Les projets approuvés

Difficulté : ★★★★☆
pixabay_observatoire

Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.

Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.

Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.


NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets. 

Documents

Résumés non techniques français de 2013 à 2021

Résumés non techniques de l'Union européenne depuis 2022

Niveau de souffrances

Données ajoutées au fil de l’eau au moins une fois par semaine

3 contenus
  • Recherche appliquée
    • Diagnostic des maladies
    • Troubles gastrointestinaux
    • Troubles immunitaires
Souris : 346
Souffrances
 -
 -
 30
 316
Devenir
 -
 -
 -
 346

Perte de poids au-delà d'un seuil, score de douleur trop élevé, animal horripilé et recroquevillé, respiration abdominale : la liste des motifs de mise à mort anticipée occupe l'essentiel de la rubrique consacrée au raffinement. 346 souris vont être utilisées, dont 316 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue. Une injection unique sous anesthésie profonde déclenche une colite, avec diarrhée, saignements rectaux, perte de poids et un inconfort qui peut durer plusieurs jours, avant la pose d'un cathéter et une trentaine de minutes d'imagerie par particules magnétiques. Le porteur présente cette imagerie comme une alternative à l'endoscopie, qu'il décrit chez les patients comme longue, coûteuse et inconfortable, quand la mise au point de cette alternative passe par 316 souris en souffrance sévère.

Objectifs

L'objectif de ce projet est de démontrer la faisabilité d'une imagerie de l'inflammation muqueuse digestive par une technique non invasive, quantitative et d'approche "corps entier". L'imagerie moléculaire de l'inflammation est un domaine de recherche prometteur, avec un potentiel certain de translation à l'homme. Le développement d'une stratégie d'imagerie non invasive de l'inflammation digestive en utilisant des particules magnétiques dirigées spécifiquement contre une molécule exprimée à la surface des vaisseaux sanguins digestifs (appelée MAdCAM-1), qui est surexprimée en cas d'inflammation digestive, apparaît particulièrement prometteur. La faisabilité d'une telle approche a déjà pu être démontrée par IRM. Cette approche permettait davantage de précision qu'une approche d'imagerie traditionnelle. Néanmoins, cette approche utilisait l'IRM qui est une technique ciblée sur une zone d'intérêt, au contraire de l'IPM (une nouvelle modalité d'imagerie) qui permet quant à elle l'obtention d'un signal "corps entier". L'utilisation de l'IPM apparaît donc pertinent. Il est souhaitable donc de valider cette approche d'imagerie moléculaire de l'inflammation en utilisant des particules couplées à un anticorps dirigé spécifiquement contre MAdCAM-1 dans des modèles précliniques d'inflammation muqueuse digestive en utilisant une imagerie "corps entier".

Bénéfices attendus

Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) sont un problème de santé publique majeur puisqu'il s'agit actuellement des secondes pathologies inflammatoires les plus représentées au niveau mondial, avec un nombre de patients atteints en augmentation. Actuellement, la technique de référence pour le diagnostic et le suivi de ces pathologies est représentée par l'endoscopie avec prélèvement tissulaire pour analyse de la muqueuse digestive. Cette procédure diagnostique est relativement longue, coûteuse, inconfortable et invasive, pouvant engendrer des complications sévères comme des perforations digestives. De plus, l'analyse tissulaire comprend de nombreuses limites puisqu'elle ne permet pas une analyse complète du tractus digestif et n'offre donc qu'une vision partielle de l'organe étudié, avec un risque de faux négatif tant pour le diagnostic que pour le suivi thérapeutique. Il existe donc aujourd'hui un besoin de développer une technique non invasive, sensible et spécifique, permettant le diagnostic et le suivi des MICI. Cette étude permettra de démontrer la possibilité d'utiliser l'imagerie moléculaire couplée à une technique d'imagerie novatrice, quantitative, corps entier et non invasive.

Procédures

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : induction d'une colite inflammatoire par une injection unique d'un produit induisant l'inflammation sous anesthésie profonde (durée environ 10 minutes) ; pesées quotidiennes (durée inférieure à 5 minutes) ; pose d'un cathéter pour l'administration de l'agent de contraste sous anesthésie profonde (durée environ 15 minutes) ; réalisation d'examen d'imagerie avec injection d'agent de contraste (durée environ 30 minutes)

Impact sur les animaux

Les modèles de colite utilisés sont susceptibles d'occasionner des effets indésirables chez les animaux. Compte-tenu de notre expérience dans l'utilisation de ces modèles et des données de la littérature, le modèle de colite est susceptible de produire une diarrhée et des rectorragies. Il est susceptible d'entraîner une perte de poids chez les animaux, un inconfort physique et une souffrance de durée possiblement prolongée (quelques jours).

Devenir

Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de ne pas laisser une éventuelle souffrance méconnue perdurer.

Remplacement

Des tests in vitro ont été réalisés pour évaluer la capacité de l'agent de contraste à cibler efficacement MAdCAM-1 sur des cultures de cellules vasculaires mises en conditions inflammatoires. Néanmoins, il reste nécessaire d'étudier l'affinité de l'agent de contraste pour sa cible moléculaire à l'échelle de l'organisme, d'étudier le rapport signal/bruit à l'échelle de l'organisme, de comparer les données obtenues avec celles d'une imagerie sans produit de contraste spécifique. Les procédures expérimentales sont donc nécessaires afin de pouvoir valider la faisabilité de notre approche à l'échelle d'un organisme complexe, avant de pouvoir envisager une translation à l'homme. D'autres méthodologies expérimentales n'impliquant pas l'utilisation d'animaux ne permettraient pas l'obtention du même niveau d'information.

Réduction

Le nombre d'animaux à utiliser dans ce projet a été évalué au regard de nos données antérieures et d'un test statistique de nombre de sujets nécessaires.

Raffinement

Les animaux bénéficieront d'un temps d'acclimation d'une semaine afin de permettre une réduction du stress. Les animaux seront hébergés par groupe de 5 afin de conserver les interactions sociales. Le milieu sera enrichi par l'utilisation de matériel type boîte à oeufs, tunnel PVC ou igloo PVC, et coton. Dès l'initiation de la procédure, le suivi des animaux sera assuré deux fois par jour afin de rechercher l'apparition de signes de souffrance et de les prendre en charge. La douleur sera évaluée par utilisation d'une échelle validée. Les animaux seront pesés quotidiennement. Les animaux des groupes interventionnels bénéficieront d'une coupelle de croquettes humidifiées pour permettre une hydratation et une alimentation facilitée. Tous les animaux bénéficieront d'eau et de nourriture sans limite. Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de ne pas laisser une éventuelle souffrance méconnue perdurer. Les animaux seront mis à mort en cas de : perte de poids supérieure au seuil défini ; score moyen de douleur supérieur au seuil défini ; l'animal est horripilé et recroquevillé ; l'animal est agité et/ou non alerte ; l'animal présente une respiration abdominale ; la provocation de l'applicateur n'entraîne pas ou peu de changement comportemental ; pendant la pose du cathéter, l'injection des particules ou la perfusion intracardiaque, un problème d'anesthésie survient, l'animal présente des saignement abondant, ou un arrêt respiratoire. Durant les différentes procédures expérimentales, les animaux bénéficieront d'antalgie adaptée, d'anesthésie générale, d'anesthésie locale avant les incisions. Les animaux montrant des signes de souffrance sans atteinte des points limites pourront bénéficier d'une antalgie supplémentaire.

Choix des espèces

La souris est l'espèce animale qui a le plus été étudiée dans le domaine des pathologies inflammatoires chronique de l'intestin. L'anatomie et la physiologie sont, dans ces pathologies, globalement transposables à l'homme. L'ensemble des connaissances acquises au laboratoire et dans la littérature rendent cette espèce particulièrement intéressante pour l'étude des maladies inflammatoires de l'intestin. Nous utiliserons des souris adultes (6-12 semaines) en rapport avec l'âge des animaux utilisés dans les études précédentes et en concordance avec le fait que les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin représentent des maladies de l'adulte jeune chez l'espèce humaine. Le modèle de colite est de plus particulièrement pertinent et bien décrit chez des souris entre 6 et 12 semaines.

  • Recherche fondamentale
    • Système gastrointestinal
Souris : 200
Souffrances
 -
 100
 100
 -
Devenir
 -
 -
 -
 200

Tester si huit aliments fermentés africains protègent contre l'inflammation intestinale suppose d'abord de provoquer cette inflammation. 200 souris reçoivent du DSS pendant sept jours pour déclencher une colite, la souffrance attendue étant déclarée légère pour la moitié d'entre elles et modérée pour l'autre. Chacune est gavée tous les jours pendant vingt-quatre jours, subit un prélèvement de fèces quotidien, une mise à jeun de quatre heures et deux prises de sang, avant d'être tuée pour prélèvement du côlon. Le porteur rappelle que l'effet de ces aliments a déjà été testé in vitro sur des protéases humaines et fécales, et conclut malgré tout que le recours aux animaux est "indispensable".

Objectifs

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) constituent l’un des désordres les plus courants du tube digestif et représentent un véritable problème de santé publique. Les MICI se caractérisent par une inflammation chronique du système digestif altérant la qualité de vie des patients. Malgré une incidence croissante et un impact socio-économique majeur, il n’existe actuellement aucun traitement curatif. De plus, les options thérapeutiques actuelles présentent des limites incluant intolérances, pertes de réponse, et effets secondaires souvent graves. D’où l’intérêt de la recherche de nouvelles stratégies thérapeutiques. Les MICI sont des maladies complexes et multifactorielles dont la physiopathologie n’est que partiellement élucidée. Elles affectent des sujets génétiquement prédisposés chez lesquels le dialogue entre le microbiote intestinal et le système immunitaire est déséquilibré. En plus de la dysbiose du microbiote intestinal, de nombreux arguments plaident en faveur du rôle clé des protéases exprimées par l’hôte et le microbiote dans la survenue des MICI. L’augmentation de l’activité de ces enzymes induit des altérations de l’épithélium intestinal et favorise le maintien de l’inflammation. Malgré l’implication démontrée du déséquilibre du microbiote et de l’activité de ces enzymes dans l’inflammation digestive, leur potentiel en tant que cible thérapeutique est peu étudié. Or l’activité de ces protéases peut être régulée par le microbiote intestinal, lui-même étant directement modulé par l’alimentation. L’analyse des données bibliographiques montre que les aliments fermentés permettent de ré-équilibrer la composition du microbiote intestinal. D’autre part, nos études préliminaires in vitro ont montré que 8 aliments fermentés africains (Mabisi, Omashikua, Omaere, M'bannick, Pendidam, Kétoungol, Itutu, Cheka Mwaka) contiennent naturellement des antiprotéases inhibant significativement des protéases surexprimées chez les patients atteints de MICI. Cela suggère un fort potentiel des produits de lait fermenté africains pour lutter contre l’inflammation intestinale.Dans le cadre de ce projet, notre intérêt s'est porté sur le potentiel protecteur des produits fermentés africains contre l’inflammation intestinale induite chez un modèle de souris. Ce projet vise à étudier l’impact des aliments fermentés africains sur i) la composition du microbiote intestinal, ii) les activités protéolytiques et iii) par conséquent sur l’inflammation digestive

Bénéfices attendus

Les données acquises permettront de confirmer l’impact de chaque aliment fermenté sur les maladies inflammatoires de l’intestin. En fonction des résultats, de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur les aliments fermentés et ciblant les protéases, dont les activités sont augmentées lors de l’inflammation chronique de l’intestin, pourraient être adoptées pour gérer ces maladies.

Procédures

- Gavage des animaux vigiles (200 souris) tous les jours pendant 24 jours (J1 à J24). Les souris seront gavées le J14 matin après une mise à jeun de 4 heures. La durée du geste est évaluée à quelques minutes par souris (3 à 5 minutes/souris). - Prélèvements fécaux (2 ou 3 fèces) pour les 200 souris, tous les jours pendant 24 jours (J1 à J24) Les fèces seront émis naturellement à l’occasion de la pesée des animaux et de l’examen clinique. La durée du geste est évaluée à quelques minutes par souris (3 à 5 minutes/souris). - Mise à jeun des 200 souris une fois pendant 4 heures. Deux prélèvements de sang sur les souris vigiles sera effectué à J24. La durée du geste pour les prises de sang est évaluée à quelques minutes par souris (3 à 5 minutes/souris).

Impact sur les animaux

Comme une colite expérimentale sera induite, de la douleur est attendue. La souffrance liée à la manipulation sera essentiellement lors du gavage (fausse route) et de la prise de sang (douleurs). Notons que le prélèvement des fèces et la pesée des souris sont caractérisés par une faible nuisance associée à un léger stress.

Devenir

Les animaux seront euthanasiés afin de prélever des organes tels que le colon et étudier les effets des aliments fermentés sur l'inflammation.

Remplacement

Préalablement aux essais sur les animaux, l’effet des aliments fermentés a été testé in vitro aussi bien sur des protéases humaines impliquées dans l’inflammation intestinale que sur des protéases fécales issues de sujets sains et malades. Ces tests in vitro constituent un premier argument qui suggère que les produits de lait fermenté africains pourraient réguler les activités protéolytiques et en conséquence diminuer l’inflammation digestive. Comme le régime alimentaire peut moduler la composition du microbiote intestinal, lui-même étant impliqué dans la balance protéolytique et la pathogenèse des MICI, il est alors nécessaire d’étudier à la fois la réponse de l’hôte et du microbiote lors de l’exploration de l’effet des aliments. Cependant, le développement des MICI met en jeu des interactions complexes au sein de l’hôte, qui sont impossibles à reproduire dans un modèle cellulaire ou de culture d’organe. Utiliser uniquement une approche in vitro pour ce projet exclurait ainsi les différentes interactions pouvant survenir chez l’hôte. Le recours aux animaux est alors indispensable pour tester l’impact des aliments fermentés sur l’équilibre protéolytique, leur impact sur la composition du microbiote et pour valider en conséquence leur effet sur la maladie.

Réduction

Le nombre de souris nécessaire a été défini en se basant sur des études précédentes publiées dans la littérature scientifique ainsi que sur des essais préliminaires réalisés par des collègues, mais aussi grâce à un test de puissance afin d’incorporer un nombre minimum d’animaux tout en gardant la possibilité d’obtenir des résultats statistiques significatifs. Comme il sera en pratique impossible d'étudier simultanément les 8 aliments fermentés sélectionnés, car cela représenterait un trop grand nombre de souris à la fois, nous conduirons ainsi l'étude en 2 séries permettant de tester chacune l’effet de 4 aliments fermentés différents. Le nombre d’animaux pour chaque série est alors de 10 groupes * 10 souris = 100 souris, soit au totale 2 séries * 100 = 200 souris pour l’ensemble de ce projet.

Raffinement

Les souris seront hébergées par 5 dans des cages collectives. L’eau et la nourriture seront disponibles à volonté et les paramètres ambiants seront contrôlés régulièrement (température, humidité…). Un enrichissement de leur milieu sera mis en place afin de favoriser le bien-être des animaux et se matérialisera par du papier absorbant à déchiqueter, des buchettes de bois à grignoter, des tunnels en carton pour se cacher et des tiges métalliques pour grimper. La durée d'administration du produit chimique qui induit l’inflammation sera courte (7 jours) afin de révéler l’effet des produits de lait fermenté sur l’inflammation tout en limitant au strict nécessaire le développement des lésions. Au cours de l’étude, les souris seront examinées individuellement de façon quotidienne ce qui permettra de réagir le plus rapidement possible en cas d’inflammation trop invalidante. Notons que des points limites seront mis en place et seront appliqués.

Choix des espèces

Les rongeurs, en particulier la souris, sont des animaux couramment utilisés pour l’étude de la physiologie intestinale ainsi que ses maladies. Le modèle de colite induite par le produit chimique utilisé dans le projet chez la souris est l’un des modèles les plus couramment utilisés et les mieux documentés. Il reproduit un grand nombre de caractéristiques de la colite chez l'être humain (augmentation de la perméabilité de l’intestin, diarrhée et présence de sang fécal, …). Ceci explique l’utilisation de ce modèle lors des études antérieures sur ces maladies et également pour ce projet. Au commencement de l’expérience, les souris seront de jeunes adultes (6-7 semaines), ce qui correspond à un âge où le métabolisme ainsi que le système immunitaire de cette espèce sont matures. Ceci limite leur fragilité et permet alors d’obtenir un modèle animal qui reflète au mieux la physiologie de l’être humain adulte, âge de plus grande fréquence d'apparition des maladies inflammatoires de l'intestin.

  • Recherche fondamentale
    • Système gastrointestinal
Souris : 28
Souffrances
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 28
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 -
Devenir
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 -
 -
 28

28 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Des femelles gestantes reçoivent dans leur eau de boisson un composé qui abaisse leur taux d'hormone thyroïdienne, puis les animaux sont tués pour prélever leurs intestins et mettre en culture leurs cellules gliales. Le porteur indique que le traitement pourrait perturber l'alimentation et provoquer de l'agressivité, et qualifie l'effectif de réduit au strict minimum. L'objectif déclaré est d'étudier, avec une équipe chilienne, l'effet d'une carence thyroïdienne maternelle sur l'inflammation intestinale de la descendance.

Objectifs

Les hormones thyroïdiennes maternelles sont essentielles au développement et à la différenciation cellulaire du fœtus. Des carences en hormones thyroidiennes maternelles affectent de manière irréversible le développement du système nerveux central, des poumons, de l'intestin, des muscles squelettiques, des os, de la réponse immunitaire et de la réponse physiologique au stress chez la descendance. L'hypothyroxinémie gestationnelle (HTX) est une forme d’hypothyroïdie dans laquelle la concentration sanguine de T3 (l’hormone thyroïdienne active) est normale alors que celle de T4 (précurseur de T3) est diminuée. Cette anomalie en T4 peut être la conséquence d’un régime alimentaire pauvre en iode ou d’une hypertension. Des modèles d’HTX maternelle chez la souris et le rat montrent l’existence de troubles digestifs chez la descendance associé à une inflammation intestinale. On sait que les cellules gliales entériques du système nerveux entérique jouent un rôle central dans la physiologie intestinale et dans les mécanismes inflammatoires au niveau intestinal. Cependant, on ignore l’impact d’une HTX maternelle sur les cellules gliales entériques. L’objectif du projet sera d’étudier l’impact d’une HTX maternelle sur le statut inflammatoire des cellules gliales entériques et leur réponse à différents agents inflammatoires, et cela sur la descendance à l’adolescence et au stade adulte.

Bénéfices attendus

L’hypothyroxinémie maternelle constitue un facteur de risque de développer des maladies inflammatoires intestinales plus tard au cours de la vie. Le système nerveux entérique, et en particulier les cellules gliales entériques, sont des acteurs majeurs dans les processus inflammatoires de l’intestin. Cependant, les conséquences de l’hypothyroxinémie sur le statut inflammatoire des cellules gliales entériques sont encore largement inconnues. Dans ce contexte, l’étude dans un modèle rongeur de l’impact d’une hypothyroxinémie maternelle sur les cellules gliales entériques présente un réel intérêt pour la compréhension des mécanismes impliqués, mais également dans la perspective d’un traitement thérapeutique des atteintes inflammatoires de l’intestin associés à une hypothyroxinémie. Cette étude sera réalisée et financée en collaboration avec une équipe du Chili.

Procédures

Les animaux ne seront pas soumis à des interventions invasives. La seule intervention est l’addition de 0,02% de 2-mercapto-1- methylimidazole (MMI) dans l’eau de boisson des mères gestantes entre le stade gestationnel 10 et 14 jours après accouplement.

Impact sur les animaux

Les nuisances attendues seraient faibles. Les animaux pourraient ne pas supporter le traitement et avoir une alimentation modifiée entrainant une absence de prise de nourriture. Les animaux pourraient avoir un comportement altéré induisant une agressivité. Tous ces signes seront observés quotidiennement au cours du traitement.

Devenir

Mise à mort des animaux pour collecter les intestins des animaux afin de récupérer les cellules et les mettre en culture.

Remplacement

Le modèle de culture de cellules gliales nécessite l’utilisation d’intestins d’animaux. Pour notre étude des conséquences de l’hypothyroxinémie sur le statut inflammatoire des cellules gliales entériques, nous ne pouvons pas remplacer l’utilisation de rongeurs.

Réduction

Le nombre d’animaux est réduit au strict minimum. Nous avons décidé de réaliser une étude préliminaire avec au total 8 souris gestantes (4 contrôles et 4 traitées) afin de définir le meilleur stade pour mettre en culture les cellules gliales. A l’issue de ces tests, 10 souris gestantes contrôles et 10 traitées sont prévues. La culture de cellules gliales se fait en collectant les ganglions à la suite de différents traitements et les intestins de souris sont petits. Pour avoir suffisamment de « matériel » pour effectuer la culture, nous avons besoin de 10 souris gestantes/condition. Nous estimons que nous aurons 6-7 souriceaux max/femelle gestante.

Raffinement

Le bien être animal sera pris en compte tout au long de l’expérimentation. Nous recevrons les femelles gestantes 4 jours avant le début du traitement. Les animaux seront hébergés dans des cages avec de la litière et des enrichissements tels que des frisottis pour se faire des nids. Une observation quotidienne sera effectuée tout au long du traitement (de 10 à 14 jours après l’accouplement). A la naissance, les petits seront hébergés avec leur mère et ce jusqu’au sevrage à 21 jours après la naissance. Les signes cliniques seront observés et les animaux seront exclus de l’étude s’ils présentent 2 ou 3 signes cliniques notables ou 1 seul des signes cliniques sévères.

Choix des espèces

La souris a été choisie pour ce projet car l’induction d’une hypothyroxinémie chez une mère gestante est bien caractérisée dans cette espèce. En effet , des résultats préliminaires ont déjà été obtenus chez la souris par nos collaborateurs du Chili. Les souris gestantes seront réceptionnées au stade gestationnel 6 jours après accouplement et recevront 0,02% de 2-mercapto-1-methylimidazole (MMI) dissout dans l’eau de boisson entre le stade gestationnel 10 et 14 après accouplement. En parallèle, les animaux témoins recevront de l’eau de boisson classique. Les mères seront gardées jusqu’au sevrage des souriceaux, qui seront gardés eux-mêmes jusqu’à l’âge 30 ou 55 jours, correspondant respectivement à un stade adolescent ou adulte.