
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/07/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-225883)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les myopathies centronucléaires sont une classe de maladies génétiques qui détériorent la fonction des muscles squelettiques et handicapent fortement la qualité de vie des patients qui en sont atteints et aucune thérapie n’est à ce jour disponible. Le principal objectif de ce projet est de mettre au point un traitement curatif en apportant le gène manquant responsable de cette maladie à l’aide d’un vecteur viral. En parallèle nous souhaitons également étudier plus en détail les fonctions des différents domaines de la protéine manquante responsable de la maladie musculaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Dans l’hypothèse où notre stratégie thérapeutique s’avèrerait efficace sur le phénotype de notre animal modèle, cette étude serait une preuve de concept thérapeutique pour traiter les myopathies centronucléaires. Ce projet permettra également de faire avancer les connaissances scientifiques relatives aux fonctions des différentes régions de la protéine étudiée.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les 140 souris de la cohorte « Injection intraveineuse » seront soumises aux procédures suivantes : – Injections systémiques rétro-orbitales sous anesthésie générale, non-invasive, unique à 8 semaines d’âge, 5min par animal. -Mesure de la force musculaire sous anesthésie générale, non-invasive, hebdomadaire de 6 à 12 semaines d’âge, 10min par animal – Mesure de la force musculaire sous anesthésie générale, acte chirurgical, unique à 13 semaines d’âge
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux présentent une légère atrophie et faiblesse musculaire mais qui n’affecte pas leur qualité de vie de manière significative aux âges analysés. Les animaux interagissent, se déplacent et s’alimentent normalement. En revanche lors de la soumission à l’effort ou par stimulation électrique, le phénotype des souris devient observable et quantifiable le temps de l’analyse. A notre connaissance il n’y a pas de douleurs associées au phénotype myopathique. La pose sous-cutanée des électrodes et l’injection intra-musculaire peuvent causer une inflammation dans le muscle tibial antérieur.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont mis à mort sous anesthésie à la fin des deux procédures car notre projet nécessite la collection d’organes pour compléter l’analyse au niveau histologique et moléculaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ces analyses ne peuvent pas être effectuées sur des cellules en culture car celles-ci ne reproduisent pas la fonction d’un organe et encore moins d’un organisme entier. En effet seul le modèle animal permet d’étudier d’une part la maladie dans sa globalité et d’autre part l’évolution des symptômes, ce qui est essentiel dans le cadre d’une mise au point de thérapie.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été basé sur les résultats de précédentes études sur ces mêmes animaux. Il nous permet d’assurer la robustesse statistique des différences entre animaux sains et malades et ainsi d’évaluer correctement l’effet de notre traitement. Toutes les souris passeront des tests phénotypiques et leurs tissus seront collectés pour compléter l’analyse histologique et moléculaire, nous permettant ainsi de nous affranchir de la création d’une deuxième cohorte pour la collection de tissus, réduisant ainsi le nombre d’animaux nécessaire à la procédure expérimentale.
3. Raffinement
Si des difficultés de locomotion apparaissent lors de l’hébergement, de la nourriture en gel sera placée dans la cage afin de soulager l’animal dans ses déplacements. Les souris seront hébergées par groupe de 2 à 4 par cage et la qualité de l’air sera assurée par une ventilation. Des nids seront disposés dans chaque cage avec un accès illimité à la boisson et à la nourriture. Lors de l’injection par voie rétro-orbitale, du gel ophtalmique sera appliqué au niveau de l’œil de l’animal afin de s’affranchir de la sécheresse oculaire au réveil. Lors de la procédure de mesure de la force musculaire sous anesthésie générale, les souris seront anesthésiées afin d’immobiliser l’animal et de prémunir toute douleur lors de l’opération chirurgicale. Durant la procédure les souris seront placées sur une plaque chauffante pour maintenir leur homéostasie thermique et elles seront monitorées en permanence.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Pour tester l’éventuelle amélioration thérapeutique, nous avons besoin d’effectuer des expériences physiologiques in vivo sur modèle animal. Nous disposons déjà de plusieurs modèles murins de myopathies avec lesquelles nous avons publié plusieurs études sur les myopathies centronucléaires. Conserver la même espèce animale pour ce projet s’inscrit dans un effort de continuité et de reproductibilité de nos études. Nous prévoyons ainsi de réaliser cette étude sur des lignées de souris déjà disponibles dans nos laboratoires, ces modèles présentent des phénotypes comparables aux symptômes observés chez les patients humains. Enfin, le modèle murin présente l’unique avantage d’être génétiquement très proche de l’homme et facile d’élevage en raison de sa taille et de ses capacités de reproduction. L’effet du traitement avant l’apparition des symptômes a déjà prouvé son efficacité lors d’une étude précédente au laboratoire, nous traiterons donc ces animaux au stade adulte (8 semaines) pour étudier l’effet du traitement après l’apparition des symptômes.