
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-729267)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les dysferlinopathies sont un groupe de maladies musculaires rares et héréditaires caractérisées par des mutations dans un gène impliqué dans la réparation des fibres musculaires, ce qui entraîne une altération de cette fonction. Les atteintes cliniques dans les dysferlinopathies incluent généralement une faiblesse musculaire progressive qui affecte principalement les muscles des membres ; en particulier les épaules, les hanches et les cuisses. Les patients présentent aussi avec l’évolution de la maladie une perte de la force et de la fonction musculaire ce qui entraîne des difficultés à effectuer des activités quotidiennes telles que monter les escaliers, se lever d’une chaise, ou porter des objets lourds. Ces atteintes cliniques peuvent varier en gravité d’un individu à l’autre. Les souris ayant une mutation dans ce gène présentent une atteinte musculaire très progressive avec un impact clinique pour l’animal au-delà de 13 mois. Notre objectif est donc de délivrer le gène entier dans le muscle squelettique des souris. Ce gène étant trop grand pour passer les membranes, nous allons utiliser la technique de FUS (ultrasons focalisés) pour permettre à l’ADN de rentrer dans les cellules musculaires murines. En effet, des microbulles de gaz seront injectées dans la circulation sanguine et grâce aux ultrasons focalisés, ces microbulles vont s’agiter et provoquer un effet de cavitation qui va permettre l’ouverture des barrières biologiques. Au cours de tests préliminaires, nous avons démontré l’efficacité des ultrasons focalisés pour le passage de molécules à travers les membranes des fibres musculaires. Ce nouveau projet a pour objectif de tester l’efficacité de délivrance de notre gène à l’aide du FUS dans un modèle de souris déficient ; le but final étant de développer une thérapie génique efficace et sûre.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices de ce travail seront principalement pour les patients atteints de ce type de myopathie. En effet si notre hypothèse s’avère valide, la thérapie par remplacement de gène entier va pouvoir éviter la dégénérescence des fibres musculaires et réduire l’inflammation observée chez les patients ainsi que d’améliorer potentiellement d’autres phénotypes métaboliques sans utiliser de vecteur viral.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une anesthésie d’environ 10 minutes afin de procéder aux deux injections et à l’application des ultrasons focalisés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux utilisés au cours de ce projet vont développer une atteinte musculaire progressive ayant surtout un impact histologique puisqu’aucun animal ne sera gardé au-delà de l’âge auquel la myopathie clinique se déclare. Malgré l’anesthésie gazeuse, les souris pourraient ressentir des douleurs suite à la procédure comprenant deux injections.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue des procédures afin de récupérer les organes qui seront analysés d’un point de vue histologique et moléculaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les techniques in vitro ne peuvent être utilisées qu’afin de voir un effet à l’échelle cellulaire de l’administration de la dysferline entière. L’efficacité de transduction de la dysferline entière dans le muscle squelettique grâce à la technique des ultrasons focalisés ne peut être explorée que sur des modèles vivants. Les premières étapes de notre projet ont démontré que cette approche était fonctionnelle ; nous devons maintenant étendre cette étude à des injections dans le muscle. Malheureusement, l’approche envisagée ne peut éviter un essai sur un modèle in vivo.
2. Réduction
Afin de réduire au strict minimum le nombre d’animaux utilisés dans notre projet, nous utilisons une approche statistique qui nous permet de conclure qu’au moins 4 souris par groupe sont nécessaires. Afin de faire face à d’éventuelles pertes d’animaux ou incidents techniques, nous avons augmenté ce nombre de 15% ; nous arrivons donc à un total de 5 souris par groupe, soit au total 30 souris (15 pour la première phase et 15 pour la deuxième). En prenant en compte les souris pour l’élevage (procédure 1), ce nombre atteint 78 souris.
3. Raffinement
Dès la naissance des animaux dans notre établissement utilisateur, nous porterons une attention au bien-être animal. Les animaux seront hébergés par groupe de 3 à 5 avant d’entrer en procédure. L’environnement sera enrichi en fonction des préférences des animaux à l’aide de bandelettes de kraft, de dômes en carton et/ou de buchettes de bois. La manipulation des animaux sera faite par des personnes compétentes et sensibilisées à la contention low stress. Le modèle que nous allons utiliser a été caractérisé d’un point de vue phénotypique et connaissant l’âge d’apparition des signes de souffrance ou de détresse qui est très tardif, nous étudierons les animaux avant l’apparition des phénotypes dommageables. Pendant la procédure qui se fera sous anesthésie gazeuse, nous appliquerons un anesthésique local en collyre avant l’injection retro-orbitale. Les points limites nous permettront de limiter au strict minimum l’apparition de souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’anatomie et la fonction des muscles squelettiques sont proches des muscles humains. Les souris génétiquement modifiées sont de bons modèles d’étude des atteintes du système neuromusculaire, de leurs physiopathologies et de leurs causes génétiques. Afin d’étudier l’évolution naturelle de la pathologie, les animaux seront étudiés de l’âge de 1 mois jusqu’à l’âge de 4 mois (3 mois post-injections).