Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées :
- 235 projets autorisés en avril 2026 (01/05/2026)
- 296 projets autorisés en mai 2026 (01/06/2026)
Rôle des adipocytes bruns dans la réponse immunitaire adaptative chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Objectifs
Chez les mammifères, comme chez l’humain et la souris, la température du corps est très bien régulée. Quand il fait froid, le corps met en place différents mécanismes pour rester à une température stable, par exemple en resserrant les vaisseaux sanguins ou en produisant de la chaleur dans de la graisse spéciale qu’on appelle le tissu adipeux brun. Mais cette température peut aussi changer en cas de maladie ou après une vaccination. On peut avoir de la fièvre (hausse générale de la température) ou une chaleur localisée à l’endroit de l’inflammation. Cette élévation de la température n’est pas anodine et elle peut jouer un rôle important dans le bon fonctionnement du système immunitaire. Les ganglions lymphatiques, sortes de petits centres de contrôle du système immunitaire, sont entourés de graisse. Cette graisse pourrait, elle aussi, produire de la chaleur en cas d’inflammation, aidant à réguler la température locale autour des ganglions. Des signaux envoyés par le système immunitaire (comme des cellules ou des molécules solubles) pourraient contrôler cette fonction "chauffante", comme cela a déjà été observé en cas d’exposition au froid. Ce projet de recherche a pour but de mieux comprendre ces mécanismes, à travers trois grands objectifs : 1) voir comment la température ambiante influence la réponse immunitaire chez la souris, 2) tester si certains adjuvants (substances ajoutées à un vaccin pour renforcer la réponse du système immunitaire) peuvent activer cette graisse "chauffante" autour des ganglions, et 3) déterminer si cette production de chaleur locale par la graisse joue un rôle dans la réponse immunitaire.
Bénéfices attendus
Mieux comprendre comment la température, la production de chaleur par le corps et le système immunitaire interagissent pourrait aider à trouver de nouvelles façons d'agir sur nos défenses. Par exemple, cela pourrait permettre de renforcer la réponse du corps lors d'une vaccination pour qu'elle soit plus efficace, ou au contraire de la calmer dans certaines maladies où le système immunitaire s'emballe, comme les maladies auto-immunes.
Procédures
Les interventions réalisées seront les suivantes : 7 jours d’exposition à des températures expérimentales (64 animaux), 7 jours d’exposition à des températures expérimentales + 1 injection (30 secondes) + 1 prélèvement sanguin (1 minute) (800 animaux), 8 à 10 jours d’exposition à des températures expérimentales + 2 injections sous anesthésie (10 minutes) (954 animaux), 9 à 15 jours d’exposition à des températures expérimentales + 2 injections (30 secondes par injection) + 1 prélèvement sanguin (1 minute) (400 animaux), 12 à 20 jours d’exposition à des températures expérimentales + 4 injections (30 secondes par injection) + 1 prélèvement sanguin (1 minute) (4800 animaux).
Impact sur les animaux
Les injections entraînent une douleur légère. L'inflammation induite par les adjuvants est également une source de douleur potentielle. Les animaux sont hébergés dans des conditions de température dérogatoires.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure afin de prélever les ganglions lymphatiques et le tissu adipeux brun dans le but de les analyser.
Remplacement
Pour comprendre comment la température, la production de chaleur par le corps et le système immunitaire interagissent, il est indispensable de réaliser des études in vivo car les études in vitro ne permettent pas de reproduire les interactions complexes qui existent entre un ganglion lymphatique et la graisse qui l’entoure et entre les différents types de cellules à l’intérieur du ganglion.
Réduction
Pour satisfaire à la réduction, les souris « sauvages » seront commandées chez un fournisseur agréé afin de ne pas générer d’animaux surnuméraires. Pour les élevages, nous utiliserons des schémas de croisement qui permettent d’éviter la génération d’animaux inutiles. De plus, nous utiliserons indifféremment les souris mâles et femelles dans certaines procédures. Chaque procédure sera réalisée sur un nombre d'animaux minimum mais nécessaire pour réaliser des études statistiques pertinentes.
Raffinement
Pour satisfaire au raffinement, nous serons particulièrement attentifs à tout changement physique ou de comportement. Il est important de préciser que les souris utilisées dans ce projet ne présentent pas de phénotype dommageable. Le suivi sanitaire quotidien et nos visites régulières (au moins trois fois par semaine en fonction des procédures) permettront de déceler précocement tout signe de douleur, de souffrance ou d’angoisse et d'appliquer les points limites que nous avons définis. Des critères d’arrêt précis et précoces ont été définis pour chaque procédure.
Choix des espèces
Nous avons choisi d’utiliser la souris car notre expertise nous permet d’avoir des locaux d’hébergement et des conditions d’expérimentation appropriées à cette espèce. D’autre part, la similitude de son patrimoine génétique avec celui de l’humain nous permet, dans la mesure du possible, d’extrapoler les résultats et en tirer des conclusions valables pour l’humain. De plus, nous étudions le tissu adipeux brun et nous disposons déjà des modèles génétiques murins permettant la déplétion spécifique des adipocytes bruns. Enfin, les données in vivo de la littérature sont obtenues essentiellement sur des souris et cette espèce permet d'obtenir assez de "matériel" pour faire les différentes analyses biologiques. Aucune autre espèce ne peut donc être utilisée. L’ensemble des procédures se fera sur des souris adultes (âgées d’au moins 8 semaines).
Rôle du canal ionique mécanosensible Piezo1 dans la fonction du tissu adipeux brun et des adipocytes beiges
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Objectifs
Il existe dans notre organisme deux grands types de cellules graisseuses appelées adipocytes : les adipocytes blancs qui stockent les graisses que nous mangeons et les adipocytes bruns et beiges qui brulent ces graisses. L'&ctivation de ces adipocytes bruleurs de graisse contribue au maintien de la température corporelle lors d'une exposition au froid et permet de dissiper l'excédent calorique après un repas. Ainsi favoriser la fonction de ces adipocytes bruleurs de graisse diminuerait la prise de poids. Nous avons récemment découvert que ces adipocytes bruns et beiges bruleurs de graisse expriment en grande quantité une protéine donc l’activation est contrôlée par des forces mécaniques. Cette protéine, appelée Piezo1, est dite mécano-sensible. L'objectif de ce projet est de déterminer si cette protéine mécano-sensible contrôle la capacité des adipocytes bruns et beiges à bruler des graisses lors de l'exposition au froid et après la prise d'un repas et si elle joue un rôle dans ces adipocytes pour moduler le développement de l’obésité induite par un régime riche en graisse.
Bénéfices attendus
L'ensemble des expériences décrites dans ce projet permettront de mieux comprendre le rôle de cette protéine mécano-sensible dans les mécanismes d'activation des adipocytes bruns et beiges bruleurs de graisse et ainsi pourrait permettre de proposer cette protéine comme une future cible pour des médicaments visant à augmenter la fonction et/ou le nombre de ces adipocytes bruleurs de graisse. Cela permettra de favoriser la dépense énergétique et de réduire la masse grasse et ainsi lutter contre l’obésité et ses complications métaboliques comme le diabète de type 2 ou les maladies cardiovasculaires.
Procédures
Les souris seront soumises à un régime riche en lipides pendant 16 semaines. La masse maigre et la masse grasse sera mesurée sur des souris vigiles par un appareil à raisonnance magnetique nucléaire (RMN) qui est une procédure non invasive un peu comme un scanner, la mesure dure 1 min/souris. Les souris vigiles seront soumises à des prélèvements d’une goutte sang lors des tests de tolérance au glucose (GTT) ou à l'insuline (ITT) (0, 15, 30, 45, 60, 90 et 120 minutes). Cette goutte de sang est appliquée sur une bandelette qui est insérée dans un glucomètre pour mesurer la glycémie. Le GTT sera réalisé aprés 8 et 13 semaines de régimes. Le GTT et l’ITT seront espacés de 2 semaines. Pour les experiences à thermoneutralité, les souris seront hébergées à 30 °C pendant 4 semaines maximimum. Pour les expériences d'adaptation au froid par mesure de la température corporelle, les souris seront hébérgées à 5°C pendant 6h ou 10 jours et seront pour ces durées seules dans la cage afin d’éviter le comportement de thermorégulation sociale qui consiste au regroupement d’animaux les uns contre les autres afin de se réchauffer, comportement qui pourrait fausser les résultats de la mesure de la variation de température corporelle.
Impact sur les animaux
Une grille d'observation avec conduite à tenir a été mise en place pour détecter rapidement tous signes de souffrance et prendre les mesures appropriées. Les critères d’appréciation de la douleur sont ceux publiés par l’Office Vétérinaire Fédéral Suisse : « Classification rétrospective des expériences sur animaux selon leur degré de gravité (catégories de contrainte) » (800.116- 1.05), mis à jour en 2004. Les souris seront mises à mort si blessure grave, signes de souffrance et de stress (repli en boule, pelage négligé, maigreur), perte de poids > 20 % par rapport à la pesée précédente ou perte entre 10 et 20 % avec signe de souffrance. Lors des injections en intra-péritonéale répétées, les souris seront plus particulièrement surveillées pour repérer des irritations ou des zones d'infection aux zones d'injection. Pour les injections IP quotidiennes pendant 7 jours, nous alternerons les sites d'injection droite/gauche afin d'éviter de créer une zone inflammatoire au point d'injection. Lors de l'exposition au froid, les souris comme tous les homeothermes sont capables de mettre en jeux différents processus pour maintenir leur température corporelle. Nous surveillerons cependant ces souris plus particulièrment pour détecter tous signes d'hypothermie sévère comme une perte du réflexe de redressement, une prostration ou une léthargie. La température rectale sera mesurée et si inférieure à 32°C la souris sera mise à mort.
Devenir
A l'issue de chaque procédure, tous les animaux seront mis à mort pour récuperer des organes et du sang.
Remplacement
Pour satisfaire au remplacement nous avons fait des études in vitro sur des cellules d'adipocytaires brunes et nous avons ainsi montré que Piezo1 est fortement exprimé dans ces adipocytes et nos expériences in vitro suggèrent que Piezo1 contrôle le développement/fonction des adipocytes thermogéniques, adipocytes qui participent au contrôle de la prise de poids. Les mécanismes du developpement de l’obésité et de ses complications métaboliques sont complexes faisant intervenir un dialogue inter-organe, le système immunitaire, et le microbiote intestinal. Il n’est pas possible pour l’instant d’utiliser des systèmes cellulaires reproduisant cette complexité biologique. Il nous est donc nécessaire maintenant d’étudier le rôle de cette proteine mécano-sensible Piezo1 dans les adipocytes brusn et beiges au sein d’un organisme entier car aucune méthode alternative n’existe.
Réduction
Pour satisfaire à la réduction, une gestion éthique de l’élevage nous permettra de ne pas générer des animaux en excès. Les protocoles utilisés sont bien maitrisés par les participants au projet. Cette expertise permet de définir pour chaque procédure un nombre d’animaux minimum pour obtenir des résultats reproductibles et permettant des études statistiques pertinentes. Ce nombre a été obtenu en utilisant un logiciel dédié qui tient compte de la variabilité de l'effet étudié. En pratique le nombre d'animaux est de 8-12 par groupe pour la plupart des expériences. Différents test statistiques seront utilisés pour déterminer si les différences observées entre les groupes experimentaux sont significatives. Nous choisissons de faire des groupes de 8-12 souris et les procédures seront répétées 3 fois. Cependant, si une différence statistiquement significative est observée après 2 répétitions, nous ne ferons pas la troisième répétition. Ceci nous permettra de réduire le nombre de souris utilisées.
Raffinement
Nous avons généré des souris avec une invalidation de la protéine étudiée restreinte au adipocytes bruns et beiges pour limiter le risque d'apparition d'un phenotype dommageable. L'hébergement sera réalisé dans des locaux appropriés avec un maximum de 4-5 souris/cage sur des portoirs ventilés. L’isolement de souris sera évité hormis pour un temps limité pour les études en cage métabolique et pour l'exposition au froid. Les personnes réalisant les procédures sont autorisées à l'expérimentation animale et respecteront les règles d'éthique. L'environnement est amélioré pour minimiser le stress (igloo, tige de coton, batonnets de bois). Le suivi sanitaire est quotidien et réalisé les jours ouvrables et fériés par les zootechniciens et par des personnes formées pour cela le WE. Cela permettra d'identifier rapidement des souris souffrantes dans les élevages et de prendre les mesures correctives nécessaires (isolement de l'animale pour soins si blessure pas trop grave, mise à mort si blessure importante et/ou signes de souffrance). Si des signes de souffrance apparaissent au cours d'une expérimentations, l'experimentation sera immédiatement arrétée. Une grille d'observation avec conduite à tenir a été mise en place pour détecter rapidement tout signes de souffrance et prendre les mesures appropriées. Les animaux seront anesthésiés par un mélange Kétamine (100mg/kg) / Xylasine (10mg/kg) pour éviter toute souffrance lors de prélévement important de sang par ponction cardiaque entrainant la mort de l'animale.
Choix des espèces
L'utilisation de souris se justifie par le fait que cette espèce a beaucoup d'adipocytes bruns et beiges bruleurs de graisse qui contribuent à la dépense énergétique et à la capacité d'adaptation au froid. Les souris sont donc un modèle de choix pour identifier de nouvelles protéines régulant la fonction de ces adipocytes et la dépense énergétique. Cette espèce est aussi très utilisée dans les études sur le développement de l'obésité et de ses complications métaboliques car lorsque les souris sont nourries avec un régime riche en lipide, elles deviennent obèse en 16-20 semaines. Ce temps relativement court par rapport à d'autres espèces permet d'étudier facilement l'impact de modifications génétiques ou de composés pharmacologiques sur l'obésité. L'obésité des souris est assez proche de celle de l'homme permettant de tirer des informations pertinentes pour l'obésité humaine. Enfin, la souris est l'espèce de mammifère de choix pour réaliser des modifications génétiques (surexpression ou invalidation d'une protéine, globale ou ciblée dans un tissu). Pour l'ensemble des procédures, nous utiliserons des souris males adultes dont l'age sera de 15-24 semaines selons les procedures.
Effets de l’absence des adipocytes bruns chez la souris
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Objectifs
Il existe deux types de tissu adipeux ou graisse corporelle chez les mammifères : le tissu adipeux blanc et le tissu adipeux brun, dont les rôles sont différents. Le tissu adipeux blanc est composé de cellules adipeuses ou adipocytes blancs qui stockent les calories en excès sous forme de graisses et constitue la principale réserve d’énergie de l’organisme. Le tissu adipeux brun composé d’adipocytes bruns, au contraire, est spécialisé dans la dépense énergétique : il brûle les graisses et le sucre en produisant de la chaleur. La capacité du tissu adipeux à générer de la chaleur est régulée par le système nerveux. Lors d’une exposition au froid, les nerfs présents dans le tissu adipeux libèrent un messager chimique qui agit sur les adipocytes. Cela va entraîner l’activation des adipocytes bruns dans le tissu adipeux brun, l’apparition dans le tissu adipeux blanc d’adipocytes dits beiges qui sont capables eux aussi de produire de la chaleur, et la dégradation des graisses dans tous les adipocytes pour fournir de l’énergie. Dans ce projet, nous utiliserons des souris dans lesquelles les adipocytes bruns et beiges sont absents et les adipocytes blancs sont préservés. Nous étudierons ces souris à différentes températures d’hébergement ainsi que leur réponse à différents composés pharmacologiques qui modulent l’activité thermogénique et métabolique des adipocytes.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d’analyser les conséquences de l’absence des adipocytes bruns et beiges sur la physiologie du tissu adipeux et de dissocier leurs effets métaboliques, à la fois au niveau local et systémique, de ceux des adipocytes blancs. Cela nous permettra de mieux définir leur potentiel thérapeutique pour le traitement des maladies métaboliques comme l’obésité.
Procédures
Une intervention chirugicale sans réveil sous anesthésie et analgésie sera réalisée. Les interventions réalisées sur animaux vigiles seront les suivantes : une injection (intrapéritonéale et/ou sous-cutanée), un prélèvement de sang effectué juste avant la mise à mort et un hébergement à température expérimentale pendant 1 à 24 semaines.
Impact sur les animaux
Les souris dans lesquelles les adipocytes bruns et beiges sont absents sont plus petites, elles présentent un phénotype d’inclinaison de la tête et tournent parfois en rond dans leur cage. La contention pour effectuer les injections et prélèvements sanguins peut entraîner un stress ponctuel. Les injections et prélèvements sanguins entrainent une douleur légère. Les animaux sont hébergés dans des conditions de température dérogatoire.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure afin de prélever les tissus adipeux pour analyse histologique.
Remplacement
Pour satisfaire au remplacement, les études in vitro sont réalisées sur des lignées cellulaires d’adipocytes au lieu de cellules primaires isolées à partir des animaux. Cependant, pour comprendre les fonctions des adipocytes thermogéniques, il est indispensable de réaliser des études in vivo car les études in vitro ne permettent pas de reproduire les interactions complexes qui existent entre les différents types cellulaires présents dans le tissu adipeux et entre les différents organes.
Réduction
Le nombre minimum d’animaux nécessaire a été établi en nous appuyant sur les probabilités génétiques et des schémas d’accouplement optimisés. Le nombre minimum d’animaux nécessaire pour les analyses tissulaires que nous envisageons a été déterminé par des calculs statistiques basés sur un calcul de puissance associé à l’utilisation de tests de significativité statistique.
Raffinement
Pour satisfaire au raffinement, nous serons particulièrement attentifs à tout changement physique ou de comportement. Le suivi pondéral des souris sera également un bon indicateur de leur état général. Dans le cas d’une injection intrapéritonéale, nous surveillerons l’aspect du site d’injection. Le suivi sanitaire quotidien et nos visites régulières (dont la fréquence est adaptée à la procédure) permettront de déceler précocement tout signe de douleur, de souffrance ou d’angoisse, de détecter l’atteinte des points limites et d’appliquer, le cas échéant, les critères d’arrêt définis dans nos grilles d’observation.
Choix des espèces
Nous avons choisi d’utiliser la souris car notre expertise nous permet d’avoir des locaux d’hébergement et des conditions d’expérimentation appropriées à cette espèce. D’autre part, la similitude de son patrimoine génétique avec celui de l’Homme nous permet, dans la mesure du possible, d’extrapoler les résultats et en tirer des conclusions valables pour l’Homme. De plus, nous étudions les cellules immunitaires du tissu adipeux brun et nous disposons déjà des modèles génétiques murins permettant l’expansion du tissu et l’élimination spécifique de différentes populations de cellules immunitaires. Enfin, les données in vivo de la littérature sont obtenues essentiellement sur des souris et cette espèce permet d'obtenir assez de "matériel" pour faire les différentes analyses biologiques. Aucune autre espèce ne peut donc être utilisée. Nous utiliserons des animaux âgés de 1 à 24 semaines car le tissu adipeux brun est très actif à la naissance et son activité diminue ensuite avec l’âge.
Rôle des adipocytes médullaires dans la toxicité osseuse de l’insuffisance rénale chronique
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Objectifs
L’insuffisance rénale chronique (IRC) est associée à une fragilité osseuse multipliant par 4 l’incidence des fractures et doublant le risque de mortalité chez les patients dialysés. A ce jour, les mécanismes responsables de la fragilité osseuse liée à l’IRC restent mal connus. Aucun des traitements testés jusqu’ici n’a montré de réelle efficacité dans ce contexte. L’identification de nouveaux traitements est d’autant plus difficile que la plupart des molécules actuellement disponibles sont contre-indiquées en cas d’IRC. Une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans cette fragilité osseuse apparaît donc nécessaire afin d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Des observations cliniques récentes suggèrent que les patients souffrant d’IRC ont un niveau de graisse dans la moelle osseuse (adiposité médullaire) significativement plus élevé que les sujets ayant une fonction rénale normale. L’adiposité médullaire (AM) correspond à une accumulation de cellules graisseuses, appelées adipocytes médullaires (AdMed), au niveau de la moelle osseuse. Les études menées ces dix dernières années montrent que l’élévation de l’AM est associée à des altérations de la structure osseuse qui favorise le risque de fracture. Les études menées in vitro montrent que les AdMed sécrètent des facteurs modulant la fonction des ostéoblastes (formant l’os) et des ostéoclastes (résorbant l’os). Ils pourraient donc avoir un rôle clé dans la régulation du remodelage osseux. Nous avons émis l’hypothèse que l’élévation d’AM pourrait être à l’origine de la fragilité osseuse observée dans l’IRC. Ce projet présente deux objectifs principaux : 1- identifier les mécanismes par lesquels l’IRC amplifie l’AM, 2- évaluer l’influence des AdMed issus de conditions IRC sur l’activité des ostéoblastes, des ostéoclastes, et sur la qualité osseuse.
Bénéfices attendus
Nous espérons que cette étude nous permettra de conclure quant à l’existence ou non d’un lien de causalité entre AM et fragilité osseuse dans l’IRC. Les résultats que nous obtiendrons offriront une source très importante de pistes mécanistiques à explorer afin d’identifier les voies impliquées dans le développement des altérations osseuses observées chez les souris IRC. Cela pourrait conduire à l’identification de cibles thérapeutiques/diagnostiques prometteuses pour le développement de nouvelles stratégies de prise en charge de la fragilité osseuse chez ces patients.
Procédures
Tous les animaux subiront deux procédures chirurgicales, d'une durée inférieure à 15 minutes, et réalisées sur animaux anesthésiés, à deux semines d'intervalle. Pour la motitié de l'effectif, ces chirurgies auront pour but d'induire une insuffisance rénale chronique. L'autre moitié des animaux subira une chirurgie blanche, n'altérant pas la fonction des reins (souris contrôles). Certains animaux recevront des injections qui permettront d'étudier l'os post-mortem. Ces injections seront réalisées sur animaux vigiles.
Impact sur les animaux
Les souris des groupes IRC développeront une insuffisance rénale chronique associée à des désordres cardiovasculaires et osseux. Elles devraient donc prendre moins de poids que les souris contrôles sur toute la durée du protocole. Les animaux mâles seront hébergés seuls durant les 15 semaines de l'étude pour éviter le stress et les blessures liées aux bagarres. Cet isolement social pourrait générer un stress. L'état d'IRC peut être associée dans de très rares cas à une mortalité de 10% dont nous avons tenu compte dans le calcul l'effectif afin de s'assurer de pouvoir conclure fermement.
Devenir
Tous les animaux arrivant en fin de procédure seront euthanasiés. Une partie des tibias et fémur des animaux sera utilisée pour étudier l’impact de l’insuffisance rénale chronique sur l’AM, la microarchitecture et la fragilité osseuse. L’autre partie des tibias et des fémurs des animaux sera utilisée pour récupérer les précurseurs d’adipocytes présents dans la moelle osseuse des souris afin de comparer in vitro leur capacité de différenciation en adipocytes et leur impact sur l’activité des cellules formant (osteoblastes) et résorbant (osteoblastes) l’os.
Remplacement
La complexité des désordres métaboliques liés à l’IRC (désordres minéraux, inflammation, stress oxydant et accumulation de toxines urémiques (déchets non excrétés par le rein malade)) est partiellement modélisable in vitro. Ainsi, des études préliminaires menées par notre équipe ont permis de démontrer que l’exposition à du sérum provenant de patients IRC amplifie la différenciation adipogénique des cellules de la moelle osseuse. Cependant, aucun système n’existe à notre connaissance permettant d’étudier l’impact de cet environnement pathologique sur le remodelage, la microarchitecture, la qualité et la fragilité osseuse. La complexité de ce système ne peut actuellement être appréhendée que par l'usage de modèles animaux.
Réduction
Le design de notre étude permettra d’obtenir un niveau élevé d’informations à partir d’un seul animal. Les données relatives à l'analyse des gènes seront déposées sur un site d’archive ouverte afin d'être accessibles au plus grand nombre. Ceci permettra à l’avenir à d’autres chercheurs du domaine de profiter de cette base de donnée sans avoir à reproduire le protocole d’expérimentation animal. Les cœurs et les aortes des animaux de toutes les procédures seront récupérés post-mortem pour alimenter la bio-banque d’organes du laboratoire servant aux mises au point des protocoles d’extraction et d’histologie.
Raffinement
Une période d'acclimatation de 7 jours sera mise en place à l'arrivée des souris, avant leur entrée dans le protocole. Les conditions d'élevages seront optimisées afin d'offrir aux animaux un maximum d'éléments environnementaux leur permettant de reproduire la majorité de leurs comportements naturels qu'ils soient hébergés seuls ou en groupe (enrichissement du milieu de stabulation avec des frisettes pour la confection de nids, des cylindres en cartons pour se cacher, et des bûchettes). Les chirurgies seront réalisées sur des souris anesthésiées. Suite aux chirurgies, les souris recevront une analgésie adaptée. Cette analgésie sera maintenue aussi longtemps que nécessaire. L’état général des animaux sera surveillé quotidiennement, afin de s'assurer de leur bien-être et d'identifier les animaux susceptibles d'avoir atteint le point limite. Pour cela, un score bien-être, basé sur une pesée et la recherche de signes de souffrance, sera réalisé de manière journalière dans la semaine post-chirurgie puis de façon semi-hebdomadaire. Les animaux montrant des signes de souffrance recevront une analgésie et des soins adaptés. Les seront animaux ayant atteint le point limite seront euthanasiés.
Choix des espèces
Le modèle murin d’IRC que nous utiliserons a été validé sur des souris C57BL6J mâles et femelles agées de 8 semaines au moment de la première chirurgie. Il n’existe pas à l’heure actuelle de modèle invertébré permettant de reproduire le syndrome cardio-rénal. La compléxité des désordres minéraux, métaboliques, endocriniens, vasculaires et osseux liés à l'induction de la maladie réanle chronique ne peut être reproduite par des systèmes de culture in vitro.
Rôle du canal ionique mecano sensibe Piezo1 dans la fonction du tissu adipeux brun et des adipocytes thermogéniques
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Objectifs
L’obésité et ses complications métaboliques comme l’insulinorésistance et le diabète de type 2 (DT2) sont des problèmes de santé majeurs. L’obésité résulte principalement d’un déséquilibre entre apport et dépense énergétique. Les adipocytes blancs dans le tissu adipeux blanc sont impliqués dans le stockage du surplus énergétique sous forme de graisse. Les adipocytes bruns présents dans le tissu adipeux brun sont des cellules impliquées dans la dissipation de l’énergie sous forme de chaleur, processus appelé thermogenèse non frissonante. Au sein du tissu adipeux blanc sous-cutané coexistent, avec les adipocytes blancs, des adipocytes beiges qui comme les bruns, sont capables de dissiper de l’énergie sous forme de chaleur et dont le nombre augmente en cas de besoin thermogénique. L’obésité entraine des anomalies de fonctions des adipocytes thermogéniques bruns et beiges et la réactivation de ces adipocytes et/ou l’augmentation de leur nombre permet de corriger les anomalies métaboliques associées à l’obésité. Il existe cependant des lacunes importantes dans la compréhension des mécanismes et dans l’identité des facteurs qui régulent l’activité et/ou la formation des adipocytes thermogéniques bruns et beiges. Il a été récemment montré que ces adipocytes thermogéniques sont des cellules mécanosensibles suggérant que des protéines activées par des stimulations mécaniques puissent contribuer au contrôle des fonctions biologiques de ces cellules. Nous avons récemment découvert que les adipocytes bruns expriment en grande quantité un canal ionique mécanosensible fonctionnel. L'objectif de ce projet est de déterminer le rôle de ce canal ionique mécanosensible dans la fonction et le développement des adipocytes thermogéniques bruns et beiges et d'évaluer si son absence dans ces adipocytes thermogéniques conduit au développement de l'obésité et de ses complications métaboliques. Pour cela nous générerons des souris n'exprimant plus ce canal ionique mécanosensible dans les adipocytes bruns et beiges. Nous étudierons l’impact de l’absence de cette protéine dans ces adipocytes sur le développement de l’obésité induite par un régime riche en lipides et sur le développement de l'insulinorésistance et du diabète. Nous déterminerons si cette protéine contrôle, in vivo, le développement et/ou la fonction de ces adipocytes thermogéniques.
Bénéfices attendus
A l’issue de ce programme, nous espérons comprendre si la protéine PIEZO1 joue un rôle dans l’apparition de l’obésité. Si cette hypothèse est vérifiée, ces connaissances pourraient servir à développer des méthodes de prévention et de lutte contre le surpoids et les troubles métaboliques associés.
Procédures
Tous les animaux (vigiles) sont soumis à : 1) une injection de glucose, une injection d’insuline, 7 injections d’un agent mimant l’exposition au froid, une injection d'anesthésique. Au total 10 injections sur les 18 semaines de la procédure. Chaque injection dure quelques secondes ; 2) sept prélèvements d’une goutte de sang au niveau de la queue (une quinzaine de secondes par prélèvement).
Impact sur les animaux
Nuisances attendues : 1) obésité et insulinorésistance 2) contraintes des pesées hebdomadaires 3) contention et douleur lors des injections et des prélèvements
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure . Ceci est nécessaire pour prélever les différents tissus et les analyser.
Remplacement
Le diabète et l’obésité sont des maladies d’origine multifactorielle (y compris environnementale). Ces pathologies affectent la régulation du métabolisme insulino-glucidique et lipidique. De plus, elles s’expriment àl’échelle d’un organisme et font donc intervenir tous les organes susceptibles de stocker ou consommer du glucose et des lipides. Ainsi, son apparition et sa gravité résultent de l’intégration de plusieurs défauts et son étude sur l’animal intact est essentielle et ne peut être remplacée. Il n‘existe pas pour l’instant de modèle in vitro qui pourrait remplacer l‘expérimentation sur un organisme entier pour répondre aux questions posées ici.
Réduction
Réduction: Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été calculé afin d’obtenir des résultats significatifs à partir d’un nombre d’animaux minimum, grâce à l’utilisation d’outils statistiques et de l’expérience d’études précédentes menées dans notre équipe. Nous constituerons des groupes de 10 souris (contrôles et mutées). Le nombre total de souris nous permettra d’obtenir en quantité suffisante tous les échantillons tissulaires nécessaires à notre étude. Ce nombre nous permettra également de réaliser des études statistiques adaptées.
Raffinement
Raffinement : Toutes les expériences et manipulations des animaux seront effectuées avec le souci de préserver le bien-être de l‘animal : hébergement à 30°C correspondant à leur température de confort (thermoneutralité) ; enrichissement de l’environnement (maisonnettes, buchettes, tiges papier), en groupes sociaux et en accord avec la réglementation en vigueur ; surveillance régulière suivie selon une grille d’évaluation prévoyant le recours à des points limites précoces et adaptés; prélèvements sur animaux vigiles effectués par des personnes expérimentées; prélèvements espacés dans le temps au maximum et volumes prélevés correspondant au minimum nécessaire.
Choix des espèces
Nous utiliserons des souris . Ce modèle correspond à l'espèce et à la souche sur laquelle nous travaillons dans notre laboratoire et pour laquelle nous avons plusieurs données de référence pour notre étude. De plus cette souche est connue pour répondre aux régimes riches en graisse en développant une obésité et une insulinorésistance. Nous utiliserons des souris adultes âgées de 12 semaines. Ces expériences étant d’une durée maximum de 18 semaines, l’âge maximum des souris en fin d’expérience sera d’environ 30 semaines. L’obésité nutritionnelle prend du temps à se mettre en place et nous voulons examiner des sujets adultes. Ces durées de régime et stades de développement ont déjà été utilisés dans notre équipe pour étudier l’obésité induite par le régime. Ceci nous permettra de comparer nos résultats aux études précédentes.
Etude de l’interaction entre les adipocytes thermogéniques et les macrophages.
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Objectifs
Chez les mammifères deux types de tissu adipeux ont été identifiés : le tissu adipeux blanc et le tissu adipeux brun. Ces deux tissus ont des fonctions très distinctes. En effet, le tissu adipeux blanc emmagasine de l’énergie sous la forme de triglycérides. Le tissu adipeux brun est impliqué dans la génération de chaleur, un processus appelé la thermogenèse adaptative. La thermogenèse adaptative est assurée par l’intermédiaire d'une protéine mitochondriale qui permet la génération de chaleur dans les adipocytes bruns. Cette protéine mitochondriale est exprimée de manière très spécifique par les adipocytes bruns. La chaleur ainsi générée est ensuite localement libérée et diffuse dans l’organisme par la circulation sanguine. Des recherches précédentes ont démontrées un rôle essentiel du système immunitaire dans la thermogenèse adaptive. La présence de plusieurs sous-populations de macrophage ont été mises en évidence dans le tissu adipeux brun. Cependant, le rôle des différentes sous-populations de macrophages reste à déterminer. Ainsi, nous souhaitons développer des modèles génétiques permettant de cibler spécifiquement et de réduire les sous-populations de macrophages dans le tissu adipeux brun. Nous analyserons la conséquence de ces réductions de populations de macrophages sur la physiologie du tissu adipeux brun et sur la thermogenèse adaptative. Un intérêt tout particulier sera porté sur l’impact des adipocytes bruns sur le développement de la réponse immune innée et adaptative.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de définir l'interaction entre les adipocytes thermogéniques et les cellules immunes. Nous espérons déterminer les fonctions des différentes populations de macrophages du tissu adipeux brun. En effet, ceci pourrait identifier des nouvelles cibles permettant de contrôler l'activité du tissu adipeux brun.
Procédures
Les interventions réalisées sur les animaux seront l’une des suivantes : des injections intrapéritonéales quotidiennes pendant 4 jours suivies ou non de 3 autres injections la semaine suivante, ou une anesthésie suivi d'une injection intraveineuse. De plus, un prélèvement de sang sera effectué juste avant la mise à mort.
Impact sur les animaux
Des animaux seront soumis à des injections intrapéritonéales répétées pendant deux semaines consecutives et une inflammation peut se développer au niveau des sites d’injection. Dautres souris seront soumises à une injection intraveineuse de lymphocytes, ce qui pourrait induire des signes de détresse circulatoire (atteinte de la fonction respiratoire ou neurologique).
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure afin de prélever le tissu adipeux brun dans le but de l'analyser.
Remplacement
Pour satisfaire au remplacement, les études in vitro seront réalisées sur des lignées cellulaires au lieu de cellules isolées à partir des animaux. Cependant, pour comprendre les fonctions des macrophages du tissu adipeux brun, il est indispensable de réaliser des études in vivo car les études in vitro ne permettent pas de reproduire les interactions complexes qui existent entre les différents organes et entre les différents types cellulaires présents dans le tissu adipeux brun.
Réduction
Pour les élevages nous utiliserons des schémas de croisement qui permettent d’éviter la génération d’animaux inutiles. De plus, nous utiliserons les souris mâles et femelles. Chaque procédure sera réalisée sur un nombre d'animaux minimum mais nécessaire pour réaliser des études statistiques pertinentes.
Raffinement
Pour satisfaire au raffinement, nous serons particulièrement attentifs à tout changement physique ou de comportement. Dans les différentes procédures, le suivi pondéral des souris sera également un bon indicateur de leur état général. Il est important de préciser que les souris utilisées dans ce projet ne présentent pas de phénotype dommageable. Dans le cas d’injections intrapéritonéales répétées, nous effectuerons une rotation des sites d’injection et surveillerons quotidiennement l’aspect des sites d’injections. Le suivi sanitaire quotidien et nos visites régulières (au moins une fois par semaine en fonction des procédures) permettront de déceler précocement tout signe de douleur, de souffrance ou d’angoisse et d'appliquer les points limites que nous avons définis.
Choix des espèces
Nous avons choisi d’utiliser la souris car notre expertise nous permet d’avoir des locaux d’hébergement et des conditions d’expérimentation appropriées à cette espèce. D’autre part, la similitude de son patrimoine génétique avec celui de l’Homme nous permet, dans la mesure du possible, d’extrapoler les résultats et en tirer des conclusions valables pour l’Homme. De plus, nous étudions les macrophages du tissu adipeux brun et nous disposons déjà des modèles génétiques murins permettant l’expansion du tissu et la déplétion spécifique des différentes populations de macrophages. Enfin, les données in vivo de la littérature sont obtenues essentiellement sur des souris et cette espèce permet d'obtenir assez de "matériel" pour faire des analyses protéiques, génomiques et histologiques. Aucune autre espèce ne peut donc être utilisée.
Rôle de la balance thromboxane / prostacycline dans le brunissement des adipocytes blancs
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Objectifs
L’obésité (accumulation de masse grasse blanche appelée tissu adipeux blanc) est un problème de santé publique dû à un apport calorique trop important, à une sédentarité mais aussi à un déséquilibre dans les lipides ingérés, avec une consommation trop importante en lipides ω6 (huile de tournesol) par rapport aux lipides ω3 (huiles de poisson, colza). Selon les recommandations, un ratio adéquat de lipides ω6/ω3 inférieur à 5 devrait être trouvé dans l’alimentation or actuellement en France ce ratio dépasse 12 en moyenne. L’obésité induit une inflammation chronique responsable du développement de pathologies dites métaboliques comme le diabète de type 2. Une autre masse grasse existe en petite quantité chez l’homme, le tissu adipeux brun qui permet une dissipation de l’énergie ingérée sous forme de chaleur et limite ainsi l’accumulation de tissu adipeux blanc. Il a été montré que cette masse grasse brune est déficiente chez les personnes obèses. Enfin il a aussi été décrit que dans certaines conditions comme l’exposition au froid, du tissu adipeux brun pouvant apparaitre au sein de la masse grasse blanche et ce phénomène est appelé brunissement. À ce jour, il n'existe aucun traitement efficace de l'obésité et une perspective serait de développer des stratégies médicamenteuses ou nutritionnelles favorisant la formation du tissu adipeux brun ou favorisant le brunissement du tissu adipeux blanc. Nous avons montré en culture qu’un lipide dérivé des acides gras ω6 empêchait le brunissement des adipocytes blancs. Des études, montrent qu’une alimentation riche en lipides ω3 contrôle les niveaux de ce lipide et ont des effets bénéfiques sur la santé. Il est ainsi possible d’envisager que ces effets bénéfiques puissent passer par une réactivation de la masse grasse brune du fait d’une diminution de ce lipide. Nous envisageons donc de soumettre des souris à une alimentation grasse avec un fort ratio ω6/ω3 pendant 12 semaines afin d’induire une obésité. Après 12 semaines, les animaux passeront à des régimes avec de faibles ou de forts ratio ω6/ω3 pendant 12 semaines supplémentaires. Nous vérifierons si ce changement alimentaire améliore l’obésité des animaux et l’inflammation associée et si ces effets sont sous-tendus par une augmentation de la masse grasse brune ou du brunissement de la masse grasse blanche. En parallèle nous doserons dans le sang et les tissus la quantité du lipide dérivé des ω6.
Bénéfices attendus
Nous nous attendons à ce que ce travail nous permette de comprendre l’impact des lipides ω6 et ω3 dans le développement de la graisse brune et du brunissement de la graisse blanche, ouvrant la voie au développement de thérapies nutritionnelles pour lutter contre le surpoids/obésité et les troubles métaboliques associés.
Procédures
Les animaux recevront différents régimes pendant 24 semaines. Ils seront placés dans une armoire thermostatée à 30°C pour leur confort thermique. Lors des tests métaboliques aux semaines 12, 22 et 23, les animaux recevront des injections intrapéritonéales et auront des prélèvements (sur animaux vigiles) d'une goutte de sang à la queue. Concrètement, suite à une injection (durée max 5 secondes) de glucose (S12 et S22) ou d'insuline (S23), une légère incision (durée 1 à 2 secondes, une incision unique pour tout le test) est réalisée à la queue et une goutte de sang (5µL, il faut environ 3 à 5 secondes pour que la goutte de sang se forme à la queue par massage de celle-ci) sera prélevée à 0, 15, 30, 45, 60, 90 et 120 minutes pour doser la glycémie. Au cours de la dernière semaine (S24), les souris recevront une injection intrapéritonéale quotidienne (durée d'une injection max 5 secondes; 7 injections au total) d’un activateur adrénergique ou d'une solution saline. 10 minutes après la première injection, une goutte de sang sera pélevée (incision 1 à 2 secondes ; formation de la goutte 3 à 5 secondes) à la queue pour un dosage du glycérol, représentatif de l’activité lipolytique des tissus adipeux. Au total un même animal pourra recevoir au maximum 10 injections sur une période de 24 semaines et 195 µL de prélèvement sanguin.
Impact sur les animaux
Dans le programme présenté les nuisances prédictibles pour l’animal sont liées 1) au régime riche en graisse qui induira l’obésité et l'insulinorésistance ; 2) aux douleurs provoquées par les injections intrapéritonéales qui sont nécessaires à différents stades de l’expérimentation pour réaliser les tests métaboliques et 3) aux prélèvements sanguins à la queue pendant ces mêmes tests métaboliques.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure. Après 24 semaines de régime alimentaire, les animaux seront anesthésiés (injection intrapéritonéale), une analyse de la composition corporelle sera réalisée par tomographie (rayons X) et le sang sera prélevé. Les animaux seront ensuite mis à mort et le prélèvement d’un maximum de tissus/organes à la fin de la procédure sera réalisé. Les tissus seront pesés, une partie sera congelée pour les analyses ultérieures (ARN... ) et l’autre partie fixée pour des analyses histologiques. Notre programme vise à étudier l'impact de différents régimes alimentaires (ratio ω3/ω6), sur la fonction des tissus adipeux et sur le métabolisme insulino-glucidique qui implique de nombreux organes (tissus adipeux, foie, muscles, ...), ce qui nous contraint à mettre à mort les animaux afin d'accéder à ces organes.
Remplacement
Ce programme vise à découvrir les liens qui existent entre composition alimentaire en lipides (ratio ω3/ω6), fonction des tissus adipeux blancs, bruns et brites et l’insulino-résistance ou le diabète de type 2. Ces processus pathologiques complexes touchent la régulation du métabolisme insulino-glucidique et impliquent de nombreux organes dont le pancréas, le foie, les tissus adipeux et les muscles. Il n‘existe pas pour l’instant de modèle in vitro qui pourrait remplacer l‘expérimentation sur un organisme entier pour répondre aux questions posées ici. De plus ces expériences font suite à de nombreuses expériences menées in vitro sur des cellules en culture qui ont permis de cibler les hypothèses les plus pertinentes à poser in vivo.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été calculé afin d’obtenir des résultats significatifs à partir d’un nombre minimum d’animaux. Nous débuterons par des groupes de 8 souris mâles (72 souris au total) puis nous réitérerons l’expérience par des groupes de 8 souris femelles (72 souris au total) et 4 souris par cage. Le nombre total de souris (cf. ci-dessus) nous permettra d’obtenir en quantité suffisante tous les échantillons tissulaires nécessaires à notre étude. Ce nombre de souris nous permettra également de réaliser des études statistiques adaptées en comparant les groupes deux par deux (régime alimentaire versus régime contrôle, ou encore régime alimentaire versus traitement mimant l’exposition au froid). Si aux termes de la première expérience avec les souris mâles nous n’avons aucun résultat concluant, nous ré-évaluerons l’intérêt de réaliser l’expérience avec les souris femelles.
Raffinement
Les souris utilisées sont des souris contrôles. Toutes les expériences et manipulations des animaux seront effectuées avec le souci de préserver le bien-être de l‘animal : maintien à la thermoneutralité donc à leur température de confort (30°C) ; enrichissement de l’environnement; surveillance régulière; suivi selon une grille d’évaluation prévoyant le recours à des points limites précoces et adaptés (absence de toilettage, perte de poids) ; prélèvements sur animaux vigiles effectués par des personnes expérimentées; prélèvements espacés dans le temps au maximum et volumes prélevés correspondant au minimum nécessaire.
Choix des espèces
Nous envisageons d'utiliser des souris C57Bl6J. Ce modèle correspond à l'espèce et à la souche sur laquelle nous travaillons dans notre laboratoire et pour laquelle nous avons plusieurs données de référence pour notre étude. De plus la souche C57Bl6J est connu pour répondre aux régimes riches en graisse en développant une obésité et une insulinorésistance. Nous utiliserons des souris adultes âgées de 10 semaines. Ces expériences étant d’une durée maximum de 24 semaines, l’âge maximum des souris en fin d’expérience sera d’environ 34 semaines. L’obésité nutritionnelle prend du temps à se mettre en place et nous voulons examiner des sujets adultes.