Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées : 257 projets autorisés en mars 2026 (01/04/2026)
Etude de l’incorporation de probiotiques dans l’aliment sur les performances de croissance et la santé digestive en poulets de chair et détermination des modes d’action
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
- Maladies animales
Objectifs
L’apparition de troubles digestifs est une problématique récurrente des élevages de poulets de chair dits intensifs, en lien avec les fortes capacités d’ingestion des souches d’animaux utilisées, augmentant la sollicitation du système digestif. Des facteurs de stress variés (ambiance d’élevage inadaptée, aliment de moindre qualité, manipulations…) et l’apparition de pathogènes contribuent également à l’apparition de ces troubles dits multifactoriels. Ces affections digestives réduisent les performances zootechniques des élevages (mortalité, morbidité, réduction de l’efficience alimentaire…) avec des conséquences économiques élevées. Les effets délétères de ces troubles sur l’environnement (rejets azotés dans les effluents) et sur le bien-être animal (inconfort digestif, litières humides…) sont également montrés. Des approches préventives globales sont essentielles pour lutter contre ces affections digestives. Les plans d’action mobilisés par les professionnels du milieu consistent ainsi à travailler à la fois sur la gestion des environnements d’élevage et des protocoles de nettoyage/désinfection, le contrôle de la qualité des matières premières alimentaires et des transitions nutritionnelles ou encore l’utilisation de solutions nutritionnelles. Dans un contexte où l’amélioration de la durabilité des élevages est un enjeu majeur (limitation des intrants médicamenteux, amélioration du bien-être des animaux de rente, maintien de la rentabilité économique des systèmes d’élevage…), l’utilisation d’additifs alimentaires à visée d'amélioration de la santé des animaux représente donc une voie prometteuse. L’utilisation de probiotiques, additif contenant des micro-organismes à visée santé (généralement bactéries ou levures), est largement répandue dans le secteur de la nutrition animale. Cet essai vise à valider l’intérêt d’un probiotique apporté dans l’aliment et à identifier son mode d’action par l’apport isolé de chacune des souches le constituant.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à renforcer l’arsenal de lutte préventif pour une meilleure santé intestinale, élément clé de la production (performances technico-économiques) et du bien-être animal (importance de l’intestin pour les activités métaboliques et le système immunitaire). La filière avicole est en effet en recherche constante de plans d’action pour lutter contre ces affections digestives dans le cadre d’une approche globale de préservation de la santé (Filières avicoles, 2020, numéro 839). Des modèles de digesteur in vitro suivis de mise en culture ont permis de pré-valider les capacités d’implantation du probiotique et des souches le constituant dans le tractus digestif. Les bénéfices santé de ces produits candidats (additifs autorisés sur le marché en alimentation animale) ont également pu être précédemment validés sur d’autres espèces (en ruminants notamment avec des premières méta-analyses publiées), ce qui suggère de potentiels bénéfices zootechniques. L’apport de supplémentations efficaces pour lutter contre les possibles facteurs antinutritionnels de matières premières variées pourrait permettre d’utiliser des ingrédients dits moins digestibles, mais plus durables (ressources locales, co-produits…), tout en maintenant l’efficience alimentaire des animaux et en limitant les rejets azotés. D’un point de vue scientifique, ce projet permettra de mieux définir les modes d’action de probiotiques, à savoir leur rôle sur les communautés microbiennes ou la fonction barrière intestinale (inflammation, jonction serrée…). Les capacités de germination et d’implantation des spores bactériennes seront particulièrement analysées au regard de la physiologie digestive particulière du poulet de chair. Enfin cet essai permettra une comparaison des résultats entre modèles in vivo et in vitro pour améliorer l’utilisation des protocoles alternatifs à l’expérimentation animale. Les prélèvements réalisés permettront de réaliser une étude complémentaire des réponses tissulaires face a des challenges mimés au laboratoire (bactériens ou inflammatoires) via des modèles in vitro.
Procédures
Hormis des pesées régulières des animaux (pesées individuelles réalisées dans le calme), aucune intervention n'est prévue sur ces derniers animaux vivants. Seuls des abattages ciblés sont prévus pour la collecte d'échantillons biologiques digestifs.
Impact sur les animaux
L’utilisation de formules enrichies en blé et seigle peut induire une réduction des performances de croissance et des perturbations digestives comparativement à un régime formulé de façon optimale comprenant un mélange de blé et de maïs supplémentés en enzymes exogènes. L’incorporation de seigle sera toutefois limitée à 5% dans nos formules pour ne générer que des perturbations physiologiques légères. A titre de comparaison, en conditions commerciales, les apports sont généralement limités à 2,5%. De précédents essais testant l’incorporation d’enzymes exogènes ont testés des niveaux d’incorporation de seigle allant jusqu’à 25% tout en maintenant un statut sanitaire satisfaisant. Enfin l’essai précédemment réalisé testant une formule alimentaire similaire, n’a pas montré de différences significative de mortalités et croissance entre le traitement témoin et les groupes expérimentaux, suggérant que le modèle de challenge retenu reste localisé à la sphère digestive sans impact systémique.
Devenir
96 animaux seront euthanasiés pour les prélèvements Nous faisons l'hypothèse que 10% des animaux seront morts au bout de 35 jours d'élevage conformément aux résultats observés en élevage (en moyenne 5% avec des aliments commerciaux conventionnels). Ainsi 178 poulets de chair seront restants à la fin de l'essai et il est prévu qu’environ une soixantaine d’entre eux soient adoptés pour des salariés disposant de basse-cour. Les animaux restants (non prélevés et non adoptés) seront euthanasiés et leurs carcasses envoyées à l'équarissage.
Remplacement
Pour cet essai l'objectif est d'évaluer l'impact de l'ajout de ces additifs autorisés sur le marché de l'alimentation animale sur les performances et la physiologie digestive des poulets de chair en situations d’élevage légèrement dégradées. L’utilisation d’animaux est nécessairement requise pour la mesure de ces paramètres (prélèvement de sangs, contenus et tissus digestifs). Des essais préliminaires in vitro avec digesteurs statiques ont été préalablement menés pour tester la résistance des probiotiques aux conditions gastriques et leurs viabilités en conditions intestinales. Toutefois ces modèles souffrent de limites méthodologiques, et un essai mené sur animaux se révèle nécessaire pour approfondir la compréhension du mode d’action du probiotique commercial concerné. Enfin, cet essai permettra de recueillir une matrice biologique (tissu d’iléons) pour réaliser des essais de challenges ex vivo (stimulation au lipopolysaccharides (LPS) issus de Escherichia coli par exemple) permettant de renforcer cette approche mécanistique sans recourir à des animaux supplémentaires infectés.
Réduction
Concernant notre étude mécanistique, lors de la phase de prélèvements à 28 jours d’âge, 16 animaux seront abattus (8 cages par traitement et 2 animaux par cage prélevés) pour chaque traitement expérimental (ntot=16*6=96). Des échantillons de contenus et tissus jejunal, iléal et cécal seront prélevés pour chaque animal. Lors de la saignée, le sang sera également récupéré pour l’obtention de sérum. L’estimation du nombre d’animaux nécessaires repose ici sur les enseignements issus de l’essai précédemment réalisé, présentant un protocole similaire mais des modalités expérimentales nutritionnelles différentes. Les résultats et la variabilité obtenus lors du comptage de colonies en boîte de Pétri ont permis de montrer que le nombre d’animaux nécessaires pour obtenir une puissance statistique de 80% était de 16 animaux (contre 24 animaux utilisés lors du précédent essai). Concernant notre approche zootechnique avec mesure du gain de poids individuel et de la consommation d’aliments, un minimum de 30 animaux non prélevés par traitement apparaît nécessaire. Dans notre cas, 30 animaux seront donc dédiés au suivi zootechniques pour chaque groupe jusqu’à j35. En effet, entre 50 et 51 animaux élevés par groupe auxquels ont déduit 16 animaux euthanasiés pour prélèvement et 5 animaux morts en cours d’élevage (mortalité globale de 10% pour intégrer les risques du challenge nutritionnel généré). On obtient le nombre de 30 poulets suivis par groupe. Ce nombre est nécessaire et suffisant pour détecter de potentielles différences statistiques de poids vifs entre les 6 traitements.
Raffinement
Dans cette expérimentation, le principe de raffinement est assuré par plusieurs voies. Pour ce faire les animaux sont élevés à plusieurs en cages aux normes (Directive 1999/74/CE) et enrichies (Directive 2010/63/UE, Décret n°2013-118) d’un système de balles pendues ce qui permet aux animaux d’élargir leur gamme d’activité. Des gamelles comprenant l’aliment tassé seront également rajoutées sur quelques jours en plus des mangeoires car elles facilitent la prise alimentaire et permettent d’enrichir le répertoire comportemental des animaux (déplacement des gamelles observé chez les poulets les plus âgés et zone de repos quand elles sont vidées). Dans un souci de réduction de l’angoisse et du stress des animaux élevés en cages, l’animalerie a été construite de telle sorte que les animaux puissent interagir entre eux au sein des cages ou entre cages adjacentes : ils se voient, s’entendent et peuvent se toucher. Pendant toute la durée de l’élevage, les animaux sont élevés dans des conditions d’ambiance optimales de température, d’humidité et de luminosité en accord avec les recommandations des sélectionneurs. Un tel dispositif d'élevage en cage sans accès à un parcours assure une bonne répétabilité des mesures (plusieurs cages utilisées par traitement, dans les mêmes conditions d'élevage ce qui limite la variabilité) et permet de mieux contrôler les conditions d’ambiance. Le dispositif en cages grillagées utilisé permet également l’élimination régulière des fientes dans des bacs de récupération. Cela permet ainsi aux animaux de ne pas être en contact avec leur déjection. Pour réduire toute nuisance liée au caractère peu digestible de l’aliment distribué, une attention particulière sera accordée à l’aspect du cloaque des poulets. Une fois par semaine (lors des pesées des animaux), un score cloacal sera évalué pour chaque individu (lors des pesées). Si plus de 30% des poulets présentent un cloaque sale (score 3), le système d’abreuvement sera purgé et les abreuvoirs et coupelles scrupuleusement nettoyés. Si un score supérieur à 60% des individus est obtenu, nous jugeons que les diarrhées sont trop importantes et mettront un terme à l’essai en repassant (avec transitions alimentaires) sur un aliment commercial. Enfin, un contrôle du comportement social des animaux, de leurs vocalises et de leur répartition spatiale sera effectué quotidiennement (grille de point limites utilisée).
Choix des espèces
La filière avicole recherche de nouvelles solutions pour réduire l’utilisation d’antibiotiques en élevage tout en améliorant la santé digestive des animaux. En agissant sur l’ecosystème microbien et l’épithélium digestif, les probiotiques représentent des solutions à ce défi. L’utilisation de probiotiques à l’efficacité démontrée in vivo sur l'espèce concernée (ici le poulet de chair) apparaît donc fondamentale dans le cadre de démarches préventives de gestion de la santé animale et dans un contexte d’utilisation de formules alimentaires diversifiées. Les animaux seront élevés du stade de poussin d'un jour (achat auprès d'un couvoir) jusqu'à 35 jours comme en conditions d'élevage standard avec souches à croissance rapide. Les prélèvements visant à évaluer la santé digestive seront effectués à 28 jours, période à partir de laquelle on considère que le tractus digestif est mature.
Etude de la transmission de la coccidiose chez deux races de poulets de chair
- Recherche appliquée
- Maladies animales
Objectifs
L’amélioration de la résistance des élevages aux maladies infectieuses est nécessaire pour promouvoir le bien-être des animaux, de même que pour contribuer à la réduction de l’utilisation d’antimicrobiens. Parmi les maladies fréquemment rencontrées en élevage, la coccidiose du poulet est particulièrement intéressante en raison de son fort impact économique. L’objectif de ce projet est d’explorer et de comparer la sensibilité, l’infectiosité, la durée d’infection, la tolérance et la croissance compensatrice chez deux races de poulets suite à une infection. L’une des races étant décrite comme résistante à la coccidiose et l’autre étant une lignée commerciale. Nous regarderons et analyserons les différences entre animaux et entre génétiques, de même que les mécanismes de transmission de la maladie.
Bénéfices attendus
La coccidiose est une des maladies les plus fréquentes chez les volailles. Pourtant, à ce jour, aucune donnée n’est disponible concernant la variabilité inter-individuelle au sein des poulets de chair concernant la sensibilité, l’infectiosité, la durée d’infection, la tolérance et la capacité de croissance compensatoire après une infestation. Notre projet est donc une première étape pour estimer le potentiel de la sélection génétique sur ces caractères. A plus long terme, ce projet permettra l’utilisation des courbes de poids individuelles pour retracer la dynamique d’une épidémie au sein d’une large population, étape nécessaire pour estimer des paramètres génétiques pour des caractères dits « sociaux » tels que la sensibilité et l’infectiosité. Il permettra également d’orienter la sélection génétique sur des caractères favorisant la santé animale face à une maladie infectieuse en prenant en compte les mécanismes de transmission d'un animal à un autre.
Procédures
Sur les 48 parquets de 6 poulets chacun, 42 poulets seront soumis à une infestation coccidienne expérimentale unique. L’inoculation se fera, sur animaux vigiles, à 6 jours d’âge et chaque inoculation durera moins de 20 secondes. Les 288 poulets du projet auront 24 pesées individuelles et 22 prélèvements par écouvillon cloacal. Les pesées sans prélèvement (au nombre de 2) seront faites sur animaux vigiles et la durée sera inférieure à 10 secondes par animal. Les pesées avec prélèvement (au nombre de 22) seront faites sur animaux vigiles et la durée sera de 30 secondes maximum. Les 288 poulets du projet auront une prise de sang à 5 jours et, parmi eux, 240 poulets en auront une seconde à 35 jours. Chaque prélèvement se fera sur animal vigile et durera moins de 15 secondes.
Impact sur les animaux
Les effets négatifs sur les animaux sont liés à l’infestation coccidienne, aux prises de sang et aux prélèvements par écouvillons cloacaux. Infestation : présence de signes subcliniques transitoires, sur 24h (48h maximum), au moment du pic d’excrétion des coccidies, soit environ 4 à 7 jours d’après l’infestation. La contention lors des inoculations peut également engendrer un stress léger et passager pour l'animal. Prises de sang : douleur légère et transitoire (inférieure à 15 secondes) générée par la pénétration de l’aiguille et stress léger et passager lors de la contention. Prélèvements cloacaux : stress léger et passager lors de la contention.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort en fin d'expérimentation à des fins de prélèvements du tube digestif pour la recherche et le dénombrement de lésions liées à la coccidiose.
Remplacement
Avant la mise en place de ce projet, nous avons développé un modèle in silico de simulation d’une épidémie de coccidiose en élevage. Ce modèle se base cependant sur de fortes hypothèses et ne prend pas en compte la variabilité inter individuelle. A ce jour, il n’existe pas de méthodes pour étudier les réponses physiologiques individuelles des individus face aux parasites (ici les coccidies) auxquels ils sont exposés. En effet, le développement d’une coccidiose et la réaction à la maladie (sensibilité, tolérance…) varient fortement d’un animal à l’autre. Enfin, l’analyse des contenus digestifs en fin de procédure, nécessite obligatoirement le recours à des animaux.
Réduction
Dans notre projet, les 288 poulets sont répartis en trois modalités dont 36 poulets dans la modalité témoin (6 répétitions de 6 animaux). Nous avons réduit le nombre d’animaux au minimum nécessaire, pour d’une part maintenir des relations sociales (6 animaux par répétitions) et d’autre part pour trouver des différences significatives sur la base de l’indice de consommation (6 répétitions). Dans les 2 autres modalités infestés par la coccidiose, les 21 répétitions par modalité sont nécessaires pour détecter des différences significatives de sensibilité et d’infectiosité entre les deux lignées génétiques. Aussi, avec 252 animaux au total dans ces deux modalités (126 par lignée génétique), nous aurons le nombre d’animaux nécessaires pour réaliser des statistiques fiables et trouver des différences significatives pour évaluer les caractères « individuels » comme la durée d’infection ou les caractères liés au poids (tolérance et rapidité de la croissance compensatrice)
Raffinement
Les animaux seront élevés dans des parquets (petits enclos où se trouvent les poulets), au sol sur des copeaux et en groupe (6 par parquet) afin de créer des relations sociales. Des ficelles et des pierres à piquer seront installées dans chaque parquet en tant que matériel d’enrichissement. Les animaux seront hébergés dans des conditions optimales d’alimentation et de soins, selon des normes mieux-disantes que celles prévues par la règlementation. Dans ce projet, nous avons porté une vigilance particulière aux conséquences de l’infestation que nous avons choisi : il n’entrainera ni mortalité, ni signes cliniques sévères. Seuls des réductions de consommation alimentaire et des ralentissements de croissance sont attendus. Toutes les contentions seront réalisées dans le calme par des personnes expérimentées. Afin de limiter le nombre de contentions, les prélèvements cloacaux se feront juste après la pesée. Le matériel de pesée sera adapté à la taille et à la morphologie des animaux. Lors des prélèvements de sang nous utiliserons une garde d’aiguille pour sécuriser le prélèvement. Une grille d’évaluation du bienêtre des animaux, basée sur leur comportement et leur état de santé, est complétée quotidiennement par le personnel animalier afin de détecter toute altération de leur état de bien-être. Pour chaque paramètre d’atteinte au bien-être, nous avons défini plusieurs niveaux d’action.
Choix des espèces
S'agissant d'un objectif finalisé sur la santé des volailles, le choix du poulet (gallus gallus) a été fait car il s’agit l'espèce majeure sur le terrain et un modèle reconnu par la filière. Les poussins arriveront dans notre élevage à 1 jour d’âge mais l‘infestation coccidienne n’aura lieu qu’à 6 jours d’âge. Cela permettra d’avoir des premières excrétions d’oocystes entre 10 et 20 jours, âge auquel les infestations aux coccidies apparaissent en élevage. Nous étudierons ensuite les animaux infestés sur toute la durée d’élevage, c’est-à-dire jusqu’à 35 jours.
Évaluation de la transmission de la capacité à résister à la chaleur entre la mère et sa progéniture chez les poulets de chair.
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Le projet vise à évaluer, l’impact de la « programmation thermique embryonnaire » appliquée sur des œufs embryonnés de futures reproductrices, sur leur descendance, des poulets de chair produits terminaux, exposés à des vagues de chaleur. Cette étude sera conduite sur une race à croissance lente adaptée aux conditions d'élevage en plein air, qui devrait être plus sensible aux vagues de chaleur potentielles. La capacité de la progéniture de ces femelles reproductrices soumises ou non à un traitement thermique à résister aux défis de la chaleur sera évaluée à l'aide d'indicateurs physiologiques et comportementaux qui ont été validés comme mesures de la robustesse ou de la résilience dans des environnements fluctuants et sous-optimaux.
Bénéfices attendus
L’objectif général du projet est de proposer des stratégies de programmation thermique afin de renforcer la robustesse des animaux et leur capacité d’adaptation à des vagues de chaleur. L’intérêt scientifique de ce projet réside en premier lieu dans l’approche expérimentale réalisée sur les œufs de futures reproductrices qui est relativement peu étudiée. La connaissance de l’impact d’une programmation thermique d’œufs de futures reproductrices et la transmission potentielle à sa descendance d’une meilleure capacité à s’adapter à des vagues de chaleur n’a jamais été étudié, à notre connaissance, sous l’angle complémentaire des performances zootechniques et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être de la progéniture.
Procédures
Une prise de sang sera réalisée à l’éclosion sur 30 femelles futures reproductrices et 32 descendants. Ces animaux sont ensuite mis à mort pour des prélèvements de tissus. Une prise de sang sera également réalisées sur les femelles avant leur entrée en ponte (1 seule prise de sang) et sur les descendants avant, pendant et après le coup de chaleur (3 prises de sang sur les mêmes individus pour suivre leur réponse aux vagues de chaleur et leur capacité d’adaptation / récupération). La pose de capteurs internes de suivi de température sera réalisée par voie chirurgicale sur des poulets à l’âge de 15 jours (2 capteurs/poulet, l’un en intrapéritonéale et l’autre en sous cutané). Les animaux seront sous anesthésie générale dont de délai prévisionnel est de 30 min, le délai de chirurgie est estimé entre 15 et 20 min par poulet. L’application de vagues de chaleur sur tous les descendants débutera 10 jours avant la mise à mort pour une durée de 5 jours. Les fluctuations oscilleront entre 32°C pendant 6h en journée et 25°C durant 6h la nuit. Ces deux plages de température sont séparées de 6h durant lesquelles la température augmente ou diminue graduellement.
Impact sur les animaux
La chirurgie peut provoquer de la douleur et de l’inconfort en cas d’insuffisance d’action de l’anesthésie. Cette dernière peut provoquer une dépression respiratoire, même si le risque est limité avec une anesthésie gazeuse. Dans nos conditions, l’apparition de complications post-opératoires est peu probable mais reste possible (risques d’infection, de rejet du capteur, ou de réponse inflammatoire excessive). La contention lors des prises de sang engendre du stress pour l’animal, une légère douleur au niveau du site de prélèvement et un éventuel hématome. L’exposition aux vagues de chaleur peut engendrer des conséquences physiologiques potentielles (augmentation de la température corporelle, déséquilibre hydro-électrolytique, réduction de l’appétit, etc.) ainsi que des conséquences comportementales (agitation, apathie, ou comportements visant à éviter la chaleur comme regroupement en zones fraîches ou tentatives d’échappement). L’élevage des animaux au sol en groupe peut entraîner des comportements agressifs, voire de picage, qui peuvent être exacerbés lors d’épisodes de chaleur.
Devenir
Suite aux prélèvements de sang à l’éclosion, les animaux seront mis à mort pour des prélèvements de tissus d’intérêt métabolique. A la fin de la procédure de chirurgie, les animaux seront replacés dans leur parquet d'origine avec leurs congénères jusqu'à la fin de l'élevage du lot. Tous les autres animaux inclus dans le protocole seront mis à mort en fin d’élevage de la bande. Les carcasses de ces animaux pourront être valorisées commercialement à l’exception de celles des 10 animaux qui auront porté les capteurs de température.
Remplacement
Aucun modèle cellulaire ou in vitro n'est capable de reproduire l'effet de la programmation thermique chez l'espère cible, le poulet de chair, et son impact durant toute la durée de vie de l'animal (physiologie, comportement, performances, etc..).
Réduction
Au niveau du volet des reproductrices, 15 femelles par traitement (N=30) seront prélevés (sang + tissus) à l’éclosion pour évaluer l’impact de la programmation thermique sur la physiologie de l’animal à l’état initial. De nouveaux prélèvements de sang seront réalisés avant l’entrée en ponte des femelles (N=15 par groupe) pour évaluer le statut physiologique et métabolique des femelles. Le nombre d’animaux expérimentaux choisi est nécessaire et suffisant pour pouvoir tirer des conclusions significatives en tenant compte de nos expériences précédentes en intégrant la variabilité interindividuelle attendue en termes de poids, composition corporelle, statut métabolique et robustesse. Nous avons volontairement choisi une puissance statistique, car en absence de challenge type conditions d'élevage dégradées ou coup de chaleur plus tard dans la vie, nous nous attendons à avoir des effets de faible amplitude mais variés. Sur la base des travaux antérieurs réalisés, les marqueurs sanguins de stress oxydatifs sont les plus variables. L’unité statistique pour les dosages de biomarqueurs sera l’animal.
Raffinement
Dès l’éclosion, les descendants seront élevés au sol sur copeaux, avec accès à l’eau et à l’aliment ad libitum, dans un bâtiment à environnement contrôlé (température, ventilation, lumière). Ce mode d’élevage favorise les interactions sociales. Les animaux seront visités au moins deux fois par jour (week-ends et jours fériés inclus). En cas de signes de détresse ou de maladie (cf grille d’atteinte des points limites), un isolement en infirmerie ou une euthanasie pourra être envisagé. L’environnement sera enrichi avec des rubans colorés à picorer et un perchoir. Lors du coup de chaleur, les pipettes seront vidangées trois fois par jour pour garantir une eau fraîche. En période de forte chaleur, une attention particulière sera portée à la baisse effective des températures pour assurer des phases de récupération. Raffinement des prises de sang : elles seront réalisées par deux opérateurs expérimentés, avec une contention calme et précise. Une garde sur l’aiguille limitera les risques de pénétration excessive et de lésions cérébrales. Raffinement de la chirurgie : une prémédication sera administrée 15 min avant l’anesthésie gazeuse (bréchet). Chaque animal sera endormi individuellement. Une antibioprophylaxie débutera la veille de l’intervention et se poursuivra pendant 3 jours post-opératoires. En cas de signes de douleur (prostration, anorexie…), une dose d'antalgique pourra être donnée. Les animaux seront isolés durant 5 jours post-opératoires en infirmerie, avec suivi individuel selon une grille dédiée à l’évaluation post-chirurgicale. Cette procédure a été testée avec succès dans un essai précédent chez des poulets à croissance lente : aucune mortalité, réintégration au parquet d’origine après traitement, et croissance équivalente aux témoins.
Choix des espèces
Le poulet de chair a été choisi comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. Les œufs embryonnés seront mis en incubation au couvoir de l’établissement expérimentateur. Après éclosion, les animaux seront mis en place dans le bâtiment d’élevage et élevés jusqu’à 30 semaines pour la partie « reproducteurs », et jusqu’à environ 75 jours pour la descendance. L’évaluation de l’intérêt d’une programmation thermique embryonnaire lors de l’incubation se fera tout au long de la durée d’élevage des animaux sur les 2 générations (reproductrices et descendants). La mise en place de capteurs de température interne sera faite sur les descendants. L’opération se fera sur des animaux de 15 jours afin qu’il puisse supporter l’acte de chirurgie et permettre de suivre les paramètres du capteur tout au long de la vie de l’animal. Par ailleurs, l’épisode artificiel de forte chaleur sera appliqué en fin d’élevage, 10 jours avant mise à mort, âge où les animaux sont les plus sensibles aux variations/pics température. Il convient donc de suivre les critères zootechniques, comportementaux et sanitaires pendant toute la durée de l’élevage. Les poulets seront élevés de leur jour d’éclosion jusqu’à l’âge classique de mise à mort pour un élevage d’animaux labels (75 jours max).
Effet d’un mélange d’huiles essentielles sur la colonisation de Campylobacter en poulet de chair
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
L’objectif du projet vise au déploiement d’une stratégie de gestion Campylobacter spp. en élevage de poulet de chair, grâce à des alternatives naturelles telles que les huiles essentielles (HE). Cette procédure sera mise en place afin d’étudier l’effet d’HE sur la colonisation de Campylobacter jejuni chez le poulet de chair et son impact éventuel sur le microbiote du poulet. Les résultats obtenus seront utilisés pour les comparer à ceux d’un nouveau modèle prédictif in vitro en cours de développement qui à terme pourrait permettre de réduire à terme l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Les HE sont connues pour leurs effets bénéfiques sur les animaux en élevage. Différentes posologies de ces HE dans l'eau de boisson seront évaluées afin d’optimiser l’effet sur la colonisation de Campylobacter. Par ailleurs, les animaux témoins utilisés dans cette procédure seront également utilisés pour des analyses préliminaires visant à étudier l’impact de Campylobacter sur l’axe intestin-cerveau du poulet. Le lien entre microbiote intestinal et fonction cérébrale est de plus en plus reconnu, mais reste peu documenté chez cette espèce. Les prélèvements permettront d’évaluer ses effets sur l’intestin, le microbiote, l’inflammation et certains marqueurs neurobiologiques. Ces données poseront les bases de futurs projets de recherche.
Bénéfices attendus
Ce travail est réalisé dans le but de proposer un moyen de lutte plus efficace contre la contamination à Campylobacter dans les élevages. En parallèle, l’effet des HE sur le microbiote du poulet pourra amener de nouvelles connaissances à ce sujet. Par ailleurs à la fin de ce projet, les résultats obtenus sur l’effet anti-colonisateur des HE sur le modèle poulet seront comparés à ceux obtenus par un nouveau prédictif du modèle et ainsi valider son utilisation comme modèle alternatif à l’expérimentation animale. Parallèlement, sur les lots témoins, des prélèvements supplémentaires seront effectués pour mettre en place de nouvelles techniques d’analyses permettant l’étude de l’impact de la colonisation par Campylobacter sur l’axe intestin-cerveau chez le poulet de chair. Ces résultats préliminaires permettront de répondre à de futurs appels à projets pour apporter de nouvelles connaissances à ce sujet.
Procédures
Les animaux seront soumis à une contention d'une durée inférieure à 1 minute lors de l’inoculation par voie orale de Campylobacter jejuni ou de Tryptone Sel ou lors des pesées des animaux hebdomadaires. Le seul effet indésirable attendu lors de cette procédure est le stress induit à la contention lors de la pesée hebdomadaire des animaux et lors de l’inoculation orale.
Impact sur les animaux
Il n’est pas attendu d’effet indésirable tout au long de cet essai. Les infections à Campylobacter chez les volailles passent généralement inaperçues et asymptomatiques. Les campylobacters se multiplient dans le tube digestif des oiseaux et peuvent être excrétées en grande quantité dans les déjections. La souche de C. jejuni utilisée dans cette étude a déjà fait l’objet d’essais in vivo et aucun effet indésirable n’a été observé. Les HE sont classées parmi les produits GRAS (Generally Recognized As Safe) par la FDA (US Food & Drug Administration) et dans la pharmacopée Française. Ces dernières, sont considérées d’un point de vue réglementaire comme des additifs sensoriels, celles-ci sont connues pour leurs propriétés antimicrobiennes, antioxydantes et anti-inflammatoires en élevage. Le choix de la dose finale appliquée dans l’eau de boisson se base sur les connaissances internes en termes d’acceptabilité et d’appétence du produit, mais également sur les recommandations de l’EFSA : dans ces dosages, les apports totaux journaliers maximums sont respectés pour les poulets en engraissement. Toutes les interventions seront réalisées par des personnels expérimentés dans la réalisation des différents actes pour limiter au maximum le stress. Si toutefois, une altération de l’état de santé était observée quelle que soit la raison, l’évaluation des points limites sera réalisée afin de décider la mise à mort des animaux concernés.
Devenir
Les prélèvements des différents organes nécessitent la mise à mort des animaux, c’est pourquoi tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure expérimentale.
Remplacement
La volaille et notamment le poulet de chair représente une source importante de campylobacterioses pour l’Homme. Ainsi, il est nécessaire de contribuer au développement d’un moyen de lutte contre Campylobacter dans la filière avicole afin de réduire in fine le risque d’infection humaine par cette bactérie. Aucune méthode alternative n’est disponible à ce jour, toutefois dans le cadre de ce projet, le développement d’un modèle d'infection in vitro est en cours afin de réduire, à terme, l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Pour valider ce modèle, le recours à des essais sur poulets de chair est toutefois indispensable.
Réduction
Les animaux seront utilisés au seuil de la pertinence scientifique et statistique. Des tests de comparaison de moyennes seront effectués pour analyser les résultats des différents lots à chaque date de prélèvement. En raison de la variabilité interindividuelle importante du microbiote intestinal et des niveaux de colonisation par Campylobacter, il a été déterminé qu’un nombre minimum de 14 animaux par condition était nécessaire pour chaque temps donné afin d’assurer la robustesse des tests statistiques. Compte tenu de la mortalité qui peut avoir lieu au cours de l’essai et de problèmes techniques qui peuvent survenir au cours des manipulations, un nombre de 15 animaux par condition sera prélevé à chaque point de prélèvement pour s’assurer que le nombre minimum de 14 animaux sera atteint. Pour réduire le nombre d’animaux utilisés, dans les lots 7 et 8, seulement 30 animaux seront mis en place. Par ailleurs, cinq animaux seront utilisés au début de l’étude pour vérifier l’absence de contamination par Campylobacter. Au total de 365 animaux seront utilisés.
Raffinement
Le raffinement des conditions d’hébergement visera à assurer des conditions d’hébergement limitant l’inconfort potentiel des animaux. Quatre animaleries seront utilisées. Chaque lot de poulets sera installé dans des parcs au sol entourés par des panneaux en bois. La litière sera composée de copeaux de bois (qui sert d’enrichissement du milieu puisque les animaux grattent et picorent cette litière. Les animaux recevront à volonté, de l’eau et de l’aliment réservé aux poulets de chair spécifiques à leur âge. Afin de stimuler les poussins à s’alimenter dans leurs premières heures de vie, des alvéoles en carton de plateaux d’oeufs seront disposés sur les copeaux de bois avec de l’aliment et des cartons seront apposés sous les mangeoires. Les alvéoles en cartons servent également d’éléments de grattage et de picotage. Les paramètres d’ambiance utilisés sont préconisés pour les élevages de poulets de chair. Les installations sont équipées de lumières électriques programmables, d'un chauffage électrique automatisé et d'une ventilation. Les pesées hebdomadaires et l’inoculation individuelles des animaux seront réalisées conjointement par deux personnes habilitées dans le but de réduire la durée de la contention et de l’intervention sur l’animal pour réduire le stress induit (par exemple, la contention de l’animal sera réalisée par une personne, pour que l’autre puisse l’inoculer plus facilement). Les animaux seront observés quotidiennement par les animaliers. En cas de la présence de symptomes chez plusieurs animaux (diarrhees, troubles respiratoires…), le responsable du service d’expérimentation (vétérinaire) et les responsables du projet seront contactés (mail/téléphone) pour décider de la conduite à tenir. En cas d’atteinte des points limites suivants : blessure grave, prostration, absence de réaction après sollicitation (absence de réponse à des stimuli tactiles et visuels), anorexie ou impossibilité de s’abreuver ou de s’alimenter, les animaux concernés seront mis à mort.
Choix des espèces
Les campylobacterioses humaines sont principalement attribuées à la filière avicole. Ce projet a pour objectif de développer une stratégie de lutte efficace pour limiter la colonisation des animaux par Campylobacter dès l’élevage afin de réduire la charge qui arrive sur la chaine alimentaire. Par conséquent, le poulet de chair est l’espèce adaptée aux objectifs et aux conditions de cette procédure. Des poussins de 1 jour seront utilisés et élevés jusqu’à 35 jours (âge d’abattage des poulets de chair pour la consommation).
Optimisation et validation des avantages des stratégies de programmation thermique embryonnaire chez les poulets de chair à croissance rapide
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Le projet vise à évaluer dans une approche multicritère, l’impact de la « programmation thermique embryonnaire » appliquée dans différentes situations (durée de stockage des œufs, sexe), sur des poulets de chair exposés à de fortes chaleurs. Considérant les souches à croissance rapide, la souche ROSS 308 a été sélectionnée en raison de sa représentativité des productions françaises actuelles et ainsi répondre à l'immédiateté de la demande terrain. Il permettra i) d’éclairer la compréhension des mécanismes physiologiques ouvrant de nouvelles perspectives de recherche, ii) d’émettre des recommandations concrètes de mise en œuvre pour les couvoirs.
Bénéfices attendus
Le projet permettra de : Déterminer l'intérêt d'une programmation thermique embryonnaire sur les poulets de chair et son interaction avec le sexe des animaux et la durée de stockage des œufs. Développer un modèle thermodynamiquequi se concentrera sur la simulation des températures corporelle, sous-cutanée et de surface des plumes en fonction de la température ambiante, de l'humidité relative ambiante, du contenu énergétique théorique de l'aliment et de la dynamique de l'ingestion. Une fois validé, ce modèle pourrait servir de substitut non invasif pour la température corporelle (et par conséquent les niveaux de stress thermique) sous diverses conditions environnementales.
Procédures
La pose de capteurs internes de suivi de température sera réalisée par voie chirurgicale (un sous cutané et un intrapéritonéal par poulet) à l’âge de 15 jours. Les animaux seront sous anesthésie générale dont le délai prévisionnel est de 30 min, le délai de chirurgie est estimé entre 15 et 20 min par poulet. Trois prises de sang seront réalisées sur un échantillon de poulets, tous les 5 jours durant 15 jours, avant, pendant et après le coup de chaleur. Concernant les prises de sang, elles durent quelques secondes par animal. L’application d’un coup de chaleur artificiel qui débutera 10 jours avant abattage pour une durée de 5 jours. Les températures oscilleront entre 32°C pendant 6h en journée et 25°C durant 6h la nuit. Ces deux plages de température sont séparées de 6h durant lesquelles la température augmente ou diminue graduellement.
Impact sur les animaux
La chirurgie peut provoquer de la douleur et de l’inconfort en cas d’insuffisance d’action de l’anesthésie. Cette dernière peut provoquer une dépression respiratoire, même si le risque est limité avec une anesthésie gazeuse. Dans nos conditions, l’apparition de complications post-opératoires est peu probable mais reste possible (risques d’infection, de rejet du capteur, ou de réponse inflammatoire excessive). Les prises de sang au sinus occipital réalisées sur les poulets sont considérées comme une source de stress, notamment due à la contention nécessaire, et peuvent engendrer des hématomes. L’exposition aux fortes chaleurs peut engendrer des conséquences physiologiques potentielles ainsi que des conséquences comportementales. L’élevage des animaux au sol en groupe sexé peut entraîner des comportements agressifs, voire de picage, qui peuvent être exacerbés lors d’épisodes de chaleur.
Devenir
Tous les animaux élevés durant le projet seront mis à mort à 36 jours dans un abattoir commercial et leurs carcasses valorisées dans le circuit agroalimentaire classique. Les animaux auront atteint l’âge classique d’abattage en conditions commerciales ce qui permet la valorisation des carcasses.
Remplacement
Aucun modèle cellulaire ou in vitro n'est capable de reproduire l'effet de la programmation thermique chez l'espère cible, le poulet de chair, et son impact durant toute la durée de vie de l'animal (physiologie, comportement, performances, etc..).
Réduction
Pour les effectifs, le nombre d’animaux par parquet a été défini pour respecter une densité de production comparable aux élevages commerciaux. Considérant les travaux antérieurs et la variabilité interindividuelle attendue pour nos critères d’intérêt, nous devons disposer de 240 animaux/lot pour les indicateurs de performances de croissance (poids vifs, Gain Moyen Quotidien). Du fait des installations, certaines mesures, comme la consommation alimentaire, peuvent être mesurés uniquement au parquet, c’est pourquoi nous disposons de 6 parquets/traitement. Pour garantir la robustesse des résultats pour l'évaluation des marqueurs sanguins de stress oxydatif, on estime les effectifs nécessaires à 15 poulets/lot (soit 90 poulets au total). Pour le suivi de la température corporelle des poulets, nous nous sommes appuyés sur des travaux antérieurs et sur la résolution des implants choisis. De plus, compte tenu de la faible variabilité interindividuelle de la température corporelle, le nombre de 5 animaux par lot est nécessaire et suffisant pour mettre en évidence des effets significatifs sur la température des animaux. Seuls 2 lots seront suivis pour leur température corporelle soit un total de 10 poulets équipés d’implants (5 poulets x 2 lots). Les effets de la programmation thermique embryonnaire sur les critères mesurés seront analysés statistiquement.
Raffinement
Les poulets seront élevés dans des conditions standards dès l’éclosion à raison de 40 animaux par loge dans un bâtiment d‘élevage avec un contrôle automatique de la température, ventilation et lumière. Les animaux seront élevés au sol, sur copeaux et auront accès à l’aliment et à l’eau ad libitum. Cet élevage en groupe permet la proximité entre congénères et renforce les échanges auditifs, olfactifs et visuels entre les animaux, ainsi que les interactions positives. Ils seront visités deux fois par jour minimum, y compris pendant les week-ends et jours fériés et les manifestations de détresse ou de maladie seront prises en considération pour envisager le retrait des animaux (case infirmerie) ou leur euthanasie en cas d’atteinte des points limites. Le milieu de vie des poulets sera enrichi avec des chaînettes de couleur à picorer, et un perchoir sera mis à disposition des animaux dans chacune des cases dès leur arrivée dans le bâtiment à 1 jour.
Choix des espèces
Le poulet de chair a été choisi comme modèle car il s'agit de l'espèce agronomique cible du projet. L’évaluation de l’intérêt d’une programmation thermique embryonnaire lors de l’incubation se fera tout au long de la durée d’élevage des animaux. L’opération se fera sur des animaux de 15 jours afin qu’il puisse supporter l’acte de chirurgie et permettre de suivre les paramètres du capteur tout au long de la vie de l’animal. Par ailleurs, l’épisode artificiel de forte chaleur sera appliqué en fin d’élevage, 10 jours avant abattage (à l’âge où les animaux sont les plus sensibles au pic de température) de J24 à J28. Il convient donc de suivre les critères zootechniques, comportementaux et sanitaires pendant toute la durée de l’élevage. Les poulets seront élevés de leur jour d’éclosion l’âge classique d’abattage pour un élevage type standard à savoir 6 semaines (36 jours).
Etude cinétique de deux antibiotiques chez les lapins et poulets de chair
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Poules : 40
Objectifs
Certains antibiotiques dits "anciens" utilisés en médeciné vétérinaire font partie des traitements dits de « premier recours » pour les praticiens dans toutes les espèces animales de production. Pour ces anciennes molécules, les autorisations de mise sur le marché indiquent d’utiliser la même dose quelle que soit l’espèce animale concernée. Or ces doses ne sont probablement pas bien adaptées car les vitesses d'élimination (et donc la durée d'action) peuvent être très variables d'une espèce à l'autre. Ces différences peuvent aboutir à des expositions à l’antibiotique bien différentes d’une espèce animale à l’autre et notamment à un risque d’exposition insuffisante in vivo (sur animaux vivants), diminuant les chances d’efficacité du traitement. L’objectif principal des procédures expérimentales est de générer des données pharmacocinétiques (à savoir le suivi des concentrations sanguines au cours du temps) in vivo pour deux anciennes molécules antibiotiques courament utilisées chez le poulet et le lapin. Par la suite et à l’aide de la modélisation pharmacocinétique/pharmacodynamique (PKPD) (correspondant à un outil mathématique permettant de relier les concentrations sanguines à l’effet observé soit ici la diminution du nombre de bactéries pathogènes), les modalités optimales d’administration de ces deux molécules seront déterminées (ajustement des doses et fréquence d'administration).
Bénéfices attendus
La révision des posologies des anciens antibiotiques passe par une caractérisation adéquate des profils pharmacocinétiques de chaque molécule pour chaque espèce animale cible de ces traitements, les poulets et les lapins. Ainsi, les études pharmacocinétiques in vivo prévues dans ce projet couplé à des études pharmacodynamiques in vitro sur des bactéries pathogènes les plus fréquemment rencontrées vont, à terme, permettre d’optimiser l’usage de ces antibiotiques (doses, fréquence d'administration) chez le lapin et la volaille. Une utilisation plus optimale des antibiotiques permettra de : (i) augmenter les chances de succès du premier recours à l’antibiothérapie, et ainsi réduire la probabilité d’un éventuel recours à un antibiotique supplémentaire ; (ii) minimiser l’exposition à des concentrations sub-optimales, qui favorisent la sélection et l’émergence de bactéries résistantes aux antimicrobiens.
Procédures
Durant l'expérimentation une source de stress viendra de l'administration des antibiotiques et des prélèvements sanguins qui seront faits sur animal vigile et nécessitent donc une contention ferme (2 administrations par animal au total espacé de 7 jours au minimum), mais la contention sera effectuée par des opérateurs formés, assurant la sécurité des animaux et des opérateurs et minimisant les sources d’inconfort pour les animaux. Pour l’administration par voie orale, une durée de 2min est nécessaire avec une contention. Pour l'administration par voie veineuse, un cathéter sera utilisé sur la veine le temps de l’administration puis retiré dès l’injection terminée, pour une durée de 2 à 3 min. Des prélèvements sanguins répétés (8 à 9 pour les lapins et 6 à 8 pour les poulets) chacun seront effectués sur animal vigile sur une période de 48h après chaque administration. Une crème analgésique sera appliquée sur la zone d'introduction de l'aiguille. Chaque prélèvement ne durera que 2 à 3 minutes.
Impact sur les animaux
L'administration d'antibiotiques et les prises de sang sont des sources d’angoisse et de douleur légère pour l’animal mais d'une durée très brève (inférieure à 2-3 min).
Devenir
A l’issue de l’expérimentation, les lapins et poulets seront mis à mort pour obtenir des échantillons de tissus.
Remplacement
Il n’existe actuellement pas de méthodes non-animales de remplacement pour suivre la cinétique plasmatique (Tout en incluant les variabilités inter-individuelles) des molécules qui est une étape préliminaire à l’approche Pharmacocinetique/pharmacodynamique envisagée.
Réduction
L’utilisation de 16 à 20 animaux par molécule antibiotique (soit 32 lapins et 40 poulets au total) est un nombre optimal afin d’estimer correctement les variations inter-individuelles des paramètres cinétiques (clairance, etc.), tout en limitant le nombre de prises de sang pour chaque individu. De plus, chaque animal sera utilisé pour deux administrations pour chaque molécule d'antibiotique (2 molécules au total) ce qui permet de limiter le nombre total d'animaux. Une période de repos adaptée entre les 2 administrations permet de garantir la fiabilité des résultats et de laisser les animaux récupérer. Les résultats seront analysés grâce à une modélisation mathématique qui permettra par la suite d’étendre l’exploration à d’autres posologies sans la nécessité d’utiliser d’autres animaux.
Raffinement
A leur arrivée, les animaux auront une période d’acclimatation d’une semaine. Les lapins seront hébergés par 2 par cage tout en respectant les normes du bien-être animal. Des enrichissements appropriés (des petits ballots de foin et bâtons à ronger) seront également présents dans l’environnement des lapins. Les poulets seront hébergés par groupe de 5, avec de l’enrichissement (perchoirs, zone de grattage avec sciure, cordelette suspendue). Les gestes relatifs à l’administration des antibiotiques étudiés et aux prises de sang seront effectués dans une pièce isolée des autres animaux afin de réduire le stress de ces derniers. La contention lors de ces gestes se fera avec l’aide d’une grande serviette pour minimiser les gestes parasites de l’animal et risquer des blessures involontaires. Une phase de training à la manipulation sera réalisée (1 semaine) afin de diminuer le stress de la contention. Un analgésique local (pommade) sera utilisé avant l'administration et les prises de sang. Pour les lapins des points limites seront définis en fonction de la grille d’évaluation des expressions faciales du lapin . Une surveillance quotidienne du comportement et de l’état général des animaux sera effectuée au regard de leur consommation d’eau, de leur alimentation, et en effectuant des mesures du poids. Ces points clefs vont déterminer les points limites qui seront appliqués dès l'apparition d'éventuels signes précoces de la douleur. Si l’usage d’analgésique par voie systémique est nécessaire, l’animal sera retiré de l’étude.
Choix des espèces
Il s’agit des espèces cibles pour l’étude pharmacocinétique de ces deux molécules en médecine vétérinaire Au début de l’expérimentation, les lapins seront âgés de 70 jours (soit entre 2kg et 2.5kg à l'arrivée des animaux) et les poulets seront âgés 3 à 4 semaines (soit entre 1kg et 1.5 kg à l'arrivée des animaux). Ce stade correspond à l'âge standard des animaux traités en élevage conventionnel.
Démonstration in vivo de la germination de souches probiotiques chez le poulet de chair
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Objectifs
L’utilisation de probiotiques, additifs contenant des micro-organismes à visée santé, est largement répandue dans le secteur de la nutrition animale. Ces probiotiques permettraient de réduire les risques d'affections digestives, en particulier chez les volailles qui y sont sensibles (coccidioses, salmonelloses, colibacilloses, entérites...) . L’apport exogène de spores bactériennes est particulièrement intéressant puisque les spores représentent une forme de résistance des bactéries aux conditions défavorables. Ainsi les probiotiques incorporés dans l’aliment sont protégés lors du processus de granulation ou lors de transports. L’efficacité de l’additif utilisé dépend alors de la capacité des spores ingérées par les animaux à s’implanter dans le tractus digestif et à y devenir actives : il s’agit de la germination. Chez le poulet de chair à croissance rapide, différentes caractéristiques du tractus digestif peuvent limiter cette germination. Le temps de transit particulièrement court des races de poulets de chair d’élevages conventionnels (entre 5 et 6h en moyenne) requiert des processus de germination rapides. Qui plus est, la présence d’un jabot chez cette espèce dans le segment antérieur du tractus digestif est susceptible d’impacter la germination bactérienne. En effet le pH légèrement acide dans le jabot pourrait favoriser la germination qui serait suivie d’un passage des bactéries dans le proventricule, zone très acide pouvant dégrader les souches bactériennes rendues actives. Ainsi de nombreux facteurs physiologiques sont susceptibles d’impacter les réponses de poulets ayant reçus des spores probiotiques. Pour optimiser cette germination, l’entreprise partenaire a sélectionné avec attention les 3 souches bactériennes présentes dans ses probiotiques et a récemment intégré des facteurs germinatifs à ses formules. Des études in vitro internes ont précédemment permis de valider cette optimisation du processus de germination. Des essais zootechniques ont également démontré l’intérêt zootechnique de ces nouvelles solutions probiotiques. L’objectif de ce projet est désormais de démontrer la germination de 3 spores de Bacillus seuls ou associés in vivo dans le tube digestif de 140 poulets de chair âgés de quatre semaines. Sachant que de nombreux facteurs physiologiques peuvent affecter cette germination, l’étude s’attachera à définir une cinétique de germination dans les principaux segments digestifs du poulet.
Bénéfices attendus
Les retombées positives attendues de ce projet sont l’amélioration des connaissances relatives à l’implantation de souches d'intérêt dans le tractus digestif du poulet de chair. Une connaissance plus fine des facteurs et cinétiques d'implantation permettra de proposer une utilisation ciblée de l'additif et de mieux comprendre les modes d'action de la solution (l'implantation est-elle effective et sur quelle portion intestinale agit-elle ?).
Procédures
- gavage unique de solution enrichie en spores bactériennes (intervention rapide durant environ 1 minute, incluant la contention) - mise à mort pour prélèvements des digestas
Impact sur les animaux
Les souches sélectionnées, seules ou en association, visent à préserver la fonction intestinale. Les animaux gavés étant prélevés dans la journée, il n'est pas attendu d'effet positifs comme négatifs des inoculations. L'acte de gavage sera réalisé par 2 équipes d'opérateurs. Compte tenu des faibles quantités administrées, la principale nuisance attendue pour les animaux est un stress et inconfort comportemental (tentatives d'évitement) au moment de l'acte de gavage.
Devenir
Tous les animaux seront prélevés après gavage afin de récolter des contenus digestifs pour analyse ultèrieure
Remplacement
Les étapes préalables à la sélection des souches d'intérêt et à leur formulation ont été réalisées in vitro. Ainsi le produit testé constitue une association de 3 espèces de Bacillus sélectionnées après une batterie de tests parmi une collection de souches brevetées. La résistance du probiotique de bactéries formatrices de spores a également été validée en laboratoire de microbiologie suite à des processus alimentaires (comme les hautes températures pendant la granulation ou le traitement thermique du fourrage) et en digesteurs in vitro. A ce jour il n'existe pas de dispositif assez complet permettant de mimer le tractus digestif dans son intégralité (conditions et dynamiques) pour répondre à notre question scientifique.
Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire et suffisant pour la procédure a été déterminé à l'aide des données (amplitude de l'effet et variabiltié observée) d'une étude précédente testant la germination, la distribution et la persistence de spores de Bacillus subtilis dans le tractus digestif de poulets
Raffinement
Les mesures de raffinements envisagées pour ce projet ne comprenent que des mesures d’enrichissement. L’aménagement actuel des cages du bâtiment expérimental comprend des balles de ping pong suspendues en haut des cages. L'observation des poulets dans un précédent essai à l'aide d'éthogrammes a permis de valider l'utilisation du dispositif d'enrichissement et de constater qu'aucun comportement agressif n'était exprimé par les poulets dans ces conditions de captivité.
Choix des espèces
La filière avicole recheche de nouvelles solutions pour réduire l’utilisation d’antibiotiques en élevage tout en limitant la charge en bactéries entériques pathogènes comme Salmonella. En agissant sur l’ecosystème microbien et l’épithélium digestif, les probiotiques représentent des solutions à ce défi. L’utilisation de probiotiques à l’efficacité démontrée in vivo apparaît donc fondamentale dans le cadre de démarches préventives de gestion de la santé animale comme humaine. L'objectif de ce projet est de mieux comprendre les processus de germination de souches inoculées par voie orale. Il est ainsi recherché une certaine stabilité des fonctions digestives. Chez le poulet de chair, on considère que l'ontogénèse intestinale est intense au cours des 2 premières semaines de vie et se stabilise autour de 3-4 semaines. Ainsi les animaux seront âgés de 4 semaines au moment des inoculations et des sacrifices.
Evaluation digestive de nouveaux aliments chez le poulet de chair
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Objectifs
La viande de volaille représente une source de protéine animale importante et est en augmentation dans l'alimentation humaine. La production française se fait avec du tourteau de soja importé (3,5 millions de tonnes, majoritairement OGM) et des céréales. L'alimentation animale représente trois quart du coût de production et doit faire face à des enjeux sociétaux majeurs : réduction des gaspillages, bien être animal, valorisation de nouvelles ressources, OGM, diminution de l'importation de certaines matières premières, sécurité du consommateur. Dans ce contexte, le projet vise à caractériser de nouvelles ressources alimentaires pour l'alimentation animale, en diversifiant les sources de matières premières tout en limitant la concurrence avec l'alimentation humaine et de développer de nouveaux programmes alimentaires dont l'objectif est d'optimiser l'efficience des rations en réduisant, à la source, les rejets d'azote en mettant l'accent sur les stratégies nutritionnelles. Pour cela, des "bilans digestif" seront réalisés, en mesurant de façon précise, les nutriments digérés par le poulet de chair et ceux rejetés dans les fientes. Un bilan permet donc de quantifier le pourcentage de chaque nutriment réellement disponible pour le maintien, la croissance ou la production de l’animal. Le bilan est réalisé selon une méthode de référence standardisée, afin de fournir à la filière des tables d'alimentation précises et complètes, sur la valeur nutritionnelle des matières premières.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet concernent : 1) Les éleveurs et fabricants d’aliments : le projet permettra de leur fournir des données sur de nouvelles matières premières ou des matières premières issus de nouveaux process afin de limiter le gaspillage et les rejets, de choisir des matières premières non importées ou non utilisables directement par l’homme, l’ensemble contribuant à préserver l’environnement. 2 ) L'alimentation de l'homme : trouver des alternatives aux solvants issus du pétrole (hexane par exemple) utilisés dans la fabrication d’aliments pour volailles (tourteaux par exemple), améliorer la qualité des produits animaux. 3) L'alimentation des animaux : utiliser des aliments mieux digérés par les animaux, accompagner l'élevage vers l'alimentation de précision.
Procédures
Tous les animaux sont soumis à une procédure de bilan digestif en cage individuelle d'une durée de 9 jours, de 17 à 25 jours d’âge et avec perception visuelle, auditive et olfactive entre congénères. Ils sont également soumis à deux mises à jeun (sans restriction hydrique) de 17h chacune, la nuit, afin de vider le tube digestif.
Impact sur les animaux
Les effets négatifs sur les animaux sont liés, d'une part au stress léger lié à l'isolement en cage individuelle de 9 jours (sans isolement visuel et olfactif) et d'autre part liés à la légère sensation de faim que pourraient avoir les animaux lors de la mise à jeun réalisée pendant 17h, sur la période de nuit principalement (sans restriction hydrique).
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort en fin d'expérimentation à des fins de prélèvements des contenus digestifs dans le but d'analyses chimiques pour les mesures de digestibilité.
Remplacement
Il n'existe, actuellement, aucune méthode pour reproduire in silico, le tube digestif d'une volaille. Quant aux méthodes in vitro, elles sont en développement mais ne sont actuellement pas encore opérationnelles pour permettre ces études de digestion. L'étude du microbiote et des processus de digestion nécessitent donc le recours à des animaux.
Réduction
La réduction du nombre d'animaux est basée sur deux principes : 1) Grouper au maximum les régimes à tester pour n'avoir qu'un seul régime témoin (régime standard). 2) Disposer de 12 animaux par régime est nécessaire et suffisant pour avoir des résultats robustes malgré la variabilité individuelle importante.
Raffinement
Avant leur mise en cage à 17 jours, les animaux sont hébergés tous ensemble, en groupe, au sol et sur copeaux. Les animaux sont mis en cage à 17 jours d'âge, ce qui correspond à l'âge à partir duquel le tube digestif et leur microbiote sont pleinement fonctionnels. La durée du séjour en cage individuelle est réduite au maximum. Les cages sont disposées de manière à procurer aux poulets une perception visuelle, auditive et olfactive entre congénères. La période de mise à jeun de 17h a été définie la nuit, moment où les animaux ne consomment, naturellement, pas d'aliment. Afin d’éviter d’induire un biais expérimental, il n'est pas possible d'enrichir le milieu avec des matériaux consommables ; les cages seront néanmoins enrichies de chaînettes et de perchoirs. Les aliments distribués aux animaux permettent de couvrir les besoins physiologiques sans carence ou excès. L'eau est maintenue à volonté. La température de la salle est augmentée de 2 degrés par rapport à un programme classique d'élevage pour améliorer le confort thermique des animaux. Une grille d’évaluation du bien-être des animaux, basée sur leur comportement et leur état de santé, est complétée quotidiennement par le personnel animalier afin de détecter toute altération de leur état de bien-être. Pour chaque paramètre d’atteinte au bien-être, nous avons défini plusieurs niveaux d’action.
Choix des espèces
Les objectifs du projet portent sur la nutrition des volailles, avec un objectif de valorisation par les filières avicoles. Le poulet de chair représente l'espèce majeure concernant la production de viande de volailles. Les bilans digestifs sont réalisés entre 17 et 25 jours d'âge, ce quicorrespond à l'âge à partir duquel le tube digestif et son microbiote sont pleinement fonctionnels. Aussi, à ce stade, les animaux sont suffisamment développés pour s'adapter à une période de 9 jours en cage et sont en pleine croissance, ce qui permet une réponse physiologique maximale.
Production subclinique de parasites Eimeria maxima chez le poulet de chair en vue de tester in vitro la synergie de nouvelles substances anticoccidiennes
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Objectifs
Les coccidioses sont les affections parasitaires les plus dommageables en filière avicole, du point de vue économique et du bien-être et de la santé des animaux. Cette pathologie est causée par Eimeria, un parasite qui infecte l’intestin et y crée des lésions. Les conséquences de la coccidiose sont importantes : diminution de la prise alimentaire, inflammations, diarrhées hémorragiques, développement d’autres maladies intestinales. Dans le cas de certaines espèces du parasite, cette infestation peut conduire à la mort de l’animal. Les Eimeria forment des spores (oocystes) en « utilisant » les cellules épithéliales de l’intestin. Ces oocystes sont ensuite excrétés via les fientes qui sont le principal moyen de transmission entre les animaux. Actuellement, les méthodes destinées à contrer la coccidiose reposent principalement sur l’utilisation de produits chimiques anticoccidiens et sur le développement d’une immunité contrôlée par addition d’antibiotiques ionophores dans l’aliment. Mais des résistances peuvent survenir très rapidement. Ces stratégies sont restées efficaces tant que de nouveaux médicaments étaient régulièrement introduits. Mais aucun nouveau produit n’ayant été commercialisé depuis l’an 2000, la sensibilité des parasites vis-à-vis des médicaments existants a diminué, favorisant l’apparition de souches plus virulentes. De plus, la demande de la société en faveur d’animaux élevés sans antimicrobiens, d’aliments exempts de résidus et l’utilisation prophylactique de produits chimiques anticoccidiens étant en croissance constante, il est nécessaire d’identifier de nouvelles molécules anticoccidiennes. Un précédent projet a permis de valider in vivo les propriétés anticoccidienne de 6 substances identifiées in vitro, en comparaison avec les performances de la salinomycine, autorisée jusqu’en 2027 comme coccidiostatique pour les poulets d’engraissement. Les résultats ont montré une réduction de l’excrétion des oocystes aux doses testées, mais inférieure à celle de la salinomycine. Afin d’améliorer l’efficacité de ces mêmes substances et leur dose d’inclusion, ce projet s’intéresse à les combiner entres elles afin d’évaluer leur effet synergique potentiel in vitro en se basant sur le même processus de criblage in vitro réalisés au cours d’un projet qui avait permis d’identifier ces substances.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de poursuivre le développement de nouvelles molécules anticoccidiennes à destination des volailles, évaluées dans un précédent projet, d’évaluer in vitro les effets de ces molécules en combinaison. Si les résultats de ce projet sont probants, ils serviront de base pour un autre projet afin d’évaluer, cette fois-ci, in vivo l’effet de la combinaison des molécules anticoccidiennes.
Procédures
Les animaux seront élevés avec un aliment répondant à leurs besoins nutritionnels pendant 29 jours. Administration par voie orale de 1 ml de substance, une seule fois avec un temps de contrainte pour maintenir chaque animal qui ne dépassera pas 30 secondes et se fera progressivement en fonction de la déglutition de l'animal.
Impact sur les animaux
Signes cliniques pouvant apparaitre 5 jours après l'administration d’oocystes infectieux sporulés : baisse de consommation d’aliments, perte de poids, frilosité, apathie, plumes ébouriffées, position en boule.
Devenir
A la fin de la procédure, tous les animaux infestés seront mis à mort, pour le prélèvement de contenus intestinaux pour établir une banque d’échantillons qui serviront au développement de nouveau test d’identification des parasites à Eimeria.
Remplacement
L’étude in vitro des parasites unicellulaires est un challenge scientifique et Eimeria n’y fait pas exception. Si des tests in vitro mimant le comportement infectieux existent comme l’invasion cellulaire avec des lignées de cellules de rein (MDBK), il est n’est pas possible d’aboutir à un cycle complet du parasite et par conséquence à sa culture in vitro. La production in vitro d’Eimeria maxima reste encore à l’heure actuelle impossible. Cette impossibilité technique de cultiver in vitro Eimeria maxima nécessite d’utiliser des animaux vivants comme réservoir naturel du parasite sous forme d'oocystes. Lorsqu’une méthode in vitro de production du parasite sera disponible l’utilisation des animaux vivants ne sera plus nécessaire.
Réduction
Une campagne de production d’oocystes est nécessaire afin d’évaluer in vitro la synergie potentielle des nouvelles molécules anticoccidiennes préalablement sélectionnés in vitro et évaluées in vivo dans des précédents projets. La nouvelle série de tests in vitro permettra de déterminer si une combinaison de ces molécules par deux ou par trois pourrait améliorer l’efficacité de l’activité anticoccidienne. Sur la base de précédents projets, huit animaux permettront d’obtenir suffisamment d’oocystes pour la réalisation des tests in vitro dans un laps de temps évitant le développement de manifestations intestinales sévères chez l’animal. Le but de ce projet n’est pas de rechercher une production en masse du parasite étant délétère pour l’animal. Le nombre de huit animaux permettra de favoriser des conditions d’élevage optimales et sans altérer les interactions sociales participant au bien-être des animaux.
Raffinement
L’inconfort, le stress de la contrainte lors du maintien des animaux dû au gavage, sont réduits par une manipulation empathique des animaux par les applicateurs de la procédure, une administration unitaire de la substance par voie orale à l’aide d’une seringue sans aiguille à un volume approprié à la taille de l’animal et par une surveillance minutieuse quotidienne des animaux à l’aide de la grille d’observation. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille tout au long de l’étude et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture surtout en période de démarrage. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, ajustement régulier de la hauteur des lignes d’eau ainsi que les ouvertures d’accès aux mangeoires en fonction de l’âge des animaux L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (grelots scintillants), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux, et restent conforme à la législation en vigueur. Aucun animal ne reste isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
Les anticoccidiens recherchés constituent une solution contre la coccidiose aviaire des poulets de chairs en élevage et sont destinés à être incorporés dans les aliments distribués aux volailles. Notre modèle d’étude sera donc le poulet de chair (Gallus gallus domesticus). Les animaux livrés seront des poussins de 1 jour (poids moyen 40 g). Ils seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 29 jours.
Etude de la digestibilité de ressources alimentaires issues de cultures tropicales chez le poulet de chair
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Objectifs
L’alimentation représente le principal poste de dépenses dans les élevages de volailles, en particulier dans les zones tropicales insulaires fortement dépendantes des importations. Néanmoins, les évolutions agroécologiques et économiques poussent les éleveurs à rechercher de nouvelles sources de matières premières issues des zones tropicales pour nourrir leurs animaux. Ces ressources produites localement, pourraient être intégrées à la ration en tant que sources d’énergie et/ou de protéines. Ce projet s’inscrit dans cette démarche et vise à caractériser la valeur alimentaire d’alternatives à l’alimentation classique des volailles de chair en zone tropicale insulaire. Trois sources alternatives ont été étudiées : le niébé, la farine d'insecte et la farine de banane. Cet essai fait suite à une précédente expérience de zootechnie ayant évalué les performances de poulets de chair dont les résultats obtenus nous incitent aujourd’hui à mieux caractériser la digestibilité des régimes expérimentaux.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra de : - Comparer la digestibilité des régimes testés lors d’un précédent essai de zootechnie. Les résultats obtenus permettront d’expliquer les disparités de performances observées entre les différents régimes - Générer des données in vivo qui pourront être valorisées dans d’autres projets comme ceux visant à développement de nouvelles méthodologies alternatives à la cage de digestibilité. In fine ce projet contribuera à permettre aux éleveurs des zones tropicales insulaires de nourrir leurs animaux avec des produits locaux et de limiter les importations ayant un coût économique et environnemental important.
Procédures
Les animaux seront soumis à un bilan digestif qui nécessite l'utilisation d'une cage métabolique individuelle sur une durée de 6 jours.
Impact sur les animaux
Le changement d'aliment effectué pour introduire nos ressources tropicales dans les régimes alimentaires pourra entraîner un stress de type néophobie alimentaire, lié à la modification de la présentation de l’aliment. De légers troubles digestifs peuvent également survenir lors de l’introduction des régimes expérimentaux (fientes plus molles). La mise en cage entraînera une réduction des possibilités de déplacement ainsi que des interactions sociales. Un stress léger pourra également être observé lors des manipulations pour les pesées.
Devenir
Tous les animaux seront replacés à la fin de la procédure
Remplacement
La caractérisation de la digestibilité des matières premières nécessite d'observer les interactions entre ces matières et le tube digestif de l'organisme cible. Par conséquent, il n’est pas possible de se passer du modèle animal dans ce contexte.
Réduction
Un total de 140 animaux est requis pour ce projet. Cet effectif tient compte du plan expérimental mis en place ainsi que des trois facteurs qui seront étudiés : le régime et le sexe. Le calcul a été effectué sur la base de données bibliographiques utilisant des approches scientifiques communes et avec les outils statistiques adéquats. Le type d’analyse statistique à effectuer a été pris en compte pour dénombrer au plus juste le nombre d’individus requis.
Raffinement
Conditions d’élevage et mesures de bien-être: Avant leur hébergement en cage métabolique, les animaux seront élevés en groupe, au sol, sur une litière de copeaux de bois afin de stimuler les comportements naturels de grattage. Des perchoirs seront installés pour leur permettre de se percher. Des boîtes en carton seront également mises à disposition des poussins afin de leur offrir des cachettes et des plateformes de perchage. Ces objets seront disposés de manière à créer des zones de contraste lumineux et à offrir des espaces de retrait. Pendant l’hébergement en cage individuelle, des ficelles ou des rondelles métalliques seront installées afin de compenser la perte de liberté de mouvement et de favoriser l’expression du comportement de picorage, qui est majoritairement observé chez les volailles au cours de la journée. Les cages utilisées seront ajourées, permettant aux animaux de voir, sentir et interagir tactilement avec leurs congénères (au moins un côté sera partagé avec une autre cage). La phase en cage métabolique a été réduite au strict minimum, en incluant une période d’habituation de 72 heures suivie d’un bilan digestif de 72 heures. Raffinement des procédures expérimentales: Le risque principal au cours de ce protocole est une réduction du comportement alimentaire, liée soit à l’introduction de nouveaux ingrédients soit au stress potentiel associé à la mise en cage. Pour limiter le développement d’une néophobie alimentaire lors de l’introduction des régimes expérimentaux, une période de transition alimentaire de 6 jours est prévue, permettant une adaptation progressive aux nouveaux aliments. Pour surveiller l’impact de la mise en cage sur le comportement alimentaire, la consommation sera suivie quotidiennement par la pesée des mangeoires et des animaux. Si un animal reste prostré ou cesse de s’alimenter pendant 24 heures, ou s’il subit une perte de poids supérieure à 10 %, un point limite sera considéré comme atteint. L’animal sera alors retiré de l’expérience et replacé en élevage au sol. Si son état continue de se dégrader dans les 24 heures suivantes, son euthanasie sera décidée.
Choix des espèces
Ce projet vise à étudier la possibilité d’inclure des ressources tropicales dans les régimes alimentaires des volailles. Nous avons donc fait le choix de travailler directement sur notre espèce cible. Nous travaillerons sur des animaux adultes, car c’est le stade de développement classique pour les études de digestibilité et où le tube digestif est complètement mature. Les deux sexes seront pris en compte dans ce dispositif, car les élevages de poulet de chair incluent généralement les deux sexes.
Évaluation de nouvelles solutions enzymatiques pour améliorer la valeur nutritionnelle des régimes alimentaires chez le poulet de chair.
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Objectifs
L’alimentation animale représente environ 70 % des coûts de production dans l’élevage, ce qui a donné lieu à des recherches approfondies sur l’optimisation de l’utilisation des aliments sans compromettre les performances animales ou la durabilité. L’utilisation d’enzymes alimentaires est devenue une pratique courante dans l’industrie de la production animale. À l’échelle mondiale, les tourteaux de soja et le maïs sont les ingrédients dominants des aliments pour volailles, principalement en raison de leur profil nutritionnel et de leur disponibilité. Cependant, ces ingrédients sont riches en fibres perturbant la composition de la microflore intestinale, altérant la disponibilité et l'utilisation des nutriments et par conséquent réduisant les performances de croissance des poulets de chair. L’utilisation d’enzymes dégradant les fibres est devenue une pratique courante dans les régimes alimentaires des volailles pour réduire leurs effets antinutritionnels. Il a été démontré qu'elles diminuent la viscosité intestinale et améliorent la digestibilité des nutriments, et donc l'utilisation des ingrédients alimentaires fibreux composant l’aliment. Néanmoins, de nombreuses données ont montré que les enzymes utilisées sont très spécifiques et que l’efficacité varie en fonction de la composition des ingrédients de la ration alimentaire. En effet, le profil en fibres du maïs est nettement différent de celui du blé, expliquant une croissance moins importante des poulets de chair avec ces enzymes sur des régimes à base de maïs. Par conséquent, l’efficacité des enzymes repose sur les caractéristiques chimiques des fibres constituants les ingrédients suggérant ainsi que l'utilisation d'un mélange d’enzymes serait plus efficace dans les régimes alimentaires des poulets de chair. L’objectif de ce projet est d’évaluer des combinaisons de trois enzymes pour améliorer la valeur nutritionnelle des régimes alimentaires des volailles par rapport aux solutions enzymatiques existantes.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra 1) d’évaluer si les trois enzymes ajoutées individuellement dans l’aliment sont efficaces sur la solubilisation des fibres constituants le blé, le maïs et le soja., 2) de déterminer la ou les combinaisons enzymatiques qui permettent in vivo de mieux valoriser l’apport nutritif de la ration alimentaire, 3) de déterminer si les enzymes agissent en synergie ou de manière additive. Sur la base des résultats obtenus et du mode d’action déterminé, la dose d’inclusion de la ou des combinaisons enzymatiques sélectionnées pourra être optimisée. Ce projet permettra de répondre aux difficultés rencontrées par les éleveurs de poulets de chairs en termes d’apports nutritifs de la ration alimentaire, de coûts d’alimentation et de santé intestinale des animaux.
Procédures
Les animaux seront nourris avec un régime alimentaire modifié avec un apport en énergie réduit pour voir les effets des additifs ajoutés pendant 28 jours. Stress et inconfort des animaux qui seront sortis de leur cage pour être pesés en groupe (
Impact sur les animaux
Augmentation de la consommation alimentaire pour compenser une réduction modérée de l’apport en énergie dans l’aliment. Inconfort et stress dû aux pesées et à la prise de sang
Devenir
Tous les animaux entrant dans la procédure seront mis à mort pour le prélèvement des contenus intestinaux
Remplacement
Pour réduire le recours à l’expérimentation animale, les additifs alimentaires spécifiques des substrats présents dans le maïs, le soja et le blé ont été précédemment testés in vitro seuls ou en combinaison sur leur efficacité à solubiliser les fibres des ingrédients entrant dans la ration alimentaire des poulets de chair. Ces tests ont montré l’efficacité des enzymes à solubiliser les fibres spécifiques constituants le blé, le maïs et le soja. Cette efficacité a été accentuée dès lors que les enzymes ont été ajoutées en combinaison. Ces tests in vitro utilisées en première intention doivent cependant être confirmée in vivo afin de prendre en compte toutes les interactions physiologiques complexes qui ont lieu in vivo lors de l’ingestion des additifs chez le poulet de chair. Le développement de la nouvelle solution enzymatique implique de connaitre son mode d’action chez l’animal auquel il est destiné impliquant l'utilisation d'animaux vivants
Réduction
Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet et a été réduit à la stricte nécessité pour aborder l’objectif du projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale nécessaire au bien-être des animaux, d’avoir suffisamment de quantité d’échantillons pour réaliser les analyses et d’obtenir des données scientifiquement robustes. Des analyses post mortem seront réalisées sur les contenus intestinaux de chaque animal afin de générer le maximum d’informations possibles par animal.
Raffinement
La gestion du bien-être des animaux tout au long du projet inclut l’application de points limites spécifiques et précoces. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour la pesée en groupe des animaux sont réduits en réalisant les opérations de capture le plus silencieusement possible, par une manipulation délicate des animaux saisis au niveau du tarse juste au-dessus des doigts pour être transférés dans des contenants suffisamment grands pour éviter l’empilement et donc l’étouffement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place au démarrage de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, un ajustement régulier de la hauteur des lignes d’eau ainsi que des ouvertures d’accès aux mangeoires en fonction de l’âge des animaux sera effectué. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (grelots scintillants), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux, favorisent les interactions sociales, et correspondent à la législation en vigueur. Aucun animal ne restera isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
Les nouvelles solutions enzymatiques qui sont développées sont destinés à être incorporées dans les rations alimentaires distribuées aux volailles (poulets de chair) pour faire face à la variabilité de la qualité nutritionnelle des ingrédients entrant dans la composition des régimes alimentaires des volailles. Les animaux seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 28 jours. Des poulets juvéniles et jusqu’à 28 jours d’âge seront utilisés dans cette étude afin d’avoir des animaux dont le développement intestinal et les sécrétions d'enzymes endogènes soient suffisamment matures, soit après 3 semaines pour les mesures de digestibilités.
Effet de l’enrichissement du milieu sur les vocalisations et le comportement des poulets de chair et des poules pondeuses
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Le contrôle du bien-être animal dans les élevages commerciaux de volailles fait aujourd’hui partie des priorités sociétales. Avec le développement récent de l’intelligence artificielle, la bioacoustique peut nous permettre maintenant la mise en place d’outil automatisé pour quantifier les vocalisations liées au bien-être des animaux. Afin de développer un tel outil utilisable en élevage, ce projet vise à enregistrer toutes les vocalisations émises par des poussins de chair au cours de leur croissance et par des poules pondeuses lors de la phase adulte. Afin de déterminer les vocalisations propres à un état de bien être, nous comparons des oiseaux élevés en milieu standard d’élevage, à des oiseaux élevés en milieu enrichi. Ces conditions permettront aussi d’évaluer les conséquences de l’enrichissement du milieu sur le développement du comportement de jeu, social et émotif des oiseaux ainsi que des capacités cognitives d’exploration spatiale du milieu, qui pourront être mis en lien avec les vocalisations émises en situation positive.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont de deux ordres : 1/ enregistrer un stock de cris des poussins au cours de leur croissance et de poules pondeuses, essentiels pour entrainer une intelligence artificielle qui aura pour but à terme de détecter automatiquement dans les élevages des cris indicateurs de l'état positif des animaux, mais aussi prévenir les états de mal-être, et 2/ tester l'effet de l'enrichissement physique du milieu pour améliorer les conditions de vie des animaux d'élevage.
Procédures
Les animaux seront soumis à des tests éthologiques de caractérisation du comportement et des vocalisations. Les tests individuels seront au nombre de 4 et restent d'une durée inférieure à 20 minutes chacun. Un seul prélèvement sanguin sera effectué en fin d’expérimentation pour évaluer l’état de santé sur la base d’indicateurs physiologiques par une personne expérimentée. Le prélèvement sera réalisé en moins de 2 min après la capture de l'oiseau dans son box.
Impact sur les animaux
Les oiseaux peuvent subir des nuisances lors de la capture puisqu’ils peuvent émettre des réponses de peur à l’approche de l’expérimentateur (fuite et envol). Cependant, le temps de capture est inférieur à 2 minutes, ceci permettant de limiter les risques de blessure de l’animal lors de ces comportements de fuite. La prise de sang pourra induire une douleur de courte durée et modérée liée à l'aiguille. Enfin, la séparation sociale lors des tests peut également être une source de stress pour ces oiseaux sociaux. Cependant, cette séparation sera d’une courte durée (moins de 20 minutes par journée de test, 4 tests individuels sur l’ensemble de l’expérience).
Devenir
Tous les poulets et poules pondeuses seront réhabilités et placés chez des particuliers après une campagne de recrutement de volontaires avec l’appui éventuel d’association locale.
Remplacement
Nous cherchons à enregistrer un stock de vocalisations typiques de l’état de bien-être chez les poussins et les poules, et de les mettre en lien avec leur comportement. Nous donc devons expérimenter directement sur l’animal vivant, ce qui exclut tout type de remplacement.
Réduction
Le nombre d’animaux choisi par lot (20 mâles et 20 femelles) pour les poussins, et 20 femelles par lot pour les poules pondeuses permet d’avoir un effectif suffisant pour tester les différences comportementales compte tenu de l’existence de la variabilité individuelle en éthologie tout en tenant compte d’un possible effet sexe. De plus, la composition de 8 individus par groupe permet de favoriser les échanges sociaux en référence aux conditions naturelles de l’espèce.
Raffinement
Les animaux seront maintenus en groupes sociaux de 8 individus, ce qui permet de favoriser les échanges sociaux en référence aux conditions naturelles de l’espèce. Chaque groupe sera hébergé dans un box mesurant 2m x 2,3 m x 2m. Le plafond de ces box sera recouvert d’un revêtement isolant phoniquement afin de diminuer la résonnance des pièces pour un meilleur confort phonique des oiseaux. Chaque box sera équipé d’une mangeoire et d’un abreuvoir (nourriture et eau à volonté), d’une chaufferette pour les poussins, de litière au sol (copeaux de bois) leur permettant de faire des bains de poussière. L’allumage et l’extinction de la lumière se fera progressivement avec une phase de lumière tamisée de 30 minutes afin de ne pas opérer de changement brutal de luminosité ce qui peut être perturbateur du comportement des animaux. Lors des phases de tests, les oiseaux seront déplacés et manipulés par du personnel compétent et expérimenté. Les phases de tests seront limitées à 20 minutes par jour pour limiter les contraintes pour l’animal. A chaque étape, les points limites seront pris en compte pour la continuité de l’expérimentation dans de bonnes conditions. Ces évaluations seront réalisées par des personnes expérimentées. Les oiseaux seront soignés et observés tous les jours par un personnel expérimenté. La détection de tout changement de comportement ou de blessure induira un isolement de l'individu pour l’administration de traitement adapté.
Choix des espèces
La poule domestique est une espèce modèle de gallinacé nidifuge, à développement rapide, et ayant une vie terrestre et riche socialement, et dont la domestication est la plus ancienne, ce qui en fait une espèce peu sensible à la présence humaine. De plus, l’interêt de cette espèce pour l’élevage est crucial. En effet, au niveau de la consommation de viande, le poulet de chair est la viande la plus produite dans le monde (132M de tonnes en 2021). De plus, au niveau de la production des œufs, la France est le premier producteur européen d’œufs (1M de tonnes en 2023). C’est pour cela que nous allons utiliser une lignée de poulets de chair, et une lignée de poules pondeuses. Nous allons tester des poussins en croissance pour identifier les effets de l’âge sur l’expression vocale (la fréquence des cris évolue avec la croissance) et la mise en place des comportements. Nous suivrons le calendrier en élevage observant les poulets de l’éclosion à l’âge de 35 j. Nous allons aussi observer des femelles adultes pondeuses, du début de ponte jusqu’au pic de ponte. Les variations hormonales sexuelles sont connues pour influencer l’expression comportementale et vocale, il est donc nécessaire d’observer au moins ces deux stades de reproduction.