
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-039275)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’épilepsie touche environ 1% de la population mondiale et, dans 30% des cas, aucun médicament ne permet le contrôle des crises. Cette forme de la maladie dite pharmaco-résistante est souvent associée à de nombreuses comorbidités et complications (ex. troubles cognitifs). Son coût pour la société est estimé à 14 milliards d’Euros par an en Europe et, malgré l’accès à plus d’une quinzaine de nouveaux médicaments anti-crises, le taux d’épilepsie réfractaire n’a pas changé en 30 ans. Ce constat difficile est en partie due au fait que nous ne comprenons pas bien les mécanismes de déclenchement des crises épileptiques dans le cerveau. Parmi les facteurs favorisant leur apparition, les patients rapportent fréquemment le stress comme l’un des principaux déclencheurs. Afin de mieux comprendre comment le stress favorise la survenue de crises au niveau neurobiologique, nous proposons d’étudier spécifiquement les modalités de stress de faible intensité susceptibles d’influencer les crises d’épilepsie dans un modèle murin d’épilepsie chronique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Afin de mieux comprendre le lien entre le stress et l’épilepsie, ce projet présente deux bénéfices principaux : d’une part, la mise en place d’un modèle fiable de stress capable d’influencer les crises d’epilepsie ; d’autre part, une meilleure compréhension du délai d’apparition des crises après l’exposition au facteur de stress. Mieux comprendre comment l’activité épileptiques se déclenche est de première importance pour pouvoir développer de nouvelles cibles thérapeutiques ainsi qu’ameliorer les systemes de prédiction des crises.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une à deux chirurgies sous anesthésie générale et avec analgésie (entre 30 min et 1h30). De plus, la plupart des animaux vont subir soit une ou plusieurs crises aigues généralisées (une crise dure quelques secondes à une minute) soit développer une épilepsie du lobe temporal. Une crise généralisée correspond à une perte de posture, et mouvements incontrôlables. Tous les animaux seront suivis de près après chirurgie et induction d’une crise, et le cas échéant traités avec des soins adaptés (ex : analgésique pour la douleur, anti-convulsant pour la crise). Les souris seront également soumises à un stress de courte durée par stimulation sensorielle (30 s ex : apparition d’une ombre) de faible intensité accompagnée d’un monitoring vidéo continu pour analyser les comportements et comprendre la place d’un évènement stressant dans l’influence des crises épileptiques. Durant le protocole de stress, des prélèvements sanguins seront effectués sous anesthésie légère pour mesurer les taux de corticostérone. Chaque prélèvement sanguin durera au maximum 2 minutes et sera répété jusqu’à 6 fois par animal, avec un délai minimal de 48 heures entre deux prélèvements consécutifs. Les animaux seront hébergés avec leurs congénères si possible. Toutefois, si l’expérimentation le nécessite, un hébergement semi-individuel sera mis en place. La durée maximale en hébergement individuel sera de 11 semaines en semi-isolement puisque les animaux seront séparés par une paroi perforée qui maintient un contact visuel, olfactif, auditif et tactile (restreint).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La procédure implique une ou plusieurs chirurgies sous anesthésie générale. Cette intervention entraine une douleur modérée. De plus, cela entraine une déshydratation légère de courte durée. Crises épileptiques induites ou spontanées : les crises peuvent entrainer un stress de courte durée. De plus, l’induction de l’épilepsie entraine un stress métabolique/malnutrition chez beaucoup d’animaux avec une perte de poids durant les 24 à 48h post-induction que la plupart vont récupérer rapidement au cours de prochains jours. Prélèvements sanguin répétés entrainent une douleur légère de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la fin de l’étude, les animaux seront euthanasiés puis perfusés, afin de collecter leurs cerveaux pour des analyses histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas d’alternative tangible pour ce projet. En effet, notre étude utilise des méthodologies impossibles à utiliser chez l’homme/patients. Des modèles de simulations informatiques complémenteront notre étude mais nous devons d’abord avoir une compréhension plus claire du role du stress sur les crises épileptiques.
2. Réduction
Afin de minimiser le nombre d’animaux requis pour ce projet, nous mettrons en place des contrôles internes chaque fois que cela sera possible. Nos contrôles internes correspondent à des mesures répétées de nos observations sur le même animal. Chaque animal est ainsi observé avant et après le test de stress afin d’étudier la variation induite par le stress tout en s’affranchissant de la variabilité inter-individuelle. Cette approche permet de réduire le nombre de groupes expérimentaux nécessaires, tout en augmentant la puissance statistique de l’étude grâce à une meilleure maîtrise de la variabilité interindividuelle.
3. Raffinement
Pendant la phase d’étude, un suivi hebdomadaire renforcé sur l’états de chaque individu en termes de bien-être sera effectué. De plus, après validation de la méthode de surveillance vidéo et dès que possible, les animaux seront hébergés en groupe. Pendant l’hébergement individuel, les animaux seront séparés par une paroi perforée transparente afin de maintenir au maximum un contact visuel, olfactif, auditif et dans une moindre mesure tactile et leur milieu de vie enrichit. Pour le modèle d’épilepsie utilisé, un protocole de suivi de la crise épileptique a été optimisé. En effet, comme chez les patients (5 minutes pour les patients), si la crise dure moins de 2 minutes, l’animal n’est pas traité pour cette crise sauf être mis au calme. En revanche, si la crise dure plus de 2 minutes, l’animal se verra administrer un anticonvulsif. Pour toutes chirurgies, les animaux seront anesthésiés de manière générale avec l’administration d’analgésiques appropriés en amont, durant et après l’opération pendant plusieurs jours. De plus, tous les animaux seront suivis post-chirurgie, induction d’épilepsie pendant plusieurs jours de manière renforcée pour limiter au maximum stress et douleur à l’aide de grille d’évaluation. Enfin, les points limites stricts propres au projet seront appliqués afin d’apporter des soins adaptés le cas échéant.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce projet utilise des modèles de souris adultes épileptiques pour étudier au mieux les épilepsies du lobe temporal chez les patients adultes. En effet, l’étude proposée ainsi que les méthodologies utilisées ne sont pas applicables aux patients. De tous les modèles expérimentaux, le cerveau de souris offre un grand nombre d’avantage : Il est structurellement très proche du cerveau humain, et il est assez gros pour permettre l’utilisation de méthodes d’enregistrements précises. De plus, par rapport au rat ou au primate, la souris permet d’utiliser un éventail très large d’outils génétiques, développés dans cette espèce. Enfin, Il existe un très grand nombre de modèles d’épilepsie acquise et génétique qui reproduisent fidèlement différentes épilepsies qui pourrait être utilisé dans de futurs projets précliniques.