Depuis 2021, les États membres de l’Union européenne doivent publier sous un format standardisé les résumés non techniques (RNT) des projets d’expérimentation animale autorisés sur leur territoire.
Le système européen ALURES, qui recense ces RNT, est exclusivement en anglais et manque cruellement d’ergonomie (un nouvel outil proposé depuis 2026 résoud partiellement ce problème). L’OXA regroupe donc régulièrement ici les RNT français pour en faciliter l’exploration et la compréhension d’ensemble.
Le contenu des résumés non techniques est rédigé à des fins de communication par les établissements d’expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n’étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n’ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NB. La sélection d’une période temporelle, plutôt que d’une simple date, sera disponible dès que l’extension de filtrage utilisée le permettra.
La durée des projets, disponible dans la base ALURES, n’est pas indiquée ici dans la mesure où elle désigne uniquement une durée prévue d’autorisation et n’apporte aucune information sur la durée réelle des projets.
Documents
Niveau de souffrances
Dernières données ajoutées : 235 projets autorisés en avril 2026 (01/05/2026)
Évaluation du bien-être et des comportements chez des rats hébergés dans un environnement semi-naturel
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
L'objectif de cette étude est de comparer l'impact de deux types d'hébergement (standard et semi-naturel) sur le bien-être chez le rat au travers d'une batterie de tests ( dosages d'indicateurs de stress dans les féces, tests comportementaux : capacités motrices, capacités cognitives, anxiété et comportement social). Une analyse de l'activité exploratoire et des interactions sociales spontanées sera effectuée dans l'environnement semi-naturel au moyen d'outils d'estimation de posture et d'un système de suivi individuel de l'activité locomotrice basé sur la technologie de puces implantées pouvant identifier et localiser les animaux. Cet environnement pourra être proposé aux différentes équipes scientifiques du laboratoire pour remplacer l'hébergement standard.
Bénéfices attendus
Les rats hébergés dans un enclos aussi grand auront la possibilité de se déplacer et de grimper sur de longues distances. Les interactions sociales seront favorisées par le nombre d'animaux plus importants que dans un environnement standard. Par rapport aux cages d'hébergement conventionnelles, cet environnement devrait avoir un impact bénéfique majeur sur le bien-être des rats. Nous prévoyons que les rats élevés dans ces nouvelles conditions d'hébergement présenteront des niveaux de stress réduits et des améliorations non seulement au niveau de leurs capacités motrices, mais aussi au niveau de leurs fonctions cognitives supérieures. Cette étude nous permettra de développer une expertise dans ce nouvel environnement et ainsi en faire bénéficier nos équipes ainsi que d'autres laboratoires.
Procédures
Les animaux seront soumis à divers tests comportementaux : test de l'open field pendant 15 minutes/test du rotarod pendant 3 essais consécutifs de 5 minutes maximum/test du labyrinthe surélevé pendant 5 minutes /test de reconnaissance spatiale : 7 sessions de 6 minutes/test d'interaction pendant 2 sessions de 5 minutes.
Impact sur les animaux
Les nuisances seront celles inhérentes aux tests comportementaux pouvant induire une anxiété transitoire. Le groupe de rats inconnus sera soumis à un stress inévitable, sans possibilité de fuite. Des blessures pourraient survenir lors de bagarres dans l'environnement semi-naturel.
Devenir
Les animaux seront gardés en vie à la fin de la procédure 1 et à la fin de la procédure 2, ils seront soit replacés, soit adoptés, soit mis à mort. Nous pourrons replacer un certain nombre d'animaux dans d'autres études au sein du laboratoire : ceux hébergés en condition standard et ceux hébergés dans l’environnement semi-naturel dans la mesure où un tel environnement n’induise pas des différences notables par rapport aux études antérieures. Nous attendons la validation de notre protocole de sociabilisation par l'inspecteur vétérinaire pour pouvoir faire adopter nos animaux. Nous pourrons replacer un certain nombre d'animaux dans d'autres études au sein du laboratoire.
Remplacement
Cette étude a pour but d’évaluer le bien-être et les capacités tant motrices que cognitives des rats, ainsi l’étude in vivo est obligatoire.
Réduction
L'effectif de 8 rats a été choisi à partir d'études similaires sur la comparaison entre 2 groupes de rats hébergés dans différents milieux ainsi que dans des tests comportementaux similaires.
Raffinement
L'environnement semi-naturel est un raffinement en lui-même car il va permettre une liberté de mouvements aux animaux ainsi qu’une augmentation d’interactions sociales. Les animaux hébergés par deux en hébergement standard seront manipulés quotidiennement après une semaine d’acclimatation
Choix des espèces
Le rat est largement utilisé en tant que modèle animal en neurosciences .Les normes actuelles d'hébergement de cet animal s'avèrent contraignantes en limitant les interactions sociales par le faible effectif par cages ainsi qu'en limitant les mouvements en trois dimensions (redressement limité, cage avec un seul niveau). Il est donc intéressant d'étudier cet environnement en semi-liberté pour pouvoir le proposer aux différentes équipes scientifiques. Ces animaux seront âgés de 3 mois, ce qui correspond à de jeunes adultes car nous voulons étudier l'effet de l'hébergement sur des animaux matures et non en voie de développement.
Comportements sociaux-sexuels et anxiété chez les souris femelles : une dépendance aux androgènes et neurostéroides ?
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
Objectifs
Des hormones régulent finement les comportements sociaux-sexuels en agissant sur les régions cérébrales spécifiques de ces comportements. Notre étude se structure autour de deux objectifs : (1) Analyser la production rapide de stéroïdes dans le cerveau en réponse à des stimuli olfactifs et sociaux ; (2) Déterminer le rôle spécifique d’un de ces stéroïdes dans la préparation du comportement sexuel de lordose et dans l'anxiété.
Bénéfices attendus
Cette étude est essentielle pour comprendre le rôle des stéroïdes cérébraux sur les comportements sociaux-sexuels chez la femelle. En effet, la majorité des études, y compris celles menées chez les rongeurs, se concentrent sur les mâles. En outre, des principes actifs inhibant la synthèse de ces stéroïdes sont largement utilisés pour traiter le cancer du sein, mais leurs effets sur le système nerveux central ont surtout été étudiés sous l’angle de la mémoire et de la cognition. Notre étude permettra aussi d’élargir nos connaissances sur les effets secondaires de ces traitements.
Procédures
Les gonadectomies peuvent entrainer des diminutions de la température corporelle et des hémorragies. Cette intervention chirurgicale peut aussi induire une douleur post opératoire pendant 2-3 jours. L'injection intrapérotonéale peut parfois générer une douleurs et hématome au point d'injection. Le véhicule dans lequel sont dilués les deux inhibiteurs d'aromatase peut dans de rares cas, entrainer une toxicité hépatique et réactions immunitaires. Les inhibiteurs de l’aromatase peuvent dans de rare cas entrainer des arthralgies chroniques. Un stress dû à la manipulation des animaux pour récolter leurs urines est possible. Il s’agira d’un stress aigu de quelques minutes n’induisant pas d’effet à long terme. Les animaux expérimentaux isolés avant les tests olfactifs pourront présenter du stress lié à leur hébergement individualisé.
Impact sur les animaux
Les stérilisations peuvent entrainer des diminutions de la température corporelle et des hémorragies. Cette intervention chirurgicale peut aussi induire une douleur post opératoire pendant 2-3 jours. L'injection intrapéritonéale peut parfois générer une douleurs et hématome au point d'injection. Le véhicule dans lequel sont dilués les principes actifs peut dans de rares cas, entrainer une toxicité hépatique et réactions immunitaires. Les principes actifs peuvent dans de rare cas entrainer des douleurs articulaires. Un stress dû à la manipulation des animaux pour récolter leurs urines est possible. Il s’agira d’un stress aigu de quelques minutes n’induisant pas d’effet à long terme. Les animaux expérimentaux isolés avant les tests olfactifs pourront présenter du stress lié à leur hébergement individualisé.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés et leur cerveau sera prélevé pour des études ultérieures. Les animaux stimuli seront euthanasiés par le personnel animalier.
Remplacement
A ce jour aucune méthode alternative non animale (in vitro et/ou de modélisation) peut être utilisée pour comprendre la production locale d’œstradiol dans le cerveau et ses effets sur les comportements sociaux chez les femelles. En effet, cette production dépend de l'interconnectivité de neurones appartenant à plusieurs structures olfactives et cérébrales. Il est donc impératif d’utiliser un animal entier pour comprendre les mécanismes de régulations des comportements sociaux par les œstradiols.
Réduction
Le nombre d’animaux a été réduit au maximum compte tenu des techniques utilisées et pour maintenir la possibilité d'une mise en évidence statistique. Les mêmes animaux stimuli seront utilisés pour toutes les procédures. La taille des échantillons est définie à partir des résultats obtenus lors d'expériences précédentes effectuées par notre groupe dans le cadre de tests similaires ainsi que des tailles d'effet observé dans la littérature. Nous avons aussi tenu compte de la variabilité entre les expériences, de la prévalence comportementale, de la survie post-opératoire, et de l'efficacité des injections. La taille de nos échantillons sera de 20 animaux par condition.
Raffinement
Les souris seront hébergées en groupe sociaux en présence d’enrichissements (abri cartonné complémenté de matériel de nidification et de jouet en bois) avec un accès à la nourriture et boisson ad libitum. Les souris seront anesthésiées lors des chirurgies avec une première administration d'anesthésique pour générer une sédation analgésique suivi d’une anesthésie gazeuse (isoflurane 3% pour l'induction puis 1,5% pour le maintien). Les animaux recevront un traitement analgésique post-opératoire par injection sous cutanée d’un anti-inflammatoire non stéroidien permettant une couverture analgésique de 24h). L’administration de l'anti-inflammatoire non stéroidien sera poursuivie pendant 2 à 3 jours post-opératoires si nécessaire. Les yeux de l'animal seront protégés au moyen d'une pommade ophtalmique pendant la chirurgie pour éviter le dessèchement. Durant la procédure et la période de réveil, les animaux seront maintenus sur un matelas chauffant et leur température sera monitorée afin d'éviter une hypothermie. La fréquence respiratoire sera également monitorée pendant la procédure. Si une hypothermie et/ou une détresse respiratoire est observée (diminution fréquence respiratoire d’au moins 50%), l’animal recevra une dose antisedan pour antagoniser les effets de l'anesthésique et la procédure sera interrompue. Si l’état de santé de l’animal le permet, une nouvelle tentative sera effectuée après 7 jours de récupération. Dans le cas contraire, l’animal sera euthanasié conformément aux points limites définis dans nos procédures. De plus, une surveillance quotidienne des animaux ayant subi la chirurgie sera effectuée tout au long de l'expérimentation. Concernant les points limites post-opératoires, 3 facteurs seront estimés : 1) Le poids corporel ; 2) L'apparence physique ; 3) Le comportement. Un score combiné supérieur à 6 ou un score individuel> ou égal à 3 entrainera l’euthanasie de l’animal.
Choix des espèces
Notre recherche porte sur la mise en évidence des régulations des comportements socio-sexuels induits par les neurostéroides chez les mammifères. La souris est un excellent modèle animal de référence. La souris est une espèce sociale présentant des comportements socio-sexuels innés bien décrits. En outre, cette espèce permet des approches génétiques fonctionnelles (génération d'animaux mutants) qui ne sont pas ou peu possibles sur d'autres espèces. Nous utiliserons des femelles adultes qui seront âgés de 9 à 11 semaines au début des expériences.
Test d’un nouveau dispositif pour le suivi individuel à long-terme du Hamster commun (Cricetus cricetus) in natura
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Cette demande d’autorisation concerne une phase de test préalable à une utilisation en conditions naturelles. Le projet a deux objectifs principaux. Le premier objectif est de tester un nouvel appareil de suivi miniaturisé (appelé « logger ») sur 14 hamsters communs mâles adultes, placés dans un enclos d’un hectare. Le second objectif est de vérifier que ce dispositif n’a pas d’effet négatif sur la reproduction des femelles (14 individus) et d’analyser précisément le comportement des animaux en reliant les observations directes aux données enregistrées par l’appareil. Ce nouveau logger permet de localiser les animaux grâce à un signal radio, mais aussi de mesurer leur température corporelle et leur niveau d’activité. Les informations transmises à une antenne réceptrice serviront à mieux comprendre la survie des hamsters, leur période d’hibernation, leur reproduction et leur utilisation de l’habitat, en lien avec les conditions environnementales. Cette étude préliminaire permettra d’améliorer et d’ajuster un protocole de suivi à long terme, qui sera ensuite appliqué de manière standardisée dans la nature au cours des années suivantes. Les données obtenues viendront compléter les méthodes de suivi actuellement utilisées, comme le comptage des terriers, les pièges photographiques ou les opérations de capture, marquage et recapture, qui donnent une vision plus globale mais moins précise du comportement des animaux.
Bénéfices attendus
Cette étude permettra de valider le fonctionnement et l’innocuité d’un logger avant son déploiement en milieu naturel. Le logger permettra ensuite un suivi long-terme en milieu naturel des paramètres démographiques du hamster commun en fonction des conditions environnementales et de la santé de l’écosystème en fonction des pratiques agricoles. Les méthodes développées pourront être transposées au suivi in natura d’autres espèces cryptiques (peu visibles) et de petite taille, dans l’objectif d’une mise en place adaptée de mesures de protection des espèces.
Procédures
Implantation/désimplantation intrapéritonéale d’un logger sous anesthésie générale, 14 femelles et 14 mâles, par animal : 1 chirurgie d’implantation (environ 12 min) et 1 de désimplantation (environ 12 min) 6 mois plus tard.
Impact sur les animaux
Effets indésirables liés à la chirurgie (pendant la convalescence post-chirurgie) : douleur, inflammation, infection potentielle, perte de poids.
Devenir
Lâcher en milieu naturel
Remplacement
Cette étude concerne la préservation du hamster commun en plaine d’Alsace et ne peut être réalisée sur une autre espèce, ni par des études de modélisation.
Réduction
Cette étude est réalisée préalablement sur un petit effectif pour tester l’effet du logger sur la gestation des femelles et raffiner le protocole avant sa mise en œuvre in natura. Nous prévoyons d’implanter 14 femelles adultes dont le suivi sera réalisé pendant la période de reproduction en conditions contrôlées de laboratoire. Le succès reproducteur étant de 50% chaque année, nous nous attendons donc à suivre les portées de 7 femelles. En parallèle, nous suivrons 7 mâles implantés avec le logger et 7 mâles implantés avec un émetteur classique en enclos pour vérifier l’acquisition des données par le logger et éventuellement reprogrammer certains paramètres avant son déploiement in natura. Selon des modèles mathématiques, 7 individus par groupe est le nombre minimum pour qu'une différence éventuelle entre les différents groupes puisse être statistiquement décelée. Les résultats seront soumis à des tests non paramétriques du fait du faible effectif des groupes.
Raffinement
En animalerie : Les animaux sont élevés en cages individuelles, car le hamster commun n’est pas une espèce sociale et fait preuve d’agressivité envers ses congénères. Des objets visant à enrichir le milieu (tubes) et des éléments permettant le comportement de construction de nid sont placés dans les cages. La procédure chirurgicale sera réalisée sous anesthésie gazeuse et la douleur sera traitée par administration d’un analgésique en pré- et post-opératoire. L’état des animaux sera suivi par des mesures quotidiennes de la masse, et une observation visuelle du poil, de la posture et de la locomotion. Les animaux dépassant les point limites établis seront mis à mort pour limiter leur souffrance. Les hamsters seront lâchés en enclos uniquement après complète cicatrisation et s’ils n’ont pas perdu de poids suite à la chirurgie. A noter que nous réalisons ces procédures d’implantation intra-péritonéale d’enregistreurs de température et d’émetteurs chez cette espèce depuis 15 ans, sans qu’aucune complication post-opératoire n’ait été observée. En enclos : Les hamsters seront transportés à l’enclos à 10 min (voiture) de l’animalerie dans des boîtes adaptées avec du papier absorbant. Les lâchés seront réalisés en soirée au moment du pic d’activité de l’espèce. Nous serons très vigilants au bien-être des animaux dans l’enclos en réalisant des observations régulières (pièges photos et captures à l’aide de pièges non létaux 1 à 2 fois par semaine). Les pièges seront contrôlés toutes les heures. Un suivi de la masse corporelle par pesée et de l’aspect général permettra d’évaluer leur état nutritionnel et sanitaire et d’agir en conséquence : supplémenter leurs apports alimentaires dans l’enclos ou ramener l’animal au laboratoire pour le soigner ou l’euthanasier en fonction du niveau d’atteinte de points limites. L’enclos est conçu de façon à empêcher toute évasion de hamster et toute intrusion de prédateur.
Choix des espèces
Ce programme de recherche s’intéresse spécifiquement à la préservation du hamster commun. Les populations sauvages sont en déclin en raison notamment des pratiques agricoles intensives. Notre objectif est de réaliser un suivi précis des paramètres démographiques de l’espèce en fonction des conditions environnementales, afin d’améliorer les pratiques agricoles et les protocoles de renforcement et de restaurer ainsi durablement l’état des populations sauvages. Nous utiliserons des adultes mâtures sexuellement (1 an) pour l’étude de l’effet sur la reproduction et dont la masse corporelle est supérieure à 200 g (soit largement plus de 95% de la masse du logger)
Phénotypage de la résilience des réserves corporelles chez des agnelles en croissance
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système immunitaire
Objectifs
Le projet vise à caractériser chez des ovins en croissance la résilience à des challenges alimentaires contrôlés et relativement courts. L’objectif est d’explorer différentes modalités de restriction alimentaire, en variant leur intensité et leur durée, afin de déterminer dans quelle mesure ces perturbations permettent de révéler des différences de dynamique de réserves corporelles au cours de la croissance. Cette approche permettra d’établir la faisabilité d’un protocole de phénotypage précoce et non-invasif de la résilience. La validité de cette mesure de résilience chez le jeune reposera sur deux critères complémentaires : (1) la mise en évidence d’une variabilité intra‑ et inter‑individuelle dans les réponses aux challenges alimentaires évaluées à l’aide d’un indicateur non-invasif des réserves corporelles (épaisseur de gras dorsal mesuré par échograhie), et (2) la cohérence entre la dynamique des réserves corporelles évaluée via cet indicateur non-invasif et les indicateurs métaboliques du déficit énergétique qui nécessitent des prises de sang. L’objectif est de vérifier que les réponses physiologiques observées reflètent l’état énergétique réel de l'animal en croissance avant d’envisager un phénotypage à plus grande échelle uniquement sur l’indicateur non-invasif des réserves corporelles. Si la mesure de résilience est validée à ce stade précoce, une seconde phase du programme sera envisagée, afin d' appliquer un protocole similaire aux mêmes individus une fois adultes et en période reproductive. Cette étape (qui ne fait pas partie du projet présenté ici) permettra de confirmer la pertinence de la mesure chez la brebis adulte, de comparer les modalités de challenge les plus discriminantes entre les deux stades de vie, et d’étudier la relation entre résilience précoce et résilience adulte. In fine, le projet permettra d’explorer les liens entre résilience énergétique et d’autres caractères d’intérêt zootechnique ou adaptatif.En utilisant des challenges en milieux contrôlés et à partir d’un indicateur non-invasif des réserves corporelles, il sera possible d’identifier les individus les plus résilients et de les séléctionner visant à renforcer l’adaptation et la performance des troupeaux face à des conditions d’élevage contrastées.
Bénéfices attendus
Le projet apportera des avancées majeures dans la compréhension de la résilience énergétique chez les petits ruminants. La dynamique des réserves corporelles constitue un indicateur prometteur, mais elle est aujourd’hui principalement mesurée en milieu extensif, sans possibilité de caractériser précisément les challenges auxquels les animaux sont exposés. De plus, cet indicateur est le plus souvent évalué tardivement, chez la brebis reproductrice. Enfin les indicateurs les plus communs des réserves corporelles sont souvent soit peu précis (ex : note d’état corporel), soit nécessitant une méthode invasive (ex : métabolites sanguins), ce qui limite les possibilités de phénotypage de la résilience. Le protocole proposé permettra de tester la validité d’un phénotypage précoce de la résilience à l’aide d’un indicateur quantitatif et non invasif : l’épaisseur de gras dorsale mesurée par échographie. Si la résilience mesurée chez le jeune s’avère cohérente avec celle observée à l’âge adulte et dans des environnements variés, cela ouvrira la voie à des travaux de génétique visant à sélectionner des animaux plus robustes. Une telle amélioration de la résilience contribuerait également à renforcer le bien‑être animal, en réduisant la sensibilité aux variations alimentaires et aux situations de déficit énergétique
Procédures
Sur l’ensemble de la période expérimentale de 8 semaines, chaque animal aura 4 prélèvements de sang (temps de prélèvement : moins d’une minute). Chaque animal aura 9 échographies (8 minutes chacune) . Les 25 animaux suivant la procédure 2 auront une restriction de 50% de leur alimentation relativement à leur niveau non restreint pendant 4 jours et une restriction intermédiaire pendant 3 jours, les 25 animaux de la procédure 3 auront une restriction de 30% relativement à leur niveau non restreint pendant 4 jours et une restriction intermédiaire pendant 3 jours, les animaux de la procédure 4 auront une restriction de 50% de l’alimentation relativement à leur niveau non restreint pendant 8 jours et une restriction intermédiaire pendant 3 jours.
Impact sur les animaux
es potentielles nuisances dans ce projet sont principalement liées aux restrictions alimentaires temporaires et aux manipulations nécessaires au suivi des animaux. Les périodes de rationnement peuvent entraîner une sensation de faim transitoire, une légère perte d’état corporel, un ralentissement temporaire de la croissance et un stress métabolique modéré. Cependant les modifications de l’état corporel attendues lors des phases de restriction ne constituent pas une nuisance imprévue : elles sont intrinsèques au protocole, contrôlées et nécessaires pour mesurer la résilience énergétique. Ces variations sont limitées dans le temps, réversibles et correspondent à la réponse physiologique recherchée pour atteindre les objectifs scientifiques du projet. Les manipulations associées aux mesures d’échographie dorsale et aux prélèvements sanguins peuvent provoquer un stress ponctuel ou un inconfort bref lié à la contention. Une perturbation comportementale peut également survenir lors de l’adaptation initiale aux dispositifs automatisés ou lors des interventions humaines. La réalisation de la tonte dorsale et de l’échographie dorsale nécessite le passage des animaux dans un couloir de contention et l’immobilisation des animaux pendant 8 minutes maximum, pouvant provoquer un stress ponctuel ou un inconfort bref. Outre ce stress de contention, la tonte et l’échographie ne provoquent pas de douleur particulière. Ce stress, dû à la contention, diminue rapidement à mesure que les agnelles s’habituent à cette contention. Une poignée de concentrée distribuée en sortie de contention permet d’accélérer cette habituation et à réduire le stress des animaux. La prise de sang, nécessite le passage des animaux dans un couloir de contention pendant 1 minute maximum, pouvant provoquer un stress ponctuel ou un inconfort bref. La prise de sang génère une douleur brève et modérée en raison de la piqure de l’aiguille et peut potentiellement générer un hématome. Un baume (vétébiol) sera appliqué en cas d’apparition.
Devenir
A l’issue de la procédure, tous les agnelles poursuivront leur phase d’élevage.
Remplacement
Il n’est pas possible d’appliquer le principe de remplacement dans ce projet. À notre connaissance, aucun modèle in vitro, ex vivo ou in silico ne permet de reproduire l’ensemble des processus physiologiques impliqués dans la dynamique des réserves corporelles face à une challenge nutritionnel. L’utilisation d’animaux vivants est indispensable pour répondre aux objectifs scientifiques du projet, et aucune alternative ne permettrait d’obtenir des données équivalentes.
Réduction
Notre projet repose sur le phénotypage de 100 agnelles. À notre connaissance, il s’agit du premier essai visant à caractériser un caractère de résilience face à un challenge alimentaire contrôlé chez des petits ruminants en croissance. Sur la base de la littérature disponible et de nos données préliminaires, nous estimons qu’un minimum de 20 animaux par traitement est nécessaire pour détecter des différences de trajectoires des réserves corporelles avec une puissance statistique suffisante. Toutefois, compte tenu de l’incertitude sur la sensibilité de l’indicateur non-invasif utilisé pour les réserves corporelles (épaisseur de gras dorsal), et des aléas possibles en cours d’expérimentation, nous prévoyons une marge de sécurité de 25 %. Cette augmentation vise à garantir la robustesse des analyses tout en évitant d’avoir à mobiliser ultérieurement des animaux supplémentaires. Le nombre de prélèvements sanguins est limité au minimum nécessaire pour répondre aux objectifs scientifiques, en l’occurrence la description de la dynamique des indicateurs métaboliques du déficit énergétique induit par la restriction alimentaire. Par ailleurs, les 100 agnelles utilisées dans cette expérimentation sont déjà prévues d’être utilisées quelques mois plus tard dans un autre projet. Pour ce projet, ces agnelles devaient au préalable être adaptées au dispostif automatiques en vue d’un passage au cours de l’été 2026. Elles le seront donc grâce à la phase d’adaptation prévue dans ce projet. Par ailleurs, la phase expérimentale prévue ici ne devrait pas interférer avec le projet suivant car les challenges alimentaires sont relativement courts et suivies d’une phase d’alimentation à volonté qui permettra de récupérer rapidement les trajectoires normales de croissance. Par ailleurs, le projet suivant se focalise sur le suivi des animaux pendant une phase d’alimentation à base de fourrage, il n’inclue pas de traitement expérimental et contient procédures légères. Ainsi la mutualisation d’animaux déjà engagés dans une autre étude permet de limiter le nombre total d’animaux utilisés.
Raffinement
Avant leur entrée dans la halle, les agnelles seront pré-habituées directement dans leurs lots d’élevage. En effet, une porte mimant celle des distributeurs automatiques de concentré a été reproduite dans les lots d’élevage, avec mise à disposition de foin ou de concentré pour inciter les animaux à passer la tête afin de s’habituer à ce dispositif pour accéder au concentré. En amont de l’expérience, des claies sont placées de part et d’autre des abreuvoirs dans les lots d’élevage des animaux, de façon à habituer les animaux à accéder aux couloirs d’accès aux distributeurs (eau et concentré) de la halle. Les agnelles sont hébergées sur une litière paillée et en lots de manière à pouvoir exprimer leurs comportements sociaux. Elles sont habituées à être manipulées. Les prises de sang seront réalisées à la veine jugulaire alternativement gauche et droite. La prise de sang peut potentiellement engendrer un hématome. Un baume (vétébiol) sera appliqué en cas d’apparition. Différents enrichisssements seront proposés en alternance au cours de l’expérimentation : bascule (planche fixée à un cylindre), cône de signalisation, et brosse. Une surveillance visuelle est effectuée au quotidien par les agents formés. En cas de signes de maladie (fièvre > 40°C, problèmes respiratoires, décubitus prolongé) ou d’impact sur l’état général des animaux (prostration, cachexie, alopécie…), l’animal est immédiatement sorti de l’expérimentation.
Choix des espèces
L’espèce ovine est l’espèce cible du projet. Les ovins sont directement concernés par les variations d’apport alimentaire rencontrées en élevage, notamment en systèmes extensifs où les animaux sont fréquemment exposés à des périodes de sous‑alimentation. Les mécanismes de mobilisation des réserves corporelles et de résilience énergétique étudiés sont donc particulièrement pertinents chez l’ovin. L’utilisation d’agnelles permet en outre d’envisager un protocole de phénotypage précoce transférable aux programmes de sélection ovine. Les animaux sont âgés de 100 jours environ. A cet âge les animaux sont sevrés et en pleine croissance. Ainsi lors des phases d’alimentation au concentré à volonté on observe généralement une augmentation rapide du poids et de l’état corporel. Nous prévoyons à l’entrée dans la halle en moyenne un poids d’environ 30 kg, une épaisseur de gras dorsal (EGD) de 2,8 mm. A partir des données historiques dans les mêmes conditions, on peut s’attendre après 6 semaines à un poids moyen de 38 kg et une EGD de 3,9 mm chez les animaux alimentés à volonté avec du concentrés. L’âge auquel les animaux seront utilisés permettra donc d’étudier l’effet d’une restriction alimentaire sur la résilience par rapport à une trajectoire de référence chez des animaux en croissance.
Etude des mécanismes cérébraux impliqués dans le vieillissement cognitif réussi chez le rat
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
Contexte de l’étude : Ce projet cherche à mieux comprendre comment le vieillissement influence le fonctionnement du cerveau, en particulier la mémoire. Avec l’âge, cette fonction a tendance à diminuer, que ce soit lors d’un vieillissement normal ou dans des pathologies telles que la maladie d’Alzheimer. Les traitements actuels sont encore peu efficaces et peuvent provoquer des effets secondaires. Pour trouver de nouvelles pistes, il est donc important de comprendre plus en détail ce qui se passe dans le cerveau au fil du temps. Comme il n’est pas possible d’étudier ces mécanismes directement chez l’être humain, nous les observons à l’aide d’animaux. Question scientifique et objectif : L’objectif du projet est de comprendre pourquoi certains cerveaux vieillissent mieux que d’autres. Pour cela, nous allons comparer deux groupes d’animaux : l’un qui présente un déclin des performances de mémoire avec l’âge, et l’autre qui garde de bonnes capacités de mémorisation. En identifiant ce qui protège la mémoire chez les animaux qui vieillissent bien, nous espérons découvrir de nouvelles pistes pour prévenir ou ralentir les troubles de la mémoire chez l’humain. Description et justification du modèle utilisé : Nous allons suivre ces deux groupes d’animaux à deux âges : à l’âge adulte (6 mois) et à un âge avancé (24 mois). A 6 mois d’âge, leurs performances sont similaires, mais au-delà de 24 mois, un groupe montre un déclin de la mémoire tandis que l’autre conserve de bonnes capacités. L’étude cherchera à comprendre ce qui, dans le cerveau, permet cette résistance au vieillissement. Enfin, l’étude prendra en compte aussi bien les mâles que les femelles, afin de voir s’il existe des différences entre les deux sexes dans la manière dont le cerveau vieillit.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à mieux comprendre pourquoi et comment certains individus vieillissent sans perdre leurs capacités de mémoire, tandis que d’autres présentent une plus grande vulnérabilité aux effets du vieillissement cérébral. En comparant des animaux qui vieillissent bien à d’autres qui présentent un déclin cognitif, il permettra d’identifier les mécanismes cérébraux qui protègent la mémoire au fil du temps. Les résultats attendus pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement des troubles de la mémoire liés à l’âge, comme ceux observés dans la maladie d’Alzheimer. À terme, ce travail pourrait contribuer à améliorer la qualité de vie des personnes âgées en favorisant un vieillissement cérébral plus sain et autonome, là où les traitements actuels restent limités.
Procédures
Tous les rats seront exposés à une batterie de 7 tests comportementaux, non invasifs. Ils seront réalisés sur une période de 3 semaines, avec un maximum de 20 min de test par jour par rat (exploration libre d’un dispositif comportemental). La moitié des rats recevra en fin de protocole une injection d’une molécule analgésique (1 minute), et sera exposé à une intervention terminale d’une durée inférieure à 5 minutes menée sous anesthésie profonde. L’autre moitié des animaux sera exposé à une intervention terminale (prélèvement sanguin) d’une durée inférieure à 5 minutes, menée sous anesthésie profonde.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux seront ceux provoqués par l’exposition aux tests comportementaux (nuisance légère). Les animaux seront placés dans des dispositifs qui leur sont inconnus, ce qui pourrait leur créer un stress ponctuel (moins de 20 min par jour). Ce stress devrait être atténué au fur et à mesure de la passation de ces tests, notamment pour ceux qui se répètent dans le même dispositif comportemental. Des effets du vieillissement sont attendus sur les animaux, notamment une difficulté à la locomotion ou encore à l’alimentation, en particulier chez les animaux âgés de 24 mois (nuisance légère). La moitié des animaux sera exposée à un acte chirurgical mené sous anesthésie et analgésie profondes (acte sans réveil). L’autre moitié des animaux sera exposée à un prélèvement sanguin sous anesthésie profonde (acte sans réveil).
Devenir
A l’issue de l’unique procédure présentée dans ce projet, tous les animaux seront mis à mort à l’exception des rats satellites qui seront réutilisés dans d’autres projets. Les cerveaux des animaux mis à mort seront prélevés. Ces prélèvements permettront de réaliser des études de corrélation entre le niveau de résilience cognitive des animaux (études comportementales) et leur atteinte cérébrale (études post-mortem).
Remplacement
Ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes cérébraux qui permettent à certains individus de préserver leurs capacités de mémoire malgré le vieillissement. Ces connaissances sont essentielles pour le développement de nouvelles approches thérapeutiques dans le cadre des troubles de la mémoire, qu’ils soient liés au vieillissement normal ou à des maladies comme Alzheimer. La recherche de nouveaux traitements nécessite l’étude d’un organisme complet, car la mémoire et les fonctions cognitives dépendent d’interactions complexes entre différentes régions du cerveau, impossibles à reproduire entièrement sur des cellules en culture ou par des modèles informatiques. Les modèles in vitro ou in silico ne permettent donc pas d’évaluer les comportements de mémoire ni les réponses physiologiques globales associées. Le modèle animal choisi représente actuellement la seule approche permettant d’étudier simultanément les performances cognitives et les modifications cérébrales associées au vieillissement. Il constitue également un outil indispensable pour tester ultérieurement de nouveaux candidats médicaments. Enfin, il s’agit d’un modèle unique de vieillissement cognitif « réussi », qui n’existe pas encore dans d’autres espèces. L’utilisation de ce modèle est donc scientifiquement justifiée et constitue une étape incontournable avant tout développement thérapeutique chez l’être humain.
Réduction
Le protocole a été conçu afin de limiter au maximum le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la validité scientifique des résultats. Un total de 190 rats sera nécessaire, répartis de manière équilibrée selon l’âge et le sexe, afin de tenir compte des différences potentielles entre mâles et femelles. Des calculs statistiques précis ont été réalisés à partir de données issues de travaux antérieurs de l’équipe, confirmant qu’un groupe de 12 animaux par condition est suffisant pour obtenir une puissance statistique élevée et détecter des effets significatifs sur les performances de mémoire. Ces effectifs garantissent un bon équilibre entre la fiabilité des résultats et la limitation du nombre d’animaux utilisés. De plus, les mêmes animaux seront utilisés successivement pour l’ensemble des analyses comportementales et biologiques (études du cerveau après les tests de mémoire). Cette approche intégrée permettra de réduire le nombre total d’animaux tout en établissant des corrélations précises entre les performances cognitives et les marqueurs cérébraux observés.
Raffinement
Toutes les procédures seront menées dans le strict respect du bien-être animal. Les animaux seront observés quotidiennement par un personnel formé, afin de détecter rapidement tout signe de douleur, de stress ou de fragilité lié au vieillissement. Leur état général (poids, mobilité, comportement, apparence) sera attentivement suivi. Dès leur arrivée, un protocole de familiarisation progressive avec l’expérimentateur et l’environnement sera mis en place pour réduire le stress (séances de manipulation douces hebdomadaires). Les tests cognitifs seront réalisés dans des conditions calmes, à température stable, et avec des périodes de repos suffisantes entre les sessions. Un système de points limites précoces permettra d’interrompre la participation d’un animal dès l’apparition de signes de détresse. Si nécessaire, la nourriture sera adaptée (ramollie et placée dans la cage). En cas de gêne lors d’un test, l’animal sera immédiatement retiré et replacé dans son environnement habituel. Ces mesures assurent que toutes les manipulations soient effectuées avec le minimum de contrainte et de souffrance, tout en garantissant la fiabilité scientifique des résultats.
Choix des espèces
L’espèce choisie pour ce projet est le rat (Rattus norvegicus). Ce modèle est largement utilisé en recherche biomédicale, notamment en neurosciences, car il présente de fortes similarités biologiques et comportementales avec l’être humain. Le rat possède un système nerveux bien décrit et des capacités d’apprentissage et de mémoire mesurables, ce qui en fait un modèle pertinent pour l’étude du vieillissement cognitif. Notre étude s’intéresse spécifiquement aux effets du vieillissement sur le cerveau. Pour cette raison, nous utiliserons des rats âgés de 6 mois et de 24 mois, correspondant respectivement à l’âge adulte et à un âge avancé. Ce choix est directement lié à l’objectif du projet, qui porte sur la compréhension du vieillissement cérébral et sur la recherche de facteurs de protection permettant de mieux le prévenir. Par ailleurs, deux lignées de rats présentant des profils contrastés de vieillissement seront comparées : l’une sensible au déclin cognitif et l’autre caractérisée par un vieillissement réussi, c’est-à-dire une préservation des capacités de mémoire avec l’âge. Ce modèle unique de vieillissement préservé n’existe pas chez d’autres espèces comme la souris, ce qui justifie pleinement l’utilisation du rat pour cette étude.
Rôle des récepteurs nicotiniques contenant la sous-unité α5 dans la modulation de l’équilibre dopamine/acétylcholine au sein des striata dorso-latéral et dorso-médian et leur contribution à la vulnérabilité à l’usage compulsif de cocaïne
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
Objectifs
La dépendance à la cocaïne, un problème majeur de santé publique, se caractérise par le passage d’une consommation récréative à une recherche compulsive et incontrôlée de la drogue. Cette transition s’accompagne de changements dans l’activité de certains neurones. Ces altérations impliquent une molécule présente chez 40 % des Européens, et qui pourrait influencer la vulnérabilité à l’addiction. L’objectif global du projet est de préciser son rôle dans la vulnérabilité à développer une dépendance à la cocaïne ainsi que les mécanismes sous-jacents qui ne sont pas encore élucidés. Plus précisément, les objectifs sont i) de mieux caractériser le rôle de cette molécule dans l’usage compulsif de cocaïne, ii) d’identifier des marqueurs de vulnérabilité au développement d’une consommation compulsive de cocaïne, iii) de tester l’impact d’agents pharmacologiques sur cet usage compulsif dans une perspective thérapeutique.
Bénéfices attendus
La dépendance aux drogues d’abus est un problème majeur de santé publique et leur prévalence s’accroit sans aucun traitement suffisamment efficace à ce jour. Ce projet permettra d’identifier des marqueurs de vulnérabilité au développement d’addictions et en particulier à l’addiction à la cocaïne. A court terme, il permettra d’identifier des marqueurs neurobiologiques ou comportementaux associés à des conduites addictives, grâce à des approches précliniques impossibles à mettre en œuvre en recherche clinique. Ces marqueurs pourraient ensuite permettre d’identifier de potentiels individus à risque afin de mettre en place une meilleure prévention. De plus, tester dans nos modèles comportementaux des composés pharmacologiques capables de cibler l’aspect compulsif de l’addiction pourrait permettre d’établir de nouvelles pistes thérapeutiques pour lequel des données suggèrent un rôle clé dans la vulnérabilité au développement d’un usage compulsif.
Procédures
Les animaux seront soumis à des sessions d’auto-administration intraveineuse de cocaïne de 2 heures maximum par jour, pendant plusieurs mois, au cours desquelles ils recevront parfois un choc électrique d’intensité légère pouvant entrainer un inconfort pendant quelques secondes maximum. Ils seront également soumis une fois et pour 30 minutes maximum, à des tests d’exposition à la nouveauté et à la sensibilité à un stimulus aversif, susceptibles d’entraîner un stress passager. Certains animaux seront soumis à des tests comportementaux quotidiens d’1h maximum par jour, pendant plusieurs mois. Les animaux ne seront pas soumis à plus d’un test de comportement par jour. Les animaux seront soumis à une très légère restriction de nourriture pendant la durée de l’expérience. En outre, certains animaux seront soumis à une ou deux procédures chirurgicales au cours desquelles un cathéter sera implanté dans la veine jugulaire et/ou une injection et implantation intracérébrale sera réalisée. La chirurgie dure environ 30 minutes (pose du cathéter) à 2h30 (injection et implantation d’une fibre optique) puis l’animal aura une semaine minimum pour récupérer. Certains animaux recevront des injections intrapéritonéales de composés pharmacologiques, répétées maximum 9 fois par animal, avec au moins 3 jours d’écart entre chaque injection. Certains animaux recevront des injections intrapéritonéales de cocaïne, répétées maximum 5 fois par animal, avec au moins 1 jour d’écart entre chaque injection. Enfin, certains animaux seront exposés à un stress aigu de contention pendant 1 heure, jusqu’à 4 fois espacées d’une semaine minimum.
Impact sur les animaux
On peut s’attendre à voir l’apparition d’états d’inconfort, de douleur ou de stress passagers chez certains animaux soumis à une privation alimentaire légère, à des chocs électriques d’intensité légère à modérée, ou à un stimulus aversif comme de la chaleur (mais qu’ils peuvent éviter immédiatement en déplaçant leur patte) ou un stress de contention aigu, ou à une chirurgie qui peut se trouver associée à une douleur et inconfort modérés. La frustration transitoire que les animaux pourraient ressentir apparaîtra lors de leur remise dans les boîtes d’auto-administration de drogue.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure car les cerveaux seront prélevés pour des expériences ex vivo.
Remplacement
Pour étudier les aspects compulsifs de l’usage de cocaïne, et identifier les mécanismes neurobiologiques mis en jeu, il est essentiel de faire des mesures sur des modèles animaux ayant un système nerveux entier et fonctionnel. Il est crucial d’étudier les comportements et les états émotionnels associés à une prise volontaire de drogue et les états psychologiques associés à ses effets addictifs au plus près de la façon dont ils se manifestent chez l’humain. Ceci ne peut, par essence, être réalisé autrement que sur des animaux vivants, ayant une connectivité physiologique intègre entre les différentes régions du cerveau et un degré de développement de leurs fonctions émotionnelles et cognitives suffisant pour en faire des modèles d’étude pertinents.
Réduction
Dans nos études et la plupart des travaux sur l’usage compulsif de cocaïne chez le rat en général, seule une fraction des animaux (environ 15%) vont développer des signes d’addiction à la cocaïne. Il est donc nécessaire de tester au moins 40 animaux pour obtenir un minimum d’environ 6 individus compulsifs, respectivement, par groupe expérimental, sexe et conditions pour obtenir des résultats statistiquement robustes. Un groupe contrôle adapté d’animaux sera systématiquement prévu pour chaque jeu d’expériences et sera spécifique de chaque condition expérimentale testée. Le nombre d’animaux par groupe se base d’une part sur notre expérience solide des procédures et des modèles et souches d’animaux qui seront utilisés dans ce projet, et d’autre part sur la littérature, très abondante sur le sujet et dans laquelle les mêmes souches de rats sont couramment utilisées. Notre expérience en chirurgie intracérébrale, études comportementales et marquages cellulaires nous a déjà permis de réduire cette variabilité et de mieux la prendre en compte pour l’expliquer. Les paramètres mesurés seront ensuite comparés entre groupes, sexes et conditions pour comparer les groupes. Les animaux ne pourront pas être réutilisés car leurs cerveaux seront systématiquement prélevés à l’issue des expériences pour effectuer des vérifications et mesures de marqueurs neurophysiologiques. Sur cette base, nous nous efforcerons de réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés en ajustant au mieux les protocoles expérimentaux et les analyses statistiques pour obtenir des résultats statistiques robustes tout en tenant compte de la variabilité inter-individuelle des animaux testés.
Raffinement
Avant chaque expérience nous passerons plusieurs jours à manipuler les animaux afin de les habituer à l’expérimentateur et à la manipulation. Il y aura, sauf circonstance imprévue, seulement un expérimentateur par groupe expérimental. Pendant toutes les expériences de comportement les animaux seront manipulés très régulièrement (presque tous les jours), ce qui les rend très peu réactifs émotionnellement à la manipulation, et ce qui permet de détecter le moindre changement d’attitude ou l’apparition de signes externes inquiétants. Pour les autres expériences, ils seront laissés tranquille dans leurs cages au maximum et surveillés plusieurs fois par semaine. Concernant les chirurgies, des antidouleurs seront appliqués au moins 30 min avant la chirurgie, durant et après. L’état général et les signes de douleur des animaux seront évalués régulièrement, selon la grille d’évaluation du comité responsable du bien-être animal. Au moins une fois par jour en post-chirurgie pendant 5 jours les animaux sont examinés pour des signes de détresse (changements de posture, yeux plissés, manque de toilettage) et l’incision est examinée pour signes d’infection. Si nécessaire, des doses supplémentaires d’analgésique seront données, du gel nutritif sera donné, de la litière douce sera utilisée, l’enrichissement sera renforcé par trois enrichissements (bloc de bois, tunnel en carton et brique en T), et une réhydratation sous-cutanée sera réalisée. Si au bout de 24h le traitement s’avère inefficace et les points limites atteints les animaux seront mis à mort. Pour l’ensemble du projet une pesée quotidienne et l’utilisation des traitements décrits ci-dessus seront appliqués en cas de dégradation de l’état de l’animal avant atteinte des points limites. Pour les animaux en hébergement individuel, il y aura renforcement de l’enrichissement (bloc de bois, tunnel en carton et brique en T), et un contact humain impliquant une manipulation douce quasiment quotidienne, et contacts auditifs, visuels et olfactifs avec les autres rats, car les cages sont transparentes et l’hébergement individuel n’est pas complètement hermétique. Les points limites correspondant au score 1 selon la grille d’évaluation conduiront à la mise au repos avec surveillance quotidienne de l’état et du poids, et mise à disposition de gel nutritif dans la cage si dénutrition. Les points limites correspondant au score 2 selon la grille d’évaluation conduiront à la mise à mort par dose létale de CO2.
Choix des espèces
Les rongeurs sont les meilleurs modèles, jusqu’à présent, sur lesquels on peut étudier les comportements liés à la psychiatrie, dont l’élevage et le maintien en bonnes conditions reste pratique à réaliser en laboratoire, et dont on sait également manipuler le génome (pour étudier notamment le rôle des sous-unités nicotiniques dans le cadre ce projet). Le rat est, en outre, un modèle particulièrement intéressant lorsqu'on souhaite étudier des fonctions cognitives complexes et particulièrement pour des tests cognitifs basés sur nos technologies sur une longue période qui présentent une forte valeur translationnelle. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (à partir de 8 semaines), afin que le développement de leur cerveau soit suffisamment mâture pour la réussite et la reproductibilité des interventions, et l’homogénéité de leur comportement.
Etude du franchissement piscicole d’un ouvrage dans un grand fleuve, par deux espèces de poissons migrateurs
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Objectifs
L’étude vise à acquérir des connaissances sur le comportement de deux espèces de poisson migrateurs menacés, la grande alose et la lamproie marine. Ces espèces vivent en milieu marin et remontent se reproduire dans les fleuves. Il s’agira d’évaluer les remontées des individus dans un grand fleuve et le franchissement d’un secteur récemment restauré, en utilisant une technologie de suivi à distance (télémétrie acoustique). Des émetteurs seront implantés dans les poissons avant leur reproduction, de manière à les localiser ensuite à l’aide de récepteurs répartis dans l’aire d’étude pour mieux comprendre leur comportement, les entraves potentielles à la migration et les taux de prédation par le silure. Il s’agit d’une étude réglementaire, fixé par arrêté inter-préfectoral.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’améliorer les connaissances sur le comportement de la grande alose et de la lamproie marine pendant leur migration de reproduction dans un grand fleuve, et de comparer les résultats à une étude antérieure réalisée avant des travaux de restauration du fleuve, afin d'améliorer ensuite la gestion et la conservation de ces espèces.
Procédures
Les aloses capturées seront anesthésiées puis marquées par implantation gastrique d'émetteur acoustique (100 individus), et feront l’objet de prélèvements d’écailles et de nageoire. Les lamproies marines (130 individus) et les silures (10 individus) seront anesthésiés puis marqués par implantation chirurgicale d'émetteur acoustique. La manipulation n’excédera pas 3 minutes.
Impact sur les animaux
La capture, le transport, la stabulation, le marquage ainsi que les prélèvements d’écailles et de nageoires sont autant d’étapes nécessaires à l’étude et susceptibles d’induire un stress sur les animaux. Le marquage gastrique ou chirurgical génère un stress supplémentaire lors de la préhension, l’anesthésie et l’incision, et un risque de douleur post-implantation.
Devenir
Tous les individus capturés puis marqués seront remis à l’eau vivants pour l'étude de leur comportement dans le milieu naturel.
Remplacement
Le modèle biologique ne peut être remplacé pour cette étude comportementale qui implique de travailler nécessairement sur des individus vivants dans leur milieu naturel. Nous attendons des données sur la propension des individus à se déplacer et poursuivre leur migration jusqu’aux zones de reproduction accessibles. Il est donc nécessaire d'avoir recours à des animaux sauvages pour atteindre les objectifs du projet.
Réduction
Le projet est prévu en principe sur une durée de deux années, mais sera reconductible l’année suivante (3 ans au total) en cas de difficultés de capture. Il prévoit le marquage de 100 aloses, 130 lamproies et 10 silures, ce qui est un minimum (règle des 3 R : réduction) pour pouvoir décrire les comportements. Cet effectif tient compte d’un taux de mortalité post-opératoire assez faible (jusqu’à 3% généralement), de la prédation potentielle, et de la capture par la pêche. Grâce au réseau de récepteurs déployés, les détections des individus marqués seront a priori importantes, d’où une limitation à un maximum de 240 poissons. Cet objectif apparaît comme une cible réaliste au vu des effectifs en migration sur le fleuve étudié. Des analyses descriptives seront réalisées (taux de redétection, distances de déplacement, vitesses de déplacement, …).
Raffinement
Le protocole a été pensé pour tenir compte de la sensibilité des espèces migratrices, en particulier l’alose, aux opérations de capture-biométrie-marquage. Toutes les étapes des procédures jusqu’au réveil seront réalisées précisément sur le même site, soit directement sur le bateau, soit à proximité du fleuve. Pour les aloses et les silures, l’utilisation d’un brancard pour l’anesthésie permet de réduire le stress. Le marquage des aloses est réalisé directement dans le brancard. Le marquage des lamproies et silures sera réalisé dans un bac avec recirculation, pour maintenir l’oxygénation des branchies. Les poissons seront régulièrement observés et la qualité de l’eau surveillée. Les méthodes de marquage tiennent compte des spécificités et de la sensibilité des espèces et ont déjà été expérimentées et validées lors d’études précédentes. Des mesures sont prises pour réduire les effets délétères sur la survie (stress, souffrance, infection) et le comportement des animaux, en utilisant des points limites adaptés. Le ratio entre le poids des émetteurs implantés et celui des poissons sera largement inférieur à la limite préconisée pour les marquages d’animaux. Enfin, la phase de réveil se déroule soit directement dans le fleuve soit dans des bacs de grand volume alimentés par l’eau du fleuve. Dès reprise de la nage, les individus seront relâchés.
Choix des espèces
Les espèces cibles sont la grande alose et la lamproie marine. Ces deux espèces migratrices peuvent être considérées comme des indicateurs de la bonne connectivité des fleuves. Le projet porte plus spécifiquement sur la phase de migration de reproduction des 2 espèces, afin d’évaluer l’effet de travaux de restauration d’un grand fleuve sur cette étape majeure du cycle de vie des deux espèces. Le silure glane est la troisième espèce étudiée, en tant que prédateur des espèces migratrices. Les poissons seront marqués au stade adulte reproducteur, juste avant la reproduction (février-avril pour la lamproie marine, début mai pour la grande alose).
Suivi à long terme des populations de poissons migrateurs
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Autres poissons : 2300
Objectifs
La problématique centrale du projet est d’étudier l'évolution des populations d’amphihalins sous l'effet des changements environnementaux (changements globaux et locaux) qui affectent les cours d’eau. Des suivis biologiques et physicochimiques récurrents et sur du long terme (mission d'observatoire) depuis le début des années 1980 et alimentent des bases de données et des collections d’échantillons (écailles, tissus …). La collecte de ces données et échantillons a pour objectif de produire des connaissances sur l’état de conservation et les mécanismes de renouvellement et d’adaptation des populations aux fluctuations et évolutions de leur environnement incluant l’exploitation par pêche. Les espèces concernées sont le saumon atlantique, la truite de mer, l’anguille et les aloses. Les chroniques de données à long terme observées permettent de documenter les dynamiques passées et en cours. Elles servent de base pour la calibration de modèles à vocation prédictive et prospective.
Bénéfices attendus
Les données collectées et les travaux qui en sont issus ont une vocation opérationnelle pour la préservation de cette biodiversité remarquable et de ses habitats. D'un point de vue réglementaire, les données collectées permettent de répondre au règlement européen (n° 1004/2017) qui impose un cadre général pour la collecte, la gestion et l'utilisation des données dans le secteur de la pêche, visant à soutenir les avis scientifiques sur la Politique commune de la pêche. Les objectifs principaux de cette collecte de données sont de répondre aux appels à données des groupes d’experts internationaux fournissant des avis sur l'état des stocks de poissons et d'évaluer l'état des populations.
Procédures
Les animaux seront soumis à des mesures biométriques (taille et poids), à un marquage individuel à l'aide d'un transpondeur (puce identique à celles utilisées pour l'identification des chiens, chats ...), à un prélèvement d'écailles pour la mesure de l'âge et de la croissance et d'un petit bout de nageoire (0.25 cm²) pour des analyses génétiques, avant d'être relâchés sur leur lieu de capture. Le temps de procédure comprenant l'anesthésie, la manipulation, le réveil et le relâcher est d'environ trente minutes.
Impact sur les animaux
La capture, la manipulation pour les mesures biométriques, les prélèvements et le marquage peuvent générer un stress ponctuel des poissons et peut provoquer dans de très rares cas des mortalités. Il est de l’intérêt même des observateurs scientifiques de minimiser les perturbations induites sur les animaux d’étude dans un contexte de compréhension de processus naturels à l’œuvre.
Devenir
Tous les individus sont remis à l'eau dans leur secteur de vie d'origine
Remplacement
Il n’existe pas de substitut aux données et échantillons collectées in natura sur des populations réelles de poissons migrateurs. Même les approches par simulation via des modèles statistiques ou informatiques nécessitent en amont d’être calibrées sur des données d’observation réelles.
Réduction
Afin de ne pas échantillonner l’ensemble du cours d’eau tout en étant représentatif de la diversité d’habitats, des populations et de l’environnement, des plans d’échantillonnage (nombre de stations, période d’échantillonnage, répartition sur le cours d’eau) et des protocoles d’échantillonnage ont été développés pour permettre de capturer ces diversités tout en limitant le nombre d’individus manipulés. Pour les collections d’échantillon (écailles, tissus), tout est fait depuis la collecte (plan d’échantillonnage, mise en place de quota) jusqu’à la gestion des collections (subdivision des prélèvements, archivage et mutualisation des données...) pour maîtriser le nombre d’échantillons collectés et leur consommation tout en répondant aux objectifs scientifiques. Pour les programmes de marquage, c’est essentiellement le nombre de marques recapturées qui conditionne la fiabilité des analyses statistiques ultérieures. Les effectifs d’individus marqués ne représentent que quelques % à quelques dizaines de % de la population totale (suivant que l’on considère l’effectif total ou celui d’un stade particulier) dans nos protocoles.
Raffinement
Des épuisettes à fines mailles et sans nœud sont utilisées pour transférer les individus d’un bac à l’autre (stabulation ou anesthésiant). Le protocole utilisé limite au maximum le temps de manipulation hors de l’eau du poisson et des bassins bien oxygénés sont utilisés pour le temps de réveil. Il ne s’écoule en général pas plus de 30 minutes maximum entre l'anesthésie et le relâcher dans le milieu naturel et tous les individus capturés sont relâchés à l’endroit de leur capture dès leur réveil post-manipulation terminé. Les bacs de stockage sont adaptés à la taille et au nombre de poissons. La durée d’émersion et de manipulation (principale source de stress) est limitée au maximum (moins d’une minute en général). Les manipulations se font après une anesthésie légère pendant quelques minutes qui vise à tranquilliser les animaux et à éviter tout risque de blessure. Si les points limites (signes extérieurs d’altération de leur état sanitaire) sont observés, les individus sont sortis de la procédure. Pour les échantillonnages réalisés par piégeage, les cages de capture sont spacieuses, leur volume étant de 12 et 4 m3 Elles sont relevées tous les jours, entre 1 et 3 fois par jour, pour éviter l’accumulation de poissons et limiter le temps de séjour, sources potentielles d’augmentation du stress. Une attention particulière est portée à l’amélioration du bien-être animal lors des travaux d’entretien ou de rénovation des installations de piégeage. Des dispositifs ont été mis en place pour que les poissons sortent le moins possible de l’eau au cours de tout le processus de capture-manipulation-relâcher.
Choix des espèces
Les espèces étudiées sont des animaux migrateurs qui partagent leur cycle de vie entre l’eau douce et le milieu marin. Ces espèces sauvages emblématiques sont fragilisées par la pollution de l’eau, les barrages, l’exploitation halieutique et le changement climatique. Leur fragilité est reconnue par l’Union Européenne, entre autres dans sa directive « Habitat », mais aussi par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Ces espèces sont des indicateurs de la fonctionnalité des milieux qu’elles fréquentent. Les animaux sont observés aux stades juvéniles et adultes. C’est la possibilité d’observer ces différents stades qui permet d‘appréhender la dynamique de renouvellement des populations et d'évaluer la capacité des espèces à faire face à des environnements changeants.
Test d’impact d’une turbine hydroélectrique compatible avec les migrations piscicoles pour les anguilles européennes adultes et les juvéniles de saumons
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Autres poissons : 300
Objectifs
L’anguille européenne et le saumon atlantique sont des poissons migrateurs amphihalins (partage leur cycle de vie entre l'eau salée et l'eau douce) classés en danger critique d’extinction. Par ailleurs, pour la sauvegarde des anguilles, un plan de gestion national a été validé en 2010. L’un des impacts sur la population de ces espèces est la mortalité au passage dans les turbines, notamment pour l’anguille qui est une espèce qui vit et grandit en eau douce et se reproduit en mer. Elle effectue sa migration de dévalaison au stade adulte, avec des individus de grande taille donc l’impact des turbines peut être conséquent en termes de mortalité. La solution envisagée au niveau d’une usine hydroélectrique, est le remplacement des roues de turbines existantes par des roues compatibles avec la migration des espèces piscicoles, système ayant donné des résultats probants sur modèles réduits. Ainsi, l’objectif de notre projet est d’évaluer les dommages subis par les anguilles lors du passage au travers de ce type de turbine en faisant transiter directement dans le système un lot d’anguilles adultes et de juvéniles de saumons marqués avec des marques passives, récupérés à l’aval dans un piège-nasse et placés en stabulation dans des bassins pendant 48h pour effectuer les observations nécessaires permettant de statuer sur l’impact de cette turbine sur les individus selon une grille d'évaluation.
Bénéfices attendus
Les objectifs recherchés pour vérifier la compatibilité avec les espèces piscicoles de la roue testée pour les anguilles sur le site concerné sont un taux élevé d'anguilles et juvéniles de saumons vivants et sans dommage majeur, après le transit à travers le système et un temps d'observation après transit.
Procédures
Les poissons proviennent de pisciculture et sont stabulés dans des bassins adaptés sur une courte durée en attendant le début de l'expérimentation. La procédure débute par le prélèvement des poissons dans la zone de stabulation. Les poissons seront capturés dans un piège puis ils auront une anesthésie d’une durée de 1 à 2 minutes. Une fois sédaté, le poisson fait l’objet de mesures de taille et de poids et d'une vérification de son bon état sanitaire. Cette étape dure environ 1 minute, avant de procéder à un marquage unique par injection avec du matériel adapté d’une marque passive de type transpondeur. La totalité des opérations effectuées pendant la phase de sédation ne dépasse pas 15 secondes. Enfin, le poisson est placé dans une nasse de réveil pour une durée d’environ 10 minutes, assurant une récupération complète avant d'être remis à l'eau pour la poursuite du projet expérimental.
Impact sur les animaux
Les nuisances potentielles sont les suivantes : - Stress du maintien des anguilles et juvéniles de saumons dans les bassins de stabulation avant marquage (durée max 72 heures, intensité légère) - Stress de la contention et anesthésie (durée totale < 4 min intensité légère), - Stress du marquage pour l’insertion des marques (durée < 15s, intensité légère) - Gène post marquage (classe légère durée < 10 min) - Stress du lâcher et passage dans la turbine testée (intensité modérée) - Stress du maintien des anguilles et jeunes saumons dans les bassins de stabulation après récupération (durée max 72 heures, intensité légère)
Devenir
Les poissons utilisés pour cette expérimentation proviennent de pisciculture dédiée à l'élevage en vue de repeuplement pour les saumons, ou de pisciculture de grossissement pour les anguilles, individus arrivés sur les piscicultures à l'état de jeunes stades, donc des individus sauvages. Aprés expérimentation, tous les individus seront libérés dans le milieu naturel
Remplacement
Le projet porte sur les dommages subis par les espèces anguilles et saumons lors de leur passage dans la turbine compatible pour les espèces piscicoles. Ces individus, du fait de leur spécificité (taille pour les anguilles, taille, écaillage pour les jeunes saumons) ne peuvent être remplacés. En effet, la sensibilité et fragilité des poissons dépendent de sa facilité à perdre ses écailles (écaillages). Chaque espèce a une spécificité par rapport à ce point et deux espèces ne peuvent être comparées sur la perte des écailles qui diffère d'une espèce à l'autre.
Réduction
Le nombre d’individus a été estimé afin d'avoir des données suffisantes pour évaluer l'impact des turbines. pour cette étude, nous estimons qu’un échantillon maximal de 200 poissons transiteront dans la turbine. L’état de ces poissons sera analysé après avoir été recueillis dans le filet après passage dans le système de transfert et dans la turbine. Un lot témoin de contrôle de 100 poissons sera analysé dans le filet, ces poissons auront juste transité par le système de transfert puis dans le filet. Ils permettront ainsi de comparer l’état des poissons et évaluer le seul impact des turbines, les autres éléments (système de transfert et filet) étant les mêmes pour les 2 groupes de poissons
Raffinement
L’ensemble des manipulations a été raffiné et conçu pour limiter au maximum le stress et l’épuisement des animaux. Le marquage des animaux est réalisé sous anesthésie générale. Les animaux seront suivis jusqu’à récupération complète après l’anesthésie et relâchés dans le milieu naturel. Aucun poisson faible ou malade ne sera sélectionné pour l’implantation de l’émetteur (mycose, nageoire abîmée…). Par ailleurs, le poids des individus marqués sera toujours supérieur ou égal à 10 g pour que la marque ne représente pas plus de 1 % du poids de l’individu (valeur acceptée 2 %) et ainsi garantir au maximum un comportement normal après implantation de la marque. Si certains individus montrent des difficultés à s'endormir, ils seront relâchés dans le milieu naturel, sans participer à l'expérimentation afin de limiter leur stress.
Choix des espèces
L’étude cible la survie des anguilles et juvéniles de saumons lors de leur passage dans une turbine compatible avec les espèces piscicoles. Les anguilles utilisées sont des anguilles adultes en phase de migration vers l'océan, et le stade de saumon atlantique utilisé correspond à des jeunes saumons en phase de migration de dévalaison vers l'océan.
Optimisation des formulations d’appâts et essais d’homologation
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
Rats : 1000
Autres rongeurs : 1000
Objectifs
Le présent projet a pour objectif d’évaluer, dans des conditions expérimentales contrôlées, l’efficacité, la palatabilité et la sécurité environnementale de différents appâts rodenticides, en vue d’optimiser leur formulation et d’améliorer la performance des substances actives incorporées. L’enjeu principal est de concevoir des appâts capables de maximiser l’ingestion par les rongeurs cibles tout en minimisant les risques de contamination secondaire et d’impact sur les organismes non ciblés. Les travaux porteront sur la sélection et la caractérisation de matrices porteuses (grains, pâtes, blocs, gels, mousses, etc.) présentant une appétence élevée et une attractivité suffisante pour surmonter la néophobie naturelle des rongeurs. Ces formulations viseront à assurer une consommation rapide et complète, sans rejet ni dispersion de la matière active dans l’environnement (matières fécales, eau ou sol). Une attention particulière sera portée à la cinétique d’action : l’effet toxique devra demeurer différé et asymptomatique durant la phase d’exposition, afin d’éviter tout phénomène d’aversion conditionnée, mais induire une mortalité rapide dès l’apparition des premiers signes cliniques. Les appâts seront conçus pour offrir une stabilité physico-chimique élevée et une résistance accrue aux conditions environnementales extrêmes (humidité, chaleur, gel), garantissant une efficacité constante sur une période minimale de deux ans. Les données obtenues contribueront à démontrer l’efficacité de ces appâts sur les principales espèces cibles (Rattus norvegicus, Rattus rattus, Mus musculus), conformément aux exigences du guide de l’ECHA “Guidance on the Biocidal Products Regulation – Volume II: Efficacy – Assessment and Evaluation”, et à constituer les dossiers techniques nécessaires à leur homologation. Ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche intégrée visant le développement de rodenticides de nouvelle génération, plus sélectifs, plus écocompatibles et répondant aux exigences actuelles de durabilité et de protection de l’environnement.
Bénéfices attendus
Chaque année, les rongeurs causent des pertes considérables dans les cultures céréalières, estimées à environ 10 % de la production mondiale, par consommation directe ou dégradation des récoltes liée à leurs excrétas. Au‑delà des pertes agricoles, les rongeurs représentent un réservoir de plus de 60 zoonoses, responsables de milliers de décès chaque année dans le monde. Le contrôle de leur prolifération constitue donc un enjeu majeur de santé publique. En Europe, ce contrôle repose actuellement sur des appâts contenant des molécules rodenticides. Cependant, les rongeurs étant des animaux néophobes, ces appâts doivent être hautement appétents, surtout lorsqu’ils sont utilisés dans des environnements où la concurrence alimentaire est forte. Avant leur mise sur le marché, ces appâts doivent être homologués par les autorités compétentes, et les dossiers d’homologation exigent des données d’efficacité en laboratoire sur les espèces ciblées. Le projet permettra de : -Produire les données expérimentales nécessaires pour l’homologation des appâts rodenticides, conformément aux exigences européennes. -Acquérir des connaissances essentielles sur la formulation des appâts, notamment la composition optimale permettant de contourner la néophobie des rongeurs et d’améliorer leur appétence. -Éviter la mise sur le marché d’appâts inefficaces ou peu appétents, garantissant des formulations véritablement opérationnelles sur le terrain. -Faciliter une lutte ciblée et efficace contre les rongeurs commensaux, réduisant à la fois les dégâts aux infrastructures et les risques sanitaires pour les populations humaines et animales. -Soutenir des stratégies de lutte plus responsables, en offrant aux acteurs industriels et aux collectivités des outils fiables et sécurisés pour la gestion des populations de rongeurs.
Procédures
aucune intervention
Impact sur les animaux
Les manipulations par l'experimentateur peut induire un stress. La capture en terrarium peut induire un stress. L'isolement peut induire un stress
Devenir
les animaux exposés à des appâts rodenticides survivants au terme de la procédure seront euthanasiés Les animaux exposés à des appâts placebo ne contenant pas de substances actives pourront être réutilisés (tous) ou pourront être libérés dans leurs enclos extérieurs d'origine (rats noirs et rats bruns à phénotype sauvage)
Remplacement
Il n’est pas actuellement possible de substituer l’utilisation d’animaux pour évaluer l'efficacité et l'appétence d'appats rodenticides; les appâts avant commercialisation doivent être testés chez les espèces cibles pour démontrer qu'ils sont suffisamment appétents en raison de la néophobie des rongeurs et qu'ils sont suffisamment efficaces (>90% d'efficacité) afin d'éviter d'appliquer des produits biocides inutilement dans l'environneement. ces essais sont requis dans les dossiers d'homologation.
Réduction
le nombre d'animaux par essai a été réduit au minimum (5 mâles et 5 femelles). Des tests in vitro ont de plus été développés pour mesurer la capacité de substances anticoagulants (principales molécules actuellement utilisée comme substancee active rodenticide) à inhiber l'activité vitamine K époxyde réductase (activité cible des molécules abticoagulantes antivitamine k). Le nombre d’essais a été défini en concertation avec les partenaires industriels afin de garantir des résultats fiables tout en minimisant le recours aux animaux.
Raffinement
Les animaux sont soumis à des phases d’acclimatation adéquates afin de minimiser le stress lié à leur transfert en animalerie. Leur hébergement est conçu pour reproduire au mieux leur habitat naturel : les cages, placées dans la pénombre, comprennent des cachettes et du matériel permettant aux rongeurs de construire leur nid et d’adopter une activité normale. Même lorsqu’ils sont hébergés de manière isolée, les cages sont transparentes ou grillagées, permettant aux animaux de voir et de percevoir leurs congénères, réduisant ainsi l’isolement social. Les manipulations sont réalisées avec précaution par un personnel formé à l’élevage et à la manipulation d’animaux de faune sauvage. Des points limites ont été définis et, dès leur apparition, les animaux sont euthanasiés pour éviter toute souffrance inutile. Par ailleurs, le recours aux tests d’efficacité est réduit au strict minimum, privilégiant les tests d’appétence afin de limiter l’exposition des animaux aux substances actives.
Choix des espèces
LLe choix des espèces étudiées repose sur le fait qu’il s’agit des espèces cibles des appâts rodenticides. Les expérimentations doivent être réalisées sur les mêmes espèces que celles faisant l’objet du contrôle en conditions naturelles, afin de garantir la pertinence et la transposabilité des résultats. Cette approche permet de démontrer que les appâts présentent une appétence suffisante pour les espèces ciblées et qu’ils assurent une efficacité complète dans les conditions d’utilisation prévues. L’utilisation de ces espèces spécifiques est donc essentielle pour obtenir des données fiables et directement exploitables pour la mise sur le marché et l’homologation des appâts rodenticides. Par ailleurs, pour les appâts revendiqués comme efficaces chez le rat, leur efficacité doit être démontrée à la fois chez le rat brun et chez le rat noir en conditions de laboratoire, conformément aux exigences réglementaires. Les animaux doivent être utilisés à différents stades de développement. En effet les réponses en termes d’efficacité et de résidus peuvent varier en fonction du stade de développement, l’équipement métabolique évoluant en fonction de l’âge
Phénotypage comportemental d’un nouveau modèle murin pour la schizophrénie
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
Objectifs
Notre projet cherche à mieux comprendre les mécanismes du cerveau impliqués dans la schizophrénie, une maladie psychiatrique complexe qui touche environ 1 % de la population. Cette pathologie se manifeste par deux grands types de symptômes : • les symptômes positifs, comme les hallucinations, les délires ou les troubles de la pensée ; • et les symptômes négatifs, tels que la perte de plaisir (anhédonie), la dépression, le retrait social ou les difficultés de concentration et de mémoire. De nombreuses études montrent que la schizophrénie serait liée à un mauvais fonctionnement de la communication chimique des neurones. Notre recherche s’intéresse à une protéine particulière, qui joue un rôle clé dans le stockage et la libération des messagers chimiques. Si cette protéine fonctionne mal, la communication entre les neurones devient désorganisée, ce qui pourrait contribuer à certains symptômes de la schizophrénie. Pour explorer cette hypothèse, nous utilisons une lignée de souris dépourvues de cette protéine, afin d’étudier comment cette absence modifie leur comportement. Nous mesurons notamment des paramètres liés à l’anxiété, la motivation, la dépression, la sociabilité, la mémoire et l’activité locomotrice, qui peuvent être altérés chez les patients schizophrènes. Certaines de ces évaluations sont déjà commencées sur un autre modèle murin proche, mais nous devrons les valider spécifiquement sur la souche utilisée (CD1), de par la spécialité scientifique et technique de l’équipe de recherche qui va l’utiliser. La caractérisation du comportement de ces souris est nécessaire car le fond génétique peut influencer les résultats et elle permettra d’avoir des connaissances approfondies des symptômes associés au manque de communication neuronal, liée à l’absence de la protéine étudiée. A terme, nous disposerons d’un modèle expérimental complet et pertinent pour tester de nouvelles approches thérapeutiques liées aux maladies psychiatriques
Bénéfices attendus
Les résultats attendus permettront de mieux relier les phénomènes biologiques observés au niveau cellulaire aux comportements mesurés chez l’animal, ouvrant la voie à une approche plus intégrée du fonctionnement cérébral. Ce travail contribuera à la création d’un modèle expérimental de référence, utile pour tester de nouvelles hypothèses et évaluer des traitements innovants ciblant les déséquilibres de la transmission nerveuse. À long terme, ces recherches aideront à mieux comprendre les bases cérébrales des troubles psychiatriques chroniques et à favoriser le développement de thérapies plus efficaces et mieux ciblées, offrant de nouvelles perspectives pour les patients souffrant de schizophrénie ou de pathologies apparentées.
Procédures
Les animaux seront soumis à des tests comportementaux destinés à évaluer les performances sociales, cognitives et émotionnelles dans le modèle de souris invalidées pour un gène potentiellement impliqué dans la schizophrénie. Chaque test dure entre 5 minutes à 1 nuit par session, selon la nature de la tâche, et peut s’étendre sur 1 à 4 jours consécutifs pour les épreuves nécessitant une phase d’apprentissage ou de conditionnement. Une période minimale de 48h sépare deux tests successifs pour éviter toute fatigue ou interférence comportementale. Chaque souris réalisera un maximum de 8 tests comportementaux répartis sur une durée de 7 semaines, pour un temps cumulé d’observation inférieur à 90 minutes par animal. Une partie des animaux recevra un traitement pharmacologique, 10 à 30 minutes avant le test.
Impact sur les animaux
D’après les données disponibles dans la littérature et les observations préliminaires, l’invalidation du gène peut induire des crises d’épilepsie occasionnelles après l’âge de 12 semaines et aussi des troubles émotionnels ou sociaux, tels qu’une augmentation de l’anxiété, une réduction de la sociabilité ou des signes de type dépressif. Les animaux seront soumis à différentes sessions de tests d’une durée comprise entre 5 minutes à 1 nuit, espacées d’au moins 48 heures pour limiter la fatigue et le stress cumulés. Ces tests peuvent générer des stress légers à modérés, liés à l’exposition temporaire à la lumière, la découverte d’un nouvel environnement ou de l’inconfort et de la résignation. Certains tests nécessiteront une mise en cage individuelle temporairement (12 h nocturne ou 24h) afin de mesurer les consommations individuelles de boisson, la préférence sociale ou les comportements compulsifs. Un des tests comprendra un jeûne limité à 24 heures, strictement encadré, avec contrôle du poids (perte inférieure à 10 %) et réalimentation immédiate après le test. Les injections ponctuelles réalisées uniquement sur certains animaux (solution saline ou molécules de référence) peuvent induire un inconfort, voir douleur aigûe légère au moment de l’administration, de courte durée, ainsi que des effets pharmacologiques attendus (légère sédation ou hyperactivité, retrait social, des modifications des perceptions sensori-motrices ou une modification du niveau d’anxiété). Ces effets sont réversibles en moins d’une heure.
Devenir
Toutes les procédures : Les animaux sont mis à mort en fin de procédure afin de réaliser des analyses post-mortem des tissus nerveux.
Remplacement
Il n’existe actuellement aucune méthode alternative in vitro ou in silico permettant de reproduire la complexité des comportements étudiés dans ce projet. Les tests comportementaux envisagés nécessitent d’évaluer des réponses motrices, émotionnelles, sociales et cognitives intégrées, qui ne peuvent être observées que chez un animal vivant et vigile. Les modèles cellulaires ou informatiques permettent d’explorer certains aspects moléculaires ou synaptiques, mais ils ne peuvent pas rendre compte des interactions dynamiques entre circuits neuronaux impliquées dans la régulation du comportement.
Réduction
Le nombre de souris utilisées a été calculé pour obtenir des résultats fiables tout en limitant au maximum le nombre d’animaux. Les expériences tiennent compte des différences entre mâles et femelles et du type de souris étudié (avec ou sans le gène muté). Une première phase servira à valider les tests, puis les autres permettront d’observer les effets du gène seul. Les mêmes animaux seront testés plusieurs fois, sans compromettre leur bien-être ni la qualité des résultats.
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des animaleries agréées dont le fonctionnement est conçu pour maximiser leur confort et limiter toute source de souffrance ou de stress. Les souris sont hébergées en groupes sociaux stables afin de préserver leurs interactions sociales naturelles. Un enrichissement du milieu est systématiquement mis en place dans chaque cage, comprenant des carrés de coton pour la nidation, des tunnels transparents favorisant l’exploration et la cache, ainsi que des barreaux de bois à ronger pour satisfaire les comportements de mastication. Les animaux font l’objet d’une surveillance quotidienne par le personnel zootechnique et les expérimentateurs afin de détecter précocement tout signe d’inconfort, de stress ou d’altération de l’état général (prostration, apathie, comportements anormaux). Les souris seront progressivement habituées à l’expérimentateur et aux environnements de test pour limiter les réactions de peur ou de nouveauté. Les manipulations seront exclusivement réalisées à l’aide de tunnels, méthode reconnue pour réduire le stress et les réactions de défense par rapport à la prise en main directe. Cette approche permet également d’assurer une standardisation des manipulations entre expérimentateurs et d’améliorer la qualité des mesures comportementales. Des points limites clairement définis ont été établis afin de retirer rapidement tout animal présentant un signe de mal-être ou de souffrance.
Choix des espèces
La souris constitue le modèle le plus pertinent pour cette étude, car le gène d’intérêt, dont nous souhaitons caractériser les effets comportementaux associés à des troubles psychiatriques de type schizophrénique, n’est actuellement inactivé que chez cette espèce. L’utilisation d’un autre modèle n’est donc pas possible à ce stade. Des animaux âgés d’au moins 6 semaines, dont le poids est supérieur à 20 g, seront utilisés afin de garantir la maturité complète des systèmes neurobiologiques nécessaires à l’étude. Les tests comportementaux seront réalisés de préférence entre 6 et 12 semaines d’âge, période précédant l’apparition potentielle des crises épileptiques observées chez certains animaux à partir de 13 semaines.
État du réseau neuronal responsable du sommeil chez un modèle de souris transgénique de sclérose latérale amyotrophique
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
Objectifs
La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie neurologique grave et incurable qui s'attaque aux cellules nerveuses contrôlant les muscles. Elle entraîne une paralysie progressive et conduit malheureusement au décès, généralement 2 à 5 ans après l'apparition des symptômes. Si la paralysie est le symptôme le plus connu, la maladie provoque également d'autres problèmes sévères qui dégradent fortement la qualité de vie des patients, notamment une perte de poids importante et des troubles majeurs du sommeil. Pour étudier cette maladie, la recherche utilise des modèles animaux (souris) qui développent des symptômes très similaires. Aujourd'hui, nous ne comprenons toujours pas précisément pourquoi la SLA perturbe aussi gravement le sommeil. Les premières pistes suggèrent un dysfonctionnement dans une petite zone du cerveau (l'hypothalamus), qui gère à la fois l'appétit et le sommeil. Cependant, le cycle veille-sommeil est en réalité contrôlé par un ensemble de réseaux de neurones bien plus complexes et interconnectés, situés dans différentes zones du cerveau. L'état de ces autres réseaux n'a jamais encore été étudié dans le contexte de la SLA. L'objectif de notre projet est donc de combler cette lacune fondamentale. Nous allons, pour la première fois, cartographier l'activité de tous ces réseaux cérébraux durant les différentes phases de vigilance (éveil, sommeil léger et sommeil profond). Cette "cartographie" nous permettra d'identifier précisément quels circuits du sommeil sont altérés par la maladie, une étape essentielle pour comprendre l'origine de ces troubles et espérer un jour développer des traitements pour améliorer la qualité de vie des patients.
Bénéfices attendus
Ce projet est important car il nous aidera à comprendre exactement pourquoi le sommeil est si perturbé chez les personnes atteintes de SLA, un symptôme qui dégrade fortement leur qualité de vie au quotidien. En réussissant à identifier précisément quelles zones du cerveau sont responsables de ces troubles, nous espérons ouvrir la voie au développement de nouveaux traitements. L'objectif à terme serait de pouvoir corriger ces problèmes très tôt dans l'évolution de la maladie, et peut-être même avant que les symptômes moteurs, comme la paralysie, ne commencent à apparaître.
Procédures
Les souris transgéniques utilisées dans les expérimentations de ce projet seront soumises à une seule procédure chirurgicale. Cette chirurgie consiste en une implantation d’électrodes pour les enregistrements du sommeil. Elle est faite sous anestesie d’une durée totale de 1h30. À la fin du protocole, toutes les souris seront séparées en 3 groupes : Le groupe "Éveil" : Pour étudier le cerveau en état d'éveil, nous maintiendrons un groupe de souris éveillé pendant 2 heures. Le groupe "Sommeil lent" : Pour la comparaison, un deuxième groupe sera laissé au repos complet dans sa cage habituelle, pendant exactement la même période. Le groupe "Sommeil paradoxal" (Sommeil des rêves) : Pour étudier spécifiquement les effets du "sommeil paradoxal", nous utiliserons un système automatisé développé par notre équipe. Ce système surveille la souris et détecte le moment précis où elle entre dans cette phase de rêve. Il envoie alors une stimulation très légère, juste assez pour interrompre cette phase spécifique, sans pour autant réveiller complètement l'animal ni le stresser. Cette privation qui dure 48h sera suivie d’un rebond de 2 heures, durant lequel la quantité de sommeil paradoxal augmente fortement.
Impact sur les animaux
Une chirurgie légère sous anesthésie générale : Un traitement antidouleur est administré systématiquement avant l’intervention, combinant deux analgésiques complémentaires. Une douleur post-opératoire transitoire peut survenir mais est prise en charge efficacement par une analgésie continue. Une période de récupération de 10 jours est prévue, avec un suivi quotidien par fiche d’observation. Une privation sélective du sommeil paradoxal de 48h est également réalisée, qui interrompt doucement chaque épisode de REM par un léger mouvement de la cage, sans générer de stress significatif. L’ensemble du protocole est conçu pour minimiser toute souffrance ou détresse des animaux.
Devenir
À l’issue de l’ensemble des procédures expérimentales, les animaux seront euthanasiés de manière rapide et éthique afin de permettre l’analyse histologique du cerveau, notamment des structures activées pendant l’éveil, le sommeil lent et le sommeil paradoxal (via le marquage cFos). Cette étape est indispensable pour atteindre les objectifs scientifiques du projet, en identifiant précisément les neurones recrutés après manipulation expérimentale. L’euthanasie sera réalisée sous anesthésie profonde terminale, garantissant l’absence de douleur ou de souffrance. Aucun animal ne sera réutilisé dans un autre protocole. Ce sacrifice est justifié par la nécessité d’accéder au tissu cérébral pour les analyses anatomiques post-mortem.
Remplacement
L'étude des circuits neuronaux régulant le sommeil et leur dysfonctionnement dans une maladie aussi complexe que la maladie de charcot ne peut être modélisée autrement que par l’animal. La souris est un modèle important et pertinent dans l’étude du sommeil et de la maladie de charcot, sa neuroanatomie des circuits du sommeil est bien caractérisée et proche de celle de l'homme. De plus, les modèles transgéniques de souris sont des modèles expérimentaux très puissants (génétique connue, commercialisation d’outils moléculaires, etc). Le modèle murin est le plus pertinent car sa neuroanatomie des circuits du sommeil est bien caractérisée et proche de celle de l'homme.
Réduction
La taille d’échantillon a été déterminée à partir de données préliminaires de l’équipe sur des paramètres de sommeil et d’activité locomotrice, en tenant compte de la variabilité interindividuelle observée. Un minimum de 16 animaux par groupe est nécessaire pour détecter un effet significatif portant le nombre d’animaux à 192 animaux sur l’ensemble du projet. Aucun test inutile ou répété n’est prévu : chaque animal ne participe qu’à un seul paradigme de sommeil et l’ensemble des données exploitables est recueilli sur le même individu, ce qui contribue à limiter le nombre total d’animaux. un élevage sera mis en place dans l'animalerie du laboratoire, portant ainsi le nombre de souris total du projet à 378, permettant le maintient de l’élevage.
Raffinement
Plusieurs mesures de raffinement sont mises en œuvre à toutes les étapes du protocole. La chirurgie d’implantation d’éléctrodes est réalisée sous anesthésie générale avec analgésie systématique. Les animaux sont installés sur un tapis chauffant, leurs yeux sont protégés par un gel ophtalmique, puis ils sont suivis quotidiennement pendant au moins 10 jours. En cas de dépassement des points limites définis, les animaux sont immédiatement retirés du protocole et mis à mort. Les conditions d’hébergement sont règlementaires : enrichissement systématique des cages (matériel de nidification, bâtonnets à ronger), limitation du bruit et de la lumière, manipulations réalisées par un personnel formé et, autant que possible, par les mêmes expérimentateurs afin de limiter le stress. La privation sélective de sommeil paradoxal repose sur un système validé qui interrompt les épisodes de REM par un déplacement très léger de la cage, sans augmentation mesurable du stress. Enfin, compte tenu des souris qui vont devellopper une maladie neurodegenerative du système moteur, elle seront mises à mort avant toute apparition des symptomes.
Choix des espèces
La souris (Mus musculus) est l’espèce de référence pour l’étude expérimentale de la maladie de charcot et de la régulation du sommeil. Ses circuits du sommeil sont bien décrits et proches de ceux de l’humain, et il existe des lignées transgéniques de la maladie largement caractérisées. Les techniques utilisés dans ce projet ne sont actuellement possible que chez la souris. Dans le cadre de la question posée aucune autre espèce ne permettrait de répondre aussi précisément, et aucun modèle non animal ne peut reproduire l’organisation fonctionnelle des réseaux du sommeil in vivo. Les animaux seront utilisés à partir d’environ 60 jours d’âge, au moment de la chirurgie. Ce stade correspond à un âge adulte jeune chez la souris, où les circuits du sommeil sont matures et un stade présymptomatique. Tous les enregistrements de sommeil et les paradigmes comportementaux seront réalisés entre 2 et 3 mois d’âge afin d’étudier spécifiquement les altérations précoces des réseaux d’éveil et de sommeil.