Les projets approuvés

Difficulté : ★★★★☆
pixabay_observatoire

Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.

Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.

Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.


NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets. 

Documents

Résumés non techniques français de 2013 à 2021

Résumés non techniques de l'Union européenne depuis 2022

Niveau de souffrances

Dernières données ajoutées : 257 projets autorisés en mars 2026 (01/04/2026)

1 contenus
  • Recherche appliquée
    • Troubles cardiaques
  • Recherche fondamentale
    • Système cardiaque
Cochons : 70
Souffrances
 30
 -
 -
 40
Devenir
 -
 -
 -
 70

Objectifs

Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès au niveau mondial, avec un taux de décès élevé dans le cas de l’infarctus du myocarde (IDM). Il se définit comme la lésion d'une partie du muscle cardiaque, suite à un manque d’oxygène. Cette situation est provoquée par une sténose (rétrécissement) partielle ou totale des artères qui alimente le cœur en sang oxygéné. Le traitement actuel consiste à rouvrir l’artère sténosée (appelé reperfusion). La prise en charge de l'infarctus reste donc un problème de santé publique. Après l’IDM, la structure locale du muscle cardiaque lésé est altérée dans ce contexte, il est primordial de mesurer les altérations de la structure musculaire tissulaire par imagerie non-invasive. Dans ce contexte, l'objectif de ce projet est de développer une méthode d'imagerie avancée d’échographie 3D qui sera validée contre l’IRM de diffusion, et confronter à l’histologie, dans des modèles expérimentaux d'infarctus du myocarde sur modèle porcin. La nouvelle méthode d’imagerie devra aussi démontrer sa capacité à suivre l'évolution du muscle cardiaque à différents moments pendant l'IDM et après la reperfusion avec une validation histopathologique complète.

Bénéfices attendus

Les bénéfices de ce projet seront une meilleure compréhension des altérations structurelles du muscle cardiaque et de leur retentissement fonctionnel grâce aux différentes réalisations du projet. Il permettra à la fin de disposer d’une technique de caractérisation de la microstructure myocardique rapide, transportable et peu coûteuse. L'imagerie UltraSon (US) augmentée de sa fonctionnalité de caractérisation serait ainsi rendu possible avant et même dès la prise en charge du patient à son domicile dans l’ambulance du Samu, pendant et après l’infarctus, et pourrait offrir de nouvelles perspectives de soin et de suivi des patients cardiaques. L’imagerie Ultrason (US) fonctionnelle et anatomique deviendra également une imagerie de caractérisation tissulaire. L'intérêt suscité par cette modalité d'imagerie avancée, avec l'imagerie 3D cardiaque haute résolution en temps réel, permettra son extension à d'autres applications de tissu fibreux, telles que l'imagerie 3D du muscle squelettique (dommages musculaires inhérent à des pathologies chroniques ou blessures, douleurs, processus cicatrisation), ou encore des reins.

Procédures

L’étude comprend : - Une procédure chirurgicale d’ischémie-reperfusion (IR), réalisée sous anesthésie générale (AG) avec suivi par imageries (échographie 3D et IRM). Durée AG environ 7 heures. Des sessions d’imagerie fonctionnelle et structurelle cardiaque avec deux techniques différentes (échographie 3D (nouvelle imagerie non-invasive à valider) et IRM (imagerie non-invasive de référence)) sont effectuées sous anesthésie générale (AG), et répétée régulièrement pour le monitoring physiologique et la validation, soit au total 10 imageries de 30 secondes à 1 minute. - Des prélèvements sanguins, réalisés 3 fois sous AG (3 minutes par prélèvement sanguin) aux différents instant cruciaux de la procédure d’ischémie-reperfusion, et synchronisés aux sessions d’imagerie.

Impact sur les animaux

Durant l’anesthésie générale : Les effets indésirables possibles serai tout événement inhérent au modèle pathologique d’infarctus du myocarde amène à pratiquer des réanimations nécessitant une défibrillation externe, qui entrainerait la perte de l’animal durant la procédure. Durant l’étape post-opératoire, les effets indésirables possibles sont une infection aux points d’entrée utilisés durant les procédures, une douleurs physiques aigues possibles au cours des 48h post-procédures avec le maintien des antalgiques.

Devenir

Tous les animaux seront placés sous AG pour être euthanasiés afin de prélever le cœur qui sera observé macroscopiquement après l’explantation. Si un animal doit être euthanasié pendant le protocole, il sera déjà placé sous anesthésie et imager quand même. Des échantillons seront ultérieurement étudiés par analyse histologique et biologique afin de nous permettre d’observer la structure tissulaire et de comparer avec les résultats d’imagerie. Cela nous permettra de valider la méthode innovante d’imagerie 3D échographique et d'anisotropie pour la caractérisation tissulaire locale après un IDM.

Remplacement

Des études préliminaires in vitro sur des matrices de collagène dont l'organisation fibrillaire imite l'organisation du tissu cardiaque sont prévues dans le cadre de ce projet pour la comparaison entre l'échographie et l'IRM de diffusion, et constitue un préalable avant les tests in-vivo sur animal. En effet, même s’il est possible de construire des matrices in vitro qui se rapproche structurellement de la réalité, il est impossible au modèle in-vitro de reproduire la physiologie fonctionnalisée de l’organe cœur. L’évaluation de l’impact de la fonction cardiaque (mouvement du cœur) et de la perfusion sanguine sur la mesure, tout comme l’étude de relation structure-fonction qui en résulte nécessite la mesure in-vivo ET la comparaison avec l’ex-vivo. La méthode doit en effet démontrer à la fois sa sensibilité aux variabilités physiologiques, sa reproductibilité in-vivo sur cœur battant, enfin sa capacité à détecter des changements sur un modèle pathophysiologique contrôlé avant toute application au monitorage physiopathologique sur l’homme ou au guidage de thérapie réparatrice. La démonstration d’efficacité de la méthode de mesure UltraSon (US) de la structure du cœur ne peut donc être effectuée de façon complète que sur des animaux vivants dans un protocole impliquant un suivi longitudinal avec un modèle d’infarctus du myocarde contrôlé.

Réduction

Le nombre de porcs pour ce projet correspond à l’effectif minimum permettant d’évaluer et de comparer les deux méthodes d’imagerie avec la puissance statistique nécessaire pour valider cette étude, compte tenu d'une variabilité inter-individuelle attendue et similaire à l’homme, de la précision des mesures IRM et échographiques, et de l’amplitude des changements physiopathologiques à détecter dans le modèle longitudinal d’infarctus . Ce nombre résulte également de notre expérience et de la difficulté du modèle expérimental longitudinal, pour nous permettre de disposer d’éléments suffisants pour montrer la sécurité, l’efficacité et la performance de l’imagerie. Notre équipe conduit plusieurs projets autour de l’infarctus du myocarde sur le porc et plusieurs animaux témoins ou « sham » (animaux servant de contrôles sans modèle physiopathologique, servant la mesurer la normalité du cœur, sans modèle d’ischémie et éventuellement juste l’effet de la chirurgie, anesthésie etc…) et faisant l’objet de thérapie de cardioprotection. Nous demandons 10 animaux témoins par procédure car l’étude prévoit de comparer échographie et IRM y compris sur sujets normaux dont nous ne disposons pas de référentiel échographique de la normalité. Dans le cas où des prélèvements ou des interventions additionnelles n’interfèrent pas, sont compatibles et ne nuisent pas à l’atteinte des objectifs du projet, des animaux pourront naturellement être mutualisés afin de réduire le nombre d’animaux utilisés. Nous portons par ailleurs un intérêt à publier nos résultats, même négatifs, pour apporter et attester de la connaissance acquise et éviter des sacrifices ultérieurs d’animaux pour les mêmes raisons scientifiques, offrir les conditions de reproductibilité nos travaux. Par ailleurs, pour la procédure non-invasive, si les résultats de l’étude sont obtenus avant d’atteindre le corum des 30 porcs, un nombre inférieur d’animaux pourra être utilisé.

Raffinement

Pour réduire le mal être et la souffrance de l’animal lors de nos interventions : - L’entrée des porcs dans la structure expérimentale est programmée de façon à fournir aux animaux un environnement optimum (mise en loge d’expérimentation au minimum 7 jours avant l’intervention, avec un enrichissement du milieu). Les porcs sont hébergés dans les conditions adaptées à leur espèce, logés sur copeaux, en groupes sociaux, avec jeux à leur disposition. Un suivi quotidien leur est apporté. Un vétérinaire assure le suivi sanitaire. - Pour le transport vers le site d’expérimentation, l’animal déjà isolé dans un box de l’animalerie à proximité de ses congénères la veille de son départ (et mis à jeun 12 heures avant la procédure), est tranquillisé par un sédatif. - Les animaux sont placés sous anesthésie générale pendant toute la procédure chirurgicale et d’imagerie avec une prise en charge de la douleur (perfusion continue et lente d’antalgique durant toute la procédure d’ischémie et de reperfusion). - Durant la procédure sous anesthésie générale, la température corporelle des animaux sera maintenue grâce à une couverture chauffante ou des bouillottes d’eau chaude (dont l’eau chaude sera régulièrement renouvelée). - Lors de la période de réveil, le protocole utilisé et validé chez l’animal comme chez l’homme est parfaitement maitrisé par notre équipe de chirurgiens cardiaques permet d’éviter la souffrance post chirurgicale. – Lors de la période post-opératoire, toute situation pouvant être invalidante et douloureuse sera prise en compte et notifiée dans une fiche d’évaluation de la douleur avec un scoring qui pourra faire l’objet de discussions et d’une prise de décision par les porteurs du projet pour apporter une solution éthique et appropriée. Cette grille prévoit des points limites suffisamment prédictifs et spécifiques au projet. Le personnel animalier de l’Etablissement Utilisateur sera formé au suivi comportemental de l’animal et au remplissage de cette fiche d’évaluation. - Pour l’euthanasie, l’animal est toujours placé sous anesthésie générale.

Choix des espèces

Nous devons nous approcher le plus possible de la physiopathologie humaine, le porc est plébiscité et est désormais pour des raisons éthiques le modèle recommandé. Il n’est pas possible de remplacer le porc par un rongeur, dont l’imagerie nécessite des imageurs dédiés qui ne sont pas équipés des techniques d’imageries développées dans le cadre du projet pour une application humaine. Les imageries sont par ailleurs optimisées pour l’homme, avec les mêmes contraintes physiologiques (durée électrocardiogramme et durées d’acquisition relatives dans le cycle cardiaque, champ de vue, rapport signal bruit des images,) qu’il est impossible de réaliser avec des fréquences cardiaques supérieures à celles de l’homme. Nous utilisons des porcs adultes d’âge supérieur à 1 an, de sexe mâle ou femelle, ayant un poids compris entre 50 et 70 kg. L’éleveur est le spécialiste de cette souche de porcs qui est la seule lignée permettant de garantir des poids stables dans le temps et tout au long du modèle chronique. Nous avons des données expérimentales importantes sur la lignée elle-même et sur ce type d’expérimentation, nous permettant de limiter le nombre d’animaux à utiliser dans de nouveaux protocoles. Les résultats obtenus sur les animaux de cet âge sont convaincants et suffisants dans nos études. Les cœurs de modèle animal sont aussi les plus proche structurellement et physiologiquement des cœurs d’humains, avec un réseau de collatérales bien développé et une maturité tissulaire qui reflète bien le vieillissement. Il est pertinent pour l’adaptation structure-fonction que l’on cherche à mesurer et permettra de transposer les connaissances acquises vers l’imagerie clinique et la clinique elle-même.