prélèvement dure moins d’une minute par animal. Chaque animal aura 2 prélèvements de fluide ruminal, espacés de 6 semaines. Ces prélèvements se font sur animaux vigiles.
Impact sur les animaux
Les nuisances possibles sur l’ensemble des animaux sont une peur à entrer dans la chambre PACs : l’animal apeuré peut être agité, ou très abattu, voulant faire demi-tour. Pour la collecte du jus de rumen, l'intubation des primipares peut être stressante : l’animal peut se débattre ou être lésé au niveau de la bouche lors de l'intubation. La mise aux portillons individuels pour contrôler l’alimentation nécessite un temps de familiarisation pour certains animaux, afin qu’ils puissent réellement manger à leur faim.
Devenir
Toutes les brebis poursuivront leur carrière de production dans l’élevage.
Remplacement
Notre projet porte sur l’impact environnemental des émissions de GES des élevages ovins laitiers. Les principales émissions de gaz à effet de serre de ces élevages proviennent de la fermentation entérique des ruminants. Les émissions de méthane entériques ont des origines génétiques, microbiennes et alimentaires complexes. Les expérimentations in vitro ont permis de caractériser les fermentations entériques et leur impact sur les émissions de gaz, en particulier en lien avec l’alimentation. Cependant, le microbiote digestif évolue au sein d’un holobionte , et interagit donc avec son hôte. Ce projet a donc pour but d’étudier l’holobionte (l'hôte et ses microbiotes). Les relations existantes entre un microbiote et son hôte sont complexes et en partie d’origine génétique et ne peuvent donc être étudiées que sur des animaux, pour rendre compte de la variabilité individuelle. De plus, nous cherchons des prédicteurs biologiques de ces émissions de gaz : si le microbiote est un possible prédicteur, il est difficile et couteux d’accès. Nous allons donc récupérer les spectres du lait obtenus automatiquement à chaque contrôle laitier officiel et les utiliser comme possibles prédicteurs. Le recours à l’animal ne peut donc être évité.
Réduction
Notre projet repose sur le phénotypage de 550 brebis. Aucun phénotypage des GES n’a déjà été effectué en race Lacaune, donc 550 brebis correspond à l’effectif minimum pour obtenir une précision suffisante pour les estimations d'héritabilités ; les corrélations génétiques entre émission de méthane et autres caractères risquent d'être encore peu précises. De plus, nous bénéficierons des prises de sang effectuées en routine pour le suivi génétique de l’élevage ; le sang des animaux ne sera donc prélevé qu’une seule fois. Les prélèvements de jus de rumen ne seront réalisés que sur un sous-effectif d’animaux (environ 360 animaux) puisque nous nous intéresserons qu’aux jeunes brebis (L1 à L3), sachant que la parité des animaux est un facteur important de la variabilité de la composition du microbiote ruminal.
Raffinement
Tous les animaux seront élevés en lots, dans la bergerie habituelle, sur des aires paillées, y compris le lot de 40 primipares dont l’ingestion individuelle est enregistrée : le maintien en lots permet l’expression des comportements sociaux. Le suivi des animaux est quotidien, par les nombreux passages des animaliers pour un suivi visuel, mais aussi 2 fois par jour lorsque les brebis passent en salle de traite. Chaque portillon étant dédié à un animal, toutes les brebis peuvent se nourrir ad libitum. Le milieu est enrichi avec des brosses et grattoirs. Les mesures d’émissions de gaz nécessitent d’isoler l’animal dans une chambre durant 50 minutes : une notation du comportement des animaux sera enregistrée. Toute agitation ou signe de mal-être induira une sortie anticipée de la chambre respiratoire. Les prélèvements de fluide ruminal ne sont pas des prélèvements habituels en élevage ovin. Néanmoins, le personnel de l’établissement utilisateur a été formé et pratique ce type de prélèvement depuis plusieurs années. Les prélèvements sont effectués sur un temps court avec très peu de contention des animaux, et sont réalisés avec du matériel vétérinaire adapté. Les prélèvements de féces sont des prélèvements occasionnels pour vérifier si les animaux sont parasités. Ils seront pratiqués par le personnel formé à ce type de prélèvement, sans isolement des animaux. Les prélèvements de lait se feront lors du contrôle laitier, sans manipulation supplémentaire de la brebis. A la fin des prélèvements (effectués sur les animaux ayant eu une mesure de méthane), une poignée de granulés est donnée à l’animal pour associer le prélèvement à un évènement positif. Les animaux sont habitués dès leur plus jeune âge au contact humain, et en particulier à être manipulés. Ils font l’objet d’une surveillance visuelle toute particulière au moment des prélèvements et après ceux-ci.
Choix des espèces
L’étude des émissions entériques de gaz à effets de serre est primordiale pour l’espèce bovine qui en est responsable des plus grandes quantités d’émission de GES d’origine animale. L’espèce ovine, même si elle est moins émettrice, présente néanmoins 3 avantages pour étudier le volet génétique de l’impact environnemental de l’élevage des ruminants : des troupeaux avec de grands effectifs (animaux élevés dans les mêmes conditions donc une réduction des facteurs de variation qui perturbent les modèles d’évaluation génétique), une sélection génétique opérationnelle (la sélection génomique est effective en ovins laitiers depuis 2015 en France) et un outil portable de quantification des émissions de gaz. Les chambres portables d’accumulation ou PACs, sont utilisées à des fins de sélection en Nouvelle Zélande et dans plusieurs pays du nord de l’Europe. De plus, sur les ovins laitiers, il est possible de tester simultanément les capacités prédictrices des microbiotes ruminal, fécal et des spectres du lait sur les mêmes animaux. La production de méthane est notamment liée à la quantité ingérée par les ruminants. Or le début et le milieu de la lactation sont des phases qui requièrent le plus d’énergie pour la brebis, d’où le choix de ces stades de production (espacés de 2 mois) où l’ingestion est élevée. La production de méthane est également dépendante du gabarit de l’animal : il convient donc d’étudier des animaux d’âges différents (brebis et primipares). Enfin, les spectres moyen infra rouge de lait étant un possible prédicteur, il est nécessaire que l’étude soit conduite lorsque l’animal est en lactation.
Conséquences d’une relation humain-animal positive sur les états affectifs des porcelets sevrés
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
En élevage porcin, il a été montré que de passer du temps avec les animaux, leur parler, les caresser et les gratter favorise l’approche des humains et diminue le stress des animaux. Par ailleurs, cela favorise les états émotionnels positifs en présence d’un humain, et améliore les apprentissages. Ce projet vise à évaluer si une bonne relation humain-animal permet de générer des états émotionnels positifs à court et plus long terme chez des porcs sevrés, en les comparant à des conditions de vie « standard ». Les états émotionnels seront évalués grâce à la combinaison de mesures comportementales, physiologiques et cognitives. Pour répondre à cet objectif de recherche, nous testerons deux hypothèses : (1) Une bonne relation humain-animal, caractérisée par une approche accrue des humains par rapport à des animaux standards, a des effets bénéfiques sur les états émotionnels des animaux en présence des humains ; (2) Une bonne relation humain-animal, caractérisée par une approche accrue des humains par rapport à des animaux standards, a des effets bénéfiques sur les états émotionnels des animaux dans leur loge d’élevage sans présence humaine, et induit des biais cognitifs positifs signes d’états émotionnels à long terme positifs ;
Bénéfices attendus
Pour garantir le bien-être des animaux d'élevage, il est nécessaire d’offrir aux animaux des opportunités de vivre des expériences positives procurant du plaisir, au-delà de la réduction de la souffrance, pour favoriser des états émotionnels positifs. En élevage porcin, les interactions humaines douces sont favorables à une meilleure relation avec les humains, et à la mise en place d’états émotionnels positifs. Ce projet apportera des connaissances scientifiques sur l’importance de cette relation pour favoriser le bien-être en élevage. Il permettra également de valider de nouveaux indicateurs d’états émotionnels positifs chez le porc.
Procédures
La moitié (40) des animaux seront soumis à des interactions humaines positives régulières en plus des interactions nécessaires à leur élevage. 16 femelles seront impliquées dans des tests de comportement (test de relation aux humains, suivi d’1 test qui mesure les états affectifs et nécessite plusieurs semaines d'habituation, d'apprentissage et de test) et des prélèvements salivaires sans contention (6 prélèvements maximum au total, à raison de 3 prélèvements par jour avec 2 jours de prélèvements). 16 mâles seront impliqués des tests de comportement visant à mesurer la façon dont ils perçoivent les humains.
Impact sur les animaux
Les tests comportementaux peuvent induire un léger état de stress lié à la séparation temporaire du groupe social et à la confrontation avec un environnement nouveau. En effet les porcs sont des animaux sociaux, mais très curieux ; dans un environnement nouveau ils manifestent donc en premier une investigation des lieux ; et rares sont les animaux exprimant des réactions de stress élevées comme des cris, des agitations intenses ou bien des tentatives de sorties dans des tests de 5 minutes Un ensemble de mesures seront mises en place pour prévenir et limiter ces effets indésirables.
Devenir
La totalité des porcelets sera gardée en vie et sera replacée dans le système d'élevage pour rejoindre le circuit classique de production de viande.
Remplacement
Ce projet vise à mesurer le comportement et la cognition animale. Il est donc absolument nécessaire de travailler sur des animaux vivants et vigiles. L’utilisation du porc ne peut donc pas être remplacée.
Réduction
Les effectifs par traitement correspondent aux conditions nécessaires pour révéler des effets significatifs de nos traitements, tout en prenant en compte la variabilité inter-individuelle inhérente à la relation des porcs aux humains. Il existe une variabilité dans la sensibilité des animaux aux interactions humaines qui ne peut être prise en compte qu’avec un effectif suffisant permettant de révéler des effets entre les traitements.
Raffinement
L'objectif de ce projet est d’explorer les effets de conditions de vie susceptibles de générer des états émotionnels positifs chez les porcs sevrés. Les animaux seront donc soumis soit à des conditions qui correspondent à la pratique d’élevage « standard » (hébergement conventionnel dépourvu d’enrichissement et de stimulations sensorielles ou cognitives, mélanges sociaux répétés), soit à une amélioration notable de ces conditions « standard » (relation humain-animal positive, connue pour être un enrichissement). Le projet propose pour la moitié des animaux, des améliorations des conditions de vie « standard » caractéristiques de l’élevage conventionnel porcin, qui sont susceptibles d’engendrer une amélioration de l’état émotionnel et du bien-être des animaux. Les prélèvements de salive permettent de réaliser le suivi de plusieurs hormones d’intérêt (cortisol, ocytocine, sérotonine) sans avoir à réaliser de prises de sang ou de contention.
Choix des espèces
Ce projet sera réalisé sur le porc qui est l'espèce cible du projet, avec des perspectives d'application à la filière porcine. En effet, le projet pourrait conduire à la formulation de recommandations pour les éleveurs sur l’importance d’interagir plus et de manière douce avec leurs animaux. De plus, le projet pourrait aboutir à l'identification de nouveaux indicateurs précoces d’états émotionnels positifs, utilisables par la suite pour évaluer le bien-être animal dans les projets de recherche et dans les élevages de porcs. Nous utiliserons des porcs sevrés, que nous suivrons du sevrage (à 28 jours d’âge) jusqu’à 92 jours post-sevrage (i.e. 18 semaines d’âge) au maximum. Les animaux seront soumis aux traitements expérimentaux sur les 2 à 3 semaines suivant le sevrage. A partir de 20 jours post-sevrage, les animaux seront soumis à des mesures pour vérifier l’effet du traitement sur le comportement, la physiologie et la cognition. Les tests comportementaux, comme le test de biais de jugement, nécessitent des périodes de familiarisation aux dispositifs de tests et d’apprentissage très longues, il sera donc nécessaire de les garder plusieurs semaines après le sevrage. Les capacités d’apprentissage différant fortement d’un individu à l’autre, il n’est pas possible de définir une durée précise d’apprentissage, mais l’âge maximal auxquels les animaux seront testés sera fixé à 92 jours post-sevrage maximum.
Etude de la transmission du microbiote du gros intestin de la jument au poulain et de l’héritabilité de la fonction fibrolytique et effet sur les paramètres de santé associés
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
Objectifs
Le microbiote du poulain est en grande partie hérité de la mère par une transmission verticale à travers le liquide amniotique, le lait et la coprophagie (consommation des fèces). Il interagit avec les parasites intestinaux et la muqueuse intestinale. L'équilibre de cet écosystème est un facteur de santé et de performance des chevaux à court et long terme. Ce projet poursuit trois objectifs : • Etudier l’héritabilité structurelle et fonctionnelle du microbiote de la mère au poulain, • Déterminer si les paramètres de croissance et de santé sont associés au microbiote du gros intestin du poulain, • Déterminer si la structure et la fonction de l’écosystème intestinal du poulain sont pérennes sur la première année de vie.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de mieux comprendre la transmission du microbiote de la mère au poulain afin d'améliorer les pratiques et de permettre aux poulains de devenir des adultes en meilleur santé et plus performants.
Procédures
Au cours du projet, quatre prélèvements de sang et de fèces sont prévus par jument et trois par poulain : 15 jours avant la mise bas (juments), 7 jours après la mise bas (jument et poulains), avant le sevrage (juments et poulains) et avant le débourrage (juments et poulains). Ces prélèvements permettront de répondre aux différents objectifs du projet. Les animaux seront vigiles lors de ces prélèvements qui ne dureront pas plus de 5 min chacun.
Impact sur les animaux
La fouille rectale peut entrainer une gêne passagère qui cesse au moment du retrait du bras du manipulateur. De même, une gêne peut être éprouvée au moment de la ponction dans la veine jugulaire, mais celle-ci ne devrait pas durer plus de quelques minutes.
Devenir
Il n'est pas attendu de dommage pour les animaux impliqués dans ce projet, ils resteront donc sous la garde de leur élevage.
Remplacement
Il n’est pas possible de remplacer le cheval par un autre modèle ou par une étude in vitro pour plusieurs raisons : • Le microbiote digestif est spécifique à chaque espèce, • L’étude de l’écosystème intestinal du gros intestin nécessite d’être réalisée in vivo car les interactions entre la microfaune, macrofaune et l’hôte sont complexes et individus-dépendantes, • La transmission du microbiote de la mère au jeune ne peut pas être étudiée in vitro.
Réduction
Une étude statistique à partir des résultats d'une étude préliminaire a permis de déterminer le plus petit nombre d'animaux à inclure dans le projet tout en assurant la fiabilité des résultats. Une analyse statistique sera appliquée sur les résultats obtenus.
Raffinement
La conduite (alimentation, logement, sevrage) mise en place dans l’élevage ne sera pas modifiée pour l’étude. Les chevaux étant des animaux grégaires, ils seront logés par groupes de 2 ou 3 couples juments/poulains dans des paddocks en herbe à partir de 2 semaines d’âge des poulains, puis par groupes de 10 dans des prés à partir d’un mois. Avant le sevrage, les poulains seront toujours manipulés à proximité de leurs mères afin d’éviter toute source de stress supplémentaire. Lors du sevrage entre 5 et 6 mois, les poulains resteront avec leurs congénères afin de limiter le stress induit par la séparation de la mère. Lors des prélèvements de fèces et de sang, les couples juments/poulains seront toujours manipulés côte à côte afin de limiter le stress dû à la séparation. Les prélèvements auront lieu dans une barre d’échographie afin de limiter le risque de blessure. De plus, lors des prélèvements de fèces, la main du manipulateur sera enduite de gel afin de limiter les frottements lors de l’introduction dans l’ampoule rectale. Les techniciens animaliers s’occupant des chevaux veilleront à relever tout signe de mal-être ou de souffrance et un vétérinaire interviendra pour soigner les chevaux si nécessaire.
Choix des espèces
Le microbiote digestif étant spécifique à chaque espèce, il est nécessaire de travailler sur le cheval qui est l'espèce cible de ce projet. La moitié des chevaux seront des juments en âge de se reproduire (10±5 ans) et l'autre moitié sera leurs poulains. Les animaux seront suivi depuis un mois avant la mise bas pour les juments jusqu'au pré-débourrage des poulains (environ 1,5 ans). Afin d'étudier la transmission du microbiote de la jument au poulain, il est nécessaire d'étudier des juments pouvant être gestantes et leurs poulains. Un suivi jusqu'au pré-entrainement des poulains permettra de répondre à l'objectif de déterminer si la structure et la fonction de l'écosystème intestinal du poulain sont pérennes sur la première année de vie.
Impact de la luzerne déshydratée sur la guérison des ulcères de la muqueuse gastrique glandulaire chez le cheval
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
Objectifs
Les ulcères gastriques touchant la muqueuse glandulaire (partie basse de l'estomac) sont très répandus chez les chevaux pratiquant une activité physique régulière. Ainsi dans des populations de chevaux de sport ou de courses, des prévalence supérieures à 50% d’ulcères gastriques de la muqueuse glandulaire cliniquement problématiques ont été relevées. Chez les animaux touchés, ces ulcères sont associés à une baisse de performances, suggérant la présence de douleurs abdominales. Les traitements médicamenteux existants pour soigner ces ulcères sont de faible efficacité. Des travaux préliminaires suggèrent que la luzerne déshydratée peut avoir un effet bénéfique pour la santé gastrique équine. L'objectif de ce projet est d'évaluer l’effet de l’incorporation de luzerne déshydratée dans la ration des chevaux sur la guérison d'un type d'ulcère gastrique, en comparaison du traitement médicamenteux de référence actuel recommandé par le Collège Européen de Médecine Interne Équine.
Bénéfices attendus
Les ulcères gastriques de la muqueuse glandulaire touchant un très grand nombre de chevaux pratiquant une activité physique et les traitements médicamenteux existants étant de faible efficacité, ce projet pourrait permettre de proposer une solution alternative à l’apparition et à la guérison de cette pathologie.
Procédures
Au cours de ce projet les chevaux seront soumis à des intubations naso-gastriques de moins de 30 minutes pour observation de la muqueuse gastrique et micro-biopsies de la muqueuse gastrique glandulaire sur animal tranquillisé. Ils seront mis à jeun la veille au soir précédent l’examen pour une durée de 15 à 24h par la pose d’un panier de mise à jeun alimentaire. Les chevaux sélectionnés pour l’évaluation de l’effet de l’incorporation de luzerne déshydratée sur la guérison des ulcères gastriques de la muqueuse glandulaire en comparaison du traitement médicamenteux de référence subiront deux intubations séparées de 28 jours, les autres chevaux n’auront qu’une seule intubation et pas de micro-biopsie.
Impact sur les animaux
Les chevaux sont mis à jeun la nuit précédant les observations de la muqueuse gastrique glandulaire par la pose d'un panier de mise à jeun alimentaire. Cette mise à jeun se fait principalement durant la nuit afin de moins perturber les chevaux dont l'activité alimentaire est généralement réduite pendant la période nocturne. Les observations et micro-biopsies sont réalisées grâce à une intubation naso-gastrique. Ce geste fréquemment utilisé sur le terrain peut entrainer une gêne légère au moment de l'introduction de la sonde dans le nez du cheval qui ne dure que quelques minutes puisqu'elle cesse une fois la sonde introduite dans l'œsophage.
Devenir
Il n'est pas attendu de dommage pour les animaux impliqués dans ce projet, ils resteront donc sous la garde des écuries d'entrainement dont ils dépendent à la fin de celui-ci.
Remplacement
L’étude doit être réalisée sur des chevaux vivants, car il n’existe pas de modèle permettant d’étudier l’effet de l’alimentation sur les ulcères gastriques de la muqueuse glandulaire du cheval.
Réduction
Une étude statistique à partir des résultats d’une précédente étude a permis de déterminer le plus petit nombre d’animaux à inclure dans chaque groupe tout en assurant la fiabilité des résultats (3 x 12 = 36 chevaux). Pour sélectionner ces animaux, le nombre d’individus à inclure dans la cohorte de départ a été calculé à partir de la prévalence des ulcères gastriques de la muqueuse glandulaire en centre d’entrainement. Dès que les 36 chevaux nécessaires à la constitution des groupes auront été recrutés, la sélection sera stoppée, ce qui permettra de diminuer le nombre total d’animaux réellement inclus dans le projet. Une analyse statistique sera appliquée sur les résultats obtenus.
Raffinement
Afin de réduire le stress lors des observations et prélèvements gastriques, un tranquillisant est administré. L'endoscope utilisé est spécialement destiné à une utilisation en équine ce qui permet d'atteindre l'estomac tout en laissant une partie assez longue à l'extérieur pour suivre les mouvements éventuels de la tête du cheval sans le contraindre. Au quotidien, les chevaux seront observés par le personnel animalier pour détecter les signes de mal-être ou de souffrance, qui seront immédiatement signalés au responsable de l’expérimentation. Ces animaux seront alors soignés et retirés de l’essai si jugés nécessaire par le vétérinaire de l’étude.
Choix des espèces
Le projet doit nécessairement être conduit avec des chevaux car les ulcères gastriques de la muqueuse glandulaire sont spécifiques de cette espèce. Les chevaux inclus dans ce projet auront entre 2 et 4 ans, car à cet âge-là, les chevaux sont à l'entrainement et susceptibles de présenter ces ulcères gastriques.