Charlie Hebdo dénonce l’influence du Gircor sur la politique de l’expérimentation animale

Jeudi dernier, Charlie Hebdo publiait un article de la journaliste Zoé Gachen concernant l’expérimentation animale. Son titre : « Le Gircor, ce lobby qui avance masqué ». Une perspective rare, le Gircor étant souvent invité dans les médias comme garant d’un débat scientifique, parfois sans même être nommé.

Le Gircor (anciennement « Groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche ») est une association fondée au début des années 1990, sous l’impulsion des instituts de recherche publics et du ministère de la Recherche, avec pour but la « promotion et [la] défense de la recherche biologique [et des] intérêts de ses adhérents ». En 2015, il s’est vu refuser le statut d’utilité publique par le Conseil d’État car il ne semblait pas « que l’objet de l’association soit essentiellement autre que de promouvoir l’utilisation d’animaux par les établissements de recherche biologique ou médicale », ce qui ne se détachait pas des intérêts de ses membres. Il a par la suite lancé sa « charte de transparence », dénoncée par Nicolas Marty (président de l’OXA) comme un outil de communication servant à masquer la résistance des administrations à fournir au public les informations qu’il demande.

L’article de Charlie Hebdo rapporte le contenu de rapports d’activité du Gircor, qui mentionnent clairement une activité de lobbying auprès des ministères et d’autres administrations publiques. Alors que le Gircor n’apparait pas aujourd’hui dans le registre de transparence des représentants d’intérêts de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, il serait, d’après l’article, « en cours d’enregistrement ».

Une affaire à suivre, afin de pouvoir envisager un débat réellement éclairé et détaché des intérêts privés.