Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Jusqu’à 23 tests de sensibilité à la douleur par animal, sur sept semaines : 1 040 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l’issue. La douleur est provoquée par l’oxaliplatine, un anticancéreux courant, et le porteur annonce un abaissement du seuil douloureux persistant quelques jours, des œdèmes, des troubles de la locomotion et de l’alimentation. Aucune souris ne peut être réutilisée, les substances administrées et l’état douloureux installé fausseraient une nouvelle procédure. Le porteur affirme qu’il lui est « indispensable de travailler sur un modèle entier et complexe » et décrit la souris comme « incontournable » en neurosciences, après avoir déjà obtenu des résultats avec ces mêmes molécules chez elle dans d’autres protocoles de douleur.

NTS-FR-535623v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
chimiothérapie, douleurs neuropathiques chroniques
Souris : 1040

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les chimiothérapies provoquent souvent des effets secondaires importants. Parmi eux, beaucoup de patients développent des douleurs chroniques. L’oxaliplatine, un médicament utilisé pour traiter plusieurs types de cancers, est très efficace. Cependant, il peut aussi provoquer des douleurs neuropathiques. Même si ces atteintes peuvent parfois disparaître après l’arrêt du traitement, certaines personnes continuent à souffrir de douleurs nerveuses chroniques qui réduisent leur qualité de vie. Ces douleurs se traduisent par une hypersensibilité : des sensations comme le froid, la chaleur ou le toucher, qui ne sont normalement pas douloureuses, peuvent alors devenir très pénibles. Les traitements actuels contre ces douleurs sont souvent partiellement efficaces et peuvent provoquer des effets secondaires importants. Par exemple, l’utilisation prolongée d’opioïdes peut paradoxalement augmenter la sensibilité à la douleur. L’objectif de ce projet de recherche est donc de trouver de nouvelles approches pour prévenir ou traiter ces douleurs nerveuses liées aux chimiothérapies. Nos travaux suggèrent que certains récepteurs présents dans l’organisme, appelés récepteurs RFamide, pourraient jouer un rôle dans ces douleurs. Nous avons récemment identifié des molécules capables de bloquer spécifiquement ces récepteurs. En étudiant leurs effets dans un modèle expérimental de douleur causée par l’oxaliplatine chez la souris, nous espérons mieux comprendre les mécanismes de ces douleurs et ouvrir la voie à de nouveaux traitements plus efficaces et mieux tolérés pour les patients.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’étude de l’effet de nos composés dans ce modèle de douleur neuropathique provoquée par l’oxaliplatine, un anticancéreux communément utilisé chez l’homme, nous permettra de mieux comprendre le rôle de récepteurs spécifiques dans la mise en place de la douleur et ainsi d’envisager de nouveaux traitements thérapeutiques mieux tolérés.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans le protocole 1 les animaux subiront : 18 tests nociceptifs (chaque test dure entre 5 et 15 minutes), 4 administrations de molécules (30 secondes). Cette procédure dure 5 semaines. Dans le protocole 2 les animaux subiront : 23 tests nociceptifs (chaque test dure entre 5 et 15 minutes), 12 administrations de molécules (30 secondes). Cette procédure dure 7 semaines. Dans le protocole 3 les animaux subiront : 20 tests nociceptifs (chaque test dure entre 5 et 15 minutes), 15 administrations de molécules (30 secondes). Cette procédure dure 7 semaines.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables pouvant apparaitre après application de nos procédures, sont l’abaissement du seuil douloureux à un niveau modéré pouvant persister quelques jours, l’apparition d’inflammation / œdème, des comportements anormaux, des problèmes de locomotion, d’alimentation. Nous pouvons aussi nous attendre à une amélioration du niveau de douleur pour les molécules qui s’avéreront efficaces

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux sont mis à mort à l’issue de chaque procédure. Aucune réutilisation d’animaux n’est possible du fait de l’administration de substances pharmacologique et des modèles de douleur subit par les animaux qui mettraient en cause les résultats d’une nouvelle procédure si elle était réalisée.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les molécules testées in vivo, sont au préalable sélectionnées sur la base d’évaluations in vitro afin de déterminer leur affinité et leur activité sur le récepteur d’intérêt ainsi que leurs caractéristiques physicochimiques. Ces expériences permettent de limiter fortement le nombre de molécules à tester sur l’animal. Cependant l’évaluation de leurs effets sur la nociception n’est réalisable que sur l’animal entier ou l’on peut conserver les interactions inter organes avec leur physiologie ; il n’existe, à ce jour, pas de modèles in vitro permettant de réaliser ce travail.

2. Réduction

3R / Réduction :

En raison de la variabilité dans les différentes expériences prévues et de nos résultats antérieurs, le nombre d’animaux est limité à 10 par groupe afin d’obtenir des résultats statistiquement exploitables (un outil informatique est utilisé afin de calculer ce nombre). L’évaluation préalable in vitro de nos molécules permet de réduire grandement le nombre de molécules à évaluer in vivo et par conséquent réduit également fortement le nombre d’animaux nécessaires pour leur évaluation. Les expériences seront menées sur les mâles et les femelles afin de s’affranchir d’un biais de réponse lié au sexe et de représenter la répartition homme/femme dans la population générale.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en cohorte, dans un milieu enrichi composé d’un carré de coton, de frisure, d’un bâton en bois à ronger et de tunnel. Le change sera fait à l’aide d’un tunnel, les souris seront manipulées à l’aide de ce tunnel ou prises en cup quand cela sera possible. Quotidiennement, une observation de l’état clinique des souris sera assurée par une personne compétente et les animaux seront pesés toutes les semaines. Les souris seront habituées à l’expérimentateur et au matériel utilisé afin de limiter leur angoisse et le stress. Pour chacune des procédures, des points limites suffisamment prédictifs et spécifiques au projet seront appliqués selon les directives éthiques indiquées par l’association internationale pour l’étude de la douleur et après concertation auprès de la structure chargée du bien-être animal. Chaque geste rattaché à une procédure sera raffiné au maximum afin de maximiser le bien-être des animaux. Ainsi, chaque arrivée d’animaux sera suivie d’une semaine d’acclimatation à nos locaux. Puis d’une ou deux semaines d’habituation, durant lesquelles les animaux seront manipulés par l’expérimentateur et habitués à la contention afin de faciliter les expériences futures. Toutes les injections seront réalisées avec une taille d’aiguille la plus fine possible. Les animaux étant très bien habitués à être mis en contention légère dans un torchon, les injections seront grandement facilitées et ne provoqueront que très peu de stress et de douleur car les sites d’injections deviennent multiples. Chaque test de sensibilité sera arrêté après un certain temps garantissant la non lésion des tissus. Après chaque manipulation de cage, une pincée de flocon d’avoine stérile sera donnée dans la cage afin de récompenser les animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les objectifs du projet consistent à étudier les effets de molécules sur les douleurs persistantes provoquées par un traitement anti-cancéreux, l’oxaliplatine. Il nous est donc indispensable de travailler sur un modèle entier et complexe prenant en compte les réactions, les voies de signalisation, la communication entre les organes afin d’être dans des conditions au plus proche de la complexité humaine. Le modèle murin présente une forte homologie structurale avec l’Homme le rendant incontournable dans la recherche en neurosciences et notamment dans la compréhension des mécanismes de la douleur. En plus de sa proximité physiologique avec l’Homme, la souris possède également une forte homologie génétique faisant d’elle un bon modèle d’étude de la douleur. De plus, nous avons déjà obtenus de bons résultats avec ces molécules antagonistes chez la souris, dans d’autres modèles de douleur neuropathique. Nous utiliserons des animaux âgés de 2 à 6 mois afin de travailler sur un animal adulte.