
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-296676)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie d’Alzheimer MA est une maladie neurodégénérative, au cours de laquelle les cellules du cerveau dégénèrent. Elle affecte environ 1 million de personnes en France et il n’existe aucun traitement efficace à ce jour. Notre activité de recherche est dédiée à l’étude des mécanismes cellulaires impliqués dans la MA. L’objectif est de comprendre le fonctionnement de cette maladie, afin de trouver des moyens d’action dans le système nerveux qui permettront de ralentir le développement de la MA.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif final est d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes par la MA. Les bénéfices à plus court terme, concernent d’une part la compréhension des mécanismes de fonctionnement de la MA et d’autre part de trouver des moyens d’action sur le système pour réduire le développement et l’agressivité de la MA.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les jeunes adultes de 3 mois recevront une injection unique (durée une minute) sous anesthésie gazeuse, d’un virus qui a pour effet de retarder l’apparition des symptômes de la MA. A l’âge de 6,5 mois, les animaux subiront 4 tests comportementaux dont la durée varie entre 8 minutes et 70 minutes. La finalité de ces tests consiste à étudier l’activité d’exploration et la mémorisation. A la fin de la procédure, tous les animaux seront anesthésiés en vue d’un prélèvement sanguin et d’une perfusion.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection du virus est susceptible de provoquer un stress lié à la manipulation de l’animal, un saignement oculaire, une inflammation (oeil fermé, écoulement oculaire…). Les tests comportementaux peuvent être à l’origine de stress de courte durée qui s’atténuera avec la fréquence des séances d’habituation des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure, tous les animaux seront mis à mort sous anesthésie générale profonde pour réaliser des prélèvements de sang et de tissus cérébral à des fins d’histologie. Ceci permettra de comprendre les mécanismes impliqués dans la maladie d’Alzheimer.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien que des progrès considérables aient été faits dans la modélisation des pathologies à l’aide de systèmes cellulaires et moléculaires innovants, ces modèles ne fournissent que des informations très partielles. Il est encore à ce jour indispensable d’utiliser des animaux pour mieux appréhender la complexité des interactions cellulaires et moléculaires et développer de nouvelles thérapies adéquates pour traiter des maladies neurodégénératives comme la MA. En ce sens, nous développons aussi des approches expérimentales in vitro dont les résultats doivent dans tous les cas être confortés in vivo. L’efficacité de futurs traitements originaux doit se traduire par une amélioration biologique/histologique et comportementale dans des modèles murins, notamment le modèle souris de la MA. Ces souris représentent un modèle de choix pour l’étude de la maladie car elles développent rapidement une MA expérimentale (dès 2 mois), laquelle est similaire à celle observée chez l’homme.
2. Réduction
Le nombre de lots expérimentaux et d’animaux au total : souris Contrôles (mâles+ femelles) n= 7 groupes x32 souris = 224 – souris modèle Alzheimer (mâles+ femelles) n= 7 groupes x32 souris = 224 Soit 448 animaux. Ce nombre d’animaux a été réduit à son minimum pour pouvoir être validé d’un point de vue statistique notamment pour les études comportementales, d’autant que nous travaillons sur des souris issues de plusieurs reproductions.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées sous environnement contrôlé, dans des cages enrichies (dômes en papier, nids végétaux à base de fibres courtes de coton). Une observation quotidienne des animaux sera effectuée pour s’assurer de leur bien-être. Au cours de l’injection dans la région de l’oeil, chaque souris sera préalablement anesthésiée et recevra une goutte de collyre (anesthésie locale). Suite à l’injection, une attention particulière sera accordée aux yeux lors de l’observation quotidienne afin d’identifier de possibles effets indésirables (œil fermé, saignement, inflammation, écoulement oculaire…). Toutes les évaluations de l’état des animaux seront faites selon une grille d’évaluation adaptée. Préalablement aux tests comportementaux, les souris seront habituées à la préhension et à l’expérimentateur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris constituent des modèles de choix pour notre travail car elles sont couramment utilisées comme modèles de la MA, ainsi que comme modèle pré-clinique pour tester les effets in vivo de molécules thérapeutiques potentielles. Pour nos études, nous utiliserons des souris sauvages et des souris génétiquement modifiées modèle de la maladie d’Alzheimer. Les animaux seront utilisés à 4 stades : 1) Stade jeune adulte 3 mois, dans lequel une injection sera faite, permettant ainsi l’expression des variants de protéines d’intérêt dans les neurones. 2) Stade adulte 4 mois afin de tester des stades intermédiaires sans participer aux tests comportementaux. 3) Stade adulte à l’âge de 7 mois. Cet âge représente une phase de la maladie dans laquelle nous observons des marques évidentes de la pathologie, aussi bien au niveau comportemental que biochimique et histopathologique. Le comportement des animaux sera testé à partir de 6,5 mois, et ce pendant environ 15 jours. 4) Stade adulte à l’âge de 7 mois. A ce stade les animaux seront mis à mort.