(2) Qui est concerné ?

Rongeurs, poissons, canidés, lapins, oiseaux, insectes, ongulés, amphibiens, primates, carnivores… Des animaux de n’importe quelle espèce non humaine peuvent être utilisés et tués dans les laboratoires, selon les pays et le contexte.

Au sein de l’Union européenne, par exemple, l’utilisation des grands singes (chimpanzés, bonobos, gibbons, orangs-outans et gorilles) est interdite, sauf « aux fins de la conservation de l’espèce ou du fait de l’apparition imprévue, chez l’homme, d’une condition clinique invalidante ou potentiellement mortelle ».

En France, presque tous les rongeurs et lapins concernés proviennent d’élevages spécialisés, tandis que les oiseaux, poissons et mammifères « de rente » sont régulièrement issus d’élevages destinés à l’alimentation. Un tiers des chiens et presque tous les primates viennent d’élevages situés hors de l’Union européenne.

Les professionnels de l’expérimentation animale parlent souvent en pourcentages plutôt qu’en nombre d’individus. Leur but est de rassurer le grand public en montrant que les animaux les plus appréciés ne représentent qu’une petite partie du total. On voit bien la différence d’objectif entre les deux phrases suivantes : 

« Primates, chiens et chats représentent moins de 0,5% des animaux utilisés par les laboratoires, contre 75% de rongeurs et 10% de poissons. »

« Chaque année en France, environ 3500 primates, 4000 chiens, 1000 chats, 200.000 poissons et 1.500.000 rongeurs sont utilisés dans les laboratoires. »

En règle générale, l’OXA préfère parler du nombre d’individus concernés.

Savoir combien d’animaux sont exploités dans les laboratoires du monde entier n’est pas chose facile. D’abord parce que de nombreux pays n’imposent pas aux établissements de tenir un compte exhaustif. Aux États-Unis notamment, les rongeurs ne sont pas comptabilisés, ce qui réduit considérablement la portée des statistiques annuelles. 

L’Union européenne fait figure d’exception à ce sujet, avec un modèle unique de collecte de données imposé à l’ensemble des États membres. Mais même ce modèle ne représente qu’une partie des individus qui naissent et meurent pour l’expérimentation animale.

Sont laissés de côté : 

  • les insectes, arachnides, décapodes, vers… c’est-à-dire tous les invertébrés à l’exception des céphalopodes ;
  • les animaux élevés et tués ou morts sans avoir été utilisés, par exemple à cause d’une maladie, ou parce que leur statut génétique n’était pas celui recherché, ou encore parce qu’ils avaient été élevés en surplus ;
  • les animaux élevés et tués spécifiquement pour prélever leurs tissus, sans être utilisés dans des procédures.

Le mode de recueil européen comptabilise des utilisations, et non des individus. La proportion globale de réutilisations étant très basse, on peut considérer, faute de mieux, que le nombre total d’individus correspond environ au nombre d’utilisations.

Les chiffres stagnent depuis le milieu des années 2000, avec une légère tendance à la baisse selon les estimations.