« Faut-il interdire l’expérimentation animale ? » – Table ronde à l’ENS de Lyon le 11 mai

Le lundi 11 mai à 18h, retrouvez l’OXA à l’ENS de Lyon (15 parvis René Descartes, dans l’amphithéâtre Descartes) pour une table ronde enregistrée et animée par l’association SentiENS Lyon (du Réseau Sentience).

Sur place : Nicolas Marty, président de l’OXA, ainsi que Sarah Zanaz (docteure en philosophie), Edwin Louis-Maerten (vétérinaire docteur en bioéthique) et Guillaume Reho (docteur en neurosciences), membres du conseil scientifique de l’OXA, et Romain Barnault, responsable des animaleries de l’ENS.

Au programme : faut-il interdire l’expérimentation animale ? Pour le savoir, il faut d’abord se demander d’où vient le débat, comment on définit l’expérimentation animale, quelles sont les pratiques aujourd’hui et s’il existe un encadrement susceptible d’être suffisant pour juger que les torts causés aux animaux impliqués sont légitimes. La question du spécisme sera bien entendu au centre des préoccupations.

Edit du 18/05/2026

Avec une annonce dans Le Progrès et un public de près de cinquante personnes, la table ronde s’est déroulée le 11 mai comme prévu, à partir de 18h et jusqu’à 21h, dont deux heures d’échanges avec le public. La vidéo sera bientôt diffusée.

En particulier, nous avons pu clarifier la position de l’OXA. En l’état actuel des choses, l’expérimentation animale repose sur le spécisme. Or, les spécialistes d’éthique animale et de philosophie morale concluent que le spécisme est immoral. La seule implication d’animaux envisageable de manière éthique serait donc très proche de ce qui existe actuellement pour les groupes humains vulnérables, impliquant notamment une forme de consentement et des bénéfices individuels directs — ce qui exclut d’emblée, en particulier l’élevage d’animaux à ces fins.

Un grand merci à Romain Barnault, responsable des animaleries de l’ENS, qui a accepté de participer à cette table ronde en sachant qu’il y serait entouré de personnes ayant une posture critique vis-à-vis des pratiques actuelles. La discussion a été riche et sa présence a permis d’apporter des perspectives et des questions intéressantes.

Et merci également à SentiENS Lyon, en particulier à Noé et Aurélien, qui ont participé à organiser la table ronde et à l’animer.

Au cours des présentations initiales par les invité·es, le public a pu entendre parler :

  • des raisons pour lesquelles le débat stagne aujourd’hui autour de la notion d’alternatives, laissant de côté des questions beaucoup plus intéressantes telles que la légitimité de l’expérimentation animale elle-même (Nicolas Marty),
  • de la définition de l’expérimentation animale dans la réglementation et de ses limites, notamment avec la question de cas-limites tels que les recherches contraignantes sur les migrateurs et autres animaux libres, ainsi que la nécessité de mettre à jour la réglementation afin qu’elle concerne tous les animaux dont la sentience est probable, ce qui inclut de nombreux invertébrés (Guillaume Reho),
  • de la réglementation actuelle autour des autorisations de projet et du suivi du « bien-être animal » (Romain Barnault),
  • des principes censés sous-tendre l’évaluation réalisée par les « comités d’éthique en expérimentation animale » (CEEA), en particulier des 3R, et de leurs limites tels qu’ils sont définis aujourd’hui, en particulier en matière de fondements normatifs et d’absence de questionnement de la légitimité de l’expérimentation animale (Edwin Louis-Maerten),
  • du spécisme, des raisons pour lesquelles il est jugé immoral par la littérature en éthique, et des conséquences que cela a sur la légitimité de l’expérimentation animale, avec des mentions d’une adaptation possible des règles qui encadrent l’implication de personnes humaines vulnérables sur le modèle proposé par Angela Martin et/ou sur le modèle du rapport Belmont (Sarah Zanaz) — des sujets sur lesquels nous reviendrons en profondeur.