Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées : 257 projets autorisés en mars 2026 (01/04/2026)
Evaluation in vivo de l’impact d’une bithérapie anticancéreuse innovante sur le système immunitaire et recherche d’applications en immunologie clinique.
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
Objectifs
Objectif principal : Evaluation de la tolérance d’un traitement anticancéreux sur le système immunitaire chez des animaux. Objectifs secondaires : Evaluation de l’efficacité d’un traitement innovant pour inhiber l’activation de certaines cellules du système immunitaire en vue d’une application dans des situations où ces cellules sont sur-activées (maladies auto-immunes et auto-inflammatoires), évaluation des mécanismes permettant cet effet.
Bénéfices attendus
Ce projet présente 2 bénéfices attendus principaux. Le premier est la poursuite du développement d’un traitement qui pourrait être utilisé chez l’Homme pour le traitement de cancers. La preuve d’efficacité sur des souris a été réalisée en amont, mais l’évaluation de l’effet du traitement sur les défenses immunitaires est indispensable (rôle important de celui-ci dans le cancer) et n’a pas pu être réalisée précedemment (absence de système immunitaire chez les souris étudiées précedemment). Le deuxième objectif est le développement potentiel d’un traitement luttant contre les maladies du système immunitaire, par exemple les maladies auto-immunes.
Procédures
Les animaux seront soumis à 3 types d’interventions : - Mise en place d’une pompe sous cutanée : Le geste sera réalisé sous anesthésie générale et sous traitement contre la douleur, et dure environ 10 minutes par souris. Ce geste sera réalisé sur l’ensemble des animaux (220 animaux), à une seule reprise. Cette pompe sous-cutanée est nécessaire à l’administration continue d’un des traitements à l’étude. - Injections intrapéritonéales et sous-cutanées : Une injection d’un faible volume par seringue sera réalisée au niveau du ventre des souris (injection intrapéritonéale) ou sous leur peau (injection sous-cutanée) afin de leur administrer un autre traitement. Il s'agit d'une procédure vigile durant moins d'une minute par souris. Cette intervention sera appliquée à 220 animaux. - Les souris seront euthanasiées à la fin de l’experimentation (durant 0 à 21 jours), sous anesthésie générale. Cela est nécessaire pour permettre un recueil de sang suffisant pour les analyses qui répondront aux objectifs de l’étude. Immédiatement après la mise à mort, les souris seront autopsiées et leurs organes conservés.
Impact sur les animaux
Les animaux pourraient subir les nuisances et effets indésirables suivants : - Douleur légère à modérée pouvant durer 48h suivant la chirurgie de pose de la pompe sous-cutanée. Chirurgie réalisée sous anesthésie générale puis administration systématique d’antalgiques suivant la chirurgie. - Douleur légère de quelques secondes lors des administrations médicamenteuses par injections sous-cutanées ou intrapéritonéales. - Des effets indésirables des traitements étudiés sont possibles, mais une étude préliminaire a permis de s’assurer de l’absence d’effet indésirable dans les 24 premières heures de traitement, et un ajustement de dose est prévu si un effet indésirable est constaté à forte dose. - Stress léger lors des manipulations quotidiennes (pesées et contentions). - Aucun inconfort n’est prévu au moment de la mise à mort, celle-ci étant réalisée sous anesthésie générale.
Devenir
Les animaux sont mis à mort à la fin de la procédure afin de permettre le prélèvement d’un volume de sang suffisant pour la réalisation des analyses. Cela permet de limiter le nombre de souris nécessaires en optimisant le volume prélevé à chaque souris lors de la mise à mort. Par ailleurs, un prélèvement sanguin si important ne serait pas possible du vivant de la souris. Le stress de l’animal est réduit au minimum par le biais d’une anesthésie générale profonde.
Remplacement
Une étude chez l’animal est nécessaire pour plusieurs raisons : - Aucun modèle experimental en laboratoire ne reproduit avec fiabilité la complexité du système immunitaire, qui est très complexe et interagit avec de nombreux facteurs. L’animal est pour l’instant irremplaçable dans ce champ de la recherche. - La tolérance de l’association thérapeutique à l’épreuve sur le système immunitaire n’est pas connue, et l’objectif final est un transfert à l’Homme de cette bithérapie.
Réduction
Nous avons déterminé le nombre minimal d’animaux pour ce projet en tenant compte de plusieurs exigences : - Le traitement étudié comporte deux composantes, qui doivent être associées pour que le traitement fonctionne, avec une notion de synergie. L’évaluation scientifique d’un traitement synergique nécessite d’évaluer individuellement les deux composantes en plus de les étudier associées, afin de démontrer l’effet synergique entre les deux. - Nous avons choisi d’administrer un agent connu et utilisé couramment, comme contrôle positif en ce qui concerne l’action du traitement à l’étude sur un phénomène biologique appelé la « methylation de l’ADN». Cela impose un groupe supplémentaire. - Plusieurs points de suivi sont nécessaires afin d’évaluer une efficacité et une toxicité temps dépendantes. Chacun de ces points de suivi impose une mise à mort de l’animal, car les analyses permettant de répondre aux objectifs principal et secondaires nécessitent un volume de sang supérieur à ce qu’il serait possible de prélever de manière répétée sans compromettre le bien-être de l’animal. Chacun de ces points nécessite un minimum de 5 souris pour réaliser les calculs nécessaires. Enfin, il est également important d’observer les effets d’un traitement lorsque le système immunitaire est activé. Ainsi 15 souris par groupes recevront une injection contenant un composé connu pour activer celui-ci. Au total, en considérant les 5 groupes à l’étude, les 6 points de mise à mort (dont 1 commun à l’ensemble des groupes), avec 5 souris par point statistique, et en considérant un risque de décès non lié aux traitements de 10% des animaux, un total de 225 souris sont nécessaires à l’étude.
Raffinement
Toutes les mesures seront prises pour limiter les nuisances attendues ou non liées aux manipulations des animaux et aux procédures. Le bien-être animal fera l’objet d’une évaluation bi-quotidienne tous les jours week end compris. Pour limiter le stress, une période d’acclimatation standardisée de 7 jours sera respectée avant la première procédure sur l’animal. Pendant cette période, les animaux seront habitués au contact humain et aux manipulations par le biais de jeux. Les manipulations auront lieu dans un environnement calme et par un manipulateur qualifié pour l’experimentation l’animale, pour le confort de l’animal et pour limiter la durée des manipulations. En cas de douleur ou d’inconfort modéré, un antidouleur simple sera administré. Si la douleur persistait ou semble plus que modérée, un antidouleur plus puissant sera administré. En cas de signe indiquant une douleur sévère définissant un point limite, la souris sera mise à mort pour éviter toute prolongation inutile de sa souffrance.
Choix des espèces
Les souris utilisées (souche C57Bl6) constituent un modèle animal très bien connu, fréquemment utilisé pour les études portant sur de nouveaux médicaments. Les souris seront accueillies au laboratoire à un âge compris entre 6 et 10 semaine.
ONCO-SC-HIS-hydrodynamique : Evaluation de thérapies cancéreuses en immunologie sur des modèles de tumeurs greffées en sous cutané sur des souris humanisées, avec injections hydrodynamiques
- Recherche appliquée
- Cancers
Objectifs
Dans le monde, il est constaté une forte augmentation de l’incidence du cancer du fait du vieillissement de la population et de facteurs environnementaux qui se dégradent. En 2020, 19 millions de nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués avec 10 millions de décès des suites de cette maladie. Selon l’OMS, une personne sur cinq souffrira d’un cancer dans sa vie. 1/8 hommes et 1/11 femmes en décèderont. Le cancer se caractérise par une dégradation du processus contrôlant la prolifération, la différenciation et la mort programmée de certaines cellules. Bien que possédant des caractéristiques communes, les differents cancers ont des causes très éloignées et répondent de façon extrêmement différente aux traitements. Une des cibles communes à tous les cancer est une approche thérapeutique qui agit sur le système immunitaire d’un patient pour lutter contre sa maladie. En effet, les cellules cancéreuses sont capables d’inactiver les défenses de l’organisme. Le microenvironnement tumoral devient alors immunosuppresseur et empêche l’arrivée sur place des défenses immunitaires. Cette approche se fonde sur l’utilisation de différents outils : vaccination, anticorps monoclonaux, immunomodulateurs, cytokines. Afin d’étudier les interactions physiologiques des cellules immunitaires avec les cellule cancéreuses il est nécessaire de disposer de modèle murins contenant des cellules immunitaires humaines. L’objectif de ce projet est d’utiliser des modèles déjà mis en place dans notre société, et de les humaniser afin de les rendre plus prédictifs pour mieux évaluer de nouveaux médicaments. Cette évaluation permettra d’étudier ces molécules dans un contexte physiologique le plus proche possible de l’homme avant les essais cliniques. Les animaux sont utilisés pour déterminer l’efficacité antitumorale des composés testés, déterminer leur pharmacocinétique, leur toxicité, leur concentration active, et pour les comparer avec des composés cliniques de références. A ce jour, aucune méthode alternative ne peut se substituer à l’utilisation des animaux pour évaluer l’efficacité d’un composé. De plus, les animaux autorisent une grande variété de techniques d’administration, de prélèvements et de chirurgies permettant de créer des modèles dans lesquels l’évolution de la maladie et le traitement sont proches de la situation clinique.
Bénéfices attendus
Notre société, prestataire de services en recherche préclinique propose un large panel de modèles in vivo nécessaires à l’évaluation de nouveau composés thérapeutiques pour la recherche contre le cancer, spécifiquement les cancers d’origine osseuse ou à métastases osseuses. Ce projet a pour finalité de sélectionner des molécules thérapeutiques grâce à des modèles précliniques les plus prédictifs possibles afin de pouvoir transposer l’utilisation de ces molécules chez l’homme lors d’essais dans différentes phases cliniques. Pour cela, les expériences chez l’animal, qui représente un système d’essai physiologiquement proche de l’homme, permettent d’évaluer l’efficacité, la toxicité, la pharmacocinétique et la pharmacodynamique de nouveaux composés afin d’éviter ces essais directement chez l’homme. Au cours des expériences réalisées, il sera possible d’étudier les mécanismes de croissance d’une tumeur dans un environnement mimant la pathologie chez l’homme, d’étudier les mécanismes de résistance après des traitements avec de nouvelles molécules ou des molécules déjà utilisées en clinique, et les mécanismes de progression tels que la formation de métastases. Grâce à ces études dans un environnement adapté, il sera aussi par exemple possible de suivre la réaction du système immunitaire de l’hôte face à la progression de la maladie, de moduler et/ou orienter le système immunitaire afin de donner à l’organisme les moyens de se défendre contre le cancer.
Procédures
L’implantation de transpondeur pour identifier l’animal est réalisée sous anesthésie générale 0-3 jours avant la greffe (
Impact sur les animaux
Trois types de greffe pourront être faites : Sous cutanée, intradermique et graisse mammaire. Il y aura une évolution du volume tumoral ce qui entrainera une distension de la peau. Pour limiter cette tension qui peut engendrer une douleur ou une gêne dans la mobilité, le volume tumoral maximal sera limité. Il est possible que des nécroses apparaissent. La tumeur n’étant pas innervée, seules les plaies en surface peuvent engendrer une douleur. Par conséquent, la taille de la nécrose en surface sera limitée et des soins seront apportés. Il est aussi possible, que la progression tumorale entraîne une cachexie constatée par une perte de poids. Dans ce dernier cas, dès la greffe tumorale, de la nourriture enrichie sera apportée afin de limiter la perte de poids. Il est possible, que la progression tumorale entraîne une cachexie constatée par une perte de poids. Afin d’observer des effets de composé sur l’évolution de la tumeur, les animaux recevront des traitements de différents composés par voie IM, ID, SC, IP, IV et/ou seront exposés à des rayonnements ionisants. Le jour de la randomisation, les animaux seront potentiellement mis avec de nouveaux congénères. Cette nouvelle organisation sociale pourra engendrer un stress de 1 à 2 jours. En fonction du comportement des animaux ou bien des besoins de l’étude, il sera possible d’isoler des animaux.. Il est possible que l’injection hydrodynamique engendre une douleur et une perte de poids transitoire. L’injection hydrodynamique sera réalisée sous anesthésie gazeuse (isoflurane) et les souris seront placées sur un tapis thermochauffant pendant 15 min à 37°C et traitées par un antalgique avant et après l’injection (buprénorphine). Les souris seront observées pendant une heure suivant l’injection hydrodynamique. Le poids des animaux sera enregistré 4 fois par semaine incluant le jour de l’injection la semaine qui suit cette injection. Les mesures de poids et de volume tumoral entraînent un stress que l’on peut considérer comme faible, et qui diminue avec l’habituation. Ces mesures seront faites dans les salles de stabulation. Les autres manipulations seront faites en laboratoire afin de ne pas stresser les autres animaux.
Devenir
Du fait que les animaux sont porteurs de tumeurs, ils seront tous mis à mort en fin de procédure.
Remplacement
Les méthodes alternatives ne permettent pas, à ce jour, de prévoir l’efficacité in vivo de potentiels candidats-médicaments, car les étapes nécessaires au développement d’un médicament pour lesquelles il est nécessaire d’étudier les interactions du médicament dans un contexte global ne peuvent pas être étudiées dans un système alternatif (in vitro par exemple). Des méthodes alternatives de reconstruction d’organes ou de tumeurs en 3D sont utilisées mais restent toutefois marginales et les résultats obtenus restent à ce jour difficilement transposable à l’homme.
Réduction
Dans chaque étude, les animaux seront répartis en groupes expérimentaux selon le(s) critère(s) défini(s) (volume tumoral et niveau d’humanisation). Le nombre de groupes contrôles sera ajusté à la question scientifique posée et des paramètres étudiés : en général un groupe non traité puis un groupe par schéma de traitement (différentes doses, voies, molécules etc). Au minimum, une étude comportera un groupe avec tumeur, non traité, et un groupe avec tumeur, traité avec le composé à tester. Toutefois, dans la mesure du possible, le maximum de composés seront testés au cours de la même étude afin de ne pas démultiplier les animaux contrôles. Le nombre d’animaux par groupe est choisi sur la base des précédentes études réalisées dans nos laboratoires pour les modèles connus (en général 6 à 15 animaux) afin de sélectionner le nombre d’animaux minimum pour observer des différences significatives sur les paramètres d’intérêt (en général mortalité et volume tumoral). Moins de 5 études sont réalisées chaque année, mais le nombre peut varier en fonction des commandes des clients. Une étude peut être composée de 1 (dans le cas d’un développement d’un nouveau modèle) à 10 groupes. Le nombre d’animaux par groupe varie généralement entre 6 et 15 par dose de produit, ce nombre sera adapté en fonction de la connaissance interne du modèle ou en fonction des études réalisées dans la littérature. Pour réduire le nombre d’animaux utilisés dans ces procédures, il sera toujours proposé d’utiliser des biomarqueurs et des techniques faiblement invasives d’imagerie chez le petit animal pour remplacer des analyses terminales en cours d’étude et donc éviter de multiplier les groupes nécessaires. Pour compenser le taux de prise variable de certaines tumeurs, et la variabilité intrinsèques de certains modèles, il sera nécessaire d’inclure des animaux surnuméraires. Ce nombre d’animaux surnuméraire est réduit à un maximum de 10% (pour 100 animaux, 110 seront greffés). Ces animaux exclus seront valorisés soit pour remplacer des animaux des groupes traités constitués, soit pour servir de contrôle ou de calbration lors des analyses (par exemple en cytométrie de flux pour les calibrations.
Raffinement
Les animaux seront pesés au minimum 2 fois par semaine et 4 fois par semaine la semaine qui suit l’injection hydrodynamique: • 5% sera observée sur certains animaux. En cas de suspicion de toxicité du composé chimique ou biologique administré, les traitements seront interrompus.
Choix des espèces
Les petits rongeurs, outre l’avantage lié à leurs caractéristiques physiologiques, sont les seules espèces animales disponibles pour l’expérimentation présentant un statut immunodéprimé (avec des mutations spontanées ou génétiquement modifiées) indispensable à l’implantation de cellules tumorales humaines dans le cadre de la recherche en oncologie. Le statut immunodéprimé de l’animal choisi est également important pour évaluer l’immunothérapie du cancer, car l’espèce choisie doit simultanément tolérer la transplantation de tumeurs humaines et de cellules immunitaires humaines. Pour finir, les souris et les rats autorisent une variété de techniques d’administration, de prélèvement et de chirurgie présentant des analogies avec ce qui peut être réalisé en recherche clinique sur l’homme. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (6 semaines d’âge minimum pour leur réception et 8 semaines pour la manipulation).
Validation d’un nouveau modèle expérimental d’onco-immunologie chez le poisson-zèbre immunodéprimé
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système nerveux
Objectifs
Le poisson-zèbre est un modèle animal vertébré plus éloigné de l’Homme que les modèles mammifères murins mais il connait aujourd’hui de nombreuses améliorations qui permettent de l’utiliser pour des projets expérimentaux. Tout d’abord, il est maintenant possible d’élever des poissons-zèbres à 37°C, température des mammifères qui permet des conditions optimales pour l’étude du développement des cellules cancéreuses humaine au sein de cet organisme. De plus, les lignées de poissons-zèbres existantes lui permettent d’être immunodéprimé et transparent. Il est ainsi possible de réaliser des cinétiques in-vivo via une observation facilitée en microscopie de la croissance et de la prolifération des cellules greffées. Ce projet vise à recréer la complexité des situations naturelles chez l’homme. A ce jour, la très grande majorité des projets étudient des cellules tumorales humaines dans les tissus de l’animal modèle (murins, poissons….). Dans ce projet, il s’agit d’étudier le développement des cellules tumorales humaines dans un tissu humain chez le poisson. Il s’agit dans un premier temps d’implanter un tissu humain obtenu à partir de cellules humaines, puis dans un second temps, d’y injecter les cellules tumorales. Ce projet a pour objectif d’étudier le comportement de cellules tumorales dans un microenvironnement humain chez le modèle poisson-zèbre. Les paramètres étudiés seront la croissance et la prolifération des cellules tumorales dans l’organisme, la taille de la tumeur et sa vascularisation, et ce pour différents cancers. Nous proposons dans un premier temps d’implanter des tissus humains chez le poisson-zèbre, puis dans un second temps, d’y injecter les cellules tumorales. S’ils s’avèrent concluants, ces travaux permettront à l’avenir d’utiliser le modèle du poisson-zèbre immunodéprimé greffé pour la comparaison d’approches thérapeutiques in-vivo.
Bénéfices attendus
Ce projet pourrait apporter à la communauté scientifique un protocole performant pour réaliser des implantations de tissu exogène humain chez le poisson-zèbre. De plus il permettrait de comparer l’évolution des cellules tumorales dans un tissu humain ou non humain ce qui sera un atout pour réaliser de futures recherches oncologiques en se rapprochant toujours plus des conditions retrouvées chez l’Homme. La finalité ultime de ce projet est de pouvoir réaliser des études pré-cliniques d’efficacité de traitements pour 2 types de cancers : urologique et glioblastome.
Procédures
Les animaux seront soumis à un maximum de 5 injections espacées chacune d’une semaine au minimum (mise en place du tissu hôte, injection des cellules tumorales et 3 injections maximum du traitement). Chaque procédure d’injection étant réalisée sous une anesthésie et une analgésie des poissons-zèbres et ne durant pas plus de 10 minutes entre le début de l’anesthésie et le réveil.
Impact sur les animaux
Suite à l’injection de cellules, différents effets indésirables peuvent apparaitre et être caractérisés chez le poisson-zèbre. Le premier point concerne la taille de la tumeur et la potentielle apparition de métastases. Les cellules tumorales étant fluorescentes, il sera possible de les observer au microscope et de détecter l’apparition des métastases. Il peut y avoir des lésions au niveau du site d’injection, des pétéchies abondantes au niveau des ouïes ou encore des changements anatomiques importants (lésion des nageoires, flexion du corps). Au niveau comportemental, la présence d’effets indésirables peut être caractérisée par une perte importante de l’équilibre, une prise d’air à la surface permanente, l’animal peut être prostré au fond de l’aquarium, une agressivité envers les autres poissons ou encore une nage anormale (en cercle par exemple). Les traitements testés peuvent eux aussi induire des effets indésirables pour les animaux. La toxicité et les effets indésirables associés à chaque molécule sera étudiée et les concentrations adaptées seront évaluées avant d’être administrée.
Devenir
Les animaux entrant dans l’une des procédures expérimentales (hormis les poissons destinés à l’élevage et au maintien de la lignée) seront euthanasiés à la fin des procédures expérimentales. Les tumeurs et les métastases (si présence), sont prélevés pour être analysés par des analyses biochimiques et histologiques. Seuls les animaux utilisés dans la procédure d’élevage seront réutilisés pour maintenir les lignées dans notre animalerie.
Remplacement
Pour l’étude des cancers ou d’implantation de tissus exogènes, le modèle animal est requis afin d’évaluer la croissance tumorale ou du tissu dans un environnement adéquat. En effet, ces cellules ont besoin de multiples signaux pour croitre correctement, d’une interaction avec les différents tissus et en particulier avec le système vasculaire de l’hôte, ce qui ne peut être reproduit en culture cellulaire. Pour évaluer toutes ces interactions avec les différents tissus et/ou types cellulaires, nous avons besoin d’utiliser un modèle animal. De plus ce projet privilégie le modèle poisson-zèbre qui est un modèle vertébré plus éloigné de l’Homme que les modèles mammifères murins mais qui connait aujourd’hui de nombreuses améliorations permettant de baser des projets expérimentaux sur ce modèle.
Réduction
L’étude des cancers est aujourd’hui majoritairement effectuée chez la souris via l’injection de cellules tumorales et l’analyse de tumeurs ex-vivo. Il est très difficile de réaliser des cinétiques sur le développement de des tumeurs. Les cinétiques sont possibles seulement soit avec un grand nombre d’animaux, soit avec des procédures lourdes pour l’animal. Nous cherchons donc à développer un nouveau modèle qui permettra de réaliser des cinétiques au cours de la croissance tumorale in-vivo, ce qui conduira de fait à une réduction du nombre d’animaux. Le développement de nouvelles lignées de poissons-zèbres immunodéprimés et transparents a ouvert ces nouvelles perspectives : elles permettent de suivre in-vivo différents paramètres comme la croissance tumorale ainsi que des tissus spécifiques via l’expression de protéines fluorescentes. Dans la littérature scientifique, les tailles des tumeurs présentent un coefficient de variation important. En considérant cette variation et en recherchant un effet bénéfique de traitements des groupes de 10 animaux nous permettront d’obtenir des données statistiquement significatives (dans les conditions classiques de risque). Des tests statistiques seront réalisés pour évaluer la significativité des résultats obtenues.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe, dans un environnement approprié à leur statut immunodéficitaire à température contrôlée, avec cycle diurne-nocturne de 14h / 10h. Les animaux seront examinés quotidiennement par les zootechniciens ou les expérimentateurs, sous la supervision permanente du vétérinaire clinicien, également en charge du bien-être animal. Avant chaque injection, les poissons seront anesthésiés pour limiter leurs stress. Une grille de scores sera utilisée dès la première expérimentation réalisée sur ces poissons
Choix des espèces
Le modèle poisson est en plein essor dans de nombreux domaines d’études et notamment depuis peu en cancérologie. Il est maintenant possible de maintenir les poissons-zèbres à 37°C, ce qui est la température optimale pour les cellules de mammifères qui seront utilisées. Les poissons-zèbres immunodéficients permettent le maintien des tumeurs dans l’organisme puisqu’ils ont un système immunitaire absent (ou déficient). De plus, les lignées utilisées sont transparentes, ce qui permet de réaliser des cinétiques pour la croissance de la tumeur in-vivo avec la microscopie. Enfin, elles pourront aussi être croisées avec d’autres lignées transgéniques pour obtenir des poissons immunodéficients et exprimant des gènes rapporteurs dans des types cellulaires spécifiques. Ceci permettra de visualiser des cinétiques in-vivo, via des acquisitions microscopiques, des processus cellulaires comme la vascularisation de la tumeur. Ce modèle permettra donc en plus d’une approche quantitative et qualitative, une approche temporelle in-vivo qui sera très innovante, notamment lors de tests de molécules à visée thérapeutique. La lignée utilisée dans ce projet présente un phénotype dommageable lié à son immunodéficience. Elle est de ce fait sensible aux différents types d’infections. L’eau utilisée pour le maintien ou les expérimentations sera stérilisée à l’autoclave et supplémentée en antibiotiques pour fournir un environnement adéquat à ces poissons. De jeunes adultes (12 – 16 semaines), dont tous les systèmes tissulaires et cellulaires sont opérationnels, seront utilisés pour mener à bien ces expérimentations.