
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-298396)
Les souris de ces deux lignées portent une mutation qui provoque la maladie de Dent de type 1 et une insuffisance rénale progressive à partir de dix mois. 837 souris vont être utilisées dans un élevage classé en niveau de souffrance sévère, dont la seule intervention décrite est un poinçonnage du pavillon de l’oreille de moins de trente secondes, pratiqué une fois sur animal vigile pour le génotypage. Le porteur écrit que les souris « ne devraient pas développer ces symptômes, car elles seront expédiées ou mises à mort avant l’âge de 10 mois », la gravité sévère tenant donc à la mutation elle-même et non aux gestes pratiqués. Le champ structuré du devenir compte 837 souris mortes, quand le texte décrit l’envoi d’une partie d’entre elles vers un autre établissement entre cinq et huit semaines, les autres étant tuées à dix mois ou plus tôt en cas de surplus ou de génotype non recherché.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet décrit la procédure d’élevage et la prise en charge du phénotype dommageable de deux lignées de souris développant progressivement la maladie de Dent de type 1. C’est une maladie génétique rénale rare causée par une mutation d’une protéine de transport, et qui entraîne une insuffisance rénale progressive. Les souris porteuses de la mutation développent les mêmes symptômes que les patients. L’étude approfondie de ces deux lignées a révélé l’existence d’atteintes précoces, apparaissant au cours des quatre premières semaines après la naissance et notamment la présence d’un retard de croissance chez les mâles disparaissant généralement après l’âge de quatre semaines. L’objectif de cet élevage est de produire des animaux reproduisant la maladie observée chez l’homme. Ces animaux seront par la suite utilisés dans des projets de recherche visant à développer de nouvelles pistes thérapeutiques, en vue d’améliorer la fonction rénale des patients atteints par la maladie de Dent.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Il n’existe pour le moment aucun traitement de la maladie de Dent de type 1, une pathologie conduisant à l’insuffisance rénale. Ce projet permettra de générer des animaux nécessaires aux expérimentations qui permettront d’apporter de nouvelles perspectives conduisant au développement de pistes thérapeutiques, en vue d’améliorer la fonction rénale des patients atteints par cette pathologie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Afin de réaliser le génotypage, un poinçonnage de l’oreille sera effectué après l’âge de 14 jours. Cette méthode consiste à prélever sur animaux vigiles un petit échantillon de tissu sur la périphérie du pavillon de l’oreille où le tissu est le plus mince, à l’aide d’un poinçon. Cette intervention n’est réalisée qu’une fois par animal et dure moins de 30 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Chez les souris porteuses de la mutation de la protéine de transport, un retard de croissance peut apparaître à la naissance et qui se résorbe après un mois. Une insuffisance rénale progressive apparaît à 10 mois. Chez la souris comme chez l’être humain, les signes d’une insuffisance rénale avancée sont assez généraux : fatigue, perte de poids, altération de l’état général et changements de comportement, comme un pelage moins soigné, une moindre réactivité ou une tendance à rester immobile. Toutefois, dans le cadre de cet élevage, les souris ne devraient pas développer ces symptômes, car elles seront expédiées ou mises à mort avant l’âge de 10 mois. Les souris pourraient ressentir une légère nuisance due au prélèvement effectué pour le génotypage (douleur légère de courte durée).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Une partie des souris portant le profil génétique recherché sera envoyée vers un autre établissement pour les expérimentations entre l’âge de 5 et 8 semaines (choisie après la disparition du phénotype dommageable observé à la naissance et avant l’apparition du phénotype dommageable qui survient plus tard). Une autre partie des animaux sera conservée pour l’élevage dans notre établissement. Ces souris seront mises à mort à l’âge de 10 mois, avant l’apparition du phénotype dommageable rénal, ou plus tôt si elles ne sont plus nécessaires à l’élevage (par exemple en cas de surplus d’animaux ou lorsqu’elles ne possèdent pas le profil génétique recherché). Les animaux ayant atteint les points limites selon la grille d’évaluation du bien-être animal seront mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les modèles cellulaires utilisés en laboratoire ne permettent pas de reproduire toute la complexité de la maladie. De plus, les lésions rénales semblent résulter de l’interaction entre plusieurs types de cellules présentes dans le rein. Dans ces conditions, il n’est actuellement pas possible d’étudier cette maladie sur des modèles qui ne soient pas des animaux.
2. Réduction
Afin de répondre aux besoins expérimentaux pour le porteur de projet, le nombre d’accouplements sera limité au strict nécessaire pour obtenir les animaux requis. La production sera planifiée et suivie attentivement par l’expérimentateur et les personnels de l’animalerie afin d’adapter l’élevage aux besoins réels et d’éviter la naissance d’animaux en excès. À la fin du projet expérimental, l’élevage sera arrêté et le modèle restera accessible sous forme cryoarchivée pour utilisation ultérieure.
3. Raffinement
Tous les mâles porteurs de la mutation de la protéine de transport peuvent développer deux types de phénotype dommageable : un trouble observé dans les premières semaines de vie (avant 4 semaines), puis un autre touchant les reins à partir d’environ 10 mois. Dès la naissance et jusqu’à leur départ vers l’établissement d’expérimentation ou leur mise à mort, les animaux sont suivis régulièrement à l’aide d’une grille d’évaluation. Cette grille prend en compte différents critères comme l’aspect général, le comportement, la mobilité et différents paramètres cliniques. Selon les résultats de ce suivi, des mesures de raffinement peuvent être mises en place pour améliorer le bien-être des animaux, en accord avec la vétérinaire et/ou les instances de suivi du bien-être animal (sevrage retardé, disponibilité de la nourriture directement dans la cage, mise à disposition d’eau gélifiée pour réhydratation et/ou supplémentation en nutriments, suivi plus fréquent). Des points limites précoces ont été définis. Si un animal les atteint malgré ces mesures de raffinement, il sera immédiatement mis à mort. Les animaux sont envoyés entre 5 et 8 semaines, en dehors de l’âge d’apparition du phénotype dommageable. Ceux qui ne sont pas transférés pour les expérimentations sont conservés pour l’élevage, mis à mort avant 10 mois, c’est-à-dire avant l’apparition de l’insuffisance rénale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’équipe de recherche a choisi de réaliser leurs expériences chez la souris, car seuls des modèles animaux permettent d’évaluer correctement l’effet d’un marqueur de lésions rénales et de tester des approches visant à ralentir l’évolution de la maladie de Dent de type 1. Ces travaux complètent également des expériences déjà réalisées au laboratoire sur la même lignée de souris. Les souris de profil génétique recherché seront envoyées pour expérimentation entre 5 et 8 semaines. Les autres animaux seront utilisés pour la reproduction à partir de l’âge de deux mois, lorsqu’ils atteignent la maturité sexuelle, et ce jusqu’à 10 mois (avant les nuisances rénales), ou mis à mort après qu’une analyse génétique confirme qu’ils ne présentent pas le profil génétique d’intérêt.