
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-273780)
Irradiées puis soumises à une lymphodéplétion chimique pour accepter la greffe, les souris de ce projet portent un lymphome B implanté. Elles sont 1 152, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune reçoit une injection de cellules tumorales, une irradiation, une injection de cellules CAR-T, des injections d’inducteur et d’anticorps, puis une prise de sang. Le porteur indique que les souris traitées contrôlent d’abord la tumeur avant de rechuter, ce qu’il présente comme une bonne reproduction de l’échec observé chez la moitié des patients, et conclut à la mise à mort de tous les animaux pour analyser leurs tumeurs.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les lymphomes B représentent le 6ème cancer le plus fréquent dans le monde occidental et le 9ème cancer le plus mortel. Il touche environ 15 000 personnes par an en France. Malgré les progrès des traitements conventionnels (chimiothérapie, immunothérapie), une part significative des patients ne répond pas aux traitements ou rechute quelques mois après. La première ligne de traitement repose sur de la chimiothérapie. En cas de non-réponse à ce traitement, la deuxième ligne de traitement repose sur une immunothérapie dite de thérapie cellulaire génique : les cellules CAR-T : des lymphocytes T du patient reprogrammés au laboratoire puis réinjectés. Ce protocole a pour but d’aider le système immunitaire du patient à reconnaître et tuer les cellules tumorales . Ce traitement à été révolutionnaire, mais encore 50% de ces patients ne répondent pas ou rechutent rapidement. Il a été démontré un épuisement rapide de ces cellules CAR-T après l’injection chez le patient, qui peut être expliqué par un microenvironnement tumorale très immunosuppressif notamment causée par un certain compartiment du système immunitaire, les cellules myloides. L’objectif de ce projet est donc d’optimiser l’efficacité des cellules CAR-T afin d’augmenter le taux de succès qui est actuellement de 50%.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Modification : Pour le lymphome (1) , nous avons réalisé différents protocoles incluant différentes concentrations de CAR-T cells. Nous avons démontré que 6×10^5 CAR-T était la concentration la plus adéquate afin d’avoir un contrôle tumoral maximal. Cependant, certaines souris répondent de manière partielle avec une rechute systématique de la tumeur. Ainsi notre modèle murin actuel reproduit bien ce qui se passe chez l’homme, le traitement par cellules CAR-T est efficace initialement, mais les souris vont présenter une rechute. Pour le lymphome (2) la quantité de CAR-T cells injectée se base la littérature. Ces modèles permettent donc d’évaluer des stratégies thérapeutiques afin d’améliorer la réponse au traitement des Lymphome Diffus à Grandes Cellules B indépendemment de leur origine génétique. L’idée d’une partie de ce projet est ainsi de modifier ces CAR-T et d’étudier cette nouvelle dynamique de contrôle tumorale. Le bénéfice sera de trouver la nouvelle version du CAR-T permettant un contrôle tumoral maximal et ainsi obtenir une meilleure survie chez l’animal, sans rechute. Fin de modification
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les interventions réalisées sur les animaux incluront : Injection unique de cellules tumorales (durée : 1 minute, anesthésie locale). Irradiation (durée : 5 minutes, vigile sans anesthésie car non douloureuse). Injection de cellules CAR-T (durée : 2 minutes).sous anesthésie générale . Injection de l’inducteur (Durée 1 min sous anesthésie anesthésie locale). Injection des Anticorps ( Durée 1 min, anesthésie locale). Prise de sang unique (durée : 2 minutes, sous anesthésie générale).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Modification Les animaux auront un type de cancer appelé lymphome, ce qui peut entraîner fatigue, perte de poids modérées. L’irradiation à faible dose et la lymphodépletion avec injection de cyclophosphamide sont bien tolérée et ne provoque pas d’augmentation des infections. Le syndrome de libération de cytokines a été jugé modéré dans les études précédentes et sera surveillé attentivement. Fin de modification
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés en raison de la présence de tumeurs et afin de réaliser des analyses post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux vivants est indispensable pour : •Étudier l’interaction entre la totalité du microenvironnement tumoral et les cellules CAR T. •Il est également intéressant d’étudier les différentes populations immunitaires (notamment compartiment myéloide) dans la moelle osseuse et leur dynamisme après l’injection des CAR-T •Observer l’impact de la modulation du compartiment myéloïde sur la réponse tumorale. Ces différentes études cruciales ne peuvent pas être réalisées par des modèles in vitro ou ex vivo. Il faut pour cela un organisme entier. A ce jour, il n’existe pas de modèle in vitro ou d’organoïdes associant cellules tumorales, cellules myéloïdes et cellules CAR-T. L’ensemble des publications dans ce domaine repose sur de l’expérimentation animale. Des modèles organoïdes sont effectivement importants à développer, mais ne sont actuellement pas du tout disponibles.
2. Réduction
Le nombre de souris est limité au minimum possible. Un calcul de puissance a permis de déterminer ce nombre. L’utilisation de logiciels d’aide à la conception et de statistiques nous ont permis d’optimiser ces données. Des méthodes statistiques seront également utilisées pour exploiter les résultats.
3. Raffinement
Toutes les interventions (greffes) des procédures expérimentales sont réalisées sous anesthésie générale pour limiter la douleur et le stress des animaux. Les injections simples seront réalisées après anesthésie locale. Les animaux seront hébergés en groupe dès leur réveil et recevront nourriture et boisson ad libitum. Des points limites stricts ont été définis et seront appliqués. La surveillance des animaux en procédure sera faite par un examen clinique quotidien.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
– Génétique proche de celle de l’Homme. – Les modèles de tumeur existants sont issus de lignées cellulaires murines et leur implantation dans la souris est indispensable pour étudier l’immunité, l’effet des traitements sur la réponse anti-tumorale dans leur globalité. Animaux à maturité sexuelle, entre 7 et 12 semaines.