
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/12/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-294654)
Rendus transitoirement incapables de se défendre par une injection d’anticorps, puis inoculés avec des arbovirus, 1 080 souris et 648 hamsters dorés vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal subit trois à neuf anesthésies gazeuses et des prélèvements de sang répétés tous les deux à sept jours, l’infection pouvant provoquer une maladie virale aiguë avec atteintes neurologiques. Le projet cherche à savoir si ces virus se répliquent dans les testicules et peuvent se transmettre sexuellement, une question que le porteur juge très peu étudiée hors du virus Zika. Le travail se déroule en confinement de niveau 3, ce qui exclut par avance toute réutilisation comme toute adoption, et tous les animaux sont tués.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’émergence de nouvelles pathologies virales et la réémergence de pathologies déjà connues est un enjeu majeur de santé publique du fait de leur récurrence depuis ces dernières décennies. Les arbovirus sont des agents pathogènes principalement transmis par piqure d’arthropodes hématophages. L’évolution de la répartition géopraphique de leurs vecteurs, conséquence du changement climatique, fait des arbovirus un danger menacant une proportion croissante de la population humaine. Chez l’Homme et l’animal, ces virus sont capable d’infecter une multitude de tissus (hépatique, reinal, cardiaque, cérébral, …). Pour certains de ces agents pathogènes, il a également été rapporté un tropisme pour les organes de l’appareil reproducteur (dont le testicule), avec pour principal exemple le virus Zika. Excepté ce virus, la possibilité d’un transmission sexuelle ou materno-fœtale des arbovirus n’est que très peu étudié. Sur cette thématique, ce projet propose d’étudier l’infection des organes reproducteurs mâles par des arbovirus présentant un intérêt majeur en santé humaine car à l’origine d’une morbi-mortalité importante chaque année. Ce projet permettrait d’attirer l’attention sur les risques de transmission sexuelle et de pathologie urogénitale des arboviroses.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
En s’appuyant sur les précédents travaux du laboratoire et les études publiées par la communauté scientifique sur les modèles animaux et ex vivo d’infection du tractus génital, ce projet permet d’identifier les arbovirus à risque de transmission sexuelle et/ou d’induire une pathologie urogénitale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux sont soumis à l’injection d’anticorps (1 à 2 injections, durée : 5min), injection de virus selon différentes voies d’injection (une injection unique, durée : 7min), et à des prélèvements sanguins étalés dans le temps (prélèvement unique ou tous les 2-7jours en fonction des procédures, durée : 7min). Toutes ces interventions sont réalisées sous anesthésie gazeuse (3-9 anesthésies selon les procédures, durée : 7min)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La piqure d’aiguille nécessaire pour l’injection des anticorps, des virus d’études et des prélèvements sanguins entraine une douleur légère et de courte durée chez les animaux. L’immunodépression transitoire (suppression transitoire de l’immunité innée) accroit la sensibilité des animaux aux infections virales. L’infection par les virus d’étude est susceptible d’induire une maladie virale aigue, caractérisée par des atteintes neurologiques et/ ou systémiques de type modérées à sévères.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les expérimentations sont réalisées au sein d’un laboratoire de confinement de niveau 3 avec des virus à haut potentiel infectieux. Les animaux ne peuvent donc pas être réutilisés, replacés ou adoptés en raison du risque biologique.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre projet a pour but d’étudier la réplication des arbovirus dans les organes reproducteurs mâles, plus spécifiquement le testicule, et ainsi évalué la transmissibilité sexuelle des arboviroses qu’ils induisent. L’utilisation d’animaux est indispensable car elle permet d’évaluer ce paramètre en condition réelle, physiologique, en mettant en jeu la complexité biologique d’un être vivant. En collaboration avec un laboratoire spécialisé en atteintes urogénitales virales, nous sélectionnons les candidats d’intérêt pour une étude chez l’animal.
2. Réduction
Afin de réduire la quantité d’animaux sans compromettre les résultats de l’expérimentation, nous avons déterminé les effectifs minimums nécessaires à notre travail. Malgré le recours à l’animal indispensable pour ce type de projet, une étude poussée des virus avant leur utilisation chez l’animal permet de réduire au maximum le nombre de virus à étudier, et ainsi le nombre d’animaux utilisées. Certains paramètres font l’objet d’un monitoring chez un même animal afin de réduire d’avantage les effectifs nécessaires.
3. Raffinement
Un temps d’acclimatation est respecté entre la réception des animaux et le début des procédures. Les animaux sont hébergés dans des espaces adéquats, enrichis et sans privation d’eau et de nourriture. Les animaux sont surveillés quotidiennement et une grille d’évaluation permet un suivi du bien-être animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles souris et hamsters sont des modèles de référence pour étudier les arbovirus. Les animaux utilisés devront être fertiles. Les souris et hamsters seront donc agés d’au moins 6 et 8 semaines, respectivement.