
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-906000)
Les 320 souris utilisées n’expriment plus la protéine SELENOT dans les neurones qui coupent la faim, et reçoivent un régime enrichi en gras et en sucre. Une partie est mise à jeun cinq heures et placée en cage individuelle, ce qui les stresse, puis reçoit une injection de sédatif douloureuse au moment de la piqûre. Toutes sont tuées pour un prélèvement d’organes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, une partie étant menée sous anesthésie sans jamais reprendre conscience. L’enregistrement de l’activité électrique des neurones, annoncé comme le cœur des objectifs, n’apparaît nulle part dans la description des procédures, qui se limite au jeûne et à l’injection de sédatif.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La protéine SELENOT est impliquée dans la synthèse d’une protéine coupant la faim, produite par des neurones de l’hypothalamus, et dans celle de l’insuline. Ces observations permettent de penser que SELENOT joue un rôle dans le maintien de l’équilibre énergétique et qu’un défaut de son activité pourrait contribuer au développement de l’obésité et ses comorbidités. Chez la souris, lors d’une consommation excessive de graisses et de calories, les neurones hypothalamiques qui contrôlent la faim, ne répondent plus aux signaux de fin de repas, ce qui conduit à une hyperphagie et un gain de poids. Les données récentes ont permis d’établir que le mauvais fonctionnement de ces neurones est associé à l’obésité. Ces observations suggèrent que les neurones coupe faim pourraient être ciblés pour le traitement des dysfonctionnements associés à l’obésité. Dans ce contexte, le but de ce projet est d’étudier le rôle de la protéine SELENOT dans les neurones anorexigènes chez la souris en étudiant l’activité électrique de ces neurones en l’absence de la protéine, lorsque les souris ont un régime enrichi en gras et en sucre.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’obésité et le diabète de type 2 connaissent une progression significative et synchrone depuis 30 ans ce qui constitue un réel enjeu de santé publique. Des études récentes ont montré que la protéine SELENOT avait un effet protecteur sur les neurones responsables du contrôle de la prise alimentaire. Elle peut agir aussi bien au niveau du cerveau que dans d’autres organes impliqués dans le contrôle du métabolisme énergétique. Les études que nous projetons de réaliser avec les souris qui n’expriment plus la protéine SELENOT dans les neurones anorexigènes présente un avantage pour caractériser le rôle physiologique de la SELENOTdans les contrôles de la prise de nourriture et la prise de poids sous régime riche en graisses et le contrôle de la glycémie. Les analyses pourront déboucher sur des applications chez des patients atteints d’obésité et de diabète de type 2.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront pour certains une mise à jeun qui durera 5 heures. Ils recevront une injection de sédatif avec préhension préalable qui peut induire un stress.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La mise à jeun de 5 heures induira un stress chez l’animal expérimenté qui sera de plus mis en cage individuelle. Stress dû à la contention et douleur au moment de la piqure du sédatif.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Un prélèvement d’organe devant être réalisé, tous les animaux seront mis à mort
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les études métaboliques y compris le contrôle de la prise de nourriture et de la glycémie ne sont possibles que dans un système intégré et nécessitent l’utilisation d’animaux modèles afin d’avoir une approche physiologique de l’implication d’une protéine dans les régulations neuroendocrines impliquant les neurones induisant la satiété.
2. Réduction
Le fait de travailler avec des animaux standardisés (sexe, âge, et fond génétique maitrisés) dans des conditions d’élevage standardisées (environnement, nutrition, intervention humaine) est un élément qui permet de réduire la variabilité interindividuelle, et donc de réduire les effectifs nécessaires dans l’étude. Nous utiliserons des tests statistiques permettant d’identifier de manière optimale les différences significatives entre les groupes expérimentaux.
3. Raffinement
Les animaux seront élevés dans un environnement calme, enrichi. Ils seront hébergés dans une pièce en cycle jour-nuit 12h-12h (cycle de lumière permettant d’étudier les animaux pendant leur phase active, avec extinction des lumières à 4 heures). L’enrichissement de l’habitat sera fait grâce à des dômes de nidification et carrés de coton qui permettent l’expression de comportements innés. Un suivi quotidien sera assuré pour veiller au bien-être des animaux. Les animaux seront maintenus à trois par cage pour éviter tout isolement social jusqu’au jour de l’expérimentation pour les sous-groupes mis à jeun
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris représente l’espèce la plus adaptée au type de recherche que nous menons. Cet animal nous permet d’obtenir des analyses fines du comportement alimentaire. Enfin, cette espèce a été bien étudiée par la communauté scientifique et nous disposons d’outils génétiques spécifiques à cette espèce et d’intérêt dans notre projet. Pour les expérimentations, les animaux seront utilisés dès l’âge de 8 semaines. Cet âge correspond à un cerveau mature stabilisé. Les deux sexes seront étudiés afin de mettre en évidence une éventuelle différence due au sexe.