Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet de recherche fondamentale vise à mieux comprendre les mécanismes de l’inflammation du système nerveux (neuroinflammation) et de la dégradation de la myéline (démyélinisation) dans le contexte du neurolupus, une forme neurologique du lupus. Le projet utilise la souris MRL/lpr, un modèle reconnu du lupus humain. Ces animaux développent spontanément des symptômes similaires à ceux observés chez les patients : atteintes rénales, production d’auto-anticorps, gonflement des ganglions lymphatiques, activation excessive du système immunitaire et troubles du comportement. Ces caractéristiques rendent ce modèle particulièrement adapté à l’étude des formes neurologiques du lupus. L’autorisation demandée concerne le maintien d’un élevage de souris MRL/lpr afin de disposer de tissus cérébraux pour la préparation de cultures cellulaires. Ces cultures permettront d’étudier, dans un environnement contrôlé, les mécanismes impliqués dans le neurolupus et d’autres maladies neuroinflammatoires. Ce travail contribuera à la réduction du recours à l’expérimentation animale in vivo, grâce à la création de cultures primaires et de banques de cellules réutilisables. Le projet respecte ainsi les principes des 3R (Remplacement, Réduction, Raffinement) et vise à limiter au maximum l’impact sur les animaux utilisés.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet présente des bénéfices scientifiques et médicaux. Il vise à identifier des marqueurs moléculaires et cellulaires spécifiques du neurolupus, afin d’améliorer le diagnostic précoce et de favoriser le développement de nouvelles approches thérapeutiques. Il permettra également de mieux comprendre les interactions entre cellules microgliales et oligodendrocytaires, deux types de cellules cérébrales impliquées dans la réponse immunitaire et la formation de la myéline. Ces connaissances pourraient contribuer à limiter la neuroinflammation et à favoriser la réparation des tissus nerveux. À plus long terme, ce travail pourrait conduire à la mise au point de traitements ciblés pour le neurolupus, une complication neurologique sévère du lupus érythémateux disséminé, et bénéficier également à la recherche sur d’autres maladies neuroinflammatoires comme la sclérose en plaques. Retombées potentielles pour la santé humaine ou animale : Les retombées concernent principalement la santé humaine. Les résultats pourraient améliorer la compréhension des atteintes neurologiques du lupus et d’autres maladies auto-immunes, et contribuer au développement de thérapies plus efficaces et mieux tolérées. De façon indirecte, ces avancées profiteront aussi à la santé animale en améliorant la connaissance des mécanismes inflammatoires communs à plusieurs espèces.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Aucun prélèvement ni procédure chirurgicale sur ces animaux n’est prévu.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

À partir de 10 à 11 semaines d’âge, les souris MRL/lpr développent spontanément un phénotype de type lupus reproduisant plusieurs caractéristiques du lupus érythémateux disséminé humain, avec notamment une réponse auto-immune entraînant une inflammation généralisée et à des lésions touchant divers organes,tels que les vaisseaux, la peau, les articulations et les reins. La sévérité de l’atteinte évolue avec l’âge : elle est modérée entre 10 et 14 semaines, puis s’aggrave à partir de 15 semaines, pour atteindre un pic à 17 semaines et le plein établissement du phénotype lupique. Les animaux sont identifiés précocement par tatouage, sans recours au génotypage, les croisements étant réalisées exclusivement entre individus de la même lignée (MRL/lpr × MRL/lpr). et suffisamment sévère, avec une inflammation systémique marquée et des atteintes d’organes bien développées, notamment rénale, cutanée et articulaire. Cela permet d’évaluer les mécanismes physiopathologiques et/ou l’efficacité des interventions dans un contexte de maladie avérée, plus proche des formes cliniquement significatives du lupus humain, tout en conservant une fenêtre d’intervention compatible avec le bien-être animal et les points-limites définis.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Mise à mort pour prélèvement

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour étudier le fonctionnement des cellules cérébrales, il est nécessaire de prélever du tissu cérébral chez la souris. Avant de choisir ce modèle, différentes alternatives ont été examinées. À ce jour, aucune méthode informatique (in silico), aucun organoïde cérébral ni aucune lignée cellulaire existante ne permet de reproduire fidèlement les interactions complexes entre les microglies et les oligodendrocytes dans le contexte d’une maladie auto-immune spontanée comme le lupus. L’utilisation de tissus provenant de souris MRL/lpr reste donc la méthode la plus adaptée pour atteindre les objectifs scientifiques de ce projet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés sera strictement limité aux besoins expérimentaux définis par le protocole. Les prélèvements de tissus seront mutualisés afin de réaliser plusieurs analyses à partir d’un même animal. Les protocoles d’isolement cellulaire seront optimisés pour maximiser la viabilité et le rendement des cellules, ce qui permettra de limiter les répétitions et d’exploiter pleinement chaque prélèvement. De plus, la mise en place d’une banque de cellules cryoconservées assurera la disponibilité d’un matériel biologique durable, permettant des analyses complémentaires sans recourir à de nouveaux animaux. Sur la base des besoins expérimentaux, il est estimé qu’un effectif de 12 animaux par mois sera suffisant pour couvrir l’ensemble des analyses, conformément au principe de Réduction des 3R.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les conditions d’hébergement des souris sont adaptées à leurs comportements naturels. Les animaux sont maintenus en groupes sociaux et les cages sont enrichies avec des matériaux favorisant le comportement naturel : éléments de nidification (ouate de cellulose, frisure de papier kraft), tunnels et bâtonnets à ronger. Ces enrichissements stimulent l’activité motrice, les interactions sociales et la thermorégulation grâce à la construction de nids. Les cages sont placées sur des portoirs ventilés et les animaux bénéficient d’une période d’acclimatation d’au moins 15 jours. Cette période permet de réduire le stress lié au transport, de favoriser l’adaptation au nouvel environnement et de détecter précocement toute anomalie comportementale ou posturale. Après acclimatation, les accouplements sont réalisés dans les conditions habituelles d’élevage. La durée totale des études ne dépasse pas 17 semaines.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris constitue un modèle de choix pour l’étude des pathologies neurologiques et immuno-inflammatoires en raison de la forte homologie génétique avec l’humain (≈ 99 %), d’une neuroanatomie bien caractérisée et d’une physiopathologie largement documentée. Elle offre une excellente reproductibilité expérimentale, une facilité de manipulation et permet d’obtenir des résultats transposables aux neuropathologies humaines dans des délais compatibles avec les contraintes expérimentales. Parmi les lignées disponibles, le modèle MRL/lpr est particulièrement reconnu et validé pour reproduire fidèlement les caractéristiques cliniques et immunologiques du lupus érythémateux disséminé, y compris ses formes neuropsychiatriques (neurolupus). Ce modèle présente une activation spontanée des réponses auto-immunes et une atteinte neurologique progressive, ce qui en fait un outil particulièrement pertinent pour l’étude des mécanismes de neuroinflammation et de démyélinisation dans un contexte auto-immun spontané. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte à 17 semaines, période correspondant au pic de développement de la pathologie lupique dans le modèle MRL/lpr. Cet âge a été déterminé sur la base de la littérature scientifique et correspond à la phase où les manifestations cliniques et immunologiques du lupus sont pleinement établies. Ce choix garantit la pertinence biologique du modèle et la reproductibilité des résultats expérimentaux.