Les projets approuvés

Difficulté : ★★★★☆
pixabay_observatoire

Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.

Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.

Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.


NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets. 

Documents

Résumés non techniques français de 2013 à 2021

Résumés non techniques de l'Union européenne depuis 2022

Niveau de souffrances

Dernières données ajoutées :

  • 235 projets autorisés en avril 2026 (01/05/2026)
  • 296 projets autorisés en mai 2026 (01/06/2026)
  • 340 projets autorisés en juin 2026 (01/07/2026)
2 contenus
  • Recherche appliquée
    • Troubles endocriniens
  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
    • Système endocrinien
Souris : 240
Souffrances
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 240
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Devenir
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Objectifs

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une affection digestive fréquente, souvent liée à une hypersensibilité de l’intestin, qui joue un rôle central dans les symptômes. Le fructose, un type de sucre très présent dans l’alimentation occidentale, est un facteur déclencheur important, et environ 15 à 22 % des personnes atteintes de SII en France rencontrent des difficultés à absorber ce sucre. Dans une étude précédente, des souris présentant une incapacité génétique à métaboliser le fructose ont montré des symptômes similaires au SII, comme une hypersensibilité intestinale et des modifications du microbiote intestinal. Ces symptômes étaient accompagnés d’une augmentation d’une hormone intestinale, qui pourrait être impliquée dans ces troubles. Cette nouvelle étude cherche à comprendre si les changements dans le microbiote expliquent l’augmentation de l’hormone intestinale impliquée et les mécanismes responsables de ces effets. Pour cela, des souris sans microbiote (axéniques) seront exposées à des microbiotes provenant soit d’autres souris avec ou sans malabsorption du fructose, soit d’êtres humains atteints ou non de SII, avec ou sans hypersensibilité intestinale. Les chercheurs analyseront la composition bactérienne, les substances produites par les bactéries, les caractéristiques de l’intestin et la production de l’hormone d’intérêt en fonction du microbiote donné

Bénéfices attendus

Le bénéfice attendu de ce projet est d’identifier un lien direct entre l’augmentation de l’hormone d’intérêt et les changements du microbiote observés dans un contexte de malabsorption du fructose et d’hypersensibilité viscérale, notamment chez les patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable. De plus, il s’agira de déterminer le mécanisme de régulation de l’hormone intestinale d’intérêt par d’éventuels métabolites bactériens dans certaines régions spécifiques de l’intestin. Ces travaux permettront d’identifier de nouvelles voies de régulation de cette hormone, avec la perspective de les exploiter comme cibles thérapeutiques pertinentes. Compte tenu de la forte prévalence du SII, il est crucial de décrypter les mécanismes sous-jacents aux symptômes physiologiques de ce syndrome.

Procédures

Les femelles gestantes vigiles seront soumis à deux gavages oraux. L’ensemble des animaux auront un prélèvement sanguin et une collecte de fecès. Ces interventions sont de l’ordre de quelques secondes et seront effectuées sur animaux vigiles.

Impact sur les animaux

Les animaux seront soumis à un stress sur des temps très courts au cours de la contention nécessaire lors des deux gavages (moins de 5 secondes) et des prélèvements de sang. Douleur légère au point du prélèvement de sang. Les animaux pourraient ressentir un stress modéré lorsqu’ils seront déplacés de leur isolateur d’élevage à leur isolateur expérimental et un léger stress lors de la collecte de féces. Ces nuisances liées à l'ensemble des gestes réalisés sur les souris seront au-dessus du seuil réglementaire.

Devenir

L'ensemble des animaux sera euthanasié afin de prélever certains tissus.

Remplacement

À ce jour, aucun modèle ou technique in vitro ou ex vivo ne permet de reproduire les interactions complexes entre le fructose, le microbiote et l’intestin. Le recours à des animaux est donc indispensable pour intégrer et analyser de manière globale les données génétiques, du microbiote, de l’alimentation, ainsi que les informations biologiques obtenues à partir des dosages hormonaux dans le sang et des analyses des tissus intestinaux.

Réduction

Nous avons prévu d’inclure 12 souris par groupe expérimental et par sexe (mâles et femelles) afin d’obtenir des résultats fiables et significatifs. Ce nombre a été déterminé en prenant en compte la variabilité connue des réponses liées au microbiote, à son adaptation au fructose, et aux différences attendues entre mâles et femelles. Pour analyser les résultats, nous utiliserons des méthodes statistiques adaptées, en fonction du type de données recueillies, pour garantir des conclusions solides et précises.

Raffinement

Pour assurer le bien-être des animaux, plusieurs mesures seront mises en place : • Enrichissement du milieu de vie : Les souris disposeront de papier sopalin pour construire leur nid, d’un bâton à ronger, d’un abri en propylène rouge, ainsi que de deux hamacs pour réduire les risques de bagarres. • Habituation à la contention : Avant le démarrage des gavages, les animaux seront habitués à la contention afin de minimiser leur stress pendant les manipulations expérimentales. • Surveillance et suivi : Les souris seront surveillées visuellement chaque jour, et leur poids sera mesuré une fois par semaine. • Des points limites seront définis et en cas de dépassement de ceux-ci, les animaux concernés seront exclus de la procédure et euthanasiés. • Vie en groupe : Les souris seront maintenues en groupe.

Choix des espèces

Le modèle souris est largement utilisé dans les recherches sur les maladies gastro-intestinales, en raison de sa pertinence scientifique. Nous disposons de données préliminaires solides sur ce modèle, ce qui renforce sa pertinence pour cette étude. Les femelles gestantes seront âgées d'environ 11 semaines, car elles sont mises en reproduction lorsqu'elles sont matures sexuellement (~7-8 semaines). Les descendants étudiés seront âgés de 7 semaines au moment de l'analyse, ce qui correspond à l'âge adulte jeune chez la souris. Ce groupe de souris a suivi un régime riche en fructose à partir du sevrage, ce qui mime la consommation de fructose observée chez les adolescents/jeunes adultes humains (environ 10-25 ans), groupe démographique étant le plus grand consommateur de fructose dans la population humaine.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
    • Système gastrointestinal
    • Système nerveux
Souris : 240
Souffrances
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Devenir
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 240

Objectifs

Pendant des milliers d'années, les humains ont consommé moins de 5 g de fructose par jour. Au 19ieme et 20ieme siècles la baisse du prix du sucre et la conversion industrielle du glucose en sirops de maïs à haute teneur en fructose à l'échelle mondiale a entraîné une augmentation drastique de la consommation de sucre ce qui a multiplié par un facteur 40 la consommation de fructose. Cependant plus de 50% de la population adulte et 80% des enfants de moins de 5 ans ne peuvent pas absorber complètement une charge de 25 g de fructose, alors que l'apport quotidien moyen est de 50-80 g. Ainsi, les changements dans les habitudes alimentaires ont créé des conditions de malabsorption du fructose. Or le fructose apparait de plus en plus comme un facteur de risque pour le développement de troubles fonctionnels cérébraux (apparition de troubles cognitifs, émotionnels et troubles du comportement alimentaire). Cependant les mécanismes liant fructose et troubles de l’humeur demeurent inconnus. Nous avons montré que la consommation excessive de fructose de par la malabsorption à laquelle elle est associée entraîne de profondes modifications du microbiote intestinal et de la production d’une molécule par l’intestin, la cholécystokinine, qui participe à la régulation de l’ingéré alimentaire. Or le microbiote intestinal est de plus en plus reconnu comme étant impliqué dans les troubles de l’humeur et du comportement alimentaire. Nous émettons l’hypothèse que des modifications du métabolisme du microbiote induites par l'ingestion de fructose pourraient donc participer indirectement au développement de troubles de l'humeur et à la modification du comportement alimentaire. Nous émettons également l'hypothèse que ces changements de comportement sont en lien avec l'habilité de ce microbiote à activer la production de cholécystokinine. Ces 2 hypothèses seront testées dans ce projet. Pour cela deux modèles de souris génétiquement modifiées présentant une malabsorption du fructose ainsi que des souris ne présentant pas cette altération seront utilisées. Le projet comprend une procédure permettant d’évaluer l’ingéré alimentaire ainsi que l’état état d’anxiété et de dépression en réponse à une malabsorption du fructose et en présence ou pas d’inhibiteur pharmacologique de la cholécystokinine. Les souris recevront un régime contenant 20% ou pas du tout de fructose pendant 3 semaines et 5 jours.

Bénéfices attendus

L'impact d'une alimentation déséquilibrée sur les fonctions cérébrales est une préoccupation de santé publique. La surconsommation de fructose a été pointée par l'Anses comme potentiellement nocive. Jusqu'à présent, la plupart des études se sont concentrées sur l'impact négatif de la surconsommation de fructose sur le syndrome métabolique. Des études épidémiologiques suggèrent que les régimes enrichis en fructose favorisent le dévelopement de comportements de type anxieux ou dépressif. Récemment le rôle du microbiote dans ce type de comportement a été décrit. Compte tenu de nos données préliminaires il apparait plus que probable que dans le contexte de l'ingestion excessive de fructose (et donc de sa malabsorption), le microbiote participe à ses effets déléteres notamment sur les troubles de l'humeur. Ce projet est essentiel à la compréhension des mécanismes de régulation du stress et de l'anxiété par le fructose.

Procédures

Les animaux recevront un régime riche en fructose susceptible de diminuer leur ingestion quotidienne et leur prise de poids de manière modérée. Les animaux vigiles recevront 3 injections intra péritonéales durant l'ensemble de la procédures (quelques secondes par injection). L'ensemble des animaux seront soumis à 2 tests comportementaux (un test du labyrinthe en croix surélevé de 5 minutes et un test de nage forcée de 6 minutes) afin de mesurer leur niveau d'anxiété et de dépression.

Impact sur les animaux

Les animaux seront placés en cage individuelle pendant 4 semaines et 5 jours ce qui entraine un stress modéré. Il est attendu que les animaux malabsorbant le fructose réduisent de 5 à 10% leur ingéré alimentaire durant les 5-7 jours qui suivent l'exposition à un régime contenant 20% de fructose. Le poids et l'ingéré de ces animaux sera surveillé quotidiennement pour s'assurer que la perte de poids n'excède pas les 20% du poids initial. Les animaux soumis aux tests d'anxiété et dépression subiront un stress modéré lié à la nature même des tests. Ce stress durera le temps du test (5 minutes pour le labyrinthe en croix et 6 minutes pour la nage forcée). L'injection IP pratiquée par un expérimentateur expérimenté constitue un stress modéré notamment dû à la contention. Ce stress est cependant très limité dans le temps (quelques secondes seulement). Aucune douleur n'est attendue durant le protocole.

Devenir

L'ensemble des animaux sera euthansié à la fin de la procédure

Remplacement

le recours à l'expérimentation animale est justifié par l'impossibilité de modéliser in vitro ou in silico les liens entre composition du microbiote, cerveau et comportement alimentaire/comportement d'anxiété-depression.

Réduction

Afin de réduire de nombre d'animaux nous proposons dans cette étude d'étudier le comportement alimentaire et le comportement d'anxiété et de dépression sur les memes animaux. Un nombre de 20 animaux par groupe a été calculé afin de permettre la mise en évidence de différences statistiques significatives (P value de 5% avec une puissance de 80% ) compte-tenu de la variabilité connue des paramètres.

Raffinement

L’ensemble des animaux bénéficiera d’un enrichissement avec du papier absorbant à déchiqueter et d'un abris en propylène rouge.Les animaux seront surveillés quotidiennement (surveillance visuelle plus suivi de l'ingéré alimentaire et du gain de poids). Le poids et la consommation alimentaire seront renseignés dans un tableau excel quotidiennement. Une perte de poids dépassant 20 % du poids initial de l’animal sera considéré comme un point limite. De même des comportements atypiques de type poil hérissé, prostration, absence de toilettage ou léthargie pendant plus de deux jours seront également considérés comme des points limite entrainant l’arrêt précoce du protocole sur les animaux concernés.

Choix des espèces

Les souris utilisées sont d'une lignée C57Bl6 car on dispose dans cette lignée de souris génétiquement modifiées permettant l'étude des mécanismes de régulation du comportement lié à la malabsorption du fructose (un sucre majeur de notre alimentation). Ce modèle souris est largement utilisé pour les recherches sur les maladies liées à l’alimentation et nous avons une expertise propre sur ces modèles animaux. Des animaux adultes sont utilisés, comme dans nos études préliminaires, car le microbiote est stable à ce stade.