
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-003773)
40 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour prélèvement d’échantillons, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Atteintes d’une myopathie qui les affaiblit dès l’âge de quatre semaines, elles reçoivent quatre injections de composés puis trois injections d’anesthésiques, sous contention manuelle et mécanique, pour une mesure de la force musculaire que le porteur annonce par « différents tests » sans les nommer. Les retombées annoncées pour les malades restent au conditionnel, le projet devant fournir la seule preuve qu’une protéine ciblée peut améliorer le phénotype musculaire des souris. Le porteur affirme avoir déjà démontré l’efficacité de ce type de traitement dans un autre modèle murin, et conclut néanmoins qu’un modèle in vivo est « essentiel » et la souris « indispensable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les myopathies centronucléaires (CNM) sont des maladies rares touchant le muscle squelettique, et les personnes affectées souffrent d’une faiblesse musculaire générale et souvent fatale. L’ objectif sera de cibler et diminuer spécifiquement l’expression du géne resposable dela maladie. En effet, notre équipe a préalablement démontré l’efficacité de ce type de traitement dans un autre modèle murin. Cependant, chez les patients, des effets toxiques ont été observés ,avec certaines molécules de composition chimique différente. C est pourquoi, nous voulons développer dans ce projet une nouvelle génération de molécules pour obtenir un traitement efficace sans effet toxique. Il s’agit d’ une approche thérapeutique génique en injectant des petites molécules avant l’apparition des premiers signes afin de pouvoir évaluer l’efficacité du traitement ( en mesurant la force musculaire des souris par différents tests) et ainsi guérir (ou du moins atténuer) la myopathie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet vise à mieux comprendre le développement des CNMs et de fournir la preuve de concept que la réduction d’une protéine ciblée peut améliorer le phénotype musculaire des sourisCNM. Ce travail pourra conduire au développement d’approches thérapeutiques pour les patients CNM qui restent à ce jour incurrables.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Nous prévoyons les interventions suivantes : 1) 4 injections de composés chimiques – durée : moins d ‘une minute. 2) 3 injections pour les mesures de la force musculaire – durée: 20 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ces souris présentent un phénotype sévère de faiblesse musculaire qui nécessite une surveillance dès l âge de 4 semaines où les premiers signes apparaissent. Cette faiblesse musculaire devient observable et quantifiable lors de tests de force générale et spécifique. L injection de morpholinos peut induire une nuisance chez les animaux ainsi que l injection d ‘anesthesiques (lors de la mesure de force musculaire) peut causer des nuisances. Il y aura aussi une contention manuelle lors de l injection d anesthésiques ) et une contention mécanique ( lors de l injection des morpholinos) Nous proposons donc une procédure de suivi en tenant compte de tous ces critères .
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront euthanasiés pour prélèvement d ‘échantillons.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet vise à étudier et à évaluer l’effet d’approches thérapeutiques sur la fonction et la structure musculaire. Pour ces raisons, un modèle in vivo est essentiel et nous ne pouvons avoir recours à des modèles in vitro. Les connaissances du système musculaire sont très développées chez la souris, qui représente de ce fait un modèle approprié et indispensable pour étudier la physiopathologie des CNM et établir des approches thérapeutiques qui pourraient être transférées aux patients dans l’avenir.
2. Réduction
Un nombre maximal de 10 souris par groupe sera utilisé (pour les 4 groupes étudiés) Ces nombres ont été calculés pour s’assurer que l’étude soit statistiquement et scientifiquement valable. Plusieurs procédures expérimentales seront réalisées chez les mêmes souris réduisant ainsi le nombre d’animaux nécessaires.
3. Raffinement
Un certain nombre de procédures seront mises en place afin d’améliorer le bien-être de l’animal. Si des difficultés de locomotion apparaissent, de la nourriture sera placée dans la cage afin de soulager l’animal dans ses déplacements. Le bien-être des animaux sera contrôlé quotidiennement afin de détecter au plus tôt les premiers signes de souffrance comme l’apathie, la prostration, l’abaissement des paupières et les difficultés ambulatoires. Nous avaluerons la douleur à ‘l aide d ‘un tableau de détection de la douleur chez la souris: dans chacune des catégories de la table, un système d’évaluation avec indices de 0 (signe absent) à 2 (signe évident de douleur) sera utilisé. En cas de douleur intense, un analgésique pourra être administré ) et l’étude sera prématurément arrêtée. Lors de la procédure de mesure de la force in situ, les souris seront anesthésiées par trois injections afin d’immobiliser l’animal et de prémunir toute douleur lors de l’ expérience. Durant la procédure les souris seront placées sur une plaque chauffante pour maintenir leur chaleur corporelle. Nous surveillerons également la sècheresse oculaire et rajouterons de l ocrygel si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle pertinent et courant en myologie. son systéme musculaire est bien étudié et de nombreuses techniques d’analyse sont établies afin de mener à bien les analyses. Par ailleurs, notre équipe dispose de plusieurs modèles murins de myopathies centronucléaires sur lesquels nous avons publié de nombreux articles. Conserver la même espèce animale pour ce projet s’inscrit dans un effort de continuité et de reproductibilité de nos études. Enfin, ces souris présentent des phénotypes comparables aux patients humains, qui en font des modèles appropriés pour comprendre la maladie et développer des traitements. Les souris seront injectées à partir de 4 semaines d ‘âge ce qui correspond au début de l apparition des symptômes.