Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de ce projet est d’étudier de nouvelles approches thérapeutiques pour traiter certaines maladies qui provoquent des contractions musculaires anormales. Pour cela, nous testons chez la souris des molécules appelées ARNm, qui permettent aux cellules de produire temporairement des protéines capables de relâcher les muscles. Ces traitements sont conçus pour agir pendant une durée limitée, sans modifier le patrimoine génétique. Différentes formulations sont évaluées afin de contrôler la durée d’action du traitement, de courte à plus prolongée. L’étude vise à comparer leur efficacité, leur durée d’action et leur tolérance, afin d’identifier les solutions les plus prometteuses. Les résultats permettront de mieux comprendre comment adapter ces traitements et de guider le développement de futures thérapies pour les patients.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les troubles du mouvement, tels que la dystonie ou la spasticité, représentent un enjeu médical et sociétal important en raison de leur caractère chronique et invalidant. Les traitements actuels, bien qu’efficaces, présentent des limites en termes d’effets secondaires, de rapidité d’action et de durée d’efficacité. Le présent projet vise à développer une approche innovante reposant sur des ARNm codant des protéines myorelaxantes, administrés localement. Les bénéfices attendus sont les suivants : Amélioration de la rapidité d’action : obtention d’un effet myorelaxant plus précoce après administration, comparé aux approches actuelles ; Prolongation de la durée d’efficacité : maintien d’un effet thérapeutique sur une période plus longue, réduisant la fréquence des injections ; Réduction des effets secondaires systémiques : grâce à une administration localisée et une expression transitoire contrôlée ; Amélioration de la qualité de vie des patients : diminution des symptômes moteurs et meilleure prise en charge des pathologies chroniques ; Optimisation des stratégies thérapeutiques : identification de candidats offrant le meilleur compromis entre efficacité, tolérance et durée d’action. À plus long terme, ces travaux pourraient contribuer au développement de traitements plus ciblés, mieux tolérés et adaptés aux besoins des patients atteints de troubles de la contraction musculaire.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Mesure du DAS : Au minimum 18 fois (30 sec/animal) = 9 min /animal Injection / électroporation : une injection= 5 min / animal Pesée : 4 Pesées, 30 sec/ animal = 2 min /animal Imagerie BLI + Injection Luciférine : 7 mesures, 10 min maximum / animal = 70 min.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les procédures expérimentales peuvent entraîner des nuisances modérées liées à l’administration intramusculaire des composés et aux manipulations répétées. Les principaux effets indésirables attendus sont : Douleur ou inconfort local au site d’injection intramusculaire (muscle soléaire), pouvant être transitoire ; Stress lié aux manipulations répétées (contention, pesée, injections, imagerie) ; Effets liés à l’anesthésie utilisée pour les mesures de bioluminescence (BLI), incluant une récupération transitoire ; Altération transitoire de la locomotion due à l’effet myorelaxant recherché ; Risque de perte de poids ou de diminution de l’état général, surveillé tout au long de l’étude.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux des différentes procédures seront euthanasiés. En effet, il n’est malheureusement pas possible de les réutiliser dans une nouvelle série d’expériences. De plus, dans ce projet, les muscles injectés seront prélevés pour des analyses ultérieures.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le recours à l’animal est nécessaire pour évaluer l’efficacité et la tolérance des candidats ARNm dans un organisme entier. Les effets étudiés reposent sur des interactions complexes entre le système nerveux et le muscle, ainsi que sur la cinétique d’expression et la réponse fonctionnelle (DAS), qui ne peuvent pas être reproduites par des modèles in vitro ou ex vivo. Des études préalables in vitro ont permis de sélectionner les candidats les plus pertinents, limitant ainsi le recours à l’animal au strict nécessaire..

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux est limité au strict nécessaire pour atteindre les objectifs scientifiques du projet. La taille des groupes expérimentaux a été déterminée de manière à garantir des résultats robustes tout en évitant une utilisation excessive d’animaux. La stratégie expérimentale est organisée en étapes successives (tolérance, dose-réponse, sélection), permettant de réduire progressivement le nombre de candidats testés et d’éviter des expérimentations inutiles. Les données obtenues à chaque étape orientent la suite du projet et limitent le recours à des groupes supplémentaires. Enfin, le suivi longitudinal des mêmes animaux (mesures répétées de BLI et DAS) permet de maximiser les informations obtenues par individu, contribuant ainsi à la réduction du nombre total d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les conditions expérimentales sont optimisées afin de limiter la douleur, le stress et la détresse des animaux tout au long de l’étude. Les injections intramusculaires sont réalisées par du personnel formé, avec des volumes adaptés et dans des conditions d’asepsie strictes. Une anesthésie est utilisée pour l’injection et les mesures de bioluminescence, et les animaux sont surveillés jusqu’à récupération complète. L’électroporation, est réalisée selon des paramètres optimisés pour minimiser l’inconfort (analgésie pré/post et anesthésie) Les animaux bénéficient d’un suivi clinique régulier (état général, comportement, poids, score DAS), permettant une détection précoce de tout signe de souffrance. Des points limites prédéfinis sont appliqués afin d’intervenir rapidement (adaptation de la procédure ou mise à mort anticipée si nécessaire). Les conditions d’hébergement respectent les standards en vigueur (enrichissement du milieu, hébergement en groupe lorsque possible), contribuant au bien-être des animaux. Enfin, les procédures sont planifiées afin de réduire le nombre de manipulations et de regrouper les interventions, limitant ainsi le stress global. De plus, tout autre signe clinique observé, indépendamment des procédures (pendant la période d’acclimatation par exemple), fera l’objet de soins tels que définis en accord avec le vétérinaire suivant le tableau fourni en annexe.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle murin est particulièrement adapté à l’évaluation de candidats myorelaxants dans le cadre des maladies de la contraction musculaire. La souris présente une organisation neuromusculaire et des mécanismes de contraction comparables à ceux de l’Homme, permettant une évaluation pertinente de l’effet fonctionnel des traitements. Le test de Digit Abduction Score (DAS) est une méthode validée et largement décrite chez la souris pour mesurer l’activité myorelaxante, offrant un readout fonctionnel direct et reproductible. Par ailleurs, ce modèle est compatible avec le suivi de l’expression des ARNm par bioluminescence (BLI), permettant de corréler la cinétique d’expression avec l’effet pharmacologique. Enfin, la souris constitue un modèle de référence en préclinique pour l’étude des approches basées sur les acides nucléiques (ARNm), notamment en termes de tolérance, biodistribution et efficacité, ce qui en fait un système pertinent pour la sélection et l’optimisation des candidats avant un développement ultérieur. Les études seront réalisées chez des souris Swiss femelles âgées de 6 semaines en début d’expérimentation et âgées de 8 à 12 semaines maximum en fin d’expérimentation, correspondant à des animaux jeunes adultes. Ce choix est justifié par leur capacité optimale à exprimer un réflexe moteur reproductible lors du test de Digit Abduction Score (DAS). Les animaux plus jeunes présentent une réactivité neuromusculaire plus homogène et plus marquée, facilitant l’évaluation de l’effet myorelaxant. À l’inverse, les animaux plus âgés peuvent présenter une réponse moins spontanée et plus variable aux stimulations, rendant l’interprétation des résultats moins robuste. Par ailleurs, leur poids modéré permet une manipulation plus aisée et standardisée lors des tests fonctionnels, contribuant à la réduction de la variabilité expérimentale et du stress induit.