
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-048774)
Capturés à l’épuisette, anesthésiés, amputés d’un fragment de nageoire caudale pour être génotypés, 124 poissons médaka juvéniles vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 74 d’entre eux et modéré pour 50. Les femelles ainsi triées passent jusqu’à trente heures immergées dans une solution contenant un marqueur de division cellulaire, ce qui peut modifier leur nage, leur ventilation et leur prise alimentaire. Tous les poissons seront tués, une cinquantaine de femelles pour que leurs ovaires soient prélevés et fixés. Le porteur écrit n’avoir besoin que de dix femelles pour l’analyse finale, les autres poissons étant utilisés pour la mise au point des conditions et pour le tri par sexe.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Chez les poissons femelles, les ovaires produisent des ovocytes (cellules reproductrices femelles) tout au long de la vie. Ces ovocytes se développent à partir de cellules précoces regroupées dans des zones spécifiques de l’ovaire, où elles se multiplient puis se transforment progressivement en ovocytes. Cependant, la manière dont ces cellules se divisent et contribuent à la formation des ovocytes reste encore mal comprise. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre comment ces cellules se multiplient dans l’ovaire du poisson médaka. L’étude sera réalisée chez de jeunes poissons, à un stade où l’organisation de l’ovaire commence à être visible. Le médaka est un modèle largement utilisé pour étudier la reproduction chez les poissons.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à mieux comprendre comment fonctionne l’ovaire chez les poissons femelles médaka et comment leur capacité à produire des ovules est maintenue tout au long de la vie. En étudiant la division des cellules reproductrices dans l’ovaire à un stade précoce du développement, ce travail permettra d’apporter de nouvelles connaissances sur les mécanismes à l’origine de la reproduction continue chez les poissons. Le poisson médaka est un modèle particulièrement adapté pour ce type d’étude, car il permet d’observer ces phénomènes directement dans un organisme vivant. Les résultats obtenus contribueront ainsi à une meilleure compréhension générale de la biologie de la reproduction chez les vertébrés. Par ailleurs, la reproduction est un élément clé de l’élevage des poissons. La capacité des femelles à produire des ovules en quantité et en qualité suffisantes conditionne directement le succès de l’aquaculture. En améliorant les connaissances sur le fonctionnement de l’ovaire et sur la production d’ovules chez les poissons femelles, ce projet pourra, à terme, contribuer à une meilleure maîtrise de la reproduction des espèces élevées, et ainsi présenter un intérêt pour des espèces d’importance en aquaculture.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans le cadre de ce projet, les animaux seront soumis à deux types d’interventions. La première consiste en un prélèvement très limité de nageoire caudale réalisé lors du génotypage, afin d’identifier les femelles nécessaires à l’étude. Cette procédure sera effectuée sur 124 poissons vivants, sous anesthésie générale, et sera de très courte durée (environ 2 minutes par poisson). La seconde intervention correspond au prélèvement des ovaires chez environ 50 femelles, après une immersion de 30 heures maximum dans une solution contenant un marqueur de la division cellulaire, suivie d’une euthanasie réalisée conformément à la réglementation en vigueur. Ces prélèvements permettront d’analyser l’activité proliférative au sein du tissu ovarien.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
D’après les données disponibles dans la littérature, notamment chez le médaka à des stades juvéniles comparables, aucune altération majeure de l’état général ou du comportement n’a été rapportée suite à ce type de traitement. Toutefois, cette procédure peut être associée à certains effets indésirables : – ceux liés au stress de la manipulation lors de la capture à l’épuisette des poissons, qui est très rapide ; – ceux liés au prélèvement de nageoire caudale effectué lors du génotypage afin de sélectionner uniquement les femelles. Ce prélèvement, d’une surface inférieure à 2 mm2, sera réalisé sous anesthésie ; – ceux liés à l’exposition temporaire au composé dans l’environnement aquatique. Les nuisances attendues correspondent principalement à un stress aigu pouvant s’accompagner de modifications comportementales transitoires (activité locomotrice, ventilatoire, prise alimentaire, …). Ces effets resteront limités dans le temps et ne devraient pas excéder la période d’exposition (maximum 30h). Les poissons seront surveillés régulièrement tout au long des procédures, et toute anomalie comportementale ou signe de souffrance entraînera l’arrêt immédiat de la procédure pour les poissons concernés. Aucun effet pathologique tardif ou durable n’est attendu, les poissons étant euthanasiés rapidement après la balnéation, aussi bien lors des phases de mise au point que lors de l’expérimentation finale
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour permettre le prélèvement et la fixation des tissus pour les analyses prévues.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif du projet est d’étudier la prolifération des cellules germinales ovariennes dans un organe fonctionnel et intact. À ce jour, il n’existe pas de méthode alternative permettant de reproduire de manière pertinente l’organisation tridimensionnelle de l’ovaire, les interactions entre cellules germinales et cellules somatiques, ainsi que les régulations systémiques impliquées dans l’activité ovarienne. Les approches in vitro ne permettant pas de réaliser l’analyse de la prolifération dans des conditions physiologiques, l’utilisation d’animaux vivants est donc indispensable pour répondre aux objectifs de ce projet.
2. Réduction
Le nombre de poissons utilisés dans ce projet sera limité au strict nécessaire. Lors de la phase préalable de mise au point, une expérience pilote, suivie si nécessaire de quelques essais supplémentaires permettant d’optimiser les conditions de balnéation avec un marqueur de la division cellulaire, sera réalisée sur des lots de taille réduite (n=8 femelles obtenues à partir du sexage de n=20 poissons par condition testée). Les conditions expérimentales retenues à l’issue de cette optimisation seront ensuite appliquées, dans une seconde phase, à un seul lot de poissons (n=10 femelles obtenues à partir du sexage de n=24 poissons), destiné à l’analyse de la prolifération des cellules germinales ovariennes. Cet effectif est justifié par le retour d’expérience de l’équipe en imagerie 3D de l’ovaire, montrant qu’en raison de la variabilité interindividuelle observée, un effectif d’au moins 10 femelles est nécessaire pour obtenir des résultats robustes.
3. Raffinement
Concernant le sexage des poissons par génotypage, le prélèvement de nageoire caudale sera effectué sous anesthésie générale afin de limiter la douleur et le stress liés à la manipulation. Les manipulations seront réalisées par du personnel formé et expérimenté, en limitant au maximum la durée de contention des animaux. Pour l’étude de la prolifération des cellules reproductrice de l’ovaire, un marquage par balnéation avec un marqueur de la division cellulaire sera utilisé. Cette méthode, peu invasive, permet un marquage systémique des cellules en division. Les conditions expérimentales seront établies à partir de protocoles déjà décrits dans la littérature chez des médaka juvéniles dans des conditions comparables, pour lesquels aucune altération majeure de l’état général des poissons n’a été rapportée. Les poissons seront régulièrement surveillés pendant la balnéation, et toute anomalie comportementale entraînera l’arrêt immédiat de la manipulation pour les poissons concernés. Des points limites adaptés seront appliqués tout au long du protocole. Tout poisson présentant des signes persistants de détresse ou d’altération de l’état général, tels qu’un déséquilibre de nage, une perte de réactivité, une hyperventilation, une altération marquée du comportement ou de l’alimentation, sera immédiatement euthanasié. Enfin, à l’issue de la balnéation, les poissons seront rapidement euthanasiés afin de permettre le prélèvement des ovaires pour les analyses prévues.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le poisson médaka est un modèle couramment utilisé pour l’étude de la reproduction chez les poissons. Sa petite taille, sa reproduction régulière et la bonne connaissance de sa biologie en font une espèce particulièrement adaptée à l’étude du fonctionnement de l’ovaire. Les conditions d’élevage de cette espèce sont bien maîtrisées au sein des installations, ce qui permet de travailler dans des conditions stables et de limiter le nombre d’animaux nécessaires Les animaux seront utilisés à un stade juvénile d’environ 50 jours après la fécondation. À ce stade, les structures ovariennes sont suffisamment développées pour permettre l’étude de la multiplication des cellules reproductrices.