Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées :
- 235 projets autorisés en avril 2026 (01/05/2026)
- 296 projets autorisés en mai 2026 (01/06/2026)
Evaluation de l’effet des vésicules extracellulaires humaines lors d’une perfusion ex vivo de rein porcin dans un contexte xénogénique.
- Recherche appliquée
- Troubles immunitaires
- Troubles urogénitaux
Objectifs
Malgré les progrès réalisés en transplantation, le nombre de patients en attente de greffe ne cesse de croitre dû à la pénurie d’organe. Cette limite persistante a relancé la recherche en xénotransplantation (entre individus d’espèces différentes). Bien que le porc soit l'espèce donneuse de choix (similitude anatomique avec l’Homme), et que ces organes porcins soient déjà utilisés dans les premières xénotransplantations réalisées chez l’Homme aux Etats-Unis et en Chine, les mécanismes de rejet découlant d’une combinaison Porc/Homme restent un défi majeur, impliquant de nombreux mécanismes immunitaires complexes. Nous avons montré in vitro que les vésicules extracellulaires issues de certaines cellules immunes pouvaient bloquer une réponse immune entre « donneurs » et « receveurs » d'une même espèce. L’objectif de ce projet est de réaliser une preuve de concept en utilisant ces mêmes vésicules comme agent immunosuppresseur ciblé dans un système ex vivo de perfusion de rein xénogénique simulant une xénotransplantation.
Bénéfices attendus
Cette première approche- preuve de concept- dans un système simulé de xenotransplantation, est une étape essentielle dans la validation préclinique de cette immuno-thérapie ciblée, avant de la tester sur des organes porcins génétiquement modifiés qui sont déjà utilisés chez les patients à l’étranger.
Procédures
- Procédure chirurgicale unique de prélèvement des reins sous anesthésie générale (1h)- Procédure sans réveil.
Impact sur les animaux
Procédure sans réveil, après anesthésie profonde pouvant causer un stress et des effets secondaires systémiques liés à l’anesthésie générale et/ou aux médicaments administrés pendant la procédure chirurgicale.
Devenir
Les porcs donneurs d’organes seront mis à mort sous procédure complète d’anesthésie générale, en fin de procédure.
Remplacement
L’étude de l’effet de traitement pendant la perfusion d’un organe (pré-conditionnement), compatibles avec une transplantation, ne peut se concevoir que dans un modèle préclinique (donneur d’organes). Il n’existe pas de remplacement possible pour ces expérimentations. Néanmoins, l’utilisation de machine de perfusion normothermique oxygénée, constitue une méthode de remplacement. Effectivement l’utilisation d’un tel système simulé permet de tester l’effet d’un pré-conditionnement thérapeutique sur la réponse immune d’un receveur vers le greffon, la revascularisation et le contrôle de la fonction rénale. D’autre part, nous avons préalablement montré in vitro puis in vivo dans un modèle murin que le traitement qui sera testé lors de ce pré-conditionnement, bloque la réponse « receveur » contre « donneur ».
Réduction
Un calcul statistique montre que des groupes de 6 à 8 reins sont suffisants pour permettre une analyse statistique des résultats. Dans un souci de réduction du nombre d’animaux utilisés, les porcs des groupes tests ne seront utilisés seulement si la mise au point de la perfusion dans un contexte xénogénique a abouti.
Raffinement
Le raffinement concernera principalement la phase en amont du projet et la phase per-opératoire sachant qu’il s’agit d’une procédure unique sans réveil. Enrichissement du milieu : des jouets et une diversification seront à disposition pendant toute la phase d’acclimatation pendant laquelle les animaux seront hébergés collectivement. La procédure chirurgicale se déroulera sous anesthésie générale avec une analgésie adaptée. Durant la chirurgie, les porcs seront installés sur des tapis chauffants.
Choix des espèces
L’étude des paramètres de préservation des organes et de leur reperfusion ne peut se concevoir que dans un modèle animal préclinique. L’anatomie abdominale ainsi que la physiologie du porc de 70/80 kg sont proches de celles de l’homme adulte et font donc de cette espèce un excellent modèle préclinique pour l’analyse des transplants rénaux. Pour ces mêmes raisons, le porc est l’animal de choix comme donneur d’organes dans les stratégies de xénotransplantation. Jeunes mâles ou femelles, 70/80Kg, similitude anatomique et physiologique avec un homme adulte au niveau abdominal. Modèle de référence pour l’analyse des transplants rénaux.
Mise au point de l’ischémie chaude rénale et de l’immuno-suppression porcine sur un modèle d’auto transplantation
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Troubles urogénitaux
Objectifs
Des travaux antérieurs en allo-transplantation rénale dans un modèle porcin ont montrés des altérations précoces de la fonction rénale après transplantation qui pouvaient être expliqués par plusieurs mécanismes. Pour mieux comprendre le rôle spécifique de ces différents facteurs, un modèle d’auto-transplantation rénale est mis en place. Ce modèle consiste à prélever puis réimplanter le rein chez le même individu, ce qui permet d’étudier plus précisément l’impact de l’ischémie et des méthodes de conservation, sans l’influence du rejet immunologique.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra : - de valider un modèle porcin d’auto-transplantation constituant une base de référence pour l’étude de la transplantation rénale - de mieux comprendre l’impact spécifique de l’ischémie chaude et des stratégies de reperfusion d’organe; - d’évaluer la tolérance rénale du protocole immunosuppresseur sur le modèle porcin. Ces résultats sont nécessaires pour améliorer la compréhension des mécanismes précoces influençant la reprise de fonction du greffon rénal et pour optimiser, à terme, les stratégies de transplantation rénale sur modèle porcin.
Procédures
- Procédure chirurgicale de prélèvement du rein gauche sous anesthésie générale (1h). - Procédure chirurgicale d’auto-transplantation d’un greffon rénal gauche et néphrectomie droite sous anesthésie générale (3h) - Suivi des animaux pendant 11 jours avec une surveillance clinique, de la reprise de fonction du rein et prises de sang quotidiennes sur cathéter central (15 min/jour).
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux pourraient inclure : - Effets secondaires systémiques liés à l'anesthésie générale et ou aux médicaments administrés pendant les procédures chirurgicales et pour la gestion de la douleur post- opératoire (Sédation, difficulté de réveil, confusion, troubles du comportement). - Douleur en lien avec la laparotomie médiane. – Risques de complications chirurgicales telles que l'infection des plaies ou les saignements. - Risque d’insuffisance rénale aigüe avec complications associées (Œdème pulmonaire, coma urémique). - Hébergement individuel des animaux dans des cages métaboliques pour surveiller la diurèse jusqu’à reprise franche de la diurèse
Devenir
Après un suivi de 11 jours d’auto-transplantation rénale les animaux seront mis à mort sous procédure complète d’anesthésie générale, pour prélèvement et analyse histologique du greffon explanté.
Remplacement
L'étude de la fonction d’un organe dans sa complexité, ne peut se concevoir que dans un modèle animal pré-clinique, il n’existe pas de remplacement possible pour ces expérimentations qui répondent cependant aux exigences de réduction et de raffinement.
Réduction
Le modèle d’auto-transplantation où le donneur d’organes est également le receveur d’organe permet de réduire le nombre d’animaux utilisés. Bien que l’inclusion de 2 porcs par groupe ne permettent pas une analyse statistique des résultats, il est suffisant pour cette étude de mise au point et permettra de suivre les éléments d’analyse nécessaires pour passer aux groupes suivants. Par ailleurs, dans une logique de réduction du nombre d’animaux conformément aux principes des 3R, une adaptation du protocole est prévue. En cas de récupération rapide de la fonction rénale normale dans le groupe exposé à une ischémie chaude, les tests de tolérance du protocole immunosuppresseur seront réalisés directement dans ce groupe. Dans cette situation, le groupe spécifiquement dédié à l’évaluation isolée de la tolérance à l’immunosuppression ne sera pas mis en œuvre. Cette stratégie conditionnelle permettra de limiter le nombre total d’animaux utilisés sans compromettre la validité scientifique du projet et des résultats.
Raffinement
Une attention particulière sera portée au raffinement dans l’hébergement individuel et dans la prise en compte des souffrances de l’animal. A leur arrivée les animaux seront hébergés en groupe durant une période d’acclimatation pré-expérimentale de 7 jours minimum. Durant les opérations, les porcs seront installés sur des tapis chauffants. Les procédures chirurgicales se dérouleront sous anesthésie générale avec une analgésie adaptée. Un gilet avec une voie veineuse centrale sera installé sur chacun des animaux pour faciliter l’administration des antalgiques, faciliter l’hydratation des sujets et enfin faciliter le prélèvement des biologies sanguines sur animaux vigiles. Cela permettra de diminuer les anesthésies itératives potentiellement associés et de diminuer l’inconfort. Un pansement gastrique sera apporté une fois par jour aux porcs pour diminuer le risque d’ulcère gastrique. Une alimentation humidifiée sera apportée aux animaux en post-opératoire pour faciliter la prise alimentaire. Un suivi des points limites généraux de l’espèce et spécifiques du protocole sera réalisé 3 fois par jour.
Choix des espèces
Le modèle porcin est le modèle de référence en transplantation rénale car la physiologie rénale est proche de celle humaine. L’anatomie abdominale ainsi que la physiologie du porc de 70 kg sont proches de celles de l’homme adulte et font donc de cette espèce un excellent modèle pré-clinique pour l’analyse des transplants rénaux. Jeunes mâles ou femelles, 70Kg, similitude anatomique et physiologique avec un homme adulte au niveau abdominal. Modèle de référence pour l’analyse des transplants rénaux.
Optimisation d’un modèle d’épuration extra-rénale (Dialyse) dans trois modèles expérimentaux d’insuffisance rénale aiguë chez le rat
- Recherche appliquée
- Troubles urogénitaux
- Recherche fondamentale
- Système urogénital
Objectifs
L’insuffisance rénale aiguë est une maladie très fréquente associée à une importante mortalité, particulièrement dans les services de soins intensifs. L’hypothèse d’atteintes rénales induites par la dialyse menée de manière trop systématique a été proposée depuis longtemps. Des arguments récents en faveur de cette hypothèse ont émergé d’analyses statistiques d’essais de recherche clinique comparant différentes stratégies de dialyses au cours de l’insuffisance rénale aiguë en réanimation. Cependant, aucune étude animale ni humaine n’a jamais été réalisée pour étudier précisément cette hypothèse et les mécanismes physiopathologiques en découlant. L’objectif de ce projet est de mettre en place un modèle expérimental de dialyse chez le rat qui va permettre une meilleure compréhension du sujet. Nous envisageons d’explorer plusieurs modèles expérimentaux de maladies rénales ciblant différentes cellules rénales, dans le but de renforcer la pertinence physiopathologique du dispositif expérimental. Enfin, nous prévoyons d’optimiser la procédure de dialyse elle-même, notamment en intégrant de nouvelles membranes de dialyse plus performantes et en augmentant la durée, dans le but d’accroître l’efficacité. L’objectif du projet est de poursuivre l’étude des complications de la dialyse et d’améliorer l’efficacité du modèle.
Bénéfices attendus
Environ un tiers des patients admis en unité de soins intensifs développe une insuffisance rénale aiguë, caractérisée par une diminution soudaine et significative de la fonction rénale. Il est désormais bien établi que même un épisode modéré d’insuffisance rénale augmente le risque de mortalité. Par ailleurs, de nombreuses études ont démontré que l’insuffisance rénale aiguë constitue un facteur de risque majeur dans la progression vers une insuffisance rénale chronique, y compris chez les enfants, et ce, dans un délai de quelques semaines à quelques mois. Dans ce contexte, il apparaît essentiel d’améliorer la prise en charge des patients en optimisant les modalités de dialyse, afin de limiter la transition vers la maladie chronique.
Procédures
(1) Induction des modèles d’insuffisance rénale. Une partie des animaux sera nourrie avec des croquettes toxiques pour les reins et une autre recevra un antibiotique toxique pour les reins sous forme de deux injections réalisées à l’état vigile (durée 15 secondes). Une autre partie recevra une molécule toxique pour les reins avec une injection sous anesthésie générale (5 min). (2) Chirurgie réalisée 3, 7 ou 15 jours (selon le modèle d’insuffisance) sous analgésie et anesthésie. Des prélèvements sanguins sont effectués. Les animaux sont placés sur un plateau chauffant. A la fin de cette étape de deux à quatre heures, les animaux sont euthanasiés par une méthode règlementaire. Ce protocole a une durée de 2,5 à 4,5 heures.
Impact sur les animaux
Les nuisances peuvent être générées par (1) Stress lié aux manipulations régulières pour les injections et les pesées (stress lors de la contention). (2) Les douleurs induites sont de courte durée mais les animaux peuvent développer une inflammation locale. Certaines injections peuvent entrainer un saignement, un œdème ou une nécrose. (3) Les complications associées aux injections de molécules toxiques pour les reins et au régime riche en adénine. L'induction d'une insuffisance rénale entraine une altération de l'état général, une prostration et une perte de poids. L’injection d'une molécule peut s’accompagner d’une perte de l’appétit et donc d’une dénutrition. (4) Les complications liées à la chirurgie vasculaire (pose des cathéters) pouvant provoquer des saignements, hémorragies et des douleurs malgré une prise en charge de la douleur. (5) Les complications liées à l'anesthésie au moment de la chirurgie et l'euthanasie (détresse respiratoire, arrêt cardio respiratoire, stress thermique). Ces nuisances seront réduites au maximum grâce à l'utilisation de mesures de raffinement appropriées. Elles ne peuvent pas être complètement évitées car l'induction d'une insuffisance rénale est absolument indispensable pour le projet.
Devenir
Tous les animaux (320) seront euthanasiés en fin de chaque procédure, par une méthode réglementaire sous anesthésie générale par une personne expérimentée. Les différents prélèvements nécessaires pour les analyses sont réalisés après constatation de l’absence de battements cardio respiratoires.
Remplacement
Il n'est pas possible d’envisager des méthodes de remplacement pour notre projet, l’étude des effets de la dialyse ne pouvant être réalisée in vitro sur des lignées de cellules rénales ou au cours d’une étude clinique chez l’homme du fait des gestes invasifs engendrés Cependant, une étape de mise au point et amélioration du circuit de dialyse sera réalisée sans animal avec une solution physiologique contenant de l’albumine et de l’urée. Ces tests permettront d’évaluer la capacité de filtration et de sélectivité de nos membranes.
Réduction
Des expériences préliminaires ont permis d’évaluer l’hétérogénéité inter-individuelle du phénotype étudié (fonction rénale) dans nos modèles d'insuffisance rénale. Des lots de vingt animaux sont nécessaires pour obtenir la puissance suffisante pour mettre en évidence les différences phénotypiques entre les groupes et s’assurer de la reproductibilité de ces résultats d’une série à l’autre. Les effectifs ont été calculés à partir d'un module statistique. Nous utiliserons des test statistiques appropriés pour l'analyse des résultats. Le nombre total d'animaux est de 320 rats.
Raffinement
(1) Raffinement hébergement et surveillance. Les animaux sont acclimatés dans l'animalerie une à deux semaines avant le début de la procédure. Les rats sont placés au nombre de deux par cage. Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation en vigueur pour l’espèce concernée. Le bien-être des animaux est assuré par une surveillance quotidienne de l’aspect et de la motricité ainsi que par une pesée régulière pendant toute la durée des protocoles. Le bien- être des animaux est également assuré par un enrichissement de leur environnement grâce à l'utilisation d'une litière à base de cellulose composée de plusieurs éléments, de tailles différentes (matière compacte initialement, décompactée par les animaux), de morceaux de bois à ronger et d'un dôme refuge en cellulose dans toutes les cages. (2) Les injections sont réalisées avec une aiguille très fine , ce qui limite les risques hémorragiques. Lors de certaines injections, les rats sont sous anesthésie générale et placées sur un plateau chauffant. Une compression à l’aide d’une compresse sera appliquée afin d’arrêter le saignement. Les injections sont réalisées par du personnel expérimenté. (3) Raffinement Chirurgie. Pour assurer le bien-être des animaux, les actes chirurgicaux s'accompagneront d'une prise en charge péri-opératoire de la douleur et d'une anesthésie appropriée. Les instruments chirurgicaux sont stérilisés. Les animaux sont placés sur un plateau chauffant.
Choix des espèces
Nous utiliserons des rats mâles âgés de plus de 6 mois pour plusieurs raisons : - ils présentent une physiologie rénale comparable à celle de l’homme. - ils présentent une taille et un poids plus importants que les souris et que les rats Lewis par exemple, permettant une mise en place plus adéquate du modèle d’hémodialyse. - ils présentent un volume sanguin total théoriquement suffisant pour éviter toute transfusion sanguine.
Création d’un modèle de souris transgéniques permettant l’étude de l’évolution de la maladie rénale et l’évaluation du risque de cancers du rein associés à une maladie rare, la glycogénose de type Ia : EU 1/2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système urogénital
Objectifs
La glycogénose de type 1a (GSD1a) est une maladie génétique rare qui touche environ 150 à 200 patients en France. Contrairement au diabète, caractérisé par des hyperglycémies (trop de sucre dans le sang) liées à une production excessive de glucose, la GSD1a entraîne des hypoglycémies sévères et potentiellement fatales. Bien que ces deux maladies soient opposées sur le plan de la régulation de la glycémie, elles partagent des complications rénales remarquablement similaires. Les patients peuvent développer une maladie rénale chronique pouvant évoluer vers une insuffisance rénale terminale. Des analyses cellulaires ont révélé que, dans ces contextes pathologiques, le rein adopte un métabolisme favorisant la prolifération cellulaire, comparable à celui observé dans les cancers. Un point commun majeur entre les reins de patients diabétiques, GSD1a et les cancers du rein est l’accumulation excessive de glycogène et de lipides dans les cellules rénales. À ce jour, seuls deux cas de cancer du rein ont été rapportés chez des patients GSD1a en France. Toutefois, grâce à l’amélioration de la prise en charge nutritionnelle depuis les années 1980, l’espérance de vie de ces patients a considérablement augmenté, ce qui pourrait conduire à une augmentation de l’incidence des complications rénales liées au vieillissement. Ce projet de recherche vise à mieux comprendre les mécanismes conduisant à la formation de kystes rénaux et à évaluer le risque de cancer dans des reins soumis à un environnement métabolique favorable au développement de cancer. Pour cela, un modèle murin de GSD1a reproduisant fidèlement les atteintes rénales humaines sera utilisé. Dans ce modèle, les chercheurs inactiveront totalement ou partiellement un gène suppresseur de tumeur fréquemment altéré dans les cancers du rein. L’impact de cette inactivation sur la progression de la maladie rénale sera étudié, avec l’hypothèse d’une accélération de la formation de kystes et de tumeurs rénales. Ce modèle inédit permettra d’explorer les liens entre déséquilibres métaboliques, formation de kyste et de cancer du rein. À terme, ce travail pourrait démontrer un risque accru de cancer du rein chez les patients GSD1a, justifiant la mise en place d’un suivi médical spécifique. Il offrira également un outil unique pour étudier les cancers du rein associés à l’accumulation de graisse, comme chez les diabétiques, mais de façon indépendante de toute perturbation alimentaire.
Bénéfices attendus
Ces nouvelles connaissances sont essentielles, car aujourd’hui, il n’existe aucun traitement capable de stopper ou ralentir efficacement la dégradation progressive des reins chez les patients GSD1a, mais également chez les patients diabétiques. Pourtant, cette complication est fréquente puisque 70 et 80 % des patients atteints de GSD1a développer une maladie rénale chronique, qui peut nécessiter une transplantation rénale ou une dialyse. Mieux comprendre les étapes de cette évolution permettra à terme de concevoir des traitements plus ciblés et efficaces pour préserver la fonction rénale et améliorer la qualité de vie des patients.
Procédures
Afin de sélectionner les souris transgéniques nécessaires au projet, un morceau de tissu (biopsie) sera prélevé pour caractériser leurs gènes à l’âge de 7-10 j. Le geste sera réalisé sur animaux vigiles en quelques secondes. Au cours du temps, les souris atteintes de GSD1a vont développer une maladie rénale. Des prélèvements spontanés d’urine auront lieu tous les mois à partir de 2 mois. Dès que les animaux auront atteint l’âge de 6 mois, des prélèvements urinaires et sanguins seront réalisés tous les mois. Les prélèvements sanguins seront effectués sur animaux vigiles par un prélèvement en veine après immobilisation de l’animal pendant moins d’une minute dans un tube à contention. Au total, au maximum 20 prélèvements d’urine et 20 prélèvements de sang seront réalisés. Également, les souris seront transférées, à partir de 6 mois, tous les mois dans le 2ème établissement situé à moins de 30 min en voiture du 1er. Leurs reins seront analysés par imagerie IRM. Les souris seront anesthésiées pendant environ 30 minutes, puis ramenées à l’établissement d’origine après leur réveil. En fin de protocole, les souris seront mises à jeun pendant 6h avant leur mise à mort. Un prélèvement de sang sera réalisé immédiatement avant la mise à mort et durera au maximum 15 secondes.
Impact sur les animaux
La biopsie réalisée au bord de l’oreille entraine une légère douleur et un stress lié à la contention des nouveau-nés. Le risque de saignement est très faible. Le développement de la maladie rénale reste sans impact sur le bien-être animal. Au stade avancé de la maladie, caractérisée par l’accumulation d’urée dans le sang (autour de 15 mois), les souris atteintes de GSD1a commencent à perdre du poids et peuvent présenter des signes de mal-être, comme une baisse de la fréquence de toilettage, une prostration, une diminution des déplacements. Le développement de lésions du rein, comme les cancers, peut également être à l’origine de douleurs et d’une gêne. Pour suivre le développement de la maladie, les prélèvements urinaires réalisés de façon spontanée peuvent provoquer un très léger stress. Les prises de sang réalisées après immobilisation de l’animal peuvent entrainer un stress de l’animal et une légère douleur, ainsi qu’un léger saignement dans certains cas. La mise à jeun pendant 6h peut entrainer un léger stress.
Devenir
Sur ce projet, seuls les 400 animaux qui subiront l’ensemble des procédures seront mis à mort pour prélèvement des reins, de l’intestin et du foie afin de réaliser des analyses anatomo-pathologiques et moléculaires. Une partie des animaux générés lors des reproductions seront utilisés pour la reproduction et le maintien des lignées (environ 100 animaux) ; une autre partie, estimée à 100 souris de phénotype non dommageable, pourra être réutilisée pour l’apprentissage de gestes sur animaux comme la réalisation de prise de sang ; ces souris seront comptabilisées dans le projet de tutorat des zootechniciens et des expérimentateurs de l’établissement en charge de la reproduction des animaux. Les autres animaux (408) seront mis à mort pour régulation de population.
Remplacement
Même si on sait aujourd’hui fabriquer en laboratoire de petits organes miniatures appelés organoïdes, qui reproduisent en partie la structure du rein, ces modèles ne permettent pas d’étudier l’évolution d’une maladie rénale sur plusieurs mois. Or, pour comprendre le développement d’une maladie chronique ou l’apparition de cancers, il est essentiel de suivre ce qui se passe dans un organisme vivant sur le long terme. C’est pourquoi une approche chez l’animal, en particulier chez la souris, reste indispensable. Le modèle de souris atteintes de GSD1a utilisé ici est unique : il est viable et reproduit fidèlement les atteintes rénales observées chez les patients atteints, grâce à une technique de modification génétique spécifique à l’espèce. De plus, la souris a un métabolisme très proche de celui de l’humain, ce qui en fait un modèle pertinent pour ce type d’étude. Il faut aussi noter que la majorité des recherches sur l’insuffisance rénale et les reins présentant des kystes ont été menées chez la souris, ce qui offre une base solide de données scientifiques et de matériel pour ce projet
Réduction
Le but de ce projet est d’étudier comment certaines modifications génétiques favorisent l’apparition de cancers du rein liés à la maladie GSD1a. Pour cela, deux nouvelles lignées de souris ont été créées. Le projet sera réalisé en 2 temps, sur des groupes de souris étudiées à long terme (1ère étude) et à court terme (2ème étude). La première étude permettra à la fois de vérifier si les animaux développent des signes importants de souffrance dès la naissance et jusqu’à 15 mois ; et de caractériser la maladie rénale grâce au suivi de marqueurs biologiques et l’imagerie par IRM des reins. Si un mal-être important est observé, le projet pourra être arrêté rapidement et les animaux prévus pour la 2ème étude ne seront pas produits. Les chercheurs compareront plusieurs groupes de souris ayant différentes combinaisons de mutations génétiques. Cela permettra de déterminer quel modèle est le plus pertinent pour réaliser la 2ème partie des expériences. Pour limiter le nombre total d’animaux utilisés, l’évolution des lésions rénales sera suivie au cours du temps grâce à des techniques d’imagerie non invasives. Le nombre de souris nécessaires a été calculé à partir de données déjà disponibles (études précédentes et littérature scientifique). Une analyse statistique (test de puissance) a montré qu’il fallait au minimum 10 souris par groupe pour obtenir des résultats fiables. Ce nombre est doublé (soit 20 souris par groupe) afin d’avoir suffisamment de tissu pour les analyses biologiques et histologiques. Les résultats seront analysés avec des méthodes statistiques appropriées. Au total, au maximum 400 souris transgéniques seront utilisées pour l’étude. Leur production entrainera la naissance de 1 008 souris car toutes les souris n’auront pas le bon profil génétique. Celles qui ne sont pas utilisées dans les expériences pourront servir être pour de la reproduction et l’entretien des lignées (environ 100 souris) ou être réutilisées dans un projet de formation aux gestes techniques réalisés sur les animaux, comme les prises de sang (environ 100 souris). Ce projet de tutorat est autorisé dans l’établissement de production des souris et permet au personnel technique de se former et de vérifier les compétences de chaque utilisateur. Enfin, les lignées de souris sont conservées sous forme congelée (cryoconservées), ce qui permet de les préserver sans devoir les maintenir leur reproduction en permanence
Raffinement
Les biopsies seront réalisées chez les souriceaux à 7-10 jours après la naissance, une période durant laquelle les terminaisons nerveuses ne sont pas encore complètement développées, ce qui permet de limiter la douleur. Pour réduire le stress lié à la manipulation, les gants du technicien seront imprégnés de l’odeur de la litière, et les animaux seront manipulés à l’aide d’un petit tunnel. La GSD1a sera induite uniquement dans les reins des souris, ce qui permettra d’éviter les fortes baisses de sucre dans le sang grâce à la fonction préservée du foie, qui continue de produire du glucose. Le bien-être des nouvelles lignées de souris créées (nombre de souris par portée;courbe de croissance…) sera suivi dès la naissance.Les prises de sang seront réalisées dans le respect des volumes de prélèvement selon les recommandations internationales. Une légère pression sera appliquée après la piqûre pour stopper le saignement. Les souris seront habituées à la contention au préalable.L’urine sera récupérée naturellement, sans avoir à isoler les animaux dans des cages spécifiques. L’imagerie médicale par IRM permettra de détecter très tôt les éventuelles atteintes des reins. Pendant les examens sous anesthésie,la fréquence respiratoire sera surveillée et la température corporelle sera maintenue grâce à un circuit de réchauffement des souris dans l’appareil.Le comportement des animaux (posture, mobilité, etc.) sera observé régulièrement afin de détecter rapidement tout signe de douleur ou de malaise. Si des douleurs apparaissent, notamment en lien avec la formation de kystes ou de tumeurs, des traitements anti-douleurs et antispasmodiques adaptés seront administrés. L’état de santé sera également surveillé grâce au suivi du poids (quasi journalier en période de sevrage, puis hebdomadaire ou mensuel), à des tests urinaires mensuels, et à l’analyse de marqueurs biologiques. Si une souris montre des signes de mal-être (perte de poids ou posture anormale, lésions trop importantes, etc.), elle sera prise en charge avec des soins renforcés : nourriture posée au sol, gel hydratant et nutritif. Si son état ne s’améliore pas ou si l’animal atteint un seuil critique, l’animal sera euthanasié dans le respect des protocoles pour permettre l’analyse des reins. Enfin, les souris devront être transportées lors de chaque IRM entre deux lieux d’expérimentation situés à moins de 10 km. Ce transfert se fera en voiture, avec leur litière et leur matériel habituel pour éviter le stress
Choix des espèces
Le choix de l’espèce s’est orienté vers la souris car elle présente des similitudes importantes avec l’humain en ce qui concerne la régulation du sucre dans l’organisme. Chez des espèces plus simples comme le poisson, ces mécanismes sont différents et ne permettent pas d’étudier la maladie de manière fiable. De plus, le modèle de souris atteintes de GSD1a est unique car il reproduit très fidèlement les signes de la maladie rénale que l’on observe chez les patients atteints de glycogénose de type 1 sans développer d’hypoglycémies qui pourraient être fatales. De plus, les outils moléculaires spécifiques à la souris, comme des anticorps, sont disponibles en laboratoire pour analyser finement les mécanismes biologiques impliqués. Ainsi, l’utilisation de la souris est aujourd’hui la seule option scientifiquement pertinente et techniquement possible pour faire avancer la recherche sur cette maladie rare. Les souris seront suivies tout au long de leur vie de la naissance à l’âge de 15 mois maximum, car la maladie rénale évolue très lentement. Aucun symptôme n’est observé pendant plusieurs mois avant d’atteindre la dégradation importante du fonctionnement des reins. Des analyses régulières nécessitant des prélèvements d’urine et de sang chez les souris adultes seront réalisées pour suivre l’évolution de la maladie jusqu’à la fin du protocole (15 mois au maximum).
Création d’un modèle de souris transgéniques permettant l’étude de l’évolution de la maladie rénale et l’évaluation du risque de cancers du rein associés à une maladie rare, la glycogénose de type Ia : EU 2/2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système urogénital
Objectifs
La glycogénose de type 1a (GSD1a) est une maladie génétique rare qui touche environ 150 à 200 patients en France. Contrairement au diabète, caractérisé par des hyperglycémies (trop de sucre dans le sang) liées à une production excessive de glucose, la GSD1a entraîne des hypoglycémies sévères et potentiellement fatales. Bien que ces deux maladies soient opposées sur le plan de la régulation de la glycémie, elles partagent des complications rénales remarquablement similaires. Les patients peuvent développer une maladie rénale chronique pouvant évoluer vers une insuffisance rénale terminale. Des analyses cellulaires ont révélé que, dans ces contextes pathologiques, le rein adopte un métabolisme favorisant la prolifération cellulaire, comparable à celui observé dans les cancers. Un point commun majeur entre les reins de patients diabétiques, GSD1a et les cancers du rein est l’accumulation excessive de glycogène et de lipides dans les cellules rénales. À ce jour, seuls deux cas de cancer du rein ont été rapportés chez des patients GSD1a en France. Toutefois, grâce à l’amélioration de la prise en charge nutritionnelle depuis les années 1980, l’espérance de vie de ces patients a considérablement augmenté, ce qui pourrait conduire à une augmentation de l’incidence des complications rénales liées au vieillissement. Ce projet de recherche vise à mieux comprendre les mécanismes conduisant à la formation de kystes rénaux et à évaluer le risque de cancer dans des reins soumis à un environnement métabolique favorable au développement de cancer. Pour cela, un modèle murin de GSD1a reproduisant fidèlement les atteintes rénales humaines sera utilisé. Dans ce modèle, les chercheurs inactiveront totalement ou partiellement un gène suppresseur de tumeur fréquemment altéré dans les cancers du rein. L’impact de cette inactivation sur la progression de la maladie rénale sera étudié, avec l’hypothèse d’une accélération de la formation de kystes et de tumeurs rénales. Ce modèle inédit permettra d’explorer les liens entre déséquilibres métaboliques, formation de kyste et de cancer du rein. À terme, ce travail pourrait démontrer un risque accru de cancer du rein chez les patients GSD1a, justifiant la mise en place d’un suivi médical spécifique. Il offrira également un outil unique pour étudier les cancers du rein associés à l’accumulation de graisse, comme chez les diabétiques, mais de façon indépendante de toute perturbation alimentaire.
Bénéfices attendus
Ces nouvelles connaissances sont essentielles, car aujourd’hui, il n’existe aucun traitement capable de stopper ou ralentir efficacement la dégradation progressive des reins chez les patients GSD1a, mais également chez les patients diabétiques. Pourtant, cette complication est fréquente puisque 70 et 80 % des patients atteints de GSD1a développer une maladie rénale chronique, qui peut nécessiter une transplantation rénale ou une dialyse. Mieux comprendre les étapes de cette évolution permettra à terme de concevoir des traitements plus ciblés et efficaces pour préserver la fonction rénale et améliorer la qualité de vie des patients.
Procédures
Afin de sélectionner les souris transgéniques nécessaires au projet, un morceau de tissu (biopsie) sera prélevé pour caractériser leurs gènes à l’âge de 7-10 j. Le geste sera réalisé sur animaux vigiles en quelques secondes. Au cours du temps, les souris atteintes de GSD1a vont développer une maladie rénale. Des prélèvements spontanés d’urine auront lieu tous les mois à partir de 2 mois. Dès que les animaux auront atteint l’âge de 6 mois, des prélèvements urinaires et sanguins seront réalisés tous les mois. Les prélèvements sanguins seront effectués sur animaux vigiles par un prélèvement en veine après immobilisation de l’animal pendant moins d’une minute dans un tube à contention. Au total, au maximum 20 prélèvements d’urine et 20 prélèvements de sang seront réalisés. Également, les souris seront transférées, à partir de 6 mois, tous les mois dans le 2ème établissement situé à moins de 30 min en voiture du 1er. Leurs reins seront analysés par imagerie IRM. Les souris seront anesthésiées pendant environ 30 minutes, puis ramenées à l’établissement d’origine après leur réveil. En fin de protocole, les souris seront mises à jeun pendant 6h avant leur mise à mort. Un prélèvement de sang sera réalisé immédiatement avant la mise à mort et durera au maximum 15 secondes.
Impact sur les animaux
La biopsie réalisée au bord de l’oreille entraine une légère douleur et un stress lié à la contention des nouveau-nés. Le risque de saignement est très faible. Le développement de la maladie rénale reste sans impact sur le bien-être animal. Au stade avancé de la maladie, caractérisée par l’accumulation d’urée dans le sang (autour de 15 mois), les souris atteintes de GSD1a commencent à perdre du poids et peuvent présenter des signes de mal-être, comme une baisse de la fréquence de toilettage, une prostration, une diminution des déplacements. Le développement de lésions du rein, comme les cancers, peut également être à l’origine de douleurs et d’une gêne. Pour suivre le développement de la maladie, les prélèvements urinaires réalisés de façon spontanée peuvent provoquer un très léger stress. Les prises de sang réalisées après immobilisation de l’animal peuvent entrainer un stress de l’animal et une légère douleur, ainsi qu’un léger saignement dans certains cas. La mise à jeun pendant 6h peut entrainer un léger stress
Devenir
Sur ce projet, seuls les 400 animaux qui subiront l’ensemble des procédures seront mis à mort pour prélèvement des reins, de l’intestin et du foie afin de réaliser des analyses anatomo-pathologiques et moléculaires. Une partie des animaux générés lors des reproductions seront utilisés pour la reproduction et le maintien des lignées (environ 100 animaux) ; une autre partie, estimée à 100 souris de phénotype non dommageable, pourra être réutilisée pour l’apprentissage de gestes sur animaux comme la réalisation de prise de sang ; ces souris seront comptabilisées dans le projet de tutorat des zootechniciens et des expérimentateurs de l’établissement en charge de la reproduction des animaux. Les autres animaux (408) seront mis à mort pour régulation de population.
Remplacement
Même si on sait aujourd’hui fabriquer en laboratoire de petits organes miniatures appelés organoïdes, qui reproduisent en partie la structure du rein, ces modèles ne permettent pas d’étudier l’évolution d’une maladie rénale sur plusieurs mois. Or, pour comprendre le développement d’une maladie chronique ou l’apparition de cancers, il est essentiel de suivre ce qui se passe dans un organisme vivant sur le long terme. C’est pourquoi une approche chez l’animal, en particulier chez la souris, reste indispensable. Le modèle de souris atteintes de GSD1a utilisé ici est unique : il est viable et reproduit fidèlement les atteintes rénales observées chez les patients atteints, grâce à une technique de modification génétique spécifique à l’espèce. De plus, la souris a un métabolisme très proche de celui de l’humain, ce qui en fait un modèle pertinent pour ce type d’étude. Il faut aussi noter que la majorité des recherches sur l’insuffisance rénale et les reins présentant des kystes ont été menées chez la souris, ce qui offre une base solide de données scientifiques et de matériel pour ce projet.
Réduction
Le but de ce projet est d’étudier comment certaines modifications génétiques favorisent l’apparition de cancers du rein liés à la maladie GSD1a. Pour cela, deux nouvelles lignées de souris ont été créées. Le projet sera réalisé en 2 temps, sur des groupes de souris étudiées à long terme (1ère étude) et à court terme (2ème étude). La première étude permettra à la fois de vérifier si les animaux développent des signes importants de souffrance dès la naissance et jusqu’à 15 mois ; et de caractériser la maladie rénale grâce au suivi de marqueurs biologiques et l’imagerie par IRM des reins. Si un mal-être important est observé, le projet pourra être arrêté rapidement et les animaux prévus pour la 2ème étude ne seront pas produits. Les chercheurs compareront plusieurs groupes de souris ayant différentes combinaisons de mutations génétiques. Cela permettra de déterminer quel modèle est le plus pertinent pour réaliser la 2ème partie des expériences. Pour limiter le nombre total d’animaux utilisés, l’évolution des lésions rénales sera suivie au cours du temps grâce à des techniques d’imagerie non invasives. Le nombre de souris nécessaires a été calculé à partir de données déjà disponibles (études précédentes et littérature scientifique). Une analyse statistique (test de puissance) a montré qu’il fallait au minimum 10 souris par groupe pour obtenir des résultats fiables. Ce nombre est doublé (soit 20 souris par groupe) afin d’avoir suffisamment de tissu pour les analyses biologiques et histologiques. Les résultats seront analysés avec des méthodes statistiques appropriées. Au total, au maximum 400 souris transgéniques seront utilisées pour l’étude. Leur production entrainera la naissance de 1 008 souris car toutes les souris n’auront pas le bon profil génétique. Celles qui ne sont pas utilisées dans les expériences pourront servir être pour de la reproduction et l’entretien des lignées (environ 100 souris) ou être réutilisées dans un projet de formation aux gestes techniques réalisés sur les animaux, comme les prises de sang (environ 100 souris). Ce projet de tutorat est autorisé dans l’établissement de production des souris et permet au personnel technique de se former et de vérifier les compétences de chaque utilisateur. Enfin, les lignées de souris sont conservées sous forme congelée (cryoconservées), ce qui permet de les préserver sans devoir les maintenir leur reproduction en permanence.
Raffinement
Les biopsies seront réalisées chez les souriceaux à 7-10 jours après la naissance, une période durant laquelle les terminaisons nerveuses ne sont pas encore complètement développées, ce qui permet de limiter la douleur. Pour réduire le stress lié à la manipulation, les gants du technicien seront imprégnés de l’odeur de la litière, et les animaux seront manipulés à l’aide d’un petit tunnel. La GSD1a sera induite uniquement dans les reins des souris, ce qui permettra d’éviter les fortes baisses de sucre dans le sang grâce à la fonction préservée du foie, qui continue de produire du glucose. Le bien-être des nouvelles lignées de souris créées (nombre de souris par portée; courbe de croissance…) sera suivi dès la naissance. Les prises de sang seront réalisées dans le respect des volumes de prélèvement selon les recommandations internationales.Une légère pression sera appliquée après la piqûre pour stopper le saignement.Les souris seront habituées à la contention au préalable. L’urine sera récupérée naturellement, sans avoir à isoler les animaux. L’imagerie médicale par IRM permettra de détecter très tôt les éventuelles atteintes des reins. Pendant les examens sous anesthésie, la fréquence respiratoire sera surveillée et la température corporelle sera maintenue grâce à un circuit de réchauffement des souris dans l’appareil. Le comportement des animaux (posture, mobilité, etc.) sera observé régulièrement afin de détecter rapidement tout signe de douleur ou de malaise. Si des douleurs apparaissent, notamment en lien avec la formation de kystes ou de tumeurs, des traitements anti-douleurs et antispasmodiques adaptés seront administrés. L’état de santé sera également surveillé grâce au suivi du poids (quasi journalier en période de sevrage, puis hebdomadaire ou mensuel), à des tests urinaires mensuels, et à l’analyse de marqueurs biologiques. Si une souris montre des signes de mal-être (perte de poids ou posture anormale, lésions trop importantes, etc.), elle sera prise en charge avec des soins renforcés : nourriture posée au sol, gel hydratant et nutritif. Si son état ne s’améliore pas ou si l’animal atteint un seuil critique, l’animal sera euthanasié dans le respect des protocoles pour permettre l’analyse des reins. Enfin, les souris devront être transportées lors de chaque IRM entre deux lieux d’expérimentation situés à moins de 10 km. Ce transfert se fera en voiture, avec leur litière et leur matériel habituel pour éviter le stress.
Choix des espèces
Le choix de l’espèce s’est orienté vers la souris car elle présente des similitudes importantes avec l’humain en ce qui concerne la régulation du sucre dans l’organisme. Chez des espèces plus simples comme le poisson, ces mécanismes sont différents et ne permettent pas d’étudier la maladie de manière fiable. De plus, le modèle de souris atteintes de GSD1a est unique car il reproduit très fidèlement les signes de la maladie rénale que l’on observe chez les patients atteints de glycogénose de type 1 sans développer d’hypoglycémies qui pourraient être fatales. De plus, les outils moléculaires spécifiques à la souris, comme des anticorps, sont disponibles en laboratoire pour analyser finement les mécanismes biologiques impliqués. Ainsi, l’utilisation de la souris est aujourd’hui la seule option scientifiquement pertinente et techniquement possible pour faire avancer la recherche sur cette maladie rare. Les souris seront suivies tout au long de leur vie de la naissance à l’âge de 15 mois maximum, car la maladie rénale évolue très lentement. Aucun symptôme n’est observé pendant plusieurs mois avant d’atteindre la dégradation importante du fonctionnement des reins. Des analyses régulières nécessitant des prélèvements d’urine et de sang chez les souris adultes seront réalisées pour suivre l’évolution de la maladie jusqu’à la fin du protocole (15 mois au maximum).
Etude du rôle de deux protéines de régulation cellulaire dans la réponse à la chimiothérapie sur des modèles de cancer du sang chez la souris
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Objectifs
Les leucémies aigues myéloïdes (LAM) représentent un groupe parmi les cancers du sang caractérisés par une prolifération incontrôlée de certaines cellules dans la moelle osseuse et dans le sang, entraînant un défaut de production des cellules normales du sang et des dysfonctionnements de nombreux organes. Le traitement standard des patients atteints de LAM repose sur l’administration d’une combinaison de 2 drogues. Cette approche permet d’induire une guérison de la maladie chez deux tiers des patients, mais malheureusement les rechutes sont fréquentes et moins d’un quart des patients survivent à long terme. En effet, depuis 40 ans, les mécanismes expliquant comment la chimiothérapie élimine les cellules leucémiques ne sont pas connus avec précision. Or, comprendre ces mécanismes nous permettraient d’identifier les vulnérabilités des cellules leucémiques afin d’améliorer les stratégies thérapeutiques actuelles ou d’en proposer de nouvelles. Ainsi, une étude préliminaire chez des patients atteints de LAM et traités par chimiothérapie intensive semble indiquer que 2 gènes pourraient jouer un rôle crucial dans la réponse thérapeutique. Ces 2 gènes sont impliqués dans des mécanismes cellulaires importants tels que le contrôle de la mort des cellules cancéreuses. Le but de ce projet est d’étudier in vivo le rôle de ces 2 gènes dans la réponse des cellules cancéreuses de LAM (cancer du sang) à la chimiothérapie.
Bénéfices attendus
Plusieurs bénéfices pourraient découler de ce projet. Si les gènes étudiés sont des acteurs majeurs dans la réponse à la chimiothérapie, cela pourrait ouvrir la voie à l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques dans le cancer du sang et potentiellement dans d’autres cancers. Les médicaments spécifiques ciblant ces gènes pourraient être développés pour améliorer l'efficacité des traitements. Ceci pourrait également permettre une approche plus personnalisée du traitement des patients ; les traitements pourront être adaptés en fonction du profil individuel du patient. Une meilleure compréhension des mécanismes d’action de la chimiothérapie pourrait par ailleurs permettre de réduire les effets secondaires indésirables associés à ces traitements. En minimisant les dommages aux cellules normales et en ciblant spécifiquement les cellules cancéreuses, on pourrait améliorer la qualité de vie des patients pendant et après le traitement. Ce projet pourrait également contribuer à une meilleure compréhension des mécanismes à l’origine du bon ou du mauvais fonctionnement de nos cellules. Ces connaissances pourraient avoir des implications bien au-delà du domaine du cancer du sang, bénéficiant ainsi à d'autres domaines de la recherche en oncologie et en biologie cellulaire.
Procédures
Les souris seront soumises à différents types d’interventions selon les procédures : - 1 seule injection d’une molécule sur un nombre restreint de souris dans la veine de la queue. Ce geste, très bref (moins d’une minute, sur souris éveillée), permet d’éliminer un type de cellules dans la moelle osseuse des souris traitées. - 1 irradiation non létale sur corps entier (durée: 5 minutes) et sur un nombre restreint de souris suivie de l'injection de cellules leucémiques dans la veine de la queue. Ce geste, très bref (moins d’une minute sur souris éveillée), permet de déclencher le développement de la leucémie (cancer du sang) chez l’animal. – 1 prélèvement de moelle osseuse sur certaines souris seulement sous anesthésie générale. L'ensemble de la procédure, de l’endormissement au réveil complet, dure environ 10 minutes. Ces prélèvements permettront, après analyse, d’évaluer le niveau d’envahissement leucémique, afin de déclencher le traitement au moment approprié. - Administration de chimiothérapie (2 traitements testés avec 3 doses différentes) : les médicaments seront administrés quotidiennement par injection, soit dans la cavité abdominale de 1 administration à 5 administrations sur 5 jours, soit par la veine de la queue, selon les protocoles définis (de 1 administration à 3 administrations sur 3 jours). Ces gestes, réalisés sans anesthésie, durent chacun moins de 3 minutes et visent à traiter la leucémie induite.
Impact sur les animaux
Les procédures telles que l’injection de cellules leucémiques et l’administration de médicaments de chimiothérapie sont potentiellement stressantes et sont susceptibles de provoquer un certain niveau d’inconfort chez la souris (anémie, fatigue, réduction de l’appétit, perte de poids, infections). Quand la leucémie se développe, la rate des souris grossit (splénomégalie). On peut penser que cela cause des douleurs même si des signes visibles de douleur ne sont que rarement présents en cas de splénomégalie faible ou modérée. Quand les souris sont traitées avec la chimiothérapie pendant 5 jours, elles peuvent perdre du poids à partir du troisième jour du traitement. Cet effet est observable sur une journée de 2 à 3 jours. Quand les souris sont prélevés au niveau de l'os long de la patte, un inconfort peut être visualisé les premières minutes post-réveil avec une rétraction de la patte ponctionnée qui n’empêche pas le déplacement de la souris et qui disparait assez vite.
Devenir
A la fin du développement de la leucémie (cancer du sang) et du traitement, les souris seront euthanasiées, aucune souris ne sera gardée en vie. Ceci nous permettra de prélever la rate et la moelle osseuse des os. Ces tissus sont d’une importance capitale dans l’analyse des cellules sanguines cancéreuses.
Remplacement
Nous avons réalisé des expériences préliminaires sur des cellules leucémiques in vitro (hors de l’organisme) qui ont révélé des différences notables des réponses avec les cellules leucémiques in vivo (à l’intérieur de l’organisme). En effet, dans les leucémies, le comportement des cellules dans la circulation sanguine, leur interaction avec la moelle osseuse et d'autres organes, et probablement leur réponse à la chimiothérapie, sont intrinsèquement liés à l'environnement complexe de l'organisme. Il est donc essentiel, pour la pertinence et l'application clinique de nos résultats, d'utiliser un modèle animal qui peut mimer le contexte humain de la leucémie aussi fidèlement que possible.
Réduction
L'absence de données préliminaires concernant la variabilité de l'effet de la chimiothérapie sur l'expression des deux gènes que nous étudions dans les cellules murines rend difficile l'application des formules permettant de déterminer la taille de l’échantillon. Notre stratégie d'expérimentation s'appuiera donc sur les expériences murines précédemment menées au sein de notre équipe. En effet, nous initierons le projet par une phase pilote qui servira à valider notre approche méthodologique. Pendant cette phase nous réaliserons différents tests sur nos modèles de souris pour trouver le traitement adéquat (choix du bon cocktail de molécules et du bon dosage). Les données recueillies de ces expériences initiales qui porteront sur des groupes de souris pourront alors nous permettre d'estimer la variance des effets de manière plus précise. Pour chaque animal, plusieurs paramètres et variables seront étudiés simultanément, permettant ainsi d'obtenir le maximum d'informations, évitant de recourir à des souris supplémentaires pour des études ultérieures.
Raffinement
- Un suivi quotidien de l'apparence générale sera effectué pour détecter rapidement tout signe de malaise, de stress ou de douleur. L’expérience de notre équipe sur ces modèles animaux nous permet une bonne connaissance du développement de la maladie. Nous pouvons ainsi prévenir l’inconfort et la douleur pouvant y être associés Une grille de score clinique basée sur des paramètres tels que la perte de poids, la fréquence respiratoire, l’état du pelage, l’alimentation, l’hydratation, la taille de la rate (splénomégalie) et le comportement permettra de mettre en place des actions précises (renforcement de la surveillance des signes clinique et accès facilité à la nourriture et à la boisson, voire euthanasie). - En planifiant soigneusement les expériences, nous nous efforcerons de limiter le nombre de manipulations subies par chaque animal, réduisant ainsi les perturbations et le stress.
Choix des espèces
- Le génome des souris présente de grandes similitudes avec celui des humains, ce qui rend leurs réponses physiologiques et génétiques proches de celles des êtres humains. - D’un point de vue historique, les modèles souris ont été utilisés depuis des décennies dans les études biomédicales, offrant une riche littérature et des protocoles plus ou moins standardisés pour comparer et interpréter nos résultats. - Les molécules testées sont à administrer par différentes voies, toutes disponibles sur la souris. - Le contrôle de leur bien-être au quotidien est facilité car les signes de souffrance/douleur ont été bien caractérisés chez cette espèce. - La plupart des technologies de manipulation génétique permettant des études ciblées sur des gènes ou des voies spécifiques sont bien établies chez la souris. La composition de la moelle osseuse et des cellules sanguines varie en fonction du stade de développement. Pour ce projet, nous envisageons l’utilisation de souris jeunes adultes âgés de 6 à 10 semaines. A ce stade, les souris sont matures et ont une physiologie stable. De plus, nos études précédentes ainsi que celles publiées par d’autres auteurs sur ces modèles de cancer du sang ont été réalisées à ce stade de développement.
Bases neurologiques de l’équilibre entre les comportements dirigés vers un but et les comportements habituels chez le rat.
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Objectifs
Dans notre vie quotidienne, nous adoptons deux grands types de comportements : ceux que nous faisons de manière volontaire pour atteindre un but, et ceux que nous faisons automatiquement, par habitude. Les comportements orientés vers un but sont conscients et flexibles : on réfléchit à ce qu’on veut faire et pourquoi. Mais ils demandent du temps et de l’énergie. À l’inverse, les comportements habituels sont des actions que l’on répète jusqu’à ce qu’elles deviennent automatiques, comme se brosser les dents ou attacher sa ceinture. Ils ne demandent plus d’effort mental et nous permettent d’économiser nos ressources. Ces deux formes de comportement doivent être équilibrées pour s’adapter au mieux à notre environnement. Pourtant, cet équilibre est parfois altéré dans certaines maladies mentales, où la personne agit de manière trop automatique, même si cela devient inadapté ou nuisible. Les chercheurs ont déjà bien étudié comment un comportement devient une habitude dans le cerveau, notamment en identifiant certaines régions cérébrales impliquées dans ce processus. Mais on sait encore peu de choses sur la manière dont on peut interrompre une habitude pour revenir à un comportement plus réfléchi, surtout lorsque les circonstances changent. Une autre limite des recherches actuelles est que les études chez l’animal sont souvent menées dans des environnements très simples, où l’animal n’a qu’un seul choix possible. Cela ne reflète pas la complexité du monde réel. Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’équilibre entre action réfléchie et habitude, il faut donc étudier les comportements dans des situations plus variées et plus proches de la vie naturelle. C’est l’objectif de ce projet : explorer comment le cerveau équilibre ces deux types de comportements, et comment il s’adapte lorsque les habitudes ne sont plus efficaces. Pour cela, nous répondrons à 3 sous-objectifs : 1. Comprendre comment les comportements orientés vers un but et les habitudes se mettent en place et s’influencent mutuellement. 2. Observer l’activité cérébrale lorsqu’un individu passe d’un comportement automatique à un comportement plus réfléchi, à l’aide d’une technique pour enregistrer un groupe de neurones. 3. Approfondir cette observation avec une autre technique qui permet d’enregistrer l’activité de neurones individuels.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à mieux comprendre comment le cerveau équilibre comportements automatiques et actions réfléchies, un mécanisme essentiel dans notre vie quotidienne, mais qui peut devenir problématique dans certaines maladies comme l’addiction. En identifiant les bases cérébrales qui permettent de rompre avec des habitudes devenues inadaptées, ce travail ouvrira la voie à de nouvelles stratégies pour aider les personnes à reprendre le contrôle sur leurs actions. À terme, ces recherches pourraient améliorer la prévention et le traitement des troubles liés à une perte de flexibilité comportementale, comme les addictions.
Procédures
Tous les rats seront sous alimentation restreinte pendant 80 jours maximum et seront pesés 5 fois par semaine. Tous auront accès à des récompenses plaisantes après avoir exécutés et appris des tâches simples (appui sur des leviers) dans des cages de comportement. Les sessions d'apprentissage et de détection des habitudes s'étaleront sur 10 semaines (70 session maximum). Les animaux seront soumis à 3 séances de 10 minutes en présence de la récompense suivi d'un stimulus aversif (injection d'une solution provoquant des crampes intestinales pendant quelques dizaines de secondes) à raison d'une séance par jour pendant 3 jours consécutifs. Les injections ne durent que quelques secondes. 241 rats suivront une chirurgie sous anesthésie générale (durée 2 heures) afin d’implanter un dispositif pour mesurer ou modifier l’activité neuronale. Après leur chirurgie et jusqu'à la fin du projet, 87 rats seront hébergés seuls dans leur cage. Pour mesurer l'activité neuronale, 241 rats vigiles seront placés pendant 1 heure dans une cage spéciale ; dans cette cage les rats sont libres de leur mouvement. Les rats auront 20 sessions de mesure de l'activité neuronale. Tous les rats recevront 3 injections d’un agent aversif pour les détourner de leur choix.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues pour ce projet sont : - Restriction alimentaire : peut induire un léger stress. - l’injection intra-péritonéale peut engendrer une douleur au niveau du site d’injection. - Le chlorure de lithium induit des contractions abdominales transitoires pendant une dizaine de secondes. - Léger stress transitoire due à la contention de l’animal lors des injections - Chirurgies : inconfort transitoire au réveil et douleur post-opératoire minorée par des antalgiques - Dispositif de mesure de l'activité cérébrale : gène légère pendant la durée de l’expérience - Isolement nécessaire dès lors que l’animal est équipé avec le dispositif de mesure de l’activité cérébrale (électrodes d’enregistrement, procédure 3): stress
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l’expérience afin de procéder à des analyses moléculaires sur le cerveau ou pour des vérifications histologiques (expression du virus, localisation de l’implant, …etc).
Remplacement
Ce type de recherche, visant à comprendre les bases du comportement habituel, peut uniquement être menée sur un animal vivant. Après vérification, il n’a pas été trouvé de test in vitro ou in silico permettant d’effectuer cette recherche et il n’est donc pas envisageable d’utiliser des méthodes de substitution à l’animal entier. Les connaissances acquises dans ce projet devraient permettre dans le futur d’apporter des connaissances pour développer des algorithmes permettant de modéliser le comportement. Ces algorithmes pourraient à terme constituer des outils de remplacement.
Réduction
Les effectifs sont calculés et optimisés de manière à utiliser un minimum d’animaux tout en conservant une grande puissance statistique. Il faut également que la taille d’effectif soit suffisante pour tenir compte de la variabilité interindividuelle. Ainsi, nous utiliserons un maximum de 337 animaux sur 5 ans pour répondre à nos objectifs.
Raffinement
Toutes les phases du projet seront réalisées par des personnels expérimentés et compétents. Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape par une surveillance régulière des animaux selon une grille de suivi de bien-être animal qui aide dans le suivi des points limites et des critères d’intervention et d’arrêt. En effet, ses points limites gradés précis sont définis dans une grille de suivi (perte de poids, apparence, comportement de l’animal). Un animal atteignant un des points limites définis nécessitant une intervention est pris en charge sans délai. Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape avec une pesée 5 fois par semaine. Dès leur arrivée à l’animalerie et pour toute la durée du projet, les animaux seront hébergés à deux par cage en conditions normales (température et humidité contrôlées, cages ventilées) et en cycle inversé avec un enrichissement dans la cage fourni par l’animalerie (stick ou pièce de bois à ronger pour assouvir leur besoin naturel de ronger ; tunnel pour se cacher) et accès à l’eau ad libitum. Les procédures débuteront après une période d’acclimatation de 10 jours minimum.
Choix des espèces
Le rat est l’animal le plus utilisé pour l’étude de l’addiction dans les modèles animaux. Les rats ont des réponses aux récompenses qui sont similaires à celles de l’Homme et ils peuvent apprendre à s’auto-administrer toutes les drogues abusées par l’Homme, ainsi que les récompenses sucrées, de façon spontanée. Dans cette étude, nous utiliserons des rats « jeunes adultes » de 7-8 semaines au début du projet, pour faciliter l’apprentissage et pour pouvoir effectuer des expériences de longue durée sans facteur de déclin cognitif lié au vieillissement.
Intérêt thérapeutique la prise en charge de du cancer du rein et du mélanome via un traitement par anticorps humain-spécifique dans un modèle murin syngénique dérivé de lignées cellulaires
- Recherche appliquée
- Cancers
Objectifs
Ce projet a pour but d’évaluer le potentiel thérapeutique d’une nouvelle stratégie ciblant une protéine impliquée dans le développement du mélanome et du cancer du rein à cellules claires. Actuellement, les modulateurs du système immunitaire constituent le traitement de référence pour le mélanome et le carcinome à cellules rénales. Toutefois, leur efficacité reste limitée du fait d’une faible proportion de réponses complètes. L’ère actuelle repose donc sur des combinaisons thérapeutiques, pour améliorer les réponses tumorales et la survie. Notre projet s’inscrit clairement dans cette démarche, en explorant de nouvelles combinaisons permettant de renforcer l’efficacité tout en maîtrisant la tolérance. Nous avons développé un anticorps reconnaissant spécifiquement une protéine fortement surexprimée dans les mélanomes et les carcinomes à cellules rénales par rapport au tissu normal, et qui pourrait être une cible thérapeutique intéressante dans la prise en charge de ces cancers. Nous avons montré que notre anticorps conduisait à une inhibition partielle de la croissance du cancer du foie dans un modèle de souris ne présentant pas de système immunitaire. Nous avons également montré que le traitement de cellules immunitaires par notre anticorps permet de moduler leur activité. Ceci suggère que notre anticorps pourrait améliorer l’efficacité des thérapies existantes en ciblant le système immunitaire. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la progression du des cancers exprimant fortement cette protéine et d’ouvrir de nouvelles pistes de traitement en combinant notre anticorps et des traitements ciblant le système immunitaire.
Bénéfices attendus
Actuellement, les traitements ciblant le système immunitaire sont recommandés dans la prise en charge du mélanome et du cancer du rein, mais leur efficacité reste limitée. Cette étude permettrait le développement clinique de nouvelles thérapies et ainsi contribuer à améliorer la prise en charge des patients à l’avenir pour le traitement des cancers où la protéine que nous avons identifiée est surexprimée et associée à un mauvais pronostic vital. Notre projet est une étape vers la mise en place de nouveaux traitements des cancers. Nous pensons que notre anticorps peut améliorer l’efficacité des thérapies actuelles qui ciblent le système immunitaire et ainsi la prise en charge des malades dans le futur.
Procédures
Pour l’étude de pharmacocinétique, les animaux recevront une injection unique d’anticorps sur animaux vigiles. Cette injection est réalisée en moins d’une minute. Les animaux subiront 5 prélèvements de sang en une semaine. Chaque prélèvement est réalisé sur animaux vigiles et prend environ une minute à être réalisé. Tous les animaux du projet recevant la greffe de cellules cancéreuses les animaux seront soumis à une injection unique sous la peau de ces dernières. Cette injection prend environ une minute à être réalisée sur animaux anesthésiés. Certains animaux recevront un traitement par anticorps 2 fois par semaine pendant 4 semaines par injection réalisée sur animal vigile. Tous les animaux subiront un prélèvement de sang terminal sur animal anesthésié . Cette procédure est réalisée sur animaux anesthésiés et est réalisée en environ 1 minute.
Impact sur les animaux
Les injections répétées peuvent parfois engendrer une induration ou très rarement une ulcération au niveau des sites d’injection. Dans certains cas la croissance de la tumeur sous cutanée peut entrainer l’apparition d’une ulcération cutanée au niveau du site d’implantation des cellules. Un stress physique lors de la manipulation et de la contention nécessaires à l’injection des traitements sont attendus, mais de courte durée.
Devenir
Tous les animaux de ce projet seront mis à mort afin de collecter les tissus qui seront utilisés pour des analyses ultérieures.
Remplacement
Afin de remplacer les études in vivo, nous avons procédé à des études in vitro sur lignées cellulaires et ex vivo sur des tissus de patients afin de démontrer la validité de l’approche. Celle-ci nécessite maintenant une validation dans un modèle physiologique complet sur animal entier avant transposition clinique chez l’humain.
Réduction
Afin de réduire la quantité de groupes d’étude, nous prévoyons d’adopter une démarche pas-à-pas, en améliorant au fur et à mesure les conditions d’étude de notre anticorps. Les tailles d’effectifs ont été déterminées à priori grâce à un logiciel dédié afin d’obtenir des résultats statistiquement fiables et robustes. Les données obtenues grâce aux animaux de ce projet seront analysées avec des tests statistiques classiques.
Raffinement
Afin de raffiner au mieux notre méthodologie, le protocole expérimental est planifié en amont. L’environnement des animaux est enrichi avec des tubes de coton pour la nidification et des briques de tremble à ronger. Les animaux seront maintenus en groupe. Des points limites précoces ont été établis afin d’interrompre si nécessaire les procédures permettant de soustraire les animaux à toute douleur ou souffrance. Les procédures pouvant entrainer du stress ou de la douleur sont réalisées sous anesthésie générale et analgésie. Les animaux seront soumis à une période d’acclimatation de 7 jours à réception ainsi qu’une semaine d’habituation à la contention afin de diminuer le stress lié à cette procédure.
Choix des espèces
Les souris sont de petits mammifères très proches de l’homme notamment du point de vue immunologique. Le modèle proposé dans cette étude a contribué dans le passé à établir le potentiel curatif des approches thérapeutiques ciblant le système immunitaire actuellement prescrites chez l’homme. Les animaux seront utilisés à un âge adulte minimum de 8 semaines afin qu’ils présentent un système immunitaire mature.
Développement d’une méthode non invasive d’administration d’un produit de thérapie génique dans le rein par voie rétrograde chez le macaque cynomolgus.
- Recherche appliquée
- Troubles urogénitaux
Objectifs
La cystinurie est une maladie rénale qui aboutit à l’insuffisance rénale suivies de dialyse/transplantation. L’incidence de la cystinurie est faible (≈1/7000), mais les calculs de cystine sont très récurrents et entraînent une morbidité importante : interventions chirurgicales fréquentes et lésions rénales dans près de 80% des cas. La précipitation de cystine est la seule manifestation de cette maladie, qui se traite par des mesures diététiques visant à obtenir des urines non sursaturées en cystine. Malheureusement, malgré cela, plus de 85% des patients récidivent. Il existe des traitements médicamenteux qui visent à modifier la cystine urinaire pour la rendre incapable de former des cristaux mais ces médicaments entraînent des effets secondaires. Ce projet vise à tester une nouvelle solution de thérapie génique injectée administrée dans les voies urinaires de manière non-invasive. Des études préliminaires chez le primate ont permis de valider l’intégration du gène dans les cellules cibles chez le primate mais en administration invasive. D’autres études ont permis de valider chez le porc, une méthode chirurgicale non invasive d’administration d’un produit de thérapie génique dans le rein par voie rétrograde. Nous souhaitons maintenant appliquer ce même protocole chez le primate (macaques cynomolgus) dont l’anatomie rénale est beaucoup plus proche de celle de l’Homme par rapport au porc afin de confirmer l’efficacité du transfert de gène et conforter à terme cette approche chez l’Homme.
Bénéfices attendus
- Opportunités thérapeutiques : La confirmation que la technique d’administration non invasive permet de reproduire ces résultats ouvrirait de multiples opportunités pour traiter un ensemble important de maladies rénales originaires du néphron, tels que la cystinurie. - Sécurité thérapeutique : éviter les effets secondaires : La validation de la méthode d’administration non invasive permet de concentrer le vecteur de thérapie génique dans l’organe cible limitant ainsi la circulation sanguine et les effets secondaires comme ont pu en être observés dans le cas de thérapies géniques contre la myoptahie de Duchenne par exemple. - Mode d’administration raffiné : une fois validée l’administration par les voies naturelles offrira aux patients un traitement rapide, non invasif, précis et ne nécessitant pas d’hospitalisation.
Procédures
Sur la durée du projet, les animaux subiront les interventions suivantes : -6 prises de sang sous sédation ce qui représente une injection intramusculaire du sédatif d’une durée de moins d’une minute. La prise de sang dure environ 2 minutes. La sédation complète dure environ une demi-heure. -Un traitement immunorégulateur (pour éviter le rejet de la thérapie génique) qui se présentera sous la forme de 2 d’injections intramusculaires (2 pour chaque molécules administrées) (durée moins d’une minute). -une chirurgie pour administration de vecteur de thérapie génique sous anesthésie générale (durée entre 1h30 et 2h) -A la fin du projet (au bout de 2-3 semaines) : une chirurgie sous anesthésie générale (max 1h).
Impact sur les animaux
Les effets indésirables pour les animaux sont: - pour l’anesthésie : douleur transitoire au site d'injection de l’anesthésique, risque d'hématome au niveau du point d’entrée du cathéter - Injection de la thérapie génique dans les voies urinaires : risque d’infection urinaire, de réaction inflammatoire locale, et de saignement transitoire, - injections intraveineuses : risque d'hématome, risque de réaction allergique. - pour les prises de sang répétées sous anesthésie générale : risque d’hématome.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin du protocole (prélèvements d'organes)
Remplacement
Compte tenu du fait que le but du projet est de valider une approche non invasive raffinée pour réaliser de la thérapie génique au niveau rénale, il ne peut y avoir d’alternative à l’usage d’un modèle animal. Après administration de la thérapie génique, il sera nécessaire de maintenir l’animal en vie afin de pouvoir évaluer le niveau et la distribution de l’expression du gène transféré. Ainsi, nous ne pourrions substituer un animal vivant pour un animal mort.
Réduction
Il s’agit ici d’un travail exploratoire donc purement qualitatif sans statistique. Les 4 primates permettront d’explorer le protocole finalisé utilisé chez le cochon en injectant le même vecteur de thérapie génique sur 1 rein par primate en utilisant le deuxième rein comme control négatif ne recevant que le tampon de formulation. Au total, 4 reins seront exposés au vecteur de thérapie génique et le deuxième rein sera systématiquement utilisé comme témoin négatif. Avec les résultats déjà obtenus précédemment sur 4 primates injectés de manière invasive, les 4 nouveaux primates de ce projet suffiront pour confirmer la reproductibilité des résultats mais après administration non invasive par un protocole directement applicable à l’Homme. Nous pourrons également explorer l’intensité et la distribution dans le rein du transfert de gène en utilisant la même dose utilisée jusqu’à présent chez le porc et ainsi pouvoir comparer.
Raffinement
*****Conditions d’hébergement : Une période d’acclimatation d’au moins 7 jours sera respectée avant le début de l’étude. La compatibilité sociale sera vérifiée tout au long de l’étude pour garantir un bien être social. Tous les animaux sont habitués à la présence humaine dès leur arrivée sur site et au préalable à tout protocole expérimental. Les animaux seront hébergés au minimum par paire. Un programme d’enrichissement spécifique à l’éspèce et à l’âge des animaux utilisés est mis en place sur tout le site et supervisé par le responsable du bien-être animal. Les enrichissements sont structurels (perchoirs, balançoire…), alimentaires (graines pour fourragement, fruits, friandises…) ou consistent en l’apport d’objets de manipulation changés régulièrement. ******Conditions expérimentales : l’administration dans le rein par les voies naturelles est justement choisie comme méthode d’administration des vecteurs de thérapie génique car cette voie n’est pas invasive. En effet, en clinique humaine, ce type de protocole ne nécessite pas de prise en charge particulière après l’examen. De plus, cet examen mobilisera l’intervention d’un urologue spécialisé dans cette pratique chez des patients humains mais également lors d’enseignements sur des porcs pour former des chirurgiens à cet abord chirugical non-invasif. Les animaux sont anesthésiés pour toutes les procédures et recevront des analgésiques pour les chirurgies et ils font l’objet d’un suivi au réveil afin de s’assurer qu’ils ont bien récupéré de leur anesthésie. Nous travaillerons de manière aseptique (matériel stérile, à usage unique ou autoclavable, champs stériles, tenue stérile de l'opérateur et du chirurgien, désinfection cutanée et des muqueuses) afin de pouvoir éviter les risques infectieux et garder en vie pendant une période de 2-3 semaines l’animal injecté sans que sa fonction rénale et son état général n’en soit affectés. L'usage d'une antibiothérapie de couverture en peropératoire et postopératoire immédiat permettra également d'éviter les risques infectieux. Des points limites sont définis pour arrêter la procédure si besoin.
Choix des espèces
Afin que l’étude que nous proposons ait une pertinence forte pour ensuite déposer un dossier de demande d’essai clinique aux agences réglementaires ad hoc, l’espèce animale doit permettre d’évaluer précisément la procédure d’administration du traitement avec un équipement identique et un protocole adapté à celui déjà utilisé chez les patients humains. De plus, nous disposons de données scientifiques montrant que le vecteur de thérapie génique employé permet une intégration remarquable du gène au niveau du rein de souris, rat, macaque et porc. Après avoir optimisé les conditions d’administration du vecteur de thérapie génique chez le porc nous souhaitons maintenant appliquer ce même protocole chez le primate dont l’anatomie rénale est beaucoup plus proche de celle de l’Homme par rapport au porc afin de confirmer l’efficacité du transfert de gène et conforter à terme cette approche chez l’Homme. Cela permettra à terme de proposer un dossier de demande d’essai clinique complet. Les animaux sélectionnés pour ce projet sont de jeunes adultes.
Étude comparative de la reprise fonctionnelle post-transplantation rénale sur modèle porcin à partir d’organes génétiquement modifiés soumis à diverses techniques de conservation
- Recherche appliquée
- Troubles urogénitaux
Objectifs
La transplantation d’organes constitue aujourd’hui un traitement indispensable pour de nombreux patients atteints de maladies graves. Cependant, la pénurie de greffons humains reste un problème majeur. Une piste de recherche innovante est la xénotransplantation, c’est-à-dire l’utilisation d’organes animaux (en particulier de porc) modifiés génétiquement pour être compatibles avec l’organisme humain. Le porc est une espèce de choix car son système urinaire est proche de celui de l’humain, et la transplantation rénale a déjà été largement étudiée dans ce modèle. Ces organes ne peuvent être produits que dans des conditions très particulières : élevages hautement sécurisés, exempts de pathogènes, et grâce à des techniques de modifications génétiques complexes. Actuellement, ces infrastructures de pointe existent surtout aux États-Unis, où les premiers greffons porcins génétiquement modifiés ont été développés. Une question essentielle est donc de savoir s’il est possible d’importer ces organes jusqu’en Europe, tout en garantissant leur bonne conservation et leur capacité à fonctionner après transplantation. Le projet vise à tester cette faisabilité dans un modèle porcin, par analogie avec la transplantation humaine. Concrètement, des reins de porcs génétiquement modifiés seront transportés depuis les États-Unis jusqu’en France selon différentes modalités de conservation (méthodes de préservation statique et perfusions hypothermiques). Ces greffons seront ensuite transplantés dans des porcs receveurs, eux-mêmes soumis à un traitement immunosuppresseur, comme ce serait le cas pour un patient humain après une greffe. Afin d’interpréter correctement les résultats, des groupes contrôles seront également constitués : des animaux subiront une intervention factice (sans greffe) ou une simple ablation d’un rein. Cela permettra de distinguer les effets propres à la chirurgie, à l’immunosuppression et à la conservation des greffons. L’objectif final est de déterminer si un transport transatlantique d’organes de porc génétiquement modifiés est réalisable, et si ces greffons sont capables de reprendre une fonction satisfaisante après transplantation. Ces résultats permettront de préparer de futures applications cliniques et d’accélérer le développement d’une solution durable au manque d’organes humains.
Bénéfices attendus
Le projet vise à répondre à un problème de santé publique majeur : la pénurie d’organes disponibles pour la transplantation. Chaque année, de nombreux patients meurent faute de greffon compatible. La xénotransplantation, c’est-à-dire l’utilisation d’organes de porc génétiquement modifiés, représente une solution potentielle à ce manque. L’un des principaux obstacles à son développement en Europe est la difficulté à produire localement ces organes, qui nécessitent des élevages hautement spécialisés et coûteux. Actuellement, ces infrastructures existent surtout aux États-Unis. Il devient donc essentiel de savoir si un transport transatlantique est possible tout en garantissant la viabilité des organes. Ce projet apportera plusieurs bénéfices concrets : • Évaluer la faisabilité en France : il permettra de savoir si des greffons développés aux États-Unis peuvent être utilisés en France, ouvrant la voie à de futures applications cliniques. • Tester différentes méthodes de transport et de conservation : en comparant plusieurs techniques, il sera possible d’identifier la meilleure solution pour préserver les organes. • Préparer l’utilisation d’autres organes : les résultats obtenus sur le rein pourraient s’appliquer non seulement à d’autres reins disponibles aux États-Unis mais non utilisés localement, mais aussi à d’autres organes comme le foie ou le coeur. • Accélérer l’accès aux patients : à terme, ces travaux pourraient réduire les délais d’attente pour une greffe et sauver des vies.
Procédures
Pour les animaux des groupes avec retrait des reins et transplantation : procédure chirurgicale sous anesthésie générale avec analgésie per et postopératoire et surveillance, d'une durée de 2h30. Pour les animaux du groupe contrôle avec retrait d'un rein : procédure chirurgicale sous anesthésie générale avec analgésie per et postopératoire et surveillance, d'une durée de 1h30. Pour les animaux du groupe contrôle intervention factice : procédure chirurgicale sous anesthésie générale avec analgésie per et postopératoire et surveillance, d'une durée de 1h. Pour tous les animaux : 3 prises de sang sous anesthésie générale en début et fin de chirurgie. 30 prélèvements sanguins sur animal vigile, à l’aide d’un cathéter posé lors de la procédure initiale (durée 5 minutes). 14 prélèvements d’urine en cage métabolique. Hébergement individuel en cage métabolique durant 14 jours post greffe. 4 prélèvements de tissus par biopsie sous anesthésie générale (durée 20 minutes chacun).
Impact sur les animaux
Durant les 14 jours de l’étude, les animaux seront maintenus en cage métabolique individuelle afin de permettre un suivi clinique, biologique et fonctionnel rapproché. Cette période implique un isolement relatif (contacts visuels et olfactifs avec les congénères maintenus) et une limitation des déplacements, susceptibles de générer un stress. Des prélèvements sanguins réguliers seront nécessaires pour le suivi de la fonction de l’organe greffé, ainsi que pour l’ajustement du traitement immunosuppresseur. Ces manipulations peuvent occasionner une gêne temporaire, un risque d’infection locale. L’injection pour la première anesthésie peut provoquer une douleur ainsi qu’un hématome, et la contention lors de cette injection peut engendrer du stress. Les interventions chirurgicales majeures (transplantation rénale, néphrectomie simple ou intervention factive) sont susceptibles d’entraîner des douleurs postopératoires,. Des complications opératoires peuvent survenir, telles qu’un hématome ou un abcès. Enfin, l’administration prolongée d’un traitement immunosuppresseur expose les animaux à des effets secondaires potentiels, notamment des troubles digestifs (diarrhées), une altération de l’état général ou des infections opportunistes.
Devenir
L'ensemble des animaux seront euthanasiés à l'issue du projet, pour plusieurs raisons scientifiques, médicales et éthiques, qui ne permettent pas d’envisager le maintien en vie des animaux après la fin de l’étude. Tout d’abord, les greffes réalisées dans ce protocole utilisent des organes de porcs génétiquement modifiés, spécifiquement développés pour limiter le rejet immunologique et permettre une meilleure compatibilité avec l’organisme receveur. Ces organes sont importés depuis les États-Unis dans des conditions très contrôlées. Pour des raisons de biosécurité et afin d’éviter toute diffusion d’animaux génétiquement modifiés dans l’environnement, il n’est pas possible de conserver ces porcs au-delà de la durée de l’expérimentation. Ensuite, les animaux greffés sont soumis à un traitement immunosuppresseur intensif, nécessaire pour éviter le rejet de l’organe. Ce traitement, comparable à celui reçu par les patients transplantés, expose néanmoins les animaux à un risque élevé d’infections et à une fragilité importante de leur état de santé à long terme. Le maintien prolongé en vie des animaux sous cette médication ne serait ni justifiable scientifiquement, ni acceptable d’un point de vue éthique en raison des souffrances potentielles. Par ailleurs, même dans les groupes témoins (chirurgie factice ou néphrectomie simple), la valeur scientifique des observations repose sur la comparaison de résultats entre groupes à un moment donné. Prolonger la vie de ces animaux ne contribuerait pas à l’objectif de l’étude et n’apporterait pas d’informations supplémentaires. L'euthanasie permet en revanche de réaliser des analyses post-mortem détaillées (examens histologiques et biologiques des organes et tissus), indispensables pour comprendre les mécanismes de la reprise ou de l’échec fonctionnel des greffes.
Remplacement
À ce jour, il n’existe pas d’alternative satisfaisante à l’utilisation d’animaux vivants pour atteindre les objectifs scientifiques de ce projet. L’évaluation de la fonction d’un organe transplanté nécessite un organisme vivant avec une circulation systémique, une réponse immunitaire complète et un métabolisme fonctionnel permettant d’observer la reprise de fonction, les interactions tissulaires et les phénomènes de rejet. Des dispositifs de perfusion ex vivo peuvent être utilisés pour évaluer temporairement la viabilité d’un organe. Toutefois, ces systèmes présentent des limites majeures : ils ne permettent pas d’observer une reprise fonctionnelle sur le moyen ou long terme ni de modéliser la réponse immunitaire. De plus, leur durée d’utilisation est limitée à quelques heures, sans possibilité de suivi dynamique sur plusieurs jours ou semaines. L’autre alternative théorique consisterait à utiliser un modèle cadavérique. Cependant, ces modèles ne disposent pas d’une circulation active ni d’une fonction métabolique permettant une perfusion des organes transplantés. Ils sont donc inadaptés à l’évaluation fonctionnelle et immunologique post-greffe. Le recours à un modèle animal vivant est ici indispensable pour cette étude préclinique, qui vise à évaluer de manière dynamique la reprise fonctionnelle d’organes porcins génétiquement modifiés après transplantation, ainsi que l’impact de différentes modalités de conservation et de transport. Ces données sont cruciales pour garantir la sécurité et l’efficacité des futures applications chez l’humain. Les connaissances acquises dans ce modèle sont une étape incontournable avant toute application clinique, en cohérence avec les exigences réglementaires et éthiques internationales en matière de xénotransplantation.
Réduction
Cinq groupes expérimentaux de 6 porcs sont constitués, soit un total de 30 animaux. Cette étude constitue une étude pilote de faisabilité et de comparaison, visant à évaluer différentes modalités de conservation des greffons dans un modèle préclinique de xénotransplantation. Son objectif est essentiellement descriptif et exploratoire : les données générées permettront d’alimenter et de calibrer des études ultérieures de plus grande envergure. Compte tenu de ce caractère exploratoire, il n’est pas possible de calculer un nombre de sujets nécessaires, cependant le nombre de porcs est déterminé suite aux résultats d'un protocole préalablement réalisé dans l’établissement. De plus, une analyse approfondie des données déjà disponibles dans la littérature scientifique et une consultation avec des experts en transplantation ont permis de valider ces effectifs. En complément, des critères fonctionnels secondaires (notamment biologiques et cliniques) seront recueillis pour affiner l’évaluation de la reprise de fonction du greffon et enrichir l’interprétation des résultats. Enfin, compte tenu de la complexité chirurgicale et des risques inhérents à ce type de modèle expérimental (perte de greffon, complication opératoire imprévisible), il est nécessaire de prévoir un effectif minimal permettant de garantir la validité scientifique de l’étude, tout en respectant l’exigence de réduire autant que possible le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Les animaux arriveront 10 jours avant la chirurgie sur la plateforme pour s’acclimater aux locaux et au personnel. Ils seront hébergés en cases collectives dans une salle climatisée. L’enrichissement du milieu sera assuré par l’ajout de paille, de bidons et de jouets adaptés. Les chirurgies seront réalisées sous anesthésie générale. Une antibioprophylaxie sera administrée pendant 7 jours. La douleur sera prise en charge par une analgésie multimodale. Une surveillance vidéo sera mise en place. Les animaux seront placés en cage métabolique pendant la durée du projet pour le suivi fonctionnel rapproché, avec limitation des déplacements. Afin d’atténuer l’impact de cet isolement, plusieurs animaux seront suivis en parallèle, et les cages seront proches pour permettre un contact visuel, auditif et olfactif entre congénères. Durant tout leur séjour sur la plateforme, les animaux seront manipulés avec douceur et dans le calme, des récompenses (caresses, sucreries) seront dispensées après chaque acte. Des critères de surveillance quotidiens seront appliqués. En cas de signes d’altération de l’état général, une évaluation sera immédiatement menée avec le vétérinaire référent, le porteur du projet et le responsable du bien-être animal. Un bilan biologique et d’imagerie sera réalisé si nécessaire, avec une reprise chirurgicale possible. Des points limites seront définis; leur atteinte entraînera une décision d’euthanasie anticipée si aucune amélioration rapide n’est attendue. L’euthanasie sera alors pratiquée sous anesthésie générale. Les potentiels effets secondaires liés au traitement immunosupresseur seront surveillés attentivement et feront l’objet d’un traitement symptomatique adapté.
Choix des espèces
Le choix du porc comme espèce expérimentale est motivé par sa grande pertinence scientifique et translationnelle. Sur le plan anatomique et physiologique, le système urinaire porcin est très proche de celui de l’humain, ce qui en fait un modèle particulièrement adapté pour l’étude de la transplantation rénale. De plus, les organes génétiquement modifiés actuellement développés pour la xénotransplantation sont issus de porcs : dans le cadre de ce projet, l’utilisation du porc permet donc de recréer une situation d’“allotransplantation” parfaitement représentative de ce qui est envisagé en clinique humaine. La transplantation rénale chez le porc est une technique bien décrite, largement utilisée dans la recherche expérimentale et reconnue comme modèle de référence pour l’analyse des phénomènes d’ischémie-reperfusion. Ainsi, l’utilisation de cette espèce garantit à la fois la faisabilité technique, la robustesse des résultats et leur pertinence directe pour la médecine humaine Les animaux utilisés seront des porcelets âgés de 2 à 3 mois, pesant entre 30 et 40 kg. Cette tranche d’âge a été choisie car elle permet une taille corporelle compatible avec les organes porcins génétiquement modifiés prélevés aux États-Unis, assurant ainsi la faisabilité des transplantations. Elle offre également une configuration anatomique et vasculaire suffisamment proche de celle de l’humain pour la réalisation des gestes chirurgicaux complexes, tout en conservant un poids et un gabarit permettant de manipuler et de surveiller l’animal pendant le suivi post-greffe. Ce stade de développement constitue un compromis optimal entre maturité physiologique, tolérance à la chirurgie et conditions de suivi expérimental.
Évaluation de l’utilisation de la machine de perfusion hypothermique sur les transplants rénaux rejetés sur échec de canulation des donneurs du protocole Maastricht 3.
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Troubles urogénitaux
Objectifs
En transplantation rénale, le manque de greffons s’aggrave, nécessitant d’optimiser l’utilisation de tous les greffons y compris à partir de donneurs après arrêt circulatoire contrôlé (décédé, dit protocole Maastricht 3, selon la classification internationale). Ces greffons présentent des défis importants en raison des durées prolongées d’ischémie chaude, temps pendant lequel le greffon n’est plus perfusé et reste à température corporelle. La procédure française de prélèvement de greffons chez ces donneurs impose l’utilisation de la circulation régionale normothermique pour tenter de préserver la qualité des greffons. Le but principal de ce projet est d’évaluer si l’utilisation de la machine de perfusion hypothermique pourrait offrir une alternative ou un complément à la circulation régionale normothermique dans les cas où la canulation du donneur dans le cadre du protocole Maastricht 3 échoue. Cette approche permettrait d'optimiser l'utilisation des greffons rénaux qui, autrement, seraient récusés en raison de l'échec de la canulation et de l'ischémie chaude prolongée.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de ce projet sont d’évaluer la place de la circulation régionale normothermique dans les protocoles Maastricht 3. Les évaluations par biopsies au cours de la préservation du transplant et en fin d’expérimentation visent à évaluer l’absence de lésion des greffons. La surveillance clinique vise à assurer la reprise de fonction des transplants (production d’urine) après préservation selon le groupe défini. La surveillance biologique permet de déterminer le retour en dialyse qui correspond au point final de l'étude. Le retour en dialyse d'un sujet correspond à l'arrêt de l'étude.
Procédures
- Procédure chirurgicale de prélèvement des reins sous anesthésie générale (1h)- Procédure sans réveil. - Procédure chirurgicale d’allo-transplantation d’un greffon rénal et prélèvement des reins sous anesthésie générale (3h) - Suivi des animaux pendant 7 jours avec une surveillance clinique, de la reprise de fonction du rein et prises de sang quotidiennes sur cathéter central (15 min/jour).
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux pourraient inclure : • Effets secondaires systémiques liés à l'anesthésie générale et ou aux médicaments administrés pendant les procédures chirurgicales et pour la gestion de la douleur post- opératoire (Sédation, difficulté de réveil, confusion, troubles du comportement). • Douleur en lien avec la laparotomie médiane. • Risques de complications chirurgicales telles que l'infection des plaies ou les saignements. • Risque d’insuffisance rénale aigüe avec complications associées. • Hébergement individuel des animaux dans des cages métaboliques pour surveiller la reprise de la fonction rénale jusqu’à reprise franche de la production d'urine.
Devenir
Que ce soit au cours du prélèvement des reins (animaux donneurs) ou après un suivi 8 jours d’allo-transplantation rénale (animaux receveurs) les animaux seront mis à mort sous procédure complète d’anesthésie générale, pour prélèvement et analyse histologique du greffon explanté.
Remplacement
L'étude de la fonction d’un organe dans sa complexité, ne peut se concevoir que dans un modèle animal pré-clinique (donneur), il n’existe pas de remplacement possible pour ces expérimentations qui répondent cependant aux exigences de réduction et de raffinement.
Réduction
Après une analyse statistique tenant compte de divers facteurs tels que la puissance statistique, la variabilité attendue des résultats et les objectifs spécifiques de l'étude (Critère de jugement principal, reprise retardée de fonction du greffon), nous avons déterminé qu'un groupe de 10 porcs serait suffisant pour obtenir des résultats significatifs et fiables tout en minimisant le nombre d'animaux utilisés. De façon à réduire le nombre d’animaux utilisés, un porc sera donneur pour 2 autres porcs pour diminuer le nombre de sujet nécessaire. Enfin, le porc donneur en fin de procédure fera l’objet de prélèvements supplémentaires pour partage de tissus avec un laboratoire associé travaillant sur la même thématique, permettant ainsi de réduire le nombre d’animaux utilisés de façon plus large.
Raffinement
Une attention particulière sera portée au raffinement dans l’hébergement isolé et dans la prise en compte des souffrances de l’animal. La température de la pièce sera maintenue à la même température que chez l’éleveur et l’alimentation sera poursuivie telle que chez l’éleveur de façon établir une continuité et diminue le stress thermique et alimentaire. Une alimentation humidifiée sera apportée aux animaux en post-opératoire pour faciliter la prise alimentaire. Un pansement gastrique oral sera apporté une fois par jour aux porcs pour diminuer le risque d’ulcère gastrique (ulcère de stress post-opératoire, prise spontanée par l’alimentation). Les procédures chirurgicales se dérouleront sous anesthésie générale avec une analgésie adaptée. Durant les opérations, les porcs seront installés sur des tapis chauffants. Un gilet avec une voie veineuse centrale sera installé sur chacun des animaux pour faciliter l’administration des antalgiques, faciliter l’hydratation des sujets et enfin faciliter le prélèvement des biologies sanguines sur animaux vigiles. Cela permettra de diminuer les anesthésies itératives potentiellement associés et de diminuer l’inconfort. Un suivi des points limites généraux de l’espèce et spécifiques du protocole sera réalisé 3 fois par jour. L’observation de 3 signes cliniques notables ou 1 signe clinique sévère donnera lieu à une prise de décision selon l’arbre décisionnel : mise mort de l’animal dans le cas où les symptômes seraient irréversibles.
Choix des espèces
Le modèle porcin est le modèle de référence en transplantation rénale car la physiologie rénale est proche de celle humaine. Effectivement l’anatomie abdominale ainsi que la physiologie du porc sont proches de celles de l’homme adulte et font donc de cette espèce un excellent modèle pré-clinique pour l’analyse des transplants rénaux. Jeunes mâles, 70Kg, similitude anatomique et physiologique avec un homme adulte au niveau abdominal. Modèle de référence pour l’analyse des transplants rénaux.
Modèles aigus et chroniques d’insuffisance rénale induite par ischémie-reperfusion chez le rongeur.
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
Rats : 936
Objectifs
10% de la population mondiale est atteinte de maladie rénale chronique. Cette condition pathologique caractérisée par de nombreuses atteintes du tissu rénal conduisant à la perte de fonction de l’organe. Il a été démontré que les problèmes cardiovasculaires et métaboliques, tels que l’hypertension et le diabète, mais également la prise de médicaments, accélère le développement d’insuffisance rénale à la suite de lésions aigües de l’organe. Ceci peut aboutir à des décès prématurés des patients atteints, nécessitant un traitement par dialyse et/ou greffe de rein. Cependant, les mécanismes et facteurs impliqués dans l’accélération de la maladie sont encore mal identifiés.
Bénéfices attendus
La mise en place et le succès de ce projet permettra de proposer un nouveau modèle expérimental in vivo qui exprime une série de désordres physiologiques retrouvés chez l’Homme. Ainsi, les tests précliniques d’efficacité de nouveaux médicaments pour le traitement des maladies rénales, pourront être réalisés sur un modèle pertinent d’un point de vue physio-pathologique avec le but de réduire le taux d’échec d’efficacité des candidats médicaments pendant les phases cliniques.
Procédures
Le projet se déroulera en deux phases. La première, dite de validation, impliquera un nombre restreint d’animaux afin de mettre en place les conditions expérimentales basées sur des protocoles d’ischémie-reperfusion référencés dans la littérature. La seconde phase, consacrée aux tests, visera à évaluer l’efficacité de candidats médicaments par an. Tous les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation d’au moins 7 jours avant toute intervention. Selon les procédures, ils recevront différentes interventions et traitements : - Administrations de médicaments sur animaux vigiles par voie intrapéritonéale, sous-cutanée, intraveineuse, intramusculaire ou orale durant toute la période expérimentale (pouvant aller de trois jours à quatre semaines) - Des prélèvements sanguins et d'urine pourront être réalisés au moins une fois par semaine p - Chaque animal subira une ou deux interventions sous anesthésie et analgésie. Ils seront surveillés deux fois par jour post-opératoire jusqu’à la fin de l’expérimentation. - La fonction rénale pourra être évaluer, soit par la mesure de la production urinaire sur 24 h en cage métabolique, soit par la mesure de la filtration. - A la fin de l'étude, tous les animaux seront euthanasiés sous anesthésie et des prélèvements (tissus et de fluides biologiques) seront réalisés pour analyses complémentaires. L’ensemble de ces procédures vise à garantir la fiabilité des modèles expérimentaux tout en assurant le respect du bien-être animal.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables prévus sont les suivants : - Stress à la contention, au traitement, au cage métabolique ; - Douleur légère et de courte de durée lors de l’injection de médicament ; - Perte de la fonction de rénale entrainant une réduction diminution de la tonicité et des problèmes urinaires ; - Douleurs post-opératoires en raison de l’incision cutanée et musculaire, mais aussi de l’acte chirurgical ; - Les effets indésirables en post-opératoire tels que la perte de poids, des démangaïsons, de l’inflammation au niveau de la suture, une déshydratation, une diminution de la locomotion, une prostration et tremblements.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de chaque procédure. Des prélèvements de fluides biologiques et de tissus seront réalisés pour des analyses complémentaires.
Remplacement
En parallèle des modèles expérimentaux basés sur l'utilisation d'animaux (rat, souris), nous travaillons sur le développement de modèles in vitro basés sur la culture de cellules rénales humaines. Cependant, ces modèles in vitro ne peuvent pas substituer l'importance des observations réalisées par les tests sur animaux. En effet, la complexité physiologique et les réponses systémiques aux candidats médicaments ne peuvent pas être reproduites in vitro.
Réduction
Les procédures chirurgicales et expérimentales seront basées sur les protocoles détaillés dans la littérature. Le nombre d’animaux par groupe sera réduit au maximum, permettant d’anticiper les différences interindividuelles et de réaliser des analyses descriptives et quantitatives. Pour la première phase de ce projet, concernant la validation des modèles et la mise en place des conditions expérimentales basées sur la littérature, un nombre restreint d'animaux (n=18) par procédure pour les deux espèces, si l’on considère trois groupes de 3 animaux (groupe contrôle, groupe opérée, groupe traité avec une molécule de référence). Un total de 72 animaux sera utilisé pour la première partie. Cette première phase permet également de s’assurer de la robustesse de la procédure et de l’habituation des manipulateurs, afin de s’assurer de la réussite des gestes pour la réalisation des procédures chirurgicales par la suite et donc de limiter le nombre d’animaux. Sur la deuxième phase de test de mécidaments, un nombre de 15 animaux par groupe de composé testé sera utilisé. Ce nombre a été déterminé en fonction du risque de perte lors de la procédure chirurgicale, et de l'efficacité hétérogène des interventions chirurgicale. Ce nombre sera suffisant pour effectuer des observations scientifiquement et statistiquement pertinentes. Les effets des candidats médicaments seront évalués par comparaison avec les groupes traités par le solvant seul. Les animaux seront également randomisés afin d’éviter les biais. Les données enregistrées seront analysées par des tests statistiques appropriés.
Raffinement
Dans le cadre de ce projet, des mesures rigoureuses seront mises en place pour assurer le bien-être des animaux utilisés. Le personnel en charge rendra visite aux animaux durant leur période d’acclimatation afin de les habituer à la présence humaine et à la manipulation, réduisant ainsi leur stress. Les animaux seront logés en groupes sociaux stables de 2 à 5 individus, conformément à l’espèce et à la réglementation en vigueur. Les procédures chirurgicales seront réalisées sous anesthésie et analgésie pour limiter douleur et inconfort, accompagnée de sérum physiologique pour l’hydratation. Pendant la chirurgie, les paramètres physiologiques (température, fréquence cardiaque, respiratoire, muqueuses) seront surveillés. Les animaux seront installés sur un tapis chauffant pendant et après l’intervention pour prévenir l’hypothermie. Un suivi clinique sera réalisé 2 à 3 fois par jour après la chirurgie. La buprénorphine pourra être administrée par injection ou dans l’eau de boisson pendant les jours suivant l’opération, afin d’atténuer d’éventuelles douleurs. Pour favoriser l’alimentation, des aliments facilement accessibles (croquettes mouillées, gel) seront placés au fond des cages afin de limiter les mouvements post-opératoires. Une réhydratation sous-cutanée pourra également être administrée si nécessaire. Un système de scoring des signes cliniques et points limites spécifiques aux procédures sera appliqué. Les conditions d’hébergement respecteront les standards de bien-être : propreté des cages, accès libre à l’eau et à la nourriture, et enrichissement (igloo, safe crinklets, batonnet). De l’enrichissement supplémentaires pourra être ajouté (sopalin, croquette en fond de cage). Durant le traitement avec les candidats médicaments, une attention particulière sera portée au suivi de la masse corporelle et de l’état général (sutures, pelage, respiration, locomotion…).
Choix des espèces
Dans le cadre de l’étude de la fonction rénale après une ischémie-reperfusion, les rongeurs sont largement utilisés par la communauté scientifique. Un des avantages de ce type d’animal est qu’il répond très bien à la procédure ischémie-reperfusion et constitue un excellent mime pathophysiologique des conditions retrouvées chez l’Homme. Les animaux utilisés auront atteint l'âge adulte, c'est à dire plus de 8 semaines. Le choix de cet âge est basé sur les données de la littérature, qui ont identifié que 8 semaines représentent l'âge optimal pour la réussite de cette procédure chirurgicale.