Les projets approuvés

Difficulté : ★★★★☆
pixabay_observatoire

Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.

Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.

Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.


NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets. 

Documents

Résumés non techniques français de 2013 à 2021

Résumés non techniques de l'Union européenne depuis 2022

Niveau de souffrances

Données ajoutées au fil de l’eau au moins une fois par semaine

7 contenus
  • Recherche appliquée
    • Diagnostic des maladies
    • Maladies animales
Hamsters dorés : 112
Souffrances
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 112
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Devenir
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 112

Le projet vise à produire du sérum et des tissus de référence à partir de hamsters immunisés. 112 hamsters dorés vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l'issue. Chaque animal reçoit trois immunisations puis une ponction de sang directement dans le cœur sous anesthésie profonde. Le porteur justifie l'espèce par sa bonne réponse immunitaire et présente les cultures cellulaires comme une piste future de réduction, la mise à mort servant à collecter sang et organes.

Objectifs

De plus en plus d’études montrent que des virus circulent ou apparaissent chez les chauves-souris européennes, dont certains sont particulièrement préoccupants en raison de leur capacité connue à se transmettre d'une espèce à l'autre et à provoquer des maladies graves chez l'Homme. Les méthodes de détection disponibles, développées pour des virus humains (ex. le virus de la rage), sont rarement validées pour les virus trouvés chez les espèces de la faune sauvage tel que les chauves-souris ou les musaraignes, ou ne sont pas adaptées aux échantillons collectés sur le terrain. Pour cela, il apparait nécessaire de développer de nouveaux outils de détection des virus circulant dans la faune sauvage permettant ainsi d’appréhender plus rapidement le risque pour l’Homme. De plus, l'absence de matériaux de référence ou de valeurs seuils communes complique l'interprétation des résultats et leur comparaison entre les groupes de recherche. Le modèle hamster est un modèle sensible à certains virus et peut facilement être utilisé pour produire des matériaux de référence comme du sérum et des tissus. Ces matériaux de référence issus de sérums/organes d’animaux immunisés ou non-immunisés permettront de développer un panel d’outils de détection de ces virus. La collecte des organes, permettra de développer de nouvelles méthodes de recherche d’anticorps intratissulaires pour chaque virus quand l’obtention de sérum ne sera pas possible. Ils permettront également de mettre au point des cultures de cellules en 3 dimensions mimant les caractéristiques et fonctionnalités des organes en vue de constituer une banque biologique limitant ainsi l’utilisation d’animaux par la suite. Ce projet ne nécessite pas d’analyse statistique.

Bénéfices attendus

Ce projet permettra de développer et valider des outils de détection sérologiques adaptés à chaque virus et aux investigations chez les chauves-souris et musaraignes, réservoirs de ces virus (microprélèvements, organes/tissus d’intérêt…). La collecte des différents tissus permettra de rechercher les marqueurs d’une infection passée (anticorps) pour chaque virus et dans différents organes lorsque l’obtention de sérum ne sera pas possible dans les conditions du terrain. Le travail innovant sur les cultures de cellules en 3 dimensions permettra l’étude des mécanismes d’infection d’un agent pathogène sur une espèce sensible, limitant ainsi l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Dans un second temps, ce travail pourra être étendu aux chauves-souris afin de tester la réceptivité/sensibilité de ces espèces vis-à-vis de nouveaux virus et de caractériser les relations hôtes-pathogènes. Dans cette optique, et sur le long terme, cela permettra de réduire le nombre d’animaux utilisés. Ces modèles pourront ensuite être utilisés dans d’autres études ou pour tester d’autres agents pathogènes.

Procédures

Les hamsters seront immunisés trois fois par voie intra-péritonéale ou par voie sous-cutanée (animaux anesthésiés- durée =10 secondes environ). Une prise de sang intracardiaque sous anesthésie profonde (+ analgésie) est effectuée sur tous les hamsters (durée 3 minutes)

Impact sur les animaux

Les effets indésirables attendus sont celles liées au stress de la contention de l'animal, et à l'anesthésie gazeuse et celles lisées à la douleur liées aux injections par voie intra-péritonéale ou sous-cutanée (légères de courtes durées mais répétées).

Devenir

Mise à mort pour collecte de sang et tissus

Remplacement

Le modèle hamster nous permettra de collecter des échantillons pour développer des outils sérologiques et cellulaires adaptés à leur détection ou à leur étude dans d’autres espèces animales. De plus, l’étude in vitro des mécanismes de franchissement de la barrière d’espèce de ces virus dans la faune sauvage nécessite la mise en place de cultures de cellules en 3 dimensions. Seuls des organes rapidement prélevés sur l’animal permettront la mise au point de ce type de modèle in vitro (poumon, cerveau, foie, rate…). Il n’y a donc pas d’alternative non animale disponible à ce jour dans ce domaine.

Réduction

Le nombre de hamsters a été confirmé par les premiers résultats obtenus d'un précedent projet pour pouvoir mener à bien le développement et la validation des différentes techniques qui permettront une meilleure compréhension de la réponse immunitaire induite suite à l’immunisation avec chaque espèce virale. Aucune analyse statistique n’est réalisée. La collecte des organes sera effectuée sur l’ensemble de ces hamsters afin de disposer de matériel qui pourra être utilisé pour la mise au point de méthodes de détection sérologiques sur des matrices alternatives au sérum mais également pour le développement de cultures de cellules en 3 dimensions, qui à moyen terme, permettra des études in vitro, réduisant ainsi l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Suite à l'obtention de premiers résultats, nous avons modifié le protocole d’immunisation des animaux afin d’avoir une meilleure réponse immunitaire sans qu’il soit nécessaire d’augmenter le nombre d’animaux par espèce virale.

Raffinement

Les hamsters seront hébergés en cage de 2 individus avec un enrichissement composé de nombreux tunnels, abris (afin de satisfaire leur besoin de cachette), cellulose, et de bâtonnets de bois à ronger. Un contrôle de leur état de santé sera assuré tous les jours. Aucun signe clinique n'est attendu dans la mesure où les animaux seront immunisés par des suspensions non pathogènes ou faiblement réplicatives (virus inactivés, faiblement réplicatifs ou protéine virale vectorisée ou protéine adjuvée).

Choix des espèces

Plusieurs études scientifiques menées sur les lyssavirus et sur des protéines virales vectorisées ou adjuvées d’intérêt ont montré que le hamster doré était un modèle expérimental qui présentait une bonne réponse immunitaire humorale et permettait l’obtention de sérums spécifiques. Le hamster est donc un très bon modèle pour réaliser ces tests d’immunisation. D’après la littérature des hamsters âgés entre 7 et 10 semaines le jour de l’immunisation sont connus pour avoir une bonne réponse immunitaire humorale. Nous utiliserons donc des hamsters adultes de 7 semaines à réception.

  • Recherche fondamentale
    • Autre recherche fondamentale
    • Oncologie
Autres oiseaux : 1160
Souffrances
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 1160
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Devenir
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 1160
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Capturés au filet dans la nature à proximité d'élevages, 1 160 pigeons et moineaux sauvages sont tous relâchés sur leur site de capture, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque oiseau subit un écouvillonnage cloacal, un écouvillonnage de la gorge, une prise de sang à la jugulaire ou à l'aile et le retrait des parasites accrochés à ses plumes. Le porteur indique ignorer la vitesse normale de coagulation chez les oiseaux, l'estime à cinq minutes et prévoit de vérifier l'arrêt du saignement avant chaque relâche, les oiseaux étant maintenus en sac de contention à l'obscurité et réhydratés au glucose. Sur le remplacement, il écrit en une phrase que le projet porte sur la transmission d'agents infectieux chez ces espèces, qui ne peuvent donc pas être remplacées, et reprend mot pour mot la même phrase à la rubrique du choix des espèces.

Objectifs

Les élevages jouent un rôle clé dans l’émergence de zoonoses (e.g. SARS-CoV1, H1N1), en servant de ponts épidémiologiques entre les réservoirs d’agents infectieux de la faune sauvage et les populations humaines. Un cortège d’agents infectieux zoonotiques (e.g. bactéries leptospires), ou à potentiel zoonotique (e.g. virus influenza, coronavirus), a été identifié chez de nombreuses espèces animales sauvages, dont certaines sont commensales et vivent à proximité de l’homme (rats, souris, chauves-souris, pigeons). Au sein de la faune sauvage, certains de ces virus sont capables de passer la barrière d’espèce et de se transmettre entre espèces (e.g. Astrovirus entre les oiseaux et chauves-souris). Bien que les approches "One Health" préconisent d’intégrer les compartiments humains, animaux et leurs environnements, peu d’études arrivent à consacrer simultanément un même effort de recherche sur les trois compartiments. La surveillance des écosystèmes sauvages et domestiques est également essentielle pour évaluer les risques d'émergences. Les espèces peridomestiques, à l'interface entre la faune sauvage et les animaux de rente, peuvent avoir un rôle d'intermédiaire entre la circulation de virus dans ces deux compartiments. Ceci a été démontré par exemple pour les virus influenza aviaires, que l'on retrouve chez des espèces péridomestiques à proximité des fermes infectées. Ces espèces pourraient également avoir un rôle dans la maintenance locale de certaines épizooties. Dans ce contexte, nous proposons d'identifier le rôle épidémiologique des deux espèces péridomestiques particulièrement abondantes: le pigeon domestique (Columba livia) et le moineau domestique (Passer domesticus). Nous ciblerons en particulier (i) l'interface entre les oiseaux sauvages et les élevages de volailles et (ii) la transmission virale au sein des habitats occupées simultanément par des pigeons et chauves-souris (e.g. ponts). La détection des virus d'intérêt médical suivants sera réalisée par biologie moléculaire et sérologie: virus influenza, coronavirus, paramyxovirus, astrovirus. Aucune capture ou prélèvement biologique ne sera réalisée sur les chauves-souris.

Bénéfices attendus

Ce projet apportera des connaissances sur le rôle épidémiologique des espèces péridomestiques. Il permettra une meilleure articulation des problématiques de santé animale et humaine, et de protection de la biodiversité. Les connaissances acquises permettront d’éclairer les décisions politiques et réglementaires et participeront à une prise en compte plus intégrée des enjeux liés aux espèces exotiques, à la santé animale et publique.

Procédures

Quatre types de prélèvements seront effectués sur chaque animal : - Un écouvillon cloacal, réalisé à l'aide d'un écouvillon stérile (30 secondes). - Un écouvillon oropharyngé, réalisé à l'aide d'un écouvillon stérile (30 secondes). - Une prise de sang au niveau de la veine jugulaire ou brachiale (1 à 2 minutes). - La collecte de parasites hématophages attachés ou dans les plumes des oiseaux (30 secondes).

Impact sur les animaux

Toutes les procédures réalisées dans le cadre de ce projet sont de classe légères. De plus, compte tenu de la durée de contention et de manipulation relativement limitée (quelques minutes), nous n’attendons pas d’effets indésirables de type perte de poids, douleur, ou encore comportement anormal. Les manipulations seront effectuées par du personnel expérimenté et selon une chronologie standardisée et assurant une durée de contention minimale (mesures morphométriques, prélèvements de fèces et de salive, prise de sang). Afin de limiter le stress, des mesures de raffinement et des points limites adaptés à la manipulation d’espèces sauvages seront appliqués (stress engendré par la capture et la manipulation, stress lié à la réalisation de la procédure expérimentale, incapacité à rétablir un comportement normal suite à la capture, la manipulation ou la réalisation de la procédure expérimentale).

Devenir

Tous les animaux seront relâchés dans la nature, sur le site de capture.

Remplacement

Le projet porte spécifiquement sur la transmission des agents infectieux chez les espèces ciblées; elles ne peuvent donc pas être remplacées.

Réduction

La détection des agents infectieux dans les populations naturelles est dépendante d'une grande diversité de facteurs liés à l'hôte et à son environnement. L'estimation précise des prévalences d'animaux porteurs d'agents infectieux nécessite de tester un nombre élevé d'animaux, afin de pouvoir être validé statistiquement. Notre approche consistera à raisonner en termes de population (i.e. ensemble d'oiseaux appartenant à la même espèce, étudiés à une date donnée, sur un site donné). Pour chaque population, le nombre d'animaux utilisés sera de 30 à 50 individus (selon le succès de capture), ce qui permettra d'avoir un seuil de détection acceptable d'un point de vue statistique (prévalence de 2 %).

Raffinement

Afin de limiter le stress, les oiseaux capturés seront mis dans des sacs de contention, à l'obscurité. Les prélèvements biologiques seront réalisées à l’abri du soleil. Les captures seront conduites en évitant les heures les plus chaudes. Nous débuterons à l’aube, pour une durée maximale de quatre heures. Des captures pourront également être réalisées en fin d'après midi trois heures minimum avant le coucher du soleil. Nous éviterons de manipuler des oiseaux par temps de pluie, pour ne pas altérer l’étanchéité des plumes. Pour les prises de sang, la vitesse normale de coagulation pour les oiseaux n'est pas connue, mais est habituellement considérée d'une durée d'environ cinq minutes. Le stress et les températures élevées sont susceptibles d'affecter cette durée. La fin de l'écoulement sanguin sera vérifiée systématiquement avant le relâché des oiseaux. Enfin, l'hydratation des oiseaux sera réalisée systématiquement avec une solution de glucose. Des points limites adaptés aux espèces concernées seront également mis en place.

Choix des espèces

Le projet porte spécifiquement sur la transmission des agents infectieux chez les espèces ciblées; elles ne peuvent donc pas être remplacées. Les animaux seront classés en trois grandes catégories d'age pour ce projet : poussins, juvénile et adulte. Tous seront échantillonnés.

  • Recherche appliquée
    • Toxicologie (hors obligations réglementaires)
  • Recherche fondamentale
    • Multisystémique
    • Oncologie
Autres rongeurs : 62
Souffrances
 31
 31
 -
 -
Devenir
 -
 -
 -
 62

Capturés au piège dans des milieux contaminés par des métaux et des pesticides, 62 mulots sylvestres sont inclus dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, ou menées sous anesthésie sans réveil, et tous mis à mort. Une centaine d'individus peuvent passer par les pièges, ceux qui ne remplissent pas les critères d'inclusion étant relâchés sur place. Les mulots retenus subissent une prise de sang sous anesthésie le jour de la capture, la moitié restant ensuite jusqu'à cinq jours en cage pour une seconde prise de sang, avant la mise à mort qui permet de prélever leurs organes internes. Le porteur écarte tout remplacement, tout en indiquant qu'une partie du projet compare microbiote intestinal et microbiote fécal, dans l'idée de travailler plus tard sur des prélèvements fécaux non invasifs.

Objectifs

Les objectifs scientifiques du présent projet sont de caractériser les patrons de co-exposition à des métaux toxiques et des pesticides chez le Mulot sylvestre (un rongeur sauvage commun) et de décrire les indices de diversité et composition de son microbiote digestif (i.e. ensemble des micro-organismes qui vivent dans l’appareil digestif) en explorant l’occurrence i) de potentiels déséquilibres de la flore intestinale, ii) d’agents pathogènes, et iii) de gènes de résistance aux pesticides et médicaments. Ce projet va permettre d’apporter des connaissances sur les interactions entre co-exposition et état de santé ainsi que caractéristiques du microbiote chez les mammifères sauvages potentiels réservoirs d’agents pathogènes. Les données acquises sur les aspects d’exposition aux contaminants serviront également à appuyer un autre projet qui vise à développer un outil d’évaluation des risques environnementaux pour les sites et sols pollués, en alimentant les validations de modélisation de co-exposition aux contaminants dans les réseaux trophiques. Les données et prélèvements alimenteront aussi les bases de données et banques d’échantillons pour des suivis à long-terme des écosystèmes pollués.

Bénéfices attendus

Ce projet apportera de nouvelles connaissances sur la co-exposition à des contaminants chimiques chez la faune sauvage et renseignera l’influence des co-expositions à des contaminants en mélange sur l’état de santé des individus dans une situation d’« effets cocktails ». A travers une perspective relevant de l’écotoxicologie et de la santé environnementale réunies dans une approche « Une seule santé », ce projet apportera des connaissances sur la toxicologie du microbiote et des informations sur l’occurrence de co-résistances chez les communautés microbiennes in natura. Le projet est particulièrement innovant par le design expérimental choisi, combinant données de terrain sur un gradient de pollution et expérimentation en captivité contrôlant les expositions alimentaires aux pesticides. Les travaux visent à identifier les liens entre contamination environnementale, exposition à des contaminants en mélange chez la faune sauvage, déséquilibres microbiens (dysbioses), résistances aux biocides et état de santé. Il explorera le potentiel d’occurrence dans le microbiote digestif d’agents pathogènes zootiques ou zoonotiques pouvant développer des co-résistances. Ce croisement de données à l’échelle individuelle permettra, pour la première fois chez un micromammifère sauvage, d’aborder la toxicologie du microbiome dans ce contexte de co-expositions multiples à des métaux et des pesticides.

Procédures

Les animaux seront capturés in natura et maintenus en captivité durant moins de 24h dans les dispositifs de piégeage. Chacun des individus est identifié à l’espèce, sexé et pesé avant d’être inclus dans les procédures expérimentales ou relâché in situ sur son site de capture. Cette étape est menée sur animaux vigiles, elle dure 3 à 5 minutes à partir de la sortie du piège. Le nombre exact d’individus concernés ne peut être affirmé car il dépend des succès de piégeage, il concerne à minima les 60 Mulots sylvestres inclus dans les procédures expérimentales, et au maximum une centaine d’animaux en considérant les Mulots sylvestres ne satisfaisant pas aux critères d’inclusion et les autres espèces qui ne seront pas concernées par les procédures expérimentales. Une prise de sang sera menée sous anesthésie générale, le jour de la capture, pour chacun des 30 Mulots sylvestres étudiés dans la procédure expérimentale 1. Deux prises de sang seront menées sous anesthésie générale pour chacun des 30 Mulots sylvestres étudiés dans la procédure expérimentale 2, la première le jour de la capture puis la seconde après 5 jours de maintien en cage. Ces procédures seront réalisées par un personnel formé et expérimenté. Le temps estimé pour une prise de sang est de l’ordre de 1 à 2 minutes. A l’issue des expériences et toujours sous anesthésie générale, les 60 Mulots sylvestres seront euthanasiés par un personnel qualifié.

Impact sur les animaux

Au cours des expérimentations, les animaux peuvent ressentir un stress transitoire lié à la capture, à la contention et à la manipulation. La manipulation est potentiellement cause de douleur en cas d’incident pendant la contention (lorsque l’animal tente de s’échapper, de mordre, etc). La durée est transitoire sur les quelques minutes de manipulation. La prise de sang sera réalisée sous anesthésie. Cette manipulation peut entraîner une douleur au réveil post-anesthésie, d’une durée limitée à quelques minutes ou heures, et réduite par l’utilisation d’un analgésique. Dans de rares cas, la prise de sang peut entraîner un écoulement sanguin anormal. Cet écoulement dure quelques secondes à quelques minutes et il est enrayé très rapidement. Dans de très rares cas des lésions peuvent être observées dans les jours suivant la prise de sang. Elles seront surveillées lors du bilan de santé durant l’encagement pour les animaux maintenus en captivité. Durant l’encagement, les animaux peuvent subir une perte de poids durant quelques jours. De même, les conditions de captivité peuvent entraîner des modifications de comportement des animaux telle que la fuite, l’inactivité, et manifestations de stress. Ces modifications sont généralement transitoires : elles se restreignent à la durée de la présence humaine dans l’environnement proche des animaux. Si ces modifications advenaient sur une durée supérieure, elles n’excèderaient pas 5 jours, durée maximale de l’encagement dans notre procédure. Le suivi des conditions de captivité et de l’état des animaux est effectué quotidiennement par observation visuelle depuis l’extérieur des cages, sans manipuler les animaux et en quelques minutes afin de limiter le stress causé par la présence humaine et la contention sur les animaux. Après 3 jours d’encagement, un suivi plus approfondi est réalisé. Cette étape, stressante et potentiellement cause de blessure en cas d’incident pendant la contention, est pour ces raisons limitée à une seule fois durant la période d’encagement. Les protocoles et méthodes employés dans les procédures permettent d’empêcher ou limiter les nuisances et effets indésirables, tel que décrit dans les procédures et les mesures de raffinement.

Devenir

Dans le cadre de cette expérience, aucune alternative ne permet d’éviter l’euthanasie des animaux pour atteindre les objectifs scientifiques des programmes de recherche, programmes dont les objectifs ont été validés par des comités scientifiques. La mise à mort des animaux est nécessaire dans ces procédures car le prélèvement des organes internes est incontournable.

Remplacement

Le projet concerne spécifiquement la faune sauvage vivant in natura et des réponses à l’échelle de l’individu. Le remplacement total n’est donc pas envisageable. Afin de faire les liens entre co-exposition aux contaminants, caractéristiques du microbiote et état de santé des animaux, l’ensemble des réponses doit être menée à l’échelle individuelle ce qui ne permet pas de s’appuyer sur des méthodes non-animales ou ex-vivo. Les besoins de connaissances sur la faune sauvage nécessitent d’étudier spécifiquement les espèces concernées, et les méthodes non-animales ne permettent pas à l’heure actuelle de prédire ou extrapoler les réponses à l’exposition aux contaminants en mélange, à l’échelle des individus et des microbiotes. L’emploi de méthodes alternatives non-invasives uniquement n’est pas envisageable dans le présent projet pour atteindre les objectifs scientifiques recherchés. Une partie du projet vise à comparer les caractéristiques du microbiote intestinal et du microbiote fécal afin d’envisager ultérieurement des travaux basés sur des prélèvements fécaux non invasifs uniquement.

Réduction

Des bases de données et études existantes ont été mobilisées en amont pour guider la stratégie d’échantillonnage et affiner les hypothèses. Les effectifs d’animaux utilisés ont été rigoureusement définis en fonction des besoins statistiques et scientifiques. Les effectifs souhaités pour ce projet sont définis pour viser un effectif le plus faible possible en termes d’individus par procédure, site de capture et sexe, au regard des besoins de puissance statistique pour interpréter les résultats et détecter des effets biologiquement pertinents. Les procédures 1 et 2 prévoient chacune l’utilisation de 30 individus (31 en incluant un taux éventuel d’exclusion de 3%). L’utilisation d’un seul lot dans chacune des procédures pour mesurer l’ensemble des paramètres étudiés participe au principe de réduction. Les animaux étudiés dans ce projet permettront de mutualiser les prélèvements et d’alimenter les bases de données d’autres programmes de recherche en cours. La présente étude alimentera nos banques d’échantillons permettant de réduire l’utilisation d’animaux à des fins scientifique lors de futurs programmes de recherche.

Raffinement

Les captures sont menées à l’aide de pièges non-vulnérants non-létaux équipés de compartiments dortoirs contenant litière et nourriture. Les pièges sont relevés quotidiennement. En cas de conditions météorologiques extrêmes, les captures sont suspendues. Les conditions d’encagement respectent les standards des Rongeurs de laboratoire : cages normalisées munies d’un enrichissement environnemental, nourriture et eau fournies ad libitum. La durée de captivité est limitée à 5 jours. Des méthodes sont mises en place pour réduire le stress lié à la vue de l’humain et à la manipulation. La majeure partie de la manipulation et l’ensemble des prélèvements sont réalisés sous anesthésie générale, leur durée s’élève à seulement quelques minutes. La prise de sang est réalisée en mettant en œuvre des mesures de raffinement : le prélèvement est mené sous anesthésie, un gel analgésique est employé, le geste est réalisé par des personnels compétents et expérimentés. Les animaux sont euthanasiés sous anesthésie générale.

Choix des espèces

L’espèce est le Mulot sylvestre Apodemus sylvaticus (Linnaeus, 1758), micromammifère de la famille des Muridae, sous-famille des Murinae. Ce rongeur est commun, abondant, et ubiquiste. Son statut de conservation est « préoccupation mineure » sur les listes rouges mondiale, européenne, nationale et régionales (France). L’aire de répartition de cette espèce euroasiatique couvre l’Afrique du Nord et l’Europe et l’ensemble du territoire français métropolitain. Les micromammifères sont des hôtes et vecteurs de contaminants chimiques et biologiques au sein des écosystèmes terrestres. Le Mulot est un modèle biologique fréquemment étudié en écologie, écotoxicologie, et éco-épidemiologie et présente une proximité phylogénétique avec les souris et rats de laboratoire, permettant ainsi de mettre en relation les résultats obtenus ici avec la littérature scientifique. L’espèce est facile à capturée et à maintenir en captivité quelques jours à semaines. L’espèce est suivie depuis 2006 sur le site d’étude. Seuls les Mulots sylvestres adultes, mâles et femelles non-gestantes et non-allaitantes, seront étudiés dans le projet. Les juvéniles seront exclus. Ce choix est guidé par des raisons scientifiques mais également réduire le plus possible toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durables que pourraient ressentir les animaux. L’espèce étant peu longévive (espérance de vie maximale de 18 mois, moins d’un an in natura), seule une classe d’âge « stade adulte » sera considérée.

  • Formation professionnelle
Souris : 5
Rats : 5
Autres rongeurs : 50
Autres mammifères : 60
Autres oiseaux : 120
Reptiles : 50
Souffrances
 -
 290
 -
 -
Devenir
 -
 286
 -
 4

Cinq plumes arrachées sur le corps des petits oiseaux, une brûlure superficielle des écailles ventrales pour marquer les couleuvres, jusqu'à quarante-huit heures de détention pour les serpents: 290 individus, dont 120 oiseaux, 60 sangliers, 50 rongeurs sauvages et 50 reptiles, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque animal capturé subit en moyenne six actes parmi capture, contention, prise de sang, anesthésie, écouvillonnage cloacal ou buccal et pose d'un dispositif de biotélémétrie. Ces actes alimentent des démonstrations pratiques pour la formation réglementaire de personnes qui travailleront sur la faune sauvage, sans produire de connaissances, le porteur retenant des espèces communes et abondantes connues pour ne pas entrer rapidement en stress pathologique et estimant le recours à des animaux vivants "inévitable". 286 individus sont relâchés sur leur lieu de capture ou réintégrés dans leur élevage, les quatre rongeurs d'origine captive étant tués puis donnés en nourriture aux serpents élevés sur le site, faute d'être repris par le fournisseur.

Objectifs

Tout personnel scientifique utilisant des animaux à des fins scientifiques doit avoir validé une formation spécifique à l’expérimentation animale, laquelle inclue obligatoirement un module complémentaire spécialisé sur un groupe d’espèces au plus proche de ses modèles d’étude. Le présent projet concerne les démonstrations pratiques d'un module complémentaire spécifique obligatoire de formation règlementaire à la protection des animaux de la faune sauvage non-hébergée utilisés à des fins scientifiques. La présente formation est la première et seule formation en France offrant des modèles d’étude adaptés aux personnes travaillant sur la FAUNE SAUVAGE NON-HEBERGEE. Une telle formation doit comporter des démonstrations pratiques pour transmettre les bonnes pratiques à acquérir, mais réduites au minimum nécessaire en termes de nombre d’individus et de degré de contrainte des procédures appliquées. La finalité de ce projet est donc la formation en vue de l’acquisition des compétences professionnelles requises réglementairement pour utiliser des animaux des fins scientifiques. Les objectifs des démonstrations pratiques sont de transmettre par l’exemple, les bonnes pratiques en termes de capture, contention, prélèvements biologiques, sédation/ anesthésie, suivi des signes du stress et d’évaluation du statut sanitaire. Au préalable, ces pratiques sont enseignées lors d’enseignements en salle lors du module de base (3 à 6 mois avant le module complémentaire), puis la veille de chaque démonstration pratique lors du module complémentaire. Les démonstrations sont réalisées par des expert-e-s des actes à pratiquer sur chacun des groupes d’espèces proposées. De l’ordre de 20 pour cent du temps des démonstrations pratiques correspond à des actes sur des animaux vivants (maximum de 2 par démo et par groupe d’espèces), le reste du temps étant dédié à des apprentissages à l’aide de diverses méthodes de remplacement (photos, vidéos, mannequins).

Bénéfices attendus

Le bénéfice est de promouvoir la préservation du bien-être des animaux sauvages utilisés dans des projets de recherche par la formation des concepteur-rice-s et applicateur-rice-s aux bonnes pratiques, adaptées à leurs modèles d’étude. Tant le bon sens que la réglementation imposent que les personnes soient formées aux actes à pratiquer. Cette acquisition de compétences se fait en 3 temps : conceptualiser (enseignements théoriques), assimiler (démonstrations pratiques), puis acquérir la maitrise technique des actes (tutorat). Le présent projet, par la démonstration pratique des actes les plus courants, promeut les bonnes pratiques en vigueur à ce jour, et ainsi assure un meilleur traitement des animaux par le raffinement des actes. Certaines recherches empiriques en écologie et biologie de la conservation animale imposent de capturer des animaux sauvages, les contenir temporairement captifs, et leur appliquer des actes techniques. Ce faisant, les animaux sont inévitablement en situation de stress. Tout l'enjeu de la protection des animaux sauvages utilisés à fins scientifiques est de savoir gérer simultanément ce stress et l’application des actes techniques. Ces deux compétences (suivi du stress et dextérité) ne peuvent pas être enseignées (i) sans pratique: le recours à des démonstrations sur des animaux vivants est inévitable, (ii) sur des animaux d'origine captive : ces derniers ne stressent pas comme les animaux sauvages car ils sont acclimatés (voir adaptés) à l'humain, avec un stress en réponse à la capture et la manipulation très atténué.

Procédures

Quel que soit le groupe d'espèces, les animaux utilisés sont exposés en moyenne à une combinaison de 6 actes (4 à 9 suivant les espèces et les démos), parmi : 1) stress léger pendant la capture, les contentions, et la détention (5 min à 48 heures suivant les espèces et les démonstrations pratiques) ; 2) douleur légère et transitoire lors d’un prélèvement sanguin (quelques minutes); 3) inconfort pendant l’induction et le réveil d’une courte anesthésie (5 min à 2h), l’équipement avec un dispositif électronique de biotélémétrie (15 à 45 min), et/ou l’écouvillonnage cloacal et/ou buccal. En sus, les nuisances spécifiques à des actes démontrés que sur certains groupes (si et uniquement si des apprenants le sollicitent) sont: sur sanglier, douleur légère à modérée et [transitoire] (quelques minutes) lors du marquage pour identification individuelle (boucle auriculaire et transpondeur, réduit par cryoanalgésie locale); pour les serpents, douleur ponctuelle légère sur quelques secondes à minutes lors du marquage pour identification individuelle (brûlure superficielle d’écailles ventrales), le stress de contention pendant une échographie (1 à 3 minutes) illustrant les possibilités d’exploration fonctionnelle (activité cardiaque, reproductrice, alimentaire), ponction veineuse intracardiaque ; sur les oiseaux, inconfort lors d’un prélèvement de liquide uropygien par palpation ou d’un écouvillonnage buccal ou du jabot chez les pigeons et l’arrachage de 5 plumes du corps (petites plumes). Ces actes peuvent être stressant ou douloureux mais très temporairement, ils n’induisent pas de détresse ou souffrance durable: ce sont les actes utilisés en routine pour étudier ces espèces dans la nature, sans indication d'impact durable. Chaque acte de prélèvements biologiques n’est pratiquée qu’une seule fois par individu au cours d’une session de formation (et deux sessions de formation par an, avec évitement de la réutilisation entre sessions).

Impact sur les animaux

Les actes induisant une légère douleur transitoire sont: les prélèvements sanguins (tous groupes d'espèces), l'écouvillonnage cloacal ou rectal (tous groupes d'espèces), l’implantation d'un nano-transpondeur sous-cutané (sangliers), marquage à l’aide de boucles auriculaires (rongeurs, sangliers), marquage par cautérisation superficielle d'écailles ventrales (couleuvres), l'injection d'anesthésique (intra-musculaire sur sanglier et tortues, intra-péritonéal sur rongeur), l'arrachage de plumes de corps (petits oiseaux). Les actes induisant un stress transitoire sont: la capture, la contention/détention/hébergement temporaire, la manipulation (tous groupes d'espèces), l'équipement avec un dispositif électronique biotélémétrique (sur collier pour rongeurs, sur harnais pour oiseaux, collé sur tortues). Les actes induisant un inconfort transitoire sont: l'anesthésie (tous groupes d'espèces), l'écouvillonnage buccal (tous groupes d'espèces sauf tortues), la pose d'une bague à la patte (oiseaux).

Devenir

Tous les animaux capturés à l'issue de la formation seront replacés = relâchés sur le lieu de capture ou réintégrés dans leur groupe d'élevage, car aucune des procédures prévues n’est susceptible d’induire une douleur prolongée. En cas de complications irréversibles (blessure, épuisement), le vétérinaire référent décidera du devenir de l’animal (soin ou euthanasie). Nous rappelons qu'aucune mise à mort ne sera réalisée à fins pédagogiques. Pour les animaux captifs utilisés, lorsque qu'il n'a pas été possible de capturer des individus sauvages, ils seront tous réintégrés dans l'élevage dont ils sont issus (à l'exception des rongeurs d'origine captive, le fournisseur ne les reprenant pas et l’Etablissement Utilisateur n’ayant pas d’animalerie rongueur pour les maintenir en élevage, ces rongeurs sont mis à mort puis donnés comme alimentation aux serpents élevés à fins scientifiques sur site).

Remplacement

Chaque année, nous accroissons les médias de remplacement à disposition des formateurs: recours à des cadavres (obtenus de manière opportuniste avec dérogations idoines; p. ex. mortalité routière, accident lors de projet nécessitant la capture, animaux euthanasiés en centre de sauvegarde de faune sauvage) ou achat de mannequins pour la démonstration d’actes potentiellement douloureux ou de mise à mort (mannequin de rat pour contention et ponction veineuse caudale ; mannequin de cerf et phoque pour (télé)anesthésie, prélèvement sanguin) ; constitution d’une banque d’’images et vidéos dédiées (collectées lors des démonstrations pratiques, ainsi que lors de leurs projets par les formateurs). Néanmoins, le but pédagogique de démonstration de l’intérêt de méthodes alternatives aux pratiques communes (Raffinement) nécessite le recours à quelques animaux vivants par session de la formation. Les démonstrations pratiques, dans des conditions réalistes, sur de très petits nombres d’animaux sauvages en nature, nous semblent donc indispensables pour atteindre cet objectif pédagogique.

Réduction

Le nombre d’individus utilisés a été réduit le plus possible : maximum N = 2 par démonstratin pratique et par groupe d’espèces (1 utilisé par le formateur pour démontrer les actes, 1 utilisé par un apprenant sous tutorat du formateur pour appréhension des actes) ; avec réutilisation des individus de la Démo2 dans la Démo3 dans la majorité des procédures. Ainsi, pour une session de formation sur un groupe d’espèces, maximum 6 individus sont utilisés (sauf pour les tortues : maximum 4, du fait de la disponibilité limitée en individus pour ce groupe d’espèces). Nous faisons deux sessions de formation par an: 6 groupes en Juin (2 x grands mammifères, petits mammifères, grands oiseaux, petits oiseaux et reptiles - serpents), 4 groupes en Septembre (petits mammifères, grands oiseaux, petits oiseaux, reptiles - tortues). Ce sont donc au total max. 58 individus qui sont utilisés par an, soit max. 290 individus sur la durée du projet (5 ans). Autres leviers de réduction: 1) la majorité des individus utilisés en Démo font simultanément partie de projets de recherche en cours sur site, et sont donc mutualisés entre projets (entre finalité scientifique et pédagogique ; cas des sangliers, oiseaux, serpents) ; 2) en cas d’absence de volontaire pour pratiquer ou de demande de la part des apprenants, le formateur peut décider de ne pas faire la 2ème démonstration prévue (ainsi, ~ 1 fois sur 2, dans les démos d’anesthésie, 1 seul individu est anesthésié au lieu de 2) ; 3) les manipulations sont filmées, réduisant ainsi la nécessité ultérieure de recourir à des démonstrations d’actes, et augmentant la diversité des situations auxquelles les apprenants sont exposés ; 4) l’offre de formation sur un groupe d’espèces donné et une session donnée n’est proposée que si il y a au moins 4 inscrits demandant à être formé sur ce groupe (et maximum 5 inscrits par groupe). Si la demande est inférieure, le groupe d’espèces concerné n’est pas proposé = il n’y a pas d’utilisation d’animaux pour ce groupe à cette session.

Raffinement

L’enjeu pédagogique majeur est la démonstration de pratiques de raffinement : évaluer et minimiser le stress des animaux sauvages pendant les contentions tout en démontrant le degré de dextérité requis pour une mise en œuvre sûre des actes. C’est la trame transversale à toutes les démonstrations pratiques. Les formateurs ont été choisis parmi les personnes les plus expérimentées en France pour chaque groupe d’espèces, offrant des démonstration sûres et rapides des actes techniques courants, ajustés en fonction de la condition de stress de l’animal manipulé. Les anesthésies ne sont pratiquées que par des vétérinaires, pratiquant sur faune sauvage (et formés à l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques). Des équipements de capture et contention minimisant le stress ont été acquis (pièges pour petites mammifères, sabot de contention pour sanglier). L’hébergement temporaire (max. 48h pour les serpents, 1h à 27h pour les autres groupes) est accompagné de mesures de préservation des 5 libertés (calme auditif et olfactif, obstruction visuelle, abris et supports adaptés, alimentation et boisson ad libitum). Les animaux sauvages sont systématiquement relâchés sur leur lieu exact de capture. Les animaux captifs sont réintégrés dans leur lot d’origine. Chez les petits et grands mammifères, la douleur ponctuelle induite par le marquage d’identification (boucle auriculaire, transpondeur) est réduite par analgésie locale. Les surmulots sont sédatés pour réduire le stress lors de la contention. La démonstration de l’anesthésie par inhalation est privilégiée (plus rapide, moins risquée ; seule méthode sur oiseaux, petits mammifères et serpents). Pour les oiseaux, démonstration d’un point de ponction veineuse (veine cutanée jugulaire ou veine tibiale) avec moins de risque d’impact sur les performances de vol que le point usuel (veine brachiale ou ulnaire). Un dispositif d’imagerie par ultra-sons (doppler) a été acquis pour mieux localiser les points de ponction veineuse (reptiles). En cas d’animal risquant d’atteindre un état de stress pathologique (points limites et grille d’évaluation spécifiques à chaque groupe d’espèces), il est immédiatement mis au calme sous surveillance (quelques minutes à 1h), puis relâché au plus vite sur son lieu de capture. A défaut d’une récupération rapide, le responsable vétérinaire référent décide du traitement à apporter (idem en cas de blessure accidentelle ; 2 cas en 5 ans).

Choix des espèces

Les critères de choix des espèces sont: (1) espèces et individus d'origine sauvage, pour que les animaux présentent des comportements similaires aux espèces sur lesquelles les apprenants opèreront; (2) groupes taxonomiques d'animaux terrestres couramment utilisés en utilisation d'animaux de faune sauvage non-hébergée à des fins scientifiques et disponibles sur site de formation; (3) des espèces communes et abondantes, assurant une capture aisée en nombre suffisant dans les temps impartis, sans impact sur les populations et les espèces. (4) des espèces connues pour NE PAS entrer rapidement en phase de stress pathologique lors des manipulations (p. ex. sensibilité cardiaque, épuisement, apathie, hyper-activité). (5) en cas de défaut de capture le jour de la Démo, espèces disponibles en nombre suffisant dans les élevages de l'EU ou de son partenaire scientifique local, un parc zoologique à proximité. Les espèces pouvant être utilisées sont: Petits mammifères: Souris grise (Mus musculus), Rat noir (Rattus rattus), Rat surmulot (Rattus norvegicus), Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus), Campagnol roussâtre (Myodes glareolus), Campagnol des champs (Microtus arvalis) Grands mammifères: Sanglier (Sus scrofa) Grands oiseaux: Canard domestique (Anas platyrhynchos), Oie domestique (Anser anser domesticus) Petits oiseaux: Mésange charbonnière (Parus major), Mésange bleue (Cyanistes caeruleus), Moineau domestique (Passer domesticus), Merle noir (Turdus merula), Pigeon biset domestique (Columbia livia), Diamant mandarin (Taeniopygia guttata) Reptiles – Serpents: Couleuvre verte-et-jaune (Coluber viridiflavus), Couleuvre d’Esculape (Zamenis longissimus), Couleuvre à collier (Natrix natrix) Reptiles – Tortues: Tortue d’Hermann (Testudo hermanni), Tortue grecque (Testudo graeca), Cistude d’Europe (Emys orbicularis), Emyde lépreuse (Mauremys leprosa) Stade: uniquement des animaux ayant atteint la taille adulte. Les individus juvéniles, n'ayant pas fini leur croissance, ne seront pas utilisés. Les femelles gravides/gestantes (dans la limite des capacité à détecter leur statut reproducteur) ne seront pas utilisées.

  • Recherche appliquée
    • Bien-être animal
    • Diagnostic des maladies
  • Recherche fondamentale
    • Système immunitaire
Autres rongeurs : 150
Souffrances
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 150
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Devenir
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 150
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Capturés au piège dans leur milieu, 150 mulots sylvestres et mulots à collier sauvages sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis relâchés. Chacun subit sous anesthésie gazeuse une prise de sang dans le sinus rétro-orbitaire, geste que le porteur chiffre à trois minutes entre la sortie du piège et la fin du prélèvement. Le projet poursuit deux objectifs déclarés, former des étudiants de master aux métiers de la conservation et suivre les pathogènes des rongeurs sauvages. Le porteur admet un taux de mortalité de l'ordre de 3 % lié au piégeage, par arrêt cardiaque, rupture des cervicales ou refroidissement, et justifie le choix de ces deux espèces par leur abondance et leur "facilité de capture".

Objectifs

Le présent projet s’inscrit dans des objectifs de formation pédagogique et scientifique des étudiants de niveau Master ayant pour projet professionnel de travailler dans les métiers de l’environnement appliqués à la conservation d’animaux sauvages. Les objectifs sont i) de fournir un niveau de connaissance adapté à l’utilisation d’animaux de la faune sauvage à travers une approche éthique (présentation des comités d’étiques en expérimentation animale, règle des 3R,…) ; ii) initier les étudiants à la capture de Micromammifères (essentiellement le Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus), le Mulot à collier (Apodemus flavicollis) et le Campagnol roussâtre (Myodes glareolus), potentiellement d’autres espèces sauvages moins abondantes ; le présent projet portera cependant uniquement sur les 2 espèces de Mulots, les autres espèces seront relâchées immédiatement, cf ci-dessous) ; iii) présenter les risques liés à la contention et les bonnes pratiques de terrain ; et iv) intégrer le bien-être animal en condition de captivité. Les échantillons récoltés avec les étudiants permettront ensuite de réaliser un suivi à long terme de l’état de santé des populations de rongeurs à l’échelle régionale et de maintenir une surveillance des pathogènes présents chez les rongeurs.

Bénéfices attendus

L’apport de connaissances nouvelles à des étudiants pouvant être amenés à manipuler des animaux sauvages dans leur cursus professionnel, et l’obtention de données nouvelles, remplissent un objectif à la fois pédagogique et scientifique à travers une approche non-létale. La formation à l’éthique et au bien-être animal répond ainsi aux enjeux sociétaux et de perfectionnement personnel d’une pratique encadrée par un context légal et qui s’inscrit directement dans les plans de carrière de certains étudiants. De plus, la formation à une démarche non létale sur des mesures hématologiques, immunologiques et hormonales est innovante et offrira un panel de compétences attractives auprès de leurs futurs employeurs. Sur le plan scientifique, le suivi de l’état de santé de rongeurs sauvages sur les sites d’études permettrait une meilleure compréhension des enjeux sociétaux actuels, mais aussi de définir des risques épidémioloques pour la présence de zoonoses dans l’environnement.

Procédures

Les animaux subiront une prise de sang dans le sinus rétro-orbitaire sous anesthésie. Cette procédure sera réalisée par un personnel formé et expérimenté. Le temps estimé d’une prise de sang (avec identification spécifique, sexage et mesures morphométriques) est de l’ordre de 3 minutes de la sortie du piège à la fin du prélèvement.

Impact sur les animaux

Au cours de la manipulation, les animaux peuvent ressentir un stress lié à la capture, la contention, et la manipulation. Les parties potentiellement douloureuses ou particulièrement stressantes (prise de sang notamment) se font cependant sous anesthéise gazeuse. L’anesthésie gazeuse évite une injection (intrapéritonéale), l’induction de l’anesthésie est rapide (de l’ordre de 30 secondes) et l’anesthésie elle-même est brève (de l’ordre de 3 min, permettant l’identification spécifique, le sexage, les mesures morphométriques et la prise de sang), évitant une hypothermie. A l’issue de la prise de sang dans le sinus rétro-orbitaire sous anesthésie, un lubrifiant oculaire et un anesthéisant local seront appliqués sur l’œil des individus. Par la suite, les animaux seront placés dans des boîtes dortoirs pour être remis en liberté après un temps de repos (minimum 1 heure) et la vérification préalable de leur bon état de santé (œil en bon état, comportement normal, cf § relatif aux points-limites ci-dessous). Cette méthode de prise de sang n’est pas substituable à un prélèvement dans la queue qui donne un volume trop faible ou dans le sillon mandibulaire . De précédents tests de prise de sang dans le sinus mandibulaire ont été effectués par des personnes qualifiées à ce type de prélèvement sur souris de laboratoire mais n’ont pas permis de réaliser des prises de sang. L’absence de ce sinus chez les Mulots est suspectée.

Devenir

Les animaux seront relâchés à l’issue de chaque procèdure en considérant qu’aucun traitement pouvant moduler leur réponse immunitaire ou affecter leur comportement ou fonction écologique ne pourrait affecter le devenir de ces animaux en condition naturelle. Cette remise à l’état sauvage prend en compte l’expérience des responsables du projet et le travail de la SBEA ayant statué à l’unhanimité sur la possibilité de réaliser un prélèvement sanguin comme indiqué dans chaque procédure suivi du relâcher des animaux.

Remplacement

Le double objectif du projet est (i) de former des étudiants aux méthodes éthiques et réglementaires d’utilisation d’animaux de la faune sauvage à des fins scientifiques et (ii) d’acquérir des données de long terme sur l’état de santé et les pathogènes de micromammifères sauvages. L’utilisation d’animaux est requise car, à notre connaissance, aucune approche de modélisation ne permettrait d’obtenir de telles données. Des études comparatives sur le système immunitaire de rongeurs ayant montré que la réponse immunitaire d’individus sauvages et d’animaux de laboratoire différait significativement (Abolins et al., 2017; Viney and Riley, 2017),l’utilisation d’animaux sauvages est également requise. L’étude pathogènes potentiellement zoonotiques ne peut par ailleurs se faire que sur animaux capturés dans l’environnement et non sur animaux-modèles de laboratoire.

Réduction

La variabilité inter-individuelle des réponses immunitaires est très forte en conditions naturelles et la reproduction de ces mêmes conditions n’est pas possible en laboratoire. De nombreuses études scientifiques commencent à intégrer les conditions environnementales comme effets modulateurs de la réponse immunitaire face aux infections (Flies and wild comparative immunology consortium, 2020). Parmi les agents infectieux susceptibles d’étre identifié, Borrelia burgdorferi, l’agent responsable de la maladie de Lyme présente des prévalences parfois très faibles au sein de populations de Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) et de Mulot à collier (Apodemus flavicollis). Sur la base de ces informations, les effectifs prévus pour les procédures 1 and 2 ne peuvent être inférieurs à 30 rongeurs (Procédure 1) et 30 rongeurs (Procédure 2) par site d’étude et par an pour garantir une puissance statistique suffisante et la valorisation scientifique des résultats.

Raffinement

En ce qui concerne les captures, les pièges sont relevés au moins une fois par jour. Cependant, la littérature ainsi que l’expérience des personnels impliqués dans ce programme laissent envisager un taux de mortalité de l’ordre de 3%. Les causes de décès peuvent être un stress conduisant à un arrêt cardiaque, une rupture des cervicales ou un refroidissement en période froide (peu probable au printemps) et/ou pluvieuse dans les pièges). En dehors de l’arrêt des captures en cas de conditions météorologiques défavorables, ces mortalités indésirables sont difficilement totalement évitables. Les conditions de captivité des animaux seront conformes aux conditions des Rongeurs de laboratoires (Cages normalisées, nourriture et eau fournis ad libitum), sauf en ce qui concerne la captivité individuelle, mais avec un enrichissement aussi élaboré que possible (Dortoir et coton permettant la confection d’un nid, structures de carton, roue et balle pour le jeu). Les animaux seront hébergés sous tente avec un contrôle des conditions environnementales (Température, hygrométrie) et les anesthésies, mesures et prélèvements seront effectués dans le véhicule agréé pour expérimentation animale, donc en des lieux séparés. Les mesures et prélèvements seront effectués sous anesthésie par du personnel qualifié.

Choix des espèces

Les espèces choisies sont le Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) et le Mulot à collier (Apodemus flavicollis). Le Mulot sylvestre et le Mulot à collier sont des Micromammifères abondants, ubiquistes, opportunistes avec un régime alimentaire varié. Leur positionnement trophique intermédiaire les place comme une source de nourriture de premier choix pour un grand nombre de prédateurs (Rapaces et Mammifères) incluant des espèces patrimoniales (Milan royal par exemple). Leur utilisation dans des travaux scientifiques en écologie, écotoxicologie, ou écoépidemiologie est fréquente, permettant une relation des résultats obtenus ici avec la littérature internationale, tant par les étudiants concernés que par l’équipe de recherche (Chrono-environnement). Leur facilité de capture et leur capacité à être maintenus en captivité en font un modèle biologique idéal par rapport aux objectifs scientifiques de cette étude. Seuls les Rongeurs d’âge adulte et les femelles non gestantes seront utilisés pour cette étude.

  • Conservation des espèces
  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres mammifères : 124
Souffrances
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 124
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Devenir
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 124

124 dauphins de cinq espèces vont être biopsiés dans leur milieu naturel, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis laissés dans leur habitat. Une biopsie cutanée est prélevée par tir sur des animaux vigiles, une seule fois par individu, pour analyser leur régime alimentaire par isotopes. Le porteur s'appuie sur la littérature pour affirmer que la biopsie a un impact faible, malgré une réaction de surprise et une accélération de la nage à l'impact. Il justifie l'opération par un manque de données sur ces cétacés et l'objectif de mieux les protéger, jugeant qu'aucun autre modèle ne peut se substituer.

Objectifs

Trois espèces de dauphins côtiers sont communément observées autour de l'île: le grand dauphin de l’Indo-Pacifique, le grand dauphin commun et le dauphin long bec. De 2010 à 2013, une campagne de biopsies sur ces espèces, notamment en vue d’analyses du régime alimentaire, a été effectuée. C’est ainsi que 33 échantillons de peau et de lard de grand dauphin de l’Indo-Pacifique ont été collectés et analysés. Néanmoins, seulement 20 échantillons cutanés ont pu être collectés concernant le grand dauphin commun et 21 pour le dauphin long bec. Ce faible nombre d’échantillons rend les analyses isotopiques statistiquement peu fiables pour ces deux espèces, d’où la nécessité de collecter un nombre de biopsies supplémentaire. De plus, aucune analyse du régime alimentaire sur la peau et le lard d'espèces de cétacés pélagiques (telles que le dauphin tacheté pantropical, le dauphin d'Electre ou le dauphin de Fraser) n'a jamais été faite. Ce projet se propose d’acquérir via la collecte d’échantillons cutanés par biopsie en vue de leur analyse : *13 échantillons supplémentaires venant compléter les 20 préalablement acquis pour le grand dauphin commun, *12 échantillons supplémentaires venant compléter les 21 préalablement acquis pour le dauphin long bec, *33 échantillons pour le dauphin tacheté pantropical;, *33 échantillons pour le dauphin d'Electre et *33 échantillons pour le dauphin de Fraser. Aucune donnée n’étant disponible pour ces cinq espèces autour de l'île, ce projet permettra de combler cette lacune de connaissance.

Bénéfices attendus

La comparaison des échantillons de peau et de lard de ces cinq espèces avec celles des autres espèces de dauphins disponibles et de proies potentielles permettra d’appréhender leur régime alimentaire, encore méconnu dans la zone. Une meilleure connaissance des régimes alimentaires de ces espèces permettra de mettre en lumière les zones fonctionnelles utilisées. De plus, la mise en commun de ces données avec les données disponibles à l’échelle de la communauté des prédateurs marins, permettra de disposer d’une vision globale sur le réseau alimentaire au niveau de cet écosystème marin . Ces nouvelles données pourront inspirer les recommandations pour la conservation et la gestion raisonnée de ces espèces à l’échelle locale.

Procédures

Les biopsies cutanées seront effectuées sur animaux vigiles. Un animal sera prélevé une seule fois.

Impact sur les animaux

Les biopsies cutanées sont réalisées sur de nombreuses espèces de cétacés, des plus petits dauphins aux plus grandes baleines. De nombreuses publications scientifiques sont disponibles sur l’impact de la pratique des biopsies sur les individus et les populations. Sur les grands cétacés, il a été montré que la pratique de biopsies n’a pas de conséquences importantes. Concernant les petits cétacés, et notamment le grand dauphin, les études concluent que la prise de biopsie a un impact faible sur les animaux, en termes de blessure/cicatrisation et de perturbation de l’animal. De plus, bien qu’il y ait généralement une réaction de surprise lors de l’impact (spasme du corps, accélération de la nage), les animaux reviennent rapidement à leur activité initiale.

Devenir

Les objectifs du projet impliquent l’analyse isotopique d'échantillons cutanés de cinq espèces de dauphins, et imposent donc le prélèvement de biopsies sur des animaux vivants dans leur milieu naturel. Les individus prélevés seront laissés dans leur habitat naturel.

Remplacement

Les objectifs du projet imposent le prélèvement de biopsie cutanée sur cinq espèces de delphinidés dans le but d’appréhender leur écologie trophique, en vue notamment de leur conservation. Aucun autre modèle ne peut être substitué.

Réduction

Ce projet se propose de prélever: *13 échantillons cutanés venant compléter les 20 préalablement acquis pour le grand dauphin commun *12 venant compléter les 21 préalablement acquis pour le dauphin long bec, *33 de dauphins tachetés pantropicaux, *33 de dauphins d'Electre et *33 de dauphins de Fraser. Ainsi, ce projet permettra de disposer d'un nombre d'échantillons suffisant pour permettre une analyse statistique fiable. La photo-identification des individus biopsiés permettra d’éviter de prélever le même individu à deux reprises.

Raffinement

Afin de définir précisément les points limites basés sur les indicateurs comportementaux les plus précoces, une grille de quantification des critères comportementaux, adaptée à la biopsie des delphinidés, a été élaborée. A chaque critère comportemental est assigné un score, et la somme totale des scores fournit un indice témoignant de l’état de stress de l’individu. Le point limite le plus précoce correspond à l’indice de 2. Les groupes seront approchés progressivement par les ¾ arrière, pour minimiser l’angoisse, et permettre à l’équipe de juger de l’état initial d’angoisse du groupe et de chaque individu le composant. Si le groupe est difficile à approcher (individus farouches ou score >2, état de la mer mauvais), ou que plus de 3 tentatives d’équipement auront été infructueuses, un autre groupe sera recherché. Seuls les adultes en bonne condition physique seront équipés et prélevés. Le prélèvement de biopsie sera réalisé : •après la désinfection préalable de l’emporte pièce, afin de minimiser l’infection de la plaie et d’éviter la contamination de l’échantillon de biopsie, •perpendiculairement au corps de l’animal, à une distance courte (1 à 4m), afin de disposer d’une puissance de tir optimale permettant le prélèvement d’une quantité suffisante de peau et de lard sous-cutané, et évitant toute rétention de la flèche de prélèvement sur l’animal, responsable d’angoisse et de réactions fortes. •Au niveau de la zone située sous la nageoire dorsale, zone connue pour induire le moins de réaction physique et physiologique •par des personnes formées et expérimentées, afin de limiter les tentatives en autorisant un taux de réussite optimal. La réaction de l’individu cible, ainsi que du groupe auquel il appartient, sera suivie pendant 15 minutes et les comportements seront consignés. Les blessures potentielles seront gérées dans la mesure du possible par le vétérinaire et les membres de la structure en charge du bien être animal. L’identification des individus prélevés par la méthode de photo-identification autorisera le suivi de leur cicatrisation à plus ou moins long terme, lors des diverses prospections ultérieures.

Choix des espèces

Cette campagne de biopsie s’inscrit dans un projet global, visant à la mise en commun des données isotopiques en vue de l’analyse des relations trophiques à l’échelle de la communauté des prédateurs marins. Nous disposo,ns déjà de 33 échantillons cutanés de grand dauphin de l’Indo-Pacifique. Néanmoins, seulement 20 échantillons cutanés ont pu être collectés concernant le grand dauphin commun et 21 pour le dauphin long bec. Ce faible nombre d’échantillons rend les analyses isotopiques statistiquement peu fiables, d’où la nécessité de collecter un nombre de biopsies supplémentaire. De plus, aucune analyse isotopique sur la peau et le lard d'espèces de cétacés pélagiques autour de l'île (dauphin tacheté pantropical, dauphin d'Electre et dauphin de Fraser) n'a jamais été faite. Ce projet permettra de combler cette lacune de connaissances via l’acquisition d’échantillons en vue de leur analyse isotopique. Les animaux biopsiés seront des individus adultes en bonne condition physique.

  • Protection de l’environnement
  • Recherche appliquée
    • Diagnostic des maladies
  • Recherche fondamentale
    • Autre recherche fondamentale
    • Oncologie
Autres mammifères : 300
Autres oiseaux : 300
Souffrances
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 600
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Devenir
 -
 -
 -
 600

600 chauves-souris et oiseaux sauvages vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés sur le site de capture. Chaque individu subit une prise de sang à la veine alaire et deux écouvillonnages, salivaire et cloacal, pour une manipulation d'environ deux minutes. Le projet cherche à relier la dégradation de l'habitat à la présence d'agents pathogènes chez ces réservoirs, sur un territoire insulaire tropical. Le porteur indique exclure des prélèvements les espèces les plus fragiles et relâcher directement juvéniles et femelles gestantes ou allaitantes.

Objectifs

La caractérisation des pathosystèmes circulant dans des cycles enzootiques passe incontournablement par l’identification de ses agents étiologiques à partir des prélèvements sur les hôtes vertébrés concernés. Les chiroptères et l’avifaune sont des réservoirs d’un grand panel d’agents pathogènes à importance médicale (i.e. SARS-CoV2, arbovirus). Les facteurs favorisant ce portage sont encore mal connus et la relation avec l’état de conservation de l’habitat est importante à définir pour mieux évaluer les risques de transmission et de circulation associés à sa fragmentation/dégradation. Les espèces animales concernées sont protégées au sein du territoire donc il est nécessaire de mettre en lumière l’importance de la préservation de leur habitat pour garantir les services ecosystèmiques protectifs vis-à-vis de l’émergence des maladies infectieuses. Le projet proposé porte alors sur l’influence de la biodiversité des écosystèmes et de leurs modifications d’origine anthropique sur (i) les populations des chiroptères et oiseaux réservoirs de maladies infectieuses, et (ii) sur la prévalence d’agents pathogènes associés. In fine, les objectifs spécifiques du projet faisant l’objet de la présente demande sont les suivants : - d’évaluer l’impact de la dégradation de la couverture végétale et de l’anthropisation sur les chiroptères et oiseaux réservoirs d’agents pathogènes à importance médicale. - d’évaluer la prévalence d’agents pathogènes à importance médicale chez ces deux grands groupes de réservoirs vertébrés. - d’évaluer cette fréquence selon le caractère « dégradé » ou non de l’environnement.

Bénéfices attendus

Les facteurs favorisant le portage d’agents pathogènes chez les oiseaux et les chiroptères sont encore mal connus et sa relation avec l’état de conservation de l’habitat est importante à définir pour mieux évaluer les risques de transmission et de circulation associés à sa fragmentation/dégradation. Les espèces animales concernées sont protégées au sein du territoire donc il est nécessaire de mettre en lumière l’importance de la préservation de leur habitat pour garantir les services écosystémiques protectifs vis-à-vis de l’émergence des maladies infectieuses (bénéfice à moyen-long terme). De plus, ce projet permettra améliorer les connaissances quant aux interactions hôtes-agents pathogènes qui opèrent dans des cycles enzootiques jusqu’à alors non explorés dans les sites d’étude (bénéfice à moyen-long terme).

Procédures

3 prélèvements uniques seront effectués sur chaque individu : une prise de sang à la veine alaire (20 à 50 microl) un écouvillonnage salivaire et un écouvillonnage cloacal. Durée total de la manipulation (~2 min par individu)

Impact sur les animaux

Stress lié à la capture et douleur inférieure ou égale à une piqûre pendant la période de manipulation/prélèvement (~2 minutes)

Devenir

Animaux libérés dans le site de capture dès la fin des prélévements. Durée manipulation : ~2 min /individu

Remplacement

Non applicable. Seules les captures suivant le design d’échantillonnage cité au préalable permettront de répondre aux questions du projet. En effet, des collections d’échantillons ne sont pas disponibles vu que cette étude constitue la première à se focaliser sur le sujet sur le territoire.

Réduction

L’inventaire acoustique non invasif effectué dans les phases préliminaires du projet INSULA a été la stratégie permettant une réduction des sites de captures (de 36 sites à 12), et par conséquent, le nombre de spécimens à capturer et à prélever.

Raffinement

1-Limiter la durée de manipulations (~2 min) et le nombre de prélèvements (seulement un prélèvement par type d’échantillon/geste). 2-point de compression du point d’injection et libération le plus rapidement possible des spécimens capturés.

Choix des espèces

L’objectif est d’évaluer les différences de diversité entre les hôtes et les pathosystèmes associés, selon le niveau de dégradation de l’habitat. Les chiroptères et l’avifaune sont des réservoirs d’un grand panel d’agents pathogènes à importance médicale (i.e. SARS-CoV2, arbovirus), mais le plus souvent les espèces jouant le de principal amplificateur et/ou disperseur ne sont pas connues. L’étude de la diversité d’agents pathogènes associés à ces deux groupes de réservoirs potentiels doit passer par l'étude d'animaux sauvages, sans a priori d'espèces, pour avoir la vision la plus complète possible des cycles microbiens. Afin d’établir le lien entre la diversité des hôtes et des pathosystèmes de façon non biaisée, la méthode d’échantillonnage sera utilisée dans les 12 sites ne cible pas une espèce de chiroptère ou d’oiseau particulière. Seuls les colibris et les espèces Monophyllus plethodon et Eptesicus guadeloupensis seront exclus des prélèvements, au vu de leur fragilité, et seront relâchés directement. Adultes. Plus pertinents d’un point de vue épidémiologique, pouvant héberger des traces d’infections passées et être impliqués dans les cycles enzootiques d’agents pathogènes. Moins vulnérables pour les captures. Les juvéniles et les femelles gestantes et allaitantes (chauves-souris) seront relâchés. Les captures seront faites en dehors de la saison de reproduction.