
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-301710)
Nées avec une hypotonie, atteintes d’une faiblesse musculaire qui s’aggrave, exposées à un risque de mort peu après la naissance, les souris porteuses de deux copies altérées du gène STAC3 font partie des 840 souris de ce projet d’élevage, classé au niveau de souffrance sévère. Les interventions se limitent à la reproduction, huit couples par an et par lignée, six portées au maximum par femelle avant qu’elle ne soit tuée par dislocation cervicale ou réaffectée à un projet de phénotypage. Les souris entièrement privées de la protéine peuvent devenir paralysées et présenter des difficultés respiratoires, et un stress suffit à déclencher chez les mutantes une réaction dangereuse à la chaleur. Le tri des excédents intervient à trois semaines, dès le génotype connu, les animaux jugés inutiles étant tués et les autres transférés vers une autre autorisation où le phénotypage invasif est prévu.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objet le maintien, la reproduction contrôlée et la surveillance des lignées murines génétiquement modifiées, dont certains génotypes peuvent développer un phénotype musculaire sévère incluant une faiblesse marquée, une altération du couplage excitation-contraction et une atteinte histologique du muscle squelettique. La surveillance et la gestion de ces animaux à phénotype dommageable relèvent du cadre réglementaire de l’expérimentation animale. Ce projet garanti la disponibilité d’animaux reproducteurs porteurs des allèles d’intérêt pour les projets de recherche et de phénotypage rattachés à d’autres DAP.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet de maintien de lignée sont multiples. Il permet tout d’abord de préserver des modèles murins uniques dont la génération a été longue et complexe, évitant ainsi de devoir les régénérer et de réduire le nombre total d’animaux utilisés. Ce maintien garantit également une disponibilité continue de reproducteurs et de descendants pour les projets de phénotypage et de recherche thérapeutique, ce qui assure la continuité et la planification des études sur les myopathies associées à ce gène. En optimisant les schémas de croisement et en limitant la production d’animaux excédentaires, le projet contribue à réduire le nombre d’animaux nécessaires tout en améliorant la qualité et la reproductibilité des données obtenues. Enfin, ces modèles sont essentiels pour comprendre les mécanismes moléculaires des maladies rares et développer des stratégies thérapeutiques innovantes, tout en permettant le partage avec la communauté scientifique et en évitant la duplication de la génération de modèles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris de cette lignée ne subissent que des interventions liées à la reproduction : mise en cohabitation contrôlée (à partir de 7 semaines d’âge, environ 8 couples maximum par an et par lignée, maximum 6 mois par femelle) et surveillance quotidienne rapide des portées (moins de 5 minutes par cage). Absence d’interventions invasives. Aucune opération chirurgicale, aucun prélèvement ni manipulation invasive n’est pratiqué. Les animaux utilisés pour la reproduction sont ensuite réaffectés à une autre autorisation d’expérimentation distincte. Les signes de la maladie (faiblesse musculaire sévère, difficultés respiratoires, posture anormale) apparaissent spontanément chez les souriceaux porteurs de deux copies altérées du gène de la souche de souris génétiquement modifiée modélisant la myopathie humaine dès la phase néonatale, juste après la naissance. Cela survient aussi chez les souris complètement absentes de la protéine ciblée.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
1. Souris porteuses de la mutation responsable de la maladie humaine: Ces souris reproduisent les symptômes observés chez les patients atteints de la myopathie : elles naissent avec une hypotonie, développent une faiblesse musculaire qui s’aggrave progressivement, et peuvent présenter un retard de croissance avec perte de poids. On observe également des signes de mal-être général comme une prostration, des tremblements et une diminution des mouvements. Sous l’effet d’un stress, ces souris peuvent développer une réaction dangereuse à la chaleur. Un risque de décès peu après la naissance est possible. 2. Souris totalement privées de la protéine étudiée: Chez ces souris, l’absence complète de la protéine empêche le muscle de recevoir correctement l’ordre de se contracter envoyé par les nerfs. Cela peut provoquer une paralysie et, dans le cas où cette absence est déclenchée de façon ciblée et contrôlée après la naissance, des difficultés respiratoires peuvent apparaître.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
1) Reproducteurs hétérozygotes (asymptomatiques) : Maintenus jusqu’à infertilité/âge max (6 mois, 6 portées) puis mis à mort (dislocation cervicale) ou réaffectés à des DAP de phénotypage si aptes. 2) Excédents des contrôles et des mutants (souris porteuses de deux copies altérées du gène): Réaffectés à des DAP de phénotypage (DAP distincte: 60188) ou mis à mort immédiatement si non utilisés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune alternative non animale disponible ne permet de reproduire fidèlement le phénotype de cette myopathie. Les modèles cellulaires ou in silico ne recréent ni l’architecture musculaire complexe ni la réponse systémique observée chez l’animal vivant. Le recours au modèle murin est donc indispensable pour étudier la physiopathologie et développer des thérapies géniques. Ce projet s’inscrit dans un domaine où le remplacement n’est pas encore réalisable.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est minimisé par l’optimisation des schémas de croisement, qui repose sur des calculs génétiques permettant de limiter la production d’animaux excédentaires, ainsi que par le maintien d’un nombre de reproducteurs suffisant mais restreint (12 reproducteurs par lignée). Les animaux non reproducteurs sont, lorsque cela est possible, utilisés comme contrôles dans d’autres projets, et ceux qui ne sont pas nécessaires (sexes ou génotypes sans intérêt) sont mis à mort rapidement selon les méthodes préconisées.
3. Raffinement
Une surveillance quotidienne est assurée dès la naissance pour les portées et tout au long de la vie des reproducteurs. Le nombre de portées est limité à 6 portées maximum par femelle pour éviter l’épuisement, avec un tri précoce des excédents à 3 semaines regroupant les animaux par cohorte de même portée. Les manipulations sont minimales et non invasives, avec des points limites précoces. Le personnel formé reconnaît les signes de douleur ou de stress, et le phénotypage invasif est exclu de cette DAP (procédures couvertes par DAP distincte).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce de référence pour l’étude des myopathies congénitales et du couplage excitation-contraction en raison de la conservation fonctionnelle des gènes et protéines impliquées entre l’homme et la souris. Les modèles murins reproduisent fidèlement les défauts musculaires, la faiblesse, l’hypotonie et la susceptibilité à l’hyperthermie maligne observées chez les patients, contrairement aux modèles non mammifères ou systèmes cellulaires. La souris offre une génétique bien caractérisée et un phénotypage fonctionnel (force in vivo/in situ, locomotion) compatible avec les objectifs. Les animaux sont utilisés jusqu’au stade adulte reproducteur (6 mois maximum). Au sevrage (4 semaines), les animaux contrôles et mutants (souris porteuses de deux copies altérées du gène) sont réaffectés à des projets de phénotypage ou mis à mort si excédentaires (dès connaissance du génotype) ; les souris porteuses d’une seule copie altérée du gène sont mis en accouplement dès 7 semaines pour optimiser la production d’allèles d’intérêt, ou mis à mort si excédentaires.