
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/08/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-778031)
Tous tués pour autopsie, y compris ceux qui ne développeront aucun signe clinique parce qu’ils pourraient rester porteurs du virus, 375 chats vont être utilisés dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers, modérés et sévères. Chatons de sept à cinquante-deux semaines pour une partie d’entre eux, ils reçoivent un à trois candidats vaccins, puis le virus de la péritonite infectieuse féline sous anesthésie, avant jusqu’à onze prélèvements sanguins et onze séances de deux écouvillons rectaux. La maladie provoquée peut aller jusqu’à la dyspnée sévère, l’ictère, l’ascite et l’ataxie, et le porteur écrit que les analgésiques « ne peuvent pas être utilisés car ceux-ci masqueraient l’arrivée des signes cliniques ». L’évaluation sur le chat est présentée comme une « exigence règlementaire », le porteur ajoutant que deux à trois candidats vaccins seront testés sur la durée du projet.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet a pour but ultime d’évaluer l’efficacité de vaccins contre la péritonite infectieuse féline par administration de l’agent pathogène. Dans un premier temps, il est nécessaire de mettre en place des études de mise au point de modèles d’épreuve afin de récréer, expérimentalement, la maladie telle qu’elle se développerait chez le chat de manière naturelle et d’être au plus proche des conditions réelles. Le modèle ainsi mis en place permettra d’évaluer des candidats vaccins. Après administration du candidat vaccin, la réponse immunitaire est suivie par des prélèvements sanguins à intervalles définis en fonction de la réponse attendue aux différents stades du projet. Enfin, l’administration de l’agent pathogène (virus de la péritonite infectieuse féline (PIF) de type I ou de type II), permet d’évaluer l’efficacité des candidats vaccins et de déterminer les effets bénéfiques : protection contre la pathologie, réduction des signes cliniques, réduction de l’excrétion de l’agent pathogène. Comme il n’y a pas de marqueur évident et fiable de la maladie en dehors des signes cliniques, ni d’indicateur démontré de l’efficacité protective des vaccins contre la PIF (pas de sérologie fiable/spécifique ou autre paramètre biologique/immunitaire corrélé à la protection), l’efficacité ne peut être démontrée que par injection du virus de la maladie et suivi des manifestations cliniques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La finalité de ces études est de développer un /des produit(s) efficace(s) pour réduire l’impact de la péritonite infectieuse féline sur les populations de chat. 2 à 3 candidats vaccins seront testés pendant la durée de ce projet.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1 à 3 administrations de formulation vaccinale, par voie orale, nasale ou sous-cutanée, sur animal vigile. L’acte est inférieur à 1 minute. 1 à 2 administrations de la souche d’épreuve sur animal anesthésié par voie orale oro-nasal ou intra péritonéale. L’acte peut durer quelques minutes en fonction de l’anesthésie. Jusqu’à 11 prélèvements sanguins sur animal vigile ou anesthésié en fonction du comportement de l’animal. L’acte est inférieur à 1 minute. Jusqu’à 11 sessions de 2 écouvillons rectaux sur animal vigile, l’acte est inférieur à 1 minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les contentions peuvent générer du stress chez l’animal. Les administrations ainsi que les prélèvements sanguins peuvent provoquer du stress et de l’inconfort au moment du geste, une habituation à la contention et aux actes est prévue dans les salles de procédures. En fonction du comportement de l’animal et de l’acte sur l’animal, une anesthésie sera mise en place. Le développement de la maladie peut engendrer des signes cliniques sévère qui déclencheront des points limites : une dégradation importante de l’état général, perte de poids supérieur à 20% adulte (15% chaton), dyspnée sévère, ictère, ascite, atteinte neurologique (ataxie, nystagmus).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont euthanasiés pour les besoins de l’étude : autopsie. Par ailleurs, même s’ils ne développent pas les signes cliniques, ils peuvent être des porteurs sains et infecter d’autre chats.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Lorsque cela est possible, une première étape dans le projet de développement de vaccins consiste à tester in vitro différents candidats. Ceci permet une première sélection, réduisant ainsi le nombre de candidats à tester in vivo donc le nombre d’animaux utilisés. Un recueil d’informations est aussi apporté par la bibliographie lorsque cela est possible.
2. Réduction
En l’absence de Pharmacopée européenne, nous nous basons sur notre historique sur la conduite d’études PIF pour laquelle ces effectifs ont permis de mettre en place le modèle d’épreuve et d’évaluer des candidats vaccins dans le passé. En amont, lors des phases recherche, les effectifs sont évalués au plus juste de façon à minimiser le nombre de chats utilisés en limitant le risque d’études non conclusives. L’effectif nécessaire est estimé en fonction de la connaissance de la souche d’épreuve (maitrise ou connaissance du taux d’animaux atteints/robustesse du modèle d’épreuve) et de l’efficacité présumée du vaccin. Comme la pathologie est rarement développée par tous les individus, un effectif suffisant est nécessaire pour attester de la fiabilité du modèle et concomitamment de l’efficacité du/des vaccin(s) testé(s). En revanche, des prélèvements d’organes et liquide d’épanchement sur des chats cliniquement atteints lors d’une étude de modèle d’épreuve sont prévus afin de préparer, si possible, un futur stock de souche d’épreuve sans avoir recours des chats supplémentaires pour cette seule finalité (production de souche type I).
3. Raffinement
Pour chaque étude, une période d’acclimatation des animaux, d’une durée optimale de 7 jours (minimale de 4 jours), est systématiquement prévue et a pour but de limiter leur stress et de stabiliser leur état physiologique. Si cette durée n’est pas suffisante elle sera rallongée jusqu’à ce que les animaux soient aptes à entrer dans la procédure. Les chats hébergés dans nos locaux font l’objet d’un soin de qualité avec respect de leur bien-être. Ils sont hébergés en groupe avec de nombreux aménagements pour se percher et faire leurs griffes. Les jouets présents dans les zones d’hébergement et dans les zones de jeu sont régulièrement changés pour favoriser la curiosité. Afin de limiter le stress lié aux actes (contention, administrations, prélèvements), ces derniers seront travaillés en renforcement positif avec friandises et caresses. La durée de ce travail est indéterminée, il sera réalisé jusqu’à ce que les animaux ne montrent plus de signes de stress contre-indiquant leur entrée dans la procédure (le cas échéant). Une méthode low stress de contention des chats avec le dispositif CatWrap pourra aussi être utilisée. Les administrations de l’agent pathogène s’effectuent sur animal anesthésié. Les prélèvements chez le chat pourront être réalisés sous anesthésie en fonction du comportement de l’animal. Le protocole anesthésique sera évalué au plus juste pour limiter les effets secondaires indésirables (les molécules et doses seront adaptées pour favoriser un réveil rapide). Les animaux anesthésiés seront individuellement placés sous surveillance, au calme et au chaud si besoin et ce jusqu’à leur réveil complet. Le personnel intervenant dans l’étude sera formé aux gestes techniques afin de travailler avec le plus d’expertise possible. Les animaux sont observés quotidiennement ou plus fréquemment, si jugé nécessaire, ce qui permet de détecter tout signe comportemental anormal (spontané ou provoqué) et/ou toute anomalie physique non attendue. En cas de déviation de l’état normal d’un animal et selon l’arbre décisionnel, le responsable de l’étude, le vétérinaire désigné ou le vétérinaire d’astreinte, décidera d’augmenter les fréquences d’observations. Des points limites spécifiques sont définis et appliqués. Les analgésiques ne peuvent pas être utilisés car ceux-ci masqueraient l’arrivée des signes cliniques. La Structure du Bien Etre Animal (SBEA) garantit l’amélioration des techniques de soins et des conditions de vie pour les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’évaluation sur espèce cible (chat) est une exigence règlementaire et le modèle optimal pour réaliser les études à ce stade de connaissance La majorité des chats utilisés sont des jeunes d’environ 2 – 3 mois ou des adultes. Plus précisément : – Les études d’efficacité immédiate utilisent de jeunes chats (chatons âgés entre 7 et 52 semaines). L’âge des chats au moment de l’épreuve dépend des caractéristiques du produit à tester. – Les études de durée d’immunité utilisent des chats adultes (âge >12 mois) pour tester la durée de protection conférée par le produit. – Pour la mise au point de modèle d’épreuve, les 2 catégories d’animaux sont utilisées en fonction de l’objectif de l’étude.