
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-608599)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les cellules satellites du muscle squelettique sont essentielles pour la régénération, et peut-être la population cellulaire clé pour les thérapies géniques pour lutter contre des myopathies, comme la dystrophie de Duchenne (DMD). Les cellules satellites sont entourées par plusieurs types de cellules. Les thérapies pour certaines maladies musculaires pourraient être améliorées en ciblant ces cellules souches, et en évitant l’expression du transgène (gène thérapeutique qui remplace le gène défectueux causant la maladie) dans d’autres cellules, qui pourraient déclencher des réponses immunitaires. Aujourd’hui la thérapie génique repose fortement sur l’utilisation de virus adéno-associé (AAV). Les différents variants du virus ont des capacités différentes d’infecter des organes et populations cellulaires spécifiques. En modifiant les protéines de surface des virus, les capsides, des équipes autour du monde cherchent à trouver des variants d’AAV encore plus spécifiques que ceux trouvés dans la nature. Nous allons utiliser des AAV avec des capsides variées pour identifier les meilleurs variants qui peuvent cibler les cellules satellites du muscle squelettique. Des rats d’une souche type sauvage ou avec une dystrophie provoquée par mutation du gène Dmd recevront une injection du virus par traitement qui circule dans tout le corps. On vérifiera que les cellules satellites sont bien ciblées en les isolants du tissu, en les examinant individuellement et en analysant leur ADN et ARN. Quelques virus seront également testés pour leur capacité de guérir la dystrophie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à identifier des capsides qui permettent une expression de transgène spécifique pour les cellules souches du muscle squelettique. Une telle capside n’est pas connue à ce jour, donc l’identification sera une avancée importante pour la thérapie génique du muscle. Du point de vue clinique, ces capsides seraient essentielles pour des thérapies géniques ciblées pour les cellules souches, pour éviter des effets hors-cible et des réponses immunitaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une seule injection qui dure environ 30 minutes avec anesthésie. 48 animaux seront soumis à des tests de force, qui durent également environ 30 minutes. Cinq mesures successives seront effectuées, avec un temps de repos minimum de cinq minutes entre chaque essai.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nous attendons une douleur légère liée avec les injections systémiques et intramusculaires, qui ne nécessite pas de traitement analgésique. Les rats DMD ne présentent pas des effets délétères majeurs du phénotype avant l’âge de 10 mois, et dans ce projet, ils seront mis à mort entre 1 et 3 mois.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour récupérer les prélèvements nécessaires aux analyses histologiques et moléculaires.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les variants d’AAV ont déjà été testés dans d’autres modèles, dont la souris. Plusieurs expériences seront avec des bibliothèques de variants, ce qui permet de tester des millions de variants dans un seul animal. La complexité de la niche des cellules souches du muscle ne peut pas être reconstitué in vitro, et c’est donc essentiel que ces expériences soient faites dans des rats, pour examiner la spécificité des capsides.
2. Réduction
Le nombre d’animaux soumis aux expérimentations avec AAV est nécessaire pour la cytométrie en flux, l’extraction d’ADN, et les coupes histologiques. Nous avons optimisé la correction des données avant analyse statistique. Le calcul de puissance statistique nous recommande d’utiliser 8 rats par groupe. Ce nombre a été validé avec d’autres projets similaires terminés. Les données seront analysées avec des tests ANOVA.
3. Raffinement
Les animaux sont élevés en portoirs à cages ventilées, dans des pièces dont la température et l’hygrométrie sont contrôlées, monitorées et fidèles à la règlementation. Pour le bien-être des rats, nous avons fait le choix des plus grandes cages disponibles sur le marché, de sorte qu’ils peuvent marcher, courir et se dresser sur leurs pattes arrière. Cet exercice spontané quotidien est pleinement justifié pour des rats dont nous évaluons les capacités locomotrices. Les animaux ont un accès à volonté à la nourriture et à l’eau. Le cycle d’éclairage est de 12h par jour. Les animaux sont hébergés avec leurs congénères, avec un nombre par cages adapté à leur taille. L’isolement n’existe jamais et le milieu est enrichi avec des lanières de papier Kraft, des bâtons de bois à ronger, des balles rondes, des tunnels ou des carrés de coton compacté. Pour éviter une réponse de stress induite par les divers tests, les animaux seront habitués dès leur plus jeune âge à être manipulés régulièrement, le plus en douceur possible. Le suivi des animaux sera conduit par un personnel par ailleurs compétent pour reconnaître, quantifier, atténuer ou supprimer les signes de douleur ressentie chez les animaux. Une grille d’évaluation critériée de la douleur et des points limites pour cette lignée a été établie. Les rats seront constamment évalués en observant individuellement les animaux, week-ends et jours fériés inclus. Toute atteinte des points limites sera suivi d’une action correctrice précisée sur la grille. En cas d’absence de bénéfice (trouble irréversible), nous procéderons à la mise à mort compassionnelle de l’animal avant qu’il ne souffre.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi le rat pour des raisons multiples. Le rat est un mammifère et la conservation des fonctions et protéines entre mammifères suggère qu’un AAV qui peut infecter les cellules satellites du muscle de rat aura une capacité similaire d’infecter les cellules satellites du muscle humain. Les AAVs seront injectés à 4 semaines d’âge, quand le muscle se forme toujours, parce que les cellules satellites sont plus accessibles au virus à ce stade.