Adoptée le 24 août 1966 suite aux investigations sur un élevage de chiens révélées dans le magazine LIFE révélées dans le magazine LIFE, la loi fédérale étatsunienne sur le bien-être animal (Animal Welfare Act, ou AWA) réglemente le traitement des animaux dans la recherche. Bien que modifié à plusieurs reprises, l’AWA manque de cohérence et son application concrète est au final très limitée et promet de l’être encore plus sous l’administration Trump, d’après un article publié dans Science Insider.
Principe et limites de l’AWA
L’AWA exige que des normes minimales de soins et de traitement soient fournies à certains animaux utilisés dans la recherche, l’enseignement ou les tests. Il donne à l’USDA (ministère de l’Agriculture des États-Unis) le pouvoir d’élaborer des réglementations pour mettre en œuvre et faire respecter la loi.
Cependant, à cause de la pression des associations professionnelles depuis les années 1960, l’AWA exclut les rats et les souris, qui représentent l’immense majorité des animaux utilisés dans la recherche, ainsi que les animaux exploités pour l’alimentation humaine.
Récemment, l’USDA a intégré les oiseaux à la liste des animaux à protéger par l’AWA, suite à une poursuite judiciaire intentée par les associations de défense des animaux (compte-rendu de la cour d’appel). Malheureusement, seuls 63.000 oiseaux sont concernés chaque année puisque tous ceux qui sont nés en captivité sont considérés comme destinés à être utilisés dans la recherche et sont exemptés de la protection.
Si la même règle absurde s’appliquait pour tous les animaux, quasiment plus personne ne bénéficierait de l’AWA.
Un contexte inédit
Sous l’administration Trump, les 77 inspecteurs et inspectrices encore en poste au sein de l’USDA se savent menacé·es de renvoi à tout moment et leur charge de travail est devenue plus importante depuis que les oiseaux sont inclus dans l’AWA. Près de 800.000 animaux sont censés être protégés à présent, répartis dans 900 structures. Le budget annoncé pour 2026 promet un chaos supplémentaire.
De plus, depuis que la Cour Suprême a rendu sa décision dans l’affaire SEC contre Jarkesy l’année dernière, interdisant aux agences fédérales de prononcer des sanctions civiles sans procès devant un jury, l’APHIS a perdu son pouvoir de sanctions par des amendes. La tendance à signaler moins d’infractions, déjà présente durant le premier mandat de Donald Trump, ne va faire que s’accentuer.
Alors que le NIH (Institut national de la santé) et la FDA (Agence des produits alimentaires et médicamenteux) ont récemment affirmé leur volonté d’accélérer la priorisation des méthodes alternatives à l’utilisation des animaux (communiqué du 29 avril 2025), les mesures gouvernementales sur le service des inspections de l’USDA mènent à une réduction encore plus drastique de la protection déjà très insuffisante des quelques animaux concernés par l’AWA.
Une analyse publiée le 8 octobre 2025 par Animal Welfare Institute rappelle le contexte et les trois propositions de loi actuellement à l’étude au Congrès, visant à renforcer l’application de l’AWA.
Pour illustrer ces difficultés, un billet publié chez Savoir Animal expose deux affaires très parlantes concernant deux élevages accrédités par l’AAALAC (littéralement “Association Étatsunienne pour l’Accréditation des Soins aux Animaux de Laboratoire”) — un organisme sur lequel nous reviendrons dans un futur billet.
Céline Cornayre