
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-084952)
Les souriceaux d’une lignée voisine meurent avant le sevrage dans 40 à 50 % des cas, dont environ 60 % dans les quarante-huit heures suivant la naissance, et le porteur n’exclut pas de retrouver les mêmes atteintes dans la lignée qu’il crée ici. 240 souris vont être utilisées dans des procédures classées légères et réduites à des observations non invasives, pour évaluer ce que le porteur appelle le « bien-être animal » de cette lignée obtenue par Crispr/Cas9. Dans cette lignée voisine, les survivants présentent une hypoglycémie, des déséquilibres hormonaux et une activité motrice réduite. Les souris affectées à l’étude comparative sont mises à mort, celles retenues pour l’évaluation restant en vie pour la reproduction.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Cette demande s’inscrit dans le cadre de la création d’une nouvelle lignée de souris génétiquement modifiées, avec pour objectif principal d’évaluer les conséquences de cette altération génétique sur le bien-être animal, tout en les comparant à celles observées dans des modèles murins existants disponibles au sein de notre équipe. Cette approche comparative est essentielle afin de situer précisément les effets propres à la modification ciblée et d’en apprécier la spécificité. La lignée développée cible une région génomique impliquée dans une maladie humaine rare. À ce titre, ce modèle s’inscrit à l’interface entre recherche fondamentale et recherche biomédicale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous considérons que ces travaux sont susceptibles d’améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires et physiopathologiques associés à cette pathologie, en particulier durant la période périnatale. Enfin, cette nouvelle lignée pourrait constituer un modèle préclinique pertinent, complémentaire des modèles existants, permettant d’explorer plus finement le rôle des éléments génétiques impliqués, notamment dans le contexte périnatal. Elle offrirait ainsi un outil original pour étudier l’émergence des phénotypes et, à plus long terme, pour identifier de potentielles cibles thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Cette évaluation est basée sur des observations non invasives.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La lignée développée ici cible une petite région génomique qui chez un autre modèle de la pathologie que nous étudions est altérée pour deux autres gènes. Cette dernière présente de la mortalité en période périnatale ainsi que des défauts métaboliques. 40 à 50 % des individus mutants décèdent avant le sevrage, dont environ 60 % dans les 48 heures suivant la naissance. Les souriceaux présentent un métabolisme altéré, caractérisé par une hypoglycémie, des déséquilibres hormonaux et une diminution de l’activité motrice spontanée. Les individus survivants apparaissent ensuite globalement normaux, malgré un poids corporel inférieur à celui des témoins. L’objectif étant de déterminer la contribution potentielle de ce gène dans les phénotypes observés il n’est pas exclu d’observer les mêmes altérations pour cette nouvelle lignée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux d’interêt pour l’évaluation du bien-être animal sont gardés en vie pour la reproduction. Tous ceux pour l’édude comparative sont mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nos gènes d’intérêts sont exclusivement retrouvés chez les mammifères placentaires et sont exprimés uniquement dans le cerveau. Ce mode d’expression strictement neuronal, associé à leur apparition tardive au cours de l’évolution des mammifères, restreint considérablement le choix de modèles d’étude biologiquement pertinents. Ainsi, toutes les études publiées à ce jour ont été menées chez la souris, d’autant que ce modèle reproduit certains traits pathologiques caractéristiques de la maladie. Enfin, notre demande porte sur un stade de développement crucial : la naissance. À ce jour, il n’existe aucun modèle alternatif crédible et biologiquement pertinent pour cette étude.
2. Réduction
Pour étudier les individus sur 2 générations à partir de la G1, nous souhaitons produire 4 mâles fondateurs par génération pour s’affranchir des mutations non voulues et augmenter la diversité génétique. Donc en croisant chaque mâle avec 2 femelles et en raison de 6 naissances par portées nous estimons pouvoir obtenir d’après les rapports Mendélien 12 souris par sexe et par génotype. Il s’agit là d’un chiffre théorique qui nous permettra d’obtenir les 7 animaux minimum par sexe recommandés par le guide européen.En ce qui concerne la génération de la colonie, notre stratégie de croisement permet de limiter le nombre d’animaux produit. Nous attendons à ce que 50 % des souriceaux présentent la délétion pour notre gène d’intérêt contre seulement 25 % avec des croisements classiques.
3. Raffinement
Ce projet a pour objectif d’évaluer le bien-être des individus générés suite à la création d’une nouvelle lignée. Cette évaluation portera sur les individus issus de deux générations de la mise en place de la colonie. Il s’agit dans un premier temps de faire un suivi non invasif des souris basé sur l’observation pour détecter un éventuel phénotype dommageable. Cette surveillance sera quotidienne. L’aspect, les fonctions corporelles et le comportement des animaux seront pris en compte à chaque observation. Des points limites précoces seront mis en place. Si les animaux présentent des signes de souffrance alors ils seront mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Tous les modèles animaux de la pathologie décrits à ce jour ont été réalisés chez la souris. Ce modèle murin est donc devenu la référence incontournable dans notre domaine de recherche, car il permet non seulement d’établir des comparaisons avec les données existantes dans la littérature, mais aussi de réduire le nombre de souris en évitant la répétition d’expériences déjà publiées et donc pouvant être considérées comme inutiles sur le plan éthique. Notre demande porte sur un stade de développement crucial, la naissance, jusqu’à l’âge adulte.