
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-415702)
3 096 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, chacune suivie pendant vingt semaines, avec jusqu’à deux administrations par jour et trois pesées par semaine. Chaque souris reçoit d’abord un cancérogène, puis une substance dans l’eau de boisson une semaine sur trois, répétée trois fois, ce qui déclenche une inflammation intestinale et des tumeurs du côlon. Le porteur décrit une perte de poids, une baisse d’appétit et d’activité, des selles molles ou sanglantes, et prévoit la mise à mort de toute souris dont l’état se dégrade fortement. Les souris ont au moins dix-huit mois, âge que le porteur rapproche de 56 à 60 ans chez l’être humain, et les retombées annoncées restent des pistes qui pourraient contribuer à des approches futures, quand les tumeurs coliques, elles, sont provoquées.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à mieux comprendre comment certaines cellules de défense de l’organisme peuvent, dans certaines situations, favoriser le développement d’un cancer de l’intestin lié à une inflammation chronique. Normalement, ces cellules aident le corps à se protéger contre les infections. Cependant, des travaux récents suggèrent qu’elles peuvent aussi, de manière inattendue, contribuer à la croissance des tumeurs. Nous pensons qu’elles pourraient agir de deux façons principales : en modifiant l’environnement autour des cellules cancéreuses, ce qui faciliterait leur développement, et en réduisant l’efficacité des défenses naturelles de l’organisme contre les cellules anormales. Des premiers résultats obtenus en laboratoire indiquent que ces mécanismes pourraient rendre les tumeurs plus agressives et moins bien contrôlées par le système immunitaire. L’objectif de ce projet est de vérifier ces observations dans un modèle animal. Le projet s’intéresse également à l’effet de l’âge, car le fonctionnement du système immunitaire évolue avec le vieillissement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à améliorer la compréhension des mécanismes qui favorisent le développement de certains cancers de l’intestin liés à une inflammation chronique et notamment chez les individus agées. À terme, les résultats pourraient permettre d’identifier de nouvelles pistes pour ralentir la progression de la maladie et améliorer la prise en charge des patients. Ces travaux pourraient ainsi contribuer au développement de futures approches thérapeutiques plus efficaces.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque souris recevra les interventions suivantes au cours de l’étude : – Une administration de l’AOM par animal à J0, d’une durée d’environ 30 secondes (contention de l’animal et administration). – Administration de la substance via l’eau de boisson pendant une semaine, selon un cycle répété trois fois, avec deux semaines d’eau de boisson standard entre chaque cycle. – Au maximum deux administrations quotidiennes par animal pendant 20 semaines, d’une durée d’environ 30 secondes chacune (contention de l’animal et administration). – Une pesée trois fois par semaine pendant toute la durée du suivi (20 semaines), d’une durée d’environ 30 secondes par animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux peuvent développer une inflammation de l’intestin et des tumeurs du côlon, pouvant entraîner une perte de poids, une diminution de l’appétit et de l’activité, ainsi que des selles molles ou diarrhéiques, parfois avec présence de sang.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la fin du projet, toutes les souris seront mises à mort afin de prélever les organes nécessaires aux analyses biologiques et histologiques permettant d’évaluer l’évolution de la maladie et les effets des traitements testés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant de travailler sur des animaux, nous avons d’abord utilisé des modèles en laboratoire (cultures de cellules). Ces expériences ont montré que certaines cellules du système immunitaire jouent un rôle important. Toutefois, ces modèles ne permettent pas de reproduire toute la complexité d’un organisme vivant, où interagissent de nombreux types de cellules et de tissus, ni d’évaluer les effets pharmacologiques comme la durée de vie, la dégradation ou l’élimination des substances testées. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire d’avoir recours à un modèle animal, afin de confirmer les résultats obtenus en laboratoire et d’étudier le comportement des traitements dans un contexte physiologique complet et réaliste.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé dans ce projet a été soigneusement calculé afin d’obtenir des résultats scientifiquement fiables tout en limitant au maximum le recours aux animaux. Les effectifs ont été déterminés à partir des données disponibles dans la littérature scientifique, des résultats préliminaires obtenus au laboratoire et affinés à l’aide d’études statistiques préalables robustes afin de garantir que le nombre minimal d’animaux nécessaire soit utilisé tout en assurant une puissance statistique suffisante. Les expériences seront réalisées par étapes. Les associations de traitements ne seront étudiées que si les traitements administrés seuls montrent au préalable un effet bénéfique significatif. Cette stratégie permet d’éviter la réalisation d’expériences inutiles et de réduire le nombre total d’animaux utilisés. Lorsque cela sera possible, les mêmes animaux seront utilisés pour plusieurs analyses complémentaires et les groupes témoins seront mutualisés entre différentes expériences afin de limiter le nombre d’animaux nécessaires. Des animaux mâles et femelles seront inclus afin que les résultats soient représentatifs des deux sexes et plus facilement transposables à la population humaine.
3. Raffinement
Le bien-être des animaux sera pris en compte tout au long du projet. Les souris bénéficieront d’une période d’adaptation avant le début de l’étude et seront hébergées dans des cages enrichies favorisant leurs comportements naturels. Toutes les manipulations seront réalisées par du personnel formé afin de limiter le stress et l’inconfort. Les animaux feront l’objet d’un suivi régulier de leur état général, de leur poids et de l’apparition éventuelle de signes digestifs. Des critères d’arrêt précoces ont été définis afin d’éviter toute souffrance prolongée. Tout animal présentant une dégradation importante de son état de santé sera pris en charge rapidement et, si nécessaire, mis à mort selon une méthode réglementaire validée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utilisons la souris comme modèle d’étude, car elle présente de nombreuses similitudes avec l’être humain, notamment dans la manière dont le système immunitaire et les cancers évoluent. Les souris seront utilisées à 18 mois minimum, ce qui correspond à des souris âgées. Cet âge est comparable à celui d’un être humain d’environ 56 à 60 ans. Ce choix permet de mieux reproduire les conditions observées chez les personnes plus âgées, chez qui certains cancers, comme le cancer colorectal, sont plus fréquents.