Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées :
- 235 projets autorisés en avril 2026 (01/05/2026)
- 296 projets autorisés en mai 2026 (01/06/2026)
Étude de remplacement cellulaire pour restaurer la fonction multiciliaire des voies respiratoires chez le minipig, dans le cadre de la recherche sur la dyskinésie ciliaire primaire.
- Recherche appliquée
- Troubles respiratoires
- Recherche fondamentale
- Système respiratoire
Objectifs
La majorité des maladies pulmonaires d’origine génétique, comme certaines formes de mucoviscidose, n’ont pas encore de traitement curatif. Les tentatives de traitement par inhalation de virus modifiés n’ayant pas donné les résultats espérés, une nouvelle approche combinant thérapie cellulaire et thérapie génique a vu le jour. Nous avons mis au point une méthode simplifiée pour créer des cellules souches à partir du sang du patient, les corriger génétiquement, puis les transformer en cellules capables de régénérer les voies respiratoires. Cette technologie ouvre la voie à des traitements innovants pour les maladies pulmonaires génétiques. Pour valider cette approche, nous l’appliquons actuellement à une maladie rare appelée dyskinésie ciliaire primitive (PCD).
Bénéfices attendus
Les bénéfices concernent le traitement de la dyskinésie ciliaire primitive (PCD). Si les résultats sont favorables, notre travail pourrait permettre à conduire un futur essai clinique, en fournissant des données qui seront nécessaires à la mise en place d'un essai clinique.
Procédures
Les animaux sont soumis à : -Procédures chirurgicales : sous anesthésie, donc la durée sera plafonnée à 2h30, afin d'assurer une récupération optimale aux animaux; - Imagerie (2 fois) : sous anesthésie, donc la durée sera plafonnée à 1h30; - Prélèvements sanguins (8 fois) : sous anesthésie rapide de 30 minutes maximum.
Impact sur les animaux
La principale nuisance attendue chez les animaux est relative à la greffe des cellules, plus précisément au conditionnement excessif (risque de dommage des bronches) ou bien insuffisant, lesquelles pourront induire la mort des cellules greffées. Une mort cellulaire excessive pourrait être la conséquence d'une dissociation unicellulaire des progéniteurs bronchiques humains dérivés des iPSC dans le contexte d'une stase intra bronchique, d'un piégeage du mucus ou, à l'inverse, d'une toux et d'expectorations après administration. Les risques principaux sont également : bronchites, pneumonie, saignement, détresse respiratoire aigue, pneumothorax, pleurésie, signes de sepsis. Ces risques à priori paraissent extrêmement réduits étant donnés les prémédications prophylactiques périprocédures (antibiothérapies, corticothérapie, anti tussifs). La simple mesure des constantes, et la réalisation d’une tomodensitométrie visant à évaluer ces risques sont ainsi prévues. Entre autres, des complications liées à la chirurgie ou à l'anesthésie ou les effets indésirables du traitement immunosuppression peut être également observées. De plus, une adaptation du protocole en termes de médicament anesthésique, de choix de traitement, etc. sera éventuellement proposée pour la deuxième série d'animaux (8 mini-pigs).
Devenir
A la fin du projet, les animaux seront euthanasiés afin de réaliser des analyses histologiques
Remplacement
Il n’existe pas d’alternative de remplacement, car l’objectif de cette étude est d’évaluer la toxicité ainsi que l’efficacité sur un modèle animal avant passage chez l’homme.
Réduction
Au total, 10 animaux seront utilisés (2 et 8). Un nombre d'animaux se trouve réduit au minimum nécessaire pour l'obtention de données suffisamment fiables, la toxicité et efficacité de xénogreffe de progéniteurs d'épithélium bronchique dérivés d'iPSC en "conditions réelles".
Raffinement
Les animaux seront hébergés dans le respect de leurs besoins éthologiques avec des enrichissements propres à l’espèce. De plus, la température de la salle d’hébergement sera augmentée après chaque anesthésie. Le suivi quotidien des animaux et les pesées hebdomadaires sont assurés par le personnel technique et animalier habilité et habitué à travailler avec des porcs. Les animaux suivront également un programme de socialisation afin de réduire le stress engendré par les actes quotidiens. En cas de troubles liés au dispositif, des traitements pourront être mis en place, similaires à ceux pratiqués en médecine humaine. Tout acte douloureux ou fortement stressant sera réalisé sous sédation ou sous anesthésie (locale ou générale selon les besoins). Si nécessaire, la douleur sera prise en charge par l'administration de traitements analgésiques adaptés : anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et/ou morphiniques. Au cours des études, les animaux feront l'objet d'un suivi clinique, afin de détecter tout signe de mal-être ou toute anomalie physique. Des examens d'imagerie (une bronchoscopie et le scanner) et sanguins viendront compléter cette évaluation.Concernant l'immunosuppression, le traitement par ciclosporine sera administré avec l’alimentation, afin de limiter le stress et de ne pas perturber les animaux. De plus, compte tenu de l’immunosuppression, des mesures de biosécurité seront renforcées : un équipement de protection individuelle propre sera utilisé pour réduire le risque infectieux. Enfin, un suivi biologique régulier (formule sanguine complète et biochimie) permettra d’adapter rapidement la posologie en fonction des effets observés, limitant ainsi les effets secondaires.
Choix des espèces
Nous utiliserons des mini-porcs qui ont une anatomie pulmonaire proche de celle de l'humain et peuvent facilement être immunosupprimés pendant plusieurs semaines grâce à la ciclosporine permettant une xénogreffe. De plus, seul un grand modèle comme le porc peut fournir une situation clinique similaire à celle rencontrée chez l'homme, notamment en ce qui concerne l'accès par fibroscopie lobaire et la grande surface à traiter. Les mini-pigs à l'âge adulte (8 à 10 mois) ont une anatomie pulmonaire proche de celle de l'humain (5 lobes, accès facile à l'endoscope humain).
Rôle du cil primaire dans les maladies rénales chroniques chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système urogénital
Objectifs
Les maladies rénales chroniques sont des pathologies génétiques ou acquises caractérisées par une détérioration de la fonction et de la structure du rein avec l’apparition de multiples kystes rénaux ou l’accumulation de cellules immunitaires et cicatricielles. Actuellement, aucun traitement ne permet d’éviter l’évolution vers l’insuffisance rénale terminale. Ce projet a pour objectif d’étudier le rôle du cil primaire, une extension filiforme de la membrane des cellules rénales dans les maladies rénales. Le cil primaire joue un rôle important dans ces maladies en régulant la forme et les propriétés mécaniques du rein ainsi que le recrutement de cellules qui participent à la destruction du rein. En permettant une meilleure compréhension des mécanismes à l’origine de la destruction du rein, ce projet va servir de base à l’élaboration de nouveaux traitements à destination des patients atteints de maladies rénales chroniques.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour but une meilleure compréhension des maladies rénales chroniques kystique et fibrosante pour lesquelles nous ne disposons pas de traitement actuellement, afin d’améliorer les traitements et la prise en charge des patients.
Procédures
-Induction d’une maladie rénale chronique par administration d’antibiotique dans l’eau de boisson en continu sur animaux vigiles. Cette intervention dure 24 heures ou 2 semaines et est réalisée une seule fois. -Ablation chirurgicale d’un des deux reins sous anesthésie générale et analgésie. Cette intervention dure 5 minutes et est réalisée une seule fois. -Obstruction permanente chirurgicale d’un des deux reins sous anesthésie générale et analgésie. Cette intervention dure 5 minutes et est réalisée une seule fois. -Obstruction chirurgicale d’un des deux reins sous anesthésie générale et analgésie (5 minutes) suivi d’une réversion chirurgicale de cette obstruction 4 jours plus tard également sous anesthésie générale et analgésie (20 minutes). Ces interventions sont réalisées une seule fois. - Injections intrapéritonéales de molécule induisant la perte des cellules mutantes dans le rein sur animal vigile : les injections durent 10 à 20 secondes. 1 à 5 injections sont réalisées à 24 heures d’intervalle. -Prélèvement de sang sous anesthésie générale. Cette intervention dure 2 minutes et est réalisée une seule fois.
Impact sur les animaux
La contention peut provoquer un stress chez l’animal. L’ajout d’antibiotique dans l’eau de boisson peut induire un goût amer. La maladie rénale chronique peut entraîner à un stade avancé une baisse de l’appétit, un amaigrissement et une diminution de l’activité́. La chirurgie induit une douleur modérée et passagère. Le prélèvement sanguin sous anesthésie peut occasionner une douleur passagère. Les injections intra-péritonéales induisent une douleur légère et passagère.
Devenir
Tous les animaux utilisés seront mis à mort à la fin de l'étude pour prélèvement de tissus.
Remplacement
La maladie rénale chronique met en jeu des phénomènes complexes faisant intervenir différents types cellulaires ainsi que des modifications structurales du tissu rénal. Nous nous intéressons particulièrement à la communication entre les cellules épithéliales rénales, les fibroblastes et les cellules immunitaires. Toutes les expériences préalables à l’élaboration de ce projet ont déjà été réalisées dans des lignées cellulaires de tubules rénaux. Malheureusement, à ce jour, les modèles cellulaires in vitro (y compris les organoïdes rénaux) ne permettent pas l’étude d’un rein in vitro ayant une vascularisation, un flux urinaire, et l’ensemble des populations cellulaires observées in vivo. Compte tenu de l’absence de modèle cellulaire complet, il n’est pas possible du substituer des approches in vitro aux modèles murins impliqués dans ce projet.
Réduction
Les expériences sont réalisées avec le nombre minimum d'animaux nécessaires à l'obtention d'un résultat significatif déterminé par une approche statistique en utilisant un test approprié pour comparer les groupes d’animaux deux à deux. De plus, lors des chirurgies, un seul rein sera manipulé, permettant de conserver le rein controlatéral comme contrôle interne.
Raffinement
Les souris seront surveillées quotidiennement afin de détecter tout signe de douleur ou de maladie. Pour diminuer l’amertume liée à la prise d’antibiotique, du sucre est ajouté dans l’eau de boisson. Afin de réduire la douleur associée à la chirurgie, une anesthésie générale est réalisée. Un antalgique et un analgésique seront administrés en pré- et post-opératoire. Dans l’attente de leur réveil, les souris opérées sont placées sur une table chauffante jusqu’aux premiers signes de réveil puis transférées dans une cage propre avec de la nourriture à disposition. Le prélèvement sanguin est réalisé à l’aide d’un mini-capillaire sous anesthésie générale. A l’issue des procédures, les souris seront mises à mort sous anesthésie générale préalable. Des points limites spécifiques à chaque procédure ont été définis. Tout animal en souffrance recevra un antalgique et/ou des compléments alimentaires. Si les points limites établis sont atteints sans possibilité de soulager l’animal, celui-ci sera mis à mort.
Choix des espèces
La souris est préférée comme espèce car elle présente l’avantage de facilité d’élevage et de reproduction et elle permet l’étude d’animaux génétiquement modifiés particulièrement informatifs pour la compréhension des mécanismes physiopathologiques. De plus, de nombreux outils d’analyse ont été développés et bien caractérisés dans cette espèce animale. Enfin, la souris partage avec l’homme un nombre de néphrons (unités fonctionnelles du rein) fixés après la fin du développement rénal. Les maladies rénales chroniques étudiées dans ce projet affectent majoritairement les patients adultes. L’induction de la maladie sera effectuée sur des souris âgées de 4 semaines afin que la maladie se développe progressivement à l’âge adulte entre 12 et 18 semaines.
Développement d’un modèle murin pour l’étude de la physiologie de la glande mammaire et du cil primaire au cours du cycle de reproduction.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
Objectifs
La glande mammaire subit des changements importants pendant le cycle de reproduction. Sous l’influence des hormones, les cellules se multiplient et se transforment pour permettre la production de lait. Après la lactation, certaines cellules meurent pour que le tissu mammaire puisse revenir à son état initial. Pendant ce processus, les cellules du système immunitaire présentes dans le sein aident à éliminer les cellules mortes. Cependant la manière dont les cellules du sein et les cellules immunitaires communiquent entre elles pendant ce processus est inconnue. Nous avons observé la présence d’un cil primaire, une antenne sensorielle présente à la surface des cellules mammaires, à la surface d’interaction entre les cellules. Le but de cette étude est de comprendre le rôle de ce cil dans la communication entre les cellules mammaires et immunitaires, ainsi que dans le remodelage de la glande mammaire après la lactation. Pour ce faire, nous perturberons la formation de des cils primaires dans des cellules mammaires de souris et observer les effets. Cela pourrait nous donner de nouvelles informations sur la lactation, l'involution, et le rôle des cils dans ces processus.
Bénéfices attendus
Le but de ce projet est de révéler de nouveau mécanismes cellulaires et moléculaires qui coordonnent la lactation et l’involution mammaire. Le bon déroulement de ces deux processus physiologiques est nécessaire à l’allaitement et au remodelage de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction. Des anomalies de lactation et d’involution mammaire post-lactation peuvent conduire à des défauts d’allaitement et des cancers du sein agressifs. Les résultats du projet permettront le développement de nos connaissances sur la biologie de la lactation et du remodelage de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction. Ils révéleront de nouvelles informations sur l’étiologie des maladies qui y sont associées et pourraient à long-terme révéler de nouvelles pistes pour améliorer l’allaitement et prévenir les cancers du seins associés à une gestation. Le développement d’un modèle murin est essentiel pour comprendre la biologie de la glande mammaire, un écosystème cellulaire complexe qui répond à des stimuli hormonaux. Le modèle murin que nous allons développer n’est pas commercialement disponible et nous permettra d’étudier la physiologie de la glande mammaire dans l’organisme entier dans un contexte pertinent.
Procédures
Du tamoxifène (un médicament qui est utilisé chez l’homme pour le traitement de certains cancers) sera administré par gavage aux souris du protocole 1 fois par jour pendant 5 jours consécutifs. La durée de l’acte est d’environ 1 minute par souris. Les animaux seront également pesés quotidiennement lors de l'administration du tamoxifène et dans la semaine qui suit. La durée de l'acte est d’environ 1 minute par souris.
Impact sur les animaux
L’administration du traitement par gavage présente des risques, comme la possibilité de percer l’œsophage ou que la solution pénètre dans les poumons, ce qui peut entraîner des problèmes respiratoires. Le traitement au tamoxifène sur une courte période ne produit pas d’effet indésirable, à la fois chez les souris adultes et les nouveau-nés d’après la littérature scientifique. L’ablation du cil primaire dans la glande mammaire mènera sans doute à une réorganisation de la glande, mais aucun effet indésirable n’est attendu sur une courte période.
Devenir
Les animaux qui détiennent les modifications génétiques souhaitées qui auront été au contact du tamoxifène pour nos expériences seront mis à mort pour les analyses qui concernent nos expériences. Les animaux qui auront été exposés au tamoxifène avant leur sevrage (par allaitement) seront mis à mort au sevrage.
Remplacement
Le projet vise à identifier des nouvelles bases moléculaires et cellulaires de la physiologie de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction. Notre objectif est d’étudier les communications intercellulaires et l’implication du cil primaire dans un écosystème cellulaire complexe qui répond à des signaux hormonaux dans un organisme entier. Il n’existe pas à ce jour de modèle alternatif à l’animal pour la culture de divers types cellulaire (épithélium/stroma) qui répondent aux hormones et miment le cycle de reproduction in vitro. L’utilisation de la souris est essentielle à la compréhension fine de la physiologie de la lactation. Toutefois, nous travaillons sur la culture d’organoïdes mammaires qui contiennent les différents types cellulaires épithéliaux in vitro. Nous nous efforçons d’utiliser ces modèles alternatifs pour répondre à nos questions scientifiques qui ne concernent que la biologie du tissu épithélial en absence de stroma. Nous avons par exemple utilisé ces modèles ex vivo pour démontrer que l’invalidation génétique d’IFT20 est suffisante pour l’inhibition de la ciliogénèse des cellules mammaires. Ces travaux in vitro nous permettent de limiter autant que possible le recours à la souris et de proposer des stratégies pertinentes et optimisées lorsque le recours à la souris est indispensable.
Réduction
Afin de réduire au maximum le nombres d’animaux utilisés, le personnel est formé aux outils statistiques appliqués à l'expérimentation animale, notamment pour optimiser la planification et les analyses. Le nombre d’animaux utilisé est réduit au minimum permettant d’obtenir des résultats fiables. Le protocole d’administration du tamoxifène, issu de la littérature scientifique, est validé et robuste pour l’invalidation génétique. Nous anticipons donc que notre stratégie mènera à une bonne invalidation génétique dans la glande mammaire des individus de la cohorte, limitant l’utilisation d’animaux dont les prélèvements se révèlent non analysables. Enfin, le personnel travaillera avec d'autres équipes pour partager les animaux (si certains ne sont pas adaptés ou disponibles) et pour échanger des données et des connaissances sur l'analyse des résultats.
Raffinement
Le bien-être des animaux de l’étude sera particulièrement porté à l’attention du personnel qui veillera aux meilleures conditions d’hébergement possible. La gestion du stress des animaux sera maximisée, par une contention la plus rapide et la moins fréquente possible. Afin de réduire le traumatisme lié aux gavages et réduire les risques de perforation de l’œsophage, des sondes de gavage à bout arrondie seront utilisées. Différents lieux accueilleront les animaux pour une distanciation maximale entre les lieux d’hébergement, de soins et de sacrifice. Enfin, la douleur des animaux utilisés sera fréquemment monitorée par un examen clinique des animaux tous les jours lors de l’administration du tamoxifène ou tous les 2-3 jours autrement, tout en assurant un passage quotidien afin de déterminer le plus précocement possible les points critiques chez un animal et d’adapter le protocole. Si des douleurs mineures sont constatées, des protocoles d’analgésie seront engagés sur la souris.
Choix des espèces
La souris est l’espèce de choix pour cette étude du fait de : - Phases du cycle de reproduction bien décrites dans le temps (publiées) - Rapidité du cycle de reproduction chez la souris - Similitude de la physiologie de la glande mammaire murine et humaine - Résultats préliminaires sur la dynamique de ciliogénèse obtenus chez la souris - Disponibilité de souches génétiquement modifiées (commercialement disponible) Pour la procédure 1, l’administration de tamoxifène sera réalisée sur des animaux de 6 semaines environ pendant 5 jours consécutifs par gavage et une mise à mort 4 jours plus tard (cf. annexe 1). Concernant la procédure 2, pour le groupe « vierge », les animaux seront âgés de 8 à 10 semaines, avec une induction du Tamoxifène pendant 5 jours consécutifs par gavage et une mise à mort 4 jours plus tard (cf. annexe 2). Pour les groupes « involution » et « 2ème gestation », les croisements permettant d’induire chez des femelles un cycle de reproduction seront lancés à l’âge de 7 semaines. L’induction au Tamoxifène sera réalisée du jour 17 au jour 21 de lactation. Les nouveaux nés seront sevrés à 21 jours de lactation. Une partie des animaux sera sacrifié au jour 4 d’involution. Ce jour correspond à l’initiation de la phase irréversible de l’involution et au moment où la ciliogénèse est induite dans le tissu mammaire. Le dernier groupe de femelle sera croisé de nouveau après 15 jours d’involution pour induire un nouveau cycle de mammogénèse. Les animaux seront sacrifiés à 15 jours de gestation. Une phase à laquelle une forte alvéologénèse a lieu et afin de juger de l’impact de l’inhibition du cil à ce stade. A la suite du sacrifice de l’animal, les embryons seront décapités.
Mécanismes régulant la migration neuronale chez la souris: rôle du cil primaire et cas du Syndrome de l’X Fragile
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Objectifs
La migration neuronale est une étape fondamentale du développement du système nerveux qui permet la mise en place de circuits neuronaux fonctionnels. Des défauts de migration neuronale conduisent à des malformations cérébrales et sont impliquées dans des maladies psychiatriques. Il est donc crucial de comprendre les mécanismes qui régulent la migration neuronale aussi bien d’un point de vue fondamental qu’appliqué. Nous avons découvert récemment un mécanisme entièrement nouveau de régulation de la migration neuronale. Nos objectifs sont à présent de disséquer dans son intégralité la voie de signalisation impliquée, son lien avec le cytosquelette des neurones migrants ainsi que son existence chez l’embryon. Nous nous intéressons également aux défauts de cette voie dans le cadre du Syndrome de l’X Fragile, 1ère cause héréditaire de déficit intellectuelle. Dans ce syndrome, l’absence de la protéine FMRP (Fragile X Messenger Ribonucleoprotein) entraine une série de défauts neurodéveloppementaux associées à des déficits de plasticité neurale adulte. Les défauts de migration neuronale dans cette pathologie restent peu connus jusqu’alors. Ces études mettront donc en évidence des mécanismes fondamentaux jusqu’alors inconnus de régulation de la migration neuronale, ce qui est essentiel pour comprendre le développement du cerveau en conditions physiologiques et pathologiques, y compris dans le cadre du syndrome de l’X Fragile.
Bénéfices attendus
Ces études mettront donc en évidence des mécanismes fondamentaux jusqu’alors inconnus de régulation de la migration neuronale, ce qui est essentiel pour comprendre le développement du cerveau en conditions physiologiques et pathologiques, y compris dans le cadre de l’X Fragile. Ce type d’analyse de la migration neuronale sur coupes de tissu vivant est extrêmement informatif, apportant des informations uniques qui reste inaccessibles par d’autres types de techniques.
Procédures
Des souris post-natales seront soumises à une procédure visant à l’introduction de matériel génétique dans leurs cerveaux. Pour ce faire, elles seront temporairement endormies par le froid, ce qui sera suivi de la procédure principale qui durera environ 5 minutes. Les souris reprendront conscience sur un tapis chauffant à 37°C avant de retourner dans leur cage auprès de leur mère. Ces souris seront euthanasiées quelques jours après pour pouvoir filmer la migration des cellules modifiées par différentes techniques comme le film sur tissu vivant ou le marquage de protéines sur tissu fixé. Parallèlement, des souris gestantes seront impliquées dans une procédure spécifique permettant l’introduction de matériel génétique dans le cerveau de leurs embryons. Pendant cette intervention, elles seront sous anesthésie générale induite par un gaz inodore et analgésie. Un maintien de la chaleur sera assuré tout au long de la procédure, qui ne devrait pas dépasser une heure. Ces souris se réveilleront rapidement après l'arrêt de l'anesthésie. Les embryons seront euthanasiés (en même temps que la mère gestante) quelques jours après afin d’analyser la migration de leurs neurones sur tissu vivant ou fixé. Les procédures d’euthanasie respecteront des normes éthiques rigoureuses.
Impact sur les animaux
Le projet peut impacter, de manière limitée, les 5 libertés fondamentales de l’animal, notamment induire des éléments de stress physique et thermique lors des expérimentations. La méthode d’introduction des mutations chez les nouveau-nés implique l’anesthésie par le froid. L’introduction de mutation chez l’animal postnatal et l’embryon impliquent une chirurgie. Les procédures de chirurgie peuvent provoquer une douleur pendant 24/48h malgré l’utilisation d’analgésiques. Néanmoins, elles sont indispensables à notre projet car seules cette technique permet d’introduire les multiples mutations dont nous avons besoin pour analyser notre système de migration.
Devenir
Tous les animaux sont euthanasiés car les analyses expérimentales envisagées ne peuvent être réalisées que post-mortem.
Remplacement
Nous souhaitons explorer le déplacement des neurones dans le cerveau des souris à différents stades de leur vie, que ce soit après la naissance ou pendant la période embryonnaire. Notre objectif est de comprendre comment ces cellules se déplacent dans un environnement complexe, avec des influences provenant d'autres cellules du cerveau. Cette étude nécessite une approche spéciale d'imagerie sur tranche de cerveau pour préserver les conditions naturelles dans lesquelles ces cellules se déplacent. Bien que nous utilisions parfois des cultures d'explants dans du matrigel pour certaines expériences in vitro afin d'analyser le déplacement des cellules, il est important de noter que ces cultures ne peuvent pas reproduire la complexité totale de l'environnement naturel des cellules dans le cerveau. Dans le cadre de nos expériences, nous introduisons des modifications génétiques chez les animaux avant d'utiliser un système in vitro pour analyser leur migration. L'objectif ultime est de mieux comprendre le développement cérébral dans des conditions aussi proches que possible de la réalité.
Réduction
Le projet impliquera un total de 504 souris. Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats statistiquement fiables. A cause des variabilités inter-animales et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Compte tenu des données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour cette étude. Les procédures expérimentales ont été affinées pour éviter l'utilisation inutile de souris. Par ailleurs, l'analyse statistique sera réalisée et nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyse à effectuer.
Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures ont été mise au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress (anesthésie, analgésie, etc.). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Le milieu est enrichi à l’aide de nid végétal. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive en respectant des points limites et des soins adaptés en terme d'anesthésie et d'analgésie.
Choix des espèces
La souris est un modèle de choix, reconnu comme tel sur la scène internationale, pour étudier la migration neuronale chez l’animal postnatal et chez l’embryon. De plus, les techniques de manipulation génétique que nous utilisons chez la souris sont robustes et reproductibles. Pour étudier la migration postnatale, nous utilisons des souris post-natales Pour étudier la migration embryonnaire, nous utilisons des souris embryonnaires. Ce sont des modes de migration qui se ressemblent mais qui peuvent présenter des différences qu'il est important de comprendre pour mieux comprendre le développement du cerveau dans des conditions physiologiques ou pathologiques.
Développement d’un modèle murin pour l’étude de la physiologie de la glande mammaire et du cil primaire au cours du cycle de reproduction.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
Objectifs
Le développement et le remodelage de la glande mammaire lors du cycle de reproduction dépendent de plusieurs types cellulaires. Sous influence hormonale, les cellules mammaires prolifèrent et se différencient pour permettre le développement du tissu mammaire et la lactation. Une partie des cellules mammaires meurt post-lactation pour permettre le retour de la glande mammaire à un stade semblable à la glande vierge. Ce processus est appelé involution. Des cellules immunitaires de la glande mammaire permettent l’involution par l’élimination des débris de cellules mammaires. La nature des communications entre cellules mammaires et immunitaires qui permettent l’involution reste méconnue. Nous avons récemment montré que des cellules mammaires assemblent une antenne cellulaire nommée cil primaire. Cette antenne pourrait être impliquée dans la régulation des communications entre cellules pour permettre l’involution mammaire. Notre objectif est de tester cette hypothèse chez la souris à l’aide d’animaux génétiquement modifiés. Ces animaux permettent une inactivation de la formation de l’antenne cellulaire spécifiquement au cours du cycle de reproduction dans la glande mammaire. Ils représentent le seul moyen de pouvoir étudier le rôle du cil dans ce processus physiologique qui implique de nombreux acteurs cellulaires en interaction et sous influence hormonale.
Bénéfices attendus
Le but de ce projet est de révéler de nouveaux mécanismes qui coordonnent la lactation et l’involution de la glande mammaire. Le bon déroulement de ces deux processus physiologiques est nécessaire à l’allaitement et au remodelage de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction. Des anomalies de lactation et de remodelage de la glande mammaire post-lactation peuvent conduire à des défauts d’allaitement et à des cancers du sein aggressifs. Les résultats du projet permettront le développement de nos connaissances sur la physiologie de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction. Ils révéleront de nouvelles informations sur les causes des maladies qui y sont associées et pourraient à long-terme révéler de nouvelles pistes pour améliorer l’allaitement et prévenir les cancers du sein suite à une grossesse. Le développement d’un modèle murin est essentiel pour comprendre la biologie de la glande mammaire qui répond à des hormones dans l’organisme entier. Le modèle murin nous permettra d’étudier la physiologie de la glande mammaire dans un contexte unique et pertinent.
Procédures
Le développement du projet nécessite la constitution de deux élevages de souris génétiquement modifiées. L’identification des animaux d’intérêt au sein de ces élevages nécessitera de petites biopsies sur l’extrémité de la queue d’animaux avant leur sevrage (intervention < 1 min). Cette intervention n’interviendra qu’une fois dans la vie de la souris. De plus, du tamoxifène (un médicament qui est utilisé chez l’homme pour le traitement de certains cancers) sera administré à un groupe restreint de souris adultes dans le projet, soit par la nourriture ou par injection sous la peau. L’administration du tamoxifène se fera durant 5 jours à la fin de la lactation, en continue dans la nourriture, ou par injection à 5 reprises sous la peau au cours des 5 derniers jours de l’allaitement (durée < 1 minute/animal/injection, 1 injection par jour sur 5 jours).
Impact sur les animaux
Les petites biopsies de l’extrémité de la queue chez la souris ne devraient pas engendrer de douleur car elles se feront sous anesthésie mais pourraient générer une nuisance pour les animaux qui serait liée au processus de cicatrisation. Nous injecterons du tamoxifène par voie sous cutannée chez des souris femelles en allaitement. Cet acte pourrait générer un incomfort pour les souris. Nous n’excluons pas que des animaux pourraient démontrer des signes de mauvais état général (du fait de la procédure ou non) comme la perte de poids et d’appétit ainsi qu’une hypothermie persistante. Des observations et examens cliniques seront réalisés très régulièrement afin de mettre en lumière les animaux montrant des signes cliniques atteignant des points limites qui nécessite des soins adaptés. Nous suivrons les recommandations éthiques de la Structure de Bien-Être Animal de notre établissement.
Devenir
Les animaux reproducteurs qui détiennent les modifications génétiques souhaitées dans nos élevages seront maintenus en vie tout au long du projet pour l'élevage et l'administration au tamoxifène puis mis à mort à la fin du projet pour collecter les tissus et afin d'effectuer nos analyses ex vivo. Les animaux qui ne détiennent pas les modifications génétiques souhaitées et qui auront toutefois été exposés au tamoxifène avant leur sevrage (par allaitement) seront mis à mort au sevrage car le tamoxifène pourrait interférer avec d'autres expérimentation si les animaux étaient mis à disposition de la communauté. Les animaux qui ne détiennent pas les modifications génétiques souhaitées dans le projet et qui n’auront pas été au contact du tamoxifène seront mis à disposition de la communauté pour pouvoir être réutilisés.
Remplacement
Le projet vise à identifier des nouvelles connaissances sur le fonctionnement de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction. Notre objectif est d’étudier les communications intercellulaires dans cet organe et l’implication d’une antenne cellulaire, le cil primaire, dans ces communications au sein de ce tissu qui répond aux hormones dans l’organisme entier. Il n’existe pas à ce jour de modèle alternatif à l’animal pour la culture en dehors de l’organisme de divers types de cellules qui répondent aux hormones et miment le cycle de reproduction. L’utilisation de la souris est essentielle à la compréhension fine du fonctionnement de la glande mammaire. Toutefois, nous travaillons sur la culture de mini-glandes mammaires en dehors de l’organismes (organoides in vitro) qui contiennent les différents types cellulaires mammaires. Nous nous efforçons d’utiliser ces modèles alternatifs pour répondre à nos questions scientifiques qui ne concernent que la biologie du tissu mammaires en absence d’autres types cellulaires et sans stimuli hormonaux. Nous avons par exemple utilisé ces modèles pour développer notre stratégie génétique chez la souris. Nos travaux in vitro nous permettent de limiter tant que possible le recours à la souris et de proposer des stratégies pertinentes et optimisées lorsque le recours à la souris est indispensable.
Réduction
Afin de réduire au maximum le nombres d’animaux utilisés, le personnel est formé aux outils statistiques appliqués à l'expérimentation animale. Les protocoles d’administration du tamoxifène, issus de la bibliographie, sont validés par la communauté internationale et robustes. Nous anticipons donc que notre stratégie avec un nombre d’animaux restreint au minimum aboutira à une étude féconde et à de nouvelles découvertes. Le personnel collaborera avec d’autres équipes, notamment dans le partage des animaux (pour les animaux disponibles et inadaptés pour notre projet) et dans le partage des données notamment par la mise en commun des données et des expertises analytiques.
Raffinement
Le bien-être des animaux de l’étude sera particulièrement porté à l’attention du personnel qui veillera aux meilleures conditions d’hébergement possible, notamment via un maintien des groupes sociaux et l’enrichissement de l'habitat (frisottis de papier, cabanes). La gestion du stress des animaux sera maximisée, par une manipulation la plus rapide et la moins fréquente possible. Différents lieux accueilleront les animaux pour une distanciation maximale entre les lieux d’hébergement, de soins et d’euthanasie. Enfin, la douleur des animaux utilisés sera fréquemment suivi par un examen clinique afin de déterminer le plus précocement possible les douleurs éventuelles qui nécessitent d’adapter le protocole et d’apporter des soins nécessaires.
Choix des espèces
La souris est particulièrement adaptée pour notre étude puisque les phases du cycle de reproduction sont bien décrites. Le remodelage de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction est rapide chez la souris et la physiologie de la glande mammaire murine et humaine est similaire. Nous avons déjà des résultats préliminaires chez la souris sur la biologie de la glande mammaire. Nous avons accès à des souris génétiquement modifiées et ne devons pas créer de nouveaux modèles. Pour ces raisons nous choisissons de poursuivre nos travaux chez la souris. Nous souhaitons étudier la biologie de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction. Nous élèverons des souris mâles et femelles pour créer nos modèles d’étude. Une fois les modèles établis, nous travaillerons avec des femelles en cours d’allaitement, post-allaitement et en gestation pour nos analyses du fonctionnement de la glande mammaire femelle. Nous travaillerons avec des souris entre 6 semaines et 1 an d'âge. Les animaux de cette classe d'âge sont aptes à la reproduction. Ils permettent nos analyses de la physiologie de la glande mammaire au cours du cycle de reproduction.
Elucider le rôle du cil primaire dans le développement de la fibrose et de l’inflammation rénale à l’aide d’un modèle murin de néphronophtise.
- Recherche fondamentale
- Système urogénital
Objectifs
La néphronophtise est une maladie rénale héréditaire rare affectant l’enfant et le jeune adulte. La maladie se révèle par une augmentation du volume des urines et une soif excessive. En parallèle, le rein subit de nombreuses modifications qui conduisent au développement de petits kystes, associés à une inflammation du rein aboutissant à sa transformation en un tissu fibreux non fonctionnel. A terme, la maladie aboutit à l’insuffisance rénale terminale nécessitant le recours à la dialyse ou la transplantation rénale, deux procédures lourdes et coûteuses. Actuellement, aucun traitement ne permet d’éviter aux patients d’évoluer vers l’insuffisance rénale terminale. La néphronophtise est une maladie rénale dont les mutations affectent le cil primaire. Dans le rein, le cil primaire baigne dans l’urine et agit comme une antenne de signalisation. Les mécanismes liant les altérations du cil primaire à la destruction du rein ne sont pas bien compris. L’étude proposée ici a pour objectif d’évaluer le rôle du cil primaire sur le développement de la maladie rénale. A cette fin, nous générerons des lignées de souris génétiquement modifiées permettant de développer un modèle murin qui récapitule la néphronophtise humaine et d’enlever le cil primaire spécifiquement dans le rein dans ce même modèle. Ceci sera obtenu par gavage sur des souris adultes. Le phénotype rénal sera observé à différents temps après le gavage (1, 2, 3, 5 et 11 mois).
Bénéfices attendus
L’ensemble des résultats de ce projet permettra une meilleure compréhension de la physiopathologie de la néphronophtise.
Procédures
Les 600 animaux seront soumis à l’âge de 4 semaines à un gavage sur 5 jours consécutifs à l’aide de sondes de gavage à bout arrondie adaptées à la taille de l’animal. La durée de l’acte de gavage est d’environ 1 minute. Chaque semaine les animaux seront pesés. Pendant la durée de la procédure, chaque mois, un spot urinaire sera prélevé par massage ventral pour évaluer le défaut de concentration urinaire. Si ce défaut est observé chez certains animaux à un temps donné, l’ensemble des animaux sera soumis à une mise en cage métabolique, dans le calme dans une pièce dédiée, pendant 48 h : 24h d’adaptation et 24h de recueil des urines. Pendant les 48h, les souris ont accès à l’eau et à la nourriture. A la fin du recueil, les souris sont regroupées dans leur cage d’origine dont la litière n’a pas été changée. Enfin, l’ensemble des animaux sera soumis à un prélèvement rétro-orbital sous anesthésie générale le jour de la mise à mort à l’aide de micro-capillaires héparinés. A la fin du prélèvement, les animaux sont mis à mort par dislocation cervicale.
Impact sur les animaux
Les patients atteints de néphronophtise souffrent de polydipsie (consommation excessive d’eau) et de polyurie (volume d’urine augmenté). Les animaux utilisés dans ce projet sont donc susceptible de développer ces symptômes après gavage au tamoxifène. Chez l’homme l’évolution des maladies rénales chroniques est indolore. A un stade très avancé lorsque la fonction rénale est très altérée (nécessitant le recours à la dialyse ou la transplantation rénale), ces maladies induisent une baisse de l’appétit et une diminution de la masse musculaire. Le protocole établit dans ce projet ne va pas jusqu’à ce stade. L’administration par gavage comporte un risque de perforation de l’œsophage ainsi qu’un risque d’arrivée de la solution dans les poumons, entrainant des signes de détresse respiratoire. Par ailleurs, la mise en cages métaboliques des animaux pendant 48h peut générer un stress lié à l’isolement.
Devenir
A l’issue de la Procédure 1, les 600 animaux seront euthanasiés afin de collecter les organes postmortem pour analyses histologiques et moléculaires.
Remplacement
La maladie rénale chronique met en jeu des phénomènes complexes faisant intervenir différents types cellulaires (cellules épithéliales, cellules endothéliales, fibroblastes et cellules immunitaires) ainsi que des modifications structurales du tissu rénal. Nous nous intéressons particulièrement à la communication entre les cellules épithéliales rénales, les fibroblastes et les cellules immunitaires. Toutes les expériences préalables à l’élaboration de ce projet ont déjà été réalisées dans des lignées cellulaires de tubules rénaux. Malheureusement, à ce jour, les modèles cellulaires in vitro (y compris les organoides rénaux) ne permettent pas l’étude d’un rein in vitro ayant une vascularisation, un flux urinaire, des fibroblastes et des cellules immunitaires. Compte tenu de l’absence de modèle cellulaire complet, il n’est pas possible du substituer des approches in vitro aux modèles murins impliqués dans ce projet.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé est réduit au minimum permettant d’atteindre des résultats statistiquement significatifs. Pour l’étude statistique, nous utiliserons une ANOVA à 1 facteur suivi d’un test de Tukey pour comparer les groupes d’animaux deux à deux.
Raffinement
Les souris seront surveillées quotidiennement par les membres qualifiés de l'animalerie afin de détecter tout signe de douleur ou de maladie. Tout comportement anormal sera directement communiqué à la personne en charge du projet. Afin de réduire le traumatisme lié aux gavages répétés et réduire les risques de perforation de l’oesophage, des sondes de gavage à bout arrondie adaptées à la taille de l’animal seront utilisées. Afin de limiter les nuisances induites par le développement de la néphronophtise (polyurie, polydispie), une attention particulière sera portée à l’accès en eau avec vérification et remplacement des biberons d’eau régulièrement pour éviter toute souffrance hydrique. La propreté des cages sera également contrôlée régulièrement. Afin de limiter les nuisances induites par la mise en cage métabolique, une période d’adaptation de 24h est réalisée. De plus, la mise en cage métabolique s’effectue dans le calme dans une pièce dédiée afin de diminuer au maximum le stress occasionné. Les souris ont accès à l’eau et à la nourriture. A la fin du recueil, les souris sont regroupées dans leur cage d’origine dont la litière n’a pas été changée. Ces souris seront mises à mort 3/4 jours suivant la fin du recueil et une attention particulière sera portée sur les mâles remis ensemble pendant cette période. Afin d'assurer aux animaux les meilleures conditions d'hébergement, nous ajouterons dans la cage du coton, des maisonnettes en carton ou des tunnels ainsi que des bâtonnets de bois à ronger. Les souris seront hébergées par 5 en cage ventilée. Des points limites spécifiques à la procédure ont été définis. Tout animal en souffrance sans possibilité de le soulager sera mis à mort par inhalation de CO2 dans un système dédié.
Choix des espèces
La souris est préférée comme espèce car elle permet l’étude d’animaux génétiquement modifiés particulièrement informatifs pour la compréhension des mécanismes physiopathologiques. De plus, de nombreux outils d’analyses ont été développés et bien caractérisés dans cette espèce animale. Enfin, à la différence des poissons ou des insectes, la souris partage avec l’homme un nombre de néphrons (unités fonctionnelles du rein) fixés après la fin de la néphrogenèse et développe des maladies rénales très semblables à celles observées chez l’homme. Le développement du rein se termine, chez la souris, aux alentours du 14ème jour après la naissance. La procédure décrite dans ce projet sera réalisée sur des souris âgées de 4 semaines donc après la fin du développement rénal. Les souris seront sacrifiées à l’âge adulte à différents temps après l’induction de la délétion (1 mois, 2 mois, 3mois, 5 mois et 11 mois), temps qui ont déjà été étudiés dans d’autres pathologies rénales.