Les projets approuvés

Difficulté : ★★★★☆
pixabay_observatoire

Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.

Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.

Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.


NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets. 

Documents

Résumés non techniques français de 2013 à 2021

Résumés non techniques de l'Union européenne depuis 2022

Niveau de souffrances

Données ajoutées au fil de l’eau au moins une fois par semaine

59 contenus
  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 1040
Souffrances
 -
 -
 1040
 -
Devenir
 -
 -
 -
 1040

1040 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue pour des analyses post-mortem. Une chirurgie sous anesthésie leur installe une douleur chronique censée produire un état anxio-dépressif, suivie de cinq examens d'IRM sous anesthésie pouvant durer deux heures quarante, d'un test de douleur, de quatre tests d'anxio-dépression que le porteur ne nomme pas, d'un jeûne de vingt-quatre heures et d'un isolement de même durée en cage individuelle. Le porteur écrit que cette douleur et ce phénotype anxio-dépressif "sont inévitables et ne peuvent pas être soulagées car c'est l'objet de l'étude". Il juge "indispensable" de travailler sur un "modèle animal, social, entier" et qualifie la souris adulte d'"incontournable dans la recherche en neurosciences".

Objectifs

La dépression majeure est une maladie fréquente qui touche environ 5 à 10 % de la population mondiale. Elle représente aujourd’hui l’une des principales causes d’invalidité et constitue un enjeu majeur de santé publique, avec un impact social et économique très important en Europe. Malgré les nombreux travaux de recherche menés dans ce domaine, le diagnostic repose encore principalement sur l’évaluation clinique des symptômes, car aucun biomarqueur fiable de la maladie n’a encore été identifié. Une meilleure compréhension des mécanismes biologiques impliqués dans la dépression est donc nécessaire afin d’identifier de nouveaux outils diagnostiques et de nouvelles cibles thérapeutiques. La douleur chronique est un facteur important dans le développement de la dépression : environ la moitié des patients dépressifs présentent également des douleurs chroniques. Des études d’imagerie cérébrale ont montré que ces troubles sont associés à des modifications de l’organisation et du fonctionnement de certains réseaux cérébraux. Cependant, les altérations spécifiques liées à l’association entre douleur chronique et dépression restent encore mal comprises. Ce projet vise à étudier ces mécanismes à l’aide d’un modèle murin de douleur chronique associé à un état anxio-dépressif. L’objectif est d’analyser l’évolution des connexions entre différentes régions du cerveau au cours du temps, ainsi que l’effet potentiel de stimulations cérébrales ciblées sur ces réseaux. Les protocoles de stimulation utilisés s’inspirent directement d’approches de neuromodulation actuellement étudiées chez l’humain et l’étude des modifications cérébrales sera réalisée grâce à l’imagerie par résonance magnétique, une technique non invasive largement utilisée en recherche clinique, ce qui favorisera la comparaison entre les résultats obtenus chez l’animal et ceux observés chez les patients. À terme, ces travaux pourraient contribuer à mieux comprendre les bases biologiques de ces troubles et à développer des stratégies thérapeutiques plus ciblées pour améliorer la prise en charge des patients souffrant de douleur chronique et de troubles émotionnels associés.

Bénéfices attendus

Le but de cette étude est d’identifier des biomarqueurs cérébraux caractéristiques du développement de la comorbidité douleur - dépression, ainsi que d’approfondir la compréhension des mécanismes neurobiologiques impliqués dans deux protocoles de neuromodulation actuellement en phase d’essais cliniques. L’identification de ces biomarqueurs et la caractérisation des effets de ces protocoles de neurostimulation permettra, in fine, d’optimiser l’efficacité thérapeutique et d’améliorer la prise en charge des patients présentant une douleur chronique associée à des troubles émotionnels.

Procédures

- Les animaux sont soumis à une douleur chronique avec développement de troubles anxio-dépressifs. - Les chirurgies se déroulent sous anesthésie générale pour une durée maximale d’1h -Les animaux sont soumis à un maximum de 5 examens IRM sous anesthésie d’une durée maximale de 2h40. - Les animaux subissent un test évaluant la douleur de 15 minutes en moyenne. – Les animaux subissent une stimulation courte de maximum 20 secondes, et 4 tests évaluant l'anxio-dépression (durée de 5 minutes par test). Les tests répétables seront effectués un maximum de deux fois. - Les animaux subissent un jeûne unique de 24h pour un test comportemental. -Les animaux seront mis en cage individuelle pour une période de 24h maximum au cours de l’un des tests comportementaux. - Les animaux subissent une chirurgie terminale pour prélèvement de tissus sous anesthésie profonde pour une durée de 10 minutes.

Impact sur les animaux

- La présence de la douleur et l’apparition du phénotype anxio-dépressif chez le modèle animal sont inévitables et ne peuvent pas être soulagées car c'est l'objet de l'étude. - Suite à la chirurgie, une légère difficulté dans les déplacements des animaux est attendue mais qui disparaît rapidement dans les 24 à 48h. - La douleur post-chirurgicale est aiguë, transitoire et inflammatoire. - Les animaux subissent un stress aigu ainsi qu’une douleur transitoire et de faible intensité lors des tests de comportement.

Devenir

A la fin des procédures, les animaux sont mis à mort pour des analyses post-mortem.

Remplacement

Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in sillico. En effet, l’étude de la douleur et de la comorbidité anxio-dépressive nécessite une observation fonctionnelle et comportementale, uniquement possible chez un animal vivant et vigile.

Réduction

Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. Le nombre d'animaux a été déterminé pour obtenir des résultats statistiquement valides tout en se basant sur des données de la littérature, de notre expérience et de la variabilité des réponses individuelles des animaux.

Raffinement

Les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation de 2 semaines après leur arrivée pour s’habituer aux nouvelles conditions environnementales. Ils seront hébergés en groupe sociaux de 3 à 5 individus pour respecter leurs besoins sociaux. Des carrés de coton seront placés dans la cage pour favoriser la nidation, et des barreaux de bois à ronger pour limiter les comportements d’agressivité. Avant le début des procédures et sur une période d’une semaine, les animaux sont manipulés quotidiennement par l’expérimentateur et acclimatés à l'environnement où les tests se dérouleront afin de réduire l'état de stress et d'angoisse chez l'animal. Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Durant les chirurgies, des méthodes d’anesthésie et d’analgésie sont systématiquement utilisées. Un suivi post-chirurgical rapproché sera réalisé. Des points limites sont mis en place pour l’ensemble des procédures expérimentales. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec la SBEA (structure chargée du bien-être des animaux) pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.

Choix des espèces

Ce projet sera réalisé sur le modèle animal - Souris adulte (à partir de l'âge de 8 semaines post-naissance). Il nous est indispensable de travailler sur un modèle animal, social, entier avec un système neurobiologique mature afin d’être dans les conditions les plus proches de la complexité humaine. Le modèle murin adulte présente une forte homologie structurale du cerveau avec l’Homme, le rendant incontournable dans la recherche en neurosciences

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 780
Souffrances
 -
 50
 520
 210
Devenir
 -
 -
 -
 780

Deux cent quatre-vingts souris subissent une chirurgie de la cuisse sous anesthésie pour léser un nerf, cent quarante reçoivent dix injections de vincristine, un anticancéreux qui provoque des douleurs nerveuses, et deux cent dix sont soumises à des stresseurs quotidiens d'une heure pendant vingt et un jours. 780 souris sont utilisées au total, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger, modéré et sévère, toutes tuées pour analyser leurs tissus nerveux. Le porteur écrit que ces douleurs "peuvent durer plusieurs semaines", et écrit aussi : "Les animaux pourraient donc être soulagés de leurs symptômes douloureux et/ou anxio-dépressifs." Le traitement est bu au bout d'une micropipette par 490 souris et administré par gavage à 240 autres, et l'évaluation passe par quatre tests comportementaux sur quatre jours consécutifs, que le résumé ne nomme pas.

Objectifs

Ce projet de recherche préclinique vise à caractériser les effets thérapeutiques d’un nouveau composé ciblant les récepteurs de l’ocytocine dans des contextes pathologiques pertinents. Plus précisément, il s’agit d’évaluer son potentiel analgésique dans deux modèles murins de douleur neuropathique (chimio-induite et lésionnelle), ainsi que son potentiel antidépresseur dans un modèle de dépression induite par un stress chronique variable. Les effets de ce composé seront comparés à ceux de traitements de référence déjà utilisés en clinique (duloxétine, prégabaline, fluoxétine). L’effet de la molécule améliorée présentée sous forme de suspension pour faciliter la translation en clinique sera ensuite évalué dans le modèle de douleur neuropathique lésionnelle et dans une évaluation des comportementaux sociaux afin de déceler tout effets indésirables potentiels.

Bénéfices attendus

Ce projet permettra d’évaluer l’efficacité d’un nouveau candidat thérapeutique dans des pathologies à fort impact clinique et sociétal : les douleurs neuropathiques chroniques et la dépression. Il pourrait ouvrir la voie à l’utilisation de nouvelles approches pharmacologiques ciblant le système de l’ocytocine comme alternative ou complément aux traitements actuels.

Procédures

Les animaux de ce projet participeront à différentes interventions : • Douleur neuropathique pour 280 d'entre eux: une petite chirurgie est réalisée sur la cuisse de l’animal sous anesthésie (environ 30 minutes) pour provoquer une légère douleur similaire à celle observée après certaines atteintes nerveuses. Après une semaine de récupération, les animaux sont suivis régulièrement avec des tests simples et non invasifs • Douleur liée à la chimiothérapie pour 140 animaux : les animaux reçoivent un traitement par vincristine, un médicament anticancéreux connu pour causer des douleurs nerveuses. Dix injections sont administrées sur deux semaines (deux séries de 5 jours, séparées par une pause de 2 jours). Les réactions nociceptives sont mesurées chaque jour avec des tests courts (5 à 20 minutes). • Stress chronique pour les 210 autres: pendant 21 jours, les souris sont soumises à différents petits stresseurs, chacun durant environ une heure. À la fin, leur comportement est évalué avec 4 tests, réalisés sur 4 jours consécutifs. Les traitements sont donnés chaque jour sous forme liquide, que les animaux apprennent à boire spontanément au bout d’une micropipette pour 490 d’entre eux MODIFICATION : ou par gavage (1 fois/j pendant 21 jours) pour 240 d’entre eux. Enfin, à la fin de l’étude, certains animaux sont profondément anesthésiés pour un prélèvement de tissus (système nerveux) afin de réaliser des analyses scientifiques.

Impact sur les animaux

Les souris pourront ressentir des douleurs nerveuses, provoquées soit par une petite chirurgie sous anesthésie, soit par l’administration répétée d’un médicament anticancéreux (vincristine). Ces douleurs peuvent durer plusieurs semaines. Dans un autre modèle, les animaux seront exposés à des situations de stress pendant 21 jours afin de reproduire des symptômes de type anxieux ou dépressif. Pour évaluer ces symptômes, les souris seront soumises à des tests comportementaux courts (3 à 20 minutes), réalisés une ou deux fois par jour au maximum, sur plusieurs semaines selon le modèle. Des limites précises sont établies pour arrêter immédiatement la procédure si un animal présente des signes persistants de souffrance. MODIFICATION : L’administration du produit par gavage oral nécessite de manipuler les animaux chaque jour, ce qui peut entraîner un léger stress temporaire. Cette technique est couramment utilisée et maîtrisée. Dans de rares cas, une irritation de la gorge peut apparaître, et très exceptionnellement une complication respiratoire. Ces risques restent très faibles lorsque la procédure est réalisée par du personnel formé et avec des précautions adaptées.L’objectif de ce projet est de tester un nouveau traitement qui pourrait soulager à la fois la douleur chronique et les troubles anxio-dépressifs. Les animaux pourraient donc être soulagés de leurs symptômes douloureux et/ou anxio-dépressifs. Enfin, la molécule testée cible un des systèmes impliqués dans la régulation des comportements sociaux, ainsi des modifications comportementales non souhaitées (altération des interactions sociales, augmentation ou diminution de la sociabilité, comportements d’évitement ou d’agitation) pourraient apparaître au cours du traitement.

Devenir

Toutes les procédures : Les animaux sont mis à mort en fin de procédure afin de réaliser des analyses post-mortem des tissus nerveux.

Remplacement

Le remplacement par des méthodes in vitro ou in silico n’est pas envisageable dans ce projet. Les comportements de douleur, anxiété ou dépression nécessitent l’observation de l’animal vivant et vigile dans un contexte environnemental contrôlé.

Réduction

Toutes les expériences seront menées en utilisant le nombre minimal d’animaux nécessaire pour garantir la fiabilité scientifique des résultats. Pour cela, des calculs ont été réalisés à partir de données déjà obtenues afin de déterminer combien d’animaux sont indispensables, sans excès. Chaque souris sera testée sur plusieurs comportements, ce qui permet de recueillir un maximum d’informations avec un même individu. Dans les modèles de douleur et pour l’évaluation des comportementaux sociaux, 10 animaux par groupe et par sexe suffisent pour obtenir des résultats fiables. Dans le modèle de stress chronique, où tous les animaux ne développent pas les mêmes symptômes, il est nécessaire d’avoir jusqu’à 15 animaux par groupe et par sexe afin d’assurer une analyse statistique robuste. MODIFICATION : Pour l’évaluation des comportements sociaux, des animaux “interacteurs” seront inclus afin de permettre la réalisation des tests, selon un ratio de 1 interacteur pour 2 animaux testés.

Raffinement

Les souris seront hébergées en groupes sociaux afin de respecter leurs besoins éthologiques. Leur environnement sera enrichi par l’ajout de carrés de coton pour la nidation et de bâtonnets de bois à ronger, afin de limiter le stress et les comportements agressifs. Avant les expérimentations, les animaux seront habitués aux manipulations, aux dispositifs expérimentaux ainsi qu’à la prise volontaire de solutions par micropipette, afin de réduire les réactions de peur et d’évitement. Les tests comportementaux seront limités à deux par jour maximum, espacés d’au moins 4 heures pour éviter fatigue et stress. Une observation quotidienne attentive permettra de détecter tout signe de stress, de douleur ou de comportement anormal. Un suivi renforcé sera assuré après toute intervention chirurgicale. Lors des chirurgies, les animaux seront anesthésiés et placés sur un tapis chauffant pour maintenir leur température corporelle. Un gel ophtalmique sera appliqué pour prévenir le dessèchement oculaire. Les procédures seront réalisées en conditions stériles. Après l’intervention, les animaux seront replacés dans leur cage d’origine pour récupérer dans un environnement familier, avec un accès facilité à la nourriture et à l’eau (y compris sous forme gélifiée si nécessaire). MODIFICATION : Lorsque cela est possible, l’administration par micropipette, reposant sur une prise volontaire d’une solution appétente, constitue une mesure de raffinement en évitant la contention. Des points limites précoces sont définis : tout animal présentant des signes persistants de souffrance ou une altération importante de son état sera retiré de l’étude et, si nécessaire, euthanasié. Des améliorations méthodologiques pourront être intégrées en cours de projet en concertation avec la SBEA. MODIFICATION : En cas de gavage, celui-ci sera réalisé par du personnel formé, avec du matériel adapté au poids des animaux. Une manipulation douce et une habituation à la contention seront mises en place. Une surveillance quotidienne (poids, comportement, respiration) permettra de détecter rapidement toute complication. Des critères d’arrêt anticipé seront appliqués en cas de signes de détresse.

Choix des espèces

La souris est un modèle largement utilisé en neurosciences et dans l’étude de la douleur. Ses systèmes biologiques sont proches de ceux de l’humain, ce qui permet de tirer des conclusions transposables aux maladies étudiées. Elle présente aussi l’avantage de disposer de nombreuses données de référence et de lignées bien caractérisées, ce qui facilite la comparaison avec d’autres travaux scientifiques. Les animaux utilisés seront des adultes (8 semaines, > 20 g), stade nécessaire à la maturité comportementale.

  • Recherche appliquée
    • Autres troubles humains
Souris : 1800
Rats : 1800
Souffrances
 -
 600
 3000
 -
Devenir
 -
 -
 -
 3600

3 600 souris et rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l'issue. Chaque animal porte une maladie rénale induite par un régime particulier, avec des cristaux dans les reins soupçonnés de provoquer des douleurs, et passe par des prélèvements de sang, des cages à métabolisme et un capteur collé sur le dos rasé. Le projet teste de nouvelles molécules contre l'insuffisance rénale chronique. Le porteur repère la douleur à des signes comme une posture anormale et une baisse de l'activité, et met à mort les animaux qui atteignent les points limites.

Objectifs

Les maladies rénales chroniques (MRC) touchent environ 7 à 10% de la population en France. La MRC est une menace silencieuse due à une diminution progressive et irréversible du fonctionnement des reins qui ne filtrent plus correctement le sang de l'organisme. Au stade terminal (un patient sur 1000), les patients devront subir des dialyses ou une transplantation. Plusieurs options thérapeutiques existent en fonction du stade de la pathologie. Toutefois, malgré les avancées récentes, il existe un besoin persistant de davantage d'options thérapeutiques pour les MRC, car les traitements actuels ne stoppent pas toujours la progression vers l'insuffisance rénale terminale et ne conviennent pas à tous les patients. Le principal objectif de notre projet est d’évaluer de nouvelles approches thérapeutiques pour les maladies rénales chroniques dans un modèle bien documenté dans la littérature conduisant à des atteintes rénales similaires à celles observées chez les patients.

Bénéfices attendus

Ce projet vise à tester, développer et valider des cibles thérapeutiques innovantes capables de modifier le cours de la maladie rénale, permettant d’améliorer la prise en charge thérapeutique des patients atteints de maladie rénale chronique en offrant une alternative aux traitements symptomatiques actuels.

Procédures

Prélèvement sanguin : - Afin de suivre l’urémie et la créatininémie : un prélèvement sanguin pourra être fait (excepté la semaine de l’étude pharmacocinétique) au maximum une fois par semaine si l’étude dure moins de 4 semaine (soit 3 prélèvements) ou une fois toutes les 2 semaines si l’étude dure entre 5 et 10 semaines (souris), 12 semaines (rat) (soit maximum 4 ou 5 prélèvements). • Souris : veine submentale ou à la veine saphène, volume max 100μL • Rat : veine saphène médiale ou caudale, volume max 200μL. - Afin de relier l’efficacité des composés à leurs taux sériques, une étude de pharmacocinétique pourra être effectuée une fois au cours de l’étude. Ainsi, au maximum 3 prélèvements, chez la souris de maximum 30μL (veine submentale ou veine saphène) et chez le rat 30µL, maximum 150µL (veine saphène médiale ou caudale), de sang seront réalisés pendant la même journée ou étalés sur 2 journées. Le volume total de ces prélèvements n’excédera pas 10% du volume sanguin de la souris ou du rat et les prélèvements seront effectués sur animaux vigiles. Prélèvement d’urine après mise en diurèse individuellement en cage à métabolisme pendant 6 à 8 heures (nourriture et eau de boisson ad libitum), maximum 2 fois pendant l’étude. Pose du dispositif du Médibeacon mesure de la filtration glomérulaire (méthode non invasive), les animaux sont rasés et épilés, mise en place d’un petit capteur (1 cm2) sur le dos, fixé par du sparadrap, placement vigile en cage individuelle pendant 1h puis retour dans sa cage d’origine, maximum 2 fois pendant l’étude. Injection par voie veineuse rétro-orbitaire d’une sonde fluorescente (2mL/kg) sous anesthésie gazeuse (isoflurane, induction : 2.5-5% / Maintien : 1-3%), la même anesthésie ayant servis à la pose du dispositif du Médibeacon, maximum 2 fois pendant l’étude.

Impact sur les animaux

Les MRC entraînent une diminution du fonctionnement des reins qui ne filtrent plus correctement le sang de l'organisme. De ce fait, dans ce modèle nous suspectons une douleur induite par la présence de cristaux dans les reins et des pertes de poids transitoires à la suite des changements de diète (caséine/adénine). Les signes de douleur chez les animaux se manifesteront par une posture anormale, diminution de l’activité spontanée, diminution du soin du pelage. La pose du dispositif de Médibeacon sur la peau du dos pourra entrainer une irritation temporaire de la peau. Les traitements sont susceptibles de créer de l’inconfort physique passager.

Devenir

En fin de procédure expérimentale ou en cas d’atteinte des points limites éthiques, les animaux seront mis à mort de façon humaine et des analyses sur les organes, nécessaires pour mesurer l’efficacité des molécules testées, seront réalisées.

Remplacement

Les modèles animaux représentent un outil incontournable dans l’étude des mécanismes immuno-pathologiques et fibrotiques. Aucun modèle alternatif in vitro n’est disponible pour étudier les mécanismes cellulaires complexes intervenant dans la physiopathologie de la MRC. La supplémentation de la nourriture en adénine pour les souris et le rat mâle constitue un modèle robuste documenté dans la littérature. Étant donné que le paramètre principal étudié dans ce projet est la survenue d’une maladie résultant d’un ensemble complexe d’acteurs cellulaires et de médiateurs solubles, l’utilisation de modèles animaux (rat et souris) est incontournable. Seules les molécules présentant les caractéristiques les plus prometteuses seront évaluées dans ce projet.

Réduction

Nous utiliserons un modèle bien établi dans la littérature afin de limiter la phase de mise au point et ainsi de réduire le nombre d’animaux. Le nombre d’animaux utilisés par groupe sera réduit au minimum tout en permettant une bonne analyse statistique.

Raffinement

Les points finaux pour chaque procédure ont été établis afin d’éviter toute souffrance indésirable des animaux. Les animaux sont hébergés dans des cages adaptées, pour préserver leurs interactions sociales et limiter les phénomènes de disputes ou de stress engendrés par une surpopulation. L’environnement est enrichi par des objets adaptés à l’espèce. Les animaux sont observés quotidiennement par le personnel de l'animalerie formé au bien-être des animaux et par les expérimentateurs.

Choix des espèces

Les espèces animales utilisées dans le cadre de ces recherches sont la souris et le rat. Le modèle a été sélectionné et mis au point, sur la base de la littérature existante et de notre expertise (procédure incluse dans une DAP précédemment autorisée). Les animaux seront utilisés au stade adulte afin de travailler sur des organes parfaitement développés pour évaluer les composés d’intérêt.

  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
Souris : 1644
Souffrances
 -
 -
 1350
 294
Devenir
 -
 -
 -
 1644

1 644 souris vont être utilisées pour étudier la douleur chronique liée au cancer et à la chimiothérapie, 1 350 dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré et 294 sévère, toutes tuées à l'issue. Les animaux reçoivent des greffes de tumeurs, une chimiothérapie et une batterie de tests répétés de sensibilité, dont un test mécanique jusqu'à trente-trois fois sur la durée du projet et un test thermique entre 8 et 55 degrés. Le porteur qualifie ces tests de sensibilité de non douloureux, alors que les inductions tumorales peuvent provoquer une douleur modérée à sévère selon la localisation. À la fin, les souris sont tuées pour prélever leur rate, leurs ganglions, leur peau et les tumeurs.

Objectifs

Ce projet cherche à comprendre comment des molécules naturelles produites par certaines cellules du système immunitaire peuvent influencer la douleur chez la souris. Notre hypothèse est que ces cellules masquent la douleur directement par leur capacité à sécréter des analgésiques naturels. Nous utiliserons des lignées de souris mutantes et des tests de sensibilité à la douleur dans différentes conditions. Nous évaluerons particulièrement la douleur ressentie dans des modèles de cancers et de chimiothérapies. Nous mesurerons l'intensité de la douleur perçue par stimulation mécanique ou par des observations comportementales. L'ensemble des résultats de ce projet permettra de proposer un nouveau mécanisme de régulation de la douleur chez la souris avec de possibles implications cliniques chez l'Homme.

Bénéfices attendus

Les cancers représentent un enjeu majeur de santé publique. En France, environ 433 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et plusieurs centaines de milliers de patients reçoivent une chimiothérapie. Au niveau mondial, près de 20 millions de nouveaux cas par an sont estimés. Les douleurs chroniques constituent une séquelle fréquente des traitements anticancéreux (30 pourcents des patients traités). Au-delà de leur impact sur la qualité de vie, les cancers représentent également un poids économique considérable, avec plus de 20 milliards d’euros de coûts directs pour le système de soins en France et un coût sociétal mondial estimé à plus de 500 milliards d’euros par an. Ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes impliqués dans les douleurs chroniques associées au cancer et aux traitements par chimiothérapie, afin d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques.

Procédures

Pour moduler la génétique, certains animaux seront soumis à des administrations en début de projet (sur animal vigile, 2 fois maximum, 1 minute par geste OU sur animal anesthésié, 3 fois maximum, 3 minutes par geste). Afin de mesurer la sensibilité à la douleur, les animaux suivront tous une série de test sur animal vigile : un test de sensibilité à la température entre 8 et 55 degrés sans risque de brûlure (3 fois maximum avec 2 semaines de récupération minimum entre chaque test, 5 minutes maxmim), un test de sensibilité mécanique (33 fois maximum à raison de 3 fois par semaine pendant toute la durée du projet, 5 minutes maximum), un test de démarche (3 traversées maximum avec 2 semaines de récupération minimum entre chaque test, 5 minutes maximum) et un test d'observation (3 fois maximum avec 2 semaines de récupération entre chaque test, 8 minutes). Ces tests ne sont pas douloureux. Certains animaux auront une greffe tumorale sous anesthésie et analgésie suivant le type de tumeur (1 fois, 30 minutes maximum) ou un traitement de chimiothérapie sur animal vigile (30 fois maximum sur 1 mois, 1 minute). Le suivi tumoral sera réalisé par imagerie sur animal anesthésié (3 fois par semaine pendant 2 mois maximum, 5 minutes). Certains groupes pourront recevoir un traitement sur animal anesthésié (1 fois, 5minutes) ou sur animal vigile (30 fois sur 1 mois maximum, 1 minute).

Impact sur les animaux

L'administration d'un médicament pour activer un gène pourra engendrer une irritation de l'oesophage ou une douleur légère de courte durée au point d'injection. Les tests réalisés pour évaluer la sensibilité à la douleur pourront engendrer une gêne et un stress de courte durée. Les inductions de tumeurs pourront engendrer une douleur et une gêne modérée à sévère selon la localisation et la progression tumorale. L'administration de chimiothérapie pourra engendrer une douleur légère de courte durée ainsi qu'un risque d'inflammation au site d'injection et des effets secondaires comme la modification du transit intestinal. Les injections répétées pourront induire un risque de péritonite. L'administration d'une analgésie de récupération ou d'un anticorps pourra engendrer une douleur légère de courte durée au site d'injection. Enfin, l'anesthésie pour certains actes techniques pourraient engrendrer une hypothermie et un risque de détresse cardio-respiratoire. Les animaux immunodéprimés seront plus sensibles aux infections.

Devenir

Tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire car les organes (rate, ganglions, peau) et les tumeurs doivent être prélevés pour être analysés.

Remplacement

Le but de ce projet est d'évaluer la sensibilité à la douleur dans différentes conditions de cancers et de chimiothéapies. Il est par conséquent impossible de palier à l’utilisation d’animaux vivants car ce projet est basé sur la perception de la douleur chez l'animal. Il n'est pas possivle de remplacer cette utilisation par des expérimentations in vitro et la sensibilité à la douleur n'est pas quantifiable par des paramètres biochimiques connus.

Réduction

Ce projet nécessite l'utilisation de 1644 animaux. Le nombre d’animaux utilisés dans le projet est réduit à son minimum sans compromettre la validité statistique des analyses des résultats. Nous utiliserons 6 animaux par groupe pour toutes les procédures, sauf pour certains des groupes d'animaux témoins où 3 animaux seront suffisants. Des tests statistiques fiables et robustes seront utilisés pour analyser les résultats.

Raffinement

Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation. Les animaux sont hébergés avec leurs congénères (l’hébergement individuel est limité au maximum) en portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et un accès ad libitum à la nourriture et l’eau. Le milieu est enrichi avec deux enrichissements minimum et les animaux sont vérifiés quotidiennement. Le projet a été mis au point afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal. Lorsque cela est nécessaire les animaux seront sous anesthésie et analgésie. Les animaux sous anesthésie de plusieurs minutes auront une application de gel occulaire pour éviter l'assèchement des yeux. Ils seront également maintenus sur tapis chauffant afin d'éviter une hypothermie. Afin de faciliter la prise alimentaire des animaux, des croquettes seront toujours disponibles au fond de la cage. Pour les tests, les animaux seront habitués à leur environnement. Ainsi, la douleur et le stress sont limitées en apportant des soins adaptés ainsi qu’une surveillance attentive accompagnée de points limites suffisamment prédictifs et précoces.

Choix des espèces

La souris représente un très bon modèle pour réaliser des expériences de comportement, des études de neuroanatomie, de physiologie et de biologie cellulaire et moléculaire, de plus la disponiblité de souris génétiquement manipulées pour les gènes d'intérêt rend aussi l'utilisation de cette espèce indispensable à la réalisation de ce projet. Les souris pourront être utilisées à partir de l'âge de 8 semaines car le statut immunitaire doit être mature avec un niveau stable de cellules immunitaires.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 528
Souffrances
 -
 -
 528
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Devenir
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 528

Pour étudier une région du tronc cérébral impliquée dans la douleur chronique, 528 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue. Une partie subit une chirurgie qui induit une douleur neuropathique, une autre des injections provoquant un modèle de fibromyalgie, et une chirurgie stéréotaxique d'environ une heure trente cible des neurones précis. Le résumé insiste sur l'analgésie et le suivi mis en place, tout en décrivant des modèles conçus pour maintenir une hypersensibilité douloureuse. Les tissus cérébraux sont prélevés après la mise à mort, une étape que le porteur juge "indispensable" pour vérifier le ciblage.

Objectifs

La douleur chronique touche des millions de personnes dans le monde et altère profondément la qualité de vie. Elle s'accompagne fréquemment de comorbidités invalidantes tels qu’une fatigue excessive et des troubles de l’humeur (anxiété, dépression) contribuant à une aggravation du tableau clinique. Malgré son impact considérable, les mécanismes cérébraux impliqués dans l'installation et le maintien de ces états douloureux persistants restent insuffisamment compris, et les traitements disponibles demeurent souvent inefficaces. Ce projet s'intéresse à une région du tronc cérébral impliquées dans le traitement des expériences aversives et la régulation de l'humeur via un contrôle inhibiteur sur les circuits dopaminergiques du cerveau. Des travaux récents suggèrent que cette région s'active en réponse à la douleur et que réduire son activité pourrait atténuer certaines réponses douloureuses. Cependant, son rôle dans la douleur chronique reste peu étudié. Afin de mieux comprendre le rôle de cette région, nous avons choisi d'explorer deux grandes formes de douleur chronique aux mécanismes distincts : la douleur neuropathique, causée par une lésion du système nerveux (comme dans certaines douleurs post-traumatiques ou post-chirurgicales), et la fibromyalgie, une maladie caractérisée par une douleur diffuse et persistante sans lésion identifiable, pour laquelle les options thérapeutiques sont aujourd'hui particulièrement limitées. Nous cherchons à déterminer si diminuer l'activité de cette région peut atténuer certaines manifestations de ces douleurs chroniques, telles que l'hypersensibilité à la douleur et les altérations émotionnelles associées. Pour cela, nous utilisons des souris génétiquement modifiées permettant de cibler et de réduire temporairement l'activité des neurones de cette région, puis nous évaluons l'impact de cette manipulation à l'aide de différents tests comportementaux utilisés pour étudier les symptômes liés à la douleur chronique. Ces travaux apporteront des données inédites sur l'implication de cette structure cérébrale dans différentes formes de douleur chronique. Si son implication dans ces processus est confirmée, cette région pourrait représenter une cible thérapeutique nouvelle et prometteuse pour des pathologies encore trop souvent insuffisamment soulagées.

Bénéfices attendus

Ce projet apportera des données causales et spécifiques sur le rôle d'une région du tronc cérébral dans la douleur chronique. En combinant des modèles de douleur neuropathique et de fibromyalgie avec une approche permettant d'agir de façon ciblée sur les neurones de cette région, ces travaux permettront de déterminer si inactiver cette structure contribue à réduire l'hypersensibilité à la douleur, la fatigue et les troubles émotionnels associés. Sur le plan translationnel, si l'implication de cette région est confirmée, elle pourrait représenter une cible thérapeutique nouvelle pour des pathologies encore insuffisamment traitées.

Procédures

Une partie des animaux subira une courte intervention chirurgicale sous anesthésie générale (environ 30 minutes) permettant d'induire un modèle de douleur neuropathique. Une autre partie recevra des injections (durée :

Impact sur les animaux

Les interventions chirurgicales peuvent entraîner une gêne passagère et une légère perte de poids, généralement résorbées en quelques jours. Les animaux bénéficient d'une analgésie adaptée et d'un suivi attentif jusqu'à récupération complète. Les modèles utilisés induisent une hypersensibilité à certaines stimulations, reflétant les symptômes étudiés. Les animaux conservent leur mobilité et leur accès libre à la nourriture et à l'eau. Les manipulations peuvent générer un léger stress, limité par une habituation progressive des animaux à l'expérimentateur et à l'environnement de test avant le début des expériences. Les effets liés aux manipulations et aux chirurgies sont modérés et transitoires. Les phénotypes douloureux induits, bien que persistants par nature, restent d'intensité modérée et font l'objet d'une surveillance quotidienne.

Devenir

À l'issue des expériences, les animaux sont euthanasiés sous anesthésie profonde afin de permettre le prélèvement et l'analyse des tissus cérébraux. Cette étape est indispensable pour vérifier que la région du tronc cérébral ciblée a bien été atteinte lors de la chirurgie stéréotaxique.

Remplacement

Les objectifs de ce projet nécessitent d'étudier simultanément la sensibilité à la douleur, les performances motrices, la fatigue et les comportements émotionnels dans un organisme vivant et vigile. Ces dimensions ne peuvent pas être reproduites par des approches in vitro ou in silico, qui ne permettent pas de rendre compte de l'intégration de ces différentes composantes par un système nerveux central intact. Par ailleurs, la région cérébrale étudiée n'a été identifiée et caractérisée que chez les mammifères, ce qui ne permet pas d'utiliser des organismes non-mammifères. L'utilisation de la souris est en outre indispensable car elle permet, grâce à une lignée transgénique spécifique, de cibler sélectivement les neurones de cette région (ce qui n'est pas réalisable avec d'autres espèces à ce jour).

Réduction

Les expériences sont conçues de façon à utiliser le nombre minimal d'animaux nécessaire. Ce nombre a été calculé au plus juste en s'appuyant sur les données disponibles dans la littérature scientifique et sur des méthodes statistiques reconnues, tout en tenant compte des variations naturelles entre individus. Afin d'éviter toute expérience inutile, une phase préliminaire permet d'identifier les tests et les moments les plus pertinents avant de réaliser les expériences principales, limitant ainsi le nombre total de manipulations. Enfin, les expériences sont réalisées par petites séries successives, avec des bilans réguliers permettant d'arrêter dès que les résultats obtenus sont suffisants (sans nécessairement utiliser le nombre maximal d'animaux prévu.

Raffinement

Les souris sont hébergées en petits groupes dans des cages enrichies, contenant des tunnels, du coton, des bâtonnets à ronger et du matériel de nidification, afin qu'elles puissent se reposer, explorer et exprimer des comportements naturels. Avant toute expérience, les animaux sont habitués progressivement à l'expérimentateur, aux salles et aux dispositifs de test, afin de réduire le stress pouvant être associé à un environnement nouveau ou aux manipulations. Les interventions chirurgicales sont réalisées sous anesthésie et analgésie, et l'état de chaque animal est surveillé attentivement après l'intervention pour vérifier sa bonne récupération. Une alimentation enrichie est mise à disposition durant cette période. Les sessions expérimentales sont courtes et espacées de périodes de repos afin d'éviter la fatigue. Des seuils limites stricts sont appliqués lors des tests impliquant des stimulations afin d'éviter toute exposition excessive. Des points limites sont définis pour chaque procédure afin de garantir le bien-être des animaux : tout animal les atteignant ou présentant des signes de détresse fait l'objet d'une interruption immédiate des expériences et d'une prise en charge vétérinaire. L'état général de chaque animal est surveillé quotidiennement tout au long du projet. Toute nouvelle méthode validée permettant d'améliorer le confort des animaux ou de réduire la douleur sera intégrée au projet dès qu'elle sera disponible.

Choix des espèces

Le protocole requiert des souris génétiquement modifiées permettant de cibler spécifiquement les neurones de la zone étudiée ; cette ressource n’existe pas de façon équivalente dans d’autres espèces utilisables. Les études exigent des systèmes nerveux matures : les animaux seront adultes (en général ≥ 8 semaines en début de procédure, et ≤ 12 mois en fin de procédure), afin d’éviter les effets liés au développement ou au vieillissement.

  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
    • Système nerveux
Rats : 192
Souffrances
 -
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 192
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Devenir
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 -
 192

Pour reproduire chez le rat la neuropathie douloureuse provoquée par les chimiothérapies anticancéreuses, 192 rats reçoivent huit injections intraveineuses d'anticancéreux sur vingt-cinq jours, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, tous tués à l'issue. Ils développent au fil des injections une allodynie, une douleur déclenchée par un contact normalement indolore, évaluée chaque semaine par des tests tactiles et thermiques. Le porteur qualifie cette induction de nuisance "indispensable à la conduite de l'étude". Un prélèvement sanguin final précède la mise à mort, destinée à des analyses sanguines et tissulaires.

Objectifs

La neuropathie périphérique chimio-induite est un effet indésirable caractéristique des anticancéreux neurotoxiques utilisés dans le cancer du sein, le cancer colorectal, le cancer du poumon. Cette neuropathie se manifeste par des désordres sensitifs dans les mains et les pieds (fourmillements, picotements et douleur), altérant la qualité de vie des patients et pouvant persister longtemps après la fin des traitements anticancéreux. La prise en charge thérapeutique reste très limitée, avec notamment aucun traitement préventif, et des traitements peu efficaces pour traiter les douleurs associées. Des travaux récents menés au sein de notre équipe de recherche ont mis en évidence l’activation de processus inflammatoires dans nos modèles animaux de neuropathie chimio-induite, et l’identification de potentielles cibles thérapeutiques pour atténuer les douleurs associées à cette neuropathie. Néanmoins, il reste difficile à ce stade d’identifier des anomalies inflammatoires communes à l’ensemble de ces modèles de neuropathie (différents types d’anticancéreux neurotoxiques), ce qui limite l’identification de cibles thérapeutiques robustes. L’objectif général de ce projet sera donc d’approfondir ces résultats préliminaires en explorant la neuroinflammation dans le contexte des neuropathies périphériques chimio-induites, à l’aide de modèles animaux harmonisés (en particulier en termes de durée de traitement) et validés, dans la perspective d’identifier et d’étudier de nouvelles cibles thérapeutiques.

Bénéfices attendus

Ce projet propose d’étudier la neuroinflammation dans les neuropathies périphériques chimio-induites chez l'animal dans la perspective d’identifier de potentielles cibles thérapeutiques permettant de prévenir oui traiter les neuropathies périphériques chimio-induites. Rappelons qu’à ce jour la prise en charge des neuropathies périphériques chimio-induites est très limitée, avec aucune stratégie préventive recommandée et seule un médicament avec un niveau de recommandation modérée pour le traitement des douleurs neuropathiques associées. Ainsi ce projet pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de traitement et de prévention des neuropathies périphériques chimio-induites.

Procédures

Tous les animaux des modèles de neuropathie périphérique chimio-induite recevront des injections intraveineuses (anticancéreux ou véhicule de l’anticancéreux) sous sédation légère. Le nombre total d’injections sera de 8 sur 25 jours, et pour une durée des injections de 10 secondes (max). Tous les animaux seront suivis par des tests comportementaux hebdomadaires et jusqu’à la fin des injections. Les tests comportementaux dureront en moyenne 5 à 10 min par animal. Il n’y aura aucun prélèvement sanguin durant les procédures. Un seul prélèvement sanguin total sera réalisé en fin de procédure sous anesthésie profonde (isoflurane à 4%) et avec analgésie, à la suite de quoi les animaux seront mis à mort.

Impact sur les animaux

L’induction de la neuropathie périphérique chimio-induite chez l’animal sera une nuisance à part entière, mais indispensable à la conduite de l’étude. Les injections intraveineuses d’anticancéreux seront réalisées avec une sédation légère. La neuropathie périphérique chimio-induite sera associée à des désordres nociceptifs qui seront évalués dans le cadre du projet (test mesurant l’allodynie tactile et thermique) et qui se développeront au fur et à mesure des injections d’anticancéreux. L’allodynie est une réponse douloureuse à un stimulus qui ne l’est pas en condition normale. L’allodynie est mesurée grâce à un stimulus non douloureux tactile (von frey électronique) ou thermique (immersion de la patte à 10°C) et qui sera perçu comme douloureux. La mesure de l’allodynie offre un critère de jugement plus éthique que l’hyperalgésie (application d’un stimulus douloureux, ex : pression de la patte ou application de température nociceptive à 0 ou 4°C). De plus, l’allodynie est caractéristique de la douleur neuropathique en clinique chez l’homme. Les administrations répétées d’anticancéreux seront responsables d’une réduction du gain de poids des animaux. Le poids des animaux sera suivi régulièrement dans le cadre des administrations d’anticancéreux (dose en mg/kg et mesure bi-hebdomadaire), et permettra de contrôler la tolérance des animaux aux anticancéreux. Comme la douleur neuropathique est étudiée dans ce projet, il ne sera pas possible de mettre en place une analgésie continue chez l’animal. Les réponses nociceptives sont objectivables chez l’animal lors des tests nociceptifs (ici de l’allodynie), mais les animaux ne présentent habituellement pas de réponses douloureuses spontanées ou lors de la manipulation des animaux. Il est important de rappeler que, pour ce type d’étude avec des tests comportementaux, les animaux doivent conserver un très bon état général (activité spontanée, comportement), car des altérations sévères de l’état général biaiseraient la qualité des résultats obtenues avec les tests comportementaux.

Devenir

Les expérimentations conduiront à la mise à mort des animaux pour permettre des analyses biologiques sanguines et tissulaires afin d'optimiser l'emploi des animaux à des fins de recherche

Remplacement

Ce type d'étude sur modèle animal de neuropathie périphérique chimio-induite n'est pour le moment pas encore remplaçable par des modèles in vitro. Des travaux sont en cours sur cellules souches humaines de neurones ou organoïdes. Mais ces modèles in vitro ne permettent pas encore d'appréhender la complexité de la physiopathologie des neuropathie périphérique chimio-induite, qui n'est-elle-même pas encore complètement élucidée. Enfin, s'agissant d'une étude sur la douleur neuropathique, l'animal vivant est encore nécessaire pour explorer, évaluer et valider les troubles nociceptifs par l’intermédiaire de tests comportementaux.

Réduction

Le nombre d’animaux sera limité à 12 par groupe et par sexe, afin de respecter le principe de réduction tout en garantissant la robustesse scientifique de l’étude. Dans ce type d’étude exploratoire, une diminution plus importante du nombre d’animaux ferait courir un risque élevé de ne pas pouvoir conclure, ce qui entraînerait une perte de valeur scientifique et une utilisation inutile des animaux. Le nombre retenu permet de réaliser des analyses statistiques fiables, fondées sur des tailles d’effet attendues suffisamment larges pour mettre en évidence des différences pertinentes entre les groupes.

Raffinement

Les tests comportementaux ont été choisis car d’une part ils sont les moins douloureux pour les animaux, et d’autre part, ils sont plus proches de la clinique humaine. Ensuite une surveillance renforcée et des points limites précis, ont été établis sur la base d’une solide expérience sur de nos modèles animaux, dans l’objectif de maintenir leur bien-être animal tout au long de l’étude.

Choix des espèces

Le choix du rat plutôt que la souris se justifie d’abord par sa taille, qui permet de prélever une quantité plus importante de matériel biologique par individu et donc de limiter le nombre total d’animaux nécessaires tout en répondant aux objectifs scientifiques. La souche Sprague-Dawley, connue pour son comportement calme et sa bonne maniabilité, est particulièrement adaptée aux tests comportementaux de la douleur, contrairement à des souches plus actives comme Lou ou Wistar qui peuvent introduire davantage de variabilité dans les mesures. L’utilisation de cette souche s’appuie également sur l’expertise existante et des données antérieures au sein du laboratoire, ce qui renforce la robustesse et la comparabilité des résultats. Les animaux seront utilisés à un âge correspondant à de jeunes adultes (environ 9 semaines), ce qui est cohérent avec la plupart des études publiées et facilite la comparaison avec la littérature ainsi qu’avec les données internes. Des mâles et des femelles seront inclus afin de refléter la réalité clinique des traitements par paclitaxel, administrés aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et de prendre en compte d’éventuelles différences liées au sexe dans les réponses aux traitements.

  • Recherche fondamentale
    • Système immunitaire
Souris : 2832
Souffrances
 -
 712
 2120
 -
Devenir
 -
 -
 -
 2832

Deux instillations par jour d'un conservateur de collyre abrasif pendant une semaine, un inducteur de colite dans l'eau de boisson, quatre semaines d'antibiotiques : 2 832 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l'issue. L'objectif est de relier un déséquilibre du microbiote intestinal en début de vie à l'apparition de douleurs oculaires chroniques. Les souris reproductrices, qui ne font l'objet d'aucun prélèvement, sont elles aussi tuées faute de pouvoir être réutilisées. Les pistes thérapeutiques annoncées pour les patients restent renvoyées au long terme.

Objectifs

Après la naissance, le système immunitaire apprend progressivement à faire la différence entre ce qui est inoffensif et ce qui peut etre dangereux pour l’organisme. Cet apprentissage dépend en grande partie du microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries qui vivent naturellement dans l’intestin. Un moment clé de cette maturation est le sevrage, lorsque l’alimentation du nourrisson se diversifie. A cette période, le système immunitaire s’active afin de s’adapter aux nouvelles bactéries présentes dans l’intestin. Cette étape est essentielle pour installer une tolérance immunitaire, qui permet d’éviter des réactions excessives ou dirigées contre les propres tissus du corps. Si le microbiote est perturbé à ce moment critique, par exemple après la prise d’antibiotiques ou en cas de déséquilibre des bactéries intestinales, cet apprentissage peut être altéré. Le système immunitaire devient alors plus susceptible de réagir de manière inappropriée, augmentant le risque de maladies inflammatoires ou auto-immunes plus tard dans la vie. Des travaux récents ont également mis en évidence un lien étroit entre l’intestin, le cerveau et l’œil, appelé axe intestin cerveau œil. Une perturbation précoce du microbiote peut interférer avec le développement normal de la cornée, la surface transparente de l’œil, ainsi que de ses nerfs. Cela peut rendre l’œil plus vulnérable à l’inflammation, qui, lorsqu’elle devient chronique, peut entraîner des douleurs oculaires ou une sécheresse oculaire. Ce projet vise à comprendre comment un microbiote déséquilibré en début de vie perturbe le système immunitaire et favorise l’apparition de douleurs oculaires. A terme, ces connaissances pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements permettant de mieux prévenir et soulager ces troubles, et d’améliorer la qualité de vie des personnes concernées.

Bénéfices attendus

Ce projet vise à mieux comprendre comment le système immunitaire (les mécanismes de défense du corps) agit au niveau de la cornée, la surface transparente de l’œil. En identifiant précisément ces mécanismes, il permettra de mettre en évidence de nouvelles pistes pour développer des traitements plus efficaces. Le projet s’intéresse également au role du microbiote intestinal, l’ensemble des micro organismes vivant dans l’intestin, en particulier lorsqu’il est perturbé très tôt dans la vie. Ces perturbations précoces peuvent avoir des effets durables sur la santé, y compris en dehors de l’intestin. L’objectif est de comprendre comment elles influencent la santé de la surface de l’œil, favorisent l’inflammation et peuvent conduire à des douleurs cornéennes chroniques ou à une sécheresse oculaire. À plus long terme, ces travaux pourraient ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques innovantes, visant à rétablir un bon équilibre des réponses immunitaires, à soulager durablement la douleur et la sécheresse oculaire, voire à prévenir leur apparition. En ciblant les interactions entre le système immunitaire et les nerfs impliqués dans la douleur, ce projet ambitionne d’améliorer significativement la qualité de vie des patients souffrant de douleurs oculaires chroniques ou de maladies inflammatoires associées.

Procédures

Perturbation du microbiote intestinal précoce : Le microbiote intestinal sera perturbé par l’administration d’antibiotiques dans l’eau de boisson pendant 4 semaines, associée à un régime alimentaire dépourvu de fibres. Modèle d’inflammation intestinale (colites) : Un agent inducteur de colite sera administré dans l’eau de boisson pendant 14 jours au total, selon deux cycles successifs de 7 jours. Les instillations nécessiteront une contention de quelques secondes chez l’animal vigile. Les tests comportementaux, réalisés chez des animaux vigiles, impliqueront également des contentions brèves : test d’anxiété (2 sessions de 10 minutes par animal), test de sensibilité mécanique cornéenne (4 sessions de 30 secondes) et test de sensibilité chimique cornéenne (1 session de 30 secondes). Les sessions d’imagerie seront réalisées sous anesthésie générale (4 sessions de 5 minutes), et une euthanasie règlementaire sera effectuée après injection d’anesthésiques et d’antalgiques. Modèle de douleur inflammatoire par instillation d’un conservateur de collyre : La douleur inflammatoire sera induite par des instillations d’un conservateur de collyre abrasif, réalisées deux fois par jour pendant 7 jours, suivies d’instillations biquotidiennes d’un agent pharmacologique (2 fois par jour espacées de 4 heures pendant 7 jours). Les instillations et tests comportementaux nécessiteront des contentions de quelques secondes chez l’animal vigile, selon les mêmes modalités que précédemment (tests d’anxiété et de sensibilité cornéenne). Les sessions d’imagerie (4 × 5 minutes) et l’euthanasie règlementaire seront effectuées après injection d’anesthésiques et d’antalgiques. Thérapie par instillations oculaires : Les traitements topiques (agent pharmacologique ou solvant) seront administrés par instillations oculaires deux fois par jour pendant 7 jours, espacées de 4 heures, une heure après l’instillation d’un conservateur de collyre abrasif chez l’animal vigile. Les modalités de contention, de tests comportementaux et d’anesthésie pour l’imagerie et l’euthanasie seront identiques à celles décrites ci-dessus.

Impact sur les animaux

Les antibiotiques et l’alimentation pauvre en fibres peuvent parfois provoquer une légère perte de poils sur le dos et un ralentissement modéré de la prise de poids. Les substances utilisées pour provoquer une inflammation peuvent entraîner une irritation de l’intestin ou de l’œil, une perte de poids et, plus rarement, la présence de sang dans les selles. Les animaux sont manipulés régulièrement pour l’administration de gouttes dans les yeux, ce qui peut générer un léger stress. Les injections d’anesthésiques ou d’antalgiques peuvent aussi provoquer une gêne brève au point d’injection. L’anesthésie générale comporte un faible risque (ralentissement cardiaque ou respiratoire, baisse de la température corporelle) et, très rarement, un décès. Des réactions locales au site d’injection (rougeur, douleur, petite infection) peuvent apparaître mais restent peu fréquentes. Les examens d’imagerie de l’œil nécessitent une anesthésie générale, ce qui représente un risque léger. Les tests comportementaux peuvent entraîner un stress passager (fatigue ou modification temporaire du comportement). Les traitements testés sont destinés à soulager l’inflammation oculaire. Leur administration est généralement indolore, mais une légère irritation transitoire peut parfois être observée. Les animaux sont surveillés attentivement afin de détecter et limiter tout inconfort.

Devenir

Des prélèvements et analyses post-mortem sont nécessaires, impliquant l’euthanasie des animaux par une procédure réglementaire à l’issue de chaque procédure expérimentale. Tous les animaux inclus dans le champ du projet et soumis aux procédures expérimentales feront l’objet de prélèvements post-mortem et seront euthanasiés. Les femelles reproductrices ne font pas l’objet de prélèvements mais, ne pouvant être réutilisées, sont néanmoins euthanasiées conformément à la réglementation en vigueur.

Remplacement

L’induction et l’étude de la douleur oculaire nécessite un organisme entier. A ce jour, il n’existe aucun système ex vivo ou in vitro permettant d’évaluer la douleur qui est une expérience sensorielle et émotionnelle. Ce projet vise à explorer et comprendre les interactions complexes, dans le temps, entre les cellules du système immunitaire, le microbiote et l’activation des voies nociceptives cornéennes. Il est donc impossible de modéliser de telles interactions in vitro ou in silico. Le modèle de choix est la souris, qui se prête idéalement aux expériences concernant le système immunitaire, le système nerveux et le microbiote intestinal. Bien que les questions soulevées par ce projet visent à mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques mis en jeu au cours de cette pathologie, il est d’abord nécessaire d’élucider ces points clés à travers l’utilisation d’un modèle rongeur.

Réduction

Afin de limiter au maximum le recours aux animaux, le nombre d’animaux inclus dans ce projet a été strictement calculé et optimisé. Sur une durée totale de 5 ans, le projet impliquera au maximum 2 832 souris utilisées dans les procédures expérimentales. Le nombre d’animaux a été déterminé à partir d’études précédentes et de calculs statistiques, afin d’utiliser le minimum nécessaire pour obtenir des résultats fiables. Ces calculs montrent qu’il faut au moins 10 animaux analysables par groupe expérimental. Dans nos expériences, les petits d’une même mère sont considérés comme appartenant à une même “portée”. Comme les frères et sœurs se ressemblent biologiquement, on tient compte de cette particularité dans le calcul du nombre total d’animaux. Le total inclut donc aussi les femelles reproductrices nécessaires pour obtenir suffisamment de petits par groupe. En moyenne, une mère donne naissance à environ 5 souriceaux. Ainsi, pour disposer de 10 animaux réellement analysables dans un groupe, environ 12 animaux sont nécessaires au total. Cela explique pourquoi le nombre final d’animaux n’est pas toujours un multiple exact de 10. Afin de réduire encore le nombre total d’animaux utilisés, plusieurs tissus sont prélevés sur chaque animal après euthanasie (œil, nerfs, cerveau, intestin, organes immunitaires). Cette approche permet de réaliser plusieurs analyses complémentaires à partir d’un même animal, sans multiplier les expérimentations. Enfin, les résultats obtenus seront analysés à l’aide de tests statistiques adaptés, afin de garantir une interprétation fiable et objective. Ces analyses permettent de déterminer si les différences observées sont réelles ou dues au hasard, selon des critères reconnus par la communauté scientifique.

Raffinement

Les animaux importes observeront une periode d acclimatation de 5 jours minimum avant le debut des experimentations ainsi que des temps de repos etablis entre les differents actes experimentaux. Les animaux seront heberges dans des cages ventilees en stabulation standard avec enrichissement maison en carton avec nourriture et eau ad libitum. Nous limiterons le nombre de 5 souris maximum par cage et nous eviterons tant que possible l hebergement individuel des animaux. Les conditions d hebergement sont conformes a la reglementation en vigueur. Des points limites ont ete definis et les animaux seront examines quotidiennement par le personnel qualifie de l animalerie et ou les experimentateurs. Toute observation anormale ou point limite atteint sera note dans le logiciel de gestion des animaux et nous suivrons l echelle decisionnelle definie par notre structure du bien etre animal SBEA pouvant mener a l administration d un traitement a decaler dans le temps les actes prevus ou a euthanasier l animal si cela est necessaire. Lors de la gestation et ce jusqu a la fin du sevrage les meres sont placees au nombre de 2 par cage et restent avec les nouveaux nes. La nourriture et l eau de boisson sont fournies ad libitum. La temperature de la zone d hebergement est maintenue a 22 plus ou moins 2 et suit un cycle d eclairage non inverse 12h jour 12h nuit hygrometrie 55 pourcent plus ou moins 10 pourcent. Un systeme d etiquetage associe a des pastilles visuelles permettra d assurer un suivi rigoureux du bien etre des animaux. Pour eviter toute souffrance les procedures chirurgicales se feront sous anesthesie generale associee a un protocole analgesique en pre per et post operatoire. Aucun acte ne sera entrepris avant que l animal ne soit stabilise pour ces differentes constantes. Si un animal anesthesie presentait une detresse respiratoire ou cardiaque ou s il se trouve en hypothermie nous procederons a un arret immediat du protocole en cours et en l absence de retablissement selon le temps defini pour respecter le bien etre animal l euthanasie de l animal sera envisagee. Les tests de la lampe a fente et l imagerie confocale in vivo qui peuvent induire un leger stress et necessitent que l animal soit immobile seront realises sous anesthesie generale.

Choix des espèces

Pour comprendre comment le systeme immunitaire et les bacteries de l intestin (microbiote) interagissent, nous utilisons des souris commerciales non transgeniques. Ces souris sont bien adaptees pour ce type d etude car leur biologie et leur developpement sont proches de ceux de l homme, et les connaissances acquises sont utiles pour mieux comprendre la sante humaine. Elles sont egalement un modele reconnu pour l etude de la douleur oculaire, car leurs yeux et leur cerveau sont similaires a ceux de l homme. Nous utiliserons des souris a differentes etapes de la vie, de la naissance a l age adulte, pour etudier comment les changements du microbiote precoce peuvent influencer les reactions du systeme immunitaire plus tard. Chaque experience durera 14 a 16 semaines maximum, et aucun animal ne depassera l age de 16 semaines. Les stades choisis sont bases sur les connaissances scientifiques, afin de suivre le developpement des animaux sur la duree et comprendre les effets des perturbations du microbiote sur la sante des yeux et du systeme immunitaire a l age adulte.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 3820
Souffrances
 -
 -
 620
 3200
Devenir
 -
 -
 -
 3820

Le nerf sciatique lésé par chirurgie pour installer une douleur neuropathique, 3 820 souris vont être utilisées dans des procédures dont la plupart, 3 200, atteignent un niveau de souffrance sévère. Aucun antidouleur ne peut leur être administré, la sensibilité à la douleur étant le paramètre mesuré, et toutes sont mises à mort à la fin pour ne pas prolonger cette douleur. Le projet étudie un récepteur neuronal comme cible contre les douleurs chroniques, sur la base de résultats déjà publiés et brevetés. Le porteur limite chaque expérience à un mois après la lésion, seule borne posée à une souffrance délibérément entretenue.

Objectifs

Une douleur qui dure plus de trois mois est définie comme chronique et en tant que telle représente un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Les douleurs chroniques affectent environ 20% de la population adulte, et sont pour la plupart résistantes aux traitements thérapeutiques actuels. De plus, l'utilisation de la morphine, molécule de référence pour le traitement de la douleur, est limitée en raison de l'apparition d'effets secondaires et de phénomènes de tolérance. Nous avons démontré que l’activation d’un récepteur neuronale est nécessaire et suffisant pour générer expérimentalement une douleur neuropathique (douleur liées aux nerfs) chez les rongeurs. Plus important encore, nous avons montré que, lorsque l’état de douleur neuropathique était installé, l'inhibition de ce récepteur suffisait à annuler les symptômes douloureux. De plus, nos découvertes récentes étendent le champ d’application aux maladies douloureuses habituellement traitées avec des morphiniques, mais également aux douleurs inflammatoires. Ces résultats ont été publiés et fait l’objet de plusieurs brevets. Dans ce projet, l'implication de ce récepteur, nouvelle cible innovante dans les douleurs chroniques, sera étudiée. De façon plus précise, notre projet s’intéresse à mieux comprendre le rôle de ce récepteur dans différents modèles de douleur et notamment de mieux caractériser son rôle dans les mécanismes de chronicisation douloureuse, de maintien et de récupération, tant au niveau sensoriel qu’émotionnel. Le rôle de ce récepteur sera également étudié en lien avec un récepteur aux opioides dont l’implication a déjà été bien caractérisé dans ces processus.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour but, dans un premier temps, de compléter nos connaissances sur la mise en place de douleur et son maintien, ainsi que d’amener de nouvelles clés à la compréhension des mécanismes autour de la douleur chronique. Ce travail, mené depuis maintenant plusieurs années, nous a déjà permis de mettre en avant un acteur essentiel dans les douleurs provoquées par un dysfonctionnement nerveux, mais surtout une cible potentielle pour de nouveaux composés thérapeutique. Le manque évident de traitement pour ce type de douleur agit comme motivateur principal à ces travaux de recherche. Au vue de l’avancée de cet étude, il convient maintenant d’approfondir nos connaissances sur la mécanistique de ce récepteur et les mécanismes associés à l’apparition et le maintien de la douleur, pour en parallèle avoir la possibilité d’avancer des candidats pré-cliniques pour le traitement des douleurs chroniques et réaliser ensuite des études cliniques chez l’homme.

Procédures

Les animaux pourront être soumis à 3 types de procédures chirurgicales différentes, induisant des douleurs neuropathiques ou inflammatoires. Les deux premières induisent des douleurs neuropathiques chez la souris et portent atteinte au nerf sciatique de manières différentes en fonction de la procédure, ces interventions durent entre 5 et 10 minutes et se font sur animaux anesthésiés par inhalation. La quatrième se fait également sur la souris et induit une douleur inflammatoire par une simple incision de la voûte plantaire, cette intervention dure 5 minutes et se fait sur animaux anesthésiés par inhalation.

Impact sur les animaux

La sensibilité étant le paramètre étudié aucun anti-douleur ne peut être utilisé dans ce projet. Cependant, les procédures comprenant une anesthésie par inhalation (voir 5.6.1) seront précédées par l’application d'un spray d’un anesthésique local à 5%, qui sera étalé sur la zone d’injection ou de chirurgie. D’autre part, des tests de toxicologie in vitro sont systématiquement réalisés sur nos composés avant tout test sur l’animal pour garantir la sûreté de nos produits. Aucun des composés déjà testés n’ont montré de problème de toxicologie, ni l’apparition d’effets secondaires sur l’animal. De ce fait, la douleur induite par nos différents modèles sera la seule nuisance pour les animaux. En cas de troubles comportementaux, les animaux seront euthanasiés sans délai afin de prévenir toute souffrance inutile. En cas de lésions dues à des attaques entre les animaux, ceux-ci seront séparés et/ou le milieu enrichi par ajout d’igloo. Si les attaques continuent et/ou les lésions sont trop importantes ou douloureuses pour l’animal, celui-ci sera euthanasié sans délai.

Devenir

La douleur chronique étant étudiée, et donc induite, chez ces animaux, le devenir de ceux-ci en fin de procédure expérimentale sera systématiquement la mise à mort afin de ne pas prolonger inutilement la douleur. Aucun placement ou mise en liberté n’est donc prévu pour ce projet.

Remplacement

A ce jour, il n'y a pas de modèles non animaux permettant d'étudier les mécanismes du système nerveux impliqués dans la transition entre douleur aiguë (court terme) et douleur chronique (long terme). Les effets pharmacologiques des molécules utilisées sur la chronicisation douloureuse, l'analgésie et l'état émotionnel, doivent être évalués au travers de systèmes intégrés par différents tests comportementaux, qui viennent appuyer et confirmer les données obtenues par des approches cellulaires. Il est donc indispensable d'avoir recours à des investigations sur l'animal afin de proposer des alternatives thérapeutiques pour une amélioration de la prise en charge de la douleur. La souris étant un mammifère dont la physiopathologie est proche de l'Homme, cette espèce sera utilisée dans le cadre du projet.

Réduction

Le nombre de souris par lot a été déterminé sur la base d’expérimentations précédentes réalisées. Ce nombre a été confirmé par le calcul de puissance via une analyse a priori à l’aide d’un logiciel.

Raffinement

Précédent chaque expérimentation, une habituation de minimum une semaine est réalisée au cours de laquelle les animaux sont placés dans la pièce expérimentale pendant minimum 1h et exposés aux différents tests sans application du stimulus. Cela permet aux animaux de s’habituer à l’environnement et à l'expérimentateur limitant ainsi l’impact du stress (angoisse) lié à la procédure expérimentale. Ces périodes d’habituation sont fondamentales afin d’assurer une reproductibilité des tests et donc de limiter l’hétérogénéité des animaux, réduisant ainsi le nombre d’animaux utilisés. Par ailleurs, afin de limiter la douleur chez les animaux, toute expérience est limitée dans le temps (maximum 1 mois après la lésion). Un animal partage sa cage avec les autres animaux de la même portée ; ils bénéficient également d'un enrichissement du milieu de leur cage (copeaux, igloos en plastique, bâtonnets de cellulose). Un suivi hebdomadaire de l’animal sera mis en place où seront relevés : le poids de l’animal, l’aspect de son pelage, ses comportements ainsi que sa vitesse de respiration. Ces paramètres pourront nous indiquer les potentiels soins à apporter aux animaux.

Choix des espèces

La souris étant un mammifère dont la physiopathologie est proche de l'Homme, cette espèce sera utilisée dans le cadre du projet. Les souris utilisées seront adultes et auront entre 6 et 12 semaines afin que les animaux ne soient ni en croissance ni en phase de vieillissement.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 3100
Souffrances
 -
 -
 3100
 -
Devenir
 -
 -
 -
 3100

Une douleur chronique et un état anxio-dépressif sont installés chez 3 100 souris, qui subissent deux chirurgies sous anesthésie générale espacées de deux semaines, un jeûne de 24 heures et un isolement de 24 heures. Les procédures impliquent un niveau de souffrance modéré et se terminent par une chirurgie terminale, tous les animaux étant tués. Le porteur écrit que cette douleur et ce phénotype "ne peuvent pas être soulagées car c'est l'objet de l'étude", tout en détaillant par ailleurs habituation, enrichissement et points limites. Les cerveaux sont prélevés pour comprendre pourquoi certains patients résistent à une neurostimulation déjà en essai clinique chez l'être humain.

Objectifs

La douleur chronique est étroitement liée aux troubles émotionnels et constitue la première cause d’invalidité dans le monde, impactant fortement la qualité de vie des patients. Elle représente également un enjeu socio-économique majeur, avec des coûts estimés à plus de 800 millions d’euros en Europe. Environ 30 % des personnes souffrant de douleur chronique développent des troubles anxieux ou dépressifs, soulignant la nécessité de stratégies thérapeutiques plus efficaces et adaptées. Cette étude vise à évaluer l’impact de la neuromodulation du cortex moteur et du cortex cingulaire antérieur comme approche thérapeutique sur un modèle murin de douleur associée à un état anxio-dépressif. Le protocole de stimulation utilisé est directement inspiré d’essais cliniques en cours chez l’humain, incluant deux modalités distinctes de neurostimulation, afin de favoriser la transposabilité des résultats. Ce projet financé par l’UE vise à adopter une approche de reverse translationnelle, c’est-à-dire partir des observations cliniques pour orienter les études précliniques. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes d’action impliqués et, à terme, d’améliorer les stratégies thérapeutiques. Les données cliniques préliminaires obtenues par nos collaborateurs indiquent une efficacité potentielle de ces approches, bien que certains patients demeurent résistants au traitement. Le recours à un modèle animal se justifie par la nécessité d’explorer les mécanismes neurobiologiques responsables de cette variabilité de réponse, d’identifier précisément les structures cérébrales et les populations neuronales impliquées et, in fine, d’optimiser les protocoles de neuromodulation pour une application clinique améliorée. Inscrit dans une démarche de recherche translationnelle, ce projet vise à rapprocher les modèles expérimentaux des pratiques cliniques. Il permettra de mieux comprendre les mécanismes d’action, les voies de signalisation impliquées et d’affiner les paramètres de stimulation. À terme, ces connaissances contribueront à orienter les choix thérapeutiques des cliniciens et à améliorer la prise en charge des patients souffrant de douleur chronique et de troubles émotionnels.

Bénéfices attendus

Cette étude vise à approfondir la compréhension des mécanismes neurobiologiques impliqués dans deux protocoles de neuromodulation actuellement en phase d’essais cliniques, dans le but d’en optimiser l’efficacité thérapeutique et, in fine, d’améliorer la prise en charge des patients présentant une douleur chronique associée à des troubles émotionnels.

Procédures

- Les animaux sont soumis à une douleur chronique avec développement de troubles anxio-dépressifs. - Les niamux subissent deux chirurgies espacées de 2 semaines. - Les chirurgies se déroulent sous anesthésie générale pour une durée maximale d’1h. - Les animaux subissent 3 tests évaluant la douleur (15 minutes en moyenne - stimulation courte de maximum 20 secondes) et 6 tests évaluant l'anxio-dépression (durée de 5 minutes par test). - Les animaux subissent un jeûne unique de 24h pour un test comportemental et un isolement unique de 24h pour un autre test avec un délai minimal d’une semaine entre les 2 tests. - Les animaux subissent une chirurgie terminale pour prélèvement de tissus sous anesthésie profonde pour une durée de 10 minutes.

Impact sur les animaux

- La présence de la douleur et l’apparition du phénotype anxio-dépressif chez le modèle animal sont inévitables et ne peuvent pas être soulagées car c'est l'objet de l'étude. - Suite à la chirurgie, une légère difficulté dans les déplacements des animaux est attendue mais qui disparaît rapidement dans les 24 à 48h. - La douleur post-chirurgicale est aigue, transitoire et inflammatoire. - Les animaux subissent un stress aigu ainsi qu’une douleur transitoire et de faible intensité lors des tests de comportement.

Devenir

A la fin des procédures, les animaux sont mis à mort et le tissu cérébral est prélevé pour des analyses post-mortem.

Remplacement

Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in sillico. En effet, l’étude de la douleur et de la comorbidité anxio-dépressive nécessite une observation comportementale, uniquement possible chez un animal vivant et vigile.

Réduction

Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. Le nombre d'animaux a été déterminé pour obtenir des résultats statistiquement valides tout en se basant sur des données de la littérature, de notre expérience et de la variabilité phénotypique interindividuelle.

Raffinement

Les animaux sont hébergés en groupe sociaux de 3 à 5 individus pour respecter leurs besoins sociaux. Des carrés de coton seront placés dans la cage pour favoriser la nidation, et des barreaux de bois à ronger pour limiter les comportements d’agressivité. Avant le début des procédures et sur une période d’une semaine, les animaux sont manipulés quotidiennement par l’expérimentateur et acclimatés à l'environnement où les tests se dérouleront afin de réduire l'état de stress et d'angoisse chez l'animal. Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Durant les chirurgies, des méthodes d’anesthésie et d’analgésie sont systématiquement utilisées. Un suivi post-chirurgical rapproché sera réalisé. Des points limites sont mis en place pour l’ensemble des procédures expérimentales. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec la SBEA (structure chargée du bien-être des animaux) pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.

Choix des espèces

Ce projet sera réalisé sur le modèle animal - Souris adulte (à partir de l'âge de 8 semaines post-naissance). Il nous est indispensable de travailler sur un modèle animal, social, entier avec un système neurobiologique mature afin d’être dans les conditions les plus proches de la complexité humaine. Le modèle murin adulte présente une forte homologie structurale du cerveau avec l’Homme le rendant incontournable dans la recherche en neurosciences.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 630
Rats : 330
Souffrances
 -
 120
 390
 450
Devenir
 -
 -
 -
 960

Le nerf sciatique est lésé chirurgicalement pour installer une douleur mécanique persistante que le porteur reconnaît ne pas pouvoir soulager par des analgésiques sans compromettre ses objectifs. 960 souris et rats vont être utilisés, par groupes d'au plus quinze, tous tués pour que leur système nerveux central soit prélevé, dont 450 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Après l'opération, les animaux se déplacent difficilement pendant deux à trois jours. L'objet est de cartographier les circuits reliant la perception de la douleur au contrôle du mouvement, et le porteur situe l'enjeu dans une douleur chronique qui touche 20 à 30 % de la population humaine, sans avancer de retombée clinique plus précise.

Objectifs

La douleur chronique peut résulter d’une inflammation persistante ou d’une lésion du système nerveux, impliquant des mécanismes périphériques et/ou centraux. Elle constitue un problème majeur de santé publique, affectant environ 20 à 30 % de la population mondiale. De plus, elle s’accompagne très fréquemment d’un risque accru de développement de troubles moteurs, ce qui représente un enjeu majeur en santé publique. Les mécanismes neuronaux sous-jacents à cette comorbidité douleur–troubles moteurs restent encore largement inconnus, d’où la nécessité d’études précliniques approfondies. De nombreuses recherches se sont concentrées sur changements induits par la douleur dans les neurones de la moelle épinière, mais peu d'attention a été accordée aux composantes cérébrales. Pourtant les mêmes régions du cerveau et les mêmes composants neurochimies sont impliquées dans le mouvement et la perception de la douleur. Le but de ce projet est de caractériser les circuits neuronaux impliqués dans la perception de la douleur et le contrôle du mouvement.

Bénéfices attendus

Les bénéfices de cette étude concernent la caractérisation d'un circuit impliqué dans la douleur et les troubles moteurs associés, qui peut être traité et surveillé par des techniques non invasives telles que la stimulation magnétique transcrânienne. À court terme, ce projet chez la souris et le rat est mené parallèlement à une étude chez l’humain utilisant la stimulation magnétique transcrânienne. Dès que les expériences sur les rongeurs apportent des réponses sur l'anatomie et la fonctionnalité du circuit d'intérêt, il sera possible d’adapter les protocoles de stimulation chez l'homme de manière plus fine et plus sûre. L'objectif final de ce projet est donc de caractériser les circuits responsables de l’effet de la stimulation magnétique transcrânienne chez les rongeurs, afin d’améliorer cette technique pour le traitement de la douleur chez l’humain. L’innovation réside dans le ciblage de circuits ou de systèmes de médiateurs chimiques intervenant simultanément dans ces pathologies douloureuses et leurs comorbidités motrices. Ces douleurs comprennent non seulement une composante sensorielle, mais aussi émotionnelle et cognitive, qui peuvent entraîner le développement de pathologies graves lorsqu’elles persistent. La sensibilisation à la douleur provoque ainsi une dégradation générale de la qualité de vie et un coût économique important (arrêts de travail, consultations médicales, prise en charge complexe des patients). Notre projet vise à décrire les mécanismes précis de ces interactions dans les régions corticales et le locus coeruleus, voie de sortie qui régule la transmission sensorielle dans et vers la moelle épinière. Ce sont ces mécanismes, partiellement communs aux douleurs et aux troubles psychomoteurs associés, qui seront la cible de traitements tels que la stimulation magnétique transcrânienne.

Procédures

Un premier ensemble d’animaux sera utilisé pour des études visant à décrire l’organisation et le fonctionnement général des circuits nerveux impliqués. Les animaux recevront des injections ciblées (d’une durée d’environ 30 minutes par animal), puis seront euthanasiés dans les 30 à 60 minutes suivantes afin de réaliser des analyses sur des tissus cérébraux. Un deuxième ensemble d’animaux sera consacré à l’étude de situations de douleur persistante. Après l’induction de la douleur (durée 10 à 20 minutes), les animaux feront l’objet d’une évaluation comportementale (10 à 30 minutes), suivie de mesures réalisées sous anesthésie générale (2-4 heures). Un troisième ensemble suivra un protocole similaire, avec une intervention supplémentaire préalable visant à moduler l’activité d’une structure cérébrale impliquée dans la régulation de la douleur et du mouvement. Cette manipulation permettra d’analyser les effets de cette modulation sur les réponses observées chez les animaux dans la demi-heure à l’heure suivante. Enfin, un dernier ensemble d’animaux sera utilisé pour étudier les effets de cette modulation sur l’activité du système nerveux au niveau de la moelle épinière, après réalisation des procédures prévues (durée de 1 a 4 heures selon la procédure).

Impact sur les animaux

Le modèle de douleur neuropathique par lésion du nerf sciatique est particulièrement adapté à ce projet, car il induit une allodynie mécanique persistante, caractéristique des douleurs neuropathiques chroniques. Ce modèle est classé en sévérité sévère, en raison de la douleur persistante induite, qui ne peut être soulagée par des traitements analgésiques sans compromettre les objectifs scientifiques du projet. À la suite de la chirurgie, une altération transitoire des déplacements des animaux peut être observée. Cette difficulté est attendue et disparaît généralement dans un délai de 48 à 72 heures après l’intervention. Les effets indésirables potentiels associés à ce modèle sont les suivants : 1) une douleur liée à l’acte chirurgical et à la phase de récupération post-opératoire immédiate, prise en charge par une analgésie adaptée ; 2) un risque infectieux associé à la chirurgie, limité par le respect strict des règles d’asepsie et une surveillance quotidienne des animaux ; 3) un risque de perte de poids et d’hypothermie consécutif à l’intervention chirurgicale, faisant l’objet d’un suivi régulier et de mesures correctives si nécessaire..

Devenir

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque intervention expérimentale. Leur système nerveux central sera prélevé et utilisé pour l’une des études suivantes, en lien avec les objectifs scientifiques du projet : – des études anatomiques visant à caractériser les connexions entre les zones d’intérêt ; – des analyses de l’activité neuronale des zones d’intérêt ; – des contrôles histologiques permettant de vérifier les sites d’enregistrement électrophysiologique ou de stimulation électrique.

Remplacement

La souris et le rat sont les espèces de choix pour étudier le système nerveux des vertébrés, ce qui fournit des informations très facilement transposables à l'homme. L’utilisation combinée de rats et de souris dans nos protocoles se justifie par les différences anatomiques et fonctionnelles existant entre ces deux espèces, notamment au niveau des régions corticales d’intérêt. Cette approche comparative permet une meilleure compréhension de l’organisation et du rôle fonctionnel de ces structures chez l’humain, en particulier dans le cadre des troubles moteurs associés à la douleur. Pour vérifier et valider le concept du projet dans des approches plus intégrées, il est nécessaire d’utiliser des approches ex vivo et in vivo avec des animaux de façon à observer le cerveau en fonctionnement. Le recours au modèle animal est indispensable aucun modèle in vitro (cellules ou tissus) ne peut reproduire les conditions des pathologies étudiées

Réduction

Dans cette étude, la réduction du nombre d’animaux est prise en compte tout en conservant une signification scientifique statistique (hétérogénéité inter-individuelle), le nombre des animaux utilisées dans chacun des groupes expérimentaux ne dépassera pas ainsi 15 animaux par condition expérimentale. Nous avons adopté des mesures visant à réduire le nombre d'animaux lié à leur mode production : en utilisant pour la réalisation de ce projet tous les animaux quel que soit leur sexe (i.e. mâle et femelle). La force de notre hypothèse, les expériences pilotes précédentes ainsi que la qualité de nos procédures basées sur des années d'expérience, nous permettront de réduire significativement le nombre d'animaux utilisés. Le nombre d'animaux a été calculé par l'estimation de la variance observée avec ce type de donnée permettant d'atteindre une signification statistique. Nous utiliserons des tests statistiques appariés

Raffinement

Tous les protocoles sont optimisés afin de réduire au maximum le stress et la douleur des animaux. Les interventions chirurgicales sont réalisées sous anesthésie gazeuse, conformément aux procédures décrites. Les animaux sont surveillés quotidiennement par l’expérimentateur, avec une attention renforcée après les interventions chirurgicales et jusqu’à la fin de l’expérimentation. Cette surveillance inclut notamment la réhydratation, le maintien de la température corporelle et la mise en place de soins vétérinaires si nécessaire. Les animaux naissent dans l’animalerie de l’établissement, qui bénéficie d’un haut statut sanitaire. Ils sont hébergés en cages collectives sur racks ventilés, équipées d’une litière permettant l’expression de comportements naturels de fouissage, ainsi que d’un enrichissement environnemental composé de nids végétaux et de tubes en carton favorisant le jeu et le comportement de rongement. Leur bien-être est contrôlé par la cellule dédiée au bien-être animal de l’animalerie. Les soins et la surveillance quotidienne sont assurés par un personnel qualifié et expérimenté, avec une vigilance particulière lors des phases de récupération suivant les procédures invasives. Des points limites sont définis pour chaque intervention afin de prévenir toute souffrance inutile. Des mesures précoces et spécifiques sont mises en place en cas d’apparition de signes de souffrance ou d’altération de l’état général. En l’absence d’amélioration malgré ces mesures, une euthanasie est réalisée afin d’interrompre toute souffrance. Dans toutes les procédures où cela est possible, des mesures analgésiques appropriées sont appliquées. Pour les procédures ne permettant pas l’administration d’analgésiques, une surveillance renforcée est assurée et les points limites définis garantissent une prise en charge rapide de la douleur.

Choix des espèces

La souris et le rat adultes sont les espèces choisies pour les études sur le système nerveux central des vertébrés. L’organisation du système nerveux central de ces deux espèces présente de fortes similitudes avec celle de l’homme, ce qui permet d’extrapoler les résultats obtenus afin de mieux comprendre les mécanismes cellulaires et comportementaux. Les propriétés neuroanatomiques et physiologiques de la souris et du rat sont comparables à celles d’autres mammifères, dont l’être humain, rendant les enseignements tirés de leur étude largement transférables. L’utilisation conjointe de ces deux modèles est essentielle, car certaines différences anatomiques et fonctionnelles permettent d’explorer de manière complémentaire les circuits neuronaux d’intérêt. La souris est particulièrement adaptée aux études optogénétiques et à la possibilité de cibler précisément des populations neuronales spécifiques. Le rat, quant à lui, est souvent privilégié pour certains enregistrements moteurs périphériques, sa taille plus importante facilitant l’accès et la manipulation des structures nerveuses. Ainsi, la combinaison des deux espèces offre une approche plus complète et robuste pour l’étude du système nerveux.

  • Recherche fondamentale
    • Organes sensoriels
    • Système nerveux
Rats : 720
Souffrances
 -
 -
 -
 720
Devenir
 -
 -
 -
 720

Injectés de cellules cancéreuses puis soumis à des chimiothérapies, 720 rats vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère, tous tués à l'issue pour prélèvement d'organes. Chaque animal reçoit une injection hebdomadaire de la molécule à tester pendant six à huit semaines, sous la peau, dans une veine ou dans le canal rachidien, et son hypersensibilité est mesurée chaque jour, la sensibilité thermique trois fois au cours de l'étude. L'objectif déclaré est de fixer la dose et la fréquence optimales d'un candidat médicament dont le porteur indique qu'il a déjà montré son efficacité in vitro et in vivo. Tout traitement antalgique reste proscrit une fois le modèle de douleur établi, alors que le porteur décrit par ailleurs une acclimatation, un enrichissement des cages et une grille de score censés limiter la souffrance.

Objectifs

Les cancers qui touchent 18 millions de personnes par an dans le monde conduisent chez plus de 50% des patients à des douleurs chroniques. Les douleurs chroniques liées aux cancers sont de type neuropathique et/ou inflammatoire et sont soit induites par la tumeur et les métastases soit provoquées par les traitements du cancer. La prise en charge de ces douleurs est difficile car elles sont persistantes et rebelles aux traitements usuels. Les médecins sont donc démunis devant les patients en souffrance, d’où la nécessité de trouver de nouvelles cibles et stratégies thérapeutiques. Le projet consiste à tester l’efficacité d’une molécule médicament que nous venons de développer pour traiter différents types de douleurs liées aux cancer. Notre molécule médicament a déjà démontré son efficacité pour le traitement des douleurs chroniques dans une étude in vitro et in vivo préalable. Aujourd’hui notre objectif est de tester in vivo son efficacité pour soulager les douleurs chroniques liées aux cancers et de déterminer la dose et la fréquence optimales du traitement. Des injections de la molécule médicament seront effectuées sur 2 types de modèle de douleurs liées aux cancers : les douleurs cancéreuses liées à une tumeur et les douleurs consécutives à une chimiothérapie.

Bénéfices attendus

Les bénéfices attendus de ce projet sont de démontrer l’efficacité de notre molécule thérapeutique pour soulager les douleurs liées aux cancers et nous espèrons ainsi pouvoir proposer une nouvelle piste thérapeutique pour les patients atteints de cancer qui souffent de douleurs chroniques conséquentes à cette maladie. Les résultats précliniques de ce projet pourront soutenir la mise en place d’un essai clinique avec cette molécule.

Procédures

Il est prévu d’utiliser 720 rats pour ce projet. Les animaux seront soumis à deux types d’intervention : des injections de cellules cancéreuses et des chimiothérapies. Notre molécule thérapeutique, dont nous souhaitons évaluer l’efficacité pour soulager les douleurs chroniques liées aux cancers, sera injectée une fois par semaine soit en sous-cutané soit en intraveineux soit en intrathécal durant 6 à 8 semaines. Chaque type d'injection dure entre 2 à 3 min par animal. Les animaux seront anesthésiés pendant les injections. Une surveillance post-injection sera assurée par l’expérimentateur et les zootechniciens. Les animaux seront ensuite observés quotidiennement au cours de l'expérimentation et nous utiliserons une grille de score d'évaluation de la douleur et/ou souffrance pour évaluer l'état général et la douleur des animaux. Différents paramètres sont observés tels que l'apparence, l'alimentation, le comportement naturel et la respiration. Les animaux seront pesés et leur hypersensibilté sera évaluée quotidiennement à l'aide de tests de référence, la duré de ces gestes techniques est de maximum 4 min par animal. La sensibilité thermique aux températures sera quant à elle évaluée trois fois au cours de l’expérience, en début, après induction de la douleur et en fin de l’étude. Cette dernière évaluation dure 3 minutes par animal. Les jours où la sensibilté thermique est évaluée, les tests d'hypersensibilité ne sont pas réalisés.

Impact sur les animaux

Ce projet porte sur la douleur est nécessite l’utilisation de procédures sévères pour induire des douleurs neuropathiques et/ou inflammatoires. Il est donc attendu que les animaux présentent des symptômes de sensibilité douloureuse. L’objectif du projet étant l’évaluation du soulagement de ces symptômes douloureux par notre molécule médicament, l'utilisation de médicaments anti-douleur suite à l'établissement du modèle de douleur est proscrite. Une surveillance post-injection sera assurée par l’expérimentateur et les zootechniciens. En effet, une tuméfaction au point d’injection des cellules cancéreuses pourrait apparaitre.

Devenir

A l’issue de chaque procédure, les animaux sont euthanasiés et les organes seront prélevés pour analyses.

Remplacement

- Remplacer : la douleur est une réponse de l’organisme entier face à une agression. Ce phénomène ne peut donc être étudié autrement qu’en utilisant l’organisme entier lui-même. Il n’est actuellement pas possible de remplacer le modèle animal pour ce type d'analyse. Néanmoins, il est possible d’étudier in vitro certains mécanismes utilisés par la réponse douloureuse et c’est ainsi que nous avons pu identifier le gène cible du traitement. Nous développons un modèle in vitro de cellules souches humaines différenciées en neurones sensoriels pour mieux comprendre le fonctionnement de notre gène cible dans les neurones de la douleur. Cependant, pour étudier le rôle de cette molécule dans la réponse douloureuse globale, le recours à l’animal est obligatoire.

Réduction

- Réduire : le nombre de rats utilisé sera réduit au minimum afin de limiter l’utilisation d’animaux vivants mais de manière à avoir des effectifs compatibles avec les tests statistiques utilisés. Le nombre d’animaux par lot est basé sur la littérature où un effet statistiquement significatif est mis en évidence à partir d’un seuil de 6 mâles et 6 femelles par lot. L’étude nécessitant de nombreuses cohortes associé au fait que notre étude précédente avec cette molécule médicament donnait des résultats très homogènes dans un même lot, nous avons choisi de constituer des lots de 6 animaux par sexe pour réduire au maximum le nombre d’animaux et respecter la règle des 3R.

Raffinement

- Raffiner : pour limiter l’angoisse due aux tests pratiqués, une acclimatation est réalisée durant laquelle les animaux à leur arrivée sont laissés 5 jours dans les cages pour qu’ils s’habituent aux locaux de notre animalerie. Durant une semaine, les animaux sont ensuite manipulés et présentés aux différents appareils de tests comportementaux qui seront utilisés dans l’étude, mais aucun test n’est pratiqué, afin que les animaux s’habituent à l'expérimentateur ainsi qu’aux différents équipements de test. Cette étape d'habituation permet aux animaux de s’habituer à l’environnement, à l'expérimentateur et de limiter le stress lié à la procédure. Les cages auront un enrichissement du milieu. Ce milieu est constitué d’un tunnel cylindrique pour procurer un sentiment de sécurité à l’animal, du papier cartonné pour stimuler les instincts naturels de nidification et de jeu et des copeaux de pin pour réchauffer les rats en cas d’hypothermie. Les points limites sont répertoriés dans une grille de score d’évaluation avec une notation de 0 à 2 pour chaque point limite. Un suivi journalier des animaux sera effectué. En cas de score égal ou supérieur à 4, une observation attentive de l’animal sera effectuée et des soins appliqués lorsque cela est possible. Un animal avec un scoring entre 4 et 6 est observé de manière attentive c’est à dire 4 fois par jour par l’expérimentateur et l’équipe de zootechnie jusqu’à 3 jours. Si aucune amélioration n’est observée les animaux sont sortis du projet et euthanasiés par asphyxie au CO2. Les animaux avec un score inférieur à 4 sont observés 1 fois par jour, tous les jours. Et les animaux avec un scoring supérieur à 6 sont sortis du projet et euthanasiés par asphyxie au CO2.

Choix des espèces

Pour l'étude pharmacologique, la formulation chimique de notre molécule médicament est spécifique du génome du rat et de l’homme et nécessite des tests comportementaux chez le rat plutôt que chez la souris pour l'obtention de résultats transposables à l'homme. Ce projet nécessite d’utiliser des animaux au stade adulte qui correspond au stade d’expression optimale de notre cible thérapeutique. Tous les animaux arriveront au sein de l’animalerie au stade post-natal de 5 semaines. Ce stade a été déterminé par nos expériences antérieures. En effet, en arrivant à 5 semaines au laboratoire et après la période d’acclimatation et d’habituation, les animaux sont alors à un stade adulte de 6,5/7 semaines adéquat pour la réalisation des différentes procédures.

  • Recherche fondamentale
    • Système gastrointestinal
    • Système immunitaire
Souris : 650
Souffrances
 -
 -
 -
 650
Devenir
 -
 -
 -
 650

Une grille de score décide du moment de la mise à mort des souris dont la diarrhée devient sanglante, qui se déshydratent, maigrissent fortement et se recroquevillent de douleur. 650 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue pour prélèvement d'organes. Une rectocolite hémorragique leur est provoquée par une molécule dissoute dans l'eau de boisson pendant six jours, ou une maladie de Crohn par injection sous anesthésie, avant mesure de la perméabilité intestinale et prises de sang tous les trois jours. Le porteur écrit qu'aucun traitement anti-inflammatoire ni anti-douloureux n'est possible, "car le but du modèle est d'induire une inflammation".

Objectifs

Les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) telles que la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn sont des maladies évoluant par poussées inflammatoires de durée et de fréquence extrêmement variables en fonction des patients, alternant avec des phases de rémission. En France, plus de 200 000 personnes sont atteintes d'une MICI et 2,5 millions en Europe. De plus, il est reconnu que l’inflammation chronique est un facteur de risque de survenue de cancer, notamment au niveau du colon. Aujourd’hui, nous ne disposons pas de traitements permettent de maintenir durablement l’homéostasie intestinale. Dans ce projet, nous souhaitons évaluer l’effet d’approches pharmacologiques, nutritionnelles ou de thérapies cellulaires sur l’inflammation chroniques intestinales et leurs mécanismes d’action dans des modèles de MICI chez la souris permettant d’étudier le développement des MICI dans un contexte physiologique.

Bénéfices attendus

Ce projet nous permettra d’évaluer l’effet des traitements (approches pharmacologiques, nutritionnelles ou thérapies cellulaires) et d’identifier des stratégies thérapeutiques contre les MICI

Procédures

Dans ce projet, nous souhaitons évaluer l’effet d’approches pharmacologiques, nutritionnelles ou de thérapies cellulaires sur l’inflammation chroniques intestinales et leurs mécanismes d’action dans des modèles de maladies inflammatoires digestives (rectocolite hémorragique ou une maladie de Crohn). La stratégie expérimentale consiste à induire une rectocolite hémorragique par une molécule dissoute dans l'eau de boisson ad libitum sur 6 jours ou une maladie de Crohn induite par une injection sous anesthésie (10 min) et évalué pendant 3 jours. Les traitements sont administrés soit par injection sur animaux vigiles (intervention de 10s) ou injection sous anesthésie (10 min), soit par voie orale 1 fois par jour (intervention de 10s) ou ad libitum. Selon les traitements, ils seront donnés 3 jours avant l’induction du modèle de MICI, en même temps ou 3 jours après le début du modèle de MICI. Nous évaluerons la perméabilité intestinale un jour avant l'induction des modèles et 3 jours après en administrant par injection (intervention 10s) d’une molécule fluorescente non toxique que nous rechercherons dans le sang après 4h (prélèvement de sang sous anesthésie 1min). Les animaux seront suivis journalièrement afin de mesurer leur poids, de prélever les selles et les urines (1 min lors de la préhension des animaux) et assurer une surveillance. Du sang pourra être prélevé sous anesthésie (1min) tous les 3 jours pour suivre l’effet des traitements. Une grille d'évaluation permet au personnel en charge de la surveillance et/ou du suivi des procédures d'évaluer de manière objective la douleur chez l’animal et de mettre en place des mesures pour limiter leurs souffrances.

Impact sur les animaux

Les modèles de rectocolite hémorragique (RCH) et la maladie de Crohn, tout comme les signes cliniques observés chez l'homme, entrainent des diarrhées qui vont devenir sanglantes au cours du traitement, pouvant entrainer une déshydratation et un fort amaigrissement et ainsi le décès de l’animal. Les animaux peuvent présenter des signes de cachexie, des signes de douleurs en se recroquevillant et en limitant leurs déplacements. Bien que les animaux soient habitués à la préhension, leur manipulation pour les injections ou pour le prélèvement d’urine et de selles peuvent stresser les animaux. Toutes les administrations en dehors de la douleur de l'aiguille ne présentent pas de nuissances particulières lorsqu'elles sont correctement effectuées. Une attention particulière sur les signes de douleurs sera portée. Pour les administrations par voie orale, irritation de l'oesophage avec possible perte de poids par manque d'alimentation seront à surveiller. Pour les injections, le point d’injection sera désinfecté et surveillé journalièrement. Les prélèvements de sang seront alternés d’un côté et de l’autre. Aucune nuisance des produits administrés ou injectés n'est attendue du fait de leur innocuité.

Devenir

A la fin des procédures, les animaux seront mis à mort ce qui permettra de réaliser différents prélèvements d’organes

Remplacement

Nous testerons plusieurs approches pharmacologiques, nutritionnelles ou de thérapies cellulaires qui sont susceptibles de moduler l’inflammation au cours de la progression des MICI. Il n’est pas possible de remplacer ces animaux car les mécanismes de la réponse immunitaire et de l'inflammation sont complexes et nécessitent la mobilisation de différents effecteurs cellulaires de l’immunité qui ne peuvent pas être mimés par une approche de culture cellulaire. Les souris nous permettront d’étudier ces mécanismes dans leur contexte pathologique que nous ne pouvons pas réaliser par d’autres approches.

Réduction

Les traitements pour les approches pharmacologiques ou nutritionnelles , auront été présélectionnés via des résultats préliminaires basés sur des tests in vitro qui permettent d’appréhender les effets potentiels d’une molécule. Cette démarche permet de sélectionner les molécules et de limiter le nombre d’animaux utilisé. Concernant la thérapie cellulaire, l’effet immunomodulateur et anti-inflammatoire des cellules utilisées pour la thérapie cellulaire aura été validé préalablement in vitro. Cependant, les mécanismes de l’inflammation sont complexes et nécessitent la mobilisation de différents effecteurs cellulaires qui ne peuvent pas être mimés par une approche de culture cellulaire. Les souris nous permettront d’étudier ces mécanismes dans leur contexte pathologique que nous ne pouvons pas réaliser par d’autres approches. Les expériences sont organisées de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux, en tenant compte des expériences déjà réalisées au laboratoire. Le modèle est bien maitrisé au laboratoire. Chaque animal est observé journalièrement. Les résultats actuels ont permis de valider des groupes d’animaux constitués de 6 à 10 individus pour acquérir des données fiables (projet antérieur ayant reçu l’accord du comité d’éthique et du ministère) et permettre une étude statistique. Un suivi individuel des animaux est réalisé afin de receuillir le maximum de données et de garantir la fiabilité des données. Des analyses post mortem sur différents organes seront réalisées afin d'obtenir le plus d'informations possibles sur les animaux.

Raffinement

L’expérimentation fait l’objet d’une procédure de suivi du bien-être des animaux adaptée à l’expérience et aux potentiels effets indésirables des procédures sur l’état de santé global des animaux. Les conditions d’hébergement permettront de conserver le comportement social des souris et de limiter le stress par l’enrichissement (papier pour la nidification, tunnel). Ceci permettra de limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse de l’animal. Les expériences sont organisées de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux en collectant le plus de données possibles. Il n’y a pas de possibilité de réaliser un traitement anti-inflammatoire ou anti-douloureux car le but du modèle est d’induire une inflammation. L'anesthésie par inhalation pour les actes nécéssitant une contention pouvant stresser l'animal et une analgésie locale en collyre seront utilisées pour les traitements intra_veineux. Les animaux anesthésiés seront maintenus jusqu'au réveil sur un support chauffant. Nous avons noté lors de protocoles précédents que les souris se recroquevillaient suite aux douleurs abdominales. Afin d’éviter la déshydratation des animaux, des biberons avec des embouts longs sont disposés au-dessus des cages permettant d’éviter aux souris de trop se relever. Les croquettes seront mises au fond de la cage afin de faciliter la prise alimentaire. Plusieurs sources d’enrichissement dans la cage (tunnel, papier) permettront d'améliorer leur environnement et leur confort d'hébergement. Une grille de scoring est utilisée afin d’évaluer précisément la douleur chez nos animaux permettant d'éviter toutes souffrances inutiles.

Choix des espèces

La souris offre la possibilité de développer de nombreux modèles mimant les pathologies humaines. Les modèles de maladies inflammatoires digestives utiliseés dans ce projet permettent de mimer la physiopathologie dans toute sa complexité. Ce modèle nous permettra d'étudier l'impact de traitements tant au niveau physiologiue que au niveau cellulaire avec toutes les populations présentes (cellules de la muqueuse digestive, les cellules immunitaires...). Adultes, souris âgées de plus de 8 semaines afin d'avoir des souris avec un système immunitaire mature.