Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées :
- 235 projets autorisés en avril 2026 (01/05/2026)
- 296 projets autorisés en mai 2026 (01/06/2026)
Etude du franchissement piscicole d’un ouvrage dans un grand fleuve, par deux espèces de poissons migrateurs
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
L’étude vise à acquérir des connaissances sur le comportement de deux espèces de poisson migrateurs menacés, la grande alose et la lamproie marine. Ces espèces vivent en milieu marin et remontent se reproduire dans les fleuves. Il s’agira d’évaluer les remontées des individus dans un grand fleuve et le franchissement d’un secteur récemment restauré, en utilisant une technologie de suivi à distance (télémétrie acoustique). Des émetteurs seront implantés dans les poissons avant leur reproduction, de manière à les localiser ensuite à l’aide de récepteurs répartis dans l’aire d’étude pour mieux comprendre leur comportement, les entraves potentielles à la migration et les taux de prédation par le silure. Il s’agit d’une étude réglementaire, fixé par arrêté inter-préfectoral.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’améliorer les connaissances sur le comportement de la grande alose et de la lamproie marine pendant leur migration de reproduction dans un grand fleuve, et de comparer les résultats à une étude antérieure réalisée avant des travaux de restauration du fleuve, afin d'améliorer ensuite la gestion et la conservation de ces espèces.
Procédures
Les aloses capturées seront anesthésiées puis marquées par implantation gastrique d'émetteur acoustique (100 individus), et feront l’objet de prélèvements d’écailles et de nageoire. Les lamproies marines (130 individus) et les silures (10 individus) seront anesthésiés puis marqués par implantation chirurgicale d'émetteur acoustique. La manipulation n’excédera pas 3 minutes.
Impact sur les animaux
La capture, le transport, la stabulation, le marquage ainsi que les prélèvements d’écailles et de nageoires sont autant d’étapes nécessaires à l’étude et susceptibles d’induire un stress sur les animaux. Le marquage gastrique ou chirurgical génère un stress supplémentaire lors de la préhension, l’anesthésie et l’incision, et un risque de douleur post-implantation.
Devenir
Tous les individus capturés puis marqués seront remis à l’eau vivants pour l'étude de leur comportement dans le milieu naturel.
Remplacement
Le modèle biologique ne peut être remplacé pour cette étude comportementale qui implique de travailler nécessairement sur des individus vivants dans leur milieu naturel. Nous attendons des données sur la propension des individus à se déplacer et poursuivre leur migration jusqu’aux zones de reproduction accessibles. Il est donc nécessaire d'avoir recours à des animaux sauvages pour atteindre les objectifs du projet.
Réduction
Le projet est prévu en principe sur une durée de deux années, mais sera reconductible l’année suivante (3 ans au total) en cas de difficultés de capture. Il prévoit le marquage de 100 aloses, 130 lamproies et 10 silures, ce qui est un minimum (règle des 3 R : réduction) pour pouvoir décrire les comportements. Cet effectif tient compte d’un taux de mortalité post-opératoire assez faible (jusqu’à 3% généralement), de la prédation potentielle, et de la capture par la pêche. Grâce au réseau de récepteurs déployés, les détections des individus marqués seront a priori importantes, d’où une limitation à un maximum de 240 poissons. Cet objectif apparaît comme une cible réaliste au vu des effectifs en migration sur le fleuve étudié. Des analyses descriptives seront réalisées (taux de redétection, distances de déplacement, vitesses de déplacement, …).
Raffinement
Le protocole a été pensé pour tenir compte de la sensibilité des espèces migratrices, en particulier l’alose, aux opérations de capture-biométrie-marquage. Toutes les étapes des procédures jusqu’au réveil seront réalisées précisément sur le même site, soit directement sur le bateau, soit à proximité du fleuve. Pour les aloses et les silures, l’utilisation d’un brancard pour l’anesthésie permet de réduire le stress. Le marquage des aloses est réalisé directement dans le brancard. Le marquage des lamproies et silures sera réalisé dans un bac avec recirculation, pour maintenir l’oxygénation des branchies. Les poissons seront régulièrement observés et la qualité de l’eau surveillée. Les méthodes de marquage tiennent compte des spécificités et de la sensibilité des espèces et ont déjà été expérimentées et validées lors d’études précédentes. Des mesures sont prises pour réduire les effets délétères sur la survie (stress, souffrance, infection) et le comportement des animaux, en utilisant des points limites adaptés. Le ratio entre le poids des émetteurs implantés et celui des poissons sera largement inférieur à la limite préconisée pour les marquages d’animaux. Enfin, la phase de réveil se déroule soit directement dans le fleuve soit dans des bacs de grand volume alimentés par l’eau du fleuve. Dès reprise de la nage, les individus seront relâchés.
Choix des espèces
Les espèces cibles sont la grande alose et la lamproie marine. Ces deux espèces migratrices peuvent être considérées comme des indicateurs de la bonne connectivité des fleuves. Le projet porte plus spécifiquement sur la phase de migration de reproduction des 2 espèces, afin d’évaluer l’effet de travaux de restauration d’un grand fleuve sur cette étape majeure du cycle de vie des deux espèces. Le silure glane est la troisième espèce étudiée, en tant que prédateur des espèces migratrices. Les poissons seront marqués au stade adulte reproducteur, juste avant la reproduction (février-avril pour la lamproie marine, début mai pour la grande alose).
Suivi des comportements de l’alose feinte de Méditerranée dans un fleuve côtier et en milieu marin
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
L’étude vise à acquérir des connaissances sur le comportement d’une espèce de poisson migratrice menacée, l’Alose de Méditerranée. Ce poisson vit en mer et remonte se reproduire dans les fleuves. Il s’agira d’évaluer la faisabilité d’un suivi des déplacements des individus entre la mer et un fleuve en utilisant une technologie de suivi à distance (télémétrie acoustique). Des émetteurs seront implantés dans les poissons avant leur reproduction, de manière à les localiser ensuite à l’aide de récepteurs répartis dans l’aire d’étude pour mieux comprendre l’écologie de cette espèce.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’améliorer les connaissances sur le comportement de l’alose de Méditerranée, avant, pendant et après sa reproduction, entre le milieu marin et le milieu continental (fleuve côtier), et d'améliorer ensuite la gestion et la conservation de cette espèce menacée.
Procédures
Les aloses capturées seront anesthésiées puis marquées par implantation chirurgicale d'émetteur acoustique (50 individus), et feront l’objet de prélèvements d’écailles et de nageoire. La manipulation n’excédera pas 3 minutes.
Impact sur les animaux
La capture, le transport, la stabulation, le marquage ainsi que les prélèvements d’écailles et de nageoires sont autant d’étapes nécessaires à l’étude et susceptibles d’induire un stress sur les animaux. Le marquage chirurgical génère un stress supplémentaire lors de la préhension, l’anesthésie et l’incision, et un risque de douleur post-implantation.
Devenir
Tous les individus capturés puis marqués seront remis à l’eau vivants pour l'étude de leur comportement dans le milieu naturel.
Remplacement
Le modèle biologique ne peut être remplacé pour cette étude comportementale qui implique de travailler nécessairement sur des individus vivants dans leur milieu naturel. Nous attendons des données sur la propension des individus à se déplacer, poursuivre leur migration jusqu’aux frayères accessibles, dévaler en mer et se déplacer à proximité de l’embouchure. Il est donc nécessaire d'avoir recours à des animaux sauvages pour atteindre les objectifs du projet.
Réduction
Le projet est prévu en principe sur une durée d’une année, mais sera reconductible l’année suivante et jusqu’à 3 ans en cas de difficultés de capture. Il prévoit le marquage de 50 aloses, ce qui est un minimum (règle des 3 R : réduction) pour pouvoir décrire les comportements. Cet effectif tient compte d’un taux de mortalité post-opératoire assez faible (jusqu’à 3% généralement), de la prédation potentielle, et de la capture par la pêche. Grâce au réseau de récepteurs déployés, les détections des individus marqués seront a priori importantes, d’où une limitation à un maximum de 50 poissons. Cet objectif apparaît comme une cible réaliste au vu des effectifs en migration sur le fleuve étudié. Des analyses descriptives seront réalisées (taux de redétection, distances de déplacement, vitesses de déplacement, …).
Raffinement
Le protocole a été pensé pour tenir compte de la grande sensibilité des aloses, particulièrement aux opérations de capture-biométrie-marquage. La pêche à la ligne a été utilisée dans une autre étude sur l’alose feinte de Méditerranée et s’est révélée adaptée. Le transport des aloses sera limité et réalisé dans des conditions permettant de réduire le stress. Toutes les étapes du protocole, de la capture au réveil, seront réalisées précisément sur le même site, à proximité de la rivière. La manipulation s’effectuera à l’aide d’une épuisette non abrasive. L’utilisation d’un brancard pour l’anesthésie permet de placer le poisson dans l’obscurité, ce qui permet de réduire son stress. Le marquage est réalisé dans un bac spécifique avec recirculation de solution anesthésiante. Les poissons seront régulièrement observés et la qualité de l’eau surveillée. La méthode de marquage tient compte des spécificités et de la sensibilité de l’espèce, afin d’éviter les impacts sur la survie et le comportement de l’animal. Enfin, la phase de réveil se déroule dans des cages flottantes positionnées dans la rivière. Ceci permet de limiter les manipulations des poissons. Dès reprise de la nage, les aloses seront relâchées. Le temps de surveillance est volontairement réduit pour minimiser le stress lié à la stabulation.
Choix des espèces
L’espèce cible est l’alose de Méditerranée. Cette espèce migratrice peut être considérée comme un indicateur de la bonne connectivité des grands cours d’eau. Le projet porte plus spécifiquement sur la phase marine de l’espèce, l’idée étant d’évaluer à terme si la zonation des aires marines protégées permet une bonne protection de cette espèce. Les poissons seront marqués au stade adulte reproducteur, juste avant la reproduction (début mai).
Suivi du comportement des grandes aloses lors du franchissement de deux ouvrages hydroélectriques successifs
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
Objectifs
Le projet vise à analyser finement le comportement migratoire des grandes aloses lors du franchissement des deux barrages hydroélectriques successifs d. L’objectif est de mieux comprendre les comportements individuels face aux dispositifs de franchissement existants, d’évaluer l’efficacité de ces dispositifs, et d’identifier les facteurs environnementaux et de gestion influençant la réussite ou l’échec du franchissement. L’étude repose sur le marquage individuel des grandes aloses par insertion de puces RFID (passives) et acoustiques (actives), permettant un suivi précis de leurs déplacements, tant au franchissement des passes qu'entre les ouvrages. Les comportements migratoires (temps de franchissement, arrêts, retours, vitesse de transfert) seront appréciés au regard des conditions hydrodynamiques locales (débit de la rivière, débit turbiné) et aux paramètres de gestion des barrages. Le projet s’inscrit dans le cadre de la convention pluriannuelle signée en 2020 entre l’État, le gestionnaire des ouvrages hydroélectriques et les acteurs concernés, visant à améliorer la franchissabilité des barrages. Malgré les dispositifs existants, les taux de transfert entre les 2 barrages restent très faibles (13,3 % entre 2002-2005 et 4,9 % entre 2009-2024), justifiant la nécessité d’une analyse comportementale approfondie. L’étude portera aussi sur l’impact potentiel du masque de dévalaison installé récemment, destiné à améliorer la dévalaison des smolts, mais pouvant potentiellement modifier les courants d’attrait pour les grandes aloses en montaison.
Bénéfices attendus
Le projet permettra de mieux comprendre les comportements des grandes aloses lors de leur montaison au niveau de deux ouvrages hydroélectriques successifs. Les données collectées permettront d'évaluer l’efficacité des dispositifs de franchissement existants et d'identifier les facteurs environnementaux ou de gestion susceptibles d'entraver la migration. L’impact potentiel du masque de dévalaison (dispositif mis en place en 2009 pour les smolts de saumon) sur les courants d’attrait et les comportements de montaison sera également étudié. Les résultats contribueront à orienter les améliorations à apporter aux dispositifs de franchissement et aux stratégies de gestion afin d’accroître les taux de transfert des migrateurs sur la Dordogne.
Procédures
La procédure débute par le prélèvement des poissons dans le piège. Les poissons seront capturés dans un piège puis ils auront une anesthésie d’une durée de 1 à 2 minutes. Une fois sédaté, le poisson subit des mesures biométriques durant environ 1 minute, avant de procéder à un marquage unique télémétrique et acoustique dans le muscle, en moins d’une minute. La totalité des opérations effectuées pendant la phase de sédation ne dépasse pas 3 minutes. Enfin, le poisson est placé dans une nasse de réveil pour une durée d’environ 10 minutes, assurant une récupération complète avant son retour dans le milieu naturel.
Impact sur les animaux
Les nuisances potentielles sont les suivantes : - Stress lors de la capture (durée
Devenir
Tous les animaux seront relâchés dans le milieu naturel pour reprendre leur migration naturelle vers les zones de reproduction. Cela est un prérequis à l’étude pour suivre leur comportement au droit des ouvrages hydroélectriques.
Remplacement
Le projet porte sur le comportement migratoire de la grande alose. Nous ne pouvons donc pas nous dispenser de l’utilisation de ces animaux. Les objectifs du projet ne nous offrent pas de solutions alternatives.
Réduction
Le nombre des animaux est calculé afin d’avoir des résultats statistiques fiables. L'effectif de 60 individus permettra avec un nombre d’individus réduit de mettre en évidence des tendances comportementales importantes sans viser une modélisation complexe, en tenant compte de la variabilité interannuelle (sur 2 ans). Les données collectées feront l'objet d'une analyse descriptive et de comparaisons. Les variables comparées seront : temps de franchissement, taux de franchissement, durée de transit et influence du débit et de la température.
Raffinement
L’ensemble des manipulations a été raffiné et conçu pour limiter au maximum le stress et l’épuisement des animaux. Le marquage des animaux est réalisé sous anesthésie générale. Les animaux seront suivis jusqu’à récupération complète après l’anesthésie et relâchés dans le milieu naturel.
Choix des espèces
Cette étude est réalisée pour valider des actions mises en place pour favoriser la migration de la grande alose. Encore présente sur la rivière, la grande alose est particulièrement sensible aux conditions hydrauliques au niveau des passes à poissons et ailleurs. La grande alose est l'espèce la plus adaptée pour répondre aux besoins de l'étude. Il n’est pas possible d’utiliser une autre espèce en remplacement. Pour cette étude, il est essentiel d’utiliser des géniteurs de grande alose en migration génésique, car seuls les individus ayant accompli leur cycle biologique complet sont pleinement imprégnés des caractéristiques comportementales et environnementales de leur milieu de croissance. Cette imprégnation est indispensable pour le phénomène de homing, qui conditionne leur retour vers les zones de reproduction en eau douce. Le choix de poissons adultes, stade le plus avancé de l’espèce, permet de garantir la représentativité du comportement migratoire naturel et de limiter le nombre de poissons marqués tout en obtenant des résultats significatifs. Seuls les géniteurs remontent la rivière à cette période de l’année pour trouver des lieux favorables à leur reproduction. Les juvéniles nés de cette reproduction mesurent entre 10 et 15 cm et redescendent la même année à la fin de l’été, sans emprunter les passes à poissons.
Alosa_Loire – analyse multifactorielle des pressions sur les migrations génésiques de grande alose en Loire
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Ce projet a pour but d’estimer la population entrante des grandes aloses Alosa alosa - espèce de poisson migrateur - et de quantifier la répartition de la population et les principales pressions majeures rencontrées lors de leur migration (taux de perte sur la migration (mortalité)), depuis l’estuaire jusqu'aux frayères du bassin versant pendant 2 ans (2025-2026).
Bénéfices attendus
Au niveau local, la mise en place de mesures de conservation pour les grandes aloses (Alosa alosa) doit se faire sur la base d’une identification scientifique, avérée et robuste des pressions affectant la survie des reproducteurs de l’espèce. A ce titre, il est attendu de cette étude de délivrer des informations fiables sur : 1. L’estimation du recrutement de géniteurs de grandes aloses dans l’estuaire d’un grand fleuve (hors procédure). 2. Le taux de pertes sur la migration (mortalité) en pourcentage d’individus marqués par kilomètre du cours d’eau. Il permettra aussi de visualiser spatialement où sont situés les pertes et la part des différentes pressions ciblées qui sont établies par : - Le taux de prélèvement des grandes aloses par la pêcherie professionnelle de l’estuaire (hors procédure) ; - L’évaluation du taux de franchissement par les grandes aloses de 4 seuils sur le fleuve et ses affluents (objet de la présente demande) ; - La contribution relative des grandes aloses dans le régime alimentaire du silure glane à fine échelle temporelle (mensuelle) et large échelle spatiale (2 sites). Cette contribution sera estimée pour la période de migration (février à juin) et durant la reproduction (mai à juillet). 3. Des indications sur le comportement des grandes aloses sur les frayères à fine échelle temporelle (mensuelle) et large échelle spatiale. Ces données seront utilisées dans les plans de gestion des poissons migrateurs et devront in fine permettre d’obtenir des mesures de gestion efficaces pour sauvegarder cette espèce sensible, classée CR (danger critique) sur la liste rouge des espèces menacées en France (Union Internationale de la Conservation de la Nature).
Procédures
Les animaux seront soumis à des procédures de marquages gastriques (sans chirurgie) sous anesthésie pour l'implantation des émetteurs. Il n'y aura qu'une procédure par individu qui durera moins de 30 minutes. Les poissons seront capturés au filet maillant dérivant et démaillés immédiatement après la capture en sectionnant les mailles autour de l’individu. Le démaillage sera donc très bref et effectué dans l’anesthésiant pour la majorité des individus. Un risque de blessure (écaillage, cisaillement) par l’engin de pêche est présent mais réduit à son minimum car les temps de pêche seront réduits au minimum : dès que le filet est posé entièrement, celui-ci est relevé à partir du début de la pose, soit environ 10 minutes. Le temps de captivité temporaire est estimé en moyenne à 30 minutes, incluant la capture, le marquage, la surveillance jusqu’à la relâche.
Impact sur les animaux
Afin d’estimer le taux de mortalité pendant la migration due à la prédation par le silure glane, mais aussi lors du franchissement d’obstacles formés par les constructions humaines, les grandes aloses sont marquées d’émetteur acoustique. Les poissons sont capturés au filet maillant dérivant. Le stress lors de la capture doit être pris en compte et un risque de blessure (écaillage, cisaillement) est présent, mais fortement diminué par le protocole utilisé. En effet, le temps de présence dans le filet par individu est réduit à son minimum car une relève du filet pour démaillage est déclenchée dès qu’un poisson est observé dans le filet. Après avoir libéré des mailles le poisson, celui-ci est transféré dans le bac d’anesthésie (benzocaïne) ou dans un bac d’attente, en restant constamment immergé. Le transfert de l’individu dans les différents bacs (bac d’anesthésie, bac d’attente, etc.) peut induire un stress chez le poisson. La mesure de la longueur de l’individu est faite sous anesthésie (poisson toujours immergé) et le marquage gastrique est fait de la manière suivante : l’émetteur acoustique est inséré dans l'estomac par la bouche à l’aide d’un tube flexible transparent. Une fois l’émetteur placé dans l’estomac, il est relâché via un poussoir. Malgré les précautions prises, lors du marquage par l’insertion gastrique cela peut générer une inflammation de la paroi intestinale dû aux frottements. Mais l’expérience de l’équipe et la robustesse du protocole déjà mis en pratique lors d’une étude précédente en 2022-2023 nous pousse à être confiant sur les faibles effets nuisibles du marquage sur leur migration. Lors de cette étude, la reprise de migration vers l’amont d’individus marqués a été élevée (95%). Pour ce marquage, malgré l’anesthésiant qui agit aussi comme analgésique, le ressenti d’une douleur par l’individu marqué n’est pas à exclure. Le temps de captivité temporaire est estimé en moyenne à 30 minutes, incluant la capture, le marquage, la surveillance jusqu’à la relâche. Aucun effet indésirable est attendu sur l’alimentation du poisson durant cette captivité, car celui-ci ne s’alimente plus lors de sa migration vers les frayères.
Devenir
Tous les animaux marqués seront replacés dans leur milieu naturel, à l'endroit précis de leurs capture, quelques minutes seulement après.
Remplacement
La mortalité sur l’ensemble du trajet de la migration de la grande alose, depuis l’estuaire jusqu’aux lieux de reproduction en amont d’un fleuve, reste trop peu connue en France. Il n’est donc pas possible de remplacer ce modèle écologique par des modèles numériques et/ou physique et/ou de l’analyse de données existantes.
Réduction
Sont compris dans la procédure de la demande d'autorisation de projets de cette étude l’évaluation de la mortalité durant la migration des grandes aloses (Alosa alosa) jusqu’à l’atteinte des zones de reproduction par l’évaluation du franchissement des barrages et de la prédation par le silure glane. Ce taux de perte sur la migration, s’il existe, pourrait être variable en fonction des années, car l’espèce est soumise aux variations des conditions hydrologiques et aux variations de facteurs de mortalité du début (estuaire) à la fin (lieu de reproduction) du trajet de migration : les prélèvements par la pêcherie professionnelle (hors procédure), la prédation par les silures et la rupture de connectivité par les barrages. Ainsi, l’étude doit porter sur une longue durée (deux périodes de migration), avec un effectif suffisant. En 2024, plus de 9 tonnes d’aloses ont été prélevés sur l’estuaire du fleuve. Nous avons choisi de marquer 6 lots de 50 individus sur deux ans, soit 150 individus par an, ce qui équivaut à environ 120 kg. Compte tenu du taux de perte sur la migration (mortalité) estimé en se basant sur celui précédemment estimé sur d’autres espèces migratrices, cet effectif est le minimum pour avoir un effectif final suffisant pour qualifier et quantifier par télémétrie acoustique les différentes pressions présentes (prédation lors de la migration et barrages). Le protocole utilisé permet aussi cette réduction du nombre d’individus à marquer car il y a peu perte immédiate, dues à la pêche et au marquage. Sur une étude récente (2022-2023), 110 grandes aloses ont été pêchées, marquées suivant le même protocole. Cette étude a montré aucun rejet de marque, et un bon taux de reprise de migration, à hauteur de 95%, confirmant la fiabilité et un faible impact de la méthode. Donc 300 grandes aloses (Alosa alosa) seront marquées sur l’ensemble de la période in situ du projet (2025-2026).
Raffinement
Plusieurs mesures sont mises en place afin de limiter les nuisances décrites en amont : stress de la captivité et de la manipulation (capture, transfert du filet vers les bacs de stabulation et d'anesthésie), stress et douleur lors de l'implantation d'une petite balise acoustique dans l'estomac. La capture se fera avec des filets dérivants, afin de limiter les blessures lorsque l’individu se bloque dans les mailles avec un fort courant. De plus, afin de réduire le stress pendant la capture, les temps de pêche seront réduits au minimum : dès que le filet est posé entièrement, celui-ci est relevé à partir du début de la pose, soit environ 10 minutes. Le démaillage sera très rapide. Il se fera par section du filet autour de l’animal pour ainsi limiter les manipulations, diminuer le temps de démaillage et ainsi limiter le stress du poisson. Les marquages gastriques se feront sous anesthésie générale dans une civière de chirurgie remplie d'un bain de benzocaïne et oxygéné par bulleur afin de limiter le stress et la douleur du poisson. Pendant l'endormissement, un opérateur est dédié au maintien et à la surveillance de l’individu immergé, orienté sur le dos contre la paroi de la civière lors du marquage. Le poisson est gardé sous l’action de l’anesthésiant par ventilation mécanique des branchies avec l’eau dans la civière. Un second opérateur sera dédié à l'insertion de l'émetteur acoustique dans l'estomac. De la vaseline est utilisée pour réduire les frottements lors de l’insertion de l’émetteur. En cas de mouvement de l’individu, l’opération est arrêtée et la dose d’anesthésiant est immédiatement augmentée par l’ajout de 25 mg.l-1. L’opération est reprise dès lors que l’animal ne répond plus aux stimulations réflexes (plus précisément dès l’atteinte du stade 4 de l’anesthésie). Si un second ajout de benzocaïne est nécessaire, alors on estimera que le bain n’est plus assez efficace et il sera obligatoirement changé pour les poissons suivants. Après marquage, chaque individu est gardé en surveillance dans un bac de réveil jusqu’à dissipation totale des effets de l’anesthésiant (en moyenne 10 min). Sur l’ensemble des manipulations sur le poisson, de la récupération dans le filet jusqu'à la relâche, celui-ci reste immergé en continue afin de limiter le stress lors des manipulations.
Choix des espèces
La grande alose (Alosa alosa) est une espèce amphihaline classée en danger critique d'extinction (Liste rouge UICN) au niveau national français depuis 2019 ("Critically Endangered" - CR) et depuis 2008 sur le bassin de la Loire. Le stade géniteur est ciblé car il correspond au stade de migration des océans vers les frayères en rivières, période la plus vulnérable du cycle de vie de l'espèce. Toutes les mesures visant à alléger les pressions subies par cette espèce doivent donc être mises en place de manière rapide.
Evaluation de l’impact d’un consommation chronique d’un édulcorant artificiel (sucralose) sur les dommages liés à une ischémie-reperfusion du membre postérieur et d’un infarctus du myocarde de 2ème type, chez des souris males.
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Objectifs
Pour limiter les effets délétères des sucres ajoutés sur la Santé, un remplacement par des molécules édulcorantes est fréquente dans l’industrie agro-alimentaire. Elles sont commercialisées avec le bénéfice d’avoir un fort pouvoir sucrant sans induire d’apport calorique (produits de type light). Selon les dernières estimations, plus de 15% des produits alimentaires ou boissons consommées comportent des édulcorants contribuant ainsi à une augmentation progressive de la consommation chez l’adulte et l’enfant. Ces molécules sont vendues comme des composés inertes et inoffensifs pour la santé. Cependant, cette neutralité biologique est actuellement questionnée, notamment au regard du risque cardiovasculaire observé chez les consommateurs fréquents de produits contenant des édulcorants. En effet, des études de cohorte de plusieurs centaines de milliers de personnes démontrent une augmentation significative du risque de morbi-mortalité mortalité cardiovasculaire chez les grands consommateurs d’édulcorants. De manière interressante, le suivie de la cohorte NUTRINET-santé a étudié les effets spécifiques de chaque molécule sur le risque cardiovasculaire. Une étude montre notamment pour le sucralose, l’édulcorant le plus consommé à ce jour au niveau mondial, une augmentation de la mortalité s’expliquant par une augmentation du risque de développer des maladies circulatoires, de type ischémique notamment. Néanmoins, aucune étude à ce jour n’a été menée de manière prospective pour confirmer ces observations épidémiologiques. L’objectif de cette étude est donc de voir si une consommation chronique à dose physiologique contrôlée de la molécule édulcorante sucralose peut moduler les dommages biologiques liés à des épisodes ischémiques, plus particulièrement suite à une ischémie soit du membre postérieur soit au niveau cardiaque.
Bénéfices attendus
Malgré les données epidemiologiques recensées dans la littérature, aucune étude à notre connaissance ne s’est encore interréssée à un potentiel impact d’une consommation de sucralose dans le cadre d’accidents cardiovasculaires. Ce projet vise donc à évaluer si une consommation chronique de 4 semaines de sucralose à une dose controlée et physiologique (respectant la Dose Journalière Admissible) est capable de moduler (aggraver ou protéger) les dommages occasionnés par une une ischémie-reperfusion du membre postérieur ou un infarctus de 2ème type chez la souris.
Procédures
Dans notre première procédure, deux groupes de 10 souris seront gavés pendant 4 semaines avec de l’eau et deux autres avec du sucralose. Puis deux groupes de 10 animaux, qui serviront de témoin, seront soumis à une anesthésie générale de 4 heures et deux autres groupes seront soumis à une anesthésie générale couplée à une chirurgie d'une durée de 4 heures. Dans notre seconde procédure, deux groupes de 10 souris seront gavés pendant 4 semaines avec de l’eau et deux autres avec du sucralose. Puis deux groupes recevront une injection en intrapéritonéal d’un liquide physiologique et les deux autres recevront une injection d’isoprénaline. Au bout de 7 jours, une échographie cardiaque sera réalisée sous anesthésie générale pour les 4 groupes.
Impact sur les animaux
L’administration de sucralose par voie orale (gavage) peut être source de stress ou de douleurs modérées pour l’animal. Une partie des animaux (groupes Ischémie-Reperfusion) sera soumise à une ischémie de la patte durant 2 heures qui provoque une diminution des apports en oxygène pouvant entrainer des altérations cellulaires (mort cellulaire, gonflement mitochondrial, etc.). Cette ischémie sera suivie d'une période de reperfusion de 2 heures qui entraîne une exacerbation de la mort cellulaire engendrée par l'apport massif en oxygène. Une partie des animaux (groupes Infarctus du myocarde) recevront une injection pouvant avoir des conséquences sur l’état de bien-être des animaux. En effet, l'injection va principalement se traduire par une augmentation de la force et de la fréquence de contraction du coeur des animaux, impliquant de potentiels palpitations cardiaques.
Devenir
Mise à mort des animaux à l'issue de la procédure pour prélèvement des tissus nécessaire.
Remplacement
Les mécanismes de digestion, d’absorption et de bioaccumulation de molécules sont complexes. Aucune méthode in vitro ne permet de remplacer de manière exhaustive les mécanismes de digestion in vivo. De plus, il n'existe à l’heure actuelle, aucun modèle de substitution in vitro ne permettant d’évaluer l’impact de l’ischémie reperfusion périphérique ou de l’infarctus du myocarde de 2ème type suite à une consommation chronique de sucralose. Par ailleurs, l’utilisation d’animaux permet d’étudier des mécanismes cellulaires qui ne peuvent pas être étudiés sur des modèles ex vivo ou in silico. Par conséquent, l’utilisation du modèle animal apparait comme indispensable à la réalisation de ce protocole.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés par groupe a été défini comme le nombre minimum nécessaire afin de réaliser nos mesures tout en s’assurant de la répétabilité du résultat. Pour cela un nombre minimum de 10 animaux par condition apparait comme nécessaire. Cet effectif est basé sur un calcul d'effectif statistique.
Raffinement
Les animaux sont acclimatés à leurs conditions d’hébergement pendant les 11 jours suivant leur arrivée, avant toute procédure. Afin de permettre la formation de groupes sociaux, les animaux sont hébergés en cages de 5 individus avec un enrichissement du milieu (igloos, tubes, et coton). Pour permettre aux souris de ronger, de petits bâtonnets en bois sont également proposés. Les animaux auront un accès ad libitum à la nourriture et à l’eau. Les animaux sont visités bi-quotidiennement par un personnel formé qui contrôle le bien-être des animaux à l’aide d’une table de score intégrant les différents point limites et mesures médicamenteuses ou non à mettre en place (annexe en pièce jointe). Au dela d'un score de 5 sur cette fiche l'utilisation un analgésique pourra etre utilisé afin de garantir le bien être de l'animal. Les animaux seront manipulés régulièrement afin de réduire leur stress. Une phase d'habituation au gavage sera réalisée pendant 3 jours avant le début de l'étude. Lors de la procédure d’ischémie-reperfusion de la patte, les animaux sont anesthésiés et une injection d'un analgésique sera réalisée avant l'intervention puis une seconde au bout de 2 heures pour limiter au maximum la douleur ressentie. La température des animaux est maintenue constante grâce à l’utilisation d’un tapis chauffant. Pour la procédure d’injection d’isoproterenol, les animaux seront préalablement enduits d'un anesthésique local au niveau de la zone d’injection afin de réduire la douleur liée à celle-ci. Suite à cette procédure, les animaux seront surveillés attentivement pendant les heures suivant l’injection pour observer d’éventuels changements de comportements. En accord avec la grille de score, l’euthanasie de l’animal pourra etre envisagée.
Choix des espèces
La souris est un modèle pertinent afin d’étudier les effets d’une molécule impliquant des mécanismes de digestion car son système digestif est proche de celui retrouvé chez l’Homme. Le modèle souris a l’avantage de permettre des investigations depuis l’étage cellulaire et moléculaire jusqu’aux mesures in vivo. De plus, ce modèle d’ischémie-reperfusion périphérique ainsi que celui de l’infarctus du myocarde de 2ème type spécifiquement sur le modèle souris est particulièrement validé dans la littérature et maitrisé au sein du laboratoire. L’utilisation de ce modèle permet également de réaliser ces modèles sur des souris transgéniques le cas échéant, afin de valider une voie de signalisation ou un mécanisme moléculaire sous-jacent. Les souris seront âgées de 9 semaines en début de protocole afin qu’elles atteignent un poids d’environ 30 grammes en fin de protocole. Nous avons choisi de travailler sur des souris jeunes afin d’exclure tout impact du vieillissement sur les paramètres analysés dans notre étude. Nous avons choisi de travailler sur des souris normo-pondérées afin d’exclure un potentiel impact de l’obésité qui pourrait également impacter nos résultats. En effet, notre objectif étant de valider l’impact de la consommation subchronique de sucralose sur les dommages liés à l’ischémie reperfusion périphérique ainsi qu’à l’infarctus du myocarde de 2ème type, nous souhaitons travailler chez des animaux jeunes et sains avant de potentiellement passer sur des modèles plus spécifiques (e.g. obésité).
Suivi des flux migratoires de la grande alose dans un axe fluvial jalonné de barrages aménagés pour la navigation
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Les objectifs de ce projet sont les suivants : 1-évaluer les conditions actuelles de franchissement de barrages par un poisson migrateur menacé, la grande alose, en analysant les voies de passages, les conditions environnementales favorables et les temps de migration ; 2-produire des connaissances permettant l’évaluation des pratiques de gestion des ouvrages de navigation (écluses) situés au niveau de ces barrages, pour faciliter la migration de cette espèce.
Bénéfices attendus
Le projet permettra de mettre en lumière la « transparence » des ouvrages à la migration de la grande alose, c’est à dire l’absence de sélectivité et de retard à la migration. Il permettra également d’évaluer quelles sont les voies de passages prioritaires (écluses ou passes à poissons) et d’adapter le cas échéant les modalités d’ouverture des écluses.
Procédures
Les aloses capturées seront anesthésiées puis marquées par implantation gastrique d'émetteur acoustique sans chirurgie (50 individus), et feront l’objet de prélèvements d’écailles. La manipulation n’excédera pas 1 minute.
Impact sur les animaux
La capture, le transport, la stabulation, l’anesthésie et le marquage sont autant d’étapes nécessaires à l’étude et susceptibles d’induire un stress sur les animaux. Toutefois, les opérateurs ont réalisé ces étapes lors de deux phases précédentes du projet sans aucun dommage.
Devenir
Tous les individus capturés puis marqués seront remis à l’eau vivants pour l'étude de leur comportement in situ.
Remplacement
Le modèle biologique ne peut être remplacé pour cette étude comportementale qui implique de travailler nécessairement sur des individus vivants dans leur milieu naturel. Nous attendons des données sur la propension des individus à se déplacer et à poursuivre migration jusqu’aux frayères potentiellement accessibles pour elles. Par ces observations écologiques, il s’agira d’évaluer l’impact cumulé des obstacles physiques sur l’accessibilité des grandes aloses aux habitats de reproduction. Il est donc nécessaire d'avoir recours à des animaux autochtones pour atteindre les objectifs du projet.
Réduction
Le projet prévoit le marquage de 50 aloses, sur une ou plusieurs années en fonction de la capturabilité (maximum 5 ans), ce qui est un minimum (règle des 3 R : réduction) pour pouvoir décrire les comportements, et évaluer la franchissabilité des différents ouvrages, les temps d’attente moyens et les voies de passage (écluses / passes à poissons). En effet, chez cette espèce migratrice et selon le type d’ouvrages de franchissement, il peut être attendu un taux de montaison de 50 à 70 %. Cet effectif théorique tient compte des rares cas de mortalité post-opératoire, de la régurgitation possible des émetteurs chez de rares individus et de la mortalité des animaux par prédation. Les redétections attendues grâce à la télémétrie acoustique seront a priori importantes, d’où une limitation à un maximum de 50 aloses marquées ; cet effectif est également justifié par le coût élevé des émetteurs. Cet objectif apparaît comme une cible réaliste au vu des effectifs en migration sur la rivière étudiée, en dépit d’un caractère très aléatoire des remontées attendues chez les poissons migrateurs, en particulier chez l'alose.
Raffinement
Le protocole a été pensé pour tenir compte de la grande sensibilité des aloses, particulièrement aux opérations de capture-biométrie-marquage. Les techniques de captures ont été éprouvées et visent à limiter les traumatismes physiques et les temps d’attente. Le transport des aloses sera limité et réalisé dans des conditions permettant de réduire le stress. Toutes les étapes du protocole, de la capture au réveil, seront réalisées précisément sur le même site, sur le bateau ou à proximité de la rivière. La manipulation s’effectuera à l’aide d’une épuisette non abrasive. Les animaux seront gardés en stabulation uniquement en cas de nécessité et le moins longtemps possible dans des bacs adaptés constamment alimentés en eau de rivière fraîche. L’utilisation d’un brancard pour l’anesthésie puis le marquage permet de réduire le stress durant la phase d’induction. Les poissons seront régulièrement observés et la physico-chimie surveillée. La méthode de marquage tient compte des spécificités et de la sensibilité de l’espèce et a déjà été expérimentée et validée. Des mesures sont prises (anesthésie individuelle, faible poids de la marque, maintien en immersion) pour réduire les effets délétères sur la survie et le comportement de l’animal. La phase de réveil se déroule dans des cages flottantes positionnées dans la rivière. Ceci permet de limiter les manipulations des poissons après marquage. Dès reprise de la nage, les aloses seront relâchées.
Choix des espèces
L’espèce cible est la grande alose (Alosa alosa). Cette espèce migratrice remonte les fleuves de la côte atlantique, et peut être considérée comme un indicateur pertinent de connectivité des grands cours d’eau (latérale, longitudinale). Grâce à l’aménagement de passes à poissons au niveau des barrages et à l’adaptabilité de l’espèce, l’alose voit sa population s’accroître sur certains bassins. Mais compte-tenu du faible recul disponible sur ces migrations, il semble d’intérêt de suivre plus finement les comportements des individus à l’approche des barrages. Ces éléments de connaissance permettront d’envisager des aménagements futurs (passes à poissons, gestion des écluses, habitats écologiques favorables) de manière plus objective. Les poissons seront au stade adulte reproducteur. Ils seront marqués avant la maturation complète des gonades (soit entre avril et début mai). Quelle que soit la taille des géniteurs marqués (dès 400 mm pour les petits mâles), le ratio « poids du l’émetteur / poids du poisson » sera en adéquation avec les préconisations tirées de la littérature scientifique pour la plupart des espèces de poissons.
Evaluation de la bioaccumulation d’un édulcorant artificiel (sucralose) dans l’organisme dans un modele de colitis par consommation de Dextran Sulfate Sodium chez des souris mâles, induisant une permeabilité intestinale augmentée.
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Objectifs
Ce projet vise d’une part à étudier l’impact d’une consommation d’édulcorant artificiel (sucralose) de 14 jours sur sa bioaccumulation dans différents compartiments tissulaires tels que le sang, les vaisseaux sanguins, le tissu adipeux et le cœur dans un modèle de souris dont la perméabilité intestinale est augmentée ou non par traitement entrainant le développement d’une colitis sévère. D’autre part, l’état inflammatoire du tissu adipeux sera étudié, en réponse à la prise de sucralose en condition de perméabilité intestinale induite ou non.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à évaluer la bioaccumulation de sucralose dans les différents compartiments tissulaires (en particulier dans le plasma sanguin et le tissu adipeux) suite à une consommation de 14 jours car très peu d’informations à ce jour sont disponibles dans la littérature. Ce projet permettra également d’étudier le profil inflammatoire du tissu adipeux pour mieux comprendre les effets de ce régime.
Procédures
Les animaux seront pesés quotidiennement et soumis à une administration orale subchronique (1 traitement par jour pendant 2 semaines) en eau ou en sucralose (185mg/kg). Ces tests nécessitent une mise en contention d'une minute pour réaliser un gavage.
Impact sur les animaux
Les pesées quotidiennes peuvent être source d’un stress léger pour les animaux. Le traitement pendant une semaine induit une source de stress et de douleurs sévères chez l’animal. Ce traitement peut provoquer plusieurs effets indésirables, à savoir : saignements rectaux, perte de poids, diarrhée, anémie et perte de mobilité. L’administration de sucralose par voie orale (gavage, sonde métallique rigide) peut également être source de stress ou de douleurs modérées pour l’animal.
Devenir
Les animaux de cette procédure seront mis à mort afin de prélever les tissus d'intérêt qui seront ensuite étudiés (quantification sucralose).
Remplacement
Les mécanismes de digestion, d’absorption et de bioaccumulation de molécules sont complexes. Aucune méthode in vitro ne permet de remplacer de manière exhaustive les mécanismes de digestion in vivo. Il convient donc d’étudier in vivo sur une faible population la bioaccumulation du sucralose dans différents tissus d’intérêt.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés par groupe a été défini comme le nombre minimum nécessaire afin de réaliser les mesures de biodisponibilité et bioaccumulation tout en s’assurant de la répétabilité du résultat. Pour cela, un nombre minimum de 10 animaux par condition apparaît comme nécessaire. (G Power, Differences between two groups, A priori: Compute required sample size; Effect size d. 2 30%; puissance statistique= 0,80, risque alpha=0,05)
Raffinement
Les animaux sont acclimatés à leurs conditions d’hébergement pendant les 11 jours suivant leur arrivée, avant toute procédure. Afin de permettre la formation de groupes sociaux, les animaux sont hébergés en cages de 5 individus avec un enrichissement du milieu (igloos, tubes, et coton). Pour permettre aux souris de ronger, de petits bâtonnets en bois sont également proposés. La température et l’hygrométrie sont contrôlées dans des conditions constantes de température (21°C±1°C) et d’humidité (55±5%) avec des cycles jour/nuit de 12 heures et un accès ad libitum à la nourriture et à l’eau. Les animaux sont visités quotidiennement par un personnel formé qui contrôle le bien-être des animaux à l’aide d’une table de score intégrant les différents points limites et mesures médicamenteuses ou non à mettre en place (annexe en pièce jointe). Au-delà d'un score de 5 sur cette fiche l'utilisation un analgésique sera utilisé (buprénorphine 0,5 mg/kg/j et 3mL/kg en sous-cutané) afin de garantir le bien-être de l'animal. Les animaux seront manipulés régulièrement afin de réduire leur stress. Une phase d'habituation au gavage sera réalisée pendant 3 jours avant le début de l'étude. Enfin, avant de réaliser tout type de prélèvements, une dislocation cervicale sera réalisée.
Choix des espèces
La souris est un modèle pertinent afin d’étudier les mécanismes de digestion car son système digestif est proche de celui retrouvé chez l’Homme. Les animaux seront âgés de 8 semaines à l’achat et de 9 semaines au début du protocole. Cet âge a été défini conformément à la littérature et aux guidelines de référence liés au traitement comme moyen d’induire une colitis sévère et in fine une perméabilité intestinale augmentée. De plus, ces animaux correspondent à de jeunes adultes, afin de ne pas faire intervenir de paramètres confondants tels que le vieillissement.
Suivi des migrations des aloses par radiotélémétrie
- Conservation des espèces
Objectifs
Pour accomplir leur cycle biologique certaines espèces de poissons doivent effectuer des migrations entre l’eau douce des rivières et l’eau salée des océans. Ce sont les poissons migrateurs amphihalins. Les populations mondiales de poissons migrateurs se sont effondrés de 76% depuis 1976 à cause principalement des entraves à la migration, la destruction des habitats et une pêche non maitrisée. Ce chiffre est particulièrement marqué sur la période en Europe avec une chute estimée à 93%. Parmi les espèces de poissons migrateurs, les aloses, appartenant à la famille des Clupéidés (harengs, sardines), grandissent en mer plusieurs années et viennent se reproduire au printemps en eau douce. Le Comité Français de l’UICN a classé en 2019 la grande alose, Alosa alosa, en danger critique et l’alose feinte, Alosa fallax, quasi menacée.
Bénéfices attendus
Le suivi des grandes aloses et aloses feintes va apporter de nombreuses informations sur l’écologie des espèces suivies sur un cours d'eau : zones colonisées, période de présence, facteurs influençant les comportements et la survie. Ainsi, par la mise en œuvre de ce suivi, il va être possible de renforcer et d’acquérir des connaissances sur le comportement migratoire des aloses en vue d’améliorer la connaissance du cycle de vie et des paramètres qui l’impactent pour cibler une meilleure gestion de la population, actuellement en forte régression, afin de les sauvegarder.
Procédures
Pour apporter des éléments à ces questions scientifiques, un suivi des 2 espèces d'aloses sera réalisé par marquage individuel en radiotélémétrie. 400 individus seront marqués afin de recueillir suffisamment de données pour obtenir des résultats fiables. Ils seront divisés en 5 lots de 80 individus par année. Ainsi, dès la sortie de l’estuaire, les poissons sont capturés lors de leur passage dans la passe-à-poissons. La capture est réalisée dans un piège présent par conception dans le dernier bassin de la passe multispécifique. La manipulation sera réalisée de façon individuelle. Chaque alose sera transférée dans un bac (brancard) préalablement rempli d’une solution anesthésiante et mis dans l’obscurité le temps d’atteindre une sédation d’immobilisation. Le poisson est marqué par l’insertion d’un émetteur intragastrique radio dans l’estomac. L’alose est transférée dans une structure de réveil (filet immergé dans la retenue amont de l’ouvrage). Lorsque le manipulateur observe le réveil, le poisson est relâché directement dans le milieu naturel pour poursuivre sa migration. Des récepteurs de radiotélémétrie sont disposés tout le long du parcours à des endroits stratégiques afin de pouvoir cartographier les déplacements spatio-temporel entre les habitats, le comportement devant les ouvrages et le franchissement des passes-à-poissons.
Impact sur les animaux
Toutes les manipulations seront faites pour éviter des nuisances et un stress supplémentaire sur les poissons. Les aloses seront marquées avec des émetteurs permettant de respecter le ratio inférieur à 2% s’assurant que la marque de perturbe pas le comportement et la flottaison du poisson. Pour réduire le stress, les poissons seront capturés de façon individuelle et transportés dans un brancard contenant une solution anesthésiante le temps de l’insertion de l’émetteur dans l’estomac, puis ils seront placés dans une structure de réveil directement dans le milieu naturel dans une zone calme mais avec un faible courant afin que dès le réveil total ils puissent poursuivre leur migration.
Devenir
Tous les poissons marqués seront conservés vivants et relâchés dans le milieu naturel.
Remplacement
L’objectif étant l’apport de connaissances sur les comportements migratoires et l’utilisation de l’habitat des grandes aloses et des aloses feintes en milieu naturel, il n’est pas possible d’appliquer la règle du remplacement. Il est donc indispensable de recourir à des individus des espèces et du stade visé (géniteurs d’aloses en migration) afin d’obtenir des données pertinentes.
Réduction
L'objectif du projet est d’enrichir les connaissances scientifiques sur le comportement des aloses pendant leur phase de migration. Il s'agit d'une approche intra-spécifique où la variabilité des trajectoires individuelles sera décrite à l'aide de statistiques descriptives et de cartographie de déplacement. Dans un système ouvert de moyenne taille comme la Charente, le choix de 400 individus sur la durée du projet correspond au minimum d'individus nécessaires pour rendre compte des variabilités intra-spécifique (sachant que la mortalité naturelle pourrait réduire légèrement cet effectif) et les paramètres environnementaux impliqués dans la phase de migration (débit, température, habitats, blocages…). Cet échantillon de 400 poissons sera divisé par lot de 80 individus marqués par année et réparti entre 50 grandes aloses et 30 aloses feintes. Le nombre annuel de géniteurs de grande alose (50) a été défini pour acquérir suffisamment de données pour fournir une image de la diversité des comportements de migration sur la partie médiane et amont du fleuve. Pour les aloses feintes, le choix de 30 individus annuellement est jugé suffisant pour des tests de faisabilité et suivre les comportements de migration sur la partie aval du fleuve. Egalement, nous avons considéré comme déterminant le franchissement des 4 ouvrages en amont du site de capture et, en se basant dans la littérature sur une perte de 40% de poissons à chaque franchissement de passe, sur 80 poissons relâchés en amont du premier ouvrage, 17 pourraient se présenter au pied du 4ième ouvrages, et 10 le franchir, ce qui permettrait d’avoir un jeu de données sur le site (rampe à macrorugosités dimensionnée pour les aloses).
Raffinement
Avant le marquage, les individus présentant des lésions externes ou amaigris sont écartés du suivi afin de ne pas leur faire subir de manipulation. Cependant, s’il est estimé que les poissons peuvent récupérés et, dans la mesure du possible, ils seront soignés notamment en ce qui concerne les lésions externes par un pansement hydrostatique. Puis, l’individu est mis dans un brancard de stabulation contenant 25 ppm de solution anesthésiante de Benzocaïne 10%. L’individu se retrouve dans l’obscurité du brancard. L’eau est claire permettant une vérification des différentes phases de l’anesthésie des individus. Le recours à une anesthésie adaptée permet de manipuler le poisson sans risque pour celui-ci et de diminuer son stress. Le stade d’anesthésie recherché est l’immobilisation. Pour cela, nous observerons que le réflexe de redressement et la mobilité sont absents, et que la réaction au stimulus et la fréquence des battements operculaires branchiaux soient réduits. Une fois le stade de l’immobilisation atteint, les émetteurs stériles, sont délicatement insérés dans l’estomac avec un tube d’insertion désinfectés. Nous avons choisi le marquage par insertion intragastrique afin de réduire la souffrance en évitant une intervention chirurgicale puisqu’il ne génère pas d’incision du muscle et donc pas de blessure. L’insertion de la marque sera rapide pour réduire au minimum les nuisances sur le bien-être des poissons et, d’expériences dans l’insertion de ce type de marque, la manipulation n’excédera pas 3 min minutes puis les aloses seront placées dans une structure flottante (filet cage) de réveil d'1m3 directement située dans le milieu naturel dans la retenue de l’ouvrage. Un léger courant permet d’assurer de bonnes conditions de réveil et de préparer le poisson à son lâché. Une vigilance des opérateurs sera apportée au raffinement dans toutes les étapes de la procédure : Pas de changement d’eau (brancard rempli avec de l’eau de la rivière), • Tri des poissons afin de marquer des poissons sains, Capture avec épuisette réduite pour limiter les risques de pertes d’écailles et de blessure (Un seul passage unique en épuisette (de 43 cm de large et un filet en mailles fines de 4mm), Structure de réveil (filet cage) dans l’eau de la rivière pour observer le comportement du poisson marqué avant la relâche, Surveillance des poissons pendant toutes les phases, de la capture au lâcher.
Choix des espèces
L’objectif étant l’apport de connaissances sur les comportements migratoires et l’utilisation de l’habitat des grandes aloses et des aloses feintes en milieu naturel, il est donc indispensable de recourir à des individus des espèces et du stade visé (géniteurs d’aloses en migration). Nous utiliserons les géniteurs d'aloses lors de la phase de remontée sur frayère pour suivre leur comportement de migration de reproduction.
Stratégies nutritionnelles de prévention de l’inflammation intestinale et mécanismes associés à des lipides bioactifs dans un modèle murin
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Objectifs
L’intestin a plusieurs fonctions essentielles à l'intégrité de l'organisme et au maintien d'une santé optimale dont une fonction de barrière sélective limitant le passage de molécules délétères et une fonction d'absorption indispensable aux apports nutritionnels. L'inflammation intestinale modérée est associée à de nombreuses pathologies chroniques comme l'obésité, le syndrome métabolique, le diabète de type II et les maladies cardiovasculaires. L'inflammation est un mécanisme physiopathologique pouvant altérer l'intégrité de l'intestin. L’alimentation joue un rôle important dans le développement et la sévérité de l’inflammation intestinale. La consommation de certains produits laitiers contenant notamment des lipides polaires laitiers pourrait contribuer à réduire l’incidence ou les symptômes liés à l’inflammation intestinale. Les objectifs de ce projet sont de mettre en évidence, dans un modèle de souris avec inflammation intestinale modérée induite par un produit altérant la barrière intestinale pendant 8 jours, les effets préventifs d’une supplémentation en babeurre (riche en lipides polaires) sur l’inflammation, l’intégrité et la fonction de barrière intestinale, le microbiote et d’identifier les mécanismes en lien avec le métabolisme et le devenir intestinal des lipides polaires laitiers.
Bénéfices attendus
La prévalence des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin est en forte augmentation sur les dernières décennies (environ 4 millions en 1990 à environ 7 millions en 2017), non seulement dans les pays occidentaux mais aussi les pays émergents. Ce projet devrait permettre une meilleure compréhension des mécanismes reliant la consommation de produits laitiers riches en lipides polaires et la modulation de la barrière intestinale. Les résultats pourraient contribuer à proposer des pistes de nutrition préventive associées au babeurre et aux lipides polaires laitiers dans le cadre des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ainsi que dans les pathologies humaines marquées par une inflammation modérée comme l’obésité ou le diabète de type 2.
Procédures
Toutes les souris seront gavées oralement une seule fois au cours du test lactulose-mannitol-sucralose pour tester fonctionnellement la perméabilité intestinale. Après un jeûne réduit à 4h sur litière propre, les souris recevront une injection d’une dizaine de secondes en deux points sous-cutanés de 0.5 mL de solution saline afin de stimuler la miction. Après 30 minutes, les souris seront gavées en 10 secondes avec 0.2 mL de solution de lactulose/mannitol/sucralose. Pour le prélèvement de sang par ponction cardiaque, les animaux recevront un analgésique par voie sous-cutanée en moins de 5 secondes afin de réduire au maximun la douleur liée à ce type de prélèvement. Après 30 minutes, les animaux seront anesthésiés par un mélange analgésique/anesthésique par voie sous-cutanée en moins de 5 secondes.
Impact sur les animaux
L’induction d’une inflammation intestinale par le traitement des animaux avec un produit altérant la barrière intestinale peut induire après quelques jours et en fonction de la dose administrée une perte de poids significative, une altération de la consistance des selles et la présence de sang dans les selles. Ces modifications physiologiques peuvent donc être responsables d’une douleur ou d’un stress de l’animal provoquant alors des comportements anormaux. Une étude pilote a été menée en amont afin de déterminer une dose et un temps pouvant induire une inflammation modérée avec augmentation de la perméabilité intestinale. Au-delà de 8 jours de traitement à 1%, les effets du produit altérant la barrière intestinale sont plus marqués avec une diminution du poids corporel (
Devenir
Toutes les souris seront mises à mort à la fin des procédures. En effet, le sang des animaux doit être collecté pour mesurer les marqueurs sanguins de l'inflammation tels que les cytokines. Certains organes (le côlon, l'intestin grêle, rate, foie, reins) seront également prélevés pour mesurer leur poids et leur taille et étudier leur histologie. Il est alors impossible d’obtenir ces mesures sans la mise à mort des souris.
Remplacement
Il est trop invasif d’étudier les désordres intestinaux inflammatoires humains à travers des biopsies, des coloscopies qui ne sont pas autorisées dans le cadre de la recherche. Il est donc important d’étudier les inflammations intestinales dans un contexte où l’ensemble du système organique peut être étudié et où les données obtenues sont transposables à l’homme. La physiologie des souris, en particulier l’inflammation intestinale et systémique est similaire aux humains. Ces stratégies nutritionnelles pour diminuer ou prévenir l’inflammation devraient permettre d’accroitre les connaissances quant au développement et à la manière de prévenir l’inflammation..
Réduction
Il est désormais clairement établi que le sexe joue un rôle non négligeable dans divers facteurs physiologiques, métaboliques et comportementaux chez la souris. Les données de la littérature ont montré que les souris mâles sont plus prédisposées à développer une inflammation intestinale par un produit altérant la perméabilité intestinale que les souris femelles. Dans un but de réduction du nombre d’animaux, cette étude sera réalisée uniquement sur des souris mâles. Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre minimum d’animaux pour obtenir un effet significatif.
Raffinement
Durant le protocole, les souris feront l’objet d’une surveillance quotidienne (Week-End inclus) pour déceler un potentiel mal-être. Si des signes de souffrance des animaux sont observés, la surveillance sera accrue avec éventuellement la réhydratation des animaux, la mise de la nourriture dans la cage, le changement de la litière. Si l’état des animaux ne s’améliore pas dans des délais définis, la procédure sera stoppée.
Choix des espèces
Les travaux effectués dans ce domaine dans la communauté scientifique sont majoritairement réalisés chez la souris permettant ainsi la discussion et la comparaison des résultats entre eux. De plus, la régulation du métabolisme lipidique chez la souris est proche de celle de l’Homme. Pour les études sur l’inflammation induite par un produit altérant la perméabilité intestinale, les souches de souris les plus utilisées sont les souris C57BL/6J. De plus, les modèles d’inflammation intestinale induite par un produit altérant la perméabilité intestinale chez la souris sont considérés comme modèle pertinent des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin pour la transposition des résultats à l’Homme. Les souris seront commandées à 6 semaines de vie et le protocole débutera à 7 semaines de vie après une semaine d’acclimatation. Ce protocole doit être réalisé sur des animaux jeunes adultes pour que les effets des traitements ne soient pas liés à la croissance ou au vieillissement des animaux.