Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Une fausse route pendant le gavage entraîne la mise à mort immédiate de l’animal, et une perte de 20 % du poids déclenche la même issue. 450 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour prélever leur sang et leurs organes. Elles sont gavées une fois par jour pendant trois mois au maximum, subissent des prélèvements de sang derrière l’œil, des courses sur tapis roulant, un maintien en équilibre sur une roue en rotation, une heure trente d’IRM et vingt minutes d’échocardiographie. Le porteur affirme que le test chez la souris est un « requis obligatoire » avant le passage à l’homme, pour cinq composés déjà commercialisés dans d’autres indications.

NTS-FR-473234v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles cardiaques · Troubles endocriniens · Troubles musculosquelettiques ·
Mots-clés
Syndrome de Barth, Cardiomyopathie, Repositionnement thérapeutique, Traitement pharmacologique
Souris : 450

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le syndrome de Barth est une maladie liée à des déficiences mitochondriales et pricipalement caractérisée par une cardiomyopathie. Il existe pour l’heure aucun traitement curatif. Différents criblages sur des modèles cellulaires levure et humain du syndrome de Barth ont permis l’identification de composés actifs. Les composés testés sont déjà utilisés sur le marché pour le traitement d’autres maladies. Notre objectif principal pour ce projet est de valider chez le modèle murin l’efficacité des composés identifiés comme actifs dans des modèles cellulaires du syndrome de Barth. Notre approche est donc celle d’un reposotionnement thérapeutique. Le test chez la souris est un requis obligatoire avant le passage à l’homme. Si l’objectif est atteint, des tests cliniques chez l’homme pourront rapidement être mis en place et à plus long terme des traitements curatifs pour les patients pourront voir le jour. Le projet se déroule dans 3 Etablissements Utilisateur: EU 1/3, EU 2/3, et EU 3/3.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus sont l’identification de candidats médicaments efficaces pour le traitement du syndrome de Barth pour lequel il n’existe toujours pas de traitement à l’heure actuelle.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les seuls gestes invasifs qui se feront sur animaux vigiles sont le gavage (1 fois par jour pendant 3 mois maximum; quelques secondes pour chaque geste, et uniquement si le traitement en eau de boisson n’a pas d’effet bénéfique) et les prélèvements de sang rétro-orbitaux (5 minutes maximum pour chaque geste). Sur un même animal seront effectuées plusieurs gestes afin de tester la capacité des médicaments à supprimer des déficits: 1- suivi de poids à l’EU 1/3 (20 secondes par animal) 2- Course sur un tapis roulant et équilibre sur une roue en rotation, dans le but d’évaluer les fonctions musculaires (endurance, motricité et équilibre) à l’EU 1/3 (15 minutes maximum par animal) 3- Prélèvements sanguins dans le but d’effectuer des dosages à l’EU 1/3 (30 secondes par animal) 5- IRM dans le but de tester les fonctions cardiaques à l’EU 3/3 (1H30 par animal) 6- Echocardiographie dans le but de tester les fonctions cardiaques à l’EU 2/3 (20 minutes par animal).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les projets précédents nous ont permis de décrire de façon détaillée les caractéristiques du phénotype dommageable du modèle souris du syndrome de Barth : A l’echelle de l’animal entier un déficit de poids d’environ 20 pourcents est observé dès la naissance et un défaut cardiaque (echocardiographie) et musculaire (course sur tapis (treadmill)) est observé à partir de l’âge de 4 et 3 mois respectivement. Par ailleurs, il est à noter que les souris mâles modèles du syndrome de Barth sont stériles, qu’elles naissent avec un ratio non mendélien (10 pourcents au lieu des 25 pourcents attendus) mais qu’elles vivent comme les souris contrôles jusqu’à 8 mois (pas testé plus longtemps). Les nuisances/effets indésirables causés par les expérimentations (manipulations/gestes expérimentaux sur l’animal) sont classées de sévérité modéré. Les prélèvements sanguins sur souris vivantes nécessitent une anesthésie mais n’induisent pas de conséquence sur le bien être de l’animal. L’éventuel gavage (uniquement si le traitement dans l’eau de boisson n’est pas bénéfique) pourrait à terme induire des irritations au niveau de l’oesophage mais afin de les réduire au maximum, le geste sera effectué par des personnes très expérimentées et les sondes de gavage utilisées seront adaptées à l’âge et au poids de l’animal. Les mises au points de gavage 1 fois par jour durant 3 mois lors d’un précédent projet n’ont pas révélé de nuisances particulières. Néanmoins, lors des gavages des phénomènes de « fausse route » peuvent survenir. Dans ce cas, l’animal sera mis à mort.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Euthanasie pour prélèvements de sang et organes. Ces prélèvements permettront de faire différentes analyses afin de déterminer l’efficacité du médicament à supprimer certains déficits mis en évidences dans les demandes d’autorisation de projet précédentes.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous utilisons des modèles cellulaires pour répondre à certaines questions, cependant, ces méthodes alternatives restent incomplètes pour l’étude de phénomènes physiologiques aussi complexes que les mécanismes impliqués dans le syndrome de Barth, puisqu’elles ne tiennent pas compte de l’ensemble des interactions existantes au sein d’un organisme tout entier. L’utilisation du modèle animal est donc une nécessité pour compléter nos résultats in vitro mais également pour procéder aux essais cliniques chez l’homme.

2. Réduction

3R / Réduction :

Seules les expériences indispensables seront réalisées. Il n’y aura pas de répétition inutile d’expérience. Le nombre d’animaux nécessaire a été réduit au minimum, tout en permettant de garantir l’analyse statistique des résultats. Les mêmes animaux seront utilisés pour tous les gestes. Des travaux antérieurs ont montré des écarts types importants pour les différents paramètres analysés (analyse cardiaque, analyses biochimiques mitochondriales, expression des gènes). Cette variabilité impose de travailler avec des effectifs minimum de 8-10 animaux par groupe. Une analyse statistique adaptée des résultats sera réalisée.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés dans des cages aux normes (au minimum par 2 et au maximum par 5) suivant l’âge et le poids des animaux. Les animaux sont surveillés quotidiennement. Le poids sera suivi 3 fois par semaine. Si l’animal perd entre 5 et 10% par rapport à son poids le plus haut, on rajoutera du gel alimentaire et on augmentera la fréquence de surveillance, et en cas de perte de 20% l’animal sera euthanasié. Si un animal montre un problème de comportement, de locomotion ou autre, des mesures conservatoires seront prises: nourriture mouillée dans la cage, biberon à longue tétine. Si au bout de 48 heures aucune amélioration n’est constatée alors l’animal sera mis à mort. Points limites attendus: – poids des souris mâles modèles du syndrome de Barth inférieur de 20 à 30 pourcents dès la naissance – points limites spécifiques à chaque geste développé dans chaque procédure. Le gavage 1 fois par jour pourra à terme induire des irritations au niveau de l’oesophage mais afin de les réduire au maximum, le geste sera effectué par des personnes très expérimentées et les sondes de gavage utilisées seront adaptées à l’âge et au poids de l’animal. Lors des gavages des phénomènes de « fausse route » peuvent survenir. Dans ce cas, l’animal sera immédiatement euthanasié. La surveillance de la profondeur de l’anesthésie se fera tout au long de la procédure par sensibilité au stimulus douloureux (pincement des pattes ou de la queue), réflexe oculaire, hyperventilation. Les animaux seront placés sur un tapis chauffant lors de la procédure afin d’éviter toute hypothermie. Pour les animaux mâles modèles du syndrome de Barth, plus petits, de la nourriture sera posée au sol et les souris contrôle seront séparés des souris mâles modèles du syndrome de Barth dans les cages. Néanmoins les souris mâles modèles du syndrome de Barth n’ont pas montré de difficultés à se nourrir et à boire. Les animaux seront transférés par nos soins en voiture, en prenant toutes les précautions nécessaires (température adéquat et stress diminué au mieux en adaptant une conduite souple et non rapide). Le transfert entre établissements utilisateurs ne durera pas plus de 30 minutes. Les animaux seront dans des caisses agréées contenant copeaux, cotons, nourritures et litière propre sous condition d’autorisation pour le statut sanitaire; Puis période d’acclimatation de 3-4 jours sur le site d’accueil.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous avons choisi la souris comme modèle pour plusieurs raisons : – animal de petite taille, facile à héberger et à contentionner – modèle idéal pour la création de lignée : temps de gestation court (19 à 21 jours), – 6 à 15 souriceaux par portée – modèle très utilisé pour mimer les maladies humaines de par les 99% d’homologies entre son génome et le génome humain – modèle très bien maitrisé en terme de manipulation génétique. – le modèle souris du syndrome de Barth récapitule parfaitement les défauts observés chez les patients atteints de la maladie Les animaux seront utilisés dès le sevrage. jusqu’à l’âge d’environ 6-8 mois. Le déficit de poids se voit dès la naissance, il est donc intéréssant de pouvoir commencer le gavage des candidats médicaments au plus tôt. Notre demande d’autorisation de projet précédente a montré qu’on pouvait gaver au plus tôt sans problème dès le sevrage. Par ailleurs, les femelles allaitantes auront le traitement dans l’eau de boisson afin que les petits en bénéficie dès la naissance via le lait jusqu’au sevrage.