Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées : 257 projets autorisés en mars 2026 (01/04/2026)
Production de lait de lapines entrant dans la fabrication d’un médicament humain
- Production de routine
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Tests réglementaires
Objectifs
L'objectif de ce projet est la production de lait de lapine entrant dans la fabrication d'un médicament à usage humain, destiné aux hémophiles.
Bénéfices attendus
Le bénéfice attendu du projet est la production d'un médicament à usage humain.
Procédures
Identification des animaux : à la naissance apposition d'une boucle puis vers 8-9 jours, d'une puce électronique et enfin entre 28 et 35 jours les animaux sont tatoués. Prélèvement de lait, traite des lapines et injection d'ocytocine (3 à 5 jours par semaine pendant 3 semaines, les lapines sont réutilisées plusieurs fois pour la traite après un temps minimum de repos de 46 jours). Lors du renouvellement des mâles homozygotes, réalisation de biopsies de queue sur environ 120 animaux tous les 3-4 ans.
Impact sur les animaux
La traite (10 minutes environ, 3 à 5 jours par semaine sur 3 semaines) et l'injection d'ocytocine de la procédure "Lait" peuvent induire un léger stress. Les étapes de la procédure "élevage" peuvent également entrainer : - un léger stress sur les animaux lors des différentes manipulations : une douleur légère lors de l'identification des animaux (apposition d'une boucle puis d'une puce électronique et enfin réalisation d'un tatouage) - une douleur modérée lors de la réalisation de biopsie. une douleur légère lors des prélèvements sanguins effectués sur chaque mâle homozygote.
Devenir
Les animaux peuvent être utilisés pour le renouvellement des animaux ou dans le cadre de la traite des lapines et dans plusieurs lots. Dans la procédure "élevage", les animaux ayant atteint un point limite tel que défini dans la grille, les animaux reproducteurs ayant de mauvais résultats zootechniques ou ayant atteint la limite zootechnique d'âge ou de nombre de mise-bas pour être maintenus dans la procédure "traite" seront mis à mort. Dans la procédure "traite", à la fin des 3 semaines de traite, les lapereaux des femelles en traite seront mis à mort. De même, au cours de la procédure, les animaux ayant atteint un point limite tel que défini dans la grille et les animaux reproducteurs ayant de mauvais résultats zootechniques ou ayant atteint la limite de nombre de lactations (maximum 18) pour être maintenus dans la procédure de production de lait seront également mis à mort.
Remplacement
A l'heure actuelle des connaissances scientifiques, il n'existe pas de modèle alternatif au lapin pour la production de cette protéine thérapeutique.
Réduction
Depuis le début de cette activité, les méthodes de production ont constamment été améliorées et continuent de l'être afin d'obtenir la plus grande quantité de matière active par animal et donc de limiter le nombre de sujets utilisés. De plus, l'utilisation de mâles homozygotes (en remplacement des hétérozygotes) pour le renouvellement des femelles productrices de lait permet de produire 100 % d'animaux transgéniques.
Raffinement
Les lapins sont hébergés dans des cages adaptées, conformes aux exigences de la règlementation et de respect du bien être animal. Ils disposent d'un enrichissement adapté (diffusion de radio, mise à disposition de bûchettes de bois à ronger). Le suivi quotidien des animaux est assuré par des personnes expérimentées et formées régulièrement. Des fiches de suivi permettent d’enregistrer les soins adaptés prodigués aux animaux et de suivre l’évolution de l’état de santé des animaux. Une évaluation de la souffrance animale en référence à une grille établie est réalisée chaque jour. La grille permet également de fixer les points limites et de cesser immédiatement l'expérimentation sur tout lapin présentant des signes de souffrance dépassée.
Choix des espèces
La lapine est dotée d'une glande mammaire qui possède toute la machinerie cellulaire permettant d'apporter les modifications post-traductionnelles, nécessaires à l'activité biologique des protéines recombinantes humaines. De plus, le médicament est sous autorisation de mise sur le marché avec utilisation exclusive du lapin. Les mâles et femelles WT et Tg sont utilisés à l'âge adulte de la façon suivante : - mâles WT pour le renouvellement de nos cheptels WT et / ou pour la reproduction des femelles transgéniques productrices de lait, - femelles WT pour le renouvellement des cheptels WT et Tg, - mâles Tg homozygotes pour le renouvellement des cheptels Tg, - femelles Tg hétérozygotes pour la traite ainsi que pour le renouvellement du cheptel de mâles Tg homozygotes (1 fois tous les 3-4 ans). Les lapereaux des femelles en traite sont utilisés pour le déclenchement, l'induction de la production laitière des femelles puis 8 lapereaux sont conservés au nid pour le maintien de la lactation (qui dure 3 semaines). A la fin des 3 semaines, les lapereaux sont euthanasiés. Voir l'annexe "Scheme genetic for milk production" indiquant les différents cheptels nécessaires et les différents croisements réalisés.
Etudes de toxicité sur le développement prénatal chez la souris, le rat et le lapin
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
- Maladies animales
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Rats : 2800
Lapins : 1960
Objectifs
L’objectif de ce projet est l’évaluation des caractéristiques toxiques chez le rongeur d’un candidat médicament, d’un vaccin ou d’un produit chimique, conformément aux lignes directrices du médicament ou de l'OCDE. Ces études interviennent dans les phases cliniques du développement du médicament et permettent l‘évaluation du risque chez des femmes en âge de procréer, en fournissant des informations sur l’interaction entre le produit et le fœtus. Cela permet de déterminer une dose sans effet adverse et une marge de sécurité pour l’exposition humaine.
Bénéfices attendus
L'ensemble des études du projet vise à identifier une dose sans effet permettant le calcul des marges de sécurité chez les femmes en gardant en permanence le ratio bénéfice/risque du produit concerné pour la santé humaine (industrie pharmaceutique) ou la sécurité (industrie chimique).
Procédures
Les animaux sont traités par différentes voies (de façon journalière, voire plusieurs fois/j) hebdomadaire, ou de manière plus espacée (ex: toutes les semaines, ou une seule fois durant la gestation) avec le produit d’intérêt. La durée de l’administration est généralement rapide (quelques secondes à quelques minutes) et peut atteindre 1 heure dans le cas de perfusion intraveineuse. La durée des études est standardisée (13j chez la souris, 16j chez le rat, 23j chez le lapin). Des prélèvements sanguins, seront réalisés afin de déterminer les niveaux du ou des composés administrés, de leurs métabolites ou d’autres marqueurs pharmacologiques pour permettre l’analyse pharmacocinétique, et/ou. pour des analyses hémato-biochimiques ou hormonales par exemple. L’ensemble de ces prélèvements sont réalisés à une fréquence et aux volumes conformes aux recommandations éthiques en vigueur. Les animaux seront examinés quotidiennement afin de déceler tout signe clinique. Le poids corporel sera mesuré à différents temps au cours du projet et Lles consommations alimentaires pourront être suivies. Les animaux seront euthanasiés à la fin du projet et un examen complet de la mère (ex : cavité utérine et des organes reproducteurs associés) et des fœtus (ex : squelette et cartilages, pour l’évaluation de la croissance embryo-fœtale) est effectué. La manipulation des animaux durant les interventions est généralement inférieure à 1h/animal/jour (en considérant par ex. 1 journée avec 1 administration + 6 prélèvements sanguins soit environ 30 min). Jusqu’à une vingtaine d’interventions peuvent être réalisées par animal et par semaine (en considérant par exemple 1 administration quotidienne et 12 prélèvements sanguins dans la semaine). Dans certaines situations rares, les animaux peuvent être soumis à un hébergement individuel dans leur cage (en cas d’agressivité ou de soins individuels par exemple).
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus correspondent aux effets pharmacologiques et/ou toxicologiques du produit administré, à l’inconfort, au stress et/ou à la douleur transitoire liés aux procédures [prélèvements, administrations répétées, contention et/ou des effets systémiques (exemples : pertes de poids, baisse de consommation alimentaire, et des avortements (spontanés ou liés au produit) en particulier chez la lapine)] qui peuvent être observés. Un hébergement en individuel, avec contacts olfactifs, visuels et sonores préservés et enrichissements additionnels, peut être requis (ex. pour suivre la consommation alimentaire individuelle ou pour des études par voie dermale ; rare chez les rats/souris, plus fréquent chez le lapin).
Devenir
A l’issu de la procédure les animaux seront systématiquement euthanasiés pour permettre la faisabilité de l’hystérectomie.
Remplacement
L’évaluation de la toxicité prénatale d’un composé ou de plusieurs composés administrés dans un organisme complet gestant ne peut pas être réalisée qu'avec des études in vitro, car il n'existe pas d'alternative complète in vitro pour ce type d'évaluation en raison de la complexité de l’interaction entre la mère et le fœtus par l’intermédiaire du placenta. Seule l’observation sur un organisme vivant dans son ensemble permet d’évaluer les différentes phases de l’implantation au jour de la parturition et de définir les potentielles interactions entre le composé et le fœtus lorsqu’il est administré chez la mère.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés par groupe dépend du design de l’étude. En effet les études dites préliminaires utiliseront un nombre d’animaux plus faibles que les études réglementaires. Mais le nombre d’animaux par groupe correspondra au minimum permettant une analyse statistique fiable, conformément aux recommandations des lignes directrices. En se basant sur des tests statistiques, comprenant à minima des tests de normalité, d’analyse de la variance et tests comparant les moyennes des groupes, le nombre d’animaux utilisés est le minimum possible en fonction de ces considérations et des objectifs de l’étude.
Raffinement
Les doses utilisées sont des doses permettant de définir une toxicité maternelle dans les études de chimie ou d’établir a minima une marge de sécurité suffisante dans les études pharmaceutiques. L’état général des animaux est surveillé quotidiennement. Les paramètres suivants peuvent être contrôlés régulièrement afin d’évaluer l’état de santé des animaux : poids corporel et consommation de nourriture et d’eau, signes cliniques, morbidité/mortalité (liste non exhaustive). Si un ou plusieurs points limites sont atteints, la décision d'interrompre le traitement ou d'euthanasier l'animal sera prise. Des techniques de prélèvement sanguin seront utilisées selon les bonnes pratiques vétérinaires et procédures internes validées, quand elles sont compatibles avec les volumes de sang/fréquences à obtenir. Certains traitements sont réalisés sous anesthésie locale ou générale pour éviter le stress, la douleur ou l’inconfort. Les rongeurs et les lapins sont hébergés en groupe (afin d’éviter le stress lié à l’hébergement individuel). Cependant, certaines situations expérimentales exigent l’hébergement individuel. Le cas échéant, des enrichissements supplémentaires avec maintien du contact visuel et olfactif sont proposés aux animaux hébergés individuellement.
Choix des espèces
Les espèces rat, souris, et lapin sont des espèces de laboratoire largement utilisés en recherche biomédicale (littératures et connaissances très larges) et sont des espèces recommandées par les lignes directrices. Le choix de l’espèce/souche est dicté par différents facteurs : résultats déjà existants (essais préliminaires in vitro et in vivo), voie d'administration choisie, métabolisme vitro et/ou pharmacocinétique/pharmacodynamique. De façon standard, les rats, souris et lapins seront âgés de 6 à 10 semaines, 6 à 8 semaines et 4 à 6 mois, respectivement, correspondant à un niveau « jeune adulte » de croissance et de développement nécessaire et suffisant pour conduire les expérimentations. Les animaux ne doivent pas avoir été gravides au paravent.
Formation aux techniques expérimentales chez le rat, la souris et le lapin
- Formation professionnelle
Rats : 696
Lapins : 120
Objectifs
Le but de ce projet est de permettre la formation du personnel technique (techniciens et animaliers) d’une ou plusieurs techniques sur le rat, la souris ou le lapin. On estime que l’on réalisera 8 sessions de formation par an, chacune ayant recours à l’utilisation d’un maximum de 15 rats, 15 souris ou 3 lapins, afin de maintenir les compétences techniques d’une trentaine de techniciens. Les animaux utilisés peuvent provenir : - d'animaux réutilisés provenant d’études précliniques (i.e. surnuméraires ou animaux non euthanasiés en fin de projet), ou peuvent être des animaux déjà inclus sur étude si cela n’impacte pas la qualité scientifique de l’étude en question. - dans de rare cas, d’une commande spécifique (ex : formation nécessitant des rongeurs gestants).
Bénéfices attendus
La formation du personnel est nécessaire et requise par la règlementation pour toute personne travaillant avec des animaux de laboratoire afin qu’elles disposent de compétences validées et régulièrement actualisées. En accord avec la Convention européenne sur la protection des animaux vertébrés utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques (STE no. 123), nous mettons en œuvre toutes les mesures nécessaires pour affiner nos pratiques, maintenir les compétences de notre personnel et garantir un niveau élevé de qualité et de bien‑être animal. Toutes ces techniques sont décrites dans des procédures spécifiques internes revues et validées par la Structure pour le Bien-Etre Animal.
Procédures
En fonction des tâches de formation à réaliser, les animaux peuvent être traités par différentes voies (principalement orale mais aussi par injection intramusculaire, voies sous- cutanée ou intraveineuse, intra-oculaires, etc.) et soumis à des techniques de prélèvement (prélèvement sanguin, prélèvement de larmes, etc..). Le composé administré sera une solution saline. La durée de l’administration est généralement rapide (quelques secondes à quelques minutes) et peut atteindre 1 heure maximum chez le rongeur et 30 minutes chez le lapin, dans le cas de formation à la perfusion. Les prélèvements sanguins (sur animal vigile placé dans un tube de contention ou sous anesthésie) sont réalisés à une fréquence et aux volumes conformes aux recommandations éthiques en vigueur. La manipulation des animaux durant les interventions est généralement inférieure à 1 heure par animal par jour (en considérant, par exemple, une journée avec 1 administration + 3 prélèvements sanguins soit environ 30 min). Jusqu’à une vingtaine d’interventions peuvent être réalisées par animal et par semaine en fonction des recommandations éthiques (en considérant, par exemple, une administration quotidienne et un maximum de 12 prélèvements sanguins dans la semaine chez le lapin, 10 chez le rat et 6 chez la souris). Une mise à jeun pendant une durée maximale de 16h pour recueil d’urine/fécès est également possible (avec accès à l’eau). Le cumul de la douleur relative à la ré-utilisation des animaux sera pris en compte Dans certaines situations, les animaux peuvent être soumis à un hébergement individuel dans leur cage (de façon permanente en cas d’agressivité envers ses congénères, ou pendant quelques jours en cas de soins individuels par exemple).
Impact sur les animaux
Les nuisances et effets indésirables attendus correspondent : - à l’inconfort, au stress et/ou à la douleur transitoires liés aux procédures : prélèvements, administration répétée, contention, mise à jeun éventuelle (16h maximum), intervention invasive sous sédation/anesthésie. - à l’inconfort, au stress et/ou à la douleur transitoires liés au geste expérimental compte tenu du fait qu’il sera réalisé par des personnes en formation, ne maitrisant pas encore totalement le geste. - à l’hébergement individuel lorsqu’il ne peut pas être évité (ex : souris mâle arrivée ne pouvant pas être remis en hébergement collectif sous peine de causer des agressions et blessures à ses congénères).
Devenir
Chaque fois que cela sera envisageable, les animaux seront réutilisés dans le cadre de ce même projet, avant mise à mort pour entrainement aux techniques d’euthanasie ou réalisation de bibliothèques de tissus dans un maximum de 12 mois après sa première réutilisation.
Remplacement
La formation du personnel à des techniques d’expérimentation animale ne peut pas être remplacé intégralement par des méthodes alternatives dans la mesure où le personnel doit pouvoir s’entrainer en conditions réelles avant de pouvoir intervenir sur étude réglementaire au risque de ne pas maitriser son geste au niveau requis et causer potentiellement douleur/stress une fois au contact de l’animal tout en compromettant la qualité des données d’étude. Afin de remplacer une partie des animaux utilisés pouvant être utilisés à des fins de formations, on pourra avoir recours au visionnage de vidéos, consultation d’articles, échanges avec scientifiques, utilisation de mannequins ou test sur animaux post-mortem.
Réduction
Le nombre d'animaux utilisés sera le plus petit possible tout en ayant la certitude que le personnel a obtenu un degré d'expertise suffisant (déterminée par le formateur). On aura recours en priorité à la réutilisation d’animaux provenant de surnuméraires de projets annexes. De même, l’utilisation préalable de vidéos, consultation d’articles, échanges avec scientifiques, utilisation de mannequins ou test sur animaux post-mortem pourra permettre de réduire le nombre d’animaux utilisés pour atteindre le niveau de maitrise attendu. Les vidéos utilisées pourront provenir d’une bibliothèque de vidéos de formation déjà existantes, ou pourront être enregistrées au cours des formations pour utilisation lors de formations ultérieures du personnel.
Raffinement
L'état général des animaux est surveillé quotidiennement. Les paramètres suivants sont contrôlés régulièrement afin d’évaluer l’état de santé des animaux : poids corporel et consommation de nourriture, température corporelle, signes cliniques (liste non exhaustive). Toute anomalie est signalée au vétérinaire. Il lui incombe la décision d'apporter des soins ou d’euthanasier les animaux au vu des signes observés. Les animaux sont hébergés en groupe avec enrichissement (3 enrichissements minimum par hébergement). Pour les rats/souris, les enrichissements disponibles comprennent (liste non exhaustive) : tunnels (plastique ou carton), jouets en bois à ronger (buchettes, boules), accessoires de nidification (coton compressé, papier compressé). Pour les lapins, de la musique leur sera diffusée à faible volume pour masquer les bruits de fond de fonctionnement du laboratoire et ainsi réduire le stress lié au bruit. Ils disposent d’une plaque de repos, d’au moins un palet de foin compressé et d’un jouet. Les lapins sont également habitués à la manipulation et au contact humain par le biais de caresses quotidiennes dès leur arrivée au laboratoire. Si l’hébergement individuel est requis; comme par exemple lorsqu'il existe des incompatibilités connues (comme dans le cas des lapins mâles ou des souris mâles entre eux), ou bien pour raison sanitaire, ce choix devra être dûment argumenté et un enrichissement supplémentaire pourra être apporté. Des contacts visuels, auditifs et olfactifs seront maintenus avec les autres animaux.
Choix des espèces
Pour les rongeurs, les animaux peuvent avoir entre 6 semaines et 15 mois. Pour les lapins, les animaux peuvent être entre 3 mois d'âge et 16 mois. Après réception en étude à l’âge de 6-8 semaines (rats/souris) ou 10-14 semaines (lapins), les animaux non utilisés en étude sont réutilisés à des fins de formation pendant une durée maximale de 12 mois avant euthanasie. Dans de rares cas, il est également possible d'avoir recours à des femelles gestantes (rongeurs uniquement, commande spécifique en fonction du besoin), accouplés par l’éleveur et mettant bas au laboratoire afin de réaliser des phases d'entrainement sur les mises bas, la sélection et le traitement des portées, qui nécessitent une technicité différente de celle nécessaire aux expérimentations sur les animaux âgés de 6 semaines ou plus. Après utilisation, les nouveau-nés seront conservés dans la colonie de stock.
Production d’un principe actif de médicament à usage humain (antirejet de greffes) à partir de sérum anti-thymocytaire de lapins
- Production de routine
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Troubles immunitaires
- Tests réglementaires
Objectifs
Ce projet consiste en la production du principe actif d'un produit biologique à usage thérapeutique dit "life saving". Le médicament est un immunosuppresseur sélectif utilisé principalement pour prévenir ou traiter le rejet de greffe après une transplantation d’organe. Il s'inscrit dans un contexte de santé publique mondiale.
Bénéfices attendus
Le bénéfice de ce projet vise à produire le principe actif d’un médicament essentiel, distribué dans plus de 80 pays et reconnu comme un traitement vital pour de nombreux patients. Destiné à un usage hospitalier, ce médicament agit comme un immunosuppresseur sélectif, jouant un rôle clé dans la prévention et le traitement des rejets d’organes greffés, tant avant qu’après l’intervention chirurgicale. Le médicament est considéré comme un médicament « life saving », c’est-à-dire indispensable à la survie des patients greffés. Par ailleurs, ce médicament est également utilisé pour soigner l’aplasie médullaire. Classé parmi les médicaments critiques par l’Union européenne, il fait l’objet d’une obligation de stock minimal de quatre mois afin de garantir la continuité de l’approvisionnement et éviter toute rupture pour les patients.
Procédures
Il s'agit d’injections intra-veineuse et sous-cutanée, de prélèvements sanguins au niveau de l'artère à l'oreille sur des animaux vigiles sur lesquels une contention est assurée pendant toute la durée du prélèvement. Les différentes étapes sont les suivantes : - Étapes d’immunisation : Chaque animal vigile va recevoir une injection d’une suspension immunisante en 2 fois. Une première injection en sous-cutanée pour une durée de 1 minute, puis une deuxième injection 14 jours plus tard en intra-veineuse sur une durée de 1 à 2 minutes. - Phase de prélèvements sanguins : Un premier prélèvement sanguin est réalisé au niveau de l’artère médiane de l’oreille sur animal vigile placé dans une boîte à contention pour une durée moyenne de 5 à 6 minutes. Une fois le prélèvement terminé, de la colle chirurgicale est appliquée au niveau du point de prélèvement pour assurer l’hémostase. Le deuxième prélèvement est à l’identique du premier (au niveau de l’artère médiane de l’oreille sur animal vigile pour une durée moyenne de 5 à 6 minutes avec application de colle chirurgicale pour assurer l’hémostase. - Prélèvement terminal : Après une injection sur animal vigile par voie intra-veineuse d’un produit anesthésique (la contention dure environ 1 minute pour effectuer cette opération), l’animal alors sous anesthésie générale est prélevé par voie intracardiaque jusqu’à la mort de l’animal. Cette étape de prélèvement terminal dure environ 10 minutes.
Impact sur les animaux
Le protocole de production prévoit plusieurs étapes successives chez les animaux ; à savoir, 2 étapes d’immunisation, 2 étapes de prélèvements sanguins et 1 dernière étape de prélèvement intracardiaque : 1 - Étapes d’immunisation : Les animaux vont recevoir deux injections pour stimuler le système immunitaire. Une première injection en sous-cutanée d’une suspension cellulaire, puis une deuxième administrée 14 jours plus tard en intra-veineuse. Ces injections se font dans un délai court et peuvent provoquer une légère douleur au point d’injection (liée à la pénétration de l’aiguille et à la pression exercée lors de l’injection). La douleur est généralement immédiate et de courte durée. Elle est minimisée par l’utilisation d’aiguilles adaptées à la taille de l’animal et par la réalisation des injections par du personnel formé. 2 - Phase de prélèvements sanguins : deux ponctions sanguines sont réalisées au niveau de l’artère médiane de l’oreille. La ponction entraîne une douleur légère et brève, liée à la piqûre de l’aiguille. Les animaux peuvent manifester des signes de stress lors de la contention et de la ponction. Ces réactions sont généralement limitées et ne persistent pas après la fin de la procédure. Un petit hématome peut survenir au point de ponction, mais il est généralement minime et se résorbe spontanément en quelques heures. 3 - Prélèvement terminal : Il est effectué par voie intracardiaque sous anesthésie générale. L’induction du produit anesthésique par voie intraveineuse peut provoquer une douleur légère et brève. Ces prélèvements sanguins peuvent induire une anémie (avec une durée comprise entre 2 et 6 jours). Une étude menée en interne en 2023, basée sur la mesure et le suivi du taux d’hématocrite, a permis de démontrer que cette anémie reste légère à modérée.
Devenir
À l’issue de la procédure, l'ensemble des animaux seront mis à mort lors de la prise de sang terminale par voie intracardiaque sous anesthésie générale.
Remplacement
À ce jour, aucun modèle alternatif ne permet de remplacer le lapin pour la production d’anticorps polyclonaux destinés à la fabrication du principe actif du médicament en raison de la complexité et de la diversité épitopique requise. En effet, la diversité et la quantité d’anticorps générés par cet animal offrent une compatibilité optimale avec un large panel de patients greffés, et ce à l’échelle mondiale. Cette complexité immunologique ne peut être reproduite par les méthodes de production in vitro actuelles. Le médicament cible plus de 80 épitopes distincts des cellules immunitaires, induisant ainsi chez le patient une immunosuppression à la fois puissante et prolongée, essentielle pour prévenir les rejets de greffe.
Réduction
La procédure expérimentale mise en œuvre a été définie dans un objectif d’optimisation du rendement en sérum par animal utilisé, tout en assurant l’obtention d’un sérum présentant la concentration requise en anticorps polyclonaux. La réalisation de prélèvements sanguins répétés, effectués dans le respect des exigences réglementaires et sous contrôle du bien-être animal, permet d’accroître la quantité moyenne de sérum collectée par animal. Cette stratégie contribue ainsi à la production d’une quantité accrue de médicament à partir d’un nombre équivalent d’animaux utilisés. Enfin, le protocole prévoit l’utilisation de lapins mâles et femelles (lapins issus de l’élevage et lapins reproducteurs réformés), permettant l’inclusion de l’ensemble des animaux élevés au sein de l’établissement et participant à l’optimisation de l’utilisation des animaux conformément aux principes réglementaires en vigueur.
Raffinement
Les lapins sont hébergés dans des cages conformes aux exigences réglementaires, avec une densité adaptée et une stabilité des groupes sociaux. Un enrichissement environnemental adapté est en place : notamment avec des galets à ronger en cellulose, une stimulation sensorielle contrôlée (radio) ainsi que des plateformes de repos. Dans la mesure du possible, un maintien des groupes constitués précocement est assuré afin de limiter l’agressivité interindividuelle. Un suivi quotidien des animaux est assuré par du personnel qualifié, formé et régulièrement habilité. Des fiches de suivi individualisées permettent de consigner les soins apportés et de documenter l’évolution de l’état de santé de chaque animal. Un suivi renforcé est mis en place durant les phases de prélèvements prévues par le protocole expérimental. L’évaluation de la souffrance animale est réalisée quotidiennement à l’aide d’un poster mis à disposition en zone d’expérimentation. Toute manifestation de souffrance dépassant ces seuils entraîne l’arrêt immédiat de l’expérimentation pour l’animal concerné. Lors de la réalisation du prélèvement intracardiaque, une anesthésie générale est effectuée avec une solution de xylazine et de kétamine adaptée au poids. Enfin, lors des prélèvements sanguins au niveau de l’artère auriculaire, une application de colle chirurgicale est réalisée.
Choix des espèces
D'autres espèces animales pourraient être utilisées (exemples : cheval, chèvre...) mais le lapin est l'animal le plus approprié parce qu'il réunit à la fois faciliter d'élevage, facilité de maintien du statut sanitaire EOPS et facilité de prélèvement et d'atteinte du volume de sérum nécessaire. De plus, le lapin est l'espèce enregistrée par les Autorités de Santé Publique Internationales dans le dossier d'Autorisation de Mise sur le Marché du médicament à fabriquer. On utilise exclusivement des animaux en bon état physique et bonne santé apparente pesant au minimum 2,8 kg et âgés de 14 semaines minimum au moment de la première immunisation. Il s'agit d'un âge optimal pour avoir un lapin suffisamment mâture immunologiquement et suffisamment gros pour supporter les prélèvements de sang.
Modèle de DMLA chez le lapin
- Formation professionnelle
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Troubles sensoriels
Objectifs
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de mal voyance chez les personnes de plus de 50 ans dans les pays industrialisés. Cette pathologie touche l'œil dans une zone particulière de la rétine : la macula, impliquée dans la vision fine et la vision centrale. La maladie est silencieuse pendant plusieurs années, puis la vision et la perception des détails baissent, des tâches sombres apparaissent au centre du champ de la vision. Dans la forme dite humide de la DMLA, plus grave qui évolue rapidement vers une perte importante de la vision centrale, de nouveaux vaisseaux sanguins poussent de façon anormale depuis la choroïde et endommagent la rétine. La stratégie des traitements est de stopper la progression anarchique de ces vaisseaux délétères. Dans une autre forme dite "sèche" la maladie ne développe pas cette néovascularisation, mais des zones de rétine s'atrophient et perdent leur fonction. L’objectif de ce projet est de mettre en place dans l’établissement utilisateur, un modèle expérimental de forme humide en induisant la néovascularisation choroïdienne et aussi un modèle expérimental de forme sèche avec atrophie de la rétine sans néovascularisation, chez le lapin pour participer au développement de substances thérapeutiques limitant l'évolution de cette maladie de la rétine.
Bénéfices attendus
Ce projet contribuera au développement de médicaments luttant contre la DMLA et améliorant la vue des patients. La DMLA est la première cause de mal voyance chez les personnes de plus de 50 ans dans les pays industrialisés et la troisième cause dans le monde (1,5 millions de personnes en France, 196 millions dans le monde). Sa fréquence augmente avec l’âge et le nombre de patient augmentera compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie.
Procédures
L’induction de la DMLA chez le lapin se fera par des tirs de laser ophtalmiques sur la rétine sous anesthésie, ou par une injection sous la rétine. Cette manipulation a lieu une fois au début de l'étude. Les examens ophtalmologiques se feront à l'aide de techniques non invasives. Ces examens sont réalisés chez l’homme en cabinet médical en ambulatoire sans anesthésie. Ils sont également régulièrement pratiqués sur l’animal en clinique vétérinaire dans le cadre des consultations. Pour notre projet, ces examens pourront se faire pour une partie sur animaux vigiles (examens en lampe à fente) mais certains qui nécessitent l’immobilisation complète de l'animal seront pratiqués sous anesthésie légère. Ils sont rapides, ne dureront pas plus de quelques minutes. Les administrations de produits se feront soit par instillations (gouttes oculaires), soit par injection au niveau de l'œil (injection intravitréenne, sous conjonctivale), soit par administration orale, par injection sous cutanée, intraveineuse, ou intramusculaire (pour les anesthésiants). Ces instillations ou injections nécessitent le maintien de l’animal afin de l’immobiliser. Ces procédures sont extrêmement rapides et ne prendront pas plus d’1 ou 2 minutes. Les gouttes oculaires peuvent être administrées plusieurs fois avec généralement une moyenne de 3 administrations et un maximum de 6 à 8 administrations par jour. Les administrations de produit par injection au niveau de l'œil se feront sous anesthésie locale et générale si besoin, leurs fréquences sont plus limitées, une à deux fois par semaine. Ces procédures sont aussi un peu plus longues et nécessitent de placer l’animal sous un microscope chirurgical, et durent en général 5 minutes par animal. Si le traitement est administré par voie orale il peut être au maximum quotidien, par voie intraveineuse il sera au maximum 3 fois par semaine, si la voie d’administration est l’injections sous-cutanée, la fréquence sera au maximum de 2 fois par jours, sur la durée de l’étude soit maximum 2 mois. Des prélèvements de sang pourront être réalisés au cours des procédures expérimentales afin de doser le principe actif du traitement administré ou tout autre marqueur d'intérêt. Ces prélèvements se feront sur animal vigile et le temps nécessaire aux prélèvements ne dépassera pas les 5 minutes par animal.
Impact sur les animaux
Le développement de la DMLA chez l’homme, et par transposition chez l’animal, n’est pas douloureux. Les nuisances pour l’animal sont celles dues aux manipulations de l'animal pour les observations, le stress dû aux contentions manuelles de l'animal pour les administrations de produits, les instillations ou la douleur éventuelle de la piqûre lors des injections de produits ou d'anesthésiant. L'administration des produits devrait engendrer tout au plus une douleur légère et de courte durée notamment lors de l’anesthésie. Au cours de l’anesthésie jusqu’au réveil, une baisse de la température corporelle pouvant induire un stress est attendue. En dehors de ces périodes d’examen ou d’administration de traitement, l’animal est libre de ces mouvements, avec un accès à l’eau et à la nourriture. La pathologie devrait entrainer une altération permanente de la vision sur l'œil ayant reçu l'induction.
Devenir
Les animaux qui auront suivi la totalité de chaque procédure expérimentale seront mis à mort pour permettre de réaliser les évaluations ex vivo (évaluations histologiques, dosage de produit...). Pour les études d’efficacité de traitement, les animaux n’ayant pas suivi la totalité de la procédure (estimé à environ 10%, hormis ceux exclus pour cause de points limites) pourront être réutilisés dans d’autres procédures expérimentales compatibles avec l’avis du vétérinaire. Ces animaux sont des animaux qui sont exclus de l'étude en raison d'un défaut anatomique ou physiologique détecté aux examens de baseline au niveau de l'œil avant le début de l’étude. Ces animaux n'auront pas reçu d'induction de la pathologie, ni d'administration de traitement, seulement des examens qui ne sont pas invalidants mais qui potentiellement nécessitent une anesthésie.
Remplacement
A ce jour, aucune méthode alternative ne permet de mimer l’œil dans son environnement et dans sa globalité fonctionnelle. Les lignées cellulaires ou les systèmes alternatifs comme les organoïdes ne permettent d’étudier qu’une partie des mécanismes. En effet, l’œil est composé de différents tissus (vasculaires, rétinien neuronal, vitréen, cornéen, humeur aqueuse ...) de physiologie différente et soumis aux variations environnementales, aux interactions des tissus et organes voisins. Les études in vivo permettent d’observer les réponses physiologiques d’un traitement dans un organisme vivant en tenant compte des pharmaco cinétiques, des métabolites générés. Compte tenu de la complexité de l’organe nous aurons donc recourt à des animaux.
Réduction
Le nombre maximum d’animaux prévu pour ce projet a été déterminé en fonction de la distribution théorique rencontrée dans les données bibliographiques et tient compte des variations du métabolisme, de la robustesse des mesures et de notre expérience. Ce nombre limité doit nous permettre de conclure sur l’efficacité ou non d’un traitement. L'effet d'un traitement sera évalué à l'aide des tests statistiques paramétriques ou non paramétriques suivant la distribution des données, avec possibilité d'effectuer des comparaisons multiples. Chaque groupe traité sera comparé à celui du groupe témoin. Un calcul de l’effectif sera réalisé avant chaque étape afin d’ajuster et de revoir à la baisse si possible le nombre d’animaux à inclure dans les procédures. Des évaluations non invasives de la pathologie sont utilisées tout au long de l'étude pour éviter la mise à mort de l'animal.
Raffinement
Un suivi quotidien des animaux sera effectué afin de minimiser au maximum l’impact des procédures sur leur bien-être. Les animaux seront hébergés en binôme avec différents enrichissements adaptés à l'espèce. Les examens choisis pour évaluer les signes cliniques de la maladie sont non invasifs et semblables à ceux pratiqués chez l'homme en cabinet d'ophtalmologie ou chez l’animal en clinique vétérinaire. Afin de réduire le stress de l'animal lors d'examens nécessitant l'immobilisation de l'animal, une administration d'anesthésique sera réalisée. Lors des anesthésies des substituts de larmes sont régulièrement instillés sur les cornées pour éviter le dessèchement, un dispositif est prévu pour éviter l’hypothermie (tapis chauffant, ou lampe). Les procédures impliquées ne devraient pas entrainer de douleur. La sévérité de la demande est classée légère. L’application d’anesthésiant locaux est prévue avant les injections. Des points limites adaptés, suffisamment prédictifs et précoces permettent de limiter une éventuelle douleur à son minimum, cependant si une complication apparait au cours du temps, l’emploi d’un analgésique de type buprénorphine sera envisagé.
Choix des espèces
Le lapin possède une physiologie, une anatomie et un métabolisme largement décrits dans la bibliographie scientifique. L’extrapolation à l’homme des effets sur l’œil en est d’autant plus facilitée. Le modèle chez le lapin grâce à la taille de l’œil offre la possibilité de pose d’implant pour répondre au mieux à la problématique et identifier des principes actifs pouvant être bénéfiques aux patients. Les animaux seront de jeunes adultes à leur arrivée dans notre animalerie. Les lapins inclus dans les études auront 2 à 3 mois.
Nourrissage de poux de corps d’élevage sur des lapins
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
Objectifs
L'infestion de la peau et des cheveux par des poux touche des millions de personnes dans le monde et est toujours très fréquente en France, notamment chez les enfants scolarisés. Les poux représentent un problème de santé publique et un coût financier non négligeable pour les populations touchées. Afin de lutter contre ces parasites, il est important de tester l'efficacité des nouveaux produits antipoux avant leur mise sur le marché. Cependant, il est très difficile de se procurer des poux sur les humains. C'est la raison pour laquelle, des poux d’élevage sont utilisés avec l'avantage d'être disponibles en grande quantité à tout moment de l'année. Ce sont des poux de corps humains sélectionnés il y a plusieurs décennies, pour leur capacité à se nourrir du sang de lapin pour assurer leur survie. Le lapin est la seule espèce animale disponible pour l'élevage de poux. L'objectif du projet est de maintenir l'élévage de poux en les nourrissant sur des lapins puis de tester sur ces poux, l’efficacité de produits capables de tuer poux et lentes, ou de répulsifs développés par l'industrie pharmaceutique. De par cette expertise sur les poux et les antipoux, le deuxième objectif est de diffuser les connaissances nécessaires à la lutte contre la pédiculose auprès des étudiants, des services scolaires (interventions dans les écoles) et du grand public (conseils aux familles, expertise auprès des médias), confrontés à cette infestation.
Bénéfices attendus
Les résultats du projet permettront d'orienter le développement de produits antipoux et répulsifs efficaces et de conseiller leurs utilisateurs.
Procédures
Les animaux subiront la piqûre de poux une fois par semaine pendant 6 mois.
Impact sur les animaux
Les lapins seront hébergés individuellement en box de 1,3 m x 0,5 m, avec contacts visuels et auditifs entre congénères et non collectivement pour éviter les conflits. La contention du lapin nécessaire pendant le nourrissage des poux peut engendrer du stress. Les lapins pèsent plusieurs kilos et il est indispensable de les attacher pour assurer leur sécurité, ce qui peut provoquer un inconfort le temps de la procédure. Les liens sont en tissu et ne provoquent pas de blessures, irritations ou dépilation. Les poux des différents stades (adultes et 4 stades larvaires) ne doivent pas être mélangés. Les poux mettent environ 15-20 minutes à prendre un repas complet, ce qui fait une durée totale d’environ 2 heures pour le nourrissage des 5 stades en prenant en compte leur dépôt et leur ramassage. Si la quantité de poux est faible, deux stades peuvent être déposés côte à côte, ce qui diminue cette durée. Le nourrissage des poux (plusieurs centaines) peut entraîner une irritation passagère qui disparaît après quelques minutes.
Devenir
A l'issue de la procédure hebdomadaire, les animaux sont hébergés à l'animalerie. Après une période de 6 mois d'utilisation, tous les animaux seront proposés à l'adoption en famille d'accueil par l'intermédiaire d'une association. Les animaux ne seront mis à mort qu'en cas de pathologie grave indépendante de la procédure, de blessure grave accidentelle ou d'impossibilité de les placer en fin de projet. La décision de mise à mort sera préalablement soumise aux responsables du projet initial et au vétérinaire référent.
Remplacement
Le nourrissage des poux sur animal vivant est le seul moyen à ce jour de garantir la survie des poux, insectes hématophages stricts à tous les stades (adultes et larves), et le maintien du cycle (reproduction et pontes). Le lapin est le seul animal sur lequel les poux humains ont été adaptés il y a plusieurs décennies. Ces poux d’élevage meurent en cas d’ingestion de sang humain, puisqu’ils ne sont plus capables de le digérer. Le nourrissage sur lapin est nécessaire le temps de mettre en place un mode de nourrissage in vitro des poux sur sang de lapin permettant l'obtention d'une colonie conséquente et viable sur plusieurs générations.
Réduction
Le nourrissage des poux se fait par roulement sur 4 lapins. Afin de réduire les contraintes individuelles, la durée d’utilisation de ces lapins sera limitée à 6 mois, soit 8 lapins pour la durée du projet. Deux animaux supplémentaires sont prévus pour compenser l'éventuelle sortie prématurée d’animaux du projet.
Raffinement
Les lapins seront hébergés en accord avec les directives européennes, individuellement en box de 1,3 m x 0,5 m, avec contacts visuels et auditifs entre congénères, afin d’éviter les conflits en hébergement collectif. Le sol des box sera recouvert de copeaux de bois pour un plus grand confort et muni d'une tablette leur permettant de grimper ou de se cacher. De plus, leur environnement sera enrichi d’une balle en plastique pour jouer et régulièrement d'un bouchon de fibres pour se faire les dents. Des enrichissements seront ajoutés ponctuellement pour varier leur quotidien ("rabbit relaxer" par exemple). Une grille scorée basée sur l'échelle d’évaluation des expressions faciales éditée par le National Centre for the Replacement, Refinement & Reduction of Animals in Research (NC3Rs) sera utilisée pour évaluer l’état sanitaire des lapins. Les signes pris en compte seront la contraction orbitaire, l’aplatissement des joues, la position « tombante » du museau, des moustaches et des oreilles avec les scores absent (0), modéré (1) et évident (2). Une acclimatation d’une semaine est prévue à l’arrivée des lapins et une habituation à la procédure est mise en place sur plusieurs jours avant le tout premier nourrissage des poux. A chaque étape d'habituation et après chaque nourrissage des poux, le lapin recevra de la carotte de culture biologique en renforcement positif. A la fin du projet, les lapins seront proposés à l’adoption en famille d’accueil par l’intermédiaire d’une association.
Choix des espèces
Le lapin est la seule espèce sur laquelle les poux de corps humains d’élevage peuvent se nourrir et assurer leur survie sur plusieurs générations. Les adultes sont préférables pour avoir une surface de peau la plus grande possible et ainsi réduire la durée de nourrissage des poux.
PRODUCTION DE SERUM DE LAPIN ENTRANT DANS LA FABRICATION D’UN MEDICAMENT HUMAIN
- Production de routine
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Troubles immunitaires
- Tests réglementaires
Objectifs
Le projet a pour objectif la production de sérum de lapin entrant dans la fabrication d'un médicament à usage humain, immunosuppresseur visant à lutter contre le risque de rejet de greffe chez l'Homme et également utilisé dans le traitement de l'aplasie médullaire.
Bénéfices attendus
Le bénéfice attendu du projet est la production d'un médicament humain, commercialisé dans plus de 80 pays à travers le monde et considéré comme un "life saving drug", c'est-à-dire un médicament vital pour de nombreux patients. Il est utilisé en milieu hospitalier. Ce médicament est un immunosuppresseur sélectif utilisé pour lutter contre les rejets de greffe chez l'Homme en période pré et post-opératoire. Le médicament est également utilisé dans le cadre de la prévention de la réaction du greffon contre l'hôte aiguë et chronique en cas de transplantation de cellules souches hématopoïétiques ainsi que pour le traitement de la réaction du greffon contre l'hôte aiguë corticorésistante. Enfin, le médicament sert au traitement de l'aplasie médullaire. Il est inclus sur la liste des médicaments critiques de l’Union Européenne (Union list of critical medicines), pour lesquels un stock minimal de 4 mois est requis afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement des pays.
Procédures
Les animaux sont changés de cage au moment de la mise en place en salle de protocole et pesés individuellement. Puis le protocole comprend différentes étapes pouvant impacter les animaux : - une phase d'immunisation : l’injection d'une suspension sur animal vigile simplement contenu (durée : 1 minute) et l’injection d'une suspension sur animal vigile simplement contenu 14 jours plus tard (durée : 1 à 2 minutes) - un premier prélèvement de sang à l'artère médiane de l'oreille sur animal vigile mis dans une boite de contention (durée : environ 5 à 8 minutes), puis l’application de colle chirurgicale au point de prélèvement pour éviter tout saignement. - un second prélèvement de sang à l'artère médiane de l'oreille controlatérale sur animal vigile mis dans une boite de contention (durée : environ 5 à 8 minutes), puis l’application de colle chirurgicale au point de prélèvement pour éviter tout saignement. - l’anesthésie de l’animal par injection intraveineuse d’un mélange d’anesthésiques sur animal vigile mis dans une boite de contention (durée : 1 minute), puis un prélèvement de sang terminal, jusqu'à la mort de l’animal (durée : environ 10 à 12 minutes).
Impact sur les animaux
Le protocole comprend différentes étapes sur les animaux inclus dans le projet : - une phase d'immunisation avec deux injections d'une suspension cellulaire sur animal vigile réalisées à 14 jours d’intervalle, entrainant une douleur légère de courte durée ; - une phase de prélèvements avec deux prélèvements successifs à l'artère médiane de l'oreille sur animal vigile entrainant une douleur légère de courte durée ; - un prélèvement terminal en intracardiaque sous anesthésie générale, entrainant une douleur légère de courte durée lors de l’anesthésie. Les prélèvements peuvent entrainer une anémie de courte durée (entre 2 et 6 jours) et celle-ci reste légère à modérée (selon une étude interne réalisée en 2023 sur le suivi de l’anémie des animaux par le biais de la mesure du taux d’hématocrite).
Devenir
Tous les animaux entrant dans la procédure sont mis à mort, puisque le protocole prend fin à la mort des animaux lors du prélèvement de sang sous anesthésie générale.
Remplacement
A l'heure actuelle des connaissances scientifiques, il n'existe pas de modèle alternatif au lapin pour la production d'anticorps polyclonaux tels qu'inclus dans la composition du médicament final. La diversité et la quantité d'anticorps produits par l'animal permettent une compatibilité sans équivalent avec un nombre très élevé de patients receveurs de greffes dans les différents pays du monde. Cette diversité n’est pas reproductible via la production d’anticorps in vitro. En effet, plus de 80 épitopes différents de cellules de l’immunité sont ciblés par le médicament, ce qui provoque chez le patient une immunosuppression majeure et durable.
Réduction
La procédure expérimentale appliquée a été définie afin d'obtenir la plus grande quantité possible de sérum par animal utilisé (sérum contenant la concentration requise en anticorps polyclonaux). De plus, un travail de sélection génétique mené sur les animaux reproducteurs de l'élevage a permis d'optimiser la quantité de sérum prélevée sur chaque lapin en prélèvement intracardiaque, et d'améliorer la concentration en immunoglobulines du sérum produit. Enfin, la répétition des prélèvements de sang, réalisée sous surveillance du bien-être des animaux, augmente la quantité moyenne de sérum prélevée par animal. Il est donc possible de fabriquer une plus grande quantité de médicament avec un nombre équivalent d'animaux utilisés. Enfin, les lapins mâles et femelles sont utilisés dans le cadre du protocole, ce qui permet d'inclure dans la procédure tous les lapins élevés au sein de l'établissement.
Raffinement
Les lapins sont hébergés dans des cages conformes aux exigences de la règlementation et de respect du Bien-Etre Animal, ils disposent d'un enrichissement adapté (diffusion de radio, mise à disposition de bûchettes de bois à ronger, de tunnels pour se cacher). Les animaux élevés ensemble depuis leur naissance sont de préférence hébergés dans la même cage, afin de limiter le risque d’agression entre lapins. Le suivi quotidien des animaux est assuré par des personnes expérimentées et formées régulièrement ; des fiches de suivi permettent d’enregistrer les soins adaptés prodigués aux animaux et de suivre l’évolution de l’état de santé des animaux. Un suivi renforcé est effectué sur les animaux durant les phases de prélèvements du protocole expérimental. Une évaluation de la souffrance animale en référence à une grille établie est réalisée chaque jour. La grille permet également de fixer les points limites et de cesser immédiatement l'expérimentation sur tout lapin présentant des signes de souffrance dépassée. Une prise en charge spécifique de la douleur par l'application d'un protocole d'anesthésie générale validé est appliquée lors du dernier prélèvement de sang. Enfin, l'utilisation de colle chirurgicale lors de chaque injection intraveineuse ou prélèvement de sang assure un meilleur confort à l'animal.
Choix des espèces
A l'heure actuelle des connaissances scientifiques, il n'existe aucune méthode alternative permettant de produire le sérum entrant dans la composition du médicament humain in vitro. De plus, le médicament est sous autorisation de mise sur le marché avec utilisation exclusive du lapin, espèce qui fait référence dans la production d'anticorps polyclonaux pour l'usage pharmaceutique. L’AMM du médicament fixe également l’âge et le poids requis pour utiliser les animaux dans le cadre du protocole expérimental. Les lapins ne sont inclus dans la procédure d'expérimentation animale qu'à partir de l'âge de 14 semaines et pour un poids minimum de 2,8 Kg. C'est en effet à partir de cet âge que leur système immunitaire est capable de produire les anticorps nécessaires à la fabrication du médicament humain, en quantité et concentration suffisantes. Les animaux sont également aptes à supporter les différentes phases de la procédure (prélèvements de sang répétés notamment).
DMI NRI 2 : Etude animale sur le traitement d’un modèle d’anévrisme sacciforme chez le lapin par un dispositif endovasculaire
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
Objectifs
Les anévrismes cérébraux correspondent à une dilatation fragile des artères du cerveau. Il s’agit d’une pathologie fréquente (60/1000 habitants) et grave, qui expose au risque d’hémorragie cérébrale par rupture de l’anévrisme, conduisant au décès du patient dans plus de 50% des cas. Les traitements actuellement disponibles sont la chirurgie ou le traitement par voie endovasculaire (par l’intérieur des vaisseaux sanguins), notamment en implantant un dispositif dans l’artère portant l’anévrisme, ou directement dans l’anévrisme, pour empêcher le sang d’aller dans la zone dilatée, le rediriger dans l’artère normale, et permettre ainsi la cicatrisation de l’anévrisme. Cependant, malgré la mise en place d’un dispositif, il existe un pourcentage de cas (de 10 à 30 % en fonction du dispositif) dans lequel l’anévrisme n’apparait pas occlus lors des contrôles, et la cicatrisation de l’anévrisme n’est pas obtenue. Cela incite aujourd’hui les industriels à développer de nouvelles technologies de ces dispositifs afin d’améliorer la cicatrisation biologique. Les industriels innovent également en modifiant la composition et/ou la conformation du dispositif, afin d’améliorer ses performances. Ils créent également de nouveaux dispositifs permettant de traiter ces anévrismes sans les contraintes de la double anti-agrégation plaquettaire, indispensable pour certains d’entre eux. L’adjonction d’un traitement médicamenteux pourrait également permette de favoriser cette cicatrisation. Le projet consiste à étudier, sur un modèle d’anévrisme chez le lapin, la performance d’un dispositif implantable (accompagné ou non par l’adjonction d’un traitement médicamenteux) pour le traitement des anévrismes intracrâniens. Le but de ce projet sera d'étudier la cicatrisation de l’anévrisme et l’efficacité du dispositif par des analyses radiologiques, histologiques et moléculaire, et nécessitera donc l'utilisation de l'animal pour être mené à bien.
Bénéfices attendus
Ce projet se déclinera en plusieurs études (20 études maximum sur la durée totale du projet) et permettra d’effectuer des analyses non réalisables chez l’être humain, afin évaluer la réponse biologique à l’implantation du dispositif, en fonction du ou des traitements administrés aux lapins, ce qui n’a encore jamais été fait sur ce modèle. Ce projet permettra notamment d’évaluer la sécurité et l’efficacité de dispositifs innovants, dans des conditions comparables à l’humain et permettra de tester entre minimum 10 et maximum 40 dispositifs innovants différents, en fonction des conditions. Des analyses de prolifération tissulaire sur le dispositif et de thrombogénicité (analyse du risque de formation de caillots sanguins) apporteront des connaissances supplémentaires ainsi qu’une meilleure compréhension sur les indications du dispositif avant de l’utiliser chez l’humain.
Procédures
Les animaux seront soumis à 3 interventions sous anesthésie générale comportant de la chirurgie d’une durée d’1h environ, pour la création d’un anévrisme, l’implantation du dispositif et le contrôle avant la mise à mort. Un ou plusieurs contrôles intermédiaires (imagerie à rayons X avec possibilité d'imagerie optique nécessitant une nouvelle anesthésie générale et chirurgie), d’une durée de 45 min, pourront être effectués. La fréquence des anesthésies générales sera discutée en amont, en fonction des hypothèses de recherches définies par l’étude, en étroite collaboration avec un vétérinaire pour la faisabilité. En fonction des études issues de ce projet, des prélèvements sanguins pourront être effectués, lors des anesthésies générales, de préférence, ou sous contention adaptée avec la possibilité de recourir à une sédation légère ou une anesthésie locale. Pour les animaux recevant un traitement, ils seront manipulés 1 à 2 fois par jour pendant plusieurs semaines, placés dans une cage de contention et le traitement sera donné par une sonde de gavage (environ 1 min par animal).
Impact sur les animaux
L’anxiété et le stress sont des effets indésirables attendus avant, et après chaque intervention/prélèvement sanguin. Un stress supplémentaire peut être observable sur les animaux qui seront amenés à recevoir un traitement oral quotidien. Une gêne et une douleur post-chirurgicales sont possibles. Les animaux pourront recevoir, en fonction des études issues du projet, un traitement oral antiagrégant (sonde de gavage, 1 minute maximum /jour / animal). Ils auront plusieurs anesthésies générales : une pour la création de l’anévrisme, une pour l’intervention chirurgicale, une pour chaque contrôle intermédiaire et une pour les imageries de contrôle avant mise à mort. Les animaux seront hébergés en cage individuelle tout au long du projet pour des problématiques de suivi et d’agression entre animaux. Malgré la possibilité de conserver des interactions visuelles, auditives et olfactives entre animaux, il est possible que certains animaux développent du stress ou des comportements d’ennui dans leur environnement, comportements qui seront surveillés plus étroitement.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure pour le prélèvement de la pièce anatomique d’intérêt à des fins d’analyse sur les tissus.
Remplacement
Ce projet vise à étudier la sécurité, la conformabilité, la biocompatibilité et l’efficacité de dispositifs de traitement d’anévrisme dans des conditions in vivo. Les phénomènes biologiques, tels que la coagulation sanguine, la pression sanguine, ou encore les contraintes liées au déploiement du dispositif n’ont à l’heure actuelle aucune méthode alternative, in vitro ou ex vivo, permettant de reconstruire un modèle proche de ces conditions, ainsi que son suivi au cours du temps. L'utilisation d'animaux dans le cadre de ce projet est ainsi indispensable.
Réduction
Ce projet est à visée exploratoire et a pour objectif l'obtention de résultats préliminaires au cours d'études de faisabilité et de sécurité. Ces données pourront au besoin servir de base pour établir un nouveau projet intégrant des analyses d'efficacité avec calcul statistique, dans un dossier dédié (distinct de ce dossier). Nous sommes donc ici dans le cadre d’un projet pour lequel plusieurs études distinctes pourront être développées. Dans le cadre de ce présent projet, pour chaque étude, le nombre minimal de lapin sera utilisé. Ainsi, pour chaque dispositif testé dans les conditions de procédure choisie, de groupes nécessaires ; et pour prendre en compte le risque d'échec de la procédure, de 5 à 20 lapins par étude seront utilisés. Par ailleurs, l’implantation chez le même lapin de plusieurs dispositifs pourra éventuellement servir de contrôle et ainsi diminuer le nombre de lapins nécessaires. Le nombre d’animaux nécessaire dans le cadre de prochaines études issues de ce projet sera défini méthodologiquement, en fonction de(s) l’hypothèse(s) de recherche, en association avec la puissance définie à la conception de l’étude. Le nombre d’études issues de ce projet sera fonction du nombre total d’animaux demandés (200) et sera au maximum de 20 études sur la durée totale du projet. Ce nombre d’animaux a été estimée de manière rétrospective, en s’appuyant sur les études précédemment réalisées dans le cadre d’un précédent projet.
Raffinement
Les animaux seront hébergés dans le respect du bien-être animal. Les animaux seront gardés pendant une période d'acclimatation de 5 jours minimum avant toute intervention chirurgicale. Leur environnement comportera un enrichissement (bûchettes à ronger, foin...). Les animaux seront suivis quotidiennement et leur état de santé et de bien-être sera évalué tout au long du projet. Les animaux seront anesthésiés et analgésiés pendant les interventions chirurgicales et seront suivis au cours du projet. Un suivi renforcé sera effectué durant les premiers jours après chaque intervention opératoire. Si un animal présente un signe de douleur ou de souffrance, des analgésiques pourront lui être administrés. Si une infection se présente, un traitement antibiotique pourra être mis en place. Dans le cas où l'animal présenterait une souffrance, une maladie ou une altération physique sans qu'il soit possible de le soulager efficacement (atteinte d'un point limite), l'animal sera sorti d'expérimentation et mis à mort.
Choix des espèces
Le lapin est un modèle animal reconnu pour l’étude des anévrismes intracrâniens. La biologie relative à l’utilisation des dispositifs implantables est ainsi bien documentée chez cette espèce et similaire aux mécanismes humains. Par ailleurs, la taille des vaisseaux sanguins du lapin est similaire à celle des vaisseaux sanguins humains, où sont implantés les dispositifs étudiés. Les animaux utilisés seront des adultes indifférenciés (mâles ou femelles) de plus de 3 kg pour la taille des artères et la taille des dispositifs usuellement utilisés chez l'humain.
Renouvellement projet Production et contrôle d’un vaccin inactivé contre la maladie hémorragique virale du lapin (forme variante et forme classique de la maladie)
- Production de routine
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Maladies animales
- Tests réglementaires
- Contrôles de qualité
Objectifs
La maladie hémorragique virale (VHD ou viral hemorrhagic disease) dans sa forme classique a émergé en 1984 en Chine et est apparue en France durant l’été 1988. Il s’agit d’une hépatite virale du lapin sauvage ou domestique due à un calicivirus. La VHD est enzootique dans les populations de lapins sauvages d’Europe, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Sa transmission a lieu essentiellement par voie orofécale et par contact direct. Elle fait partie des maladies transmissibles des lagomorphes considérées comme majeures du point de vue socioéconomique (liste B des maladies notifiables à l’OIE). Il n’existe aucun traitement contre cette affection. Dans sa forme classique elle est habituellement responsable de 30 à 90 % de mortalité. Après une incubation de 2 à 5 jours, le lapin meurt. Seul le développement de vaccins efficaces permet de la contrôler et d’enrayer des pertes économiques importantes. Depuis 2010, des analyses phylogénétiques ont permis de mettre en évidence l’apparition d’un nouveau variant génétiquement distant des autres calicivirus connus. Les foyers se sont multipliés dans l’ouest de la France puis cette forme variante de la maladie a rapidement diffusé vers l’Est et a touché les pays voisins. Depuis 2017 une augmentation de la virulence de ce virus est rapportée avec des taux de mortalité comparables à ceux de la souche classique. Notre laboratoire a développé un vaccin permettant de lutter contre les deux formes de la maladie, il contient d’une part la souche classique inactivée de la VHD et d’autre part la souche variante inactivée de la VHD. Ce vaccin a reçu une première autorisation de mise sur le marché délivrée par l'agence du médicament français, puis par différentes agences d'autres pays. Il est notamment le seul autorisé contre la VHD en Australie, au Canada et à Singapour. Notre objectif est de produire et de contrôler des lots commerciaux de ces vaccins. Pour cela, 4 procédures expérimentales impliquant des animaux sont nécessaires : - la production des foies de lapins infectés pour la fabrication des lots de principe actif du vaccin, - le contrôle d'inactivation des lots de principe actif sur lapins, - le contrôle d'efficacité libératoire des lots de vaccins (activité-épreuve sur lapins) - l'étude de l'efficacité du vaccin contre de nouvelles souches identifiées sur le terrain
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont la protection des lapins contre la maladie hémorragique virale grâce à la production et au contrôle des lots commerciaux de ces vaccins.
Procédures
_ injections de vaccins, d'épreuve, de principe actif ou d'euthanasiant (5 secondes par piqûre, 3 piqûres maximum par animal) _ prises de sang (20 secondes par piqûre, 1 piqûre maximum par animal)
Impact sur les animaux
_ maintien en animalerie _ piqûres pour les injections de vaccins, d'épreuve, de principe actif ou d'euthanasiant (5 secondes par piqûre) _ piqûres pour les prises de sang (20 secondes par piqûre) _ symptômes de la VHD (hépatite virale, abattement, difficultés respiratoires, saignements, mortalité)
Devenir
Les procédures nécessitent la mise à mort des animaux en fin d'essai afin de réaliser les prélèvements d'organes nécessaires.
Remplacement
Production : Tous les essais de multiplication du RHDV en culture cellulaire ou sur oeufs embryonnés de poulet, qui auraient permis de s’affranchir de l’animal pour la production du vaccin inactivé, sont restés infructueux. Pour obtenir du virus RHDV, la maladie doit donc impérativement être reproduite expérimentalement chez des lapins sains et sensibles par inoculation d’un broyat d’organes de lapins infectés. Cette méthode de production est celle indiquée par la monographie de la pharmacopée européenne dans le cadre de la préparation d’un vaccin inactivée de la VHD, ainsi que dans le manuel terrestre de l’OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale). Contrôles : Dans le cadre de la libération des lots de vaccins par le laboratoire, les contrôles obligatoire à effectuer sur l’animal sont le contrôle de l’inactivation du principe actif et le contrôle de l’efficacité du vaccin. L'étude de l'efficacité du vaccin contre de nouvelles souches identifiées sur le terrain nécessite de réaliser des essais directement sur lapin.
Réduction
Les nombres d'animaux utilisés dans les différentes procédures sont ceux imposés par la pharmacopée européenne (monographie du vaccin inactivé contre la VHD) et le dossier d'autorisation de mise sur le marché du vaccin.
Raffinement
Les lapins sont logés par groupe ce qui leur permet d'exprimer leur comportement grégaire. Mise à disposition de tuyaux en PVC pour jouer et se cacher, de plate-formes de repos. Surveillance accrue en cas de détection de souffrance avant l'atteinte de points limites. De la musique est également diffusée (habituation aux voix humaines et aux bruits). Distribution de pebble toys (gallettes de fruits compressés).
Choix des espèces
Il s’agit de l’espèce cible* du vaccin, sensible au virus de la maladie hémorragique virale du lapin. *espèce à laquelle le vaccin est destiné Les lapins utilisés sont âgés de 4 semaines ou plus, âge de sensibilité au virus de la VHD.
Evaluation de dispositifs médicaux dans un modèle d’occlusion artérielle chronique chez le lapin
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
Objectifs
Les maladies artérielles occlusives chroniques, en particulier les Occlusions Totales Chroniques , représentent un problème de santé majeur dans le domaine cardiovasculaire. Elles sont associées à une morbidité importante et à une réduction de la qualité de vie des patients. Le traitement endovasculaire (à l’intérieur du vaisseau artériel) de ces lésions demeure complexe, avec des taux d’échec encore significatifs en raison de la difficulté à franchir l’occlusion. Cette limitation a conduit au développement de nouveaux dispositifs médicaux conçus pour améliorer le franchissement (le passage d Livad037u dispositif médical à travers l’occlusion), réduire les complications et optimiser la sécurité des interventions. L’évaluation non clinique de ces dispositifs est une étape essentielle avant leur utilisation clinique, afin de garantir leur efficacité et leur innocuité dans des conditions expérimentales reproduisant la pathologie humaine. Le besoin en modèles animaux adaptés et fiables est donc particulièrement important pour accompagner l’innovation dans ce domaine. L’objectif principal du projet est d’évaluer la performance de guides endovasculaires destinés au traitement des occlusions artérielles chroniques, en comparant leur capacité à franchir des lésions occlusives de manière strictement intraluminale (à l’intérieur du vaisseau) avec une sortie après l’occlusion contrôlée (sans sortie du dispositif par percée du vaisseau). La confirmation repose à la fois sur l’imagerie échographique lors de l’intervention et sur l’analyse des tissus. Ce critère constitue un paramètre clé de succès car il conditionne la réussite d’une procédure de recanalisation (débouchage du vaisseau) sans complication majeure. Les objectifs secondaires incluent la mesure du temps nécessaire pour franchir l’occlusion, l’évaluation de paramètres opératoires spécifiques à chaque dispositif, ainsi que l’analyse échographique de la trajectoire à l’intérieur du vaisseau et de l’absence de sortie du vaisseau. Ce projet vise donc à valider un modèle expérimental pertinent d’occlusion artérielle chronique chez le lapin, modèle déjà largement reconnu pour les études vasculaires en raison de la compatibilité de ses artères avec les guides coronaires humains.
Bénéfices attendus
Les occlusions artérielles chroniques constituent une pathologie fréquente et difficile à traiter, caractérisée par la présence de lésions fibro-thrombotiques résistantes au franchissement par les techniques conventionnelles. Le succès de la recanalisation dépend en grande partie de la capacité des dispositifs à progresser de manière intraluminale, condition essentielle pour restaurer le flux sanguin tout en limitant le risque de complications. L’apparition de nouveaux systèmes conçus spécifiquement pour améliorer cette étape critique représente un axe majeur d’innovation, susceptible de transformer la prise en charge des patients atteints de maladies cardiovasculaires occlusives. À court terme, le projet permettra de développer et de valider un modèle expérimental pertinent d’occlusion artérielle chronique chez le lapin, adapté à l’évaluation de dispositifs innovants de franchissement. Ce modèle offrira une plateforme non clinique standardisée, permettant de caractériser finement la performance et la sécurité des guides testés. Les données obtenues fourniront des informations essentielles sur les paramètres opératoires, les profils d’imagerie et la qualité du franchissement. Cette étape contribuera directement à l’optimisation des dispositifs, en identifiant leurs points forts et leurs limites dans des conditions proches de la réalité clinique. Le bénéfice immédiat est donc la mise à disposition d’un outil robuste de sélection et d’amélioration des systèmes endovasculaires en développement. À long terme, le projet devrait transformer le domaine des dispositifs médicaux cardiovasculaires en validant un modèle fiable et en générant des données comparatives qui accéléreront le développement de technologies de nouvelle génération, à la fois plus sûres et efficaces. Pour les patients souffrant de pathologies occlusives, cela se traduira par des traitements plus performants, une restauration améliorée de la perfusion tissulaire, et une réduction des symptômes. De plus, il y aura moins besoin de recourir à des procédures invasives alternatives, ce qui contribuera globalement à améliorer la qualité de vie des patients en diminuant la douleur et l'anxiété liées aux traitements lourds. Ces avancées pourraient également signifier une récupération plus rapide et un retour à des activités normales plus tôt, favorisant un quotidien plus actif et moins limité par la maladie.
Procédures
Dans une procédure (étude ex vivo), les interventions consistent en une anesthésie générale préalable, suivie de prélèvements de segments artériels. Chaque animal subit une seule anesthésie d’une durée d’environ 30 à 45 minutes. Aucune procédure sur animal vigile n’est prévue. Les animaux sont euthanasiés en fin d’anesthésie par surdose barbiturique. Dans une autre procédure séparée (étude pilote in vivo, suivi 2 à 8 semaines), les animaux subissent une anesthésie générale pour la chirurgie d’induction de l’occlusion artérielle (durée environ 60 à 90 minutes). L’acte comprend une incision chirurgicale, la manipulation artérielle et la pose de gel occlusif, suivies de sutures cutanées. Tous les gestes sont réalisés sous anesthésie générale avec analgésie per- et post-opératoire. Pendant la phase de suivi, les animaux sont soumis à un examen échographique sous anesthésie légère par isoflurane à trois ou quatre reprises selon la durée du suivi (séances de 15 à 20 minutes). Des contrôles cliniques (poids, score de bien-être, appétit, mobilité) sont réalisés quotidiennement sur animaux vigiles, mais sans gestes invasifs. À la fin du protocole, les animaux sont ré-anesthésiés pour l’intervention instrumentale simulant la procédure endovasculaire (durée environ 60 minutes), suivie immédiatement d’une euthanasie sans réveil. Dans une dernière procédure (étude principale, suivi 2 à 8 semaines), les mêmes étapes sont reproduites avec un effectif d'animaux élargi. Chaque animal subit une chirurgie initiale sous anesthésie générale (60–90 minutes). Durant la période de suivi, les animaux bénéficient d’un examen échographique toutes les deux semaines (soit trois à quatre séances selon la durée du suivi), sous anesthésie gazeuse courte (15 minutes environ). Chaque semaine, un prélèvement sanguin est effectué sur l’oreille, sur animal vigile mais sous contention douce, représentant 2 à 8 prélèvements par animal selon la durée. Les animaux reçoivent une alimentation adaptée enrichie en cholestérol durant toute la phase de suivi. En fin de protocole, l’intervention instrumentale est réalisée sous anesthésie générale (environ 60 minutes), avec anticoagulation systématique, suivie d’une euthanasie programmée par surdose anesthésique.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues dans ce projet proviennent de deux phases distinctes : la chirurgie d’induction de l’occlusion artérielle chronique (pour toutes les procédures) et la période de suivi précédant l’intervention expérimentale (procédures 2 et 3 seulement). La chirurgie d’induction comporte des incisions cutanées et une manipulation vasculaire, sources potentielles de douleur locale et d’inconfort immédiat. Une analgésie systématique est prévue afin de limiter ces effets, associés à une surveillance post-opératoire rapprochée. Les animaux peuvent présenter dans les premiers jours une baisse d’activité, une baisse d’appétit ou une perte de poids limité. Les complications possibles incluent un hématome, une réaction inflammatoire locale ou une altération transitoire de la mobilité en lien avec la cicatrisation chirurgicale. Ces phénomènes sont attendus dans la période immédiate mais doivent s’estomper progressivement dans les jours suivant l’intervention. Pendant la phase d’organisation de l’occlusion, les animaux restent hébergés en conditions standards et conservent une mobilité normale.Une collerette est posée chez les animaux pour une durée d’une semaine maximum afin d’éviter les morsures de plaies. L’artère occluse peut provoquer une modification locale du flux sanguin, mais les artères collatérales du lapin limitent les conséquences cliniques systémiques. Aucune ischémie douloureuse ou handicap fonctionnel majeur n’est attendu. Une alimentation enrichie en cholestérol pourra être offerte aux animaux (0.1 à 2 % de cholestérol) afin d’accélérer le processus d’occlusion, mais ce régime est généralement bien toléré par les animaux. Dans le cas rare où un animal développerait une complication sévère (nécrose distale, perte de poids importante, apathie persistante), un critère d’arrêt immédiat avec mise à mort sera appliqué. Au moment de l’étude interventionnelle, les nuisances sont liées à une anesthésie générale, une nouvelle exposition vasculaire et la manipulation intraluminale des guides. Ces gestes peuvent entraîner des dissections, microperforations ou extravasations. Si ces événements survenaient dans un cadre avec réveil, ils seraient sources de douleur et de dysfonction vasculaire, mais dans le protocole, la mise à mort est pratiquée immédiatement après la phase interventionnelle, ce qui empêche toute souffrance prolongée.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure. La mise à mort des animaux est indispensable car le prélèvement des tissus (prélèvement des artères) est très invasif et des analyses microscopiques importantes doivent être effectuées.
Remplacement
Le développement de nouveaux dispositifs médicaux destinés au traitement des occlusions artérielles chroniques nécessite une évaluation rigoureuse de leur faisabilité, de leur efficacité et de leur sécurité. Le recours à l’animal vivant est ici indispensable car il permet de reproduire la complexité d’un environnement vasculaire physiologique, incluant la dynamique du flux sanguin, la réactivité de la paroi artérielle, la formation d’un thrombus organisé et la cicatrisation tissulaire. Ces paramètres conditionnent directement le comportement des guides endo-vasculaires et ne peuvent être simulés de façon fiable par des modèles inertes ou in vitro. Des alternatives non animales existent, notamment les bancs de tests mécaniques, les fantômes vasculaires imprimés en 3D ou les systèmes de circulation artificielle. Ces approches offrent un intérêt certain pour évaluer des paramètres physiques simples tels que la maniabilité d’un dispositif, sa flexibilité ou son rayon de courbure. Elles sont utilisées en amont du projet pour valider les caractéristiques techniques de base des guides. Toutefois, elles ne reproduisent ni la structure histologique complexe d’une occlusion fibro-thrombotique, ni les phénomènes biologiques associés tels que l’inflammation, le remodelage vasculaire ou la résistance pariétale. De plus, elles ne permettent pas de tester la sécurité d’utilisation, en particulier le risque de perforation ou de dissection, qui dépend de la réponse des tissus vivants. Les modèles ex vivo, utilisant des segments artériels isolés, représentent une étape utile pour optimiser certains gestes et standardiser les protocoles. Ils ont d’ailleurs été intégrés dans le projet comme phase préliminaire afin de réduire l’exposition des animaux vivants. Cependant, ces préparations ne permettent pas de reproduire durablement la perméabilité, la pression pulsatile ni les réactions cellulaires et inflammatoires essentielles à la formation d’une occlusion chronique stable. Leur pertinence reste donc limitée aux essais techniques de courte durée. En définitive, aucune alternative in vitro ou ex vivo ne permet actuellement de modéliser de manière pertinente les conditions réelles d’une occlusion artérielle chronique, ni de fournir les données fiables nécessaires pour valider des dispositifs médicaux destinés à l’usage clinique. L’utilisation d’animaux vivants est donc indispensable pour atteindre les objectifs scientifiques du projet.
Réduction
La stratégie de réduction du nombre d’animaux dans ce projet repose sur une conception rigoureuse des protocoles expérimentaux et sur l’utilisation de méthodes complémentaires permettant de maximiser l’information recueillie pour chaque individu. Le recours à l’imagerie in vivo est central puisqu’il offre la possibilité de suivre l’évolution des lésions sur une même artère au cours du temps sans devoir mettre à mort l’animal à chaque étape d’analyse. Cela permet de réduire considérablement le nombre d’animaux nécessaires en remplaçant des cohortes entières de points terminaux par des suivis longitudinaux. La planification des études pilotes vise également à limiter le nombre d’animaux en testant les paramètres chirurgicaux et analytiques sur un groupe restreint de sujets avant de valider le protocole définitif. L’approche statistique est pensée en amont avec une justification du nombre d’animaux par un calcul de puissance utilisant notamment des tests statistiques adaptés pour la comparaison entre groupes parallèles. Ce calcul permet d’obtenir la taille d’échantillon minimale compatible avec la robustesse scientifique. Le projet prévoit par ailleurs de tirer le maximum d’informations de chaque animal en combinant l’imagerie avec des analyses histologiques ex vivo des mêmes tissus, ce qui évite des répétitions d’expérience. La mutualisation et le partage d’échantillons entre équipes ainsi que l’archivage de données numériques issues des examens d’imagerie contribuent également à limiter l’utilisation d’animaux supplémentaires. Enfin la conception du projet intègre une séquence progressive où les données issues des procédures initiales guident et optimisent les étapes suivantes ce qui réduit le risque de répétitions inutiles ou de perte de données.
Raffinement
La stratégie de raffinement appliquée dans ce projet repose sur une anticipation maximale des sources de nuisance pour les animaux et sur la mise en place de mesures concrètes destinées à améliorer leur bien-être tout au long des procédures. L’induction chirurgicale d’occlusion artérielle sera réalisée sous anesthésie générale avec surveillance étroite de la profondeur anesthésique afin d’éviter toute perception douloureuse. Les animaux bénéficieront systématiquement d’analgésie multimodale adaptée à la durée des effets attendus, avec un relais si nécessaire dans les jours qui suivent. Les soins post-opératoires comprendront une surveillance clinique accrue dans les heures et les jours qui suivent l’intervention avec un suivi des paramètres comportementaux, alimentaires et pondéraux permettant de détecter précocement tout signe d’inconfort. En cas de douleur persistante ou d’altération du comportement, des mesures correctives seront appliquées immédiatement, allant d’un renforcement de l’analgésie à une sortie anticipée de l’étude si le bien-être est compromis. La phase d’hébergement après chirurgie sera optimisée pour réduire le stress et favoriser la récupération. Les animaux seront installés dans des conditions d’enrichissement adaptées (matériaux de nidification, refuges) et manipulés par du personnel formé aux techniques de contention douce afin de limiter les réactions de peur. L’habituation progressive des animaux à certaines manipulations non invasives (comme les examens d’imagerie) contribuera également à réduire le stress au cours des suivis. Les périodes de suivi s’étendant sur plusieurs semaines, un programme de soins vétérinaires réguliers sera mis en place, incluant une évaluation objective du bien-être basée sur des grilles de score cliniques validées. Le projet prévoit aussi une flexibilité méthodologique permettant d’intégrer de nouvelles techniques de raffinement en cours d’étude. Une veille scientifique et réglementaire sera assurée afin d’adopter rapidement des innovations pertinentes, qu’il s’agisse de nouveaux protocoles anesthésiques ou analgésiques, de techniques chirurgicales moins invasives, ou de méthodes d’imagerie réduisant la nécessité de procédures lourdes.
Choix des espèces
Le choix du lapin comme espèce animale est justifié par la taille et l’accessibilité de ses artères périphériques, qui permettent la mise en place de dispositifs d’occlusion et leur suivi longitudinal par imagerie avec une excellente reproductibilité. Le lapin présente par ailleurs une physiologie vasculaire proche de celle de l’Homme, ce qui en fait un modèle reconnu pour l’étude des pathologies artérielles et pour l’évaluation de nouvelles approches endovasculaires. L’utilisation d’animaux de plus petite taille, comme les rongeurs, ne permettrait pas de réaliser ces procédures avec la même précision technique ni d’obtenir des données transposables. Le lapin constitue ainsi un compromis entre pertinence scientifique, faisabilité technique et limitation du nombre d’animaux, garantissant la validité des résultats obtenus dans le cadre de ce projet. L’espèce choisie est le lapin New Zealand White, utilisé exclusivement au stade adulte au delà de 6 semaines d’âge. Le recours au stade adulte s’impose pour des raisons scientifiques précises : la taille des artères fémorales chez l’adulte (2 à 3,5 kg) est compatible avec l’utilisation de guides 0.014’’ (soit 0,36mm) et de dispositifs destinés à une transposition clinique humaine. Le choix du lapin adulte permet donc de disposer d’un modèle dont la morphologie et la réactivité vasculaire sont proches de la situation pathologique humaine étudiée, tout en assurant une reproductibilité optimale et en limitant le nombre d’animaux nécessaires.
Creation de lignées de lapins porteurs d’une invalidation d’un gène codant pour un canal ionique intestinal EU1/2
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système gastrointestinal
Objectifs
Le microbiote, c'est-à-dire la flore bactérienne intestinale non pathogène, joue un rôle essentiel non seulement dans l'assimilation des résidus alimentaires non digestibles, mais aussi dans la protection de certaines infections en dialoguant avec le système immunitaire de l'hôte. Il est donc essentiel, au même titre que les cellules intestinales, à la santé humaine et vétérinaire. Ce projet a pour objectif de créer des lignées de lapins présentant une modification génétique ciblée, grâce à une nouvelle méthode qui utilise des cellules souches modifiées en laboratoire, injectées dans de jeunes embryons. Le gène que nous cherchons à désactiver, produit normalement une protéine présente dans les cellules de l’intestin, chez plusieurs espèces de mammifères. Cette protéine pourrait jouer un rôle important dans différentes fonctions intestinales et donc intervenir dans la régulation de l’environnement intérieur de l’intestin et influencer le microbiote qui est un acteur clé dans la physiologie digestive. Le gène étudié n’étant pas présent chez la souris, le lapin représente le seul modèle expérimental possible pour ces analyses, car les mini-organes intestinaux créés in vitro ne représentent pas encore la complexité des interactions entre microbiote et cellules de l’intestin. Ce projet sera réalisé dans deux établissement utilisateurs (EU1 et EU2) qui conjuguent leurs expertises.
Bénéfices attendus
Les retombées attendues de ce projet sont de trois ordres. Le premier est la validation de l'utilisation de cellules souches pour produire des lapins transgéniques, technique disponible actuellement uniquement chez les rongeurs. Le second est le développement de cette méthode pour produire des lapins modèles de maladie humaine ou de thérapie cellulaire. Enfin le troisième est la création d'un modèle animal permettant l'étude des fonctions physiologiques des cellules intestinales exprimant le gène d’intérêt dans la régulation du microbiote et de l'environnement intérieur de l'intestin.
Procédures
Cinq types d’interventions sont prévues : 1. Traitement de superovulation sur lapines vigiles: 1 fois par lapine, 7 injections d’hormones durant 3 secondes chacune (2 minutes maximum avec la contention) sur 4 jours, 50 femelles (EU1); 2. Insémination artificielle des lapines vigiles: 1 fois par lapine, durée de la contention et de l'intervention 5 minutes maximum, 50 femelles (EU1); 3. Transferts embryonnaires sur lapines anesthésiées : 1 fois par lapine, durée de l'opération 1h15 jusqu'au réveil, 30 lapines prévues (EU1); 4. Echographie sur lapines vigiles: 1 fois par lapine opérée, durée de la contention et de l'échographie 10 minutes maximum (EU1); 5. Prélèvements de salive, de sang et éventuellement de peau sur lapereaux vigiles d'un mois avec anesthésie locale : 1 fois par animal, durée de l'expérimentation 5 minutes (25 minutes avec le temps d'action maximal de la pommade anesthésiante), 260 lapereaux (EU1 et EU2).
Impact sur les animaux
Les lapines subiront de faibles douleurs liées aux injections d’hormones ou de produits anesthésiants avec une durée de contention de 2 minutes. Elles éprouveront un léger stress lors de la réalisation d’inséminations artificielles avec une durée de contention de 5 minutes maximum et des douleurs lors des chirurgies de transfert embryonnaire (durée 1h15 jusqu'au réveil). Les lapereaux sentiront aussi un léger stress et une faible douleur lors de la réalisation de biopsies au niveau des oreilles, avec une durée de contention un peu stressante de 25 minutes maximum (10 à 20 minutes pour l'effet de la pommade anesthésiante et 5 minutes d'intervention). Les responsables de ce projet resteront attentifs à l’apparition de problèmes digestifs ou de douleurs chez les lapins dépourvus du gène d’intérêt.
Devenir
Les lapines productrices d'embryons seront euthanasiées pour récupérer les embryons de 1,5 jours. Les femelles ayant subi un transfert embryonnaire avec un développement à terme pourront être réutilisées pour des productions d'embryons. Seules, les femelles issues des transferts d’embryons microinjectées avec des cellules souches modifiées seront utilisées pour produire les lignées de lapins dépourvus du gène d’intérêt, les mâles seront eux, à ce stade, euthanasiés. La création de ces lignées de lapins nécessitera ensuite deux générations de croisement de lapins porteurs ou non du gène d’intérêt, avec une sélection après génotypages des animaux à garder ou à euthanasier. Les lapereaux issus de ces croisements et dépourvus du gène d’intérêt seront alors euthanasiés pour les études des fonctions de ce gène.
Remplacement
Le projet nécessite l'utilisation d'animaux puisqu'il vise à créer des lignées de lapins dépourvues d’un gène d’intérêt. Cependant l'utilisation de cellules souches permettra de limiter le nombre d'animaux utilisés, car l’élimination du gène peut être vérifiée et validée in vitro avant la microinjection des cellules dans les embryons, contrairement aux techniques classiques basées sur des manipulations génétiques réalisées directement sur les embryons. De plus, les cellules de l’intestin exprimant le gène d’intérêt ne peuvent être étudiées qu'in vivo, car les modèles in vitro de type mini-organes ne permettent pas actuellement de reproduire la complexité de tube digestif et de son interaction avec le microbiote. Il n’existe donc pas d’alternatives à l’expérimentation in vivo pour étudier le rôle du gène d’intérêt dans le dialogue entre les cellules de l’intestin et le microbiote.
Réduction
Le recours aux superovulations permettra de diminuer d’un tiers le nombre de lapines utilisées pour produire des embryons, avec 20 à 30 embryons obtenus en moyenne par femelle au lieu de 8 à 12. De plus, nous utiliserons des lapines ayant déjà eu des lapereaux pour transplanter des embryons, ce qui permettra d'éviter d'employer des lapines présentant des problèmes de nidation ou d’allaitement lors des transferts embryonnaires. Enfin, à chaque étape du projet, les expériences seront réalisées de façon séquentielle sur un petit nombre d’animaux, puis seront renouvelées uniquement si les résultats obtenus sont insuffisants pour poursuivre le projet.
Raffinement
Les injections nécessaires aux différentes procédures seront faites de préférence par voie sous-cutanée, moins douloureuse que par voie intramusculaire. Dès que possible (pour 1 à 3 femelles puisque nous hébergeons 3 mâles), des accouplements naturels seront réalisés à la place des inséminations artificielles pour éviter du stress et de la douleur aux femelles. Les lapines opérées seront placées par deux dans une cage propre à leur réveil. Elles seront surveillées deux fois par jour par des animaliers qualifiés et bénéficieront d'un régime alimentaire amplifié avec des croquettes adaptées, à volonté à partir du second tiers de leur gestation. Après vérification des gestations par une échographie de contrôle, les lapines seront déplacées pour être seules par cage et une boite à nid adaptée aux cages sera ajoutée 5 jours avant la mise-bas, ainsi que du papier absorbant qui leur servira à amorcer la préparation de leur nid fait avec leurs poils. Après la mise-bas, une surveillance de l'allaitement et du bien-être des lapereaux sera faite chaque matin, avec le recours à une adoption ou à une supplémentation par biberon en cas de défaillance ou d'agression de la mère. Les lapereaux seront maintenus avec leur mère jusqu'à leur sevrage, soit entre 6 à 8 semaines, puis les mâles et les femelles seront séparées. Les lapereaux issus des transferts embryonnaires seront transportés dans la seconde animalerie, par camion agréé, sous température régulée, en plaçant deux à trois lapereaux par carton à air filtré contenant du foin et un bloc d’hydrogel. Toute manipulation sera effectuée de mamnière douce, après habituation progressive des lapins aux contacts humains (animaliers et expérimentateurs). Lors de l’application des procédures expérimentales et des mises à mort, des analgésiques et/ou anesthésiants seront utilisés, afin de réduire au maximum le stress et la douleur des animaux. De même, une surveillance adaptée avec une grille de score et des points limites ont été définis pour chaque procédure et seront appliqués par des animaliers qualifiés qui surveilleront les lapins quotidiennement.
Choix des espèces
Le but du projet est de créer des lignées de lapins dépourvus d’un gène d’intérêt impliqué dans la physiologie digestive. L’intérêt de l’espèce lapin est de deux ordres : d’une part la création d’un modèle expérimental, puisque la souris ne peut être utilisée, le gène d’intérêt étant absent chez les rongeurs ; et d’autre part la validation de la technique employant des cellules souches pour créer des animaux modèles, qui a été récemment développée chez le lapin. Dans ce cadre, le lapin présente de nombreux avantages comme sa taille moyenne, sa prolificité, son intervalle de génération court et sa forte production embryonnaire. Il est physiologiquement et génétiquement apparenté à l’Homme, et présente un développement embryonnaire et une organisation du placenta identiques à ceux des primates. De ce fait, l’utilisation de cellules souches de lapin faciliterait la création de modèles de maladies humaines et de réacteurs biologiques, des lapins capables de produire des molécules pharmaceutiques dans leur lait. Enfin, ce projet est réalisé en collaboration avec un laboratoire qui s'intéresse au gène étudié dans différentes espèces, dont le lapin qui exprime ce gène dans 5% des cellules de son tube digestif. Une partie des animaux sera utilisée en âge de reproduction, soit entre 5 et 30 mois pour les mâles et entre 5 et 36 mois pour les femelles. L'autre partie sera utilisée précocement, soit à 18 jours ou 5 à 6 semaines, pour le génotypage ou les études des fonctions du gène étudié.
Creation de lignées de lapins porteurs d’une invalidation d’un gène codant pour un canal ionique intestinal EU2/2
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système gastrointestinal
Objectifs
Le microbiote, c'est-à-dire la flore bactérienne intestinale non pathogène, joue un rôle essentiel non seulement dans l'assimilation des résidus alimentaires non digestibles, mais aussi dans la protection de certaines infections en dialoguant avec le système immunitaire de l'hôte. Il est donc essentiel, au même titre que les cellules intestinales, à la santé humaine et vétérinaire. Ce projet a pour objectif de créer des lignées de lapins présentant une modification génétique ciblée, grâce à une nouvelle méthode qui utilise des cellules souches modifiées en laboratoire, injectées dans de jeunes embryons. Le gène que nous cherchons à désactiver, produit normalement une protéine présente dans les cellules de l’intestin, chez plusieurs espèces de mammifères. Cette protéine pourrait jouer un rôle important dans différentes fonctions intestinales et donc intervenir dans la régulation de l’environnement intérieur de l’intestin et influencer le microbiote qui est un acteur clé dans la physiologie digestive. Le gène étudié n’étant pas présent chez la souris, le lapin représente le seul modèle expérimental possible pour ces analyses, car les mini-organes intestinaux créés in vitro ne représentent pas encore la complexité des interactions entre microbiote et cellules de l’intestin. Ce projet sera réalisé dans deux établissement utilisateurs (EU1 et EU2) qui conjuguent leurs expertises.
Bénéfices attendus
Les retombées attendues de ce projet sont de trois ordres. Le premier est la validation de l'utilisation de cellules souches pour produire des lapins transgéniques, technique disponible actuellement uniquement chez les rongeurs. Le second est le développement de cette méthode pour produire des lapins modèles de maladie humaine ou de thérapie cellulaire. Enfin le troisième est la création d'un modèle animal permettant l'étude des fonctions physiologiques des cellules intestinales exprimant le gène d’intérêt dans la régulation du microbiote et de l'environnement intérieur de l'intestin.
Procédures
injections d’hormones durant 3 secondes chacune (2 minutes maximum avec la contention) sur 4 jours, 50 femelles (EU1); 2. Insémination artificielle des lapines vigiles: 1 fois par lapine, durée de la contention et de l'intervention 5 minutes maximum, 50 femelles (EU1); 3. Transferts embryonnaires sur lapines anesthésiées : 1 fois par lapine, durée de l'opération 1h15 jusqu'au réveil, 30 lapines prévues (EU1); 4. Echographie sur lapines vigiles: 1 fois par lapine opérée, durée de la contention et de l'échographie 10 minutes maximum (EU1); 5. Prélèvements de salive, de sang et éventuellement de peau sur lapereaux vigiles d'un mois avec anesthésie locale : 1 fois par animal, durée de l'expérimentation 5 minutes (25 minutes avec le temps d'action maximal de la pommade anesthésiante), 260 lapereaux (EU1 et EU2).
Impact sur les animaux
Les lapines subiront de faibles douleurs liées aux injections d’hormones ou de produits anesthésiants avec une durée de contention de 2 minutes. Elles éprouveront un léger stress lors de la réalisation d’inséminations artificielles avec une durée de contention de 5 minutes maximum et des douleurs lors des chirurgies de transfert embryonnaire (durée 1h15 jusqu'au réveil). Les lapereaux sentiront aussi un léger stress et une faible douleur lors de la réalisation de biopsies au niveau des oreilles, avec une durée de contention un peu stressante de 25 minutes maximum (10 à 20 minutes pour l'effet de la pommade anesthésiante et 5 minutes d'intervention). Les responsables de ce projet resteront attentifs à l’apparition de problèmes digestifs ou de douleurs chez les lapins dépourvus du gène d’intérêt.
Devenir
Les lapines productrices d'embryons seront euthanasiées pour récupérer les embryons de 1,5 jours. Les femelles ayant subi un transfert embryonnaire avec un développement à terme pourront être réutilisées pour des productions d'embryons. Seules, les femelles issues des transferts d’embryons microinjectées avec des cellules souches modifiées seront utilisées pour produire les lignées de lapins dépourvus du gène d’intérêt, les mâles seront eux, à ce stade, euthanasiés. La création de ces lignées de lapins nécessitera ensuite deux générations de croisement de lapins porteurs ou non du gène d’intérêt, avec une sélection après génotypages des animaux à garder ou à euthanasier. Les lapereaux issus de ces croisements et dépourvus du gène d’intérêt seront alors euthanasiés pour les études des fonctions de ce gène.
Remplacement
Le projet nécessite l'utilisation d'animaux puisqu'il vise à créer des lignées de lapins dépourvues d’un gène d’intérêt. Cependant l'utilisation de cellules souches permettra de limiter le nombre d'animaux utilisés, car l’élimination du gène peut être vérifiée et validée in vitro avant la microinjection des cellules dans les embryons, contrairement aux techniques classiques basées sur des manipulations génétiques réalisées directement sur les embryons. De plus, les cellules de l’intestin exprimant le gène d’intérêt ne peuvent être étudiées qu'in vivo, car les modèles in vitro de type mini-organes ne permettent pas actuellement de reproduire la complexité de tube digestif et de son interaction avec le microbiote. Il n’existe donc pas d’alternatives à l’expérimentation in vivo pour étudier le rôle du gène d’intérêt dans le dialogue entre les cellules de l’intestin et le microbiote.
Réduction
Le recours aux superovulations permettra de diminuer d’un tiers le nombre de lapines utilisées pour produire des embryons, avec 20 à 30 embryons obtenus en moyenne par femelle au lieu de 8 à 12. De plus, nous utiliserons des lapines ayant déjà eu des lapereaux pour transplanter des embryons, ce qui permettra d'éviter d'employer des lapines présentant des problèmes de nidation ou d’allaitement lors des transferts embryonnaires. Enfin, à chaque étape du projet, les expériences seront réalisées de façon séquentielle sur un petit nombre d’animaux, puis seront renouvelées uniquement si les résultats obtenus sont insuffisants pour poursuivre le projet.
Raffinement
Les injections nécessaires aux différentes procédures seront faites de préférence par voie sous-cutanée, moins douloureuse que par voie intramusculaire. Dès que possible (pour 1 à 3 femelles puisque nous hébergeons 3 mâles), des accouplements naturels seront réalisés à la place des inséminations artificielles pour éviter du stress et de la douleur aux femelles. Les lapines opérées seront placées par deux dans une cage propre à leur réveil. Elles seront surveillées deux fois par jour par des animaliers qualifiés et bénéficieront d'un régime alimentaire amplifié avec des croquettes adaptées, à volonté à partir du second tiers de leur gestation. Après vérification des gestations par une échographie de contrôle, les lapines seront déplacées pour être seules par cage et une boite à nid adaptée aux cages sera ajoutée 5 jours avant la mise-bas, ainsi que du papier absorbant qui leur servira à amorcer la préparation de leur nid fait avec leurs poils. Après la mise-bas, une surveillance de l'allaitement et du bien-être des lapereaux sera faite chaque matin, avec le recours à une adoption ou à une supplémentation par biberon en cas de défaillance ou d'agression de la mère. Les lapereaux seront maintenus avec leur mère jusqu'à leur sevrage, soit entre 6 à 8 semaines, puis les mâles et les femelles seront séparées. Les lapereaux issus des transferts embryonnaires seront transportés dans la seconde animalerie, par camion agréé, sous température régulée, en plaçant deux à trois lapereaux par carton à air filtré contenant du foin et un bloc d’hydrogel. Toute manipulation sera effectuée de mamnière douce, après habituation progressive des lapins aux contacts humains (animaliers et expérimentateurs). Lors de l’application des procédures expérimentales et des mises à mort, des analgésiques et/ou anesthésiants seront utilisés, afin de réduire au maximum le stress et la douleur des animaux. De même, une surveillance adaptée avec une grille de score et des points limites ont été définis pour chaque procédure et seront appliqués par des animaliers qualifiés qui surveilleront les lapins quotidiennement.
Choix des espèces
Le but du projet est de créer des lignées de lapins dépourvus d’un gène d’intérêt impliqué dans la physiologie digestive. L’intérêt de l’espèce lapin est de deux ordres : d’une part la création d’un modèle expérimental, puisque la souris ne peut être utilisée, le gène d’intérêt étant absent chez les rongeurs ; et d’autre part la validation de la technique employant des cellules souches pour créer des animaux modèles, qui a été récemment développée chez le lapin. Dans ce cadre, le lapin présente de nombreux avantages comme sa taille moyenne, sa prolificité, son intervalle de génération court et sa forte production embryonnaire. Il est physiologiquement et génétiquement apparenté à l’Homme, et présente un développement embryonnaire et une organisation du placenta identiques à ceux des primates. De ce fait, l’utilisation de cellules souches de lapin faciliterait la création de modèles de maladies humaines et de réacteurs biologiques, des lapins capables de produire des molécules pharmaceutiques dans leur lait. Enfin, ce projet est réalisé en collaboration avec un laboratoire qui s'intéresse au gène étudié dans différentes espèces, dont le lapin qui exprime ce gène dans 5% des cellules de son tube digestif. Une partie des animaux sera utilisée en âge de reproduction, soit entre 5 et 30 mois pour les mâles et entre 5 et 36 mois pour les femelles. L'autre partie sera utilisée précocement, soit à 18 jours ou 5 à 6 semaines, pour le génotypage ou les études des fonctions du gène étudié.