
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/01/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-218274)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La mémoire est un processus permettant aux êtres vivants de stocker des informations afin de mieux s’adapter à leur environnement. Les souvenirs sont formés grâce à des changements à long terme dans les neurones du cerveau appelés cellules engrammes. L’objectif de ce projet est de mieux évaluer les propriétés électriques des cellules spécifiques de la mémoire, situées au niveau de l’hippocampe, région cérébrale de stockage de la mémoire, en lien avec une tâche d’apprentissage.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La formation de souvenirs mal contrôlée peut devenir traumatique, comme c’est le cas lors du développement du syndrome de stress post-traumatique. Ce projet permettra de mieux comprendre les propriétés électriques des cellules de la mémoire, dans le but de développer de nouvelles approches thérapeutiques chez l’Homme afin de traiter le syndrome de stress post-traumatique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Procédure chirurgicale: -Administration en sous cutanée d’anti inflammatoire (par exemple, Type Carprofene, 20 mg/Kg SC) ou de morphinique (Type Buprénorphine, Buprecare, 0,1 mg/kg; SC) 30 minutes avant l’anesthésie (maximum 30 secondes) -Anesthésie de la souris par inhalation (induction : 4-5% isoflurane et maintien 0.5-1.5% d’isoflurane) (maximum 5 minutes) -Application d’un gel ophtalmique (type Ocrygel) dès que l’animal est endormi afin d’éviter le dessèchement de la cornée. (maximum 2 minutes) -Injection d’un analgésique local en sous-cutané au niveau de la zone à inciser (maximum 30 secondes) -Placement de la souris profondément endormie dans un appareil spécifique et adapté pour ce type de chirurgie (maximum 5 minutes) permettant le maintien fixe de l’animal. -Vérification du niveau d’anesthésie de l’animal en permanence en observant son rythme respiratoire et l’absence de réflèxes(maximum 15 secondes) -Incision de la peau (envion 1.5 cm) au-dessus du crâne et désinfection de l’épicrâne (Type Vétédine) (maximum10 minutes). -réalisation de 2 trous au niveau du crâne au dessus de notre structure d’intérêt (30 secondes) -injection du lentivirus (maximum 15 minutes) -Fermeture de la plaie à l’aide d’agrafes (maximum 5 minutes) Conditionnement de la peur : 5 minutes (au maximum 3 chocs électriques de 2 secondes de faible intensité au niveau des pattes), test de rappel de la mémoire (3 minutes)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce projet sera réalisé sur des souris qui ne présentent pas de symptôme de maladie. Suite à l’injection de virus dans le cerveau, les animaux peuvent présenter des signes de douleur malgré les précautions prises pendant la phase de chirurgie (analgésiques, anesthésiques) et en post-opératoire. Lors du conditionnement à la peur, les chocs électriques sont de faible intensité et de courte durée, permettant ainsi de minimiser le stress induit tout en assurant des résultats robustes et reproductibles et en limitant ainsi le nombre d’animaux utilisés.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront tous euthanasiés afin de réaliser les coupes cérébrales et procéder aux enregistrements de l’activité cérébrales sur ces coupes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’organisation des réseaux neuronaux peut être étudiée sur des coupes cérébrales de rongeurs par des enregistrements électriques. Ces expériences ne peuvent pas être reproduites, ni étudiées dans des modèles de cultures cellulaires in vitro. Nos expérimentations au sein de la société, même si elles nécessitent l’utilisation d’animaux, sont pratiquées avec un souci permanent de réduction du nombre d’animaux et de bien-être pour nos animaux en expérimentation.
2. Réduction
Le nombre de souris a été réduit autant que possible, tout en étant suffisant pour l’obtention de résultats exploitables. L’évaluation du nombre d’animaux nécessaire a été effectuée par un programme adapté. Les résultats seront analysés par des tests statistiques. Nous adapterons les tests statistiques en fonction des observations.
3. Raffinement
Avant la chirurgie, une période d’acclimatation des animaux d’au moins 5 jours sera respectée. Pendant la chirurgie, des mesures seront mises en place afin de réduire au maximum la douleur : anesthésiques (en pré-opératoire) et analgésiques (en pré- et post-opératoire), gel ophtalmique, maintien d’une température constante (tapis chauffant). Une période de récupération post-chirurgicale d’au moins 10 jours sera respectée. Dès réception des animaux, une observation journalière sera mise en place. Des points limites préalablement définis et adaptés permettront d’assurer un suivi de l’état général des animaux (souffrance, angoisse…) et de préserver leur bien-être. En cas d’altération de l’état de l’animal, la surveillance sera rapprochée et les animaux seront soignés en fonction de la sévérite de la douleur observée. L’atteinte d’un point limite entraînera la mise en place d’interventions précoces et adaptées et des procédures de modifications de soins pourront être mises en œuvre en cas de besoin . Les animaux exprimant des signes permanents de douleur seront exclus de l’étude et euthanasiés immédiatement, sur décision du directeur de l’étude et/ou du vétérinaire désigné.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nos expérimentations sont réalisées chez la souris, dont l’étude est extrêmement répandue au sein des laboratoires de recherche en Neurosciences, rendant les résultats pertinents pour la communauté scientifique nationale et internationale. Au laboratoire, le syndrome de stress post-traumatique peut être facilement modélisé chez la souris par l’utilisation du conditionnement contextuel de peur qui consiste à associer un évenenement ou un contexte neutre à une stimulus aversif. Ainsi, La présentation du stimulus neutre parvient alors au bout d’un certain temps à déclencher à lui seul l’anxiété. De plus, nous pourrons utiliser une lignée particulière de souris qui permet un marquage spécifique d’une population de neurones, associés au conditionnement. Les animaux seront utilisés à partir de 8 semaines d’âge minimum (âge de maturité sexuelle).