Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées :
- 235 projets autorisés en avril 2026 (01/05/2026)
- 296 projets autorisés en mai 2026 (01/06/2026)
- 340 projets autorisés en juin 2026 (01/07/2026)
Etude de la thermorégulation et prise en charge pharmacologique du coup de chaleur
- Recherche fondamentale
- Système musculosquelettique
- Système nerveux
Objectifs
Le coup de chaleur se caractérise par une augmentation soudaine de la température corporelle au-dessus de 40 °C, entrainant un dysfonctionnement du système nerveux central. La mortalité est élevée et les survivants d'un coup de chaleur peuvent souffrir de séquelles à long terme. Il est essentiel d'améliorer nos connaissances et notre capacité à mesurer les mécanismes biologiques impliqués dans la thermorégulation. Chez les mammifères, la production de chaleur est un processus indispensable pour maintenir la température à environ 37 °C. Cette production de chaleur repose sur la mitochondrie, qui « brûle » la plupart des nutriments pour produire de l’énergie et de la chaleur. Récemment, un thermostat mitochondrial a été découvert et la stimulation de ce gène d’intérêt induit une hypothermie chez les animaux et chez l'Homme. Ce projet vise à explorer in vivo la fonction de thermostat moléculaire en caractérisant les changements de température dans le cerveau et les muscles de souris lors de défis environnementaux ou pharmacologiques qui favorisent ou limitent la dissipation thermique cellulaire et organique chez des souris exprimant ou non une variante défectueuse de ce thermostat. Ce projet vise également à développer les outils IRM qui nous permettront de caractériser cette faible production et dissipation de chaleur en mesurant de manière non invasive la température.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra de caractériser de manière non invasive le premier modèle animal pour étudier le coup de chaleur et d'explorer le rôle du TRPV1 dans la thermorégulation en évaluant l'impact des défis thermiques sur le thermostat mitochondrial. Ce projet nous permettra de caractériser de manière non invasive le premier modèle animal pour étudier le coup de chaleur et d'explorer le rôle du TRPV1 dans la thermorégulation en évaluant l'impact des défis thermiques sur le thermostat mitochondrial. Enfin, ce modèle est également particulièrement pertinent d'un point de vue physiologique et mécanistique pour comprendre la fonction du canal TRPV1. Bien que le TRPV1 soit désormais une cible thérapeutique validée pour le traitement de certains types de douleurs aiguës et chroniques, l'industrie pharmaceutique a eu du mal à développer des analgésiques en raison des effets secondaires liés à la température. Nous pensons pouvoir tirer parti de ces observations, avec des perspectives thérapeutiques pour lutter contre les coups de chaleur, précisément en utilisant des agents qui réduisent considérablement la température corporelle. Il convient de noter que, en cas de succès, le transfert des méthodes vers une étude clinique incluant la méthodologie de thermométrie par IRM est possible et serait d'une importance capitale.
Procédures
Les animaux seront anesthésiés sur une période de 2 heures et seront soit dans un environnement dont la température permettra un maintien de la température corporelle en normothermie ou en hyperthermie. Les animaux recevront également des injections d'anesthésiques et d'agents pharmacologiques en bolus.
Impact sur les animaux
Les principales nuisances pour les animaux seront liées à la durée d’anesthésie (2 heures) pour pouvoir atteindre la valeur de température corporelle cible (41°C) par challenge thermique environnemental mais également aux températures corporelles cibles associées à l’hyperthermie. Les animaux seront également soumis à l’injection d’agonistes et d’antagonistes pouvant entraîner des phénotypes hypothermiques ou hyperthermiques.
Devenir
Les souris de la première procédure visant à mettre au point l'anesthésie seront conservées et seront intégrées aux lots d'animaux de la procédure 2. Les animaux utilisés lors des procédures 2, 3 , 4, 5 et 6 seront mis à mort à la fin de la procédure.
Remplacement
L'expérimentation ayant pour objet l'évaluation de la température corporelle, elle ne peut être conduite que sur animal vivant.
Réduction
Le choix de réaliser une étude pilote va nous permettre de tester par palier les différentes conditions expérimentales, en particulier les dosages et donc potentiellement de ne pas réaliser tous les groupes prévus à partir du moment où l’objectif sera atteint. En complément de cette approche permettant potentiellement de réduire le nombre d’animaux, des individus des deux sexes seront intégrés à l’étude.
Raffinement
Les animaux recevront les soins classiques de la structure avec régulation de température, accès sans limite à la nourriture et à l'eau, enrichissement des cages (frisotti papier, carré bois et cabanes). Les animaux auront une phase d’acclimatation de 5 jours et ne seront pas manipulés afin de limiter leur stress Pendant la l’anesthésie, un dépôt de gel ophtalmique sur la cornée sera effectué et le suivi de la qualité de l’anesthésie sera évalué par mesure de la fréquence respiratoire. Lorsque les points limites seront atteint, les animaux seront mis à mort par dislocation cervicales.
Choix des espèces
Le modèle génétique altéré étant un modèle murin, cette étude doit être menée sur ce modèle animal donc sur des souris porteuses ou non d’une mutation du gène TRPV1. Il s’agira d’animaux âgés de 8 à 12 semaines ayant atteint la maturité sexuelle et immunitaire.
Détection des changements de comportements des volailles suite à une élevation lente de la température.
- Recherche appliquée
- Maladies animales
Objectifs
Détecter de façon précoce les perturbations du comportement d’un individu est un levier peu invasif pour prédire la survenue d’un état de mal-être et/ou l’apparition de symptômes d’une maladie. Néanmoins, s’il est possible de décrire le répertoire comportemental d’un individu isolé, il est beaucoup plus complexe de faire ses observations à l’échelle d’un troupeau d’animaux tel qu’un élevage de poulet de chair. Aussi, il devient nécessaire de mettre en place des outils capables de détecter ces changements. L’accélérométrie couplé à de l’intelligence artificielle serait un outil qui permettrait de répondre à ce défi. Néanmoins cela demande la création de jeux de données d’entrainement pour que ce couplage soit réalisable. Dans ce contexte, cela demande d’équiper des animaux et de les suivre en vidéo pour pouvoir associer les mesures tirées de l’accélérométrie à des comportements précis. C’est pourquoi nous souhaitons effectuer notre expérience. Néanmoins plutôt que de choisir le contexte infectieux pour notre étude nous avons choisi de réaliser un stress thermique qui permet l’obtention de réponses comportementales ressemblant à une fièvre. Notre étude se fera sur deux souches de poulets de chair, l’une à croissance rapide et l’une à croissance lente qui reflète la diversité de l’élevage français. Dès que les animaux attendront un poids de 1.3 kg, les animaux seront équipés d’un accéléromètre. Nos animaux seront élevés dans des conditions classiques avec un enrichissement adapté au poulet qui permet de favoriser les comportements de gratage, picorage et perchage. A la fin de leur cycle d’élevage, deux stress thermiques d’une durée maximale de 8 heures, dont une heure en température maximale, seront effectués pour mesurer les modifications des comportements et des mesures d’accélérométries. Ces données vidéo et accelerométriques seront ensuite annotées pour permettre de corréler ces évènements grâce à l’intelligence artificielle.
Bénéfices attendus
1. Description du répertoire comportemental des animaux en état de bien-être ou de stress thermique 2. Développement d’algorithmes permettant de connaitre les comportements des poulets à partir de dispositifs accéléromètres 3. Détection d’un changement de comportements dû à une source de stress
Procédures
240 animaux subiront deux coups de chaleur (montée à 32°C très progressive, maintien de la température pendant une heure puis redescente rapide à la température d’élevage de 19-22°C) espacés chacun de 7 jours. Après l'installation des capteurs, chaque animal portant le dispositif (100 par lot) sera manipulé quelques secondes/ minutes en état vigile au plus 5 fois par semaine afin de vérifier le fonctionnement des dispositifs.
Impact sur les animaux
Les stress thermiques devraient provoquer des réponses comportementales type halètement, classiques lors d’une exposition à une élévation de la température. Un stress léger dû à la contention des animaux pour installer puis vérifier la bonne position des capteurs et à prévoir. Enfin, les dispositifs en continu des dispositif accélérométrique (
Devenir
Les animaux seront élevés dans des conditions classiques d’élevage permettant facilement leur replacement
Remplacement
L’étude des comportements ne peut se faire que sur des organismes entiers.
Réduction
Les effectifs, 3 lots de 120 animaux (deux pour l’étude des comportements des souches à croissance rapide et un pour l’étude des comportements des souches à croissance lente) ont été défini sur la base d’études antérieures ayant mesurées l’apparition des comportements liés à l’hyperthermie. Les plans expérimentaux ont été définis pour optimiser au mieux le nombre d’animaux requis tout en permettant d’assurer l’obention de données robustes pour répondre à nos objectifs scientifiques
Raffinement
Les animaux seront élevés sur copeaux, en groupe, et auront accès à l’aliment et à la boisson ad libitum. Un panel d’enrichissements du milieu sera disponible : plateformes de perchage, cachettes et zones de fuite, bacs à poussière et blocs à piquer. La densité maximale sera de 10 animaux par m2, équivalente aux densités d’élevage en biologique, pour permettre notamment un espacement des animaux pendant les coups de chaleur. Les observations journalières dureront entre 15 et 20 min par groupe. Si un animal est blessé (e.g. locomotion impossible), malade, ou s’il est en souffrance (prostration permanente, c’est-à-dire animal qui ne se met pas debout à l’approche de l’humain et/ ou reste prostré pendant toute la visite quotidienne), nous suivrons un arbre de décision visant à faciliter la gestion quotidienne des animaux (atteinte ou non du point limite) utilisé en routine par l’unité expérimental et fourni aux technicien-nes en charge du suivi des animaux. Pendant les coups de chaleur, les animaux seront suivis en temps réel grâce aux caméras mises en place et une intervention instantanée de diminution de la température pourra être enclenchée. Les animaux seront habitués à notre présence lors de nos visites journalière afin de faciler l’installation et le maintien des dispositifs d’accélérométrie. Des récompenses alimentaires type grains de raisin pourront être envisagées pour faciliter le contatc avec les animaux et réduire le stress de la contention. La démarche de raffinement de notre expérimentation s’engage également en étudiant des changements de comportements lors d’un stress thermique plutôt que d’une infection nécessitant une procédure sévère/ létale type inoculation infectieuse.
Choix des espèces
Nous travaillons sur le poulet de chair dans des conditions d’élevage classique. Nous avons donc choisi de nous placer directement sur notre espèce modèle et d’étudier les deux sexes comme cela est fait en élevage. Nous utiliserons nos animaux dès qu’ils atteindront un poids de 1.3 kg, poids défini pour porter le dispositif d’accélérométrie sans compromettre le déplacement des animaux (
Effet du refroidissement de l’eau de boisson et des modalités d’alimentation sur les performances des poulets de chair en situation de stress thermique
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
Objectifs
Les éleveurs sont parmi les professionnels les plus exposés aux aléas climatiques. Ils seront sans doute parmi les plus impactés par les évolutions qui vont s’opérer au cours des prochaines décennies. Ils sont donc particulièrement sensibilisés à ces sujets. Ce projet vise à produire des connaissances nouvelles et des outils nécessaires pour accompagner les éleveurs avicoles dans la mutation des systèmes d’exploitation qu’ils vont devoir opérer pour s’adapter au changement climatique (« adaptation ») et limiter leur impact sur le climat (« atténuation »). Plusieurs méthodes d’adaptation au changement climatique seront testées. Ces méthodes pourront permettre de mettre en place des solutions concrètes en élevage avicole de poulet de chair standard pendant la période estivale. Les épisodes caniculaires deviendront à terme plus longs et plus intenses pour les animaux. Aujourd’hui, la brumisation est une méthode couramment utilisée afin de réguler la température à l’intérieur des batiments d’élevage. Cependant, elle augmente l’impact environnemental des élevages. En effet, la brumisation nécessite une augmentation de l’utilisation d’eau en période de sécheresse. De plus, cette méthode augmente fortement l’hygrométrie et peut détériorer l’état des litières engendrant des problèmes de santé. Il est donc nécessaire de proposer aux éleveurs des solutions plus durables afin de maintenir les performances et la santé de leurs animaux. Afin de tester plusieurs alternatives à la brumisation, deux essais seront mis en place avec des poulets de chair à croissance rapide. Deux scénarios climatiques de stress thermique cyclique seront utilisés afin de tester plusieurs solutions d’adaptation et d’atténuation. Les objectifs opérationnels sont 1/ d’évaluer l’effet du refroidissement de l’eau de boisson 2/ de gérer la quantité d’aliment ingéré en période chaude 3/ de tester un aliment spécialement adapté pour les périodes chaudes.
Bénéfices attendus
Les éleveurs sont fortement impactés par le réchauffement climatique. La brumisation utilisée en période de canicule est un coût supplémentaire pour l’élevage. Ainsi, de plus en plus de recherches se concentrent sur la mise au point de méthodes pour diminuer l’impact des températures élevées sur la croissance, la santé et le bien-être des poulets de chair. Ainsi, le refroidissement de l’eau permettrait aux animaux de mieux réguler leur température corporelle et de réduire le rythme d’halétement. Cela permettrait également d’économiser l’eau qui devient de plus en plus une denrée rare. La mise à jeun permettrait d’éviter une dépense énergétique et une production de chaleur due à la digestion et l’absorption des nutriments. Ces essais permettront de tester des solutions applicables en élevage qui pourront ensuite être recommandées aux éleveurs. Avenant: Les animaux maintenu en élevage de 42 à 49 jours permetteront de collecter des données permettant de modéliser la phase de récupération des animaux à ce stress.
Procédures
La température rectale sera mesurée sur animal vigile avant, pendant et après le stress thermique et ce, pour les deux périodes de coup de chaleur. Cette intervention sera faite sur 25 animaux par traitement. Les animaux mesurés ne seront pas les mêmes entre les deux périodes de stress thermique.
Impact sur les animaux
Les animaux seront soumis à une température de 32°C pendant 5h d’affilée. Une température élevée peut provoquer une augmentation de l’halètement, une léthargie, une accumulation de tissu adipeux, une augmentation du stress oxydatif et des mécanismes d’inflammation. Au niveau intestinal, une température élevée peut induire des désordres d’absorption. L’eau à volonté permettra aux animaux de réguler leur température corporelle. Enfin, la mesure de température rectale nécessite une contention de l’animal et une introduction du thermomètre dans le cloaque pouvant générer un stress. Avenant: Pour les 78 animaux maintenue en élevage de 42 à 49 jours, des problèmes de locomotion peuvent survenir après le dernier stress thermique
Devenir
Pour l’essai 2, les animaux seront mis à mort à 42 jours, ce qui correspond à l’âge d’abattage des poulets lourds standards. Avenant: 78 animaux seront maintenu en élevage jusqu'à 49 jours pour étudier leur capacité à récupérer d'un coup de chaleur et d'étudier les mécanismes physiologiques qui sous tendent cette réponse
Remplacement
Compte tenu des objectifs finaux du projet (évaluation des effets du refroidissement de l’eau de boisson et de la gestion de la prise alimentaire en condition de stress thermique) et de l’absence de techniques in vitro ou de données suffisantes pour de la modélisation permettant de répondre à ces objectifs, l’espèce aviaire ne peut être substituée.
Réduction
Les animaux seront nourris à l’aide de mangeoires électroniques permettant la mesure individuelle automatique du poids et de la consommation alimentaire des animaux. Contrairement à un dispositif en parquet (8 parquets par traitement), ce dispositif permet de réduire le nombre total d’animaux utilisés dans ce projet. Un total de 300 poussins de 1 jour non sexés sont requis pour chacun des essais (soit un total de 600 animaux sur l’ensemble du projet). Cela permet de constituer 6 groupes de 50 animaux et ainsiévaluer 6 traitements différents. L’unité statistique est l’individu. Concernant la consommation d’aliment, sur la période de 21 à 25 jours, un effectif de 50 poulets par traitement est suffisant pour observer une différence significative de 50g d’aliment ingéré entre les traitements « eau tempérée » et « eau refroidie ». Pour la période de 35 à 42 jours, une différence de consommation est attendue. Les animaux du traitement « aliment à volonté » devraient consommés 7% de plus que les animaux du traitement « aliment intermittent ». Concernant le poids vif à 42 jours, un effectif de 50 poulets nous permettra de voir une différence significative de 130g entre les traitements « eau tempérée » et « eau refroidie ». Pour l’essai 2, la composition des carcasses sera évaluée à la fin de la période d’élevage. Le stress thermique induit une accumulation de gras abdominal. Cela pourrait être réduit via la période de jeun. Une diminution du gras abdominal de 0,26 % (pourcentage de poids vif) est attendue entre les traitements « aliment à volonté » et « aliment intermittent ». Ces estimations ont été faites à partir de données de la littérature et avec un logiciel de statistiques. Au regard de la bibliographie et d’expériences précédentes, le nombre d’animaux/groupe que nous avons définis est nécessaire et suffisant pour mettre en évidence des différences de performances (s’il y en avait).
Raffinement
Les animaux seront élevés au sol, avec une litière en copeaux de bois, en groupe sociaux pendant toute la durée de l’expérience, à une densité inférieure (11 animaux/m²) au maximum autorisé. Ils auront la possibilité d’explorer et de se percher. Un perchoir sera mis à disposition dans chaque parquet. Les effets du stress thermique sur le comportement des animaux pourront être évalués à l’aide d’une méthode d’évaluation du bien-être. Le comportement des animaux sera suivi quotidiennement afin de détecter tout risque de souffrance ou de mal-être. Toute manifestation de symptômes comportementaux persistants définis par les critères suivants, prostration, animal ayant cessé de s’alimenter et de s’abreuver, entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation. Avenant: Entre J42 à J49, la motivation des animaux sera évaluée avec un test de distrubution d'une nourriture appétante (larves séchés) et de réactivité à l'homme.
Choix des espèces
Le poulet domestique a été choisi comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. La souche à croissance rapide utilisée dans cet essai est la souche principale utilisée en élevage de poulet de chair standard. L’objectif de ce projet est d’évaluer la croissance et la consommation alimentaire des poulets de façon individualisée, grâce aux mangeoires électroniques, dans des conditions contrôlées pendant toute la période d’élevage. Ainsi, nous utiliserons des animaux de 1 jour, fournis par un couvoir commercial et nous élèverons les animaux jusqu’à l’âge de 42 jours, âge classique d’abattage des poulets standards lourds. Avenant: Allongement de la durée d'élevage de 42 à 49 jours pour 78 animaux
Effet du refroidissement de l’eau de boisson et des modalités d’alimentation sur les performances des poulets de chair en situation de stress thermique
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
Objectifs
Les éleveurs sont parmi les professionnels les plus exposés aux aléas climatiques. Ils seront sans doute parmi les plus impactés par les évolutions qui vont s’opérer au cours des prochaines décennies. Ils sont donc particulièrement sensibilisés à ces sujets. Ce projet vise à produire des connaissances nouvelles et des outils nécessaires pour accompagner les éleveurs avicoles dans la mutation des systèmes d’exploitation qu’ils vont devoir opérer pour s’adapter au changement climatique (« adaptation ») et limiter leur impact sur le climat (« atténuation »). Plusieurs méthodes d’adaptation au changement climatique seront testées. Ces méthodes pourront permettre de mettre en place des solutions concrètes en élevage avicole de poulet de chair standard pendant la période estivale. Les épisodes caniculaires deviendront à terme plus longs et plus intenses pour les animaux. Aujourd’hui, la brumisation est une méthode couramment utilisée afin de réguler la température à l’intérieur des batiments d’élevage. Cependant, elle augmente l’impact environnemental des élevages. En effet, la brumisation nécessite une augmentation de l’utilisation d’eau en période de sécheresse. De plus, cette méthode augmente fortement l’hygrométrie et peut détériorer l’état des litières engendrant des problèmes de santé. Il est donc nécessaire de proposer aux éleveurs des solutions plus durables afin de maintenir les performances et la santé de leurs animaux. Afin de tester plusieurs alternatives à la brumisation, deux essais seront mis en place avec des poulets de chair à croissance rapide. Deux scénarios climatiques de stress thermique cyclique seront utilisés afin de tester plusieurs solutions d’adaptation et d’atténuation. Les objectifs opérationnels sont 1/ d’évaluer l’effet du refroidissement de l’eau de boisson 2/ de gérer la quantité d’aliment ingéré en période chaude 3/ de tester un aliment spécialement adapté pour les périodes chaudes.
Bénéfices attendus
Les éleveurs sont fortement impactés par le réchauffement climatique. La brumisation utilisée en période de canicule est un coût supplémentaire pour l’élevage. Ainsi, de plus en plus de recherches se concentrent sur la mise au point de méthodes pour diminuer l’impact des températures élevées sur la croissance, la santé et le bien-être des poulets de chair. Ainsi, le refroidissement de l’eau permettrait aux animaux de mieux réguler leur température corporelle et de réduire le rythme d’halétement. Cela permettrait également d’économiser l’eau qui devient de plus en plus une denrée rare. La mise à jeun permettrait d’éviter une dépense énergétique et une production de chaleur due à la digestion et l’absorption des nutriments. Ces essais permettront de tester des solutions applicables en élevage qui pourront ensuite être recommandées aux éleveurs.
Procédures
La température rectale sera mesurée sur animal vigile avant, pendant et après le stress thermique et ce, pour les deux périodes de coup de chaleur. Cette intervention sera faite sur 25 animaux par traitement. Les animaux mesurés ne seront pas les mêmes entre les deux périodes de stress thermique.
Impact sur les animaux
Les animaux seront soumis à une température de 32°C pendant 5h d’affilée. Une température élevée peut provoquer une augmentation de l’halètement, une léthargie, une accumulation de tissu adipeux, une augmentation du stress oxydatif et des mécanismes d’inflammation. Au niveau intestinal, une température élevée peut induire des désordres d’absorption. L’eau à volonté permettra aux animaux de réguler leur température corporelle. Enfin, la mesure de température rectale nécessite une contention de l’animal et une introduction du thermomètre dans le cloaque pouvant générer un stress.
Devenir
Pour l’essai 2, les animaux seront mis à mort à 42 jours, ce qui correspond à l’âge d’abattage des poulets lourds standards.
Remplacement
Compte tenu des objectifs finaux du projet (évaluation des effets du refroidissement de l’eau de boisson et de la gestion de la prise alimentaire en condition de stress thermique) et de l’absence de techniques in vitro ou de données suffisantes pour de la modélisation permettant de répondre à ces objectifs, l’espèce aviaire ne peut être substituée.
Réduction
Les animaux seront nourris à l’aide de mangeoires électroniques permettant la mesure individuelle automatique du poids et de la consommation alimentaire des animaux. Contrairement à un dispositif en parquet (8 parquets par traitement), ce dispositif permet de réduire le nombre total d’animaux utilisés dans ce projet. Un total de 300 poussins de 1 jour non sexés sont requis pour chacun des essais (soit un total de 600 animaux sur l’ensemble du projet). Cela permet de constituer 6 groupes de 50 animaux et ainsiévaluer 6 traitements différents. L’unité statistique est l’individu. Concernant la consommation d’aliment, sur la période de 21 à 25 jours, un effectif de 50 poulets par traitement est suffisant pour observer une différence significative de 50g d’aliment ingéré entre les traitements « eau tempérée » et « eau refroidie ». Pour la période de 35 à 42 jours, une différence de consommation est attendue. Les animaux du traitement « aliment à volonté » devraient consommés 7% de plus que les animaux du traitement « aliment intermittent ». Concernant le poids vif à 42 jours, un effectif de 50 poulets nous permettra de voir une différence significative de 130g entre les traitements « eau tempérée » et « eau refroidie ». Pour l’essai 2, la composition des carcasses sera évaluée à la fin de la période d’élevage. Le stress thermique induit une accumulation de gras abdominal. Cela pourrait être réduit via la période de jeun. Une diminution du gras abdominal de 0,26 % (pourcentage de poids vif) est attendue entre les traitements « aliment à volonté » et « aliment intermittent ». Ces estimations ont été faites à partir de données de la littérature et avec un logiciel de statistiques. Au regard de la bibliographie et d’expériences précédentes, le nombre d’animaux/groupe que nous avons définis est nécessaire et suffisant pour mettre en évidence des différences de performances (s’il y en avait).
Raffinement
Les animaux seront élevés au sol, avec une litière en copeaux de bois, en groupe sociaux pendant toute la durée de l’expérience, à une densité inférieure (11 animaux/m²) au maximum autorisé. Ils auront la possibilité d’explorer et de se percher. Un perchoir sera mis à disposition dans chaque parquet. Les effets du stress thermique sur le comportement des animaux pourront être évalués à l’aide d’une méthode d’évaluation du bien-être. Le comportement des animaux sera suivi quotidiennement afin de détecter tout risque de souffrance ou de mal-être. Toute manifestation de symptômes comportementaux persistants définis par les critères suivants, prostration, animal ayant cessé de s’alimenter et de s’abreuver, entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation.
Choix des espèces
Le poulet domestique a été choisi comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. La souche à croissance rapide utilisée dans cet essai est la souche principale utilisée en élevage de poulet de chair standard. L’objectif de ce projet est d’évaluer la croissance et la consommation alimentaire des poulets de façon individualisée, grâce aux mangeoires électroniques, dans des conditions contrôlées pendant toute la période d’élevage. Ainsi, nous utiliserons des animaux de 1 jour, fournis par un couvoir commercial et nous élèverons les animaux jusqu’à l’âge de 42 jours, âge classique d’abattage des poulets standards lourds.