
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-352275)
Deux chirurgies d’environ quarante-cinq minutes, jusqu’à douze injections d’une molécule sur plusieurs semaines et l’application de filaments fins sur la face, la patte et l’abdomen pour mesurer la sensibilité cutanée : 1 318 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue. Les procédures vont d’un niveau de souffrance léger à sévère, alors que le porteur ne décrit qu’une douleur modérée après les injections et une douleur légère lors des stimulations mécaniques. Il s’agit de chercher des mécanismes communs à la migraine et à l’endométriose, deux maladies dont il rappelle qu’elles coexistent souvent et touchent surtout les femmes. Les deux méthodes d’induction, celle de la migraine et celle de l’endométriose, sont mentionnées sans être décrites, et le porteur annonce des groupes de douze à quatorze souris sans dire combien de groupes conduisent au total de 1 318.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La migraine touche environ 15 % de la population et est souvent associée à d’autres maladies. Par exemple, elle est plus fréquente chez les femmes atteintes d’endométriose, et inversement. Lorsque ces deux pathologies sont présentes ensemble, les symptômes sont souvent plus sévères. Ces deux maladies semblent influencées par les hormones (comme les œstrogènes et la progestérone) et sont liées à des phénomènes d’inflammation, qui implique le système immunitaire. Pourtant, les mécanismes qui expliquent ce lien restent mal compris. Notre projet vise à mieux comprendre s’il existe des mécanismes communs à l’origine de ces deux maladies et de leurs symptômes. Nous nous intéresserons en particulier au rôle du système immunitaire et à l’activité du système nerveux. Pour cela, nous allons développer des modèles animaux reproduisant la migraine et l’endométriose, puis étudier les changements au niveau du système nerveux, du système immunitaire et de certaines molécules dans différents organes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet nous aidera à mieux comprendre les liens entre la migraine et l’endométriose, notamment les changements dans certaines régions du système nerveux et le rôle du système immunitaire. À plus long terme, ces connaissances pourraient permettre de développer et tester de nouveaux traitements mieux adaptés aux patientes souffrant de ces deux maladies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les interventions seront : Injections d’une molécule : chaque injection dure moins d’une minute (au maximum 12 injections sur plusieurs semaines). Elles seront réalisées sur des souris en contention modérée. Mesure de la sensibilité cutanée : cette mesure se fait par l’application de filaments fins sur la peau de l’animal au niveau de la face ou de la patte et de l’abdomen (moins de 1 min pour chaque application) ; Le modèle d’endométriose ; Le modèle de migraine ; La chirurgie pour le modèle de migraine qui dure environ 45 min ; La chirurgie pour le modèle endométriose qui dure environ 45 min
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nous utilisons un modèle de migraine qui provoque une douleur modérée chez l’animal. Cette douleur est ressentie après les injections, mais n’empêche pas les mouvements de l’animal. Nous utilisons également un modèle d’endométriose qui provoque une douleur modérée chez l’animal. Une chirurgie sera nécessaire pour induire les modèles. La douleur est prise en charge par l’administration d’antidouleurs juste avant la chirurgie et pendant 3 jours après la chirurgie. L’anesthésie peut induire un stress transitoire qui dure moins de 2 minutes. Une douleur légère est provoquée par les injections de molécules. Elles seront réalisées sur des souris en contention modérée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les procédures ne permettent pas de réutiliser les animaux. En effet, elles se terminent par des techniques qui nécessitent le prélèvement d’organes : les animaux seront donc mis à mort à la fin des procédures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet de remplacer ce protocole. En effet il est nécessaire de réaliser ces études in vivo, car l’intégration de la douleur implique de nombreuses régions du système nerveux central et périphérique simultanément.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au maximum. Le nombre d’animaux est défini à partir de notre expérience et des tests statistiques donnant le nombre nécessaire pour la discrimination des effets. Ainsi pour toutes les procédures, nous aurons 12 à 14 animaux par groupe. Une fois les animaux mis à mort, un maximum d’organes sera prélevé et stocké afin d’être utilisés pour ce projet ou pour d’autres études. Cela limitera le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
La nuisance identifiée sur le bien-être des animaux est la douleur et le stress engendrés dans le cadre des différents modèles. Concernant la douleur générée par l’application des stimulations mécaniques (à l’aide de filaments en plastique), nous limitons les stimulations en durée et en intensité au minimum et l’animal a toujours la possibilité d’échapper à la stimulation puisqu’il est libre de ses mouvements. Les stimulations mécaniques ne dépassent pas les points limites fixés. Pour améliorer le bien-être des animaux, les cages sont enrichies à l’aide de rouleaux permettant aux animaux de se cacher ainsi que de papier de nidification, chose importante pour la souris. Certaines procédures nécessitent une chirurgie qui se fera sous analgésie et anesthésie par une personne expérimentée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi la souris. Un des objectifs de cette étude est d’étudier les modifications de populations de cellules présentes dans différents organes. Or les données nécessaires pour l’analyse de ces changements sont plus complètes chez la souris. Par ailleurs, la souris est un des modèles les plus utilisés pour les études comportementales dans le domaine de la douleur et l’utilisation de cette espèce nous permet des études comparatives avec les données de la littérature. Les animaux seront âgés de 8-12 semaines car c’est chez le jeune adulte que le plus souvent la maladie migraineuse et l’endométriose débute chez l’être humain.