Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Données ajoutées au fil de l’eau au moins une fois par semaine
Effets de l’âge de la mère sur le phénotype comportemental et la neuroendocrinologie du stress de la progéniture chez la souris glaneuse
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
À trois et cinq jours de vie, chaque petit est séparé de sa fratrie et de son nid pendant 45 secondes pour mesurer la chute de sa température corporelle, un test dont le porteur reconnaît qu'il peut conduire, dans de rares cas, à un infanticide de la part de la mère. Après le sevrage, les juvéniles passent des tests d'exploration d'un environnement complexe et de sociabilité face à un congénère inconnu enfermé dans une petite cage, et les mères restent seules onze jours. 240 souris glaneuses vont être utilisées, 210 petits et 30 mères, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les mères sont tuées 39 jours après la mise bas et les juvéniles à 50 jours de vie, pour prélever leur cerveau et doser leurs hormones de stress, l'espèce ayant été retenue parce que l'âge de ses mères varie naturellement selon la saison de naissance.
Objectifs
Les effets de l’âge maternel sur les traits de personnalité et sur le fonctionnement du système de réponse au stress chez les jeunes ont rarement été étudiés chez les modèles animaux. Nous souhaitons approfondir ce sujet en utilisant des tests comportementaux plus proches des conditions naturelles de vie des animaux. Ces tests reflètent, d’une part, la capacité d’exploration d’environnements complexes, et d’autre part, leur tendance à établir des interactions sociales positives et non agressives avec des congénères du même âge (appelées interactions affiliatives). Nous explorerons également les effets de l’âge maternel sur le fonctionnement du système de réponse au stress, en mesurant les concentrations d’hormones du stress (appelées corticostéroïdes) dans les fèces et dans le sang des progénitures, et en évaluant le fonctionnement de ce système (appelé contrôle neuroendocrinien) à travers l’expression des gènes codant pour les récepteurs des corticostéroïdes dans le cerveau. De manière plus ciblée, nous nous demanderons si les jeunes qui étaient relativement les plus lourds et les plus légers de la portée au début de leur vie et qui selon d’autres études, diffèrent souvent en termes de personnalité, peuvent être affectée de manière différentielle par ces effets possibles de l'âge maternel. Pour cela, nous observerons systématiquement, dans chaque portée, deux petits relativement les plus lourds et deux relativement les plus légers (un mâle et une femelle dans chaque groupe). Nous vérifierons également si les petits relativement plus légers, au cours de leur première semaine de vie, se trouvent plus souvent à la périphérie du nid, une zone généralement moins chaude, comme cela a été observé chez d’autres espèces de petits mammifères. Plus important encore, nous comparerons les capacités de ces petits à maintenir leur température corporelle (performances thermogéniques), en mesurant la baisse de température de leur peau durant un bref isolement à l’aide d’une caméra thermique. Enfin, pour mieux comprendre les mécanismes en jeu, nous comparerons les différences de comportement et de réponse au stress entre les mères jeunes et âgées. Nous établirons ainsi le profil comportemental des mères en répétant des tests standards permettant d’évaluer leur personnalité, et nous mesurerons à la fois leurs niveaux d’hormones de stress et l’expression des gènes des récepteurs des corticostéroïdes dans leur cerveau.
Bénéfices attendus
Le projet prévu devrait apporter une contribution significative à nos connaissances sur les effets de l'âge des mères sur les caractéristiques de leurs petits. Premièrement, les résultats du projet pourront aider à mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent l’apparition de différences de personnalité entre les individus, et leur lien avec la façon dont chacun réagit au stress. Cela inclut notamment le rôle du système hormonal de régulation du stress, aussi appelé système neuroendocrinien, dans le cerveau. Pour cela, nous utiliserons des tests biologiquement pertinents, c’est-à-dire proches des conditions naturelles, qui permettront de mesurer la capacité des jeunes à explorer un environnement complexe, ainsi que leur sociabilité. Plus important encore, ce projet nous permettra de mettre en évidence l’effet de l’âge de la mère sur ces comportements et sur le fonctionnement du système de réponse au stress chez les petits, un aspect encore peu étudié. Deuxièmement, nous étudierons les différences entre les mères jeunes et âgées, à la fois dans leur comportement (activité, tendance à explorer ou à prendre soin de leurs petits), et dans leur fonctionnement hormonal lié au stress (paramètres neuroendocriniens). Cela nous permettra de mieux comprendre comment l’âge de la mère influence son comportement et ses réponses hormonales, ainsi que les conséquences possibles sur le développement de ses petits. Troisièmement, les résultats de notre étude peuvent contribuer à notre compréhension des mécanismes conduisant à des différences de personnalité saisonnières chez les animaux nés tard ou tôt dans la saison de reproduction. En effet, dans des conditions naturelles, les mères nées en début de saison sont souvent plus âgées (car elles ont survécu à l’hiver), tandis que celles nées en fin de saison sont souvent plus jeunes (nées plus tôt la même année). L’âge de la mère pourrait donc être l’un des facteurs expliquant ces différences de personnalité chez les jeunes, un phénomène déjà fréquemment observé dans des études menées dans des conditions naturelles.
Procédures
Tous les tests sont effectués sur des animaux vigils, et la plupart des tests sont des tests comportementaux sur des jeunes après le sevrage et sur des mères. La seule exception est un test effectué sur des petits aux jours 3 et 5 postnataux, au cours duquel on quantifie la baisse de la température corporelle pendant la séparation (performance thermogénique dans le TEST DE CHALLENGE THERMIQUE). Lors du sevrage (jour postnatal 28), les juvéniles sont répartis en deux catégories : les animaux focaux (groupes de 4 par portée) et les animaux non focaux (les individus restants de cette portée). Les animaux focaux seront soumis à six tests d'une durée totale de 35 minutes. Tout d'abord, le TEST DE CHALLENGE THERMIQUE aux jours postnatals 3 et 5 (45 secondes chacun ). Aux jours postnatals 35 et 45, ils subiront le TEST D'EXPLORATION D'UN ENVIRONNEMENT COMPLEXE d'une durée de 5 minutes chacun. Les jours postnatals 36 et 46, ils subiront le TEST DE SOCIABILITE, qui durera au total 12 minutes par test. Les animaux non focaux subiront six à sept tests, d'une durée totale de 29 à 26 minutes. Comme les animaux focaux, ils subiront le TEST DE CHALLENGE THERMIQUE aux jours postnataux 3 et 5 (45 secondes chacun). Après le sevrage, ces animaux serviront de partenaires dans le TEST DE SOCIABILITE, vers les jours postnataux 36 et 46. Ils seront donc introduits dans l'une des petites cages fermées pour se familiariser (2 minutes) et seront ensuite confrontés à un animal focal non familier du même sexe et âge, qui explorera l'arène et les cages (5 minutes). Chaque animal non focal participera à 4-5 confrontations de ce type. Les mères seront soumises à quatre tests comportementaux d'une durée totale de 20 minutes : Les jours 30 et 38 post-partum, les mères subiront, au cours de chacun de ces jours, des tests de comportement permettant d’étudier leur personnalité. En outre, le comportement maternel sera filmé à travers les parois en plastique transparent de la cage, au cours des jours postnatals 2, 4 et 6. Il s'agira d'une procédure totalement non invasive, car les mères n'en seront pas conscientes. Une fois l'expérimentation terminée, les animaux sont euthanasiés par une méthode réglementaire. Les animaux focaux et non focaux juvéniles au jour postnatal 50 et les mères au jour postpartum 39.
Impact sur les animaux
Les tests comportementaux que nous utilisons sur les juvéniles après le sevrage (aux jours postnataux 35, 36 et 45, 46) et sur les mères peuvent être considérés comme peu invasifs. Les tests répétés sur les juvéniles et les mères peuvent imposer un certain niveau de stress. Pendant le TEST DE SOCIABILITE, le partenaire (même sexe, même classe d'âge mais non familier à l'animal focal) sera dans une petite cage, ce qui peut imposer une certaine augmentation des niveaux de stress social. De brèves séparations des petits de leur mère, comme cela a été le cas lors du TEST DE CHALLENGE THERMIQUE (stress thermique, hébergement individuel) les jours 3 et 5, peuvent, dans de rares cas, conduire à un infanticide de la part de la mère. De plus, les petits se refroidissent inévitablement, bien que légèrement, au cours de ce bref test de 45 secondes. En outre, les mères seront maintenues seules (hébergement individuel) dans leur cage pendant 11 jours après le sevrage des jeunes (jour 28) jusqu'à l’euthanasie des mères (jour 39), période pendant laquelle les mères seront soumises à des tests comportementaux individuels répétés. Le fait d'être gardées seules, même pour une courte période de 11 jours, peut potentiellement avoir un impact négatif sur leur bien-être en fonction de cet hébergement individuel.
Devenir
Une fois les expérimentations terminées, les juvéniles (210 individus, au jour postnatal 50) et toutes les mères (30 mères, au jour postpartum 39) seront euthanasiées pour collecter post-mortem des échantillons pour des études physiologiques et moléculaires.
Remplacement
Les effets de l'âge maternel sur l'émergence de différences individuelles constantes dans le comportement (différences de personnalité) et sur les paramètres neuroendocriniens chez leur progéniture, ainsi que les différences de comportement et de paramètres neuroendocriniens entre les mères jeunes et âgées ne peuvent être évaluées par d’autres moyens que ceux où l’utilisation d’animaux est requise. S’agissant d’une étude sur le comportement et sur la neuroendocrinologie des individus, il n’est pas possible de se passer des animaux.
Réduction
Selon notre hypothèse, la cause sous-jacente des différences potentielles de personnalité entre les descendants de mères jeunes et de mères âgées sont les effets de l'âge maternel, qui trouvent donc leur origine au niveau maternel. Il est donc nécessaire de tester un nombre suffisamment important de mères, c'est-à-dire 15 portées de mères jeunes et 15 portées de mères âgées. Cependant, il est également nécessaire de tester plusieurs jeunes par portée afin de dissocier les effets de facteurs tels que le sexe et la masse corporelle relative de la progéniture, qui peuvent également influencer l'émergence de différences de personnalité. En particulier, nous émettons l'hypothèse que la progéniture relativement plus légère sera différemment affectée par les effets de l'âge maternel sur le développement de sa personnalité et sur ses paramètres neuroendocriniens que la progéniture relativement plus lourde. Il est même possible que ces effets soient spécifiques au sexe. Nous avons donc décidé de tester 4 jeunes par portée, 2 mâles (lourd et léger) et 2 femelles (lourde et légère). Cette stratégie nous permettra également de garder les 4 frères et sœurs ensemble dans un groupe après le sevrage, ce qui est favorable du point de vue du bien-être des animaux. En outre, nous aurons besoin d'un nombre minimum de portées pour nous garantir d’avoir toujours suffisamment de partenaires du même âge et non-familiers pour les tests de sociabilité, pour lesquels les jeunes excédentaires et non-focaux (autres que les 4 individus focaux par portée) seront utilisés. La taille de l'échantillon nécessaire pour obtenir des résultats fiables (au total nous utiliserons : 210 petits et 30 mères donnant 240 animaux expérimentaux) a été calculée à l'aide d'un test de puissance statistique. Des analyses statistiques seront utilisées pour analyser nos données pour une interprétation fiable des résultats. Pour ce faire, nous utiliserons des tests statistiques, qui vont servir à tester les répétabilités des mesures comportementales et à analyser les effets de l’âge maternel, du sexe et de la masse corporelle relative des petits sur l’émergence de leur personnalité.
Raffinement
Des enrichissements environnementaux (boules de coton pour la construction du nid, rouleaux en carton à ronger) sont fournis aux animaux à tout moment, aux couples reproducteurs ainsi qu'aux jeunes après le sevrage. Après le sevrage, les animaux expérimentaux sont gardés en groupes (frères et sœurs de la même portée), ce qui leur assure un environnement social stable. Ils sont répartis en un groupe de 4 (animaux focaux, et en un groupe de 3 restants en moyenne (non-focaux) utilisés comme partenaires dans le TEST DE SOCIABILITE. Dans le cas d'une portée de 5, le seul jeune restant (non focal) sera mis en commun avec les individus restants (non focaux) d'une autre portée. À cet âge, cela ne pose généralement pas de problème, mais nous contrôlerons quotidiennement tout signe d'agression ou de détérioration du bien-être dans ces cas (blessures, comportement anormal, isolement par rapport aux autres individus). Tous les transferts d'animaux d'une cage à une autre ou vers un dispositif d'essai sont effectués sans manipulation directe, mais à l'aide d'une petite boîte dans laquelle l'animal est encouragé à entrer. Les différents tests comportementaux auxquels sont soumis les animaux (jeunes entre jours 35-46, et mères entre jours 30-38 post-partum) sont brefs et peu invasifs (5-10 minutes par jour) et donnent généralement aux animaux la possibilité d'adopter une solution comportementale qui leur convient. Lorsque les jeunes sont séparés de leurs frères et sœurs et de leur nid pendant le TEST DE CHALLENGE THERMIQUE effectué aux jours 3 et 5, les séparations sont brèves, 45 secondes au maximum, et les changements de température sont en principe minimes, comme nous l’avons montré dans une étude précédente utilisant une méthode similaire. En outre, avant de séparer les petits individuellement, nous vérifions par l'observation comportementale qu'aucun des petits n'a été séparé de la portée (et donc potentiellement refroidi). Enfin, seuls quatre petits sont testés, et ceux qui restent dans le nid (au moins deux petits) ne sont pas seuls et peuvent donc se blottir les uns contre les autres pour se réchauffer. Dans le cas d'une portée de seulement 5 petits, nous ne testerons que 2 petits dans ce TEST DE CHALLENGE THERMIQUE, de sorte que 3 petits resteront ensemble dans le nid. Afin de prévenir efficacement un éventuel infanticide par la mère lors de son retour au nid, nous utiliserons des gants ne portant que l'odeur de la portée en question.
Choix des espèces
La souris glaneuse a, dans des conditions naturelles, une durée de vie très courte. Seuls les juvéniles nés pendant les mois d'été survivent à l'hiver. Pour cette raison, le schéma suivant se dessine : Au printemps, toutes les femelles qui se reproduisent sont primipares mais sont les vieilles femelles (environ 7-9 mois) nées au cours de l'année précédente. Plus tard au cours de la saison de reproduction, les mères sont principalement nées au cours de la même année (c'est-à-dire, des mères plus jeunes). Il existe des différences distinctes dans l'âge maternel au printemps et en été chez cette espèce. Notre projet utilise ce phénomène intéressant de l'histoire de vie de cette espèce, et explorera dans une étude en laboratoire si les différences d'âge maternel conduisent à des différences de personnalité chez la progéniture. Aux jours 3 et 5 de la période postnatale, alors que les petits dépendent fortement du regroupement avec leurs frères et sœurs pour se thermoréguler, nous quantifierons les performances thermogéniques individuelles des petits issus de mères jeunes et âgées, en comparant notamment les individus positionnés plutôt au centre et à la périphérie de la portée. De tels effets ne peuvent être testés que tôt dans la vie, durant la première semaine postnatale. Plus tard, entre les jours postnatals 35 et 46 (stade juvénile, avant la maturité), nous testerons la tendance des animaux à explorer un environnement complexe et leur sociabilité à l'égard de congénères non familiers du même sexe. Des études antérieures ont montré qu'il est approprié de tester les animaux de cette espèce à ces jours, car ils sont généralement très motivés pour explorer des environnements nouveaux et interagir avec d'autres individus du même âge de la même portée mais aussi d'autres portées.
Enseignements sur des modèles murins de neuropharmacologie et d’endocrinologie destinés aux étudiants en Pharmacie de 3ème année
- Enseignement supérieur
1 200 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, non pour produire des connaissances mais pour initier des étudiants en pharmacie à l'expérimentation animale. Elles reçoivent des injections de substances psychoactives puis, pour une partie, de la streptozotocine qui les rend diabétiques, avant des tests comportementaux et un suivi de glycémie. Le porteur indique euthanasier les animaux à l'issue, l'état des souris diabétiques se dégradant et aucune autre utilisation n'étant prévue. Il qualifie ces travaux pratiques d'"incontournables" et affirme qu'il n'existe pas d'équivalent in vitro.
Objectifs
Le projet vise à initier les étudiants en 3ème année de Pharmacie à l’expérimentation animale qui fait partie des études précliniques lors du développement d'un médicament. Il aborde aussi le concept de modèle animal de pathologie humaine. Les aspects éthiques, techniques et scientifiques de cette démarche expérimentale sont abordés au travers de différents travaux pratiques, en pharmacologie (réalisation de tests comportementaux chez la souris saine) et en physiologie (modèle animal de diabète dans le domaine de l’endocrinologie).
Bénéfices attendus
Ces TPs à destination d’étudiants engagés dans une formation orientée sur la santé et le médicament sont incontournables pour plusieurs raisons. 1- La phase préclinique de développement de candidats-médicaments est une étape règlementaire et obligatoire pour recevoir son Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). La réalisation de tests comportementaux non invasifs permet aux étudiants pharmaciens d’avoir un aperçu de l’utilité de cette phase pour déterminer l’efficacité de molécules qu’ils seront, un jour, amenés à délivrer en officine. 2- Lors de cette phase préclinique, les molécules peuvent être testées sur des modèles animaux de pathologies humaines. L'industrie pharmaceutique ou la recherche académique, dans laquelle les étudiants pourront travailler, utilisent des modèles reconnus dans les différents domaines thérapeutiques. 3- Les TPs proposés permettront de sensibiliser les étudiants à la bonne conduite de ces expériences c’est-à-dire le respect et la mise en pratique des 3R. Ils illustrent ces points dans le cadre de l’exploration de fonctions intégrées (comportement, métabolisme), exploration accessible chez l’animal dans des modèles de référence des domaines psychiatriques et métaboliques
Procédures
Toutes les interventions sont réalisées sur animaux vigiles pour les besoins de l'exploration et car elles sont minimes. Lors des TP de Pharmacologie, les animaux seront soumis à une injection intrapéritonéale d'une substance psychoactive ou d'un placebo avant la réalisation de tests comportementaux se déroulant sur 2h . Lors des TP de Physiologie, les animaux recevront une injection intrapéritonéale de glucose puis des prélèvements d'une goutte de sang, toutes les 15 min pendant 1h15. Le volume de sang est minime, la mesure étant réalisée avec des glucomètres à bandelette tels que ceux utilisés par les patients diabétiques. Il ne s'agit pas d'une prise de sang. Ainsi, tous les animaux seront soumis, au total, à 2 injections, une batterie de tests comportementaux et un suivi de glycémie. Un sous-groupe d'animaux recevra également une injection de streptozotocine.
Impact sur les animaux
Les nuisances comportent des injections intrapéritonéales qui sont espacées dans le temps. Le TP de Pharmacologie et celui de Physiologie sont espacés de 2 mois. Pour ce dernier TP, le délai entre l'induction du diabète de type 1 par injection de streptozotocine et son exploration par injection de glucose est fixé à 2 semaines, point le plus précoce rapporté dans la littérature pour l’induction d’une hyperglycémie qui est la mesure d’intérêt pour ce TP. Si l’hyperglycémie entraine très rapidement une polyurie et une polydipsie, en revanche, les complications dégénératives du diabète se développent progressivement. Ces effets indésirables ne se développeront pas car les animaux seront euthanasiées avant.
Devenir
Dans l'ordre chronologique, les animaux suivent un protocole de neuropharmacologie basé sur des tests comportementaux puis un protocole de physiologie métabolique mesurant la tolérance au glucose. L'innocuité du 1er protocole permet de réutiliser les animaux dans le 2nd. A l'issue de l'exploration métabolique, les animaux sont euthanasiés. En effet, certains sont rendus diabétiques et leur état de santé se dégraderait inévitablement. De plus, aucune autre utilisation à des fins d'enseignement ou de recherche n'est prévue.
Remplacement
Les différentes méthodes expérimentales seront réalisées chez la souris en l’absence d’alternative possible. 1. Concernant la réalisation de tests comportementaux, le recours à l’animal est indispensable pour mesurer les réactions comportementales induites suite à l’administration de médicaments psychoactifs. Il n’existe pas de test équivalent in vitro ou in silico. Les tests comportementaux utilisés dans ce TP chez la souris sont de nature à provoquer un stress aigu sensible à l’administration unique de psychotropes (antidépresseurs ou benzodiazépines). En effet, la littérature témoigne de l’efficacité de ces agents pharmacologiques chez des souris. Les tests utilisés présentent donc l’avantage de ne pas avoir besoin de mettre en œuvre un stress chronique pour lesquels la souris développe un phénotype anxio-dépressifs plus marqué et qui est uniquement attenué par des traitements chroniques. 2. Concernant le diabète dont le développement résulte de l’altération d’un système endocrine de communication inter-organes, seul un système intégré, l’animal, peut reproduire les différentes composantes de cette pathologie. De plus, le modèle murin est un modèle validé par la littérature scientifique pour l’étude des effets des psychotropes et du diabète, les animaux peuvent être réutilisés. Par conséquent, aucune mise au point sur d’autres espèces est nécessaire.
Réduction
Des travaux pratiques destinés à initier les étudiants en pharmacie à l’expérimentation animale sont réalisées à la faculté des Sciences Pharmaceutiques depuis plusieurs années. Un nouveau protocole qui est l'objet de la présente demande a été élaboré afin de ne plus recourir à l’application de stimuli douloureux : désormais, les étudiants réaliseront des tests comportementaux afin de déterminer les effets anxiolytiques ou anti-dépresseurs de deux molécules en comparaison au placebo. Ces TP de Pharmacolgie s’inscriront en complément des cours magistraux du module de « Neuropsychiatrie », abordant notamment la physiopathologie et la sémiologie des maladies psychiatriques, et les différentes classes de médicaments associées. Par rapport à l’ancien protocole, le nombre d’animaux utilisés dans ce nouveau projet a été limité dans la mesure du possible, avec un total de 240 souris contre 324 pécedemment. Par ailleurs, pour ce premier TP, les étudiants travailleront en trinômes et non plus en binômes : il s’agit donc du nombre minimum de souris pour que tous les étudiants puissent manipuler. De plus, les explorations étant non invasives, les animaux seront réutilisés pour un 2ème enseignement pratique. Ainsi, pour le TP de Physiologie, une partie des mêmes animaux est utilisée pour réaliser un test de tolérance au glucose permettant de mettre en évidence un diabète induit. Ce TP s'articule avec les enseignements du module " Métabolisme et nutrition". Donc, la taille d’effectif déterminée pour le premier enseignement pratique couvre également les besoins du second permettant la réduction du nombre d’animaux par rapport aux multiples objectifs pédagogiques. Le nombre d'animaux est déterminé pour permettre à tous les étudiants de s'initier à cette approche expérimentale dans de bonnes conditions. L'analyse statistique est réalisée à titre pédagogique et ne détermine pas la taille de l'effectif.
Raffinement
Les modèles proposés ont été choisis car ils permettent d’atteindre les objectifs pédagogiques en limitant le plus possible les interventions. Les animaux sont soumis à des injections intrapéritonéales et des prélèvements sanguins minimes. Toutes les interventions, en particulier les injections, sont encadrés par du personnel (enseignants, zootechniciens) formés et expérimentés qui vérifie l'état des animaux après intervention. Pour les tests comportementaux ou métaboliques, l'utilisation d'analgésiques n'est pas envisageable car il est décrit qu'ils modifient l'efficacité des molécules testées ou le métabolisme basal, introduisant un biais dans l'interprétation des résultats. Cependant, si une injection i.p. est associé à une souffrance non attendue, un analgésique fort (buprénorphine) sera administré à l'animal qui sera écarté du protocole et surveillé. En dehors des périodes d'expérimentation, les animaux sont laissés dans leur groupe social, dans un environnement enrichi pour la nidification et sous surveillance quotidienne du SBEA. Pour les animaux rendus diabétiques, une surveillance renforcée et un change plus fréquent sont mis en place, le diabète étant associé à une consommation d'eau importante et des urines abondantes. De plus, un cours magistral d’une heure sera dispensé en amont afin d’informer les étudiants sur les bonnes pratiques d’expérimentation et les aspects éthiques de la recherche expérimentale (notamment la règle des 4R) et leur application au cas particulier des travaux pratiques qu’ils auront à réaliser. En particulier, l’enseignement comportera la compréhension que l’éthique conduit à utiliser le nombre minimal mais nécessaire pour étudier un effet à la puissance statistique désirée.
Choix des espèces
La souris constitue un excellent modèle pour cribler différentes substances psychoactives et notamment pour discriminer les anxiolytiques des antidépresseurs même sans induction d’un état pathologique de type anxiogénique/pro-dépresseur résultant de la répétition de stress chez l’animal pendant plusieurs semaines. De plus, la souris constitue un excellent modèle pour l’étude du diabète et elle est largement utilisé en recherche biomédicale ou lors des essais pré-cliniques. En effet, comme chez l'Homme, un régime hypercalorique induit des altérations du métabolisme conduisant à une obésité et un diabète dit de type 2. Partie Pharmacologie : Jeune adulte, en raison de la maturité du système nerveux central qui est essentielle à l’activité des substances psychoactives agissant sur les circuits neuronaux fonctionnels. Partie Physiologie : Les animaux seront utilisés à l’âge de jeune adulte (à partir de 7 semaines jusqu’à 4 mois) car les modèles de pathologies étudiées sont, le plus souvent, des pathologies acquises.