Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de ce projet est d’évaluer le potentiel thérapeutique de la modulation du métabolisme de certains acides aminés impliqués dans la production d’énergie, dans un modèle murin de cardiomyopathie dilatée (maladie du muscle cardiaque entraînant une dilatation du cœur et une diminution de sa capacité de contraction). Dans l’insuffisance cardiaque, des déséquilibres dans le métabolisme de ces acides aminés sont associés à un dysfonctionnement de la production d’énergie, à des altérations des mitochondries (structures responsables de la production d’énergie cellulaire) et à une baisse de la contractilité cardiaque. Nous testerons l’hypothèse selon laquelle la restauration de l’équilibre de ces voies métaboliques, par des approches nutritionnelles et/ou pharmacologiques, pourrait améliorer la fonction cardiaque et ralentir la progression de la maladie. Les effets seront évalués à l’aide de mesures de la fonction cardiaque, d’analyses métaboliques et d’études moléculaires, afin de déterminer si le ciblage de ces mécanismes constitue une stratégie thérapeutique pertinente dans la cardiomyopathie dilatée.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à mieux comprendre le rôle du métabolisme de certains acides aminés dans la physiopathologie de la cardiomyopathie dilatée et à évaluer son potentiel comme cible thérapeutique. Les bénéfices attendus sont à la fois scientifiques et médicaux. Sur le plan scientifique, l’étude permettra d’identifier les mécanismes par lesquels l’altération du métabolisme de certains acides aminés contribue au dysfonctionnement cardiaque, notamment en lien avec le métabolisme énergétique et la fonction mitochondriale. Ces résultats apporteront de nouvelles connaissances fondamentales sur les interactions entre métabolisme et fonction cardiaque dans les cardiomyopathies. Sur le plan médical, le projet pourrait démontrer qu’une modulation nutritionnelle ou pharmacologique du métabolisme de certains acides aminés améliore la fonction cardiaque et ralentit la progression de la maladie. À terme, ces travaux pourraient contribuer au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients atteints de cardiomyopathie dilatée genetique (prevalence de 40 pour 100 000), pathologie grave pour laquelle les options curatives restent limitées. Enfin, ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche translationnelle visant à transformer des découvertes fondamentales en applications thérapeutiques, tout en respectant les principes éthiques et réglementaires relatifs à l’expérimentation animale.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront observés et suivis régulièrement au cours de l’étude afin d’évaluer leur état de santé et le fonctionnement de leur cœur. Certains examens seront réalisés alors que les animaux sont éveillés, par exemple des observations générales, des mesures de poids ou des prélèvements sanguins (animaux vigiles, interventions rapides d’environ 5 secondes). D’autres examens nécessitant une immobilité complète seront réalisés sous anesthésie, afin d’éviter toute douleur ou stress. Les gestes réalisés comprennent principalement des examens d’imagerie du cœur et des mesures non invasives de la fonction cardiaque. Les procédures sont brèves (environ 5 miuutes) et répétées à intervalles définis (tous les mois de 1 mois jusqu’à 8 mois).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux peuvent présenter des effets indésirables transitoires liés aux procédures expérimentales. Les prélèvements sanguins peuvent entraîner une brève douleur locale, un stress lié à la contention et, plus rarement, un petit saignement ou une gêne temporaire au site de ponction. Les examens réalisés sous anesthésie peuvent provoquer des effets secondaires transitoires tels qu’une diminution de l’activité, une somnolence prolongée au réveil, une baisse temporaire de la température corporelle ou un ralentissement de la récupération. Les manipulations répétées et les examens peuvent également induire un stress modéré lié à la contention et à l’environnement expérimental. Enfin, les modifications du régime alimentaire ou de l’état de santé lié à la maladie étudiée peuvent entraîner une diminution de l’appétit, une perte de poids et une altération de l’état général.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les souris seront euthanasiées en fin de protocole par méthode réglementaire en vue des prélèvements tissulaires pour analyse.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation d’animaux est nécessaire car elle permet d’étudier le fonctionnement du cœur et du corps dans son ensemble. La maladie étudiée touche en effet non seulement le cœur, mais aussi la manière dont l’organisme produit et utilise l’énergie, ainsi que les échanges entre différents organes. Ces interactions complexes ne peuvent pas être reproduites entièrement en laboratoire avec des cellules seules. Certains aspects de la recherche sont cependant réalisés en amont sans animaux. Les premières étapes sont effectuées sur des cellules ou des tissus cultivés en laboratoire, ce qui permet de mieux comprendre les mécanismes de la maladie et de tester différentes conditions expérimentales avant de passer à l’étude chez l’animal. Toutefois, ces modèles ne reproduisent pas complètement le fonctionnement réel d’un organisme vivant, notamment en ce qui concerne le métabolisme et les interactions entre organes. C’est pourquoi les études chez l’animal restent nécessaires pour confirmer les résultats et observer les effets sur la fonction cardiaque dans un contexte global. L’utilisation d’animaux est ainsi limitée aux étapes indispensables, lorsque aucune autre méthode ne permet d’obtenir les informations nécessaires.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés (n de 60 au total) sera strictement limité au minimum nécessaire pour obtenir des résultats scientifiquement robustes et statistiquement exploitables. Le calcul des effectifs sera réalisé en amont à l’aide d’analyses de puissance statistique, en se basant sur nos données préliminaires et sur la variabilité attendue des paramètres fonctionnels et métaboliques. Cette approche garantit l’utilisation du plus faible nombre d’animaux compatible avec la validité scientifique de l’étude. Plusieurs stratégies seront mises en œuvre pour réduire le nombre d’animaux : Utilisation de mesures longitudinales non invasives (échocardiographie) permettant de suivre les mêmes animaux au cours du temps, limitant ainsi le besoin de cohortes supplémentaires. Mutualisation des animaux témoins entre différentes analyses lorsque cela est scientifiquement justifié. Collecte optimisée des tissus et échantillons biologiques afin de maximiser les données obtenues à partir de chaque animal (analyses métaboliques, moléculaires et histologiques). Standardisation rigoureuse des procédures expérimentales pour limiter la variabilité et éviter la répétition d’expériences. Ces mesures permettront de minimiser l’utilisation animale tout en garantissant la fiabilité et la reproductibilité des résultats, conformément au principe de Réduction.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris sont stabulées sur des portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et nourriture à volonté. Le cycle d’éclairage est de 12h par jour. Les zootechniciens assurent un contrôle quotidien des animaux afin de relever le moindre signe de souffrance, un changement régulier des cages, un nombre réduit d’animaux par cage (5 maximum hors cages d’accouplement) et pas d’animaux en hébergement individuel, sauf en cas de combats dans les cages. Dans ce cas uniquement, les animaux seront hébergés individuellement et les blessures eventuelles seront prises en charge par traitement local (anesthesiant/analgesique). Le changement des cages se fait sous hotte aspirante et les cages possèdent des filtres. L’enrichissement du milieu consiste en l’ajout de lanières de papier Kraft afin que les souris puissent faire un nid ainsi que des tunnels en carton. Enfin, si nécessaire, la nourriture pourra être mise à disposition sur le plancher de la cage et de la bouillie pourra être introduite dans les cages si nécessaire. Les animaux feront l’objet d’une surveillance quotidienne jusqu’à leur euthanasie. L’état de santé des animaux sera surveillé quotidiennement par du personnel compétent. Lorsque des procédures sont réalisées chez l’animal et peuvent entraîner une gêne, des mesures sont mises en place pour réduire l’inconfort. Les actes potentiellement douloureux, comme certains examens ou prélèvements, sont réalisés sous anesthésie ou avec des méthodes adaptées visant à limiter la douleur et le stress. Les animaux sont également surveillés pendant et après les procédures jusqu’à leur rétablissement complet.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle pertinent pour étudier le rôle du métabolisme de certains acides aminés dans la cardiomyopathie dilatée car les souris transgéniques reproduisent fidèlement les caractéristiques cardiaques et métaboliques observées chez l’homme. Leur métabolisme de certains acides aminésest comparable à celui des humains, et le suivi longitudinal non invasif permet d’évaluer précisément l’effet des interventions tout en réduisant le nombre d’animaux. Les animaux sont utilisés à l’âge adulte, stade auquel le cœur et les systèmes métaboliques sont pleinement développés. Ce choix est nécessaire pour étudier une maladie qui apparaît chez l’adulte et pour évaluer correctement les effets des traitements sur une physiologie mature. L’utilisation de stades précoces de développement (embryons ou très jeunes animaux) n’est pas retenue, car elle ne permettrait pas de reproduire la maladie dans sa forme complète ni d’évaluer les effets sur la fonction cardiaque adulte. Ainsi, le choix de l’espèce et du stade de développement est guidé par la nécessité d’obtenir des résultats pertinents tout en limitant le recours à l’expérimentation aux modèles les plus appropriés.