
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-866074)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous avons mis au point un modèle murin de neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie sur des souris. Nos résultats suggèrent que l’administration de molécules vasodilatatrices améliore les symptômes d’une neuropathie périphérique chimiquement induite. Afin d’évaluer cette piste thérapeutique, il est important de vérifier qu’elle n’interfère pas avec l’efficacité antitumorale de la chimiothérapie. Pour ce faire, nous souhaitons induire une neuropathie périphérique chez des souris présentant une tumeur abdominale provoquée par une injection de cellules cancéreuses du colon murin. Ce projet permettra donc de statuer sur l’utilisation de ces molécules vasodilatatrices dans le traitement des symptômes neuropathiques induits par la chimiothérapie aux stades aigus et chroniques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si nous prouvons dans ces expériences que l’administration conjointe d’une chimiothérapie et de molécules vasodilatatrices, seules ou en combinaison, n’interfère pas avec l’efficacité du traitement anti-cancéreux, alors l’utilisation de ces molécules vasodilatatrices dans le traitement des symptômes neuropathiques induits par une chimiothérapie aux stades aigus et chroniques pourra être envisagée. Cela permettra aux patients de mieux supporté les traitements anti cancéreux et pourra éventuellement, en évitant l’abandon des soins, augmenter le pronostic des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront une injection de cellules tumorales par 3 voies différentes. Pour deux d’entre elles, une seule injection rapide dans l’abdomen de l’animal sera suffisante. Pour la dernière, la procédure nécessitera l’endormissement de l’animal et une petite procédure chirurgicale d’environ 20 minutes. Ensuite, les animaux recevront différentes molécules d’intérêt dans le traitement des douleurs. Ces injections sont rapides, tous les jours ou tous les deux jours pendant 2 à 8 semaines. Enfin, l’administration de chimiothérapie sera effectuée une fois tous les deux jours pendant 2 semaines ou une fois par semaine pendant 8 semaines. Afin de suivre la progression tumorale, les animaux recevront entre 3 et 8 injections d’un produit permettant la visualisation de la tumeur. Les animaux seront soumis à une incision cutanée afin d’exposer le nerf sciatique 3 à 8 fois pendant une vingtaine de minutes. Enfin, les animaux seront soumis à différents tests comportementaux permettant d’évaluer leur douleur. Ces tests seront effectués en moyenne 3 fois par semaine pendant 2 à 8 semaines et auront une durée d’environ 15 minutes pour chaque animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris recevant une dose cumulée de chimiothérapie, nous pouvons nous attendre à une petite perte de poids de nos animaux. Les souris traitées à la chimiothérapie développeront une neuropathie périphérique avec des sensations d’inconfort au niveau des pattes notamment. Ces sensations douloureuses pourront être ressenties dès les premiers jours de la procédure et ne disparaitront pas. Une sensation d’inconfort pourra être ressentie après l’incision cutanée nécessaire à la réalisation du laser doppler. La manipulation des animaux lors des différentes administrations pourra engendrer un léger stress chez les animaux. Le développement des tumeurs pourra, en fonction du modèle, engendrer une gêne causée par la présence d’une masse tumorale au niveau de l’abdomen ou une gêne post-chirurgicale au niveau des sutures au niveau de l’abdomen. Les tests comportementaux utilisés pour évaluer la douleur pourront également engendrer du stress et de la gêne chez les animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à l’issue de chacune des procédures et nous prélèverons les organes (cerveaux, nerfs sciatiques, peaux de pattes, ganglions dorsaux, tumeur) afin de conduire des études post mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet modélise une pathologie humaine, la neuropathie périphérique chimiquement induite à un stade chronique et l’effet d’une potentielle solution thérapeutique. Ce projet nécessite la mesure de différents paramètres comportementaux et physiologiques ; il n’est pas possible de s’affranchir de l’expérimentation animale.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été dimensionné pour permettre l’obtention de résultats statistiquement valides en prenant en compte les différents risques inhérents aux types d’expériences réalisées.
3. Raffinement
Les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation d’une semaine ou plus. Les incisions nécessaires seront effectuées avec une analgésie et une anesthésie appropriées. Les animaux seront suivis grâce à une grille de score permettant la mise en place de points limites précoces permettant la prise en charge de toute douleur ou souffrance de façon rapide. Certaines expériences ont été raffinées grâce à un suivi par fluorescence non invasif.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons pour ces expériences des souris males immunocompétents, espèces largement utilisées dans la recherche en cancérologie pour sa capacité d’incrémenter l’incidence tumorale après injection des cellules cancéreuses. La neuropathie périphérique chimiquement induite est un effet secondaire de nombreux traitement anti-cancéreux. C’est donc une pathologie qui touche majoritairement les adultes. Nous travaillons alors chez la souris adulte, âgée entre de 3 et 6 mois.