
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-787083)
Chacune des 58 souris mâles rendues obèses par un régime gras est poussée jusqu’à l’épuisement sur un tapis roulant, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue. Les animaux subissent aussi des mesures de force musculaire, un prélèvement sanguin et près de cent administrations de traitement au fil de l’étude. Le projet évalue un composé d’un client, seul ou combiné à la sémaglutide, pour un médicament anti-obésité destiné à l’être humain. L’étude est restreinte aux mâles pour ne pas doubler les effectifs, et se situe à un stade précoce du développement de ce candidat.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’obésité dans le monde a presque triplé depuis 1975, pour atteindre plus de 650 millions de personnes obèses en 2016, selon l’OMS. L’obésité est alors considérée comme un fardeau de santé publique, pour lequel une variété de thérapeutiques, de procédures chirurgicales et de dispositifs médicaux sont actuellement à l’étude. Parmi ceux-ci, la sémaglutide, un agoniste des récepteurs GLP-1R, a obtenu récemment une autorisation de mise sur le marché. La Sémaglutide présente une efficacité impressionnante, du niveau de celle de la chirurgie bariatrique, mais certaines inquiétudes émergent car la perte de poids résultante de son utilisation provient à la fois d’une perte de masse grasse mais également d’une perte de masse musculaire. Cette dernière s’avère problématique chez l’obèse qui est déjà un sujet à risque de sarcopénie obésogène. Le présent projet est relatif à une étude menée à un stade précoce du développement d’un candidat médicament de notre client et vise à tester son efficacité anti-obésité chez la souris rendue obèse par une alimentation enrichie en graisses. Le composé testé a pour intérêt majeur de cibler des voies de signalisation impliquées à la fois dans la régulation du poids corporel et dans la fonction musculaire. Des données préliminaires ont en effet permis de montrer que le composé X était capable d’améliorer la fonction et la masse musculaire dans plusieurs pathologies musculaires et qu’il induisait une perte de poids chez des modèles obèses. Le composé X sera ainsi testé en administration seule ou combinée avec la sémaglutide. Le projet devra permettre de montrer l’impact d’un traitement chronique du candidat médicament seul sur le poids corporel du modèle d’obésité. Dans le cadre des administrations combinées avec le sémaglutide, l’objectif est d’observer un additivité des effets et, ainsi, une amélioration des effets de la combinaison comparativement au sémaglutide seul, mais également d’étudier la capacité du composé X à contrer les effets délétères de la sémaglutide sur la fonction musculaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet s’inscrit dans le cadre du développement d’un composé anti-obésité visant l’humain. Alors que plusieurs molécules anti-obésité ont été autorisées ces vingt dernières années, un grand nombre d’entre elles se sont vues retirées du marché en raison d’effets secondaires graves. Seules 3 spécialités sont actuellement approuvées en Europe pour des traitements de longue durée du surpoids et de l’obésité, dont la sémaglutide qui est la plus efficace et la plus prescrite. Néanmoins, la sémaglutide présente un effet délétère sur la masse et la fonction musculaire lors d’administration chroniques. Le bénéfice attendu du présent projet est double car si les résultats sont concluants, le composé X pourra venir compléter l’arsenal thérapeutique anti-obésité, en administration seule ou combinée avec la sémaglutide, et dans ce dernier cas, il pourrait en améliorer l’efficacité tout en contrant ses effets secondaires au niveau musculaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes: 1) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (19 mesures au cours de l’étude; durée de la mesure : 1 minute); 2) Administration de vehicule ou du composé candidat (49 administrations; durée de l’administration : 1 minute); 3) Administrations de véhicule ou de sémaglutide (49 administrations; durée de l’administration : 1 minute); 4) Analyse non invasive de composition corporelle (6 mesures; durée de la mesure: 2 minutes); 5) Prélèvement sanguin (1 prélèvement; durée du prélèvement : 5 minutes); 6) Mesures de force d’agrippement (3 sessions de 5 minutes); 7) Mesures d’endurance sur tapis roulant (2 mesures, durée : 20-35 minutes); 8) Mesures de la force musculaire (2 mesures, Durée : 20 minutes); 7) Anesthésie générale avant mise à mort et prélèvement d’organes (durée: 10 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les mesures de poids corporel (durée : 2 minutes) et autres manipulations telles que les mesures de composition corporelle (durée : 2 minutes), les administrations des traitements (durée : 1 minutes) ainsi que les tests d’agrippement (durée : 10 minutes) pourront être source de stress du fait d’une entrave aux mouvements de courte durée. Les administrations des traitements occasionneront également une douleur de faible intensité et de faible durée aux animaux. Les mesures d’endurance sur tapis roulant seront source de stress et de fatigue puisque les animaux seront soumis à un protocole d’exercice physique les amenant jusqu’à épuisement, associé à une stimulation de faible intensité susceptible d’induire une douleur légère. Le prélèvement sanguin sera également source de douleurs légères. Enfin, le caractère obèse des souris sera source d’inconfort en réduisant légèrement leur capacité de mouvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de l’étude, tous les animaux seront mis à mort pour prélèvement d’organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’un composé sur le poids corporel, la prise alimentaire et l’endurance. Par ailleurs, bien que le composé testé ait fait l’objet de plusieurs études réalisées in vitro dans les premières phases de son développement, l’étude in vivo reste une étape règlementaire incontournable pour la constitution d’un dossier de demande de premières études sur l’homme (passage aux études cliniques).
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Par ailleurs, compte tenu du fait que l’étude se positionne à un stade précoce du développement du candidat médicament, cette dernière sera limitée au sexe mâle. La grande hétérogénéité du paramètre étudiés (notamment le poids corporel et la masse musculaire) entre mâle et femelle imposerait en effet de doubler les effectifs de chaque groupe pour étudier l’impact du composé sur les deux sexes. Dans la suite du développement du candidat médicament, et uniquement dans le cas où une efficacité aura été observée chez le mâle, une seconde étude sera menée chez la souris femelle afin de s’assurer de son efficacité sur les deux sexes.
3. Raffinement
Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum le stress et l’inconfort des animaux sans compromettre les objectifs de l’étude. Les animaux seront hébergés en cages individuelles et un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout d’igloos, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. L’administration des traitements sera réalisée par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Par ailleurs, une phase d’habituation sera prévue afin de réduire le stress pouvant être généré par la procédure. Les animaux seront habitués au système de contention pour le prélèvement sanguin avant de pratiquer ces procédures. Le prélèvement sanguin prévu sera limité au volume minimum nécessaire aux dosages ultérieurs et une crème analgésiante sera appliquée sur la queue 30 minutes avant le prélèvement sanguin. Avant l’exercice physique forcée sur tapis roulant, les animaux seront également habitués à deux reprises à être sur un tapis roulant à une faible vitesse. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis. Ces actions incluent, entre autres, une surveillance renforcée et l’emploi d’analgésiques en cas de douleur avérée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris nourris avec une alimentation enrichie en graisses (60% de l’apport calorique provenant des graisses) est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d’études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques. Les animaux seront utilisés au stade adulte de 18 semaines. Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par les composés testés, à savoir une population adulte et tient compte d’une période de 12 semaines de régime enrichi en graisses chez le fournisseur.