
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-053031)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le glioblastome est la tumeur du cerveau la plus agressive. Même avec les meilleurs traitements disponibles aujourd’hui, l’espérance de vie dépasse rarement 18 mois. L’une des raisons principales est que le cerveau est protégé par une sorte de « mur biologique », appelé barrière hémato-encéphalique. Cette barrière empêche la plupart des médicaments d’atteindre la tumeur. Le projet BARRAGE cherche à contourner cet obstacle. Il s’agit d’un programme de recherche innovant qui combine nouvelles technologies et modèles animaux pour trouver un moyen sûr d’ouvrir temporairement cette barrière et vérifier son ouverture grâce à des images réalisées directement chez l’animal. L’objectif principal est de montrer, pour la première fois en conditions réelles, qu’on peut ouvrir brièvement cette barrière en injectant un produit directement dans une artère menant au cerveau. Cette ouverture sera ensuite visualisée grâce à une technique d’imagerie médicale avancée. Si cette étape est validée, la méthode pourra servir à tester de nouveaux traitements contre le glioblastome, en leur permettant d’atteindre la tumeur plus efficacement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet comporte plusieurs bénéfices attendus: 1) Validation d’une technique de radiologie interventionnelle chez le petit animal se rapprochant des conditions humaines. 2) Démonstration de la possibilité de rompre temporairement la barrière hémato-encéphalique par injection d’un produit directement dans l’artère du cerveau. 3) Suivi de la rupture de la barrière par imagerie médicale. 4) Cette technique permettra aux traitements de mieux atteindre la tumeur et permettra une diminution des effets secondaires des traitements. 5) Cette technique permet une efficacité thérapeutique supérieure à ce qui est proposé aujourd’hui.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront : 1) une intervention chirurgicale pour réaliser la greffe tumorale (durée de 30 minutes max) ; 2) une procédure de radiologie interventionnelle (durée de 30 minutes max). 3) sessions d’imagerie. Les animaux auront au maximum 5 sessions d’imagerie sur 3 semaines (30min max). Les animaux de la procédure 3 destinée à la cinétique d’action du produit auront une acquisition d’imagerie d’1h. Certains animaux recevront également un traitement médicamenteux par voie orale ou en injection en fonction du traitement à tester.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances anticipées dans ce projet concernent la greffe, l’administration de traitements par gavage ou injection et la douleur liée aux actes chirurgicaux. La manipulation, contention des animaux, les injections répétées d’anesthésiques ou d’analgésiques sont générateurs de stress pour les animaux. La progression tumorale provoque a terme une perte d’appétit, donc une malnutrition et finalement une perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure expérimentale. Les analyses des cerveaux étant nécessaires pour confirmer l’effet du traitement sur les tumeurs (par imagerie IRM et histologiques).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est de vérifier l’efficacité anticancéreuse des traitements innovants véhiculant des médicaments pour le glioblastome. Les équipes impliquées dans le projet ont établi les différentes étapes expérimentales sur la base des résultats obtenus préalablement. L’étape de validation de l’efficacité du traitement in vivo est indispensable avant toute évaluation clinique chez le patient. Il n’existe à l’heure actuelle, aucune autre méthode qui pourrait se substituer à l’expérimentation animale dans ce domaine.
2. Réduction
Le nombre d’animaux prévu dans chaque groupe est basé sur un calcul d’effectif permettant de prédire que nous avons 80% de chance d’obtenir un résultat statistiquement significatif.
3. Raffinement
Les nuisances seront réduites au maximum grâce à l’utilisation de mesures de raffinement appropriées. Le bien-être des animaux est assuré par un enrichissement de leur environnement grâce à l’utilisation d’une litière à base de cellulose, de tunnels autoclavables et de morceaux de bois à ronger, dans toutes les cages. Pour assurer le bien-être des animaux pendant et après la chirurgie, tous les actes chirurgicaux seront réalisés sous anesthésie et s’accompagneront d’une prise en charge de la douleur, de plus de la nourriture humidifiée sera mise à disposition des animaux à volonté pour anticiper des difficultés de mobilité de l’animal. Le bien-être des animaux sera également assuré par une surveillance quotidienne, par du personnel qualifié et formé, de l’aspect et de la motricité ainsi que d’une pesée quotidienne pendant toute la durée du protocole. L’état des animaux fera l’objet d’une surveillance quotidienne par du personnel qualifié et formé, toute atteinte de points limites amènera à la mise en place d’actions adaptées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle rat (avec le modèle souris) représente le modèle le plus étudié dans le traitement des tumeurs cérébrales. Nous avons choisi un modèle de rat pour tester nos traitements locaux par rapport au modèle souris car il représente un modèle plus grand et qui permettra donc d’obtenir une meilleure localisation in vivo de la tumeur, de la distribution du traitement dans le parenchyme cérébral et d’administrer des volumes plus importants de traitement selon une procédure intra-artérielle, ce qui nous rapproche davantage de la clinique. Le type de tumeur étudié est un modèle bien connu et largement utilisé en recherche. Il a déjà permis de mieux comprendre comment les médicaments traversent la barrière hémato-encéphalique, une barrière naturelle qui protège le cerveau mais complique l’accès des traitements. Enfin, ce modèle permet d’analyser ce qui se passe après le traitement, notamment les modifications de la barrière protectrice du cerveau et l’efficacité des injections de médicaments directement dans la tumeur.