La notion de « fatigue compassionnelle », introduite au début des années 1990 dans le milieu du soin hospitalier et du traitement des personnes aidantes, a pris de plus en plus de place dans le discours des associations professionnelles d’expérimentation animale ces quinze dernières années. Derrière l’utilisation de ce concept, une idée : le personnel des laboratoires souffre, par compassion avec les animaux, et doit prendre soin de lui et des animaux pour cultiver la « satisfaction compassionnelle ». Pourtant, la souffrance bien réelle de ces personnes n’est pas qu’une question de sensibilité individuelle. Elle relève d’un système qui les expose à la souffrance et à la mort des animaux et implique souvent qu’elles infligent elles-mêmes cette souffrance et la mise à mort qui la suit.
Nommer un problème correctement, c’est ouvrir la porte à une meilleure compréhension de ce problème et des remédiations envisageables. Pour cela, les concepts de « blessure morale » et de « traumatisme lié à l’acte » (perpetration-induced traumatic stress, ou PITS), sont plus adaptés, mieux documentés, et permettent d’envisager des solutions plus efficaces.

Conférence sur la fatigue compassionnelle pour la 8e Journée Interdisciplinaire sur la Condition Animale
Pour la JICA 8, le 5 mai 2026 à Liège, l’OXA creuse la question de la souffrance des personnels de laboratoire : comment la décrire, la désigner, la traiter ?

(5) Le personnel des laboratoires souffre-t-il ?
On entend parfois dire que les personnes qui pratiquent l’expérimentation animale sont sadiques ou psychopathes. Dans l’immense majorité des cas, c’est faux.