
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-789015)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les fibroses pulmonaires, et en particulier la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), sont des maladies chroniques graves, caractérisées par une altération progressive de la fonction respiratoire due à une accumulation excessive de matrice extracellulaire dans le tissu pulmonaire. Cette pathologie, touchant principalement les adultes de plus de 60 ans, a une incidence estimée de 3 à 9 cas pour 100 000 personnes par an en Europe. La FPI entraîne un remodelage irréversible du parenchyme pulmonaire, avec pour conséquence une perte d’élasticité, une altération des échanges gazeux, une dyspnée croissante et une réduction significative de la qualité de vie. Malgré l’existence de traitements anti-fibrotiques, ces derniers ne permettent que de ralentir la progression de la maladie sans la guérir. La fibrose pulmonaire est causée par des lésions répétées de l’épithélium alvéolaire, conduisant à une activation anormale des fibroblastes et des myofibroblastes, responsables du dépôt de collagène et de matrice extracellulaire. L’inflammation initiale joue un rôle clé dans l’initiation du processus fibrotique, bien que la fibrose puisse persister indépendamment de cette inflammation. Afin de mieux comprendre les mécanismes pathogéniques impliqués et d’évaluer de nouvelles approches thérapeutiques, des modèles animaux précliniques sont nécessaires. Le modèle murin de fibrose pulmonaire induite par la bléomycine est actuellement le plus couramment utilisé, car il reproduit plusieurs caractéristiques histopathologiques de la maladie humaine. Le projet vise à tester l’efficacité de nouveaux composés candidats médicaments dans ce modèle, en utilisant des molécules présentant de bonnes propriétés pharmacocinétiques et ayant démontré une activité in vitro sur des cibles impliquées dans la fibrogénèse pulmonaire. Les données obtenues permettront de valider ces approches pour un éventuel développement clinique ultérieur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice de ce projet sera de caractériser de nouvelles molécules permettant d’élargir l’offre thérapeutique pour les patients atteints de fibrose pulmonaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Une administration intranasale de bléomycine sera réalisée sous anesthésie gazeuse légère. – Les traitements seront administrés à des souris vigiles durant maximum 21 jours et seront de courte durée, n’excédant pas une minute par administration. – Un maximum de trois prélèvements sanguins sera effectué par animal sur l’ensemble de l’étude, avec un volume total ne dépassant pas 10 % du volume sanguin total estimé, conformément aux recommandations en vigueur. – Trois mesures de la pression partielle en oxygène pourront être réalisées sur animal vigile à l’aide de dispositifs non invasifs adaptés (5 min par animal). Enfin, un maximum de trois examens d’imagerie par rayons X sera réalisé sur chaque animal sous anesthésie par isoflurane (5min par animal), afin d’évaluer l’évolution de la fibrose pulmonaire de manière longitudinale tout en minimisant le stress et la douleur.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration de bléomycine induit une inflammation pulmonaire suivie d’une fibrose progressive, pouvant entraîner une perte de poids, une réduction de l’activité spontanée, une altération de la respiration (dyspnée légère à modérée) et un état général diminué dans les cas les plus avancés. Ces signes feront l’objet d’un suivi clinique rigoureux. Les interventions associées au protocole, telles que les injections courtes sur animal vigile, sont de courte durée (< 1 minute) et peuvent entraîner un stress transitoire. Les prélèvements sanguins sont limités en nombre et en volume. Les mesures de pression partielle sur animal vigile sont non invasives et bien tolérées. L’anesthésie par isoflurane utilisée pour les examens µCT est de courte durée et associée à une récupération rapide, mais peut induire un léger stress anesthésique transitoire. Aucun effet indésirable majeur ou durable n’est attendu en dehors de ceux liés au modèle pathologique lui-même, qui seront étroitement surveillés à l’aide de critères d’arrêt prédéfinis.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris seront mises à mort sous anesthésie profonde. Les tissus seront collectés pour l’analyse de la physiopathologie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
À ce jour, il n’existe pas de modèle in vitro ou in silico capable de reproduire de manière fidèle et intégrée l’ensemble des processus physiopathologiques impliqués dans le développement de la fibrose pulmonaire, notamment la phase inflammatoire initiale, la complexité des interactions cellulaires in vivo, le remodelage tissulaire et le dépôt de matrice extracellulaire. Malgré l’utilisation croissante de modèles cellulaires en culture 2D ou 3D (organoïdes, co-cultures), ceux-ci ne permettent pas de refléter la dynamique du microenvironnement pulmonaire ni d’évaluer la pharmacocinétique ou la toxicité systémique des traitements candidats. Le modèle murin induit par la bléomycine reste à ce jour la référence préclinique la plus pertinente pour étudier la fibrose pulmonaire de manière reproductible, tout en permettant une évaluation longitudinale de l’efficacité thérapeutique in vivo. Toutefois, l’utilisation de ce modèle est strictement justifiée par l’absence d’alternative valable pour répondre aux objectifs scientifiques de ce projet.
2. Réduction
Nous utiliserons un modèle bien établi dans la littérature afin de limiter la phase de mise au point et ainsi de réduire le nombre d’animaux. Le nombre d’animaux utilisés sera strictement limité au minimum nécessaire pour obtenir des résultats fiables et scientifiquement exploitables. Chaque animal sera suivi au fil du temps (approche longitudinale), ce qui permet de recueillir plusieurs données chez le même individu et donc de réduire le nombre total d’animaux. De plus, toutes les données collectées seront utilisées de manière optimale pour éviter les répétitions inutiles.
3. Raffinement
Tout sera mis en œuvre pour limiter la douleur, le stress et l’inconfort des animaux tout au long de l’étude. Les animaux seront surveillés régulièrement pour détecter rapidement tout signe de souffrance (perte de poids, respiration difficile, diminution de l’activité, etc.). Des critères d’arrêt clairs sont définis pour interrompre l’expérience si un animal présente des signes de souffrance trop importants. Les injections seront faites rapidement et par du personnel expérimenté pour réduire le stress. Les prélèvements sanguins seront limités en nombre et en volume. Les examens d’imagerie seront effectués sous anesthésie légère, avec une récupération rapide. Enfin, l’environnement des animaux (enrichissement, litière, nourriture, manipulation douce) sera adapté pour assurer leur bien-être tout au long de l’étude.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce choisie pour ce projet est la souris adulte. Cette espèce est largement utilisée en recherche biomédicale sur la fibrose pulmonaire. Le modèle est largement validé par la communauté scientifique et les mécanismes mis en jeu font l’objet de nombreuses publications. De plus, cette espèce développe une réponse immunitaire et présente une sensibilité à certains traitements comparables à ceux de l’Homme, ce qui en fait un modèle pertinent pour étudier des traitements contre la fibrose pulmonaire. Seules des souris adultes (âgées de 6 à 12 semaines) seront utilisées, car elles sont pleinement développées.