(3) Dans quel but fait-on ça ?

Les tests réglementaires

Des tests sur les animaux sont imposés par diverses réglementations avant la mise sur le marché de produits variés (métaux, plastiques, produits ménagers, médicaments…). Il s’agit de tester la toxicité, mais aussi de contrôler l’effet sur les organes, le potentiel cancérigène, etc.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fournissent des lignes directrices internationales sur les méthodes à utiliser. La Pharmacopée européenne recense les méthodes autorisées dans l’UE pour répondre à la réglementation sur la sécurité et la qualité des médicaments.

Le Centre européen de validation des méthodes alternatives (ECVAM) étudie et valide les propositions de méthodes de test sans animaux afin d’en permettre l’adoption réglementaire. Ce processus est extrêmement long et coûteux, comme le montre l’exemple des tests pyrogènes, pratiqués sur des lapins jusqu’en 2025 alors qu’une alternative était validée depuis 2009

Grâce au développement de méthodes de substitution, le nombre d’animaux utilisés chaque année pour des tests réglementaires en France et dans l’Union européenne diminue chaque année.

Depuis 2013, dans l’UE, les tests des ingrédients et produits cosmétiques sont interdits. Cependant, de nombreux ingrédients cosmétiques sont utilisés dans d’autres domaines et doivent parfois être testés sur des animaux du fait du règlement REACH qui encadre le marché des produits chimiques. De plus, certains ingrédients exclusivement cosmétiques peuvent être soumis à une obligation de tests sur les animaux pour contrôler la sécurité des travailleurs et travailleuses amenées à manipuler ces substances.

Les tests d’ingrédients cosmétiques sur les animaux restent toutefois très marginaux dans l’UE, et les tests de produits cosmétiques finis y sont tout à fait interdits.

La recherche

Plus de la moitié des utilisations d’animaux relèvent de protocoles de recherche. Leur nombre, qui s’élève à plus d’un million par an en France, stagne depuis le milieu des années 2000.

La recherche fondamentale consiste à développer les connaissances sur divers systèmes biologiques dans le but de guider la recherche appliquée sur le traitement de divers troubles et maladies humaines ou animales par la suite.

Certains projets sont recensés dans les catégories conservation des espèces et protection de l’environnement : études « zootechniques » au service de l’élevage pour la consommation, étude d’animaux appartenant à des espèces menacées pour comprendre le fonctionnement de leur écosystème, mais aussi étude des méthodes de mise à mort d’espèces jugées envahissantes.

De nombreuses lignées d’animaux génétiquement modifiés sont créées et maintenues, générant un « surplus » d’animaux dont le génome ne correspond pas aux attentes et qui sont donc tués sans être utilisés. Les données disponibles pour la France suggèrent que plus d’un million et demi de souris sont concernées chaque année.

Les autres utilisations

La production de routine consiste à utiliser les animaux comme réservoirs biologiques afin de produire notamment des anticorps, d’autres substances à base de sang ou d’autres fluides corporels. Le nombre d’individus utilisés à cette fin a largement augmenté depuis 2015 en France, atteignant plusieurs centaines de milliers d’animaux chaque année.

L’enseignement supérieur (notamment en cursus de médecine ou de biologie) et la formation professionnelle (obligatoire pour les personnes se destinant à travailler dans des laboratoires animaliers) utilisent encore annuellement des dizaines de milliers d’animaux dans les universités et écoles vétérinaires françaises.

Depuis 2016, la dissection de vertébrés élevés à des fins scientifiques n’est plus autorisée dans l’enseignement secondaire (collèges et lycées). Il reste possible de disséquer des invertébrés ou des animaux issus de l’exploitation alimentaire (yeux de vaches, grenouilles, poissons…).