
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/02/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-182355)
250 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque souris reçoit quatre à sept injections d’un antigène et plusieurs prélèvements de sang, avant d’être tuée pour prélever sa rate et produire des anticorps servant à des kits de diagnostic. Le porteur indique que les injections peuvent provoquer une sensibilité locale, voire un affaiblissement et un mal-être selon l’antigène. Il précise que la production se fait ensuite in vitro, le recours à l’animal se limitant à l’immunisation, et signale des technologies alternatives « en cours d’étude » mais jugées encore insuffisantes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le diagnostic de plusieurs maladies graves chez l’homme ou animal comme les hépatites, des maladies tropicales nécessite l’utilisation de kits de diagnostic fabriqués avec des anticorps monoclonaux qui sont produits in vitro dans des bioréacteurs. Cependant, pour le démarrage de ces productions, une phase animale qui utilise très peu d’animaux permet d’initier le développement de ces anticorps monoclonaux. En effet, la première étape consiste à immuniser un petit nombre de souris avec la molécule d’intérêt (Antigène). La souris sera la seule espèce utilisée pour ce projet. Cette espèce reste l’un des modèles référence pour le développement d’anticorps monoclonaux dans les Immunoessais, il est très documenté. A l’issue de la procédure, les organes lymphoides (rate) sont prélevés. C’est la seule étape qui nécessite un recours à l’animal. Toutes les étapes ultérieures sont réalisées in vitro, tri des cellules spléniques, obtention des hybridomes, production des anticorps (bioréacteur).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’utilisation des anticorps monoclonaux dans des applications de diagnostic in vitro permet d’améliorer la prise en charge des patients dans différents domaines en santé humaine notamment dans les maladies infectieuses. La réponse des tests Immunoessais est rapide et va aider à l’orientation des choix de traitement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
La phase d’immunisation est réalisée par des injections répétées de l’antigène par différentes voies sur animaux vigiles. 4 à 7 injections peuvent être réalisées sur un animal dans une procédure selon une séquence bien définie. Chaque injection dure moins de 2 minutes. Des prélèvements sanguins sont également réalisés pour suivre la réponse immunitaire de l’animal. Un maximum de 3 à 4 prélèvements sanguins sont réalisés sur un animal dans une procédure, la durée est de 2 minutes environ.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les injections peuvent générer une sensibilité au point d’injection du fait de la piqure. L’injection par voie intraveineuse plus délicate peut selon l’antigène injecté générer des nuisances plus importantes comme un affaiblissement, un mal être général. Les prélèvements sanguins sont générateur de stress et de douleur au site de prélèvement. Ils sont réalisés sous anesthésie gazeuse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort à l’issue de chaque procédure. Dans un lot d’animaux, ceux qui ont développé une réponse satisfaisante sont mis à mort pour prélèvement des organes lymphoides (rate). Les autres animaux du lot s’il en reste sont également mis à mort sans prélèvement d’organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le recours à l’animal se limite exclusivement à la phase d’immunisation afin de pouvoir disposer des cellules spléniques qui sécrètent les anticorps d’intérêt. Depuis de nombreuses années, la production des anticorps se fait complètement in vitro à l’aide de bioréacteurs. Des technologies alternatives sont en cours d’étude et de développement dans l’objectif de s’affranchir de l’animal. Aujourd’hui, les premières tentatives ne permettent pas encore d’obtenir des anticorps avec totalement les performances attendues pour des applications de diagnostic in vitro.
2. Réduction
Depuis 10 ans, le nombre d’animaux utilisés pour cette phase d’immunisation a été diminuée de 70%. L’optimisation de nos procédures liée à l’expérience du laboratoire a permis la réduction du nombre de lots d’animaux utilisés. A ce jour, seulement un lot de 3 à 5 animaux est utilisé dans une procédure afin de limiter le nombre d’animaux tout en s’affranchissant de la variabilité biologique individuelle. Un lot d’animaux va permettre d’obtenir environ 20 à 50 anticorps qui seront ensuite sélectionnés en fonction de leurs performances. La demande pour ce projet est de 250 souris. Ce nombre permet d’envisager le développement de plusieurs centaines d’anticorps monoclonaux différents.
3. Raffinement
A leur arrivée à l’animalerie, les souris s’acclimatent pendant une durée minimale de 7 jours avant tout geste technique. Les animaux sont hébergés en nombre (3 à 5 souris) dans des cages conformes aux recommandations de la directive en vigueur et placées dans des enceintes ventilées. Les cages sont agrémentées de divers enrichissements tels que tunnel pour se cacher, buchettes à ronger, coton pour la nidification. Les animaux sont visités quotidiennement et examinés chaque semaine lors du changement de la litière. Les gestes techniques (injections et prélèvements) sont réalisés par le personnel formé. Les volumes des injections respectent les recommandations faites pour l’espèce selon les voies utilisées, il en est de même pour les prélèvements sanguins qui sont réalisés sous anesthésie gazeuse pour limiter la nuisance du geste. Des délais sont systématiquement respectés entre 2 injections et entre chaque prélèvement sanguin. Des points limites adaptés à l’espèce ont également été établis selon des critères de comportement, d’aspect physique et physiologique. Pour chaque critère, plusieurs niveaux et un point limite sont définis. Si nous observons un affaiblissement, un mal être de l’animal, la surveillance est augmentée durant 24 heures à intervalle régulier de 4 heures dans la journée, l’animal est hydraté et de la nourriture est placée à proximité. Si l’état de l’animal continue à se dégrader et qu’un point limite est atteint, l’animal est euthanasié.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris reste l’un des modèles référence pour le développement d’anticorps monoclonaux, il est très documenté notamment pour la mise en oeuvre de la technologie de développement d’un hybridome qui permet d’obtenir une lignée cellulaire stable produisant un anticorps unique spécifique d’une molécule donnée. De jeunes adultes entre 4 et 6 semaines permettent d’obtenir une meilleure réponse immunitaire, ce qui limite le nombre de rappels et donc d’interventions sur l’animal.