Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Trente minutes de nourrissage de moustiques sur leur corps anesthésié : 630 souris sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l’issue. Chaque animal est infecté par un parasite du paludisme du rongeur, subit un prélèvement sanguin, puis les moustiques se nourrissent de son sang quatre jours après l’infection. L’étude porte sur les gènes qui rendent le moustique résistant au parasite, dans une visée de lutte contre le paludisme humain. Le porteur explique tuer les souris parce que le nourrissage exige un niveau de parasites et un âge précis, ce qui écarte toute réutilisation.

NTS-FR-420689v1
Types de recherche
· Autre recherche fondamentale · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Contrôle de vecteurs, Biologie des moustiques, Immunité des moustiques, Paludisme, Génétique et épigénétique
Souris : 630

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Des études antérieures ont permis d’identifier un gène associé à une résistance vis-à-vis du parasite Plasmodium responsable du paludisme. Des résultats préliminaires montrent que dans certains cas, le moustique utilise différentes formes de ce gène pour se protéger contre le parasite humain et contre le parasite de rongeur. Nous nous intéressons aux mécanismes sous-jacents à cette spécificité de la réponse immunitaire vis-à-vis d’un pathogène avec lequel le moustique a partagé une histoire évolutive ou avec un nouveau pathogène (qu’il n’aurait jamais rencontré) tels que les parasites de rongeurs. L’objectif de ce projet est d’identifier les gènes candidats et régulateurs potentiels présents de ce gène chez ce moustique qui concourent à ce statut réfractaire vis-à-vis de différents parasites. Plus précisément, 10 gènes candidats et 10 candidats « ARN non-codants » régulateurs seront testés. De plus, les moustiques sauvages devenant de plus en plus résistants aux insecticides, nous avons également généré une lignée de moustique résistante à la deltaméthrine (un insecticide très utilisé sur le terrain). Nous aborderons dans ce projet le rôle des 20 candidats dans un fond génétique de moustiques résistants à la deltaméthrine. Enfin, la flore bactérienne des moustiques jouant un rôle sur leur capacité à transmettre le parasite Plasmodium, nous évaluerons si les gènes protecteurs interagissent avec le microbiote bactérien. En effet en piquant un hôte mammifère traité aux antibiotiques, les moustiques seront à leur tour soumis à cet antibiotique susceptible de modifier l’ensemble de leur flore bactérienne. Ce dernier point permet d’aborder et de mimer, sur un modèle murin, l’impact de piqûres du moustique sur des individus traités aux antibiotiques (commune sur le terrain) sur la modulation de la compétence vectorielle des moustiques au parasite Plasmodium, ainsi que sur la réponse immunitaire de ces insectes vis-à-vis du parasite.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les moustiques constituent les vecteurs les plus dangereux pour l’humanité, responsables de plus de 700 000 décès annuels selon l’OMS. Ce fardeau sanitaire s’aggrave avec le changement climatique qui favorise l’expansion de ces insectes vers des zones tempérées autrefois épargnées, où des cas autochtones de maladies tropicales émergent désormais. Parallèlement, l’efficacité des stratégies actuelles fondées sur les insecticides est gravement compromise par le développement de résistances généralisées chez les populations de vecteurs. Ce projet propose une approche fondamentale novatrice visant à identifier les composantes moléculaires et génétiques du système immunitaire des moustiques qui permettent à certains individus de bloquer naturellement le développement du parasite du paludisme. Cette compréhension permettra de concevoir des stratégies de lutte biologique consistant à renforcer ces mécanismes de défense naturels au sein des populations de vecteurs. Contrairement aux insecticides chimiques, ces approches cibleraient spécifiquement la capacité de transmission sans éliminer les insectes, préservant la biodiversité et limitant l’impact écologique. Les connaissances acquises sur les interactions complexes entre hôte, parasite et vecteur, nécessitant l’étude du cycle infectieux complet qui justifie ce recours indispensable et strictement limité à l’expérimentation animale, ouvriront la voie à des outils de contrôle génétique ou biologique durables et transférables à d’autres systèmes vectoriels (dengue, zika). Les bénéfices attendus sont majeurs pour la santé publique mondiale, particulièrement pour les populations vulnérables des régions tropicales, et permettront d’anticiper proactivement les risques sanitaires émergents sur le territoire européen.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– Injection de parasites responsable du paludisme de rongeur durée quelques secondes (degré de gravité modérée) une fois dans la vie la souris – Injection pour anesthésie, durée de quelques secondes, une seule fois dans la vie de la souris, 4 jours après injection de parasites. – Prélèvement sanguin, veine caudale, durée (moins d’une minute), une seule fois dans la vie de la souris, 4 jours après injection de parasites. – Nourrissage des insectes sur souris anesthésiées, durée : 30 minutes, une seule fois dans vie de la souris, 4 jours après injection de parasites.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les souris peuvent ressentir un stress temporaire lié à la manipulation (préhension) et aux injections et prélèvement nécessaires pour le projet. Une douleur légère et ponctuelle de courte durée peut survenir au moment de l’injection. L’injection de parasites entraîne une augmentation de la parasitémie dans le sang, ce qui peut provoquer un état de fatigue de courte durée (3 jours), une locomotion ralentie, une baisse de vivacité.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure car ils ne peuvent être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés. En effet, le nourrissage par les moustiques doit se faire à un niveau de parasites bien déterminé et à un âge de souris bien déterminée. En d’autres termes, nous ne pouvons pas utiliser des souris plus vieilles et chez lesquelles le niveau de parasites dans le sang serait certainement plus élevée ; cela influencerait le niveau et l’efficacité d’infection de nos moustiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour étudier l’infection des parasites Plasmodium (responsables du paludisme) chez les moustiques, nous avons exploré des méthodes alternatives à l’utilisation d’animaux vivants. Cependant, ces approches présentent des limites majeures pour notre projet. Une première méthode consiste à nourrir les moustiques sur une membrane artificielle chauffée à température corporelle (37°C), contenant du sang infecté. Malheureusement, cette technique ne permet pas aux moustiques de s’infecter de manière suffisamment efficace. Les résultats obtenus sont trop variables pour garantir une analyse fiable des effets étudiés, ce qui rend cette approche incompatible avec nos objectifs scientifiques. Par ailleurs, notre question de recherche exige que les parasites soient transmis aux moustiques dans des conditions aussi proches que possible de leur cycle naturel. En effet, lors d’une infection naturelle, les parasites interagissent avec les composants du sang (comme les anticorps ou les facteurs immunitaires) et évoluent dans un environnement complexe, essentiel à leur développement. Une méthode artificielle ne peut pas reproduire ces interactions, ce qui risquerait de fausser nos observations. Nous avons également envisagé l’utilisation de cellules de moustiques en culture, mais cette solution n’est pas adaptée. Les stades infectieux du parasite ne peuvent pas se développer correctement dans ces cellules, et ce système ignore le rôle clé du microbiote intestinal du moustique, indispensable à la maturation du parasite. Sans ces éléments, les résultats ne refléteraient pas la réalité biologique de l’infection. Ainsi, pour répondre de manière rigoureuse à notre problématique, nous devons recourir à des souris préalablement infectées par Plasmodium. Ces modèles, bien que minimalistes, sont les plus petits mammifères permettant de reproduire fidèlement les mécanismes de l’infection humaine. Ils offrent un compromis éthique et scientifique optimal pour étudier les interactions entre le parasite, le vecteur et l’hôte, tout en limitant le nombre d’animaux utilisés.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris utilisées dans ce projet est strictement limité au minimum nécessaire pour atteindre les objectifs scientifiques. Chaque expérience est conçue de manière à optimiser l’utilisation des animaux, avec une seule souris utilisée pour permettre l’infection d’un nombre élevé d’insectes, ce qui limite le recours à des animaux supplémentaires. Par ailleurs, le choix d’utiliser exclusivement des souris femelles permet de réduire la variabilité entre les individus. Les mâles présentent plus fréquemment des comportements agressifs pouvant entraîner du stress ou des blessures, susceptibles d’influencer les résultats expérimentaux. L’utilisation de femelles favorise ainsi des conditions plus homogènes et fiables, ce qui contribue à limiter le nombre total de souris nécessaires au projet, conformément au principe de réduction des 3R.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour réduire au maximum la douleur et le stress des souris lors du nourrissage des insectes, les animaux sont placés sous anesthésie générale. Cette mesure empêche que les piqûres des insectes provoquent une souffrance. Les souris sont hébergées dans des conditions optimales à l’animalerie, avec un nombre de souris

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les expériences visant à suivre l’évolution de l’infection parasitaire (Plasmodium berghei ou Plasmodium yoelii) chez les insectes ont été développées et optimisées chez la souris. L’utilisation d’une autre espèce de rongeur nécessiterait de refaire entièrement ces travaux de mise au point, sans garantie de succès, ce qui rallongerait considérablement la durée des expériences et pourrait augmenter le nombre d’animaux utilisés. La souris est donc l’espèce la mieux adaptée pour obtenir des résultats fiables tout en limitant le recours à des animaux supplémentaires. Ce stade a été sélectionné sur la base de données de validation expérimentale préalable établissant que la dose infectante de parasites et la cinétique d’évolution de la parasitémie sont caractérisées de manière optimale, et reproductibles chez des animaux de cet âge. L’utilisation de souris plus jeunes (stade juvénile, croissance en cours) ou plus âgées (adultes matures) présenterait une variabilité de la volémie et du poids corporel significative, rendant nécessaire une recalibration complète des quantités de parasites à administrer et une réévaluation de la cinétique de développement parasitaire propre à chaque classe d’âge. Cette standardisation à 4-5 semaines garantit la robustesse méthodologique et la reproductibilité des résultats tout en évitant la multiplication de séries expérimentales préliminaires, ce qui augmenterait le nombre total d’animaux utilisés, conformément au principe de réduction.